<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049</id><updated>2012-02-08T09:37:57.918-08:00</updated><category term='r'/><category term='i'/><title type='text'>les dÃ©lices de l'Ã¢ge de fer</title><subtitle type='html'>Â« Un homme noble s'en fut en un pays lointain pour s'y gagner un royaume et revenir ensuite Â»</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>289</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-4475213707746720406</id><published>2012-02-08T09:19:00.002-08:00</published><updated>2012-02-08T09:37:57.942-08:00</updated><title type='text'>Expression, art et expÃ©rience du monde .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-EMgUAusKh0Y/TzKyv7VJloI/AAAAAAAABZM/he6dq5M0aAk/s1600/Miroslav%2BTich%25C3%25BD..jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 308px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5706820214281836162" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-EMgUAusKh0Y/TzKyv7VJloI/AAAAAAAABZM/he6dq5M0aAk/s400/Miroslav%2BTich%25C3%25BD..jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Miroslav TichÃ½.)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme repose toujours en d'autres mains que les siennes . La plupart des hommes l'ignorent â€“ mais celui qui aime lui, le sait . L'homme pense toujours par des structures qui le produisent comme sujet et qui se voilent, ou plutÃ´t que le sujet voile pour s'auto-apparaÃ®tre comme sans ombilic, comme originaire, comme libre et sans cause . Et pourtant toujours sa vie repose sur d'autres mains, voire sur des mouvements qui lui Ã©chappent . Toute la machinerie de son corps accumule lentement les erreurs, accumule comme la mer les galets sur la plage la rumeur de la mort . Il l'ignore, dans un monde qui ne cesse de masquer les solidaritÃ©s et les dÃ©pendances, qui ne cesse de dÃ©poser les noms des frÃ¨res dans l'anonymat â€“ qu'importe qui me transporte, me donne Ã  manger, me donne chaleur et lumiÃ¨re - mais il ne pourrait pas vivre un instant sans le travail des autres qui maintiennent la totalitÃ© de sa vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le SystÃ¨me masque les dÃ©pendances entre les hommes, parce que les dÃ©pendances vitales ont toujours Ã©tÃ© les sources de liens . Je suis liÃ© Ã  mon pÃ¨re et Ã  ma mÃ¨re, je suis liÃ© dans un clan Ã  celui qui forge mon Ã©pÃ©e â€“ homme dont je connais le nom, les ancÃªtres, qui me connaÃ®t et qui fait une arme qui porte elle aussi un nom . Je suis liÃ© Ã  mon chat parce qu'il chauffe mon coeur et ma couche . Le SystÃ¨me est une puissante machine Ã  trancher les liens, Ã  trancher la mÃ©moire et la tradition . Il l'est par soif de pouvoir : les hommes de pouvoir dans le SystÃ¨me veulent le monopole de la dette, veulent le monopole du lien, non par justice ou rÃ©ciprocitÃ©, mais pour que tous soient esclaves sans recours, sans solidaritÃ© ni entraide entre eux . Le SystÃ¨me veut que l'homme asservi soit loup pour l'autre homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans le SystÃ¨me, on prÃªche la non-violence, non par esprit de justice, mais parce que les hommes du SystÃ¨me ne peuvent garantir le monopole de la dette, le monopole du lien qui fait l'humain â€“ l'endettement auprÃ¨s d'un frÃ¨re, la dette d'honneur, de souffle et de sang, la dette d'amour et de dÃ©sir des amants â€“ que par le monopole plus visible de la violence lÃ©gitime . Le SystÃ¨me aime les gardes sur-armÃ©s et les citoyens dÃ©sarmÃ©s, non-violents et pacifiques . Les hommes sans dette d'honneur, des hommes qui ne se rendent pas justice . Â« Ne vous rendez pas justice vous-mÃªme Â», tel est le langage de l'homme rÃ©signÃ©, domestiquÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme qui appelle Ã  la fondation d'un clan en ce monde n'est pas nÃ©cessairement un homme assoiffÃ© de puissance, un homme cruel . Un clan n'est pas une tyrannie . La forme la plus sacrÃ©e, la plus Ã©litiste, la plus hiÃ©rarchique de toutes les formes d'une sociÃ©tÃ© humaine est celle des douze preux de la table ronde, pairs, c'est Ã  dire Ã©gaux, libres absolument, si ce n'est de dettes d'honneur et d'amour entre eux, et celle qui a entendu ces paroles : &lt;em&gt;que celui qui veut Ãªtre le plus grand soit le serviteur de tous&lt;/em&gt; . Arthur, croisant Lancelot et GueniÃ¨vre nus, endormis dans la forÃªts, ne commit pas de meurtre, mais fut pris d'une tristesse qui fit la tristesse de Lancelot . L'hommage rendu au roi n'est pas rendu au corps de l'homme qui est Roi, mais au Chakra-Vartin de l'Inde, Ã  Mog Ruiz chez les Celtes : au serviteur de la Roue .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vÃ©ritÃ©, il n'est pas de plus haut titre que cela : le Serviteur de la Roue . Et la Roue est la table ronde, les cycles des temps et des saisons et leurs centres, c'est Ã  dire l'alliance indissoluble des couleurs, des parfums et des musiques des mondes autour de la rotation, du tourbillon, de l'aspiration unique au plus Haut dÃ©sir . La Table ronde dans son essence mÃªme de cercle cosmique est l'union des opposÃ©s vers le Haut dÃ©sir . Elle est par essence le oui donnÃ© au don du monde, et le signe essentiel de reconnaissance de l'Ange rebelle, le signe de sa filiation et de sa dette . Elle n'est ni la rÃ©duction simpliste Ã  la discipline dÃ©mocratique, ni l'autoritÃ© despotique d'un homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÃŠtre serviteur de la Roue est savoir que les cercles n'auront jamais de fin, qu'aucun mortel ne peut espÃ©rer d'autre victoire qu'une bonne mort, et un souvenir dans les chants des bardes, auprÃ¨s des feux d'hiver et des feux d'Ã©tÃ© . Le Roi est serviteur de la Roue, et le Barde est serviteur de la Roue, gardien du sang et du souffle des temps passÃ©s, qui sans lui disparaÃ®traient des pensÃ©es des mortels . Goethe Ã©crit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Infini.&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Tu ne saurais finir, et câ€™est ce qui fait ta grandeur ; tu ne commences jamais, câ€™est ton sort. Ton chant tourne sur lui-mÃªme comme la voÃ»te Ã©toilÃ©e ; le commencement et la fin sont toujours mÃªme chose, et ce que le milieu amÃ¨ne est manifestement ce qui est encore Ã  la fin et qui Ã©tait au commencement.&lt;br /&gt;Tu es la vraie source poÃ©tique des plaisirs, et flot sur flot Ã©manent de toi sans nombre ; une bouche toujours prÃªte aux baisers, un chant cordial qui coule doucement, un gosier que la soif irrite sans cesse, un bon cÅ“ur qui sâ€™Ã©panche.&lt;br /&gt;Je consens que le monde entier sâ€™abÃ®me ! Hafiz, câ€™est avec toi, avec toi seul, que je veux rivaliser. Que plaisirs et peines nous soient communs, Ã  nous, frÃ¨res jumeaux ! Aimer et boire comme toi sera mon orgueil, sera ma vie.&lt;br /&gt;Et maintenant, animÃ©e de ta propre flamme, rÃ©sonne Ã´ chanson, car tu es plus ancienne, tu es plus nouvelle&lt;/em&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anciens vikings pensaient que toute guerre de l'homme Ã©tait une fuite devant les crocs d'un loup, Ã©tait perdue d'avance, et que la seule grandeur Ã©tait de combattre en son temps, sans s'appuyer sur un espoir faux et menteur, l'espoir d'une fin, d'une lutte finale . Ce genre de discipline ascÃ©tique de la pensÃ©e est de rÃ¨gle dans les civilisations traditionnelles . Le mÃ©pris des normands pour l'espoir se retrouve tant chez EpictÃ¨te, avec sa clartÃ© sur les choses qui ne dÃ©pendent pas de nous, que dans le Hagakure : &lt;em&gt;la mort est l'essence du bushido &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libertÃ© n'est pas donnÃ©e, et au cÅ“ur du plus dur esclavage, savoir que l'on combat est le baiser du vent que nul ne peut saisir, de cette libertÃ© qu'aucune main ne peut contraindre, comme aucune main ne peut contraindre le cÅ“ur de la jeune femme ou l'Ã©cume de la mer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vÃ©ritÃ© du monde moderne est l'esclavage et l'illusion . L'homme de l'illusion se la joue libre Ã  chaque pas titubant . L'homme est un producteur d'illusion, il est dans le monde moderne la forme individuelle du Spectacle . L'ego est complice du Spectacle, et non victime ; car ce que la propagande martÃ¨le, c'est ce que chacun veut croire . Croire Ãªtre libre, croire prendre des dÃ©cisions, est la rÃ¨gle des rouages du SystÃ¨me, mÃªme quand on est un chÃ´meur inscrit au pÃ´le emploi, mÃªme quand on est un bureaucrate en retraite aprÃ¨s 40 ans au mÃªme poste, Ã  crever dans une maison de retraite rurale parfaitement fonctionnelle Ã  cet usage, avec petites marches, ascenseurs, insonorisation, personnels mÃ©dicaux, tÃ©lÃ©visions en boucle indÃ©finie, portes doubles-battants aisÃ©es Ã  bloquer pour les brancards et les chaises, chambre froide en sous-sol . Tout est Ã©crit dans l'ordre mÃªme du sous-systÃ¨me, et pourtant les rouages veulent croire en leur libertÃ©, veulent croire que celui qui rentre dans une maison de retraite a une autre perspective que le traitement administratif de son agonie puis de son corps, et l'ensemble des industries que ces fonctions standardisÃ©es reprÃ©sentent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et mÃªme par la loi, nul n'est libre d'y Ã©chapper . Nul ne peut Ãªtre assurÃ© de mourir tranquille, loin des standards de mort du SystÃ¨me, en soins palliatifs, oÃ¹ la douleur est thÃ©oriquement annihilÃ©e . Mais je souffre, je suis souffrance, et il faudrait me tuer l'Ã¢me pour me le faire oublier . De plus, nul ne peut choisir d'Ãªtre enseveli en dehors des lieux rÃ©servÃ©s, ou si peu . Nul ne peut Ãªtre brÃ»lÃ© sur un bÃ»cher public, afin que les amis y dansent et s'y embrassent, et les bardes chantent . L'ordre du SystÃ¨me, insensiblement, a enseveli la vie humaine dans le silence d'une chute de neige, d'une glaciation anesthÃ©siÃ©e . La libertÃ© qui n'est pas un combat, une souffrance, est illusoire en cet Ã¢ge . La savoir qui libÃ¨re est connaissance des liens invisibles qui se multiplient ; il est aussi creusement de l'angoisse d'enfermement . L'homme fuit la douleur ; et l'EcclÃ©siaste Ã©nonce, fatal : &lt;em&gt;qui augmente le savoir augmente la douleur &lt;/em&gt;. C'Ã©tait vrai alors, et c'est plus que jamais la vÃ©ritÃ© nue .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant il est bon d'augmenter le savoir, car il est bon d'augmenter la douleur . Le Hagakure dit : &lt;em&gt;il n'est rien de l'ordre du mal Ã  ce qui peut Ãªtre endurÃ© &lt;/em&gt;. La douleur de la comprÃ©hension du monde est la source la plus puissante et la plus profonde la rÃ©volte . &lt;em&gt;Cela fait tant de mal d'abord, et cela fait ensuite tant de bien ! Dans la respiration il y a deux grÃ¢ces, aspirer lâ€™air et sâ€™en dÃ©livrer ; lâ€™un oppresse, lâ€™autre soulage : telle est la vie et son merveilleux mÃ©lange . Remercie Dieu quand il te presse dans les serres de l'angoisse, et remercie-le quand il te dÃ©livre &lt;/em&gt;. Il te dÃ©livre des mensonges du monde, des ondes de la faveur du siÃ¨cle . Car c'est du temps perdu que celui qui n'est pas passÃ© Ã  t'embrasser, Ã  parcourir tes paysages .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est meilleur d'Ãªtre le pauvre RomÃ©o, en grand pÃ©ril de mort, dans les bras de Juliette, que le plus puissant des Capulet, enfermÃ© dans la solitude et l'or . Car le lien des amants est comme le lien de l'homme sacrifiant et du dieu morcelÃ©, un lien du donner et du recevoir, de recevoir grÃ¢ce sur grÃ¢ce . L'amant et l'aimÃ©e peuvent se donner inÃ©puisablement des mondes, par l'ouverture de leurs mains . Il est heureux celui qui pourrait mourir pour quelqu'un, c'est aussi la voie la plus claire du vassal . Il n'est pas plus haute grandeur pour le mortel que de donner et recevoir la vie, recevoir la vie que donnent tes yeux noirs et ton souffle embuÃ© de rosÃ©es Ã©ternelles, et donner ma vie au culte que je veux te rendre au plus profond de mon cÅ“ur, malgrÃ© toute la dispersion des mondes et des dÃ©sirs . Goethe Ã©crit Ã  ce sujet :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Bienheureuse ardeur . &lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ne le dites quâ€™aux sages, parce que le vulgaire est disposÃ© Ã  la moquerie : je veux chanter le vivant qui cherche la mort dans la flamme.&lt;br /&gt;Dans la fraÃ®cheur des nuits dâ€™amour, oÃ¹ tu reÃ§us la vie, oÃ¹ tu la donnas, une Ã©trange impression te saisit, Ã  la clartÃ© du flambeau tranquille.&lt;br /&gt;Tu ne restes plus enfermÃ© dans lâ€™ombre, et un nouveau dÃ©sir tâ€™entraÃ®ne vers un plus haut hymÃ©nÃ©e.&lt;br /&gt;Nulle distance ne tâ€™arrÃªte, tu viens, tu voles, enchantÃ© ; enfin, amoureux de la lumiÃ¨re, papillon, tu es consumÃ©.&lt;br /&gt;Et tant que tu nâ€™as pas obtenu de mourir pour renaÃ®tre, tu nâ€™es quâ€™un hÃ´te obscur de la terre tÃ©nÃ©breuse&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces paroles sont Ã  ruminer, comme la mer rumine au pied des falaises sur les siÃ¨cles des hommes . Mourir Ã  l'illusion moderne est une bonne mort . Certains royaumes de ce monde de mort ne sont visibles qu'Ã  celui qui est dÃ©jÃ  mort, et qui habite le monde comme un spectre . Hamlet en est une figure, mort au spectacle de la bontÃ© des hommes par la dÃ©couverte du meurtre de son pÃ¨re . &lt;em&gt;Les viandes du repas d'obsÃ¨ques ont Ã©tÃ© servies froides au banquet du mariage&lt;/em&gt;...Hamlet a vu le miroir du Spectacle des convenances se briser devant ses yeux, et ainsi il sait : il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark...comme il y a quelque chose de pourri au Royaume de la DÃ©mocratie, de la Science et du ProgrÃ¨s . Il y a dans ce monde de LibertÃ© une odeur de rance, une odeur de vieux, Ã©touffante â€“ une odeur douceÃ¢tre de cadavre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÃŠtre ou ne pas Ãªtre...C'est d'endurer le mal qui ouvre Ã  Hamlet le chemin de la mÃ©taphysique et lui rend les morts visibles . Le narcissisme est Ã  l'Ãªtre ce que l'aveuglement est au visible, il rend inapte Ã  effleurer l'Ãªtre infime, pour ne pas dire Ã  aller rÃ©solument au fond de l'inconnu . Une telle voie est une voie du dÃ©sespoir, mais ce dÃ©sespoir n'est pas une tristesse ou une mÃ©lancolie, il est juste l'abandon des illusions du Spectacle issu du monde des hommes . Ce dÃ©s-espoir est l'ouverture de la source de puissance de l'Ãªtre au fond de l'homme, une source qui frappe comme la foudre . Ce dÃ©s-espoir est le tigre que l'homme noble doit chevaucher .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'expÃ©rience existentielle de l'homme moderne nÃ© pour les plus hautes puissances de fÃ©licitÃ©, et rÃ©duit Ã  la fonction d'un monde Ã  la fois Ã©crasant et vide, c'est l'expÃ©rience du bloom . Le bloom est l'homme a l'ego spectaculaire, qui vit le vide du monde moderne comme s'il Ã©tait plein, et comme si le Spectacle Ã©tait une mÃ©taphysique . Il est le monde du &lt;em&gt;comme si&lt;/em&gt;, du &lt;em&gt;ou bien ou bien &lt;/em&gt;unidimensionnel comme figure de la libertÃ©, il est l'apparence de vie heureuse d'un monde de mort . L'expÃ©rience du bloom est l'expÃ©rience d'Hamlet, celle de la rupture du miroir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pantin qui a regardÃ© derriÃ¨re le miroir une fois ne peut plus jouer le jeu sans le souvenir de l'abÃ®me, sans le creusement de l'angoisse . Le fond du dÃ©sespoir est le fond de l'inconnu, oÃ¹ se trouve les puissances des mondes nouveaux, l'or des printemps . Nous parlons d'Ãªtre, non de mythe ou de rÃªve . Toute Ã©vocation, toute parole n'est pas une pure question de mots . Le signifiant est le lien entre la voix et l'Ãªtre, et ainsi la loi devient l'ordre du monde, ou la parole du sage la voie de la rÃ©alisation . La poÃ©sie est la mÃ©taphysique en Ã©rection, et la mÃ©taphysique et la rÃ©volution sont un, sont la nÃ©gation de la nÃ©gation, la nÃ©gation du nihilisme . Si seul un dieu peut encore nous sauver, nous devons pÃ©rir, ou Ãªtre des dieux . Le dieu parle, et le signifiant ordonnant la vie est prÃ©cisÃ©ment l'art .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il peut y avoir aujourd'hui l'avÃ¨nement d'une esthÃ©tique, c'est la recherche de l'expression de ce dicible de l'indicible du SystÃ¨me . Il va falloir trancher entre deux orientations de l'art, une qui est une intensification du Spectacle, et une qui s'en dÃ©tache et brÃ»le ce qu'il a adorÃ© . Ainsi Hamlet fait jouer une piÃ¨ce pour faire affleurer la connaissance du crime, et ainsi l'art peut manifester le crime gÃ©nÃ©ral, impersonnel, qu'est le SystÃ¨me . Shakespeare use du thÃ©Ã¢tre comme d'un dÃ©voilement, et les voiles de l'art peuvent devenir les voiles noires qui annonceront la mort du SystÃ¨me, mort qui de toutes faÃ§ons aura lieu, avec ou sans les hommes . Le destin de l'art moderne est d'annoncer la mort du LÃ©viathan, et de dÃ©signer les expÃ©riences qui peuvent nous mener au delÃ  du miroir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Ã©vÃ¨nement palpable et perpÃ©tuel de l'inconnu, cette vie de funambule qui dÃ©crit la quÃªte est hyper-concrÃ¨te en pratique, qu'elle soit thÃ©urgie, baisers, folie, sorcellerie, goÃ©tie, donjuanisme, fornication, mystique, poÃ©sie et j'en passe. Ce n'est pas le contenu qui compte, mais sa puissance Ã  atteindre la transgression qui accomplit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dit Nietzsche : frÃ¨res, nous avons l'arc â€“ la corde â€“ la flÃ¨che â€“ et peut Ãªtre : le but .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-4475213707746720406?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/4475213707746720406/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=4475213707746720406' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4475213707746720406'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4475213707746720406'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/02/expression-art-et-experience-du-monde.html' title='Expression, art et expÃ©rience du monde .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-EMgUAusKh0Y/TzKyv7VJloI/AAAAAAAABZM/he6dq5M0aAk/s72-c/Miroslav%2BTich%25C3%25BD..jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-1363462200942641548</id><published>2012-02-04T06:14:00.009-08:00</published><updated>2012-02-04T07:38:01.747-08:00</updated><title type='text'>Pont oriental â€“ occidental, comme cercle de l'origine et de la fin . Collage sÃ©mantique, Ã  Hafez .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-QJqHK-gB7YA/Ty0-MGstgTI/AAAAAAAABZA/5GeIHLFklLo/s1600/408939_3129556921944_1355342127_3331423_625118296_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 327px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5705284680625783090" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-QJqHK-gB7YA/Ty0-MGstgTI/AAAAAAAABZA/5GeIHLFklLo/s400/408939_3129556921944_1355342127_3331423_625118296_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(FB boobs)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ces textes ne sont pas revendiquÃ©s par un nom ou un prÃ©nom ; sont tissage de fils au grÃ© de la Lune. La parole des sages produit de l'ÃŠtre. Puissent-ils, en un collage, et orientÃ©s vers la seule unitÃ© qui vaille, Ãªtre une gifle aux impuissants qui prÃ©tendent Ã  une rente au nom du Â« droit d'auteur Â», auteurs qu'ils piÃ©tinent et aspirent comme des vampires&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ã€ Hafiz . A Goethe . A Guillaume d'Aquitaine . A Shakespeare . A Bulatovic . A toi &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que veulent tous les hommes, tu le sais et tu lâ€™as bien compris, car, de la poussiÃ¨re jusquâ€™au trÃ´ne, le dÃ©sir nous tient tous dans sa rigoureuse chaÃ®ne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes croient vouloir ce qu'ils veulent, mais le sage sait que le dÃ©sir veut, et non l'homme qui se rÃªve fondateur .&lt;br /&gt;L'homme est poussiÃ¨re, et son ego est poussiÃ¨re de poussiÃ¨res .&lt;br /&gt;Le sage contemple la vacuitÃ© comme une mer au soleil du grand midi .&lt;br /&gt;Un autre sage, Ã´ rose des dÃ©lices, dÃ©sire le dÃ©sir, et ne veut ce que veut le dÃ©sir .&lt;br /&gt;Il veut le dÃ©sir, mÃªme quand le dÃ©sir est vin de tristesse et de mort, car ce vin de tristesse est comme le soleil qui fit brunir la Sulamite .&lt;br /&gt;C'est lÃ  ta sagesse, Ã´ Hafez ! Elle t'a choisie . Quel mortel peut prÃ©tendre la partager ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela fait tant de mal, tant de bien ensuite ! Et le bien ne saurait Ãªtre mesurÃ© au mal .&lt;br /&gt;L'homme n'a pas plus de pouvoir sur lui-mÃªme que sur les faces mouvantes de la lune dans la brume des tempÃªtes d'hiver . Il naÃ®t tel, vidÃ© de sÃ¨ve, de sang et de souffle, dÃ©jÃ  mort, ou avide de vent comme le loup, Ãªtre de tempÃªte, de la race des bardes et des sages . EmpÃ©docle mit son cÅ“ur dans la haine insensÃ©e . Qui pourrait sâ€™en dÃ©fendre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie doit-elle Ãªtre sacrifiÃ©e Ã  la crainte du mal ? Le feu peut-il vivre de craindre la cendre ? C'est lÃ  le vÅ“u secret des Ã¢mes pas assez hardies, ou de ces ailes puissantes, luisantes d'Ã©toiles, que le feu terrestre ne dÃ©vore pas d'une douloureuse jouissance . Que lâ€™un sâ€™y rompe le col, lâ€™autre persiste hardiment . Telle est la race des hommes, telle est la race des saints, telle est la race des poÃ¨tes, Ã´ Hafez .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MaÃ®tre, pardonne-moi ! La saintetÃ© ne m'a pas choisie, mais le sang qui s'Ã©coule vers la terre . Tu sais que souvent je m'aventure, quand elle entraÃ®ne les regards aprÃ¨s elle, marchant prÃ¨s du CyprÃ¨s .&lt;br /&gt;Son pied rase la terre comme des racines menues, et caresse le sol sans s'y fixer ; son pied est frÃ¨re des refuges des dÃ©serts .&lt;br /&gt;Ã” nulle part sur terre je ne pourrais trouver la paix, si mes pas ne se placent dans les signes de tes pas .&lt;br /&gt;Aujourd'hui je suis triste jusqu'Ã  la mort, car je regarde les Ã©toiles sans toi . C'est cette tristesse Ã©blouissante qui est la face cachÃ©e du Soleil, Ã´ Hafez !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MaÃ®tre, pardonne-moi ! La saintetÃ© ne m'a pas choisie, mais le sang qui s'Ã©coule vers la terre . Pourtant je suis fils de la Terre et du Ciel Ã©toilÃ©, et je meurs de soif et je dÃ©faille au souvenir de tes baisers .&lt;br /&gt;Qu'importe d'avoir un ciel que l'Ange et le Dragon ne parcourent pas, comme les mains brÃ»lantes parcourent la peau caramÃ©lisÃ©e .&lt;br /&gt;Qu'importe d'avoir une terre, si ton souffle n'y est pas la brise parfumÃ©e s'Ã©coulant des montagnes de l'horizon sur nos corps emmÃªlÃ©s !&lt;br /&gt;Qu'importe la Splendeur visible, si le soleil intÃ©rieur ne me fait pas fermer les yeux .&lt;br /&gt;C'est ce que tu enseignes, Ã´ Hafez .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son salut nous effleure comme un lÃ©ger nuage, son haleine, comme une caresse de la brise orientale.&lt;br /&gt;Nous sommes pressÃ©s dâ€™une vague de brume et de dÃ©sir, lorsque, anneau par anneau, sa brune chevelure dÃ©ploie sa richesse et quâ€™elle enfle ses ondes et frÃ©mit au souffle du vent .&lt;br /&gt;Elle est l'aile du corbeau de l'Orient, le reflet de l'Ange paon . Elle est celle qui veille au delÃ  de la mer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis le front blanc brillant, et ses Ã©paules frÃ©missantes comme le saumon sautant les chutes se dÃ©couvrent, pour enlever toute aspÃ©ritÃ© de ton cÅ“ur ; elle dit les mots, et une chanson joyeuse, sans naissance, arrive Ã  ton oreille pour bercer ton esprit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quâ€™ensuite la rose de ses lÃ¨vres sâ€™anime avec une grÃ¢ce infinie, elle te laisse libre aussitÃ´t de te mettre dans les chaÃ®nes des dÃ©lices .&lt;br /&gt;La peau qui enserre le corps se renverse en Ã©lytres de plumes indÃ©finies,&lt;br /&gt;Le souffle est suspendu, lâ€™Ã¢me vers lâ€™Ã¢me sâ€™envole ; des parfums circulent Ã  travers la voluptÃ©, et passent, invisibles nuages .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, quand lâ€™ardeur est au comble, ta main saisit la coupe, le vert Ã©chanson accourt, le vert Ã©chanson vient et verse et verse encore .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son Å“il Ã©tincelle, son cÅ“ur palpite, il espÃ¨re sentir la voix des leÃ§ons de feu issues des laves et du souffre des volcans ;&lt;br /&gt;Il espÃ¨re, quand le vin coulera, comme une pluie de printemps, et exaltera ton gÃ©nie hors des bornes des hommes,&lt;br /&gt;Entendre encore les plus sublimes pensÃ©es, comme s'Ã©panouit la rose du sexe sous l'afflux du sang, ou encore comme un Ã©cho du souffle originaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã€ lui homme par la pensÃ©e sâ€™ouvre lâ€™espace des mondes ; dans le cÅ“ur, ordre et salut ; la poitrine se gonfle, le duvet brunit : il est devenu un jeune homme .&lt;br /&gt;Le vert Ã©chanson est Ã©ternellement jeune, poisson dans l'eau vive de la fontaine, au confluent des deux mers .&lt;br /&gt;Il est devenu homme, c'est Ã  dire plus qu'homme, une force qui va comme la riviÃ¨re s'Ã©coule .&lt;br /&gt;Tel est le fruit de la fleur des paroles, Ã©ternellement dite comme la rumeur des eaux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La riviÃ¨re s'Ã©coule...Les seules fleurs que j'aime Ã  humer sont celles tressÃ©es dans tes cheveux .&lt;br /&gt;Tes paysages, images des paroles des sages, sont les seuls fruits dont la sÃ¨ve sucrÃ©e doit couler dans ma gorge . Je n'ai pas voulu la guerre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;RÃ©clame le vin, rÃ©pands les fleurs, qu'attends tu du siÃ¨cle ? C'est ce qu'Ã  l'aube dit la rose . La rose est le miroir du TÃ©moin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;HiÃ©ratique, Il est le tÃ©moin de la Splendeur ; et la beautÃ© est son tÃ©moin . Ainsi tu ne rends pas tÃ©moignage Ã  toi-mÃªme, comme la flamme du Sacrifice est le tÃ©moignage du Soleil Invaincu . Ainsi ce qui est en bas est comme ce qui est en haut . Ainsi se noue la boucle du Serpent dans les racines de ton cou parfumÃ© . Ainsi l'intensitÃ© du feu de tes bras est celle de la dÃ©esse du soleil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand tu nâ€™ignores plus aucun des mystÃ¨res que le cÅ“ur et les mondes renferment, gracieux et fidÃ¨le, tu fais un appel au sage, pour quâ€™il en explique le sens . Que votre lien soit la chaÃ®ne d'Or de l'Ãªtre . Le sage est comme le sabre, il est le tranchant infime des illusions et le miroir pour ta lumiÃ¨re . Expliquer est dÃ©rouler l'implication Ã©ternelle de ta propre vie, n'est rien d'autre qu'une des maniÃ¨res infinies de prononcer son Nom qui est le tien depuis l'origine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour que la protection du trÃ´ne nous soit maintenue, et que le jardin nous reste ouvert comme aux vents de la rose - tu adresses au schah, tu adresses au vizir, une bonne parole . Gracieux et fidÃ¨le vassal !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais nul Roi ne rÃ©ponds, nul roi â€¦nous sommes au crÃ©puscule, et le roi se meurt...pleurez, pleurez, fleur de chevalerie ! Le nord et lâ€™ouest et le sud volent en Ã©clats, les trÃ´nes se brisent, les royaumes tremblent : sauve-toi, va dans le pur Orient respirer lâ€™air des patriarches ; au milieu des amours, des festins et des chants, la source de Chiser te rajeunira . Mais la source est tarie, Ã´ Hafez ! Je n'ai pas voulu la guerre â€“ je ne suis nÃ© que pour la gracieuse rose de tes lÃ¨vres...&lt;br /&gt;Toute la joie du monde aux pieds de la Dame si nous aimons (â€¦)&lt;br /&gt;Que Dieu me laisse vivre tant que j'ai les mains sous son manteau...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã€ Dieu est lâ€™orient ! Ã€ Dieu est lâ€™occident ! Les pays du nord et du midi reposent dans la paix de ses mains.&lt;br /&gt;Lui, le seul juste, il veut pour chacun la Justice. Que, dâ€™entre ses cent noms, celui-ci soit hautement louÃ© !&lt;br /&gt;Lâ€™erreur veut mâ€™Ã©garer, mais tu sais mâ€™en dÃ©gager . Quand le monde s'effondre, que jâ€™agisse, que je mÃ©dite, trace-moi le droit chemin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les maux de la terre ne rÃ©sultent pas d'une injuste rÃ©partition des biens, des produits, comme l'affirme Marx, dont vous me prÃªtez les idÃ©es, mais d'une injuste rÃ©partition de l'amour...La poÃ©tisation ! La restauration des des significations primitives, la rÃ©alisation des mythes interdits, la rationalisation des mondes parallÃ¨les !&lt;br /&gt;- (â€¦) Combien cela coÃ»tera-t-il?&lt;br /&gt;Tout ne se mesure pas en marks...(...) je refuse d'admettre que c'est le travail, et lui seul, qui a fait l'homme . Car alors oÃ¹ sont les principes? OÃ¹ est la justice? Il y a toujours un roi, vivant ou mort, peu importe . L'important, c'est qu'il y ait un roi quelque part . Sans roi, il n'y a ni royaume ni philosophie . Ni poÃ©sie . Ni hiÃ©rarchie !&lt;br /&gt;-Alors, qui est le Roi ?&lt;br /&gt;-L'homme (...) dont la tristesse est immense . (â€¦) Le roi est un Ãªtre vÃ©ritable, un Ã©tat d'Ã¢me, le seul Ãªtre, qui a notre Ã©poque, s'exprime par une mÃ©taphore . Le roi est la dialectique !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã” Hafez, gracieux et fidÃ¨le vassal de l'amour, comment Ãªtre vassal sans ce Roi triste...C'est la tristesse de la mort dans le cÅ“ur du Vassal qui garde le nid du grand Roi Ã  venir, comme la tristesse dans le cÅ“ur de l'amant garde la puissance de l'amour, des milliers de cercles cÃ©lestes aprÃ¨s la vision de BethsabÃ©e par David . C'est le dÃ©sespoir qui devient ma sauvegarde et le bouclier de ma foi . C'est le vide et l'atrocitÃ© qui rendent tÃ©moignage Ã  la lumiÃ¨re, c'est Lucifer levant sa lance pour son pÃ¨re Ã  la fin des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai pas voulu la guerre, la rage, la raison, la dialectique . Mais je mourrais de te perdre, Ã´ toi qui marche prÃ¨s du CyprÃ¨s, je mourrais de te perdre, Ã´ Toi souffle et feu des mondes qui brÃ»le mes tripes Ã  travers moi...Comment vivre dans les cercles de fer de ce monde de mort ? Mais qu'importe un ciel que l'ange et le Dragon ne parcourent pas ! Je n'ai pas voulu la guerre, mais le marteau doit s'abattre sur les fers de ce monde, la rage doit parler, je ne sais Ãªtre autrement . Quand le monde s'effondre, que jâ€™agisse, que je mÃ©dite, trace-moi le droit chemin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais quelle heure je suis nÃ©&lt;br /&gt;Je ne suis ni joyeux ni triste&lt;br /&gt;Je ne suis ni sauvage ni familier&lt;br /&gt;Et je ne sais Ãªtre autrement&lt;br /&gt;Je fut douÃ© la nuit par une fÃ©e&lt;br /&gt;sur un mont haut&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gracieux vassal, amant de la rose ! Ces choses, tu les sais et les chantes aujourdâ€™hui, et demain tu les chanteras encore. Câ€™est ainsi que tu nous mÃ¨nes, aimable guide, Ã  travers les amertumes et les douceurs de la vie, au crÃ©puscule des mondes, comme jadis tu aspirais la rose par le souffle de ton cÅ“ur, Ã  l'Aube des jardins .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-d8KRa-FzaX0/Ty09umgPjsI/AAAAAAAABY0/qstHzezU2EU/s1600/33%252BJean-Fran%25C3%25A7ois%252BLecourt.JPG"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 390px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5705284173767347906" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-d8KRa-FzaX0/Ty09umgPjsI/AAAAAAAABY0/qstHzezU2EU/s400/33%252BJean-Fran%25C3%25A7ois%252BLecourt.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Autoportrait de moi-mÃªme par un autre, Jean FranÃ§ois Lecourt)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-1363462200942641548?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/1363462200942641548/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=1363462200942641548' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1363462200942641548'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1363462200942641548'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/02/pont-oriental-occidental-comme-cercle.html' title='Pont oriental â€“ occidental, comme cercle de l&apos;origine et de la fin . Collage sÃ©mantique, Ã  Hafez .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-QJqHK-gB7YA/Ty0-MGstgTI/AAAAAAAABZA/5GeIHLFklLo/s72-c/408939_3129556921944_1355342127_3331423_625118296_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-4167525584059025188</id><published>2012-02-02T03:50:00.001-08:00</published><updated>2012-02-02T03:52:03.593-08:00</updated><title type='text'>Lucifer, la transgression qui accomplit .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s1600/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702644843830937826" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s400/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Nicolas Samori : http://www.nicolasamori.com/)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que peut-on dire des exigences de la libertÃ© de base de la libertÃ© humaine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est dit traditionnellement que les exigences de la libertÃ© humaine sont posÃ©es par la justice . Cette question â€“ comment poser, Ã©crire les exigences fondamentales de la libertÃ©, de la justice - ne peut avoir sans doute de rÃ©ponse univoque . Elle est pourtant les racines de l'arbre de la vie libre que souhaitent les rÃ©voltÃ©s de ce temps . En effet, un mouvement, aussi dÃ©cousu soit-il, ne peut exister sans de courts textes fÃ©dÃ©rateurs qui posent des bases, des fondements de leurs actions : Que ce texte soit les bÃ©atitudes, la &lt;em&gt;DÃ©claration des Droits&lt;/em&gt;, la &lt;em&gt;DÃ©claration des Droits de l'Homme et du Citoyen&lt;/em&gt;, le &lt;em&gt;Manifeste du Parti Communiste&lt;/em&gt;, le programme du C.N.R, et j'en passe . Toujours, il s'agit de poser des limites au processus de pouvoir des puissants, en montrant Ã  tous que ce processus menace des domaines vitaux des Ãªtres humains qui, en dÃ©finitive, se dÃ©fendent d'un arraisonnement inacceptable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est juste, la justice, n'est pas le lieu de dÃ©bats et de thÃ©ories, mais d'une Ã©vidence partagÃ©e dans la revendication collective de justice . La chanson, la poÃ©sie populaire, qui peuvent Ãªtre chantÃ©es sur les rues, sur les marchÃ©s, les chantiers, dans les champs, vÃ©hiculent plus de justice que toutes les thÃ©ories de la Justice qui apparaissent souvent dans les pÃ©riodes de troubles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que des hommes jouent plus d'argent que n'en peut gagner un homme qui passe dans la rue voisine, et dont l'enfant malade ne peut avoir de traitement, ce n'est pas bon . Qu'un homme mette tout l'argent de sa vie et de toutes ces journÃ©es de travail dans un logement laid et exigu pendant des dizaines d'annÃ©es, et qu'il finisse par en Ãªtre expulsÃ© Ã  vil prix pour faire un immeuble pour riches, ou parce qu'il est saisi, ce n'est pas bon . Qu'un homme narcissique et immature, incapable de la moindre empathie, soit cadre dirigeant protÃ©gÃ© de son incompÃ©tence notoire par son origine sociale et ses diplÃ´mes, ce n'est pas bon . Qu'un capitaine de navire abandonne son bateau, et laisse mourir des passagers sans aide, ce n'est pas bon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'EcclÃ©siaste dit :&lt;em&gt; Â« parmi les mauvaises choses que j'aie vu sous le soleil... Â»&lt;/em&gt;. Pascal dans ses pensÃ©es ne dit pas autre chose, quand il montre que l'homme passe beaucoup de temps Ã  justifier beaucoup d'injustices, quand ce qui est juste, comme l'Ã©galitÃ© des biens, est au fond connu de tous . Qu'un collectif d'Ãªtres humains se rÃ©voltent et attestent de cette injustice manifeste Ã  tout homme dans son cÅ“ur, cela suffit Ã  la faire exister, et bien plus que toute thÃ©orie de la Justice . Dit autrement, la protestation de la Rose Blanche fut plus puissante contre les injustices du IIIÃ¨me Reich que la lecture des Å“uvres morales de Kant . Ou encore, la vie mÃªme des troubadours et des parfaits Cathares Ã©tait un dÃ©voilement de l'injustice trÃ´nant sur le siÃ¨ge de Rome plus puissant, et donc plus dangereux, que n'importe quel traitÃ© de thÃ©ologie ou de politique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut vivre selon l'ordre de la rÃ©volte avec l'exigence la plus haute . Il n'est de plus haut Gai Savoir que la vie du fidÃ¨le d'amour, ni de rÃ©volte qui puisse ne vivre que d'indignation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une tyrannie, l'oppression, l'injustice sont une rÃ¨gle quotidienne, une normalitÃ© qui se dÃ©roule sans heurts, sans rien qui ne puisse plus choquer une population dÃ©sabusÃ©e . Souvent les actes les plus violents sont dissimulÃ©s, dissimulÃ©s par la nuit et le petit matin pour les arrestations en URSS, ou par la nuit et le brouillard . Nos prisons et nos centres de rÃ©tentions sont Ã©cartÃ©s des lieux publics, et les arrestations d'enfants de clandestins devant les Ã©coles n'est pas recommandÃ© par les autoritÃ©s . Le spectacle qui provoque une forte Ã©motion est une force pour toutes les rÃ©voltes, mÃªme chez les partisans du SystÃ¨me . Ainsi le spectacle de la violence des arrestations fit intervenir la femme de Baldur Von Schirach, chef des jeunesses hitlÃ©riennes et gauleiter de Vienne, auprÃ¨s de Hitler . Par ailleurs, globalement, le spectacle de la rÃ©gularitÃ© consentie, d'ailleurs rÃ©signÃ©e, visible dans toutes les grandes villes des Â« pays dÃ©veloppÃ©s Â» est le signe de puissances de coercition, occultes, mais Ã  l'oeuvre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le SystÃ¨me est fait de rÃ¨gles et de cycles qui se veulent au fond immuables et sans surprises . Les discours fonctionnels au SystÃ¨me correspondent Ã  ces exigences . De maniÃ¨re analogue, une idÃ©ologie, une thÃ©orie se posent en paroles, dans une langue . La langue est un mÃ©dia de communication socialement gÃ©nÃ©ralisÃ©, en gros la forme dont le monde des individus est matiÃ¨re . La pensÃ©e logique, ou la grammaire, sont des systÃ¨mes de sÃ©lection, de rÃ©duction de l'incertitude ou des possibles . Quand une phrase, un raisonnement sont initiÃ©s, leur suite est dÃ©terminÃ©e dans des cadres de plus en plus Ã©troits, par la grammaire comme par la sÃ©mantique . Au delÃ  des dÃ©terminations Â« purement linguistiques Â» si tant est que cette puretÃ© soit rÃ©elle, s'ajoutent les dÃ©terminations plus Ã©troites de la conformitÃ© idÃ©ologique . Ainsi fonctionne fonctionnellement l'idÃ©ologie racine, comme une matrice de rÃ©pÃ©tition infinie de propositions fonctionnelles, sans surprises, qui ordonnent fonctionnellement l'interprÃ©tation du monde par les hommes dans le SystÃ¨me . Quand on entend ce qu'on entend, c'est normal que l'on pense ce que l'on pense .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mÃ©dias eux-mÃªme sont ordonnÃ©s sur cette forme cyclique . Ainsi la radio, la tÃ©lÃ©vision ne cessent de se rÃ©pÃ©ter indÃ©finiment . Le journal quotidien, disait Marx, est la messe de l'homme moderne . Le journal moule, forme Â« l'actualitÃ© Â» sur sa structure de classification, soit par Ã©chelle spatiale, d'ici Ã  plus loin, soit par Â« thÃ¨mes Â», informÃ©s par l'idÃ©ologie dans leur principes mÃªmes, comme par exemple la sÃ©paration complÃ¨tement artificielle entre Â« politique intÃ©rieure Â», Â« Ã©conomie Â», et Â« social Â», et encore Â« culture Â», sÃ©paration qui empÃªche fonctionnellement d'avoir une vue globale de la sociÃ©tÃ© comme sous-systÃ¨me local de domination et de rÃ©partition des richesses, dispositif dont font partie tant les impÃ´ts que le P.I.B, la bourse que les syndicats, les Ã©lections, et j'en passe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour Ãªtre prÃ©cis, le travail de digestion des mÃ©dias consiste Ã  dÃ©structurer les Ã©lÃ©ments du SystÃ¨me global en Â« Ã©vÃ¨nements Â», Ã  hiÃ©rarchiser et classer ces Ã©vÃ¨nements selon la structure du grand rÃ©cit de l'idÃ©ologie â€“ par exemple : le rÃ©cit du dÃ©ficit de l'Ã‰tat comme Â« vie Ã  crÃ©dit Â» sur le modÃ¨le d'un particulier dotÃ© d'une carte de crÃ©dit â€“ et enfin Ã  rÃ©pÃ©ter indÃ©finiment ce rÃ©cit pour en faire une grille partagÃ©e d'intelligibilitÃ© du monde . Il n'est absolument pas besoin d'inventer de faux Ã©vÃ¨nements, il suffit d'ordonnancer des fragments isolÃ©s selon la grille d'intelligibilitÃ© de l'idÃ©ologie â€“ Debord disait : &lt;em&gt;le vrai est un moment du faux gÃ©nÃ©ral &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les images qui se multiplient indÃ©finiment dans le Spectacle sont des Â« photos d'illustration Â», elles ne sont rien de plus que les illustrations de la matrice du rÃ©cit ou de l'idÃ©ologie . Quand on voit une photo d'hommes armÃ©s en tenue lÃ©opard Ã  cÃ´tÃ© d'un pick-up, et que la lÃ©gende indique Â« dÃ©serteurs de l'armÃ©e syrienne Ã  Homs Â» vous savez que vous pouvez aussi bien voir des hommes de l'armÃ©e syrienne, des hommes vu en Lybie, et que cela n'a d'autre importance que de vous convaincre que la version que l'on vous sert de Â« l'insurrection syrienne Â» est la bonne, puisque c'est vu, Â«vu Ã  la tÃ©lÃ© Â», hein, c'est tout vu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mÃ©dias fonctionnels sont une immense rÃ©pÃ©tition cyclique, oÃ¹ Â« l'actualitÃ© Â»rÃ©sulte du dÃ©membrement de tout ce qui permettrait d'avoir une vision globale et lucide de l'exploitation, pour le restructurer comme image du discours qui se veut Â« Ã©ternel Â» de l'idÃ©ologie racine . Par exemple, le discours progressiste se veut par essence au dessus des transformations affectÃ©es par le progrÃ¨s, Ã  moins de pouvoir penser son remplacement par un discours rÃ©actionnaire comme un Â« progrÃ¨s Â», ce dont je doute . Le discours de la mode, ou la figure du crÃ©ateur de mode se veulent Ã  l'abri du temps, icÃ´nes immuables de la transformation gÃ©nÃ©rale, comme Karl Lagerfeld .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce fait, nous ne parlons pas, et aussi ne pensons pas les sauts, alÃ©atoires ou non, les sorties de l'idÃ©ologie racine, avec aisance . Bien au contraire, ces sauts, ces sorties, apparaissent au plus grand nombre des jeux de l'esprit sans rÃ©alitÃ©, ou encore d'une complexitÃ© incomprÃ©hensible, comme une langue Ã©trangÃ¨re ; ou encore, quand les heureux "citoyens libres" commencent Ã  comprendre, des facteurs d'angoisse, puisque le monde ordonnancÃ© du SystÃ¨me est comme tous les mondes ordonnancÃ©s qui vous placent au centre du monde de l'intelligibilitÃ© et en mesure du monde : il est un puissant renfort du narcissisme et de l'ego les plus vils . AdhÃ©rer au Spectacle est en soi stupide, mais vous place illusoirement en Ãªtre supÃ©rieur . Par cet asservissement consenti et dÃ©niÃ©, vous voilÃ  en puissance de juger tous les Ã©trangers, musulmans, religieux, dissidents, militants d'ultra-gauche, Â« fascistes Â», comme des imbÃ©ciles, des malades ou des criminels ne mÃ©ritant que caricature, ou justifiant l'usage de n'importe quelle violence, mÃªme illÃ©gale . Le narcissisme de l'idiot est le plus sÃ»r garant de son asservissement Ã  la &lt;em&gt;weltanschuung&lt;/em&gt; du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe des thÃ©orie des catastrophes et des thÃ©orie du chaos, mais cela n'est pas du domaine de l'exercice quotidien de la pensÃ©e â€“ elles sont des sciences de l'exception, de la singularitÃ© . Dans le quotidien, le langage, comme le lever du soleil et le coucher du soleil, les lieux, le travail, les heures sont comme le cadran de la montre, un sempiternel retour . Et dans une tyrannie, la revendication ou la pratique de la libertÃ© est un Ã©tat d'exception fondÃ© sur une cause, une cause fondÃ©e sur rien de tangible dans le monde de la tyrannie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Stirner dit justement : &lt;em&gt;j'ai fondÃ© ma cause sur rien &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est rare d'entendre une parole puissamment nouvelle en tous lieux, et plus encore en temps de tyrannie . La vÃ©ritÃ© du monde, et celle du monde moderne tout particuliÃ¨rement, monde qui atteint une telle complexitÃ© qu'il exige un fonctionnement ordonnÃ©, est la rÃ©pÃ©tition massive des cycles . Le chaos n'est pas la vÃ©ritÃ© du monde . Dans les systÃ¨mes humains, tout change pour que tout reste pareil . Les changements sont des adaptations ou des rÃ©parations .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela reste vrai dans le SystÃ¨me â€“ nombre de penseurs, comme Marx, restent actuels dans la vision globale et les problÃ©matiques de la pensÃ©e du Capital . Le XIXÃ¨me siÃ¨cle a eu ses guerres coloniales et ses guerres de libÃ©ration, dominÃ©es par les intÃ©rÃªts du Capital ; et nous avons nos guerres coloniales, dominÃ©es par les intÃ©rÃªts du Capital . Les guerres d'Orient sont des guerres coloniales, avec de lÃ©gÃ¨res variantes dans l'idÃ©ologie qui les lÃ©gitime . Les manuels de guerre coloniale peuvent changer, mais ceux du XXÃ¨me siÃ¨cle restent en usage au XXIÃ¨me . Toutes les gÃ©nÃ©rations qui ont cru, depuis 1789, Ã©tablir une vie diffÃ©rente de leurs parents, ont reconduit finalement les structures familiales, et les rapports de production d'avant, avec ou sans e-phone . La faute de notre monde est de se vouloir un ordre capable de gÃ©nÃ©rer et de se nourrir de la diffÃ©rence, et donc capable d'absorber toute diffÃ©rence sans changer fondamentalement, sans se changer soi-mÃªme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pensÃ©e moderne est une pensÃ©e de neutralisation des diffÃ©rences, parce que le SystÃ¨me est globalement organisÃ© pour neutraliser les diffÃ©rences, pour que tout change pour que tout reste pareil â€“ ce qui est le rÃ©sultat de toute Ã¨re de sÃ©curitÃ©, d'Ã¨re oÃ¹ la sÃ©curitÃ© devient une valeur de premier plan, comme la nÃ´tre . Par principe, la libertÃ© authentique est incertitude, alÃ©a, donc risque aux yeux du SystÃ¨me . Faire du Â« surgissement de la diffÃ©rence Â»une rÃ¨gle de notre monde, c'est nier la rÃ©alitÃ©, qui est la raretÃ©, l'extrÃªme raretÃ© de surgissement d'une diffÃ©rence significative, la raretÃ© magique et violente de l'apparition de ce qui va changer l'ensemble de ce monde . Changer l'ordre du monde est une Ã©preuve de force, un dÃ©chirement, une souffrance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une souffrance, parce que ce qui en gÃ©nÃ©ral dÃ©termine un changement de grande amplitude chez un Ãªtre humain, ce n'est pas simplement le dÃ©sir ou la joie de changer, mais l'impossibilitÃ© oÃ¹ il se trouve de ne pas changer â€“ le fait d'atteindre comme un fond impalpable du dÃ©sespoir . &lt;em&gt;Eli, Eli lama sabachthani&lt;/em&gt;...&lt;em&gt;Seigneur, Seigneur, pourquoi m'as-tu abandonnÃ© &lt;/em&gt;? Les situations extrÃªmes sont trÃ¨s rÃ©vÃ©latrices des trÃ©fonds de l'homme . Sans nul doute, le danger, la peur, la terreur organique qui fait craindre la mort, sont des passions positives . Face Ã  de telles situations, certains hommes s'effondrent jusqu'Ã  la psychose, au dÃ©ni de la rÃ©alitÃ© ; mais d'autres combattent comme le chat qui, acculÃ© par le chien, se dÃ©fend et le dÃ©chire de ses griffes . Il ne s'agit nullement pour autant de valoriser la tristesse : pour Boccace, l'Ã©preuve de la Peste est un Ã©claircissement de la vie essentielle â€“ et elle n'est nullement une ascÃ¨se . Et c'est un fait que les grandes prÃ©sences de la mort â€“ mÃªme si certains sont Â« machines partout Â» - conduisent d'aucuns Ã  l'ascÃ¨se, mais d'autres Ã  la puissance d'abandon des routines pour les passions de l'amour â€“ Ã  la voie des fidÃ¨les d'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est dÃ©finitivement absurde de dÃ©truire indÃ©finiment son prÃ©sent dans le travail dur et forcÃ©, pour construire un avenir radieux, le progrÃ¨s de l'Homme, dont le caractÃ¨re mythique apparaÃ®t de plus en plus en pleine lumiÃ¨re . Il est absurde pour le vivant de vivre pour l'avenir, puisque l'avenir du vivant est le plus assurÃ© dans la mort . Il est absurde de courir aprÃ¨s un avenir qui ne cesse de fuir devant les hommes . Et pourtant la masse des hommes continue cette course du dÃ©ploiement maximal de la puissance matÃ©rielle, course que nul ne peut prÃ©tendre avoir la puissance d'arrÃªter .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'impact est probable, trÃ¨s probable, mais imprÃ©visible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La premiÃ¨re puissance Ã  dÃ©velopper chez l'homme dissident, c'est la capacitÃ© Ã  attendre indÃ©finiment, comme une baudroie au fond de la mer, et Ã  veiller, Ã  Ãªtre prÃªt . A Sparte, lors d'une revue militaire, un jeune homme qui cachait un renard sous son manteau se fit mordre Ã  mort dans les entrailles plutÃ´t que de montrer ses dÃ©sirs souterrains Ã  la CitÃ© . Comme par les crocs de l'animal sauvage, cette attente dans la vacuitÃ© du monde est une maniÃ¨re d'Ãªtre dÃ©vorÃ© de l'intÃ©rieur, une tÃ©nÃ¨bre et une mort . Car la vacuitÃ© du monde est un reflet de la vacuitÃ© de l'ego â€“ un lieu d'angoisse et de tÃ©nÃ¨bres . La mort s'approche inÃ©luctablement dans la rÃ©pÃ©tition Ã©ternelle de l'exil, dans la reproduction d'un SystÃ¨me qui fait vivre le dissident dans une Ã©trangetÃ© radicale Ã  lui-mÃªme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Â« Que faire ? Â» est pour le dissident une question de tous les instants qui se prononce dans le silence et qui n'a pas de rÃ©ponse, sinon que le foyer qui rend cette question urgente, brÃ»lante, inavouable et insoluble doit Ãªtre entretenu Ã  son maximum d'intensitÃ©, quand bien mÃªme ce feu ne trouve pas de bel exutoire . Le dissident est ce dÃ©mon qui brÃ»le de l'intÃ©rieur de questions sans solutions, mais pour qui l'abandon des questions et du feu dÃ©chirant qui les Ã©lÃ¨ve vers le ciel comme des trainÃ©es d'incendies est la mort â€“ la mort, et rien d'autre . Cette fascination pour la mort, la sienne, et la rage massacrante qui peut l'accompagner, est Ã©clatante le plus souvent . Cela ne rend ni particuliÃ¨rement lucide, ni intelligent en soi, voyez la rage dÃ©lirante des pamphlets de CÃ©line .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette nuditÃ© du dÃ©sespoir et de la puissance enchaÃ®nÃ©s dans l'Enfer hallucinatoire de l'intÃ©rieur est la racine d'une puissance de luciditÃ© et de dÃ©sabusement, d'une libÃ©ration des illusions idÃ©ologiques de ces temps chaotiques . Il est hors de doute que le Bulatovic de &lt;em&gt;Gullo Gullo&lt;/em&gt;, ou le CÃ©line du &lt;em&gt;Voyage&lt;/em&gt;, ou encore LautrÃ©amont sont des figures d'une dissidence radicale, et des hommes d'une luciditÃ© supÃ©rieure sur l'esprit du temps et sa rÃ©alitÃ© crue, saignante . Mais il est ainsi fondÃ©e une Ã©tincelle de l'Ã¢me qu'aucune puissance du monde ne peut atteindre . Un homme destinÃ© Ã  la dissidence ne peut se soumettre que mort, parce que le feu de son dÃ©sespoir dÃ©passe tout dÃ©sir sincÃ¨re de devenir comme les autres â€“ il sait par expÃ©rience que le souffle de la libertÃ© est le souffle de la vie, et qu'il mourra &lt;em&gt;Ã©touffÃ© comme un poisson au fond d'une barque &lt;/em&gt;en jouant le jeu . C'est cette puissance infinie d'infini, au delÃ  des noms et des formes, qui fait le courage des martyrs, courage que l'humanitÃ© normale ne peut atteindre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anciens bardes celtes valorisaient les chants de tristesse et de nostalgie, comme favorables Ã  la manifestation de la puissance guerriÃ¨re . Une chanson de Belgrade dit : &lt;em&gt;la riviÃ¨re charrie les grandes eaux, pourquoi ? Et ainsi je suis triste jusqu'Ã  la mort, et nul ne le sait &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dire que Â« le surgissement de la diffÃ©rence Â» est une rÃ¨gle, selon les formes communes de la pensÃ©e moderne, c'est dire que toute croissance et toute corruption est production de diffÃ©rence, ce qui est Ã  la fois vrai au sens le plus simple de la diffÃ©rence, et faux dans un perspective systÃ©mique, oÃ¹ la diffÃ©rence n'existe que significative, comme puissance de transformation . Pour prendre un exemple dans le langage, la substitution d'un synonyme Ã  un nom dans une proposition est une diffÃ©rence, mais cette diffÃ©rence peut n'Ãªtre pas significative, si le contexte de la communication n'est pas modifiÃ© . Dans un systÃ¨me, divers sous-systÃ¨mes peuvent remplir des fonctions analogues, sans provoquer de transformations globales . De telles diffÃ©rences sont des spectacles de diffÃ©rences significatives .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La floraison d'un cerisier au printemps est une diffÃ©rence par rapport Ã  l'hiver, une Splendeur, mais n'est pas une diffÃ©rence Ã©ternelle . Et seule l'Ã©ternitÃ© compte . L'apparition d'une pensÃ©e, d'un art complÃ¨tement nouveaux â€“ l'apparition d'un Ã‰on, du commencement d'un nouveau cycle du monde, tel l'Empire Romain que chante Virgile ne relÃ¨ve pas de l'ordre de la diffÃ©rence entre un hÃ©tÃ©rosexuel et un homosexuel dans le SystÃ¨me, une diffÃ©rence indiffÃ©rente Ã  toute transformation effective â€“ et l'exaltation indiffÃ©renciÃ©e de toutes les diffÃ©rences est identique Ã  l'Ã©touffement de tous les germes du monde par le laisser aller de toutes les ronces possibles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire du Â« surgissement de la diffÃ©rence Â» un bien en soi, attitude progressiste idÃ©ologique typique, est Ã©galement une neutralisation de toute rÃ©flexion sur ce surgissement . Pourtant, les progressistes ne vantent guÃ¨re le surgissement du vieillissement ou le surgissement du cancer . Ce dernier est pourtant un surgissement de la diffÃ©rence dans les cellules, et le surgissement de la diffÃ©rence parmi les hommes exige que les vieux meurent et laissent la vie se rÃ©inventer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce Â« surgissement de la diffÃ©rence Â» n'est pas chantÃ© par les apÃ´tres du SystÃ¨me, non . Le progressisme mÃ©dical se trouve mis au service de la domination oligarchique des vieillards, propriÃ©taires du monde . VoilÃ  un autre trait de la forme moderne du Capital, sa tendance Ã  l'oligarchisation, au vieillissement, Ã  la retraite comme but de la vie, Ã  la rente, Ã  la monnaie forte, Ã  la sÃ©curitÃ©, Ã  la surveillance, son effroi pour la mort en soi, et son mÃ©pris absolu de la vie humaine, ses guerres coloniales faisant des morts par milliers, ses trafics d'organes d'enfants pauvres pour des riches vieillards, toutes ces laideurs massives qui se passent dans l'oubli du Spectacle . Le Spectacle montre les laideurs qu'il veut montrer, celles qui sont par principe non significatives dans les formes de thÃ©orisation admises par le SystÃ¨me . Le monde du Â« surgissement de la diffÃ©rence Â» est envahi de signes d'un monde dominÃ© par des vieillards Ã©goÃ¯stes et stupides se la jouant le Spectacle de l'adulation de la jeunesse â€“ et de la peur du jeune de classe populaire . C'est par exemple le fond inavouÃ© de la Â« lutte contre le harcÃ¨lement chez les jeunes Â» . Et cela, ce n'est pas bon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libertÃ© de la diffÃ©rence dans le SystÃ¨me est la libertÃ© de la porte dans ses gonds . La porte peut avoir une infinitÃ© de positions dans ses gonds, et se croire libre, tant qu'elle ne peut imaginer sortir de ses gonds . La libertÃ© fonctionnelle de l'acteur dans le SystÃ¨me est Ã  l'image de celle de la porte . Un homme qui fait ses courses dans un supermarchÃ© peut choisir indÃ©finiment ses produits dans les gonds de son budget, liÃ© Ã  sa place dans le processus de production . Il est des produits plus ou moins adaptÃ©s Ã  son rang, des produits de cadre et des produits d'ouvrier . Mais cet homme exerce sa libertÃ© de consommateur . Il en est de mÃªme de l'automobiliste et de ses dÃ©placements, de l'internaute et de son surf â€“ de toute libertÃ© fonctionnelle dans le SystÃ¨me . La libertÃ© dans le SystÃ¨me est Ã©troitement liÃ©e Ã  l'abondance de marchandises, de services et de dÃ©clinaisons du Spectacle gÃ©nÃ©ral - et cette abondance est Ã©troitement liÃ©e au Â« surgissement de la diffÃ©rence Â» au sens deleuzien, parmi les marchandises . Le surgissement de la diffÃ©rence dans les marchandises et les services est d'ailleurs Ã©troitement liÃ© au surgissement de la diffÃ©rence dans la sociÃ©tÃ© des consommateurs . Par exemple, la communautÃ© LGTB doit aussi sa reconnaissance officielle Ã  la diffÃ©rence au fait qu'il s'agit d'un marchÃ© effectif plus porteur et plus prescripteur de tendances que CNPT . Il va de soi que le surgissement de la diffÃ©rence parmi les marchandises n'est pas significatif de surgissement de la diffÃ©rence affectant le cadre du troisiÃ¨me totalitarisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'ordre des faits ou des actes, comme pour les chemins de forÃªt, le simple acte d'Ãªtre crÃ©e une mÃ©moire qui va augmenter la possibilitÃ© qu'il se reproduise le mÃªme acte d'Ãªtre . Si je passe Ã  travers les ronces, je trace un passage, et un homme suivant aurait intÃ©rÃªt Ã  le prendre, et ainsi se forme un passage qui peut ensuite Ãªtre instituÃ©, marquÃ© comme passage, tandis que les autres passages possibles sont envahis de vÃ©gÃ©taux de plus en plus Ã©pais . Il en est souvent de mÃªme de l'ensemble des actes humains : la rÃ©pÃ©tition traditionnelle renforce la rÃ©pÃ©tition traditionnelle . Il est Ã©vident, par la pratique de la vie humaine dans le SystÃ¨me, que sa rÃ¨gle est la rÃ©gularitÃ©, et pas Â« le surgissement de la diffÃ©rence Â» . La tyrannie ne cesse de se perpÃ©tuer d'elle mÃªme, et de se poser comme normalitÃ© Ã  chacun de nos pas dans les voies du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libertÃ© effective, comme surgissement effectif de la diffÃ©rence significative, dÃ©cisive, est rare, extrÃªmement rare . Dans la thÃ©orie du chaos, elle est nommÃ©e singularitÃ© . Une singularitÃ© est la pensÃ©e d'un moment extrÃªmement singulier . Elle est le moment oÃ¹ les dÃ©terminismes divers du temps s'annulent, et oÃ¹ la prÃ©vision devient impossible . Un modÃ¨le simple serait une aiguille en Ã©quilibre vertical sur un cadran horizontal, qui peut partir dans n'importe quelle direction du plan . Dans la plupart des cas, le mouvement de l'aiguille est dÃ©terminÃ© par son mouvement antÃ©rieur, sauf si elle s'arrÃªte absolument en Ã©quilibre . Ce modÃ¨le est unidimensionnel ; il faut penser Ã  une singularitÃ© plus grande, plus puissante, qui dÃ©termine les directions de l'avenir pour des jours, des annÃ©es, des milliers d'annÃ©es . Une singularitÃ© de faible amplitude est une analogie des singularitÃ©s plus puissantes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une singularitÃ© est un moment qui s'affranchit du passÃ© ; un moment oÃ¹ tout est en puissance, sans aucun hÃ©ritage d'acte . Un tel moment peut Ãªtre nommÃ© pardon, ou rÃ©demption . Il est un moment de renouvellement des puissances, un moment puissant par excellence . Il a reÃ§u le nom de kairos chez les grecs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une naissance, une rencontre, une grande bataille sont un kairos . Une rÃ©volution est un kairos . AprÃ¨s ce moment, les mondes se dÃ©rouleront Ã  nouveau avec leur part Ã©paisse et collante de dÃ©terminisme . Le kairos est comme la lune qui chevauche les lourds nuages indiffÃ©rents, comme l'Ã©toile qui brille Ã  la surface de la boue des chemins indÃ©finiment repris . Le kairos est l'Ã©clair de tes yeux noirs, uniques au milieu des plus grandes foules, et dans l'indÃ©fini des temps de l'histoire des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;David Ã©tait promis Ã  BethsabÃ©e depuis le septiÃ¨me jour de la GenÃ¨se&lt;/em&gt;, dit Joseph Gikatila, reprenant le mystÃ¨re du Gai Savoir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas de kairos permanent ou de dÃ©terminisme permanent . Le surgissement de la diffÃ©rence significative n'est pas constant, n'est pas identique au flux du temps . Le temps passe infiniment, le renouvellement du temps n'a lieu qu'au terme de mondes ou d'empires, dans les saisons Ã©ternelles des Ã‰ons . Aussi le Hagakure ordonne-t-il au samouraÃ¯ de se prÃ©parer indÃ©finiment Ã  l'instant crucial . Le kairos est un instant, l'alliance du temps et de l'Ã©ternitÃ© . Il est probable que de nombreux instants de ce genre ne soient pas saisis, ni mÃªme entrevus . Ainsi, il n'est pas impensable qu'un homme et une femme se croisent dans un train, une rue, un navire, soient destinÃ©s l'un Ã  l'autre et ne se retrouvent pas avant des vies indÃ©finies . Baudelaire le dit dans Ã  une passante :&lt;br /&gt;(...)&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Un Ã©clair...puis la nuit ! - Fugitive beautÃ©&lt;br /&gt;Dont le regard m'a fait soudainement renaÃ®tre&lt;br /&gt;Ne te verrais-je plus tard que dans l'Ã©ternitÃ© ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ailleurs ! Trop loin d'ici ! Trop tard ! Jamais, peut Ãªtre !&lt;br /&gt;Car j'ignore oÃ¹ tu fuis, tu ne sais oÃ¹ je vais,&lt;br /&gt;Ã” toi que j'eusse aimÃ©e, Ã´ toi qui le savais &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les pÃ©riodes de boue, les hommes, le plus souvent, ne sont pas assurÃ©s dans l'Ãªtre, ne sont guÃ¨re plus que des ombres â€“ les hommes sont Ã  peine . Ils sont quelqu'un qui aurait pu Ãªtre, ils cherchent leur homme de Destin ; celui qui va insuffler la vie dans l'argile informe et l'ennui Ã  mourir . C'est Amadou Kourouma qui use de cette expression . L'homme de destin, celui qui va passer de la puissance Ã  l'acte les puissances indÃ©finies dont la manifestation individuelle n'est que la partie Ã©mergÃ©e de l'iceberg . Alors dans un Ãªtre misÃ©rable et mortel l'esprit se manifeste â€“ Ã  la grande colÃ¨re, Ã  l'amertume de ceux qui ne sont pas, qui dÃ©sirent mortellement Ãªtre . Que seraient devenus NapolÃ©on Bonaparte ou Murat sans la RÃ©volution ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libertÃ© consiste en ce chaos qu'est l'homme, et en la rÃ©pÃ©tition de singularitÃ©s dans ce chaos . La libertÃ© de l'homme n'est pas l'absence de pesanteur, l'absence de sÃ¨ve, de sang, de chair : La libertÃ© de l'homme n'est permise que par l'Ã©quilibre de forces contraires, par la tendance Ã  la dislocation qui torture la conscience . L'homme est comme la Neva Ã  la fonte des glaces, un lieu oÃ¹ se creusent des fissures vers des profondeurs glacÃ©es . Mais l'homme n'est qu'Ãªtre en puissance, et non pas Ãªtre en acte â€“ l'Ãªtre en acte est ce qu'il doit conquÃ©rir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe en CÃ©vennes une roche tremblante, comme il en existe d'ailleurs dans l'Himalaya, oÃ¹ elle a Ã©tÃ© entiÃ¨rement recouverte d'or . La masse Ã©norme de la roche est en Ã©quilibre, et peut Ãªtre dÃ©placÃ©e sur son axe par le doigt d'un homme . Les forces qui Ã©craseraient la chair vivante comme un insecte sont domptÃ©es par leurs contradictions internes . VoilÃ  l'ego, ce doigt entre des puissances qui peuvent surgir, l'Ã©craser et l'Ã©touffer . L'ego est un spectacle et un acteur, un masque est un voile sur les puissances dÃ©chirantes et terrifiantes de l'Ã¢me et de l'esprit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La simple conscience de l'abÃ®me indÃ©fini des puissances de l'Ã¢me est une marque de l'homme appelÃ© Ã  veiller sur le kairos . L'homme qui a vu en un Ã©clair les abÃ®mes de l'homme ne dÃ©sire plus Ãªtre le maÃ®tre de lui-mÃªme, ne joue plus le jeu de dupe de l'ego, cet Ãªtre gonflÃ© de vide qui ne cesse de proclamer sa toute puissance illusoire : il sait qu'il ne peut rien dÃ©sirer de plus qu'Ãªtre le suzerain de ses puissances aprÃ¨s Dieu â€“ car quand Dieu passe Ã  travers lui, son ego est balayÃ© comme une feuille morte au vent, comme l'Ã©cume sur la mer dÃ©chirÃ©e par l'ouragan â€“ ou encore comme la fleur de pissenlit au souffle de l'enfant . Celui qui ne dÃ©sire pas Ãªtre le suzerain de ses puissances est le jouet de puissances sans nom â€“ il est dÃ©jÃ  un esclave .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que la puissance se dÃ©chaÃ®ne, qu'une des puissances en Ã©quilibre dÃ©passe l'autre, et l'ego s'absente dans le regard, et la mÃ©lancolie caniculaire laisse s'Ã©vaporer la raison au grand Midi . Comme Lear, l'homme frappÃ© par cette foudre devient errant, et terrassÃ© par une ivresse faite de larmes et de gÃ©missements . L'homme frappÃ© par cette foudre devient HÃ¶lderlin ou Nietzsche, ou encore un sage, selon le jugement et la Science . Le dÃ©chaÃ®nement de la puissance dans l'homme est aussi l'ouverture de l'abÃ®me â€“ enfer et paradis coexistent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dÃ©passement de l'homme qui s'accomplit dans le kairos, ce passage de la puissance d'acte Ã  l'acte de la puissance, est normal pour l'homme, normal au sens de mesure lÃ©gitime de tout homme â€“ le sens authentique de la norme, qui est aussi la cime de l'humain . La norme, car tous sont appelÃ©s, mÃªme si peu sont Ã©lus . Le dÃ©passement de l'homme est l'homme . La libertÃ© authentique se moque de tout ce qui lui parait mort : elle parait spontanÃ©e, imprÃ©visible, dÃ©sinvolte et sauvage. Elle est la transgression qui accomplit ce qui doit Ãªtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DÃ©jÃ  si peu d'hommes peuvent creuser en eux-mÃªme la discipline â€“ une discipline de mÃ©ditation sur la mort, de renoncement Ã  l'ego â€“ qui est comme l'eau pure et la rosÃ©e ruisselante, quand elles creusent les prisons obscures et immÃ©moriales des roches, pour y tailler les chambres des palais . Si peu d'hommes peuvent Ãªtre prÃªts, si peu d'hommes savent veiller . En vÃ©ritÃ©, celui qui est prÃªt passe Ã  l'acte au jour du kairos â€“ le demi sage le reconnaÃ®t et y Ã©choue parce qu'il est un timorÃ©, sans nier la douleur que doit surmonter le passage Ã  l'acte au jour des destins . Et enfin, comme le jeune Perceval face au cortÃ¨ge du Graal, l'ignorant Ã©choue Ã  le reconnaÃ®tre, par respect des rÃ¨gles originelles â€“ dans le cas de Perceval, les rÃ¨gles de politesse qui enjoignent de ne pas poser de questions .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme libre ne peut se fixer sur le respect d'aucune loi universelle, mais sur l'obligation d'Ãªtre Ã  la fois le Reflet et le Rebelle, d'Ãªtre analogue Ã  la figure de Lucifer, l'Ã©toile du Berger . La libertÃ© est comme un royaume, elle se conquiert sur l'horizon de rÃ¨gles et de dÃ©terminations qui enserrent la vie humaine, comme d'autres rÃ¨gles enserrent le trajet des Ã©toiles fixes, hors l'Ã©toile du berger, VÃ©nus, et ses transgressions excentriques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le kairos est un instant d'exception, et donc de souverainetÃ© â€“ une thÃ©ophanie Ã  travers la chair . Il est l'essence mÃªme de l'Ã‰tat d'exception, de la transgression des lois humaines qui est la manifestation destinale de la Loi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telle est le mariage du Ciel et de l'Enfer . Car la libertÃ© est ambivalente par essence, ce que manifeste la lÃ©gende du Grand Inquisiteur .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-4167525584059025188?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/4167525584059025188/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=4167525584059025188' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4167525584059025188'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4167525584059025188'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/02/lucifer-la-transgression-qui-accomplit.html' title='Lucifer, la transgression qui accomplit .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s72-c/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-5765124416399878272</id><published>2012-01-27T09:40:00.004-08:00</published><updated>2012-01-27T10:03:09.226-08:00</updated><title type='text'>L'instant crucial .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-aw3r5Snns9Y/TyLk8eFpiGI/AAAAAAAABYE/oqKR4I8BpY4/s1600/404327_3130833798368_1490447055_3133495_1314039121_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 267px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702371805724510306" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-aw3r5Snns9Y/TyLk8eFpiGI/AAAAAAAABYE/oqKR4I8BpY4/s400/404327_3130833798368_1490447055_3133495_1314039121_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Bienheureuse ardeur&lt;/strong&gt;.&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne le dites quâ€™aux sages, parce que le vulgaire est disposÃ© Ã  la moquerie : je veux chanter le vivant qui cherche la mort dans la flamme.&lt;br /&gt;Dans la fraÃ®cheur des nuits dâ€™amour, oÃ¹ tu reÃ§us la vie, oÃ¹ tu la donnas, une Ã©trange impression te saisit, Ã  la clartÃ© du flambeau tranquille.&lt;br /&gt;Tu ne restes plus enfermÃ© dans lâ€™ombre, et un nouveau dÃ©sir tâ€™entraÃ®ne vers un plus haut hymÃ©nÃ©e.&lt;br /&gt;Nulle distance ne tâ€™arrÃªte, tu viens, tu voles, enchantÃ© ; enfin, amoureux de la lumiÃ¨re, papillon, tu es consumÃ©.&lt;br /&gt;Et tant que tu nâ€™as pas obtenu de mourir pour renaÃ®tre, tu nâ€™es quâ€™un hÃ´te obscur de la terre tÃ©nÃ©breuse .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Livre de lecture.&lt;/strong&gt;.&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre des livres le plus Ã©trange, câ€™est le livre de lâ€™amour. Je lâ€™ai lu attentivement : quelques feuillets de plaisirs, de longs chapitres de souffrances ; la sÃ©paration forme une section Ã  part ; le revoir, un petit chapitre, un fragment ; des volumes de chagrin, allongÃ©s dâ€™Ã©claircissements sans fin, sans mesure. Ã” Nisami !â€¦ tu as enfin trouvÃ© la bonne voie. Lâ€™insoluble, qui le rÃ©sout ? Des amants qui se retrouvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Goethe, &lt;em&gt;divan occidental-oriental&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;L'instant prÃ©sent pourrait Ãªtre l'instant crucial . L'instant crucial pourrait Ãªtre l'instant prÃ©sent &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pensÃ©e moderne est une pensÃ©e de neutralisation des diffÃ©rences, parce que le SystÃ¨me est globalement organisÃ© pour neutraliser les diffÃ©rences, pour que tout change pour que tout reste pareil . Faire du Â« surgissement de la diffÃ©rence Â»une rÃ¨gle, c'est nier la rÃ©alitÃ©, qui est la raretÃ©, l'extrÃªme raretÃ© de surgissement d'une diffÃ©rence significative, la raretÃ© magique de l'apparition de ce qui va changer l'ensemble de ce monde . Changer l'ordre du monde est une Ã©preuve de force, un dÃ©chirement, une souffrance de dÃ©lices .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une souffrance, parce que ce qui en gÃ©nÃ©ral dÃ©termine un changement de grande amplitude chez un Ãªtre humain, ce n'est pas simplement le dÃ©sir ou la joie de changer, mais l'impossibilitÃ© oÃ¹ il se trouve de ne pas changer â€“ le fait d'atteindre comme un fond impalpable du dÃ©sespoir . Les situations extrÃªmes sont trÃ¨s rÃ©vÃ©latrices des trÃ©fonds de l'homme . Sans nul doute, le danger, la peur, la terreur organique qui font craindre la mort, sont des passions positives . Face Ã  de telles situations, certains hommes s'effondrent jusqu'Ã  la psychose, au dÃ©ni de la rÃ©alitÃ© ; mais d'autres combattent comme le chat qui, acculÃ© par le chien, se dÃ©fend et le dÃ©chire de ses griffes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit nullement pour autant de valoriser la tristesse : pour Boccace, l'Ã©preuve de la Peste est un Ã©claircissement de la vie essentielle â€“ et elle n'est nullement une ascÃ¨se . Et c'est un fait que les grandes prÃ©sences de la mort â€“ mÃªme si certains sont Â« machines partout Â» - conduisent d'aucuns Ã  l'ascÃ¨se, mais d'autres Ã  la puissance d'abandon des routines pour les passions de l'amour . Si la proximitÃ© de la mort dÃ©veloppe la puissance de jouir, la peste serait une bÃ©nÃ©diction dans notre monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est dÃ©finitivement absurde de dÃ©truire indÃ©finiment son prÃ©sent dans le travail dur et forcÃ©, pour construire un avenir radieux, le progrÃ¨s de l'Homme, dont le caractÃ¨re mythique apparaÃ®t de plus en plus en pleine lumiÃ¨re . Il est absurde pour le vivant de vivre pour l'avenir, puisque l'avenir du vivant est le plus assurÃ© dans la mort . Il est absurde de courir aprÃ¨s un avenir qui ne cesse de fuir devant les hommes . C'est plutÃ´t le souvenir de ta mort qui doit te donner la force de rÃ©aliser ce qui doit Ãªtre, la rÃ©alisation du haut et du bas . &lt;em&gt;Et tant que tu nâ€™as pas obtenu de mourir pour renaÃ®tre, tu nâ€™es quâ€™un hÃ´te obscur de la terre tÃ©nÃ©breuse &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dire que Â« le surgissement de la diffÃ©rence Â» est une rÃ¨gle, c'est dire que toute croissance et toute corruption est production de diffÃ©rence, ce qui est Ã  la fois vrai au sens le plus simple de la diffÃ©rence, et faux dans un perspective systÃ©mique, oÃ¹ la diffÃ©rence n'existe que significative, comme puissance de transformation . Pour prendre un exemple dans le langage, la substitution d'un synonyme Ã  un nom dans une proposition est une diffÃ©rence, mais cette diffÃ©rence peut n'Ãªtre pas significative, si le contexte de la communication n'est pas modifiÃ© . Dans un systÃ¨me, divers sous-systÃ¨mes peuvent remplir des fonctions analogues, sans provoquer de transformations globales . De telles diffÃ©rences sont des spectacles de diffÃ©rences significatives, non des diffÃ©rences significatives .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La floraison d'un cerisier au printemps est une diffÃ©rence par rapport Ã  l'hiver, une Splendeur, mais n'est pas une diffÃ©rence Ã©ternelle . Et seule l'Ã©ternitÃ© compte . L'apparition d'une pensÃ©e, d'un art complÃ¨tement nouveaux â€“ l'apparition d'un Ã‰on, du commencement d'un nouveau cycle du monde, tel l'Empire Romain que chante Virgile, ne relÃ¨ve pas de l'ordre de la diffÃ©rence entre un hÃ©tÃ©rosexuel et un homosexuel dans le SystÃ¨me, une diffÃ©rence indiffÃ©rente Ã  toute transformation effective â€“ et l'exaltation indiffÃ©renciÃ©e de toutes les diffÃ©rences est identique Ã  l'Ã©touffement de tous les germes du monde par le laisser aller de toutes les ronces possibles . La diffÃ©rence significative est l'oursin, l'oeuf de serpent, le germe d'un monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous savons dans l'orage intÃ©rieur ce qu'est un vent qui transporte, et qui emporte comme une lame dans les eaux des peaux emmÃªlÃ©es . Il n'est d'autre feu de joie que le feu qui consume . Il n'est d'autre science que l'abandon .  &lt;em&gt;Et tant que tu nâ€™as pas obtenu de mourir pour renaÃ®tre, tu nâ€™es quâ€™un hÃ´te obscur de la terre tÃ©nÃ©breuse &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'instant prÃ©sent pourrait Ãªtre l'instant crucial . L'instant crucial pourrait Ãªtre l'instant prÃ©sent . Lâ€™insoluble, qui le rÃ©sout ? Des amants qui se retrouvent. Telle est l'aube de tous les Ã©tÃ©s impliquÃ©e dans les roues indÃ©finies des destins .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-5765124416399878272?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/5765124416399878272/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=5765124416399878272' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/5765124416399878272'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/5765124416399878272'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/linstant-crucial.html' title='L&apos;instant crucial .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-aw3r5Snns9Y/TyLk8eFpiGI/AAAAAAAABYE/oqKR4I8BpY4/s72-c/404327_3130833798368_1490447055_3133495_1314039121_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-9119292347392145881</id><published>2012-01-20T09:51:00.003-08:00</published><updated>2012-01-20T09:59:54.443-08:00</updated><title type='text'>Et il vit que cela Ã©tait bon . VoilÃ , c'Ã©tait trÃ¨s bon .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-MsQ6aJKwSbw/TxmrP0Vo74I/AAAAAAAABXs/N9pN2iLgAwE/s1600/Khourrem%2BRosa%2BSolymanni%2Buxor.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 342px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5699775091649867650" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-MsQ6aJKwSbw/TxmrP0Vo74I/AAAAAAAABXs/N9pN2iLgAwE/s400/Khourrem%2BRosa%2BSolymanni%2Buxor.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Khourrem Rosa Solymanni Buxor)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Câ€™est bon.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Au clair de lune, dans le paradis, JÃ©hova, ayant trouvÃ© Adam plongÃ© dans un profond sommeil, plaÃ§a doucement Ã  son cÃ´tÃ© une petite Ãˆve, qui sâ€™endormit Ã  son tour. Ainsi reposaient, enveloppÃ©es dâ€™une forme terrestre, les deux plus aimables pensÃ©es de Dieu. Â« Bon ! Â» sâ€™Ã©cria-t-il, pour se payer de sa peine, et il ne sâ€™Ã©loigna pas sans regret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce nâ€™est pas merveille que nous soyons surpris quand un Å“il vif sâ€™arrÃªte sur le nÃ´tre, comme si nous nous Ã©tions Ã©levÃ©s jusquâ€™Ã  Celui qui nous a conÃ§us. Et, sâ€™il nous appelle, eh bien, ainsi soit-il ! Je demande seulement quâ€™il nous appelle tous les deux. Mes bras te retiennent captive, Ã´ la plus aimable des pensÃ©es de Dieu &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Goethe, &lt;em&gt;Divan occidental-oriental &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã” sublime fidÃ¨le d'amour qui fit ce chant . Le regard de l'aimÃ©e est ce miroir qui ouvre la voie du retour et du repentir, le regard des larmes des dÃ©lices et des dÃ©sirs trÃ¨s hauts qui sont les vestiges de la Voie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes des pensÃ©es de Dieu, et il est fÃ©licitÃ© de retrouver l'Ã©nigme et de jouir du Tout-Puissant dans les bras et la chair de l'AimÃ©e, par la sÃ¨ve, le sang, le souffle et par le corps offerts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans le cercle de tes bras que je compris le secret, et c'est le cercle de tes bras qui captive mon Ã¢me de son ivresse sacrÃ©e.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi, tant que je ne suis pas mort, tant que mon coeur et mon sang mettent en mouvement ce corps et cette Ã¢me de race rebelle, je suis Ã  toi et je mourrais de te perdre, non de la mort sans peur, mais de la mort de l'Ã¢me, de l'abÃ®me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu m'as donnÃ© de nouveaux cieux et une nouvelle terre, la libertÃ© des colombes et la libertÃ© des louves, et le vent parfumÃ© sur les montagnes de l'horizon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es la force et la fÃ©licitÃ©, la splendeur et le nid .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que Dieu te bÃ©nisse et te protÃ¨ge, toi et les tiens .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-9119292347392145881?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/9119292347392145881/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=9119292347392145881' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9119292347392145881'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9119292347392145881'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/et-il-vit-que-cela-etait-bon-voila.html' title='Et il vit que cela Ã©tait bon . VoilÃ , c&apos;Ã©tait trÃ¨s bon .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-MsQ6aJKwSbw/TxmrP0Vo74I/AAAAAAAABXs/N9pN2iLgAwE/s72-c/Khourrem%2BRosa%2BSolymanni%2Buxor.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-657777170424563561</id><published>2012-01-17T07:52:00.001-08:00</published><updated>2012-01-17T07:52:51.563-08:00</updated><title type='text'>Le loup est frÃ¨re du loup - ou la communautÃ© humaine .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s1600/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 357px; DISPLAY: block; HEIGHT: 310px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5698628873808082962" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s400/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Austin Osman Spare - Strange Attractor)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» empoisonnent la pensÃ©e bien plutÃ´t qu'ils ne l'occupent . Les Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â», sous le masque de l'irruption de la LibertÃ© et de la TolÃ©rance venus dans les TÃ©nÃ¨bres des sociÃ©tÃ©s paternalistes et intolÃ©rantes du passÃ©, ne sont pas essentiellement diffÃ©rents des dÃ©bats sur les Â« nÃ©cessaires rÃ©formes de structure Â» qui ne cessent d'Ã©craser les salariÃ©s face au Capital dans le Grand retour en arriÃ¨re, initiÃ© par le renouveau de l'idÃ©ologie libÃ©rale, et permis par la chute du mur de Berlin â€“ Ã©vÃ©nement ambigu qui marque la fin des peurs du Rouge dans la bourgeoisie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La novlangue de ces Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» est issue directement du champ de l'idÃ©ologie racine cultivÃ© dans les pays dit Â« dÃ©veloppÃ©s Â» de culture anglo-saxonne, oÃ¹ l'UniversitÃ© est dominÃ©e de maniÃ¨re Ã©crasante par des tenants de l'idÃ©ologie racine, qui y prend figure d'idÃ©ologie officielle . La libertÃ© intellectuelle dans les UniversitÃ©s des Ã‰tats - Unis est toute relative, pour ne pas parler de la libertÃ© des mÅ“urs . J'invite Ã  lire &lt;em&gt;DisgrÃ¢ce&lt;/em&gt;, de Coetzee, pour comparer cette atmosphÃ¨re universitaire avec le &lt;em&gt;ProcÃ¨s&lt;/em&gt; de Kafka . L'ensemble des positions les plus communes produites par le champ de la pensÃ©e Â« universitaire Â» des anglo-saxons modernes domine le champ franÃ§ais et europÃ©en, en particulier le champ de l'Ã©thique, de la justice politique, des Genres, de la diversitÃ©, et j'en passe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces modÃ¨les thÃ©oriques sont liÃ©s Ã  la forme de domination libÃ©rale que les Ã‰tats - Unis imposent au monde . Le modÃ¨le marxiste qui pose, de maniÃ¨re schÃ©matique, une dÃ©termination (je dirais une souverainetÃ©) de la structure matÃ©rielle (l'exploitation capitaliste, qui passe par l'appropriation du Capital â€“ je ne vous fais pas de dessin sur l'actualitÃ© de l'histoire de la Â« dette publique Â») sur la superstructure intellectuelle (l'idÃ©ologie racine qui sert de matrice combinatoire Ã  la mise en Å“uvre des Â« problÃ¨mes de sociÃ©tÃ© Â»), ce modÃ¨le marxiste est d'une vÃ©ritÃ© frappante pour dÃ©crire la domination actuelle des productions idÃ©ologiques amÃ©ricaines, ou des satellites des Ã‰tats Unis . Sans aller plus loin, la bibliographie est abondante, je dirais simplement que le financement des producteurs et diffuseurs idÃ©ologiques en question n'est assurÃ© que par les puissances matÃ©rielles du Capital amÃ©ricain . Il est peu probable que ces puissances ne financent de la production idÃ©ologique subversive - Engels, industiel finanÃ§ant Marx a Ã©tÃ© un Ã©cart de l'histoire . Sans oublier que la subversion du SystÃ¨me ne peut pas devenir un produit industriel sur le marchÃ© idÃ©ologique sans Ãªtre neutralisÃ©e dans son principe mÃªme de subversion, selon le modÃ¨le visible Ã  tous de l'art contemporain .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ParenthÃ¨se : Je prÃ©cise que je suis lecteur de penseurs et d'Ã©crivains anglo-saxons de tout premier plan ; je ne fais pas de mise en cause globale, et je ne pose sÃ»rement pas un Â« gÃ©nie de la langue Â», qui condamnerait toute les cultures de langue anglaise . L'anglais est aussi une langue essentielle de la dissidence et de la subversion du SystÃ¨me . La lecture marxiste exclut par essence la perspective communautariste sur la culture . Ces deux modes d'analyse sont en fait valables dans des temps diffÃ©renciÃ©s â€“ les vÃ©ritÃ©s historiques sont des vÃ©ritÃ©s cycliques . La forme de la langue elle-mÃªme, cependant, peut reflÃ©ter des formes de domination, puisque le langage est le lieu de la construction idÃ©ologique des dominations . La construction symbolique de la domination, tel est la fonction des Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» dans le SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» sont Ã  placer dans la perspective de la dynamique du Capitalisme . Pour maintenir sa capacitÃ© Ã  extraire du profit du travail des hommes, celui-ci doit sans cesse Ã©largir sa sphÃ¨re de domination, c'est Ã  dire ordonnancer les mondes humains toujours plus loin de ses foyers d'origine â€“ c'est l'impÃ©rialisme, qui n' a rien de nouveau â€“ ce que je nomme l'extensification ; et Ã©galement ordonnancer toujours plus en profondeur la vie humaine â€“ ce que je nomme l'intensification . Le SystÃ¨me fait des entreprises qui recherchent sans cesse de Â« nouveaux marchÃ©s Â» ; et ces nouveaux marchÃ©s peuvent se trouver dans les Â« pays Ã©mergents Â» comme dans les Â« pays dÃ©veloppÃ©s Â», le premier temps Ã©tant l'extensification de l'exploitation, le deuxiÃ¨me temps Ã©tant l'intensification, la recherche de nouveau moyens de profit dans une sociÃ©tÃ© capitaliste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi sont investis par le Capital tous les besoins des hommes dans un pays dÃ©veloppÃ© : l'eau, la lumiÃ¨re, l'air, l'abri, l'alimentation, et l'enfance, l'Ã¢ge adulte, la vieillesse â€“ mais aussi la vie intime et les liens sociaux . Et bien sÃ»r, l'art, la musique, la pensÃ©e, et la spiritualitÃ© . De ce fait, la puissance du Capital crÃ©e les formes d'expression de l'art moderne, Ã  tel point que ce qui est nommÃ© art contemporain est de plus un plus un produit du marchÃ© de l'art, et non d'une dÃ©marche de crÃ©ation autonome, ou d'une esthÃ©tique . Et de mÃªme, la relation entre les sexes est Ã©galement investie â€“ c'est l'extension du domaine de la lutte . Ceci posÃ©, de maniÃ¨re schÃ©matique mais pas moins globalement exacte, il est aisÃ© de comprendre que le SystÃ¨me investit tellement en profondeur la vie humaine â€“ vie que la thÃ©orie Ã©conomique banale voit comme la base biologique que la production de richesses sert Ã  prÃ©server et Ã  amÃ©liorer, alors que de plus en plus c'est la forme de l'Ã©conomie qui met la vie humaine Ã  son service - qu'il est inÃ©vitable, et c'est dÃ©jÃ  le cas, qu'une forme de dÃ©rive totalitaire apparaisse . Vaclav Havel notait, dans &lt;em&gt;la force des faibles&lt;/em&gt;, que &lt;strong&gt;la tyrannie Ã  laquelle s'opposaient alors les dissidents de l'Est n'Ã©tait plus la tyrannie stalinienne, mais une forme de la sociÃ©tÃ© de consommation &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette dÃ©rive totalitaire est celle d'un nouveau totalitarisme, beaucoup plus difficile Ã  caractÃ©riser de maniÃ¨re incontestable que les modÃ¨les schÃ©matiques de l'histoire officielle, le Nazisme et le Stalinisme . En effet, il n'y existe pas de lois aussi violentes explicitement, ni de pratiques aussi violentes dans le Spectacle ; dans la forme actuelle du SystÃ¨me, comme dans le Capitalisme anglais Ã©tudiÃ© par Marx, une part considÃ©rable du travail de police est dissoute dans toutes les fibres de la sociÃ©tÃ©, par la surveillance de tous par tous et la peur de la dÃ©socialisation, du Â« chÃ´mage Â», de l'exclusion . &lt;strong&gt;Le SystÃ¨me n'a pas besoin de conformer par la violence la totalitÃ© des comportements : il lui suffit de s'assurer d'une domination statistique, par les masses &lt;/strong&gt;. Il lui suffit de conserver le monopole de la violence lÃ©gitime, y compris symbolique â€“ voyez, Ã  la suite de Marcella Iacub, la violence de la dÃ©signation juridique et mÃ©diatique de DSK par les apÃ´tres de la tolÃ©rance, ou encore la qualification de Â« terrorisme Â» appliquÃ©e Ã  toute forme de rÃ©sistance armÃ©e, mÃªme dans un pays militairement occupÃ© â€“ le monopole des formes d'organisation humaine, le monopole de la satisfaction des besoins primaires ( voyez l'interdiction incroyable de vendre des semences, ou de vendre des lÃ©gumes sur le marchÃ© issu de semences non rÃ©fÃ©rencÃ©es )et par le remplacement en cours des modes de communications non-contrÃ´lables ( la parole humaine) par des modes contrÃ´lables (rÃ©seaux sociaux et tÃ©lÃ©phone), remplacement qui Ã©limine les formes non-contrÃ´lables par sa puissance de diffusion spatiale bien supÃ©rieure . Ajoutons que le SystÃ¨me s'assure aussi le monopole de la lÃ©gitimation et de la diffusion de masse de l'idÃ©ologie, le Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au sujet des rÃ©seaux sociaux, qui sont une forme d'intensification appliquÃ©e au marchÃ© des liens, il est certain qu'assurer le respect du droit individuel par les Ã‰tats et les Entreprises gÃ©antes du secteur est un champ de problÃ©matique qui n'est pas encore abordÃ© de maniÃ¨re courante . Bien au contraire, la puissance des rÃ©seaux leur permet de faire peser un champ de menaces vague sur la libertÃ© de tous, par la possibilitÃ© de surveiller et garder indÃ©finiment en mÃ©moire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;RÃ©sumons : les Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» sont le lieu de la production idÃ©ologique de la domination et de l'intensification de la mise en forme de l'humain par le SystÃ¨me . Les Â« gens de gauche Â» du Spectacle sont aussi fonctionnels que Â« les gens de droite Â» ; les catholiques intÃ©gristes par exemple jouent le rÃ´le d'idiots utiles depuis des dÃ©cennies, en prÃ©sentant un repoussoir caricatural des thÃ¨ses des Â« bons Â» . &lt;strong&gt;Les intÃ©gristes en gÃ©nÃ©ral sont les Dark Vador du Spectacle . Plus ils crient, plus ils sont fÃ©roces, plus le Spectacle les aime &lt;/strong&gt;. Regardez comme un intellectuel musulman rigoureux, policÃ© et organisÃ© comme Tariq Ramadan est facilement dÃ©signÃ© comme illÃ©gitime . Si Ben Laden n'avait pas existÃ©, les Ã‰tats Unis et le Spectacle auraient pu l'inventer . Sans parler de ceux Ã  qui on ne donne jamais la parole .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute mon enfance et mon adolescence, j'ai regardÃ© Ã  la tÃ©lÃ©vision et entendu Ã  la radio des Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» ; je n'ai jamais entendu sur les sujets comme l'avortement ou la peine de mort, comme opposants Ã  la doxa mÃ©diatique, que des gros menaÃ§ants, en sueur, avec une bandeau sur l'Å“il, ou des maigres, glacials, Ã  lunettes . Je n'ai pas soupÃ§onnÃ©, en prÃ¨s de vingt ans, que la dÃ©marcation entre les bons et les mÃ©chants Ã©tait si douteuse . Je n'ai pas appris par exemple que sur la modernitÃ©, il existait des positions variÃ©es, comme par exemple celle de GuÃ©non . Je n'ai pas appris la diversitÃ©, mais j'ai adhÃ©rÃ© Ã  la mise en scÃ¨ne du bien progressiste luttant contre le mal archaÃ¯que, et j'ai aussi assistÃ© au glissement, Ã  l'usage de plus en plus rÃ©pandu de cette mise en scÃ¨ne par la droite pour dÃ©lÃ©gitimer les syndicats Â« archaÃ¯ques Â» et prÃ©senter comme un progrÃ¨s tous les tours de vis du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le terrorisme et la terreur d'Ã‰tat sont les deux faces d'une mÃªme mÃ¢choire&lt;/em&gt;, Ã©crit Manchette dans &lt;em&gt;Nada&lt;/em&gt;, au nom d'un terroriste que le dÃ©sespoir rend lucide . Les pÃ´les des dÃ©bats de sociÃ©tÃ© dans le Spectacle sont les deux pÃ´les d'une mÃªme mÃ¢choire . Si les gens qui aspirent Ã  transformer cette sociÃ©tÃ© comprenaient cela : les Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» ont besoin d'Ãªtre regardÃ©s non avec bienveillance, mais avec la mÃªme mÃ©fiance critique que les dÃ©bats sur les Â« nÃ©cessaires rÃ©formes de structure Â» qui doivent adapter la France, l'Europe, le Monde, Ã  une Ã©conomie moderne, c'est Ã  dire Ã  la domination sans partage et dÃ©complexÃ©e du SystÃ¨me sur les civilisations humaines . Les Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» Å“uvrent Ã  la mise au pas des droits familiaux ou de la sexualitÃ© humaine Ã  la sociÃ©tÃ© de marchÃ©, lÃ  oÃ¹ la destruction du droit du travail, ou la dissolution des Droits de l'Homme, ou encore la destruction des systÃ¨mes collectifs de sante ou de retraite des salariÃ©s Å“uvrent Ã  la mise au pas de la vie publique au SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» sont produits par les mÃªmes groupes sociaux qui pensent la gestion des ressources humaines du Capital . Ils visent Ã  crÃ©er le marchÃ© du travail libre des individus atomisÃ©s, mobiles, sans liens, caractÃ©risÃ©s uniquement par leur employabilitÃ© qui est l'utopie interne du SystÃ¨me dans son application sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sociÃ©tÃ© des individus et de la diversitÃ© est la sociÃ©tÃ© capitaliste, et il revient Ã  la dissidence de produire une contre-culture, et de faire des propositions concrÃ¨tes en dehors des cadres Ã©troits de l'idÃ©ologie officielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enjeu de ces Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» n'est pas d'arriver Ã  une position juste commune, mais de s'approprier la place des bons dans le Spectacle, de possÃ©der la position juste . C'est Ã  dire, de dominer . Pour les universitaires, d'avoir des postes et des crÃ©dits . Regardez comme se construisent comme victimes dans le Spectacle les groupes qui revendiquent l'universel, et aspirent Ã  la domination . Marcela Iacub note que les "fÃ©ministes punitives" veulent permettre de considÃ©rer comme un viol tout rapport sexuel selon l'avis de la femme qui y a participÃ© . Ainsi victimes par nature, ces fÃ©ministes dominent de leur hauteur morale tous les Ãªtres humains . Se construire comme victime dans le Spectacle est un signe d'aspiration Ã  la domination : car les positions dans le Spectacle sont exactement inverses de celles de la rÃ©alitÃ© matÃ©rielle . La prÃ©sidente du MEDEF peut se poser en membre d'une classe sociale sexuelle opprimÃ©e grÃ¢ce aux Gender Studies, et opprimÃ©e par exemple par les ploucs ruraux chasseurs qui survivent en vendant leur force de travail Ã  vil prix . Je n'ai pas pitiÃ© d'eux, mais ils ne sont pas les dominants de la sociÃ©tÃ© rÃ©elle, ni en France, ni aux Ã‰tats Unis .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bourdieu a lui-mÃªme insistÃ© sur le fait que la formulation d'un universel aboutissait Ã  crÃ©er un groupe particulier propriÃ©taire de l'universel, et qui pouvait humilier ou dominer symboliquement les autres . Ainsi les instituteurs rÃ©publicains francophones vis Ã  vis des paysans bretons celtophones . Devenu des provinciaux, les bretons se dÃ©finissaient dÃ©sormais par leur position marginale et infÃ©rieure par rapport Ã  une capitale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bourdieu oubliait une chose : ce phÃ©nomÃ¨ne est intrinsÃ¨que non Ã  l'universel en gÃ©nÃ©ral, comme par exemple l'universel des anciens Empires, fondÃ© sur la reconnaissance de l'absence de norme supÃ©rieure valable pour tous les peuples â€“ sinon la puissance impÃ©riale commune Ã  reconnaÃ®tre . &lt;strong&gt;Ce phÃ©nomÃ¨ne de domination d'un groupe particulier par la revendication d'un monopole de l'universel, cette double contrainte formant les tenailles d'une mÃ¢choire unique dÃ©truisant les cultures symboliques traditionnelles, c'est la signature de l'idÃ©ologie moderne &lt;/strong&gt;. L'idÃ©ologie moderne est cette culture qui prÃ©tend Ã  des valeurs sur-culturelles lÃ©gitimes pour toutes les cultures, et qu'elle prÃ©tend imposer par la force matÃ©rielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle produit de ce fait la dÃ©lÃ©gitimation de toutes les cultures symboliques : elle condamne le voile des femmes dans certaines sociÃ©tÃ©s, la corrida dans d'autres, les rites ou les sacrifices, les formes d'appariement sexuel, et absolument tout ce qu'elle ne comprend pas . Les hommes produits en sÃ©rie par cette culture de la supÃ©rioritÃ© morale ne peuvent pas s'empÃªcher de juger sommairement, sur une image, un texte, une courte vidÃ©o, sur de la dÃ©sinformation la plupart du temps, des usages extrÃªmement anciens et liÃ©s systÃ©miquement Ã  l'ensemble de la culture et de l'Ã©cosystÃ¨me des groupes humains : le meurtre horrible des phoques par les esquimaux, des chiens par les corÃ©ens, des singes par les indonÃ©siens, la coutume indÃ©cente de prÃªter les femmes, les sacrifices d'animaux, les parures de plumes, les paroles immorales de la Marseillaise, la sexualitÃ© dÃ©bridÃ©e d'un tel...Cette Ã©motivitÃ© Ã  la moraline, absolument coloniale dans son principe, n'est pour ainsi dire jamais condamnÃ© dans son arbitraire grotesque . Combien de morts en Europe, de morts d'homme par le fait de guerres occidentales, d'armes occidentales ? Je ne pourrais jamais comprendre que des Ãªtres humains militent contre la corrida, et restent passifs devant des guerres d'appropriation, ou devant la misÃ¨re des hommes humiliÃ©s sous leur yeux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que veulent tous ces hommes de la supÃ©rioritÃ© morale, ce sont des lois, ou des campagnes d'Ã©ducation â€“ bref, davantage de contrÃ´le et de rÃ©pression . Marcela Iacub dit exactement cela sur le cas DSK : &lt;em&gt;Il a Ã©tÃ© instrumentalisÃ© par un fÃ©minisme d'Ã‰tat, un fÃ©minisme punitif qui voudrait Ã©largir les dÃ©finitions du viol en y incluant des actes consentis et affaiblir les garanties de l'accusÃ© . Un fÃ©minisme pour qui le seul remÃ¨de Ã  la domination masculine est la prison &lt;/em&gt;. C'est Ã  dire un "fÃ©minisme" aspirant Ã  la domination violente de la sociÃ©tÃ© par son idÃ©ologie et ses prÃªtres . Face Ã  cette surenchÃ¨re morale, certains hommes demandent que l'on se contente d'un minimum de normes . Mais cette maniÃ¨re de poser le problÃ¨me est simplement la confirmation de la sociÃ©tÃ© libÃ©rale morcelÃ©e Ã  la puissance maximale de l'atomisation, en prenant l'individu comme repÃ¨re . Et je le dis et le rÃ©pÃ¨te : cette position, l'individualisme mÃ©thodologique explicite ou implicite, est absurde, est la nÃ©gation de la rÃ©alitÃ© fonctionnelle du monde social, oÃ¹ la communautÃ© n'est pas un tas d'individus sans autres liens que des liens stochastiques, et surtout du fait que l'individu est le reflet et le produit du groupe oÃ¹ il est nÃ© et oÃ¹ il a grandi . Car l'homme n'est pas une bÃªte, mais un Ãªtre qui grandit dans une culture comme dans un milieu nourricier, une langue, des histoires, des mondes, des chants, des modes de relations aux autres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'unitÃ© de la diffÃ©rence humaine n'est pas l'individu, mais la communautÃ© . Poser l'individu comme unitÃ© de base de cette diffÃ©rence, c'est nier tous les processus anthropologiques de diffÃ©renciation culturelle â€“ c'est poser la sociÃ©tÃ© du SystÃ¨me comme norme unique des sociÃ©tÃ©s pensables et possibles en termes Ã©thiques&lt;/strong&gt; . C'est Ã  dire, c'est confirmer la fonction de monopole des normes par l'idÃ©ologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est des normes dans une communautÃ© ; mais entre les communautÃ©s, les normes Â« communes Â» ne marquent que la domination d'une communautÃ© sur une autre . Le GrÃ©visse, le bon usage du FranÃ§ais, est un outil de domination de ceux qui ont l'accent, ou les formes de langage Â« incorrectes Â» . Je ne veux pas un minimum de normes entre les communautÃ©s, sinon en ce qui concerne les normes de relations entre communautÃ©s, basÃ©es sur le respect et le laisser Ãªtre, la suspension du jugement ; je ne veux poser aucune autre norme . L'idÃ©e d'un minimum est une idÃ©e rationaliste, un piÃ¨ge . Le jugement n'en sera que plus assurÃ©, de s'Ãªtre rÃ©duit Ã  un minimum illusoire . Et la base de la diversitÃ© des normes n'est pas dans la variÃ©tÃ© des activitÃ©s commerciales d'une culture, comme les normes de la prostitution opposÃ©es aux normes des prÃªtres â€“ ou encore dans la division des genres, mais dans la diversitÃ© combien plus profonde des cultures humaines .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour donner un exemple marquant, j'ai lu dans le journal de Sud-Ã‰ducation (gauche militante) un article au sujet de l'Afghanistan dÃ©plorant, comme une marque regrettable d'obscurantisme machiste, que les Ã©coles mixtes des missionnaires protestants libÃ©raux amÃ©ricains dans les villages afghans soient victimes d'attentats . Mais comment, dans un contexte d'occupation militaire, voir ces Ã©coles autrement que comme des facteurs de colonisation ? L'armÃ©e franÃ§aise n'en a t-elle pas fait autant pour le mÃªme but en AlgÃ©rie ? Je ne me rÃ©jouis jamais d'attentats, mais que diraient des militants de gauche sur des Ã©vangÃ©listes amÃ©ricains crÃ©aient des Ã©coles dans les villages de France, pour nous apprendre l'anglais ? Ou plus clairement encore, des talibans crÃ©aient des madrasas non mixtes dans ces mÃªmes villages, avec l'appui d'armÃ©es musulmanes d'occupation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est trÃ¨s rare, chez les gens qui se veulent tolÃ©rants, d'accepter de telles expÃ©riences de pensÃ©e . Normal, ils considÃ¨rent leur position comme essentiellement supÃ©rieure . Alors que la seule supÃ©rioritÃ© incontestable en acte de la civilisation europÃ©enne est la supÃ©rioritÃ© de puissance matÃ©rielle, et plus encore celle acquise par la violence et l'oppression .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tolÃ©rance authentique est l'abstention du jugement, et l'abstention de l'interfÃ©rence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le monde moderne, le fameux monde du pluralisme des pseudo-sociologues, une simple diffÃ©rence de vÃªtements ou de mÅ“urs peut suffire, dans un petit groupe humain, Ã  faire enfler l'hostilitÃ© et les commentaires . Je mange de la viande crue : c'est insupportable . Je prÃ©fÃ¨re lire seul que de manger avec les autres : c'est bizarre . Je prends un goÃ»ter, toujours le mÃªme, qui ne leur paraÃ®t pas bien â€“ il ne peuvent s'empÃªcher, mÃªme aprÃ¨s des annÃ©es, de s'offusquer . Je suis favorable Ã  l'autorisation de la corrida, je dois accepter de me faire reprendre moralement par des idiots, voire insulter . Alors quelqu'un qui a une vie comme ci ou comme Ã§a, je ne vous dis pas . Quelqu'un qui construit une maison diffÃ©rente des autres, ou qui pratique une agriculture sans engrais chimique . Il se trouve des cas, en Europe, Ã  ce jour, de vÃ©ritable harcÃ¨lement, de mise Ã  mort symbolique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un mouvement culturel de la contre-culture qui est parti en dehors de ces mentalitÃ©s modernes sans regrets, mentalitÃ©s aussi ancrÃ©es chez les gauchistes, les libÃ©raux que chez les gens de la droite Â« traditionnelle Â», qui est traditionnelle comme une maison en parpaings est une maison Â« traditionnelle Â» : c'est le mouvement hippie . Il est devenu courant, Ã  l'amorce des annÃ©es 70, de se moquer du mouvement hippie, de sa naÃ¯vetÃ© et de sa crasse . Pourtant, Ã  distance, c'est le seul mouvement contre-culturel qui a atteint une masse critique . Le seul qui a dÃ©veloppÃ© des pratiques de vie non matÃ©rialistes . Des beatniks jusqu'aux communautÃ©s rurales, on y a Ã©crit des livres valables, tenu des journaux, inventÃ© des esthÃ©tiques et des musiques . On y a soutenu la cause des noirs, ou luttÃ© contre la guerre du Vietnam . On y a usÃ© de drogues pour regarder Dieu en face, on y a dÃ©couvert d'autres pays, appris des langues, voyagÃ© . Cat Stevens est devenu musulman, et c'est tout aussi logique que d'autres qui sont devenus hindouistes, ou bouddhistes . Les rares tÃ©moins sincÃ¨res de cette Ã©poque sont convaincus de la valeur et de la sincÃ©ritÃ© de toutes ces quÃªtes anarchiques, qui ont Ã©tÃ© tellement moquÃ©es, rÃ©cupÃ©rÃ©es, dÃ©formÃ©es .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez les hommes issus du mouvement hippie, il Ã©tait de rÃ¨gle de ne se formaliser d'aucune faÃ§on de vivre qui ne vous crÃ©ait de gÃªne . Voir un homme fumer, ou se prÃ©parer un fix ne supposait aucune question, approbation ou dÃ©sapprobation . &lt;strong&gt;Le principe Ã©tait de poser la confiance, l'absence de peur, comme mode du premier contact &lt;/strong&gt;. C'Ã©tait une attitude non pas tendre, mais dure, concentrÃ©e . On parlait Ã  un homme nu couvert de tatouages comme Ã  un cadre en costume . On pouvait lire Marx sur un canapÃ© au milieu d'une partouze . Nietzsche devant une cheminÃ©e oÃ¹ d'autres dansaient en extase, ou au lever du soleil sur la montagne, aux cÃ´tÃ©s d'un maÃ®tre en arts martiaux faisant siffler ses gestes, ou encore aux cÃ´tÃ©s d'un homme en mÃ©ditation . On pouvait parler de poÃ©sie comme la chose la plus importante du monde . On pouvait ne respecter les gens qu'Ã  la mesure de la folie dont ils Ã©taient capables . On pouvait mÃ©priser le froid, la faim, la douleur physique ou la menace de la violence . On pouvait sculpter des pierres en forme de cÅ“ur en Ã©coutant &lt;em&gt;Bonnie and Clyde &lt;/em&gt;de Gainsbourg ou Magma . On pouvait aller chercher quelqu'un Ã  la gare pour l'empÃªcher de partir, pas pour le laisser partir . On pouvait rÃ©veiller un inconnu avec un pÃ©tard, et se lover contre lui . C'Ã©tait cool . Ce n'Ã©tait pas de l'indiffÃ©rence, mais du respect du principe de refus du jugement d'autrui . C'est une attitude morale, et comme toutes les attitudes morales, elle suppose parfois un effort . C'est une attitude d'accueil du voyageur, d'hospitalitÃ© . Ce n'Ã©tait pas sans problÃ¨me, mais aussi sans rÃ©compense .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retrouve cette attitude parfois, encore vivante, dans les communautÃ©s libertines, par l'accueil fait Ã  toute manifestation dÃ©viante de la sexualitÃ© comme une chose intÃ©ressante, curieuse, excitante, et non pas effrayante ou condamnable . Voir arriver une maÃ®tresse tenant un homme en laisse, encagoulÃ©, et tenant une cravache de velours noir Ã  une soirÃ©e, en marchant ainsi dans la rue, peut Ãªtre une expÃ©rience de ses limites . Accepter de voir partout des Ãªtres humains aux physiques difficiles, harnachÃ©s de vÃªtements Ã©tranges, de scarifications et de piercings est au fond dire oui Ã  tout ce que l'humanitÃ© a de souffrant, de dÃ©sirant, de fol, comme insÃ©parable de ses beautÃ©s et de ses mystÃ¨res .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y a aussi expÃ©rimentÃ© l'amour et l'Ã©ducation communautaires . Cette expÃ©rience a Ã©tÃ© dure, parfois amÃ¨re . L'amour communautaire crÃ©e des souffrances et des conflits en mÃªme temps qu'il en apaise d'autres . Mais ces expÃ©riences se sont faites dans de petites communautÃ©s marginales stigmatisÃ©es, sans aucune reconnaissance lÃ©gale . Voyez &lt;em&gt;Easy Rider &lt;/em&gt;. Ã‰chouer Ã  vivre Ã  l'Ã©cart du SystÃ¨me, c'est Ãªtre humain, ne pas rÃ©sister Ã  son ressac permanent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous allez vivre dans un lieu dÃ©sert, par dÃ©finition aux terres pauvres et au climat rigoureux, que les paysans ont quittÃ©, il est normal de souffrir Ã  produire sa nourriture . Si vous voulez vivre en dehors des circuits Ã©conomiques, il est prÃ©visible que les artisans locaux ne vous aideront pas automatiquement Ã  rÃ©parer votre toit aprÃ¨s une tempÃªte hivernale . Si vous semblez indiffÃ©rent aux pouvoirs locaux, les populations restÃ©es sur place parfois vous soutiendront avec humanitÃ©, mais parfois s'amuseront de vos Ã©checs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il convient de considÃ©rer tout ces facteurs quand on parle de l'Ã©chec global du mouvement hippie . Il y entre une part de la mÃ©diocritÃ© des mouvements de masse, mais aussi une part de la rÃ©pression masquÃ©e des autres mondes qui peuvent naÃ®tre, dans un SystÃ¨me monolithique, et alors prospÃ¨re, donc attrayant . Accepter un salaire, pour l'homme d'une communautÃ©, paraÃ®t sans consÃ©quences . Mais c'est accepter peut Ãªtre un jour un meilleur emploi Ã  la ville, accepter d'acheter une maison, se normaliser . Cela ne peut Ãªtre condamnÃ© par ceux qui restent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute la contre-culture ne fut pas au service de la CIA . Je me souviens du livre d'un californien hippie qui qualifiait Nixon et Hoover de CrÃ©atures de la Nuit . Et les hommes lucides ne manquÃ¨rent pas . La mÃ©moire des expÃ©riences et des rÃ©ussites de la contre-culture ne doivent pas Ãªtre perdues .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'illustre ces propos par un exemple typique, qui est celle de la forme des liens familiaux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grand nombre de Â« problÃ¨mes de sociÃ©tÃ© Â» formalisÃ©s par le Spectacle ou les Â« comitÃ©s d'Ã©thique Â» ne prennent sens que dans le cadre global oÃ¹ ils sont posÃ©s . Ils se prÃ©sentent comme des questions fermÃ©es que les gens affligÃ©s d'une mentalitÃ© de gauche hyper-socialisÃ© au sens de Kaczinski fixent le long d'un axe sÃ©parant rigoureusement le bien du mal . Par exemple : Â«Ãªtes vous pour ou contre le mariage et la filiation homosexuelle, l'homoparentalitÃ© ? Â» Â« Ãªtes vous pour ou contre l'euthanasie ? Â» Â« Ãªtes vous pour ou contre l'avortement ? Â» Â« pour ou contre la peine de mort ? Â» . Ces questions distinguent les hommes modernes en deux Ã‰tats . Si vous rÃ©pondez Â« pour Â» en gÃ©nÃ©ral, vous Ãªtes Â« de gauche Â», et Â« contre Â» en gÃ©nÃ©ral, Â« de droite Â» . Bien sÃ»r, Ã  Sciences Po, on rajoute des critÃ¨res pour qualifier votre gauche ou votre droite en espÃ¨ces, droite lÃ©gitimiste, orlÃ©aniste, gauche X ou Y . Facile . Pas de reste, pas de tiers Ã‰tat . Eh bien, le Tiers Ã‰tat veut une fois de plus Ãªtre quelque chose . Les classificateurs sont, dans l'ordre idÃ©ologique, l'analogue des agences de notation financiÃ¨re comme voix officielle du systÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soulignons Ã  quel point ces questions sont Ã©trangÃ¨res aux modes vÃ©ritables de domination dans le monde oÃ¹ ces questions classificatoires sont posÃ©es, modes vÃ©ritables basÃ©s sur l'argent et l'idÃ©ologie . J'ai choquÃ© avec joie un questionneur hyper-socialisÃ© en refusant de rÃ©pondre Ã  la question de l'homoparentalitÃ©, ce terme dÃ©magogique du politiquement correct : la question ne se pose pas au sens biologique, car il n'existe pas d'homoparentalitÃ© biologique chez l'homme . Pourquoi poser des questions sur des choix qui n'existent en rien, sinon pour flatter la tendance idÃ©ologique Ã  la toute puissance de l'anthropologie idÃ©ologique moderne ? Est ce que je suis pour ou contre le vol des oiseaux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je prends un exemple du caractÃ¨re artificiel de ces Â« problÃ¨mes de sociÃ©tÃ© Â» . Il est posÃ© que l'homosexualitÃ© est une sexualitÃ© Â« comme une autre Â» ; et que de ce fait, les Â« homosexuels Â» doivent avoir une sexualitÃ© Â« comme une autre Â», et donc pouvoir se marier . En l'absence de mariage homosexuel, il est posÃ© que l'on commettrait une horrible discrimination . Je ne crois pas que cette maniÃ¨re de construire le problÃ¨me soit une puissance de libertÃ© pour l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un point de vue historique, l'homosexualitÃ© est connue dans de trÃ¨s nombreuses cultures, japonaise, indienne d'AmÃ©rique, culture de l'antiquitÃ© classique, et s'avÃ¨re parfaitement acceptÃ©e, voire posÃ©e en modÃ¨le, ainsi chez Platon . Il convient de souligner que c'est le &lt;em&gt;Code ThÃ©odosien &lt;/em&gt;(IVÃ¨me siÃ¨cle) qui pose en Europe la pÃ©nalisation des relations sexuelles homosexuelles . L'homosexualitÃ© moderne se dÃ©finit encore par rÃ©action a cette interdiction pÃ©nale antique . Ce n'est peut Ãªtre pas nÃ©cessaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'en est pas moins que les rÃ¨gles concernant l'homosexualitÃ© ne comprenaient pas la filiation, par la force des choses . Cette diffÃ©rence Ã©tait Ã©galement parfaitement nette entre la sexualitÃ© des hÃ©taÃ¯res ou des Geishas, et celle des femmes mariÃ©es, celles des hommes adultes entre eux, des femmes adultes entre eux, des guerriers et des adolescents, j'en passe . Le Hagakure pose par exemple des rÃ¨gles concernant l'homosexualitÃ© . Pour rÃ©sumer, chaque forme de sexualitÃ© lÃ©gitime, et ces formes pouvaient Ãªtre trÃ¨s nombreuses, avaient leur rÃ¨gles spÃ©cifiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'existe aucune raison lÃ©gitime de poser que ces sexualitÃ©s Ã©taient discriminÃ©es, puisque les sujets de ces sexualitÃ©s pouvaient Ãªtre identiques : il est normal de s'insÃ©rer dans plusieurs rÃ©seaux sociaux exprimant une forme symbolique de sexualitÃ© . Les diffÃ©rences par ailleurs n'Ã©taient pas univoques . Les hÃ©taÃ¯res grecques, par exemple, ne donnaient pas plus de filiation que les homosexuels en droit, mais avaient une libertÃ©, une culture et un statut globalement supÃ©rieur Ã  celui des femmes mariÃ©es . Il est faux de poser que chaque individu porte une orientation sexuelle unique et dÃ©finitive . La complexitÃ© symbolique de la construction d'une diversitÃ© rÃ©elle de plusieurs sexualitÃ©s dans une culture n'est pas une structure de domination en soi - et ne l'exclut pas non plus, bien sÃ»r, mais pas plus que l'imposition forcÃ©e d'un modÃ¨le unique vendue sur le marchÃ© idÃ©ologique comme un progrÃ¨s remarquable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je trouve pour ma part absurde que des Ãªtres humains se reconnaissant homosexuels considÃ¨rent comme un privilÃ¨ge le fait de faire rentrer la sexualitÃ© homosexuelle dans les cases de la sexualitÃ© hÃ©tÃ©rosexuelle dans la sociÃ©tÃ© bourgeoise â€“ cases issues du modÃ¨le de l'Ã‰glise antique, et ayant une fonction essentiellement rÃ©pressive pour les catÃ©gories dominÃ©es, c'est Ã  dire normative et limitative au service de la domination sociale rÃ©elle . Il s'agit que la puissance du dÃ©sir ne remette pas en cause l'ordre de l'exploitation et du travail . Les dominants ne respectent bien sur pas ces normes, Ã  aucune Ã©poque .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule la souffrance du sentiment d'exclusion peut expliquer une telle reprÃ©sentation, alors mÃªme que la Â« communautÃ© hÃ©tÃ©rosexuelle Â» (ironie, bien sÃ»r) ne cesse depuis des siÃ¨cles de chercher des voies de transformation de ce modÃ¨le, et que les forces dominantes de la sociÃ©tÃ© ne cessent de les rÃ©actualiser avec toute leur valeur rÃ©pressive . A titre d'exemple, il faut citer la matiÃ¨re celtique du conte de Tristan et d'Iseult, le fin'amor des troubadours face Ã  l'ordre seigneurial, complices de la libertÃ© des femmes, le vitalisme de la Renaissance, le libertinage, et les vagues de rÃ©pression liÃ©es au rÃ©affirmation de la puissance ecclÃ©siastique, au XIIIÃ¨me siÃ¨cle, au XVIIÃ¨me siÃ¨cle, puis sous la forme du pouvoir hygiÃ©niste-mÃ©dical victorien, et aujourd'hui des Genders Studies, le fameux fÃ©minisme punitif â€“ c'est Ã  dire rÃ©pressif, complice de la domination oligarchique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le communautarisme homosexuel moderne a ceci de particulier qu'il peut enrÃ´ler la puissance subversive autrefois de l'homosexualitÃ© dans une sociÃ©tÃ© la condamnant ( voyez l'exemple d'Oscar Wilde ou de Jean Genet ) au service des forces de rÃ©pression de la vie du dÃ©sir . Le marchÃ© de dupes est Â« l'exclusion Ã©gale Â» en Ã©change de l'adhÃ©sion aux forces les plus proches du SystÃ¨me : les thÃ©oriciens rÃ©publicains du Genre aux Ã‰tats Unis ou l' Â»association des gays de l'UMP Â» aujourd'hui l'illustrent . Dans le mÃªme numÃ©ro du Nouvels Obs qui parle de Marcela Iacub, il est prÃ©sentÃ© une Ã©cole amÃ©ricaine qui accueille dÃ¨s 11 ans des LGTB (sic), Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres . En soi, une telle Ã©cole est plus une figure du dÃ©veloppement sÃ©parÃ© type Apartheid que de la tolÃ©rance, mais passe encore . A la fin de l'article, il est prÃ©cisÃ© que l'Ã©cole Â« vient d'obtenir un prix accordÃ© Ã  l'unanimitÃ© par toutes les Ã©glises de Milwaukee, toutes religions confondues ( parler d'Ã‰glise pour les non-chrÃ©tiens, lÃ  encore...) au nom de la tolÃ©rance . Tina Owen, (la directrice), rayonne : rien ne pouvait me faire plus plaisir . Â» N'est-ce pas dÃ©licieusement victorien, cette unanimitÃ© des prÃªtres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est hors de doute que nous voyons se dessiner devant nos yeux Ã©merveillÃ©s un nÃ©o-victorianisme puritain incluant cette fois l'homosexualitÃ©, mais dans les mÃªmes cases Ã©troites que le puritanisme victorien, avec la bÃ©nÃ©diction des LGTB . Ce n'est plus l'homosexualitÃ© qui va valoir la prison, mais l'abus de sexe hors mariage, cette honte si semblable au viol .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le moment je veux juste montrer ceci : la maniÃ¨re moderne de poser le problÃ¨me : SOIT le mariage homosexuel et l'homoparentalitÃ© SOIT l'hostilitÃ© et l'intolÃ©rance Ã  Â« l'homosexualitÃ© Â» pose qu'il n'existe qu'UN modÃ¨le de sexualitÃ© valable, le modÃ¨le hÃ©tÃ©rosexuel moderne bi-parental : c'est Ã  dire que c'est une maniÃ¨re bornÃ©e de poser le problÃ¨me, qui fournit des rÃ©ponses stupides .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car ce qui est Ã  transformer, c'est le modÃ¨le lui-mÃªme, qui amÃ¨ne Ã  poser ce genre de questions . Le modÃ¨le qui pose la famille comme formÃ©e de DEUX personnes de SEXE OPPOSÃ‰ et de leurs enfants est en effet en crise grave, quand 30 Ã  50% des mariages finissent par un divorce problÃ©matique . Cette crise pose trÃ¨s lourdement le problÃ¨me de la garde et de l'Ã©ducation des enfants â€“ les centres dÃ©partementaux d'actions sociale (CDAS) sont la premiÃ¨re ligne budgÃ©taire des dÃ©partements, et le profil psychologique des jeunes gÃ©nÃ©rations est massivement dÃ©gradÃ© (il existe une abondante bibliographie scientifique Ã  ce sujet ) .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le modÃ¨le qui pose la famille comme formÃ©e de DEUX personnes de SEXE OPPOSÃ‰ ayant des SENTIMENTS et des RELATIONS SEXUELLES rÃ©guliÃ¨res (norme lÃ©gale, une fois par semaine) et de leurs enfants pose en effet deux critÃ¨res : le nombre de partenaires, et le sexe . Les genres ne cessent d'interroger le SEXE OPPOSE â€“ mais pourquoi entend-t-on si peu interroger le DEUX, les SENTIMENTS ou les RELATION SEXUELLES ? L'histoire, et simplement l'histoire de l'Europe, montre pourtant que ces critÃ¨res n'ont aucun caractÃ¨re normatifs en soi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PlutÃ´t que de commencer en prenant le modÃ¨le dominant comme repÃ¨re, il me semble prÃ©fÃ©rable de commencer par les exigences collectives que doit respecter un modÃ¨le familial destinÃ© Ã  Ãªtre instituÃ© par la loi dans une sociÃ©tÃ© libre . Il me paraÃ®t pertinent de rappeler le principe qu'il n'est bon de lÃ©gifÃ©rer que nÃ©gativement, c'est Ã  dire que tout ce qui n'est pas interdit par la loi pour des raisons Ã©videntes doit Ãªtre autorisÃ© . La loi ne doit pas imposer des modÃ¨les sociaux, mais permettre l'existence d'une pluralitÃ© de modÃ¨les qui respectent des exigences premiÃ¨res explicites .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La loi doit seulement protÃ©ger l'intÃ©rÃªt de la communautÃ© qu'elle rÃ©git, et pas l'intÃ©rÃªt individuel de chacun . Chaque homme est en charge de lui-mÃªme . La loi peut protÃ©ger les couples hÃ©tÃ©rosexuels avec enfants, parce qu'il est l'intÃ©rÃªt de la communautÃ© que sa reproduction biologique soit assurÃ©e . De mÃªme, il est de l'intÃ©rÃªt de la communautÃ©, et parfaitement lÃ©gitime, de rÃ©duire au minimum les nÃ©cessitÃ©s de l'avortement, en permettant aux femmes concernÃ©es de ne pas l'accomplir sans cependant perdre tout contact avec leurs enfants .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est des unions, quelles qu'elles soient, qui n'engagent pas la communautÃ©, il n'y a pas lieu de lÃ©gifÃ©rer . Dit autrement, les liens familiaux n'ont le plus souvent besoin d'Ãªtre codifiÃ©s qu'en ce qui concerne les enfants . Les cÃ©rÃ©monies peuvent Ãªtre la tÃ¢che des hommes de Dieu, sans que l'Ã‰tat ne cherche Ã  les singer . Le mariage rÃ©publicain est une usurpation du pouvoir spirituel, comme le baptÃªme rÃ©publicain . La loi de l'Ã‰tat doit Ãªtre minimale, et il appartient Ã  chacun de respecter en plus des rÃ¨gles communautaires selon son origine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le libre consentement est une exigence premiÃ¨re en matiÃ¨re de liens et de sexe . Mais il est aussi une exigence premiÃ¨re, qui est de garantir aux enfants les conditions d'une enfance sÃ©curisante et rÃ©guliÃ¨re, comprenant des figures d'identification adultes stables . Cette garantie implique que l'enfant vive dans un cadre oÃ¹ des rÃ¨gles soient posÃ©es de maniÃ¨re continue, et continuelle . Un enfant Ã©duquÃ© sans encadrement adulte et sans rÃ¨gles ne peut se construire de maniÃ¨re sÃ»re la personnalitÃ© structurÃ©e qui lui permet d'Ãªtre libre . L'absence de punition pour un enfant qui commet des actes mauvais est une une maltraitance . Un enfant a besoin, sans cesse, de limites et de cadres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre exigence premiÃ¨re est qu'un enfant ait accÃ¨s Ã  une langue et Ã  une culture symbolique . Une autre est que l'enfant ne doit pas Ãªtre considÃ©rÃ© comme une propriÃ©tÃ© ; que la vÃ©ritÃ© et la sincÃ©ritÃ© ne lui soient pas cachÃ©s par la volontÃ© de la loi . Cette condition interdit l'accouchement sous X, et l'idÃ©e d'une filiation homosexuelle qui soit prÃ©sentÃ©e comme une fiction . Il faut distinguer la filiation par le sang de la filiation symbolique par la langue . Il faut distinguer la parentalitÃ© biologique de la parentalitÃ© lÃ©gale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les exigences fondamentales posÃ©es par la loi sont des obligations collectives de la communautÃ©, pas des obligations purement individuelles . La responsabilitÃ© des enfants ne peut reposer uniquement sur les parents, ni en termes Ã©ducatifs, ni en termes financiers . Il n'est pas nÃ©cessaire que ce partage de la responsabilitÃ© ait lieu par l'Ã‰tat ou par les collectivitÃ©s territoriales . Pour un enfant, il est important d'avoir des figures d'identification, et pas un rÃ©fÃ©rent fonctionnaire anonyme et changÃ© rÃ©guliÃ¨rement, et pas une famille d'accueil d'abord motivÃ©e par le gain . L'ethnologie comme les faits montrent que la plupart des enfants ont reÃ§u une Ã©ducation communautaire, et qu'une telle Ã©ducation ne crÃ©e pas de dÃ©sÃ©quilibre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sens du refus de lÃ©gifÃ©rer positivement, et de la prime du consentement individuel dans la formation des liens correspond Ã  ceci : il ne doit pas exister de forme du lien imposÃ©e lÃ©galement . Il ne peut exister que des formes de constat du consentement individuel . En clair, chaque lien doit pouvoir dÃ©finir sa forme par ses propres clauses, soit dans une tradition culturelle, soit par lui-mÃªme . Premier exemple : un tribunal d'Ã‰tat ne peut prononcer une sÃ©paration pour faute, que si la notion de faute a Ã©tÃ© prÃ©alablement dÃ©finie dans le contrat d'union . DeuxiÃ¨me exemple : il n'existe aucune raison pour interdire polygamie ou polyandrie entre adultes consentants et informÃ©s . TroisiÃ¨me exemple : un lien respectant les obligations d'Ã©ducation peut exister entre un homme homosexuel et une femme homosexuelle pour la conception et l'Ã©ducation d'enfants, sans logement commun ni vie sexuelle prÃ©vue . Il est scandaleux, au contraire, de pointer du doigt publiquement un cas de polygamie entre adultes pour porter au mÃ©pris les masses . Le cas de l'esclavage sadomasochiste consenti ne peut manquer d'Ãªtre prÃ©sentÃ© en exemple . De ce fait d'absence de forme des liens, il n'est aucun besoin de dÃ©finir un mariage homosexuel, puisqu'il n'existe qu'une forme vide d'union que chacun peut ensuite habiter Ã  sa guise .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question complexe des biens et des hÃ©ritages devra bien sÃ»r Ãªtre traitÃ©e, mais dans l'objectif d'une nÃ©gociation ouverte des partenaires s'il doit y avoir contrat, et de rÃ¨gles de respect de la libre volontÃ© en son absence . Cette forme est loin d'Ãªtre la forme la moins forte de lien .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est des enfants, la sÃ©paration de la filiation par le sang et de la filiation civile mÃ©rite d'Ãªtre prononcÃ©e . Tous les garants d'un enfant peuvent recevoir le statut collectif d'ancÃªtre . De maniÃ¨re gÃ©nÃ©rale, les deux statuts seraient conjoints, mais pourraient Ãªtre disjoints sans difficultÃ© . Seraient responsables de l'enfant au premier degrÃ© les ancÃªtres au premier degrÃ©, et les ancÃªtres au second degrÃ© seraient responsables de participer Ã  son Ã©ducation et Ã  son entretien . Cette obligation doit Ãªtre lÃ©gale : l'ensemble du groupe familial Ã©largi aurait une obligation partagÃ©e entre ses membres au prorata de ses moyens et de la part de son revenu Ã  redistribuer, limitÃ©e par un plafond . Le statut universel d'ancÃªtre, y compris adoptif serait le modÃ¨le du lien . Je dirais mÃªme que les enfants pourraient avoir une triple filiation : un totem collectif annuel, par exemple ; la filiation par la sang valable pour tous et justifiant d'un droit de lien dans tous les cas . La filiation par le sang serait clairement reconnue, et jamais niÃ©e ou occultÃ©e ; mais elle serait sÃ©parÃ©e du poids unique de la charge Ã©ducative, et serait modulable par le niveau d'engagement effectif du parent par le sang ; et la filiation civile dÃ©finissant les responsables effectifs rÃ©pondant de l'enfant . Ces derniers seraient dÃ©cisionnaires des orientations Ã©ducatives, mais devrait les prÃ©senter devant un conseil de famille Ã©largi qui serait rÃ©uni lors des grands passages de la vie enfantine, et qui aurait pouvoir de rÃ©serves, d'orientation et de conseil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette dÃ©finition large de la filiation supprime toute difficultÃ© sur la filiation homosexuelle, et mÃªme rend inutile d'en faire une problÃ©matique particuliÃ¨re . Pas de droit parental des homosexuels en soi, ou de filiation homosexuelle, mais un droit d'ancÃªtre partagÃ© de maniÃ¨re Ã©gale, donc de maniÃ¨re identique et parfaitement lÃ©gitime, par les couples Ã©ducateurs quels qu'ils soient, sans accepter de crÃ©er de diffÃ©rence . Pas de droit Ã  l'enfant, pas d'appropriation de l'enfant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lien de filiation doit Ã©tablir une obligation communautaire et une responsabilitÃ© collective ; un ancÃªtre doit Ãªtre responsable pour une part de ses petits-enfants . En particulier, elle serait une obligation des retraitÃ©s . Le choix de sa descendance pour autant ne doit pas Ãªtre reconnu : avoir des descendants, quand c'est le cas, doit entraÃ®ner une obligation lÃ©gale . Mais la loi n'interviendrait qu'en dernier recours, aprÃ¨s constat de l'Ã©chec d'un accord collectif . Au lieu de ne verser des impÃ´ts pour les services sociaux ou les allocations familiales, les humains actifs verseraient Ã  des personnes connues, et dont ils seraient aussi chargÃ©s d'Ã¢me . La garde des enfants serait en effet prise en charge par les ancÃªtres par rotation amiable, ou arbitrÃ©e en cas de dÃ©saccord . Au lieu d'Ãªtre remboursÃ©s anonymement, les communautÃ©s cotiseraient pour les soins mÃ©dicaux et seraient des forces de discussion avec les mÃ©tiers de santÃ© ou d'Ã©ducation . Il serait sans aucun doute souhaitable de partager les modes de rÃ©partition . &lt;strong&gt;Mais la solidaritÃ© ne doit pas passer par un Ã‰tat anonyme, elle doit crÃ©er des liens effectifs de solidaritÃ©&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a lieu de prÃ©voir une progression du libre choix de l'enfant dans ses liens privilÃ©giÃ©s, sans autoriser d'exclusive, source de chantage par les adultes ou l'enfant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une Ã©ducation communautaire claire, hiÃ©rarchique, basÃ©e sur des rÃ¨gles Ã©crites simples, avec des instances de rÃ©gulation et un conseil de famille basÃ© sur le suffrage en cas de blocage, et des droits modulÃ©s selon le niveau d'implication et d'ancestralitÃ© des personnes . La responsabilitÃ© envers l'enfant doit Ãªtre Ã©quitable avec les obligations rÃ©ellement assumÃ©es . Les instances de rÃ©gulation des liens de famille, les juges civils, seraient variables et culturellement dÃ©terminÃ©es, choisies avant tout problÃ¨me par le conseil de famille, afin que le laÃ¯cisme apparaisse pour ce qu'il est, une pitoyable secte moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enfant ne seraient plus un enjeu ou une mÃ©diation entre des parents en conflit, puisque la sÃ©paration d'un couple ne dÃ©terminerait pas complÃ¨tement la position de l'enfant . Les ancÃªtres naturels ou par alliance auraient l'obligation de partager la garde et l'entretien . Cette garde serait entiÃ¨rement dÃ©ductible des impÃ´ts . L'effet serait de diluer dans la communautÃ© humaine rÃ©elle la charge des enfants, afin que cette charge soit lÃ©gÃ¨re Ã  tous, et non Ã©crasante et inaccessible Ã  un cadre sÃ©curisant, comme dans les familles monoparentales abandonnÃ©es . Il n'est pas admissible que la sociÃ©tÃ© laisse des mÃ¨res humiliÃ©es par leur pauvretÃ© et par leurs enfants .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les instances de rÃ©gulation seraient responsable du respect hiÃ©rarchique des enfants, par refus de l'abandon Ã©ducatif . Un ancÃªtre tuteur serait nommÃ© en cas de carence, et rÃ©tribuÃ© par un prÃ©lÃ¨vement sur tous les revenus de la communautÃ© . Les ancÃªtres tuteurs cadrants pourraient Ãªtre tuteurs de plusieurs enfants dans une sorte de crÃ¨che communautaire Ã©tendue . Leur respect collectif serait trÃ¨s clairement affirmÃ© et assumÃ© par les lois .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les droits seraient graduÃ©s en fonction des devoirs assumÃ©s . Le sÃ©paration des parents serait rendue indÃ©pendante de la vie des enfants, dans la mesure du possible . Les familles avec enfants seraient aidÃ©es dans le logement par la fourniture de logements adaptÃ©s, suffisamment vastes et divisÃ©s en parties autonomes, et les ancÃªtres garderaient un droit d'hÃ©bergement dans les biens . Le droit de propriÃ©tÃ© doit lui-mÃªme Ãªtre divisÃ© entre possession, jouissance, et droit, afin de limiter les changements de domicile suite aux sÃ©parations, souvent traumatisantes . La stabilitÃ© des enfants serait assurÃ©e . Les enfants auraient plusieurs figures d'identification, parmi les sages et les solides des communautÃ©s .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grandiraient libres et un peu sauvages, mais en connaissant la valeur de liens tenus par la rÃ©ciprocitÃ© et le don, plus que l'habitude de recevoir sans contrepartie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grandiraient en partie, sur des pÃ©riodes, dans des instances collectives aussi autonomes que possibles, tout d'abord Ã  l'Ã©cole, rÃ©formÃ©e avec un maximum de responsabilisation collective, y compris au plan Ã©conomique . Des pÃ©riodes de vie commune de groupes s'y ajouteraient, apprenant la vie en communautÃ©, une certaine austÃ©ritÃ© gaie, l'art des jardins, de l'agriculture et de l'Ã©levage, apprenant la mer et les forÃªts, apprenant l'obÃ©issance et l'autoritÃ© . Ces rÃ©publiques temporaires d'enfants seraient visÃ©es avec une distance bienveillante par les instances de rÃ©gulation ; et ces rÃ©publiques devraient, Ã  l'adolescence, Ãªtre pluri-culturelles, et crÃ©er des liens d'homme Ã  homme solides entre les communautÃ©s culturelles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libertÃ© des couples serait assurÃ©e par l'assurance de la libertÃ© et la sÃ©curitÃ© des enfants, et la dilution des charges financiÃ¨res . PlutÃ´t qu'une sociÃ©tÃ© Ã©goÃ¯ste, le droit construirait toutes les occasions d'entraide, de soutien, une sociÃ©tÃ© fraternelle et solidaire . Et les instances de rÃ©gulation veilleraient Ã  l'adoption aimante en cas d'abandon, ou de situation d'orphelin . L'obligation au prorata des revenus serait prÃ©levÃ©e Ã  la source en cas de fuite des responsabilitÃ©s . Des parents pourraient ainsi choisir le nomadisme, ou devenir ermites sans abandonner leurs enfants . Un adolescent lui-mÃªme pourrait expÃ©rimenter le nomadisme . Une telle sociÃ©tÃ© peut respecter l'ascÃ¨te comme la femme aux larges bras .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est clair que les liens communautaires sexuels seraient rÃ©gulÃ©s par l'accord des parties et leurs tradition, laissant le libre choix de modÃ¨les polygames ou polyandres, et la dÃ©termination de la nature, de la souplesse ou de la rigiditÃ© des obligations rÃ©ciproques . La possibilitÃ© de changer de communautÃ© serait assurÃ©e par des Ã©changes rÃ©ciproques, Ã©quilibrÃ©s par des ressources partagÃ©es . De ce fait, il est probable que les communautÃ©s les plus agrÃ©ables Ã  vivre verraient leur population croÃ®tre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laissez vivre une telle sociÃ©tÃ©, et vous verrez que le modÃ¨le anglo-saxon libÃ©ral obsÃ©dÃ© par le travail et la croissance, ou le nÃ´tre, peut diffÃ©rent, seraient considÃ©rÃ© comme une grande folie, et rÃ©servÃ© Ã  quelque nÃ©vrosÃ©s considÃ©rÃ©s avec mÃ©pris . En effet, des groupes humains ont dÃ©jÃ  vÃ©cu largement selon des rÃ¨gles similaires, mais ont Ã©tÃ© dÃ©truits par la puissance technique . Or la puissance technique commence Ã  s'essouffler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'inspire par exemple de George Devereux, &lt;em&gt;ethnopsychiatrie des Indiens Mohaves &lt;/em&gt;. Le but du prÃ©sent texte sera atteint s'il fait comprendre que n'avoir aucune opinion sur les Â« dÃ©bats de sociÃ©tÃ© Â» doit Ãªtre le but des hommes Ã©clairÃ©s . Transformez vous ! Transformez le monde ! Ne vous laissez pas enfermer dans les cases du SystÃ¨me !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Redevenir loup. C'est la puissance de l'Ã‰tat qui fait la libertÃ© du marchÃ©, comme celle atomique de l'individu. Hors de l'Ã‰tat, la libertÃ© est puissance de la communautÃ© - libertÃ© des AthÃ©niens et du loup - et non droit octroyÃ© des hommes domestiquÃ©s, profÃ©rant "l'homme est un loup pour l'homme". L'homme est un loup, et le loup est un frÃ¨re du loup .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-657777170424563561?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/657777170424563561/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=657777170424563561' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/657777170424563561'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/657777170424563561'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/le-loup-est-frere-du-loup-ou-la.html' title='Le loup est frÃ¨re du loup - ou la communautÃ© humaine .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s72-c/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-8532738692642672078</id><published>2012-01-07T05:11:00.005-08:00</published><updated>2012-01-07T06:10:32.714-08:00</updated><title type='text'>Philosophie et dissidence, II . Le vampire couronnÃ© de Gui .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-mO5YQdxoHdg/TwhOzbt-kMI/AAAAAAAABXI/zY8T5t8szXo/s1600/tumblr_lt7y2tTOWV1qz7mamo1_500.gif"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 301px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5694888374330888386" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-mO5YQdxoHdg/TwhOzbt-kMI/AAAAAAAABXI/zY8T5t8szXo/s400/tumblr_lt7y2tTOWV1qz7mamo1_500.gif" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Murnau, Nosferatu)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Gui est reprÃ©sentÃ© par Pline comme un vÃ©gÃ©tal sacrÃ© des Druides, et est un symbole d'immortalitÃ©, car il persiste vert sur les peupliers dÃ©nudÃ©s, en hiver, et sur les chÃªnes rÃ©duits Ã  des silhouettes d'encre . Ce qui demeure, c'est que le Gui est cet Ã©lÃ©ment Ã©tranger - ce que nous sommes - qui survit dans les hauteurs des arbres, qui survit Ã  l'hiver . Il est le symbole de la parole sacrÃ©e qui survit au Minuit des mondes, dans la pluie, le vent, et la mort de la saison de glace . Il est la vie dans la destruction, comme une fleur sur le trottoir de Fukushima .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pouvons nous Ãªtre gui ? Pouvons nous encore cette plante aux fruits blancs et gluants, Ã  la consistance et l'aspect d'un sperme gluant, Ã  l'odeur Ã©trange, germinale ? Je crois de plus en plus que nous n'avons pas le choix . Il n'existe pas d'interstice oÃ¹ faire naÃ®tre une vie nouvelle qui se vivrait de sÃ¨ve volÃ©e au SystÃ¨me . Au cÅ“ur d'un hiver comme le nÃ´tre, mÃªme la sÃ¨ve des arbres devient rare, et venimeuse au gui qui se meurt Ã  son tour, Ã  moins de couronner un vampire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'Ã¢ge des citÃ©s grecques, la recherche de la sagesse se faisait par la recherche d'un maÃ®tre qui prÃ©tendait montrer sa pensÃ©e par sa vie mÃªme ; ou encore, il existait des communautÃ©s, dans les dÃ©serts, des traditions jalousement gardÃ©es, des mystÃ¨res . A l'Ã©poque mÃ©diÃ©vale elle mÃªme, il n'Ã©tait pas rare de courir les routes de la ChrÃ©tientÃ©, de l'Ã‰cosse Ã  l'Italie, et de Paris Ã  Cologne, pour trouver la sagesse â€“ Ã  la renaissance encore .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'Union EuropÃ©enne, tout cela serait Ã  la fois ridicule et extrÃªmement complexe . Les papiers, les numÃ©ros, les codes bureaucratiques ont Ã©touffÃ© toute spontanÃ©itÃ© des quÃªtes . Notre espace est sillonnÃ© de dÃ©placements rapides, mais recouvert de surveillances et d'enregistrements . Le dÃ©placement lent mais libre du passÃ© s'est vu Ã©liminÃ© par le dÃ©placement rapide mais asservi du monde moderne ; l'homme qui transporte des marchandises traverse non un pays dont il peut parler des merveilles, mais l'espace abstrait parcouru par l'avion, le rail ou la route, et il ne s'arrÃªte que dans des sas grillagÃ©s, gardÃ©s, entre la route ou l'aÃ©roport et l'espace autour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur une autoroute franÃ§aise, libre, la sÃ©paration entre les employÃ©s d'une aire d'autoroute, dont le parking est derriÃ¨re le grillage, et les voyageurs est aussi stricte que dans une prison . Les employÃ©s sont fonctionnellement placÃ©s dans des lieux interdits au public . Les seules communications fonctionnelles sont mÃ©diatisÃ©es par l'argent, et Ã  la rigueur l'information du voyageur . L'espace est visible, Ã  portÃ©e de main, mais presque inaccessible . Ce carrÃ© d'herbe ombragÃ© aperÃ§u en TGV, qui appelle Ã  une sieste Ã  l'antique, je devrais pour le retrouver m'arrÃªter Ã  la prochaine gare, revenir en voiture, le rechercher en vain, sans repÃ¨re . En vÃ©ritÃ©, le paysage qui est Ã  un mÃ¨tre de moi dans un transport collectif est visible, mais il m'est fermÃ©, aussi fermÃ© que les royaumes de la Chine Ã  un homme du Moyen Ã‚ge .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart des transports sont asservis Ã  un cadrage fonctionnel Ã©troit . L'homme qui transporte des marchandises voit son parcours suivi et son temps comptÃ© Ã  la minute . Si je vais Ã  une rÃ©union, je file dans un sens, puis dans l'autre pour Ãªtre revenu Ã  temps â€“ il est impossible de flÃ¢ner, ou en tout cas la possibilitÃ© en est rÃ©duite au maximum â€“ et la communication professionnelle ne cesse de culpabiliser l'errance, la flÃ¢nerie . Les dÃ©placements sont cadrÃ©s, soit par une place rÃ©servÃ©e, soit par les camÃ©ras et les radars qui ne cessent d'enserrer la circulation automobile, sans diminuer d'un iota la gravitÃ© des accidents â€“ le but de sÃ©curitÃ© Ã©tant d'abord la sÃ©curitÃ© de l'oligarchie, l'aggravation du contrÃ´le et de la domestication des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est les idiots utiles des ligues contre la violence routiÃ¨re, qui appellent Ã  toujours plus de rÃ©pression, Ã  un niveau dÃ©lirant, au nom de leurs enfants morts, comme si les victimes de guerre devaient appeler Ã  toujours plus de guerre pour se venger ; il est les idiots utiles qui manifestent contre la corrida ou les prothÃ¨ses mammaires quand l'oligarchie provoque des guerres coloniales Ã  rÃ©pÃ©tition et aggrave sans cesse l'exploitation de l'homme . Il est toutes les diversions du Spectacle, les narcissiques vertueux qui se scandalisent de tout et de rien pour exister, les hululements Ã  la moraline qui se coordonnent aux hululements des sirÃ¨nes de la police, et ne s'en rendent mÃªme pas compte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cadrage des dÃ©placements au nom de la sÃ©curitÃ©, l'identitÃ© biomÃ©trique, les grillages des autoroutes, le pistage, la vidÃ©o-surveillance, les radars, l'infinitÃ© des moyens de suivi GPS â€“ cadrage qui fait du monde entier une prison, puisque tous les hommes deviennent tendanciellement porteurs d'un bracelet Ã©lectronique â€“ se fait avec l'assentiment public et matraquÃ© des idiots utiles Ã  la moraline, en gÃ©nÃ©ral des blooms de structure puritaine rÃ©pressive, donc la seule jouissance est de rÃ©primer chez les autres ce qu'eux mÃªme ne s'accorderont jamais, ne serait-ce que l'insouciance . Tous les morts sur les routes ne vaudront jamais un resserrement permanent du cadrage policier sur les hommes, ou les guerres de libÃ©ration n'ont jamais eu aucun sens . En 1970 par exemple, la situation automobile Ã©tait elle assez grave pour justifier cela, ou pouvons nous y voir la logique interne du SystÃ¨me au resserrement du contrÃ´le individuel â€“ resserrement annoncÃ© par des auteurs aussi extrÃ©mistes que J.K Galbraith ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dans cette optique d'auto-constitution du SystÃ¨me en puissance toujours renouvelÃ©e de contrÃ´le individuel, l'Ã©touffement tendanciel de la spontanÃ©itÃ© dans la circulation Â« toujours plus libre Â» est une mÃ©taphore de l'Ã©volution gÃ©nÃ©rale de la sociÃ©tÃ© â€“ et de celle de la pensÃ©e &lt;/strong&gt;. Nous pouvons nous dÃ©placer dans un espace entiÃ¨rement dÃ©terminÃ©, rÃ©duire sans cesse la part d'imprÃ©visible â€“ et transformer le voyage, lieu de murissement de soi, en dÃ©placement d'un point A Ã  un point B dans un espace figÃ© par les glaces . Il existe peut Ãªtre encore des voyages en ce monde, mais il est surtout des dÃ©placements .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous pourrions nous dÃ©placer pour trouver un MaÃ®tre . Mais Ã  l'Ã©vidence &lt;strong&gt;ce n'est pas l'espace qui nous sÃ©pare des maÃ®tres &lt;/strong&gt;. La pensÃ©e tend Ã  se fermer dans les cercles Ã©troits d'une idÃ©ologie polymorphe qui, comme tout le Spectacle, fait plus d'effort pour voiler ses effets fonctionnels que pour se comprendre ou comprendre le monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car bien entendu toutes ces volutes idÃ©ologiques se nient comme telles et se prÃ©sentent selon les champs comme mÃ©decine, comme bon sens, comme Ã©vidence, comme Science, comme pensÃ©e subtile ou technique . Cette variÃ©tÃ© d'apparences est analogue Ã  la variÃ©tÃ© des justifications hygiÃ©niques, sÃ©curitaires, Ã©cologiques, de dÃ©veloppement durable, de lutte contre les discriminations, fiscales, morales, et j'en passe, qui justifient les restrictions multiples et Ã  chaque fois de peu de consÃ©quence apparente de la libertÃ© individuelle . Ces restrictions semblent d'abord concerner les autres, les Ã©trangers, les dÃ©linquants, les nomades, les pÃ©dophiles mais ne cessent de s'accumuler et dessinent la figure globale d'un totalitarisme flou - de plus de en plus net . Les fichiers biomÃ©triques ont commencÃ© avec les crimes sexuels, mais concernent maintenant les syndicalistes condamnÃ©s lors de grÃ¨ves, par exemple . Puis le fichage gÃ©nÃ©tique sera gÃ©nÃ©ralisÃ©, avec l'aval de comitÃ©s d'Ã©thiques et leurs garanties dÃ©risoires . Nous sommes tous des Ã©trangers en puissance dans le SystÃ¨me qui dÃ©racine tous les hommes et tous les mondes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette glaciation gÃ©nÃ©rale se vÃ©rifie dans l'ensemble des sous-systÃ¨mes . Si l'on prend l'exemple de la philosophie, on admettra par exemple que la vie est l'oeuvre la plus sÃ»re du philosophe, mais la vie, la vie de Casanova par exemple, comme celles d'Alexandre ou de gyrovagues, celle de Dante, ne peut Ãªtre enseignÃ©e par un professeur de philosophie . Je ne dis pas que leur vie ne peut pas Ãªtre racontÃ©e .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne peut Ãªtre enseignÃ©e comme un modÃ¨le, comme un possible effectif parce qu'une vie errante et aventureuse est profondÃ©ment inverse de celle prÃ©visible et ordonnÃ©e d'un professeur de philosophie dotÃ© d'un programme et d'un emploi du temps, dotÃ© d'une Â« dÃ©finition Â» de sa Â« discipline Â», et pratiquant avant tout, en pleine conscience ou en se la racontant, une activitÃ© fonctionnelle afin de gagner sa vie . Et exerÃ§ant cette activitÃ© dans un Ã©tablissement chargÃ© avant tout de fournir le marchÃ© des Ã©tudes et du travail, le bassin rÃ©gional de formation et d'emploi . Et dont les finalitÃ©s ne peuvent Ãªtre de promouvoir plus de libertÃ© que le choix de se placer dans des boÃ®tes prÃ©existantes, comme de voter avec les bulletins prÃ©existants lors des Ã©lections, des cases mouvantes mais de toutes faÃ§ons Ã©chappant Ã  tout contrÃ´le de la libertÃ© individuelle â€“ d'oÃ¹ le besoin de se former, de se recycler, de parfaire son employabilitÃ© prÃ©sentÃ© comme voie de libertÃ© et d'Ã©panouissement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce cadre fonctionnel, un type aussi vide d'arguments que Bergson triomphe absolument . Des Bergson par centaines, dont une grande partie de l'argumentation, si on peut user ce mot, ne repose que sur la connivence des auditeurs, ce que l'on nomme Â« le bon sens subtil Â» . Les facteurs de sÃ©lection de la bonne philosophie scolaire se situent dans le cadre de l'enseignement du SystÃ¨me - le cadre formel devient tendanciellement la forme de la pensÃ©e . Et bien sÃ»r, les textes qui se distinguent de ce lot sont prÃ©sentÃ©s dans un cadre qui permet de les assimiler au cadre formel â€“ l'exclusion mÃ©prisante de la Â« mythologie Â», de la Â« littÃ©rature Â», des errances de la Â« mÃ©taphysique Â», mais aussi la glorification esthÃ©tique du poÃ¨te .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poÃ¨te scolaire est celui qui fait de la poÃ©sie, qui Ã¢nonne des chants rimÃ©s, ou pas, s'il est Â« moderne Â» . En gÃ©nÃ©ral, ce poÃ¨te parle de lui, de ses Â« sentiments, il Â« s'exprime Â» . C'est bien, de s'Â« exprimer Â» - voilÃ  une croyance de base du SystÃ¨me . Il est la nÃ©gation de ce qui fait retour aux sources du poÃ¨me, l'oracle, c'est Ã  dire la non-sÃ©paration entre le chant, le mythe, le verbe et la fondation de l'homme, l'Ã©nonciation de la loi, et la recherche de la Science . Le poÃ¨te est ainsi complÃ¨tement neutralisÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette tendance Ã  revenir vers l'essence de la parole est de l'ordre de la nostalgie primitive vers la matrice maternelle, vers l'indiffÃ©renciation, Ã©nonce le philosophe scolaire . C'est la noblesse des peuples premiers, peut dire le Â« pluralisme Â» moderne . Pourtant cette unification tendancielle est Ã©vidente chez Nietzsche, par exemple . C'est dire que l'unitÃ© n'exclut pas la rigueur et la duretÃ© . Babel n'est pas seulement la sÃ©paration des langues, mais aussi la sÃ©paration, le dÃ©chirement de l'homme en lui-mÃªme . Surtout, l'unitÃ© de l'art et de la vie est la seule puissance rÃ©elle de crÃ©ation partagÃ©e de mondes que possÃ¨de l'homme . Les hommes peuvent dÃ©cider de l'existence de mondes, par la fondation, la loi, la parole . C'est par cette voie que les hommes peuvent renvoyer le SystÃ¨me au passÃ©, renvoyer au nÃ©ant le nihilisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute division est bonne dans l'idÃ©ologie racine . La division de l'art, c'est Ã  dire de l'action communautaire organique humaine pour vivre plus puissamment, et de la pensÃ©e dite Â« rationnelle Â» donc lÃ©gitime, comme la division atomique des individus qui expriment leur eux-mÃªme vide pour annuler le &lt;strong&gt;nous&lt;/strong&gt; puissant est une alchimie de la dÃ©composition, ou encore l'oeuvre moderne . La voix du professeur est celle de la police du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est hors de doute que la majoritÃ© des professeurs de philosophie seront fous de joie quand un gouvernement libÃ©ral leur imposera par la loi d'enseigner les Genders Studies, et tout particuliÃ¨rement ceux de gauche, qui se sentent et de dÃ©finissent comme Â« anticapitalistes Â» dans une vie de petit bourgeois aigris d'obÃ©dience(e) libÃ©ral(e)-libertaire(e), c'est Ã  dire libÃ©rale avec de vagues rÃ©fÃ©rences Ã  Louise Michel . Ceux lÃ  enseignent dÃ©jÃ  les Gender Studies plutÃ´t que les principes de la propriÃ©tÃ© privÃ©e des moyens de production, c'est Ã  dire la moraline du SystÃ¨me plutÃ´t que la rÃ©alitÃ© matÃ©rielle de l'exploitation des masses . De ce type de gens Â« hyper ouverts Â», et complÃ¨tement dÃ©passÃ©s en discutant avec un musulman . De ce type de gens qui enseignent Â« comment peut-on Ãªtre Persan Â» de Montesquieu en roulant de grands regards d'amour tolÃ©rants, et qui se demandent sincÃ¨rement comment peut-on Ãªtre iranien, aujourd'hui quelle atroce aliÃ©nation, et pas Â« moderne Â», comme eux . Au fond, leur seule lÃ©gitimitÃ© n'est pas le contenu de leur Â« enseignement Â», mais la force de l'Ã‰tat qui les positionne dans une institution .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant aux professeurs de philosophie pour le Spectacle, il ne faut pas chercher d'arguments lÃ  non plus dans le texte . Ils font aimer Camus parce qu'il jouait au ballon sur une plage mÃ©diterranÃ©enne avec des filles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-1ZPaain1nzs/TwhKiSu49dI/AAAAAAAABW8/966IhtbFV6U/s1600/camus-she-471878-jpeg_320273.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 174px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5694883681814509010" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-1ZPaain1nzs/TwhKiSu49dI/AAAAAAAABW8/966IhtbFV6U/s400/camus-she-471878-jpeg_320273.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(le Point)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce fait, tous les heureux consommateurs de dÃ©couvrent philosophes, Å“uvrant pour l'art de jouir au Club â€“ et &lt;em&gt;les bronzÃ©s&lt;/em&gt; devient un film d'avant garde plus accessible que l'oeuvre de ce triste Pasolini . La mÃ©taphysique des BronzÃ©s, telle est cette philosophie . La seule lÃ©gitimitÃ© des apÃ´tres de la Raison dans le Spectacle est la forme du SystÃ¨me - le vÃ©ritable argument est la force globale des forces de l'ordre . Ils sont les banquiers de la culture, les banquiers et les rentiers du capital culturel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore au dÃ©but du XIXÃ¨me siÃ¨cle un Hegel pouvait devenir quasiment un philosophie officiel et nourrir de puissants courant de transformation . La dÃ©gradation a Ã©tÃ© profonde et rapide . Tout cela sera bien sÃ»r niÃ© par les tenants de la pensÃ©e officielle, pensÃ©e qui aime Ã  se prÃ©senter au pluriel, comme les Â« pensÃ©es contemporaines Â», par exemple . Les pensÃ©es contemporaines nient leur fermeture, comme cette observation sur le refus de thÃ¨se arrivÃ© Ã  RenÃ© GuÃ©non, ou encore l'absence de discussion rÃ©elle sur l'hÃ©ritage de Tiqqun ou de Simone Weil . Les derniers maÃ®tres universitaires, comme Quine, ou les scolastiques comme Muralt ou Courtine, tiennent de petits prÃ©s carrÃ©s qui se concentrent sur des compÃ©tences techniques, ou sur des enjeux dÃ©cisifs rendus silencieux au plus grand nombre par leur technicitÃ©, sans puissance d'influencer l'histoire â€“ ils sont tolÃ©rÃ©s neutralisÃ©s, ou comme Quine, ont intÃ©grÃ© au plus profond d'eux mÃªme leur neutralisation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la philosophie scolaire devient ainsi idÃ©ologie fonctionnelle intÃ©grÃ©e au Spectacle - avec parfois des manifestations voyantes pour la galerie, comme le chien qui tire sa laisse ou mord la main de son maÃ®tre pour se croire loup . Quand la forme de la domination dÃ©termine la forme de la transmission, et que la forme de la transmission dÃ©termine la forme de la pensÃ©e, il ne nous reste que la dissidence globale, car par les canaux culturels officiels du SystÃ¨me plus rien de notre souffle, sang, vie et verbe ne peut passer, circuler et Ãªtre compris . Nous ne pouvons pas Ãªtre gui, pas aisÃ©ment au moins . Peut Ãªtre pouvons nous encore Ãªtre virus de l'idÃ©ologie moderne . Mais je crois que nous ne pouvons guÃ¨re qu'Ãªtre vampires du monde moderne, Ãªtres nocturnes et dÃ©chus, mais aussi gardiens du mÃ©morial de Dieu, du Dieu qui sauve les serpents et les scorpions et donne la lumiÃ¨re de Lucifer, l'Ã©toile du matin â€“ et voit que cela est bon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vampire est cet astre mort qui se vit de la vie et du sang des vivants â€“ et en mÃªme temps, il est la figure de la vie souterraine des dÃ©sirs de l'esprit qui survit en se nourrissant de ce monde de mort, notre monde de mort . C'est pourquoi le vampire doit Ãªtre couronnÃ© de gui .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vrai dire, les Â« philosophies modernes Â» choisissent pour nous, le plurivers impose sa loi monolithique . Le pluralisme idÃ©ologique condamne au silence de glace le pluralisme effectif . Je en crois plus possible de choisir d'autres voies qu'une dissidence assumÃ©e . Mes grands parents Ã©taient paÃ¯ens, mes parents hÃ©rÃ©tiques, et je reste dans la voie du sang, ce souffle rouge . Nous assumons le dÃ©sir et le projet d'une pensÃ©e dissidente dans la glaciation moderne du sens . Elle ne peut Ãªtre nommÃ©e comme philosophie par l'Ã©cole qui lui est contemporaine, et prend les formes nÃ©es des conditions de l'exercice effectif de la pensÃ©e dissidente, avec les dÃ©fauts affÃ©rents . Car la dissidence est fragile et sans cadre puissant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons alors examiner les formes d'une pensÃ©e nÃ©e dans le fumier de la dissidence, dans les tombes et les Ã©gouts . Il nous faut aller jusqu'au bout, Ãªtre lucide envers nous-mÃªme â€“ cultiver notre cruautÃ© sur notre corps et notre Ã¢me . Face aux Ã©normes institutions du SystÃ¨me, la luciditÃ© est la seule arme qui ne pÃ¨se rien, et qui pÃ¨se assez .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut Ãªtre alors pourrons nous Ãªtre gui, et fleurir en hiver .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-8532738692642672078?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/8532738692642672078/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=8532738692642672078' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8532738692642672078'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8532738692642672078'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/philosophie-et-dissidence-ii-le-vampire.html' title='Philosophie et dissidence, II . Le vampire couronnÃ© de Gui .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-mO5YQdxoHdg/TwhOzbt-kMI/AAAAAAAABXI/zY8T5t8szXo/s72-c/tumblr_lt7y2tTOWV1qz7mamo1_500.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-907019089757510996</id><published>2012-01-04T09:58:00.001-08:00</published><updated>2012-01-04T09:58:59.547-08:00</updated><title type='text'>PlutÃ´t mourir .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-zB69PK8h87Q/TwSSwr9c1GI/AAAAAAAABWo/z3UMSi2Dh4M/s1600/31414_1290906349285_1129043127_30636413_1657039_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 313px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5693837194034992226" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-zB69PK8h87Q/TwSSwr9c1GI/AAAAAAAABWo/z3UMSi2Dh4M/s400/31414_1290906349285_1129043127_30636413_1657039_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Von Stuck)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La philosophie est Ã  la fois l'objet d'une guerre de domination, pour en dÃ©finir le contenu, et donc le marchÃ© â€“ le marchÃ© de toutes les envies de mener une vie en largeur, hauteur et profondeur â€“ et le lieu d'un bavardage, le lieu de l'oubli d'une essence . Car l'objet de la philosophie, originairement, est &lt;em&gt;sophia&lt;/em&gt;, la sagesse, le logos hÃ©raclitÃ©en, la gnose pythagoricienne . &lt;em&gt;Le dÃ©sir de gnose est la philosophie&lt;/em&gt;, dit Platon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui m'importe, ici, est de poser la distinction de deux axes de dÃ©veloppement du projet de l'amour de la sagesse . Le premier est de l'ordre du &lt;em&gt;Manuel&lt;/em&gt; d'EpictÃ¨te : il s'agit d'un manuel pratique de vie humaine, dont le modÃ¨le le plus puissant est le Hagakure . Le deuxiÃ¨me est de l'ordre du dÃ©veloppement d'un savoir systÃ©matique, comme chez Aristote . Il est est vrai que ces deux axes sont organiquement liÃ©s . Car c'est selon la nature du monde qu'il faut vivre . Mais une philosophie sans vie est mort . La sagesse doit mordre sur l'existence concrÃ¨te â€“ car &lt;em&gt;ton amour est un feu dÃ©vorant &lt;/em&gt;. Je dis doit, c'est Ã  dire qu'elle doit non seulement Ãªtre, mais exister dans le monde . La sagesse doit Ãªtre puissance pour n'Ãªtre pas fantasmagorie ; feu pour n'Ãªtre pas fumÃ©e .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La science est puissance et jouissance â€“ tel est de devenir comme un dieu, connaissant l'arbre de la science du bien et du mal . Puissance de fonder, et jouissance du savoir qui s'exprime pleinement dans l'Ã©rotique, dans le regard posÃ© sur les splendeurs de la chair, sur les secrets du sexe . Le sÃ©ducteur qui regarde une femme follement dÃ©sirÃ©e nue Ã  ses cÃ´tÃ©s, abandonnÃ©e, endormie, sait ce qu'est la puissance et la jouissance . Mais cette jouissance et cette puissance, et cette jouissance de la puissance, ne sont pas celles d'un oiseau de proie . Le tueur qui dÃ©truit ne trouve pas la fÃ©licitÃ©, mais une soif Ã©ternelle de destruction et d'humiliation qui sont la haine de sa propre destruction et de sa propre humiliation . L'homme cruel est un homme dÃ©truit, ou mÃªme minable . La jouissance du sage est l'image de Dieu, de l'Ãªtre conscience fÃ©licitÃ©, image indÃ©finie du dieu insÃ©rÃ© dans les cercles du temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est possible que Casanova soit un plus puissant philosophe du savoir et de la libertÃ© que Kant, en proclamant &lt;em&gt;lâ€™homme ne peut jouir de ce quâ€™il sait quâ€™autant quâ€™il peut le communiquer Ã  quelquâ€™un &lt;/em&gt;. Le savoir qui vaut est jouissance commune du savoir . Et Saint Simon un philosophe politique bien plus exact que Rousseau . A quel point la vÃ©ritÃ© de la torsion des sentiments occultes des politiques, leur dÃ©sir si intense de la mort de leurs adversaires et le froideur et lâ€™impassibilitÃ© du dÃ©sir qui ne peut s'avouer â€“ car l'aveu du dÃ©sir politique est une faiblesse - est supÃ©rieure aux contes puÃ©rils du &lt;em&gt;Contrat Social &lt;/em&gt;. Imagine-t-on Kant s'Ã©vader de prison par les toits vertigineux de Venise, comme Casanova s'Ã©vadant de la prison des Plombs de Venise ? Et quel plus grande preuve du haut dÃ©sir de libertÃ©, que de l'affronter Ã  la mort ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sagesse qui n'Ã©prouve pas la rage du dÃ©sir, comment peut-elle s'assurer de sa puissance et de sa profondeur? Celui qui confronte sa terreur organique Ã  son dÃ©sir Ã©prouve la violence viscÃ©rale de son dÃ©sir . Celui qui offre son corps dans le combat, celle qui offre son corps Ã  un homme aimÃ© qui est aussi un fauve brÃ»lant de consommer sa chair et son dÃ©sir, mesure en lui-mÃªme la rÃ©alitÃ© de son dÃ©sir, et par cette rÃ©alitÃ© produit l'intensitÃ© de sa vie, Ã  la mesure de la peur et des dÃ©fenses surmontÃ©es par le dÃ©chainement de la puissance . La puissance est par nature ambivalence, destruction et terreur, crÃ©ation et intensification ascendante comme le panache du nuage d'orage .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans exposer son corps â€“ le serment fÃ©odal le disait, qui parlait d'exposer son corps pour son Seigneur â€“ il n'est pas possible de s'assurer de ses liens . Je sais que j'ai confiance dans mes mains en escaladant sans m'encorder, je sais que je devrais sortir mes tripes pour passer lÃ  oÃ¹ je ne passerais pas encordÃ©, parce que je mâ€™aiderais . Je sais que j'ai confiance en ma vue, en mes rÃ©flexes, que je m'oblige Ã  une concentration extrÃªme et Ã  un souffle court, quand je roule Ã  la limite de la glissade, la nuit, sur une route de montagne battue par la pluie . Et que j'entends, comme en rÃªve prÃ©monitoire, une sirÃ¨ne lancinante . Non, je ne mourrais pas aujourdâ€™hui . Ou encore quand je porte au maximum la charge de fonte sur un geste dont l'Ã©chec serait l'explosion des articulations, des os de mon corps . La volontÃ©, la rage se concentrent en un point unique, en une explosion secrÃ¨te . La diffÃ©rence entre l'homme noble et le fol est que le premier sait frÃ´ler les limites, frÃ´ler la mort, sans toute fois se briser . Car il s'agit de chercher aux frontiÃ¨res de la mort le souffle d'une vie plus puissante .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La puissance de libertÃ©, cet invisible qui rend les hommes indomptables par la terreur la plus extrÃªme â€“ ne peut s'expliquer que par une pensÃ©e intime, formulÃ©e ou informulÃ©e, qui est : &lt;em&gt;plutÃ´t mourir &lt;/em&gt;. Et la certitude de se tenir dans cette dÃ©cision est le fondement de l'hÃ©roÃ¯sme humain . Il ne suffit pas de faire des thÃ©ories Ã©thiques, mais de se tenir dans la vÃ©ritÃ© . Il ne s'agit pas de connaÃ®tre la loi, mais de savoir si je me pencherais vers l'Ã©tranger blessÃ©, si je pourrais fermer le cercle de mes bras sur mon ennemi au jour de sa mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas d'une pensÃ©e ou d'une volontÃ© au sens classique . Si je tombe dans une riviÃ¨re en crue qui me balaye comme un corps mort, je combattrais jusqu'Ã  l'extrÃªme de mes forces pour respirer et regagner la rive, par une puissance qui me traverse et dÃ©passe la volontÃ©, comme celui qui court jusqu'Ã  l'agonie devant un fauve, ou un homme qui veut le tuer . Oui, j'ai couru jusqu'Ã  m'en Ã©corcher la gorge, et Ã  l'Ã©puisement je me suis retournÃ© pour me battre par la force du dÃ©sespoir, au delÃ  de toute rÃ©flexion, avec l'intense volontÃ© de tuer et de dÃ©chirer, moi le pacifique . PlutÃ´t mourir, c'est ce qui traverse l'homme qui sait qu'il perdrait toute dignitÃ© humaine en refusant un affrontement Ã  des forces qui menacent sa vie, et cela dÃ©pend profondÃ©ment de sa culture, de sa &lt;em&gt;philosophie&lt;/em&gt; inscrite en lui comme la saveur de son sang ou le soleil de son dÃ©sir, qui l'entraine bien au delÃ  de la raison et de son ego .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tristan dit plutÃ´t mourir que de perdre Iseult ; le Spartiate plutÃ´t mourir que de reculer ; le vassal ou le rÃ©sistant soumis Ã  la torture jusqu'Ã  la mort plutÃ´t mourir que de trahir . Sentir une telle puissance en soi, je crois que c'est une des plus hautes dignitÃ©s de l'homme . L'homme a cette puissance redoutable de brÃ»ler ses vaisseaux . Et toute grandeur de la pensÃ©e est la recherche de la duretÃ© d'affirmer jusqu'au bout la grandeur infime de la dignitÃ© . Je le retrouve dans la mort de Socrate, la mort du Christ ou l'austÃ©ritÃ© du Manuel, dans lâ€™Ã¢pretÃ© du Hagakure . &lt;em&gt;La mort est l'essence du Bushido &lt;/em&gt;, l'essence de la Voie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La puissance de la libertÃ© est la puissance mÃªme de la dissidence . PlutÃ´t mourir ! Tout le poids de ce monde rÃ©uni sur un point ne peut l'Ã©craser, ni mÃªme l'atteindre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Viva la muerte&lt;/strong&gt; !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-907019089757510996?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/907019089757510996/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=907019089757510996' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/907019089757510996'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/907019089757510996'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/plutot-mourir.html' title='PlutÃ´t mourir .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-zB69PK8h87Q/TwSSwr9c1GI/AAAAAAAABWo/z3UMSi2Dh4M/s72-c/31414_1290906349285_1129043127_30636413_1657039_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-855624532800327146</id><published>2011-12-21T07:21:00.007-08:00</published><updated>2011-12-22T08:26:12.916-08:00</updated><title type='text'>Neutralisation et radicalitÃ© . Lucifer Ã  l'ombre de l'arbre du monde .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-olVNuiqOD7o/TvH7zdyGgSI/AAAAAAAABWE/vWWe5nyajyU/s1600/397500_10150414471316652_573116651_8916856_1786693931_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 293px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5688604665932316962" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-olVNuiqOD7o/TvH7zdyGgSI/AAAAAAAABWE/vWWe5nyajyU/s400/397500_10150414471316652_573116651_8916856_1786693931_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(souvenir de Sade)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous autres hommes modernes, nous lisons beaucoup, beaucoup de suites, d'enroulements, d'averses de mots, de vagues de mots ; et ainsi les mots finissent par couler sur nos cuirasses comme les gouttes de pluie sur la carrosserie des voitures . Nous avons perdu les mots par excÃ¨s, le sens des mots par obÃ©sitÃ© verbale . L'EcclÃ©siaste dit : &lt;em&gt;les mots sont usÃ©s, on ne peut plus les dire &lt;/em&gt;. Je ne doute pas que cela soit un signe particuliÃ¨rement grave, significatif de la difficultÃ© que rencontre un homme ne serait-ce que pour se faire bien comprendre de maniÃ¨re Ã©lÃ©mentaire sur des problÃ¨mes particuliÃ¨rement liÃ©s Ã  l'abÃ®me, obscurs, fascinants, trompeurs . Les Avant-gardes de l'Est ont particuliÃ¨rement mÃ©ditÃ© sur cette usure . L'usure des mots est l'impuissance Ã  la vÃ©ritÃ© . La vÃ©ritÃ©, c'est le discernement appliquÃ© Ã  ma relation Ã  l'Ãªtre, Ã  mon expÃ©rience vitale . L'usure des mots est l'impuissance Ã  Ãªtre pour l'homme, l'Ãªtre qui habite en parole .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'occultation de la vÃ©ritÃ© est une et mÃªme avec le rÃ¨gne du Spectacle et le nihilisme . La communication est monopolisÃ©e par des produits techniques syntones au marchÃ©, au SystÃ¨me . L'illusoire devient principe directeur de la monstration, &lt;em&gt;le vrai un moment du faux .&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La communication est Ã  la fois le passage, la transmission, le pont entre les mortels dans les cycles du temps comme dans les entrelacs de l'espace â€“ et l'auto-position de la communautÃ© humaine, de la CitÃ© des hommes . La communication ne cesse de s'obscurcir, selon le modÃ¨le du formatage de plus en plus purement quantitatif d'une communication essentiellement basÃ©e sur l'Ã©change de choses matÃ©rielles et d'argent â€“ modÃ¨le, au sens d'analoguÃ© premier et principal de la communication gÃ©nÃ©rale . L'information est Ã©changÃ©e comme un bien, en vue d'un gain matÃ©riel ou symbolique . Il y a un marchÃ© de l'information, mÃªme gratuite . Le modÃ¨le Ã©conomique, le modÃ¨le de l'argent prend le dessus sur le modÃ¨le de la langue ; et les maÃ®tres du langage ne sont plus rien face aux banquiers . Ce changement hiÃ©rarchique produit de l'amertume chez les maÃ®tres du langage ; mais cette amertume est triste et pitoyable faiblesse de demi-maÃ®tres . L'amertume doit rester l'Ã©trangÃ¨re au maÃ®tres, mÃªme face Ã  la mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Infiniment plus grave est le monde humain produit par la fin de la culture et de la langue comme forme gÃ©nÃ©rale de la CitÃ© â€“ que ce soit la Parole de Dieu dans les sociÃ©tÃ©s prophÃ©tiques, ou la paroles des hommes depuis la sophistique, dans la DÃ©mocratie athÃ©nienne, ou la parole divine rÃ©percutÃ©e par l'Empereur dans les Empires . En effet, la sociÃ©tÃ© post-culturelle est aussi la sociÃ©tÃ© post-humaine : l'Ãªtre humain n'y est plus reconnu, ni comme puissance d'universalitÃ©, ni comme Ãªtre parlant, ni comme puissance d'androgynie et de grÃ¢ce . Voyez : il n'est plus de problÃ¨mes lÃ©gitimes que locaux, dÃ©politisÃ©s, liÃ©s Ã  la gouvernance rÃ©gionale de problÃ¨mes homologues parlÃ©s par une idÃ©ologie unique qui n'est jamais ne serait-ce qu'interrogÃ©e, une idÃ©ologie unique qui prÃ©tend Ã  la transparence du rÃ©el comme dans les pires caricatures ethnologiques des idÃ©ologies des hommes premiers . Voyez : il n'est plus d'Ãªtre humains, mais des genres, qui n'ont guÃ¨re d'autres enjeux que le partage des richesses matÃ©rielles, et des transgenres, sans que cela vienne Ã  l'esprit d'aucun journaliste que dÃ©finir l'homme par sa classe sexuelle est d'une pitoyable pauvretÃ©, encore plus vide que la dÃ©finition par la classe sociale ou la race . L'universalitÃ© est niÃ©e par le localisme comme par le Genre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a plus de problÃ¨mes politiques, diluÃ©s dans le traitement local des problÃ¨mes par des bureaucraties tentaculaires ; et il n'y a plus d'hommes, fragmentÃ©s en genres hostiles et concurrents . La fin de l'histoire est en route dans la gouvernance, quand bien mÃªme l'abÃ®me s'ouvre sous les pieds du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais Ã©tudier l'idÃ©ologie vÃ©hiculÃ©e par les Gender Studies, car elle est une manifestation caractÃ©ristique de l'oubli moderne du processus gÃ©nÃ©ral du totalitarisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tous ces fragments, la seule unitÃ© est l'unitÃ© du marchÃ©, la seule mesure l'unitÃ© monÃ©taire et statistique . L'Empire moderne est celui non de la Loi, mais de l'argent et de la mesure . Le Genre est parfaitement conforme Ã  ce monde, et ne mÃ©rite rien d'autre que la destruction, comme pire formation idÃ©ologique produite depuis le racisme biologique . Mais comme le racisme biologique est longtemps apparu comme une idÃ©ologie moderne, Ã©mancipatrice du clÃ©ricalisme obscurantiste, un savoir scientifique, objet de trÃ¨s nombreux programmes de recherches universitaires, enseignÃ©s dans la presse et les Ã©cole de la RÃ©publique coloniale comme en Allemagne et dans les pays Anglo-Saxons, le Genre est en train de s'installer comme une idÃ©ologie d'Ã©mancipation avec des caractÃ¨res trÃ¨s analogues .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lÃ©gitimitÃ© de la science et de l'universitÃ© moderne seraient puissamment remises en cause par des Ã©tudes approfondies d'histoire des sciences, car les sciences humaines biologiques ont Ã©tÃ© un des creusets de l'idÃ©ologie nazie . Il est un rÃ©visionnisme portant sur cette histoire, quand on prÃ©sente les Ã©tudes de Genre comme des pratiques Ã©videmment progressistes, modernes et Ã©mancipatrices, alors mÃªme que les idÃ©ologues officiels du Genre ont pour la plupart ralliÃ© les franges les plus radicales du Parti RÃ©publicain au Ã‰tats Unis, et Å“uvrent dans des universitÃ©s financÃ©es par des organisations patronales, qui reprÃ©sentent les intÃ©rÃªts de l'oligarchie . Comme le racisme biologique, la logique des Genres est celle de la fragmentation infinie du corps de la communautÃ© humaine . Arendt comme Aron ont notÃ© comme principale caractÃ©ristique du processus totalitaire l'atomisation des hommes, la production des individus isolÃ©s, donc impuissants â€“ c'est aujourd'hui la logique du SystÃ¨me . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les arguments des Ã©tudes de Genre sont tout Ã  fait conformes Ã  l'idÃ©ologie antisÃ©mite . Ainsi, dans certaines villes allemandes, aux XIXÃ¨me et au XXÃ¨me siÃ¨cle, le pourcentage de mÃ©decins juifs sur le total des mÃ©decins dÃ©passait 40% ; or la population juive, par exemple, reprÃ©sentait 10% de la population totale ; il s'ensuit que des quotas de juifs sur les Ã©tudes mÃ©dicales semblait justifiÃ© . A partir d'une situation mesurÃ©e statistiquement, il Ã©tait posÃ© deux pseudos constats : tout d'abord, que la situation Ã©tait injuste â€“ or la spÃ©cialisation ethnique sur des mÃ©tiers relÃ¨ve d'une socialisation et d'une tradition familiale, qui est profitable Ã  la communautÃ©, en rÃ¨gle gÃ©nÃ©rale â€“ et ensuite, qu'il appartient Ã  l'Ã‰tat de trouver par la force, par la Loi, une disparition de cette injustice agissant sur les indicateurs statistiques utilisÃ©s â€“ c'est Ã  dire que si 10% de mÃ©decins sont juifs Ã  la fin de l'application d'une Â« rÃ©forme Ã©thique Â», ou que 50% des dÃ©putÃ©s sont de sexe fÃ©minin, on considÃ©rera que la justice est Ã©tablie sur terre . Autant dire que l'application de quotas crÃ©e au contraire des situations d'injustice individuelle et d'arbitraire bureaucratique infinis ; que le service mÃ©dical sera moins bon ; et que cette recherche d'Ã©galitÃ© est sans fin . Dit autrement, cette recherche d'Ã©galitÃ© statistique ne peut avoir d'autre consÃ©quence que l'inflation indÃ©finie de la bureaucratie et du rÃ¨glement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cela n'a aucune importance pour les puritains du Genre, ou les racistes ; et cela a servi ses fins vÃ©ritables, qui est un renforcement indÃ©fini de la puissance bureaucratique, cette dÃ©licieuse puissance de faire la pluie et le beau temps pour les vivants, pour les hommes orgueilleux, pour les belles femmes qui ne veulent pas se plier aux rites bureaucratiques, comme pour l'humiliation du misÃ©rable, l'humiliation de l'autochtone incapable de se dÃ©fendre et de se faire valoir comme genre ou comme transgenre . La bureaucratie, ce grand conglomÃ©rat de petits hommes pourvus d'un petit rouage calculateur, d'adorateurs du RÃ¨glement, ces hommes du ProcÃ¨s intentÃ© Ã  toute grandeur . Le procÃ¨s de Joseph K n'est pas terminÃ©, il ne cesse au contraire de se ramifier Ã  l'infini, et nous ne le voyons plus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prenons le cas des professions juridiques . Admettons que 1% de la population d'une ville soient notaires, et que l'on souhaite que pas plus de 1% des nouveaux notaires soient fils de notaires, pour lever cette injustice intolÃ©rable qui fait que les enfants de la bourgeoisie ont plus d'accÃ¨s aux mÃ©tiers d'officiers de justice, trÃ¨s rentables et trÃ¨s fermÃ©s . Il faudrait prendre des mesures trÃ¨s inÃ©galitaires contre les enfants des notaires, leur interdire de choisir le droit, par exemple . De mÃªme, pour les professions commerciales ; il faut saisir les boutiques transmises par hÃ©ritage ; et enfin, pour les Grandes Ã‰coles, il faut obtenir que 99% des Ã©lÃ¨ves ne soient pas enfants d'anciens Ã©lÃ¨ves...le sens gÃ©nÃ©ral de ces position pseudo-Ã©thique est que la reproduction sociale, normale et naturelle, comme la transmission familiale d'un capital matÃ©riel ou culturel est inacceptable, contraire Ã  l'Ã©thique, Ã  la vision du monde du SystÃ¨me . Il s'agit lÃ  encore de manifestations d'une suspicion idÃ©ologique des liens privÃ©s, liens sauvages, car non contrÃ´lÃ©s par le SystÃ¨me . Il est tout Ã  fait Ã©vident que la transmission familiale de la culture et de la tradition crÃ©e des lignages plus ou moins spÃ©cialisÃ©s, et de grandes divergences statistiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule l'Ã©cole rigoureusement Ã©galitaire et enseignant les genres est lÃ©gitime ; et puisque les concours et les Ã©lections laissent apparaÃ®tre des inÃ©galitÃ©s statistiques, ils doivent Ãªtre corrigÃ©s . La solution la plus Â« juste Â» serait que les professions soient tirÃ©es au sort par la Loi, selon de rigoureux quotas statistiques ; l'exemple des boutiques, du capital industriel ou financier montre au contraire que la transmission de la propriÃ©tÃ© n'est pas tant interrogÃ©e que la transmission culturelle, on s'en serait doutÃ© Ã  vrai dire . Au total, la vÃ©ritable question est celle d'une finalitÃ© de monopole de la reproduction sociale assurÃ©e par le monopole de Ã©diction des normes du Vrai, du Bien et du Juste par tous les pseudos comitÃ©s d'Ã©thique fonctionnels de la bureaucratie . Les Ã©coles, alliÃ©es et asservies aux entreprises d'ailleurs, auraient ainsi la puissance d'exercer de maniÃ¨re optimale leur fonction de sÃ©lection et de classement des ressources humaines en fonction du seul critÃ¨re de compÃ©tence, c'est Ã  dire du critÃ¨re de puissance de produire de la Valeur ajoutÃ©e par son travail dans le SystÃ¨me . La logique interne de l'entreprise des Genres aboutit Ã  disqualifier toute transmission extÃ©rieure au SystÃ¨me, et Ã  ses contenus de masse formatÃ©s et Ã©valuables, et Ã  empÃªcher toute formation de liens puissants capables de contrebalancer les bureaucraties de la Â« gouvernance Â» . Bref, les Gender sont un aspect de l'idÃ©ologie de guerre Â« moderniste Â»des bureaucraties du SystÃ¨me, qui sont indiffÃ©remment Â« publiques Â» ou Â« privÃ©es Â» . Et les bureaucraties sont les nouvelles Ã‰glises et les nouvelles Inquisitions, chargÃ©es de rÃ©primer l'infection des hÃ©rÃ©sies, des pensÃ©es et des comportements jugÃ©s non fonctionnels au SystÃ¨me, non conformes Ã  l'idÃ©ologie officielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Genres procÃ¨dent de la mÃªme maniÃ¨re qu'une politique antisÃ©mite d'Ã‰tat comme celle de l'Empire Russe d'avant 1914 : on constate par hypothÃ¨se que 70% des humains de telles professions sont, non pas juifs, mais de sexe mÃ¢le ; et il s'ensuit qu'il faut Ã©tablir des quotas de mÃ¢les dans cette profession . Le remÃ¨de n'est liÃ© Ã  aucune rÃ©flexion sur les sources et la construction du Â« problÃ¨me Â» . Qu'une infinitÃ© de statistiques soient possibles pour montrer des inÃ©galitÃ©s, c'est ce qui est passÃ© sous silence ; que des quotas par sexe ou par origine ethnique soit la nÃ©gation en acte de l'universalitÃ© humaine, c'est encore ce qui est passÃ© sous silence . Enfin, qu'une telle Ã©galitÃ© arithmÃ©tique et statistique soit prÃ©sentÃ©e comme une figure de la Justice, que l'on Ã©carte d'un geste l'injustice manifeste de quotas univoques (sur un critÃ¨re) ne peut signifier qu'une chose : les Genres voient le monde par les lunettes de l'Ã©valuation statistique, quantitative, et construisent le monde par les yeux et les outils du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde des statistiques Ã©tait censÃ© Ãªtre une mesure fiable du monde existant ; mais c'est le monde existant qui dÃ©sormais doit se plier aux statistiques . La mesure quantitative devient l'Ã©nonciateur de la Loi . Les genres, diffusÃ©s par les ambassades des Ã‰tats Unis, par les universitÃ©s nationales, par des manuels Armand Colin en France, par des mastÃ¨res, par des campagnes de promotion ministÃ©rielles, par des lois, sont un avatar des idÃ©ologies bureaucratiques, aprÃ¨s le racisme d'Ã‰tat . Mais nous sommes tellement neutralisÃ©s que mÃªme une Ã©normitÃ©, un monstrueux attentat Ã  l'Ã©galitÃ© naturelle des hommes, comme la dÃ©finition d'un crime de fÃ©minicide â€“ signifiant que la vie d'un humain de sexe mÃ¢le n'est pas la vie d'un humain de sexe fÃ©minin â€“ ne crÃ©e mÃªme pas le plus petit scandale . Cela n'est pas bon, Ã  dire le vrai ; nous baissons les yeux comme baissaient les yeux ceux qui voyaient l'application des lois de Vichy .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je suis las...j'ai l'Ã¢me trop pesante ! Tous ces mots des genres, qui accepte d'en voir le caractÃ¨re rÃ©solument, glacialement monstrueux ? MÃªme la voix d'Elisabeth Badinter, dans &lt;em&gt;la fausse route&lt;/em&gt;, est inaudible, face Ã  l'arrivisme cynique et au fanatisme des idÃ©ologues traducteurs des Genres . Tous ces gens de gauche qui baissent la tÃªte devant tous ces crachats Ã  la face de l'Ã‰galitÃ©, qui rÃ©pÃ¨tent une idÃ©ologie inÃ©galitaire et destructrice financÃ©e et diffusÃ©e par le MEDEF et par l'Ã‰tat, avec la furieuse bÃªtise des imbÃ©ciles, quelle sanie, quelle nausÃ©e â€“ et cette absence de recul . C'est un spectacle vÃ©ritablement horrible Ã  voir . Mais qui le voit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Les mots sont usÃ©s, on ne peut plus les dire &lt;/em&gt;. Les mots s'accumulent, provoquant la grande censure par le bruit . La blague ancienne, disant que la dictature c'est ferme ta gueule, et la dÃ©mocratie cause toujours, est profondÃ©ment rÃ©aliste . Tous veulent parler, tous veulent courir Ã  dire, tout en n'ayant presque jamais rien Ã  dire . Tous ont dÃ©sappris Ã  Ã©couter plus de cinq minutes, tous ont dÃ©sappris la loyautÃ©, la tÃ©nacitÃ©, la force, le fanatisme . Alors tous mettent mÃ©caniquement de la musique vue et revue, des images vues et revues, des mots usÃ©s jusqu'Ã  la corde . Tous â€“ je n'en suis pas absent, vu ? Et ceux qui veulent des Ã©motions fortes, des informations de valeur dans le monde de la neutralisation, diffusent des mensonges, des lÃ©gendes urbaines, du complot Ã  la pelle, du rÃ©visionnisme, bref, n'importe quoi pour sortir de ce monde Ã©touffant qui ne cesse d'empiler des signes qui perdent progressivement toute signification par saturation, comme si on cherchait Ã  combler de boues la mer de la signification .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'accumulation quantitative des signes, la valeur de l'Avant-garde se mÃªle Ã  tout ce qui est provocation, donnant des Ã©motions, offrant de l'inconnu, du nouveau pour des hommes de plus en plus blasÃ©s, ayant vu les plus grands dÃ©lires, des images atroces de morts et de lynchages, des images pornographiques selon une logique inflationniste de la surenchÃ¨re vers le choquant, l'obscÃ¨ne, le scatologique, le blasphÃ©matoire . Tant et si bien que le trash peut se prÃ©senter comme Avant garde, et que le fait de dÃ©fÃ©quer sur scÃ¨ne, ou de se moquer des morts, devient expressivitÃ© de l'artiste pour les faussaires de l'art, comparables aux faussaires de l'action politique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans ces marÃ©cages que les mots, et la vie mÃªme, deviennent des jouets, des hochets de pontifes universitaires fumeux, qui alignent les pensÃ©es les plus corrosives comme des requins dans des tableau de chasse sous-marine . LautrÃ©amont et Sade, Nietzsche, Marx, Tiqqun, le ComitÃ© invisible, Mein Kampf, les traitÃ©s de sorcellerie, Aleisteir Crowley, l'Ã©popÃ©e Punk, Guy Debord...et les Vampires, les serials killers, Ted Bundy, les Å“uvres immondes de Schaefer, comme des requins alignÃ©s, pendus par la queue ; des lectures comme de la cocaÃ¯ne ou comme des amphÃ©s, sur le mode de &lt;em&gt;la part d'ombre &lt;/em&gt;de James Ellroy, des excitants pour sortir de l'ennui et de l'usure des mots .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, j'en tÃ©moigne, c'est aspirÃ©s par le vide que nous avons cherchÃ© le sang et la chair vivante des mots de folie et de fureur, quitte Ã  rendre un culte Ã  un assassin plutÃ´t que de mourir de la folie blanche de l'autodestruction dans les filets du SystÃ¨me . Le SystÃ¨me est pour nous l'Ã©quivalent de l'Enfer ; et ce que nous Ã©prouvons pour lui, du fond du cÅ“ur, est de la haine, de la rage . Nous voulons le dÃ©truire sans rÃ©mission . Nous sommes des loups . Une vie humaine mesurÃ©e par l'argent est la vie d'un chien, et le loup attachÃ© Ã  une laisse aspire Ã  la mort . Il devient fou, mauvais, cruel . Nous nous sommes compris avant de perdre la raison . Nous avons abandonnÃ© volontairement, consciemment, la raison du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons finalement compris le sens du processus du Nihilisme europÃ©en : il rÃ©vÃ¨le que &lt;em&gt;tout ce qui existe mÃ©rite d'Ãªtre dÃ©truit&lt;/em&gt;, par cela mÃªme qu'il est nÃ© â€“ Mani proclame que la naissance est une malÃ©diction . Telle est la Gnose dans l'Empire Romain, cette rÃ©putation d'ennemi de l'homme des gnostiques, adorateurs du Serpent . Telle est aussi le secret de notre Gnose appliquÃ©e aux productions du SystÃ¨me, Ã  ses lotissements, ses supermarchÃ©s, ses prisons intÃ©rieures, extÃ©rieures, explicites ou implicites toutes Ã©quivalentes, son spectacle . Oui, tout ce qui existe mÃ©rite d'Ãªtre dÃ©truit, mÃªme si tout ce qui existe est bon et beau . Mais nous, nous avons l'intention ferme de connaÃ®tre la fÃ©licitÃ© de l'enfer . Nous sommes le souffle de MÃ©phistophÃ©lÃ¨s :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je suis l'esprit qui toujours nie ; et c'est justice, car tout ce qui existe est digne d'Ãªtre dÃ©truit ; il serait donc mieux que rien n'existÃ¢t . Ainsi, tout ce que vous nommez pÃ©chÃ©, destruction, bref, ce qu'on entend par mal, voilÃ  mon Ã©lÃ©ment &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les blooms usÃ©s, blasÃ©s par le flot monochrome des mots dans le Spectacle, accumulent les signes de provocation pour entendre enfin une voix humaine, ne serait-ce qu'une fois dans leur vie misÃ©rable en fait, et toujours construite comme une puissante grandeur, le rÃ¨gne de l'homme souverain du SystÃ¨me, ce vide aux reflets d'or . Ils entendent le vide et le creusent dans l'espoir que des voix d'hommes, des Ã©chos, viennent dÃ©nier cette antique intuition sans cesse refoulÃ©e par les lumiÃ¨res du Spectacle : leur monde est vide, tissÃ© de vide, une vacuitÃ© absolue vouÃ©e Ã  la destruction par la puissance du Temps . Mais l'antique intuition du vide est aussi la terrible fascination de l'abÃ®me ; aussi se tournent-ils vers ce qu'ils refoulent, et tournent autour du vide en brandissant des mots ou des images qui sans cesse le voilent . FascinÃ©s et effrayÃ©s, ils pratiquent des conjurations extatiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre plus grande cruautÃ© est de tourner leur regard vers le vide, d'arrÃªter leurs danses, et de pointer l'abÃ®me, de le rendre dÃ©sirable comme une femme, comme le somptueux corps nu d'une femme sorciÃ¨re, puissante . Notre plus grande cruautÃ© est de dÃ©voiler la chair de Kali et ses voluptÃ©s sombres . Le dÃ©sir s'abÃ®me vers l'abÃ®me â€“ et le choc donnera en retour la puissance du chaos et de la destruction qui peut faire refleurir des printemps . L'abÃ®me et le nÃ©ant sont les derniÃ¨res puissances d'Ã©vocation dans l'Ã¨re du nihilisme : Satan est la derniÃ¨re figure du Dieu puissant, armÃ© du glaive de la destruction .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce contact de la grÃ¢ce par la morsure du vide, ce retournement par la panique et le vertige des tÃ©nÃ¨bres, par l'aspiration de la dÃ©mence solaire, le bloom s'en protÃ¨ge une derniÃ¨re fois â€“ non par l'idÃ©ologie usÃ©e jusqu'Ã  la corde, mais par la fiction et le rire . Ainsi un sectateur des Gender Studies peut aussi se rÃ©clamer de Sade, quand bien mÃªme une puissante antinomie sÃ©pare Sade comme philosophe du puritanisme matriarcal dÃ©formÃ© par la nÃ©vrose des Gender . Comment est-ce possible, ce mÃ©lange dÃ©sordonnÃ© de la production symbolique moderne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les hommes blasÃ©s par les mots, chaque auteur, chaque philosophe est une sorte d'artiste faisant une composition de mots, mots dressÃ©s dans l'espace vide comme ces requins dÃ©jÃ  montrÃ©s pendus par la queue, neutralisÃ©s, morts, exhibÃ©s comme des emblÃ¨mes incompris par leur extraction de la mer, par leur isolement de leur milieu de vie, par leur Ã©clairement mÃªme . Aussi peut-on goÃ»ter sans danger tout penseur comme crÃ©ateur d'univers fantasmatiques, puisque complÃ¨tement dÃ©gagÃ© de tout lien aux mondes, comme on peut promener ses mains sur les dents des requins ensanglantÃ©s, aux yeux vides . La pensÃ©e est alors un catalogue de fictions, tout comme des romans, la forme la plus neutralisÃ©e de la littÃ©rature . Sade est l'expression de l'anomie du dÃ©sir, le dÃ©sir en action dans sa libre perversitÃ© polymorphe ; et rien de plus . En fait, Sade est conÃ§u comme le concepteur d'un jeu vidÃ©o, un monde d'Ã©motions dÃ©gagÃ© de la vie rÃ©elle . Sade est rÃ©ellement drÃ´le, du rire satanique qui se rÃ©jouit du mal et qui se rit de la moraline clÃ©ricale ; mais leur rire de bloom est celui de la mise Ã  distance de la gravitÃ© de Sade, de cet homme qui a passÃ© tant d'annÃ©es en prison .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que trop de lecteurs modernes qui prÃ©tendent aimer Sade oublient â€“ ne peuvent intÃ©grer Ã  leur pensÃ©e . Sade ne riait pas, ne jouait pas, pas comme ils espÃ¨rent l'entendre . Sade Ã©tait un philosophe sÃ©rieux, il croyait en Dieu et Ã©tait du parti du Diable . Il se voulait mÃ©chant, cruel . Certes, il l'Ã©tait moins qu'il ne l'aurait voulu . Mais il ne riait pas de ses paroles de dÃ©fi . Il ne se dÃ©fendait pas d'Ãªtre cruel, il ne se voulait pas d'avant garde . Il Ã©tait de la race de CaÃ¯n, il multipliait les malÃ©dictions et les blasphÃ¨mes comme des dÃ©fis au CrÃ©ateur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se savait concurrent de Voltaire et diffÃ©rent de lui . Il ne se voulait pas des LumiÃ¨res, et ne croyait pas au progrÃ¨s de la morale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel homme moderne peut comprendre Sade sans le mettre Ã  distance par les mots d'Avant-garde ou d'humour ? Mais Sade ignore et l'Avant-garde, et l'humour . Sade est Ã  prendre nu, Ã  dÃ©vorer cru, avec le souffle, le foutre et le sang . Qui s'avance pour en dire la vÃ©ritÃ© de minuit ? Sade ne fait pas rire, il ne fait pas rire l'homme qui l'Ã©coute, hiÃ©ratique, avec un loup noir dans un fauteuil d'or .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime le rire, et je ris . Quand je dis que Sade ne rit pas, qu'il est sÃ©rieux, je ne dit que cela : ses paroles relÃ¨vent manifestement d'une pratique, et tout homme qui pense avec sÃ©rieux doit, comme LautrÃ©amont, sentir ses cheveux qui se dressent sur la tÃªte, et sentir une sueur de mort lui couler le long du dos . Le lecteur qui ne se demande pas ce qu'il ferait, ce qu'il ressentirait, en torturant comme Sade, met Ã  distance, participe de toutes les neutralisations du monde moderne . Le monde moderne est un champ de boue, une glu qui colle et alourdit les ailes des mots, qui ferme Ã  toute comprÃ©hension du texte comme sÃ¨ve, sang, souffle, vie . Et s'il sait cela...Oui, il a le droit de rire, s'il sait cela .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx, Nietzsche, ou encore Sade, tous ces hommes Ã©crivaient avec le plus grand sÃ©rieux, mÃªme s'ils riaient â€“ et il n'est pas certain que tous riaient . La pensÃ©e est sÃ©rieuse qui engage la vie . Marx n'Ã©crivait pas pour Ãªtre commentÃ© avec forfanterie par un psychotique, prÃ©tendant dire mieux que lui ce qu'il voulait dire, enfermÃ© dans l'Ã‰cole Normale SupÃ©rieure, enseignant Ã  des enfants bourgeois ignorants de la vie . Nietzsche n'a jamais Ã©crit, le pauvre, pour Ãªtre enseignÃ© au troisiÃ¨me Ã¢ge dans une universitÃ© populaire . Dante n'a jamais Ã©crit pour Ãªtre commentÃ© par un homme mÃªlant pseudo-situationnisme enfermÃ© dans les mÃ©andres sommaires d'un lacanisme de parade, et idÃ©ologie positiviste â€“ progressiste, nommÃ© Mehdi Beladj Kacem, qui ignore profondÃ©ment et mÃ©prise la mystique que Dante place au sommet de l'indicible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le salut de la pensÃ©e passe par la rigueur, et non par la compassion . La pensÃ©e doit Ãªtre pratique expÃ©rimentale, et non pas l'enflure de paroles verbales, non pas des jouets, pas des fictions . Les mots sont les mots . Notre temps n'est pas le temps des danses de printemps, il le temps des brasiers de l'hiver, de la Faux qui sÃ©pare le grain et l'Ã©pi, et du flÃ©au qui s'abat sur l'aire, pour sÃ©parer le grain du son et de la balle . Faux, FlÃ©aux, temps du recours au forÃªts et des charbonniers noircis veillant sur les braises des Ã©ruptions et des enfers .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux:&lt;br /&gt;un temps pour naÃ®tre, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a Ã©tÃ© plantÃ©;&lt;br /&gt;un temps pour tuer, et un temps pour guÃ©rir; un temps pour abattre, et un temps pour bÃ¢tir;&lt;br /&gt;un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;&lt;br /&gt;un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres; un temps pour embrasser, et un temps pour s'Ã©loigner des embrassements&lt;br /&gt;un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter;&lt;br /&gt;un temps pour dÃ©chirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;&lt;br /&gt;un temps pour aimer, et un temps pour haÃ¯r; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;EcclÃ©siaste&lt;/em&gt; 3, 1-8&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Telle est la race des feuilles, telle est la race des hommes &lt;/em&gt;. Autant pour tout homme chaque jour apporte ses peines et ses rires, le prÃ©sent cycle du monde est celui du rÃ¨gne de la Mort . Il est pour le mortel de nombreux dÃ©lices Ã  vivre Ã  l'Ã¢ge de fer â€“ mais ce temps est le temps des arrachements, des larmes, et des pierres . Les hommes se sont perdus, et les mots nouveaux doivent tomber comme des pierres â€“ c'est un cycle de guerre . Les livres nouveaux doivent Ãªtre des &lt;em&gt;manuels&lt;/em&gt;, des &lt;em&gt;pensÃ©es pour soi-mÃªme&lt;/em&gt;, des &lt;em&gt;Hagakure&lt;/em&gt; - des mots Ã©crits pour la main autant que pour la bouche, des mots qui soient des actes, des dÃ©cisions, des invocations avant d'Ãªtre des poÃ¨mes qui chantent le crÃ©puscule . A diminuer l'impossible exigence, on rend l'exigence impossible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous devons des mots tranchants, des Ã©pÃ©es dans la bouche . Quand on est en prison, comme les sept jeunes gens dans la caverne d'Ã‰phÃ¨se, on existe de trois maniÃ¨res : quand on creuse vers l'air libre, quand on respire un filet d'air, un vol d'oiseau, un rayon de lune ; quand on crÃ©e un lien loyal . Et le reste est divertissement de l'enfermement . Un tel divertissement est humain, mais justement nous revendiquons une certaine inhumanitÃ© . &lt;em&gt;J'ose Ã©crire cela de ma plume qui tremble&lt;/em&gt;...comme LautrÃ©amont, qui &lt;em&gt;s'est jetÃ© rÃ©solument dans la carriÃ¨re du mal&lt;/em&gt; . Kourouma chante Koyaga : Â«&lt;em&gt; (...)je deviendrais cruel, sans humanitÃ© ni concession quelconque . Termine Koyaga &lt;/em&gt;. Â» Sans humanitÃ© ni concession quelconque . Telle est la radicalitÃ© de l'homme de l'exil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le psaume est terriblement sÃ©rieux qui dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sur les rives des fleuves de Babylone, lÃ  nous nous assÃ®mes, et nous pleurÃ¢mes au souvenir de Sion. Aux saules qui les bordent, nous suspendÃ®mes nos harpes; car lÃ  nos maÃ®tres nous demandaient des hymnes, nos oppresseurs des chants de joie. "Chantez-nous [disaient-ils],un des cantiques de Sion!" Comment chanterions-nous lâ€™hymne de l'Ã‰ternel en terre Ã©trangÃ¨re? Si je tâ€™oublie jamais, JÃ©rusalem, que ma droite me refuse son service! Que ma langue sâ€™attache Ã  mon palais, si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place JÃ©rusalem au sommet de toutes mes joies! Souviens-toi, Seigneur, pour la perte des fils dâ€™Edom, du jour [fatal] de JÃ©rusalem, oÃ¹ ils disaient: "DÃ©molissez-la, dÃ©molissez-la, jusquâ€™en ses fondements!" Fille de Babel, vouÃ©e Ã  la ruine, heureux qui te rendra le mal que tu nous as fait! Heureux qui saisira tes petits et les brisera contre le rocher&lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;VoilÃ  ce que nous pensons chaque jour du SystÃ¨me et des pensÃ©es issues du SystÃ¨me : heureux qui les brisera sur le rocher de l'intransigeance ! &lt;em&gt;Nos maÃ®tres nous demandaient des hymnes, nos oppresseurs des chants de joie&lt;/em&gt;...je ne peux admettre de penser l'art en dehors des cycles de l'histoire . En vÃ©ritÃ© l'art est prophÃ©tie, exigence de vÃ©ritÃ© et de justice . L'art est par essence lutte contre le rÃ¨gne de l'or, contre l'asservissement du monde Ã  l'or . Ce monde doit Ãªtre dÃ©truit â€“ et tant qu'il rÃ¨gne avec sa totale insolence â€“ nos paroles sont celles de Lucifer : &lt;em&gt;le mal, la destruction, voilÃ  mon Ã©lÃ©ment &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bÃ©nÃ©diction de Dieu soit sur le Sauroctone .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-855624532800327146?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/855624532800327146/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=855624532800327146' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/855624532800327146'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/855624532800327146'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/12/neutralisation-et-radicalite-lucifer.html' title='Neutralisation et radicalitÃ© . Lucifer Ã  l&apos;ombre de l&apos;arbre du monde .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-olVNuiqOD7o/TvH7zdyGgSI/AAAAAAAABWE/vWWe5nyajyU/s72-c/397500_10150414471316652_573116651_8916856_1786693931_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-8532378931291055225</id><published>2011-12-14T09:15:00.006-08:00</published><updated>2011-12-15T00:59:30.970-08:00</updated><title type='text'>Pain et vin . La vÃ©ritÃ© comme faim et comme soif .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-e1piH9RlsRM/Tuje3p3X8tI/AAAAAAAABVs/47BQx0OGLIA/s1600/ALBREC%257E1.JPG"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5686039577267532498" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-e1piH9RlsRM/Tuje3p3X8tI/AAAAAAAABVs/47BQx0OGLIA/s400/ALBREC%257E1.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(DÃ¼rer, essais de fleurs)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;A HÃ¶lderlin, frÃ¨re du pain et du vin Ã  la table des dieux&lt;/span&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un grand mal qui doit Ãªtre mieux connu du penseur, et qui est le reniement de son cÅ“ur â€“ du cÅ“ur de l'Ãªtre, celui qui est Ã  droite du corps - au nom de la raison, de la soi-disant raison, qui n'est que le nom de l'idÃ©ologie . Le vivant a besoin de vivre, et de vivre de la vÃ©ritÃ© ; il a besoin du souffle des Ã©toiles comme ses poumons ont besoin des souffles d'air . Mais la vÃ©ritÃ© ne se trouve pas dans les articulations les plus fines des systÃ¨mes sÃ©mantiques . Les systÃ¨mes sÃ©mantiques sont des voies, des forÃªts Ã©perdues oÃ¹ il n'est pas de maisons de forÃªt, si ce n'est dans l'illusion des contes des hommes . Il est bon de les parcourir, et mauvais de s'enfermer dans les ronces passÃ©es en barbelÃ©s d'un systÃ¨me de mots . Les mots sont les mots .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est hors de la portÃ©e de l'homme de clore le langage, de fermer les chemins de forÃªt ou les portes du ciel . Blake Ã©crit : car l'homme s'est enfermÃ© en lui-mÃªme et voit le monde par les Ã©troites fissures de sa caverne . Il peut sembler Ã  l'Ã©lÃ¨ve, qui Ã©coute les paroles d'un MaÃ®tre, qu'il ne puisse aller au delÃ  de la sphÃ¨re de ses paroles, image de la Splendeur de la voÃ»te cÃ©leste . Mais celui qui n'ose pas dÃ©passer son MaÃ®tre est un timorÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors les paroles du MaÃ®tre ne sont plus ce qu'elles doivent Ãªtre, des Ã©tincelles jetÃ©es dans l'obscuritÃ© sur le chemin de la vie, qui permette de le dÃ©passer . Car l'homme n'est autre que le dÃ©passement de soi-mÃªme, et le MaÃ®tre sait qu'il sera dÃ©passÃ© s'il est digne d'Ãªtre un maÃ®tre authentique . Dans le livre III du &lt;em&gt;Metalogicon&lt;/em&gt;, Jean de Salisbury fait dire Ã  son maÃ®tre Bernard de Chartres : &lt;em&gt;Nous sommes des nains assis sur des Ã©paules de gÃ©ants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines quâ€™eux, ce nâ€™est pas Ã  cause de la perspicacitÃ© de notre vue, ni de notre grandeur, câ€™est parce que nous sommes Ã©levÃ©s par eux&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le MaÃ®tre doit Ã©lever, et ainsi porter au dessus de lui ; car ce qui le porte n'est pas l'amour de la puissance, mais l'ardent dÃ©sir du Haut tant dÃ©sirÃ© ; et ainsi, si celui qu'il a portÃ© contre son cÅ“ur est au dessus de lui, il en ressent une grande joie â€“ si, comme Jean le Baptiste le dit de JÃ©sus : &lt;em&gt;il faut qu'il grandisse et que je diminue (â€¦) je ne suis pas digne de dÃ©nouer la laniÃ¨re de sa sandale . (â€¦) voici ma joie, elle est parfaite&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas de grandeur plus haute, pour l'homme terrestre, que de savoir devenir nu, renonÃ§ant, petit . L'homme qui marche vers l'Un est en compagnie d'un jumeau, est une syzygie de l'homme mort et de l'homme de lumiÃ¨re . Une trÃ¨s ancienne parole dit : &lt;em&gt;pas de sÃ©rie pour le nombre un . La nÃ©cessitÃ© unique, le trÃ©pas, pÃ¨re de la douleur â€“ rien de moins, rien de plus &lt;/em&gt;. Il n'est d'autre issue pour un Ãªtre qui a atteint son plus haut degrÃ© que de disparaÃ®tre, de connaÃ®tre l'extinction . C'est bien la boisson la plus amÃ¨re, et la plus grande, de se savoir et se dire serviteur . Qu'un homme Ã©levÃ© comme Ibn Arabi se soit voulu serviteur, ou agneau de Dieu, est un signe de la vÃ©ritÃ© de ces paroles . Dante n'a pas eu de lieu pour poser ses livres et sa vie . L'homme le plus Ã©tabli est pour le Ciel un nomade - et celui qui le sait chante l'Ã©ternitÃ© de la fleur Ã©phÃ©mÃ¨re .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le serviteur du Verbe ne peut clore les spirales indÃ©finies du verbe, ce que tout systÃ¨me, tout jugement se propose de faire sans cesse, comme une onde qui repart Ã  l'assaut dans le dÃ©roulement de ses spires, en vain . Le verbe est un chemin indÃ©fini â€“ il est ce souffle qui passe entre les lÃ¨vres des hommes : &lt;em&gt;le vent souffle oÃ¹ il veut, et tu entends sa voix â€“ mais tu ne sais d'oÃ¹ il vient ni oÃ¹ il va &lt;/em&gt;. Aussi le MaÃ®tre a t-il ajoutÃ© : &lt;em&gt;ne jugez pas, et vous ne serez pas jugÃ©s &lt;/em&gt;. Il n'est rien de plus Ã©tranger Ã  l'homme spirituel que le systÃ¨me philosophique . Rien n'est plus illusoire que la puissance des vÃ©ritÃ©s, des thÃ©ories . Woland dÃ©clare justement Ã  ce sujet, dans &lt;em&gt;le MaÃ®tre et Marguerite&lt;/em&gt;, en parlant Ã  la tÃªte coupÃ©e d'un homme mort :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce sont des faits . Et les faits sont la chose la plus obstinÃ©e du monde . Mais ce qui nous intÃ©resse maintenant, c'est ce qui va suivre, et non les faits dÃ©jÃ  accomplis . Vous avez toujours Ã©tÃ© un ardent dÃ©fenseur de la thÃ©orie selon laquelle lorsqu'on coupe la tÃªte d'un homme, sa vie s'arrÃªte, lui mÃªme se transforme en cendres et s'Ã©vanouit dans le non Ãªtre . Il m'est agrÃ©able de vous informer, en prÃ©sence de mes invitÃ©s, et bien que leur prÃ©sence mÃªme soit la dÃ©monstration d'une tout autre thÃ©orie, que votre thÃ©orie Ã  vous ne manque ni de rigueur ni d'ingÃ©niositÃ© . D'ailleurs, toutes les thÃ©ories se valent . Il en est une, par exemple, selon laquelle il sera donnÃ© Ã  chacun selon sa foi . Ainsi soit-il ! Vous vous Ã©vanouissez dans le non-Ãªtre, et moi, dans la coupe en laquelle vous allez vous transformer, je suis heureux de boire Ã  l'Ãªtre &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;D'ailleurs, toutes les thÃ©ories se valent &lt;/em&gt;. VoilÃ  exactement ce que Ibn Arabi aurait pu dire de la philosophie : elles se valent pour ceux qui y croient, Ã©tant des puissances dÃ©terminÃ©es de vertu, et des puissances indÃ©terminÃ©es d'enfermement, comme l'Ãªtre est tissÃ© d'indÃ©termination, c'est Ã  dire d'infini . Les thÃ©ories, les systÃ¨mes, ferment l'accÃ¨s Ã  l'infini reflÃ©tÃ© par le verbe comme le bleu de la mer est le reflet de l'azur du ciel . La voix est l'aile qui porte les mondes en suspens dans l'air . C'est la voix qui porte, le verbe qui emporte, et non les idÃ©es encloses sur elles-mÃªme, et qui ne portent pas de fleur ni de fruit . Et les vagues de sa voix me bercent et m'entrainent sur le rayon de lune, comme les alizÃ©s autrefois sur la mer berÃ§aient le vaisseau fantÃ´me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les paroles que je prononce sont des paroles de science, de saveur de la vie : de gnose . La gnose n'est pas un systÃ¨me, ni une possession, mais un rÃ©cit, une symbolisation de souffles, de crÃ©puscules, de vies humaines indÃ©finies . Depuis trÃ¨s longtemps les maÃ®tres de parole, qui ne sont ni les poÃ¨tes ni les hommes du souffle et du serpent, veulent la puissance des mots comme possession ; ainsi sont nÃ©es la sophistique, la logique, et les sciences locales au sens moderne, des mots de puissance et de possession, avant devenir Ã  nouveau dÃ©privÃ©es de mots, des domaines techniques â€“ des domaines d'appropriation de l'inanimÃ© oÃ¹ l'inanimÃ© s'approprie l'animÃ©... Les maÃ®tres de parole veulent dire non l'Ãªtre, par le poÃ¨me, mais les Ã©tants, saisir leurs essences pour les classer, les dÃ©terminer, les partager, les ranger dans des boÃ®tes . Il est possible de le comprendre par le double sens du mot &lt;em&gt;essence &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence du sage extatique est le noble acte d'Ãªtre, cette puissance imprÃ©vue de l'aurore dÃ©ployant de la dissolution de la nuit les Ã©clatantes couleurs et les mystÃ¨res du monde ; et le langage, tel Adam nommant les animaux, est le frÃ¨re du souffle de Dieu donnant la vie et dÃ©ployant la lumiÃ¨re et les tÃ©nÃ¨bres de son Verbe, pour crÃ©er cette splendeur devant laquelle Dieu lui-mÃªme s'extasie d'une auto-extase, d'une fÃ©licitÃ© dont l'Ãªtre pliÃ© de la conscience d'Adam est l'image . Ainsi le poÃ¨te ordonne et dÃ©voile la Splendeur Ã  l'image de Dieu, et ainsi le poÃ¨te, le barde est l'enchanteur, et le double occultÃ© du Roi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le poÃ¨te sait aussi que tout le spectacle somptueux du monde, toute sa gloire, son essence, est vent et poursuite du vent, aussi bien vacuitÃ© que souffle, vide et or du monde rÃ©sumÃ©s dans le cÅ“ur de l'Un . L'essence du manifestÃ© comme manifestÃ© est le souffle, le passager â€“ ainsi l'ego de l'homme est la flamme fragile d'une bougie au vent, quant tes mains jointes en cercle ne la protÃ¨gent pas de son nid de chair et de peau . Ruteboeuf dit : &lt;em&gt;Ce sont amis que vent emporte â€“ et il ventait devant ma porte â€“ les emporta &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence du manifestÃ© comme manifestÃ© est identitÃ©, et l'identitÃ© est vide et tournoyante ; et l'essence du manifestÃ© comme non-manifestÃ© est l'Ã©ternitÃ© invisible de la puissance, le centre immobile et sans dimension de la roue des mondes . Comme les mondes et les Ã©toiles, le sage est un Ãªtre tournoyant . Blake note : &lt;em&gt;The man who never alters his opinion is like standing water, and breed reptiles of the mind . L'homme qui ne change jamais d'opinion est comme une eau stagnante, qui gÃ©nÃ¨re les reptiles de l'esprit &lt;/em&gt;. Le sage est libre vis Ã  vis des thÃ©ories, car les thÃ©ories ne sont lÃ  que pour manifester la Splendeur . &lt;em&gt;Tout ce que nous avons vu n'Ã©tait du qu'Ã  ta mÃ©taphysique . Car lorsque tu as fui, je n'ai plus vu qu'un joueur de harpe sur une rive, au clair de lune &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence de l'Un est l'Ãªtre, l'Ã©ternitÃ©, l'instant infini sans durÃ©e . Le tissu du monde visible est l'infime trÃ¨s prÃ©cieux, insaisissable, le germe de tous les mondes rÃ©sumÃ©s dans l'oeuf de serpent . Dans ce sens le parfumeur saisit l'essence de la Rose pour la dÃ©poser dans ses parfums prÃ©cieux, qui sont des microcosmes de jardins .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence dans le langage du maÃ®tre de parole est l'essence d'une substance, son Â« identitÃ© Â» nÃ©cessairement attribuÃ©e par une puissance se voulant souveraine, la puissance humaine . Cette essence d'une chose est une saisie dans le langage pour opÃ©rer une dÃ©termination, une nÃ©gation, une appropriation et un contrÃ´le, l'initiale du principe d'identitÃ©, des papiers, des statistiques, des autorisations, des livres de comptes . L'essence de rose du chimiste est une liste de composÃ©s organiques, dont il est possible de faire une rÃ©plication synthÃ©tique dont le prix sera plus compÃ©titif â€“ il n'est pas de profondeur de la saveur, pas de microcosme, juste au fond une odeur lÃ  oÃ¹ d'autres voyaient un monde ; et une liste de signes, de chiffres, de diagrammes â€“ une saisie complÃ¨te en apparence, mais oÃ¹ se perd l'insaisissable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas de revenir indÃ©finiment aux poncifs de l'opposition de l'ingÃ©nieur et du poÃ¨te, mais de comprendre que dans chaque homme se posent ces choix â€“ le puissant dÃ©sir d'appropriation est un voile qui se dÃ©pose sur l'objet dÃ©sirÃ© ; le moteur du dÃ©sir d'appropriation ne peut Ãªtre appropriÃ© . Car l'acte d'attribution d'une essence est une rÃ©duction de l'Ã©tant singulier au cas particulier d'un systÃ¨me de pensÃ©e . L'acte de rÃ©duction Ã  une essence sÃ©mantique fait de l'Ã©tant singulier, un abÃ®me de sens possible, un signe de l'ensemble de tout Ãªtre en puissance un Ã©tant particulier : le cas particulier d'une rÃ¨gle posÃ©e par la volontÃ© de l'homme . L'acte d'attribution d'une essence n'est pas le dÃ©voilement d'une essence prÃ©existante, mais une dÃ©termination, une nÃ©gation, une fermeture, une appropriation : au fond, le prÃ©lude d'un anÃ©antissement . &lt;strong&gt;Le processus d'appropriation et le processus du nihilisme sont un et mÃªme &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui cultive des Iris dans le monde moderne ne peut voir l'Iris avec les yeux de DÃ¼rer, la preuve de l'existence de Dieu . Blake dit Ã  l'ange de la philosophie : &lt;em&gt;Je perds mon temps Ã  converser avec toi dont les Å“uvres se limitent aux analytiques (d'Aristote)&lt;/em&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il importe de voir que les maÃ®tres de parole qui imposent des essences, des identitÃ©s Ã  des choses dÃ©terminÃ©es, veulent avec force que leur monde soit le Vrai Monde, et pas le monde de Turner, un monde sans formes ni limites, donc sans identitÃ©s ; et nombre d'hommes, et mÃªme des penseurs, en viennent Ã  penser que si un conflit nait entre une thÃ©orie Â« scientifique Â» et la perception vÃ©cue immÃ©diate, il faut sacrifier la vie . Dans l'ancienne Ã‰glise catholique, on parlait dÃ©jÃ  de sacrifice de l'intellect, quand des affirmations de l'Ã‰glise semblaient contredire l'Ã©vidence de l'intellect...&lt;strong&gt;Le monde du sacrifice de l'Ã©vidence sensible n'est pas meilleur que le monde du sacrifice de l'intellect &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette problÃ©matique est trÃ¨s ancienne . Je prends l'exemple de ZÃ©non d'ElÃ©e . En vÃ©ritÃ©, si ZÃ©non cherchait Ã  nier le mouvement manifestÃ© par ses paradoxes â€“ ce qui me semble faux, car ZÃ©non ne cherchait qu'Ã  donner tort, au contraire, aux nÃ©gateurs de l'Un â€“ il Ã©tait aisÃ© au philosophe de marcher pour lui prÃ©senter la rÃ©alitÃ© vÃ©cue du mouvement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;VoilÃ  un paradoxe de ZÃ©non :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Car, si lâ€™Ãªtre Ã©tait divisible, supposons-le sectionnÃ© en deux, et ensuite chacune des parties en deux, et que cela se reproduise sans cesse, il est Ã©vident que : ou bien il subsisterait certaines grandeurs ultimes qui seraient minimales et insÃ©cables, mais infinies en nombre ; ou bien il sâ€™Ã©vanouirait et se rÃ©soudrait en ce qui nâ€™est plus rien, et serait constituÃ© de ce qui nâ€™est plus rien ; deux conclusions qui prÃ©cisÃ©ment sont absurdes. Donc il ne sera pas divisÃ©, mais demeurera un. De plus, en effet, puisquâ€™il est semblable en tout point, si on lui attribue la divisibilitÃ© il sera divisible semblablement en tout point, et non pas ici divisible et lÃ  non. Supposons-le donc divisÃ© en tout point : alors il est Ã©vident que rien ne subsistera, quâ€™il sâ€™Ã©vanouira, et que sâ€™il est vrai quâ€™il soit constituÃ©, il sera Ã  nouveau de ce qui nâ€™est rien. Car tant que quelque chose en subsistera, le procÃ¨s de division en tout point ne sera pas encore achevÃ©. En sorte que il est encore manifeste dâ€™aprÃ¨s ce qui prÃ©cÃ¨de que l'ÃŠtre est indivisible, et sans parties, et un&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un commentateur moderne note : &lt;em&gt;De toutes les apories quâ€™un ZÃ©non relevait dans le concept du mouvement, il nâ€™y a pas lieu de conclure que le mouvement nâ€™existe pas mais bien quâ€™il est contradiction en acte &lt;/em&gt;. Contradiction en acte, c'est Ã  dire qu'il est en acte des contradictions logiques, des faits que dans la logique, le principe de non-contradiction dÃ©clare impossibles ; ou encore, entre ce qui ne peut Ãªtre pensÃ© mais qui est, et ce qui peut Ãªtre pensÃ© et qui n'est pas, il n'est pas possible de choisir rationnellement le deuxiÃ¨me - car c'est la mÃªme chose de penser et d'Ãªtre si et seulement si l'Ãªtre est le principe de la pensÃ©e . Le principe de contradiction Ã©nonce : une substance ne peut pas Ãªtre et ne pas Ãªtre en mÃªme temps et sous le mÃªme rapport ; et le mouvement d'une substance montre une substance qui est en un lieu et n'est pas dans un lieu en mÃªme temps et sous le mÃªme rapport . Les paradoxes de ZÃ©non sont d'un homme disciple de ParmÃ©nide : il dÃ©fend l'Ã©ternitÃ© de l'Ãªtre un qui tisse le monde illusoire des apparences mouvantes . L'unicitÃ© de l'Ãªtre, un intangible principe traditionnel que Blake formule ainsi : &lt;em&gt;God only Acts and Is, in existing beings or Men . Dieu seul Agit, Dieu seul Est, dans les choses existantes comme dans les Hommes&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis l'affaire GalilÃ©e, de nombreux hommes ignorants - HÃ©raclite note : &lt;em&gt;L'Ã©tendue des connaissances n'enseigne pas Ã  avoir l'esprit ; sans quoi elle l'aurait enseignÃ© Ã  HÃ©siode et Pythagore, et encore Ã  XÃ©nophane et HÃ©catalos&lt;/em&gt; â€“ ont prÃ©fÃ©rÃ© l'apparence de mots et de thÃ©ories scientifiques Ã  la vie . De ce que la terre semble immobile et le soleil accomplir de larges cercles, et qu'ils soient persuadÃ©s que c'est l'inverse qui est vrai â€“ alors que &lt;strong&gt;dans un univers indÃ©fini, choisir le repÃ¨re soit un acte de souverain, et qu'il n'est aucune obligation pour le souverain d'Ãªtre plus simple, ou le plus simple&lt;/strong&gt;, bien au contraire â€“ ils ont considÃ©rÃ© que toute expÃ©rience vÃ©cue qui se trouvait contredite par une thÃ©orie devait Ãªtre niÃ©e . Ils ont doutÃ© de la vie mÃªme pour sauver leurs rÃ©seaux de mots et de nombres, dont ils sont devenus les valets . AprÃ¨s Laplace, ils ont cru au dÃ©terminisme contre l'Ã©vidence de leurs journÃ©es passÃ©es Ã  faire des choix . Voyez les notes de Claude Bernard, le fameux expÃ©rimentateur qui fut une nouvelle idole de la IIIÃ¨me RÃ©publique : &lt;em&gt;nous nous croyons libres, comme nous croyons que le soleil se lÃ¨ve et se couche&lt;/em&gt;...Ils ont cru au caractÃ¨re illusoire de la vie dÃ©voilÃ© par la science, et ils y croient encore . Ils ont cru Ãªtre la fin de l'existence humaine, et ont cru de maniÃ¨re institutionnelle au racisme, avec le consensus des scientifiques des derniers siÃ¨cles . Voyez Gould, &lt;em&gt;la mal-mesure de l'homme&lt;/em&gt;, si vous en doutez, ou allez dans une bibliothÃ¨que et voyez un Larousse ou une encyclopÃ©die des annÃ©es 1880 Ã  1945, ou une revue anthropologique prise au hasard . Certains croient mÃªme encore la fable plaisante que des millions d'annÃ©es d'Ã©volution humaine ascendante ont conduit jusqu'Ã  eux, et que n'importe quel Ãªtre obÃ¨se, au faciÃ¨s porcin, habituÃ© Ã  toues les trahisons et Ã  tous les mensonges, peut Ãªtre supÃ©rieur au grand Platon, du seul fait qu'il affirme que la Science a donnÃ© tort Ã  Platon, Ã  la tÃ©lÃ©vision, devant un journaliste qui ne sait pas de quoi diable il s'agit, et reste bouche bÃ©e .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas sage de tant s'extasier sur GalilÃ©e sans utiliser la puissance de nÃ©gation et de rÃ©flexion de GalilÃ©e . &lt;strong&gt;Il est indÃ©finiment plus important pour l'homme de se savoir gouverner que de savoir que la terre tourne autour du soleil â€“ , et se savoir gouverner, c'est ce qu'il ne sait toujours pas &lt;/strong&gt;. Il ne faut pas se laisser impressionner par les mots qui Ã©voquent des fantÃ´mes comme la Science â€“ car ce n'est pas l'Ã©difice thÃ©orique qui gouverne l'expÃ©rience, mais l'expÃ©rience qui gouverne l'Ã©difice thÃ©orique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun devrait une fois dans sa vie mÃ©diter la &lt;em&gt;Logique de la dÃ©couverte scientifique &lt;/em&gt;de Popper, qui fut un penseur sincÃ¨re et rigoureux, ce qui d'emblÃ©e le place Ã  part de l'essentiel des philosophes professionnels modernes . Il existe une dissymÃ©trie expÃ©rimentale . Une thÃ©orie ne peut pas, par principe Ãªtre prouvÃ©e . Elle peut Ãªtre, et difficilement, et de maniÃ¨re discutable, testÃ©e . Ce que Popper n'ajoute absolument pas, puisque sa conception de la philosophie est d'abord thÃ©orique, c'est que le grand appareil de la Science n'est pas dÃ©terminant pour une philosophie qui se veut avant tout une philosophie de la vie, du Manuel, des pensÃ©es pour moi-mÃªme . Bien au contraire, &lt;strong&gt;le grand appareil de la Science est une des plus grandes matrices idÃ©ologique de l'idÃ©ologie moderne, un lieu de production d'illusions et de mensonges &lt;/strong&gt;trÃ¨s Ã©loignÃ©s de la libertÃ© d'imagination et de construction tant des mathÃ©maticiens d'Alexandrie, que des scientifiques de l'Ã¢ge classique comme Kepler ou Newton, jamais trÃ¨s Ã©loignÃ©s de Platon, de la gnose ou de la sorcellerie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est grand, c'est de s'opposer aux croyances du peuple quand cela est juste ; et ils sont trÃ¨s loin de s'opposer Ã  de telles croyances, les laquais de la Science . Tout ceux aujourd'hui qui condamnent le racisme oublient que leurs pÃ¨res l'on enseignÃ©, ou appris sur les bancs de l'Ã©cole . Tous ceux aujourd'hui qui sont Â« Ã  gauche Â» oublient que le courage ne rÃ©side pas dans la nature des idÃ©es, mais dans les rÃ©alitÃ©s du champ idÃ©ologique, dans l'isolement de celui qui s'oppose au consensus d'un champ . RenÃ© Bousquet, chef de la Police de Vichy, est devenu un radical socialiste des Trente Glorieuses trÃ¨s convenable â€“ quand le lieutenant-colonel de la Roque, chef des Croix de Feu dans les annÃ©es 30, fut un authentique rÃ©sistant de la premiÃ¨re heure condamnÃ© faussement pour collaboration aprÃ¨s la guerre . Et croyez bien que tous les gens trÃ¨s convenables qui aujourd'hui dÃ©fendent le politiquement correct auraient Ã©tÃ© marxistes-lÃ©ninistes en Russie en 1970, ou pÃ©tainistes en 1940 . &lt;strong&gt;Ce n'est pas le contenu du politiquement correct qui est Ã  vomir, c'est la structure de soumission qui le porte &lt;/strong&gt;â€“ c'est une forme qui peut contenir absolument n'importe quoi, qui est aussi dÃ©pourvue d'Ã©thique que la mÃ¢choire du grand requin blanc . &lt;strong&gt;Ce qui est Ã  vomir, c'est d'attendre d'un homme la soumission aux arcanes idÃ©ologiques de son temps comme une Ã©vidence &lt;/strong&gt;. Wilde a Ã©crit ces fiÃ¨res paroles d'un homme libre :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il y a des moments oÃ¹ il faut choisir entre vivre sa propre vie pleinement, entiÃ¨rement, complÃ¨tement, ou traÃ®ner l'existence dÃ©gradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose (...) Le monde pris en masse est un monstre bourrÃ© de prÃ©jugÃ©s, rempli de prÃ©ventions, rongÃ© par ce qu'il appelle les vertus, un puritain, un poseur . Or l'art de la vie est l'art du dÃ©fi . Le dÃ©fi, voilÃ  ce pourquoi nous devrions vivre, au lieu de vivre comme nous faisons, en acquiesÃ§ant . Qu'un homme cultivÃ© puisse accepter les normes de cette Ã©poque me semble la pire des immoralitÃ©s&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme maÃ®tre de lui-mÃªme est celui qui a abandonnÃ© l'idÃ©e de s'entendre dire ce qu'il voit, vit ou sent . La vÃ©ritÃ©, cet Ãªtre infime, ce miroir voilÃ©, est le pain et le vin, la saveur des mondes . Ã” mon amour lointain, comme je connais mieux la nostalgie et la tristesse des horizons Ã©carlates que toutes les vÃ©ritÃ©s illusoires des hommes ! Eckhart dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La Sainte Ã‰criture insiste partout sur le fait que l'homme doit se dÃ©tacher de lui-mÃªme . C'est seulement dans la mesure oÃ¹ tu te dÃ©taches de toi-mÃªme que tu es maÃ®tre de toi . C'est dans la mesure oÃ¹ tu es maÃ®tre de toi que tu te rÃ©alises toi-mÃªme . Et c'est dans la mesure oÃ¹ tu te rÃ©alises que tu rÃ©alises Dieu et tout ce qu'il crÃ©e Ã  jamais&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort, et vive la guerre idÃ©ologique des hommes libres !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-8532378931291055225?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/8532378931291055225/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=8532378931291055225' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8532378931291055225'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8532378931291055225'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/12/pain-et-vin-la-verite-comme-faim-et.html' title='Pain et vin . La vÃ©ritÃ© comme faim et comme soif .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-e1piH9RlsRM/Tuje3p3X8tI/AAAAAAAABVs/47BQx0OGLIA/s72-c/ALBREC%257E1.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-5457322726097604174</id><published>2011-12-10T04:05:00.010-08:00</published><updated>2011-12-12T02:41:48.521-08:00</updated><title type='text'>O magnum mysterium . Adresse au MaÃ®tre d'Ã©meraude .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-3nfh5nVeN2w/TuNOcevO4YI/AAAAAAAABVg/iOlXTRY3w6U/s1600/jeromeboschlanefdesfous.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 362px; DISPLAY: block; HEIGHT: 640px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5684473405866172802" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-3nfh5nVeN2w/TuNOcevO4YI/AAAAAAAABVg/iOlXTRY3w6U/s400/jeromeboschlanefdesfous.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(HiÃ©ronymus Bosch, la nef des fous)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;O magnum mysterium,&lt;br /&gt;et admirabile sacramentum...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot &lt;em&gt;mysterion&lt;/em&gt; (grec) signifiait autrefois les mystÃ¨res, les opÃ©rations des religions initiatiques . Mais ce sens repose sur une Ã©vidence vÃ©cue, un tissage intime de l'expÃ©rience humaine, l'expÃ©rience du mystÃ¨re et de l'Ã©nigme . Cette expÃ©rience est Ã©vidente, et pourtant elle est plutÃ´t l'objet de paroles s'enroulant autour de son soleil noir sans la nommer, que de paroles portant sur son sujet â€“ que d'Ã©vocations du mystÃ¨re .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'expÃ©rience de l'Ã©nigme est l'expÃ©rience de l'indÃ©fini de soi, de la lacune de l'homme, impuissant face Ã  des zones de tÃ©nÃ¨bres . C'est l'expÃ©rience de l'homme comme partie, comme crÃ©ature abandonnÃ©e de tous, et mÃªme des autres hommes . Et c'est celle d'une bÃ©ance narcissique ; et c'est peut Ãªtre pour cette raison que les hommes Ã©vitent d'en parler, comme en gÃ©nÃ©ral &lt;strong&gt;ils baissent la voix et dÃ©tournent le regard Ã  l'Ã©vocation de leurs laideurs et de leurs Ã©checs&lt;/strong&gt;, tels l'Ã©chec collectif du monde moderne comme lieu de bonheur et de libÃ©ration .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous savons que le monde s'interprÃ¨te, que le visible est signe du cachÃ© dans l'expÃ©rience immÃ©diate de la nature â€“ dans l'expÃ©rience du sens, des traces d'animaux, des remous signalant les poissons, dans le souffle puissant et oblique de Moby Dick, image des merveilles de la mer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nature mÃªme des sens corporels et de la psychÃ© est de passer d'Ã©tats du corps humain Ã  des Ã©tats de monde, de passer de la lumiÃ¨re dans l'Å“il aux images du monde, de la vibration du tympan Ã  l'arrivÃ©e de l'Ãªtre ennemi ou ami . L'Ã©vidence du macrocosme, et du microcosme image du monde est une expÃ©rience immÃ©diate . Comme l'Ã©paule de l'amoureuse sous le premier contact, le corps entier frÃ©mit sans cesse de la rumeur du monde, et passe le monde comme saveur, comme lumiÃ¨re, comme obscuritÃ©, comme peur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle que soit la folie froide et mÃ©thodique qui l'anime, une Å“uvre comme la &lt;em&gt;Critique de la Raison Pure &lt;/em&gt;de Kant offre quelque chose Ã  son lecteur : elle offre l'Ã©vidence de l'abÃ®me des Ã©vidences premiÃ¨res, leur dissolution face au simple et pauvre tribunal de la raison . L'Ã©vidence premiÃ¨re, c'est l'ouverture, l'offrande du visible, la splendeur d'un monde ou d'un corps ; mais cette Ã©vidence premiÃ¨re repose sur les sensations du corps, qui ne connaissent ni espace, ni temps, ni lumiÃ¨re, ni rien d'extÃ©rieur sensible . L'Ã©vidence premiÃ¨re est la premiÃ¨re des Ã©nigmes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vÃ©ritÃ©, Kant s'Ã©loigne trÃ¨s loin de l'Ã©vidence premiÃ¨re de l'expÃ©rience de la vie, mais accomplit un cercle : il passe sur la tÃªte, puis revient sur ses pas, pour dire que finalement il faut vivre tout comme si l'Ã©vidence du bon sens complÃ¨tement ensevelie sous la Critique Ã©tait spontanÃ©ment, naÃ¯vement vraie . Il est l'homme du retournement du retournement â€“ un Ãªtre accomplissant un reniement . Il est un gnostique de l'ordre bourgeois, qui offre l'Ã©trangetÃ© du monde dans le cadre rassurant du philosophe de la RÃ©publique, de l'Ã©cole normale et du jury de l'agrÃ©gation â€“ sa perfection de maÃ®tre acadÃ©mique se comprend, comme une bonne paire de pantoufle confortables, et en plus assez chic pour Ãªtre portÃ©es dans un club anglais .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que Kant, la raisonnable et vertueux Kant, soit la porte du romantisme et de l'idÃ©alisme allemands ne se comprend pas par les aberrations de sa morale, mais bien par la perte de l'Ã©vidence de la sÃ©paration de l'esprit et de l'Ãªtre qui s'accomplit dans la Critique . Si le temps et l'espace sont des dynamiques de la psychÃ©, que reste-t-il du monde, sinon le dÃ©ploiement d'un tissu unique du moi et du non-moi dans les plis structurÃ©s, tendus par la dynamique des contradictions ? Alors les dits des hommes du MystÃ¨re, dialoguant avec les temps anciens, ou rÃ©unissant l'espace immense sous leurs pieds ne parlent plus d'une sortie essentielle des rÃ¨gles du monde, de Â« miracles Â», mais de l'indÃ©finie multiplicitÃ© des rÃ¨gles des mondes qui s'expÃ©rimente dans les mystÃ¨res .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le miracle n'est que la perspective de celui qui est enfermÃ© dans les rÃ¨gles Ã©triquÃ©es de son monde, ou encore le miracle unique est la simple perspective de l'Ãªtre, pour l'homme d'une sagesse rare . Il n'est aucune limite Ã  l'indÃ©finie rÃ©plication en miroir, aux plis, aux enroulement des mondes, aux Ã©tats multiples de l'ÃŠtre . Tel est la manifestation ultime de l'Or du Rhin au crÃ©puscule des temps, quand le soleil se multiplie sur les ondes des grands fleuves .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DÃ©finir l'Ãªtre...dÃ©-finir est dÃ©terminer, indiquer une limite . Or l'Ãªtre, dit Hegel dans le premier chapitre de la &lt;em&gt;Science de la Logique&lt;/em&gt;, est sans aucune dÃ©termination . Si je rÃ©pÃ¨te, aprÃ¨s ParmÃ©nide, &lt;em&gt;l'Ãªtre est, le non-Ãªtre n'est pas&lt;/em&gt;, je dois ajouter qu'aucun Ã©tant ne dÃ©termine l'Ãªtre, essence sans identitÃ©, masque blanc sans yeux ni bouche, Ã©nigme â€“ mystÃ¨re . Dans l'Exode, Ã  la question Â« qui est tu ?, MoÃ¯se reÃ§oit cette rÃ©ponse : &lt;em&gt;je suis celui qui suis &lt;/em&gt;- il est celui qui est .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est de l'Ãªtre enroulÃ© sur l'Ãªtre indÃ©finiment, en spirales . Il est, comme il pleut, mais aussi tu es, et je suis . Dire que l'Ãªtre n'est pas conscient, n'est pas sujet et objet ensemble, est en effet le dÃ©terminer par un Ã©tant, la conscience . L'Ãªtre le dit ainsi Sat (Ãªtre) Chit (conscience) Ananda ( joie, fÃ©licitÃ©) . Pour  tout Ãªtre qui voit, il voit par lui ; et pour tout Ãªtre qui aspire le souffle, le sang et la joie du monde, il aspire le souffle et jouit par lui . Et le &lt;em&gt;il&lt;/em&gt;, comme le &lt;em&gt;lui&lt;/em&gt;, peuvent dans ces mots Ãªtre Lui, ou dÃ©signer l'Ãªtre vivant qui est par lui . Dire que la mÃ©taphysique de l'Ãªtre ne peut penser de limite signifie clairement que poser que l'Ãªtre n'est pas conscience est transgression de l'Ã©vidence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La transmission des mystÃ¨res dans le monde des hommes est elle-mÃªme un mystÃ¨re . En vÃ©ritÃ©, la Tradition est une puissance d'autres mondes, et ce qui se manifeste dans un monde ne respecte les rÃ¨gles de ce monde que pour celui qui s'y trouve . Un plan qui traverse un plan est une droite . La vision de ce plan sÃ©cant dans la perspective d'un Ãªtre unidimensionnel est une droite ; il ne peut voir l'indÃ©fini vertical qui le surplombe . La thÃ©urgie gnostique qui fait de l'homme un voyant ne lui fait voir que ce qui est toujours dÃ©jÃ  prÃ©sent, rien de plus . Que la Tradition respecte les rÃ¨gles du temps et de l'espace de ce monde dans sa manifestation ne signifie rien de plus que la hauteur est dans l'Å“il de celui qui regarde . Les conceptions de GuÃ©non Ã  ce sujet sont de l'ordre de la protection dans un temps de dÃ©sordre et d'usurpation, non une loi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il Ã©tait dans les temps anciens des signes visibles, des maÃ®tres vers qui aller pour les hommes qui &lt;em&gt;meurent de soif auprÃ¨s de la fontaine &lt;/em&gt;. Mais de ces signes ne restent que des vestiges, des souvenirs, des lÃ©gendes . Le monde moderne est pour l'homme noble comme un miroir voilÃ© par une dentelle noire, un signe de mort . Quand un sage de l'Inde, assis nu sur la cendre, ou quand un moine en robe de bure affirmait que l'or Ã©tait une passion mortifÃ¨re de l'homme, sa parole pouvait Ãªtre entendue des pauvres, des exploitÃ©s du travail des grands seigneurs . Mais quand un homme riche et puissant appelle les peuples Ã  travailler et Ã  faire des sacrifices pour servir mieux le veau d'or, quelle Ã©clat, quelle puissance peut avoir sa parole ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que vaut la parole dans ce monde ? Et presque tous les liens des hommes sont dÃ©liÃ©s . Il est indispensable, plus que jamais, de fonder des ordres, des organisations â€“ mais une telle puissance semble perdue dans la parole humaine, dans le sang et dans le souffle des hommes . Le monde pousse comme une prison de ronces, de fer et de bÃ©ton autour de la princesse endormie, l'Ã¢me humaine ; et nul ne se lÃ¨ve pour sonner l'alerte, ou les alertes isolÃ©es sonnent dans le vide, comme fut la parole de Simone Weil . Le vivant exige la vie. La crÃ©ature respirante exige de respirer. Est-ce prÃ©somption de sa part, oÃ¹ a-t-il simplement dÃ©sir de vie, et ce paradis Ã©touffant qu'on lui vend est une prison oÃ¹ l'orchidÃ©e se meurt - la grande illusion ? Et pourtant le mystÃ¨re est que la grande illusion est exposÃ©e au yeux de tous, et persiste dans l'Ãªtre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car le prophÃ©tisme m'amÃ¨ne Ã  nommer un ultime mystÃ¨re, qui est celui de l'injustice â€“ l'exposition de Job . Dans un monde de plus en plus infernal, n'est-ce pas une profonde surprise de voir les victimes collaborer avec leurs bourreaux ? Le monde de cette fin de cycle est la nef des fous : on y tue, on y viole, on y massacre, et on y apprend qu'il faut travailler, travailler, travailler, sans mÃªme se demander pourquoi vivre . Les peuples remboursent des dettes qu'ils n'ont pas prises, et elles ne sont pas remboursÃ©es, Ã  l'infini, puisque que les Ã‰tats ne paient que les intÃ©rÃªts ; et on pousse des pays Ã  l'effondrement pour les faire rembourser plus vite â€“ comme si des chevaliers aller massacrer leurs paysans pour avoir plus de revenus ! Le monde du progrÃ¨s et de l'avenir radieux touche partout la fin de son futur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans cette nef des fous, la voix des rÃ©voltÃ©s est si faible, si peu audible, dans le dÃ©chaÃ®nement des hurlements de joie et des roulements de tambours .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes modernes ont peur de perdre leur esclavage, car ils savent dÃ©sormais, obscurÃ©ment, que derriÃ¨re lui et ses cadres rassurants, il n'est que le vide, l'abÃ®me, le retour violent du mystÃ¨re dans leur vie â€“ et qu'ils n'ont pas en eux mÃªme la puissance, la force et le courage de combler le vide, et pas en eux mÃªme non plus la force et le courage de se livrer Ã  l'abÃ®me, quand bien mÃªme leur vie serait absolument vide et mÃ©canique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils seraient impuissants et transis face Ã  la libertÃ©, au froid et Ã  la faim, en dehors de leurs boÃ®tes bien sages, de leurs fonctions dans le SystÃ¨me â€“ tant il est vrai que mÃªme le pauvre humiliÃ© finit par avoir une fonction symbolique de crÃ©celle de lÃ©preux, qui pousse les autres Ã  travailler par horreur de la misÃ¨re, comme le riche du Spectacle est un leurre qui fait croire que la richesse est issue du travail ou du talent . Le Spectacle de l'humiliation et de la jouissance tapageuse de richesses indÃ©finies est le dernier moteur du progressisme tombÃ© dans le vide .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mystÃ¨re de l'injustice est mystÃ¨re d'iniquitÃ© ! Car nous savons aussi la justice du justicier, nous l'admirons dans le spectacle, l'homme qui ne peut laisser une injustice ou un crime sans vengeance et qui l'accomplit . Nous aimons Ã  le voir, parce que le monde rÃ©el est de plus en plus Ã©tranger Ã  toute justice . Nous savons, nous aimons, nous dÃ©sirons la justice et nous sommes rÃ©signÃ©s et impuissants dans un ordre de fer qui ne cesse de se proclamer libre et juste . Rien de nouveau sous le soleil, mes mots sont analogues Ã  ceux de Blaise Pascal au XVIIÃ¨me siÃ¨cle . A ceux du Roi Salomon dans les siÃ¨cles . &lt;em&gt;Ne pouvant faire que le juste soit fort, on a fait que le fort fÃ»t juste&lt;/em&gt;, note Pascal .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je regarde le sol d'une forÃªt aprÃ¨s un orage, et que je te sais auprÃ¨s de moi posÃ©e comme un grand oiseau mystÃ©rieux, alors je sens en moi la rÃ©conciliation des mondes . Parfois les mondes se rÃ©concilient dans l'Ã©clat de l'Aube, et mÃªme dans la splendeur du crÃ©puscule, Ã  l'heure du rayon vert des cycles des Ã©ons .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand je regarde le monde des hommes, j'y vois entrelacÃ©es la splendeur et l'abÃ®me, au delÃ  de toute comprÃ©hension â€“ le mystÃ¨re, lovÃ© comme un serpent de brume qui voile l'Ã©clat certain de toute choses du monde face au soleil invaincu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette obscuritÃ© il faut dire la vÃ©ritÃ© : j'attends des signes . Je crois que certaines limites de l'homme, de son annihilation, sont atteintes, et qu'il lui faut la grÃ¢ce . L'homme n'est rien, et l'homme moderne est moins qu'aucun homme : et pourtant plus qu'aucun autre homme dans les spires du temps, sa tÃ¢che demande de la dÃ©mesure .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ã” toi le MaÃ®tre du printemps, toi au reflet incrustÃ© sur le front des Anges dÃ©chus â€“ je t'en prie devant le misÃ©ricordieux : couvre la noirceur d'abÃ®me de mon Ãªtre de charbon de ton manteau de nuit constellÃ© d'Ã©tincelles mystiques â€“ donne moi les mots, les signes â€“ l'ivresse de tes Ã©lus&lt;/em&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-5457322726097604174?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/5457322726097604174/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=5457322726097604174' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/5457322726097604174'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/5457322726097604174'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/12/o-magnum-mysterium-adresse-au-maitre.html' title='O magnum mysterium . Adresse au MaÃ®tre d&apos;Ã©meraude .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-3nfh5nVeN2w/TuNOcevO4YI/AAAAAAAABVg/iOlXTRY3w6U/s72-c/jeromeboschlanefdesfous.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-8457878259571919204</id><published>2011-12-03T05:00:00.006-08:00</published><updated>2011-12-03T07:34:26.733-08:00</updated><title type='text'>De la guerre et de l'Aube entrelacÃ©e des Ã©ons .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-sPSSUK1nWzA/Ttolj6dyMoI/AAAAAAAABVI/IbpE4lkbjIs/s1600/Joachim_von_Fiore-Zeitalter.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 249px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5681895178801132162" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-sPSSUK1nWzA/Ttolj6dyMoI/AAAAAAAABVI/IbpE4lkbjIs/s400/Joachim_von_Fiore-Zeitalter.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Joachim de Fiore, les cercles des temps, liber figurarum)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Â« J'ai trop aimÃ© la guerre... Â»&lt;/em&gt; Louis XIV mourant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã” Seigneur des mondes, accorde nous la vison et la comprÃ©hension . Car l'homme seul, ce petit morceau de ferment â€“ dit Loup Larsen, dans &lt;em&gt;le Loup des mers &lt;/em&gt;de Jack London â€“ ce petit morceau de vie promise Ã  la mort, ballotÃ© par les vents et les eaux, et que les mots des grandes idÃ©ologies du monde agitent comme une marionnette â€“ comment pourrait-il arriver seul Ã  la vÃ©ritÃ© ? Et mÃªme pas Ã  la vÃ©ritÃ©, celle qui est Voie et Vie, celle de l'Aigle qui s'Ã©lÃ¨ve au dessus des choses qui sont et de celles qui ne sont pas, dans la souffle dÃ©licieux de la prophÃ©tie et des parfums des montagnes d'Orient ; non, mÃªme pas Ã  la vÃ©ritÃ© des humbles, Ã  la vÃ©ritÃ© du pas lourd des hommes qui vont au travail, qui vont au cafÃ©, qui rentrent chez eux vers leurs famille, vers ceux qui les haÃ¯ssent ou qui les accusent, ou vers ceux qui les font vivre par leur amour . Vers la vÃ©ritÃ© du froid, des odeurs violentes, et du poids des charges sur les chantiers â€“ la vÃ©ritÃ© des marchÃ©s au petit matin, quand se dÃ©ploie dans le froid la structure de mÃ©tal, tendue de toile, qui doit protÃ©ger les biens qui seront vendus aux passants, et qui donneront la vie Ã  tous, le fruit sur la table de la cuisine pour l'enfant, la soupe de lÃ©gumes du vieillard, le panier de fruits rougeoyant de la maÃ®tresse de maison qui veut honorer une visite .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seul un grand poÃ¨te peut simplement saisir la puissance de sang, de sÃ¨ve, de souffle de la rue d'une grande ville, le chatoiement des destins indÃ©finis entrelacÃ©s jetÃ©s lÃ , et dÃ©rivant comme des Ã©paves sur la mer . Saisir un instant, une image, de tout ce monde qui court vers l'abÃ®me et la nuit, comme â€“ que ton Ã¢me s'Ã©veille au flot des souvenirs â€“ les images peintes de la grande ville d'il y a des siÃ¨cles, la gloire des rois, les images d'encre sautillante des premiers films pris au hasard dans la Ville, les souvenirs poignants des grandes guerres, les couleurs des Trente Glorieuses â€“ tout cela, qui est parti comme les feuilles mortes qui tournoient dans le vent au pied du mur, avec des cartons et des sacs plastiques . Les bouteilles de shampoing, de biÃ¨re, les sacs, les dÃ©bris indÃ©finis de la grande ville durent plus, et craignent moins la mort que la vie humaine, que la pulsation tiÃ¨de du sang et du souffle...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes vivent comme des horloges bien rÃ©glÃ©es, avec une mer de rouages, et la perte des rouages n'est rien, puisque les plus grandes mortalitÃ©s, comme les grandes guerres, la Peste Noire de 1348, ou les lentes vagues des guerres mondiales ne changent au fond que l'Ã©cume de la vie humaine, qui est essentiellement rÃ©pÃ©tition indÃ©finie de cycles qui s'enfuient de la mÃ©moire aussitÃ´t arrivÃ©s, et qui sont le tissu fondamental de la vie humaine â€“ amener chez soi la nourriture, la chaleur, l'eau, Ã©vacuer les dÃ©chets â€“ sans cesse amener, amener, amener . Toutes les expressions des passants des villes au cours des siÃ¨cles se ressemblent, cet air affairÃ© dans ses petites affaires, toutes ces urgences microscopiques sans cesse rÃ©pÃ©tÃ©es . Prenez les passants de Paris en 1930, de Varsovie en 1939, et ceux de 1941, 42, 43...des vÃªtements plus sales, une survie plus difficile, mais au fond...et les morts, les disparus, disparus de la mÃ©moire et de la parole...Comprenez vous que l'homme qui conserve dans son cÅ“ur l'alliance originaire, l'homme qui s'efforce de ne pas oublier dans l'usure universelle des petites affaires de la survie, comprenez vous qu'un tel homme soit juste, et que le juste soit le fondement du monde, ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ce qui est pompeusement nommÃ© philosophie ne commence-t-il pas par l'essentiel, l'observation de la journÃ©e du philosophe, de ses motivations, de ses actes rÃ©els ? Quel est l'homme qui ne cesse de prononcer de grands mots, et que la dÃ©couverte de sang dans les selles tue encore davantage que la perspective philosophique de sa mort, sur laquelle il fait cours depuis trente ans ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et n'y a-t-il pas bien des hommes qui ne parlent que de libertÃ©, et sont en rÃ©alitÃ© des tyrans immatures, des tortures pour leur entourage ? Et d'autres qui proclament leur dÃ©sintÃ©ressement, et sont secrÃ¨tement dÃ©vorÃ©s par le ressentiment pour leur voisin qui n'a qu'une voiture plus grosse que la leur ? La vÃ©ritÃ© est que la philosophie, depuis longtemps, refuse de regarder les hommes, et est devenue un spectacle que le penseur se donne Ã  lui-mÃªme . Nous ne pensons plus la pensÃ©e naissant dans le fumier du corps transpirant et mourant, sublime et empli de la lumiÃ¨re des Ã©toiles ; nous ne partons plus de l'intÃ©rieur, mais de l'extÃ©rieur . Le penseur veut Ãªtre le penseur de Rodin, mais quand il le regarde, il ne sent pas tout l'inconfort et la mÃ©lancolie du penseur, il jouit plastiquement de la beautÃ© de son corps â€“ en rÃ©alitÃ©, il reste extÃ©rieur Ã  la pensÃ©e en croyant lui rendre hommage .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde des hommes est depuis longtemps, depuis toujours, un SystÃ¨me qui dÃ©passe les petits morceaux de ferment individuels ; et de nombreux "primitifs" le savaient, qui le disaient par leurs symboles ou l'exprimaient ouvertement . Le SystÃ¨me moderne de l'humain a atteint un niveau de sophistication et de complexitÃ© qui le rend sans cesse plus illisible, qui l'Ã©loigne toujours plus vers l'horizon des indiscernables ; mais l'homme moderne se la raconte toujours davantage souverain individuel, producteur souverain, consommateur souverain dÃ©cidant des prix, et toutes ses conneries, de paroles de crÃ¢nes aux yeux ouverts sur le vide . L'homme est plus que jamais un rouage, un rouage corporel, un portefaix chargÃ© de sacs, un Ã¢ne du SystÃ¨me ; et dans son Ã¢me mÃªme, un sous-systÃ¨me psychique du SystÃ¨me qui fait comme le philosophe, qui se la raconte, et qui se la laisse raconter, tant est grande la douleur, l'Ã¢pretÃ© de la vÃ©ritÃ©, et tant est le long le temps depuis lequel on a renoncÃ© Ã  la luciditÃ© de l'enfant, Ã  l'abÃ®me qui s'ouvre derriÃ¨re les thÃ©Ã¢tres du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le SystÃ¨me moderne connaÃ®t une inflation de complexitÃ© indÃ©finie, et son reflet dans l'homme individuel, sa comprÃ©hension par le rouage, par le sous-systÃ¨me psychique, devient de plus en plus irrÃ©aliste, de plus en plus dÃ©tachÃ©e de toute sa vie concrÃ¨te, de plus en plus pauvre en savoir â€“ l'inflation de la complexitÃ© sociale s'accompagne d'une inflation de la reprÃ©sentation fantasmatique de la rÃ©alitÃ© sociale . L'inflation de la complexitÃ© s'accompagne Ã©galement d'une extÃ©nuation de l'auto-comprÃ©hension, et donc d'une rÃ©gression collective des mÃ©dias de communication symboliquement gÃ©nÃ©ralisÃ©s, ou encore des facteurs d'unification de la sociÃ©tÃ© humaine . Il est deux puissances visibles qui reflÃ¨tent l'unitÃ© dans le monde des hommes, la langue et le culte â€“ et deux invisibles, le sang et le souffle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une sociÃ©tÃ© de petite taille, prenons une citÃ© grecque, l'unification est consciente et vÃ©cue ( je suis Â« athÃ©nien Â», par exemple) et passe par la langue, le culte, les fÃªtes, les lois, le pouvoir partagÃ©...la production de richesse est pensÃ©e comme la condition matÃ©rielle de la vie humaine â€“ le travail est le paiement de la dette des hommes primordiaux aux mondes infÃ©rieurs, ou encore un mal qui doit Ãªtre circonscrit â€“ d'oÃ¹ les interdictions rituelles du travail â€“ et minimisÃ© â€“ d'oÃ¹ le mÃ©pris gÃ©nÃ©ral de la recherche du confort dans les sociÃ©tÃ©s traditionnelles . Nous moquons les Grecs ou les Ã‰gyptiens d'avoir construit d'immenses Ã©difices cultuels, et d'habiter des maisons minuscules et fragiles ; ou encore le Roi Louis XIV d'avoir construit un palais grandiose, mais totalement inconfortable â€“ un pavillon moderne fait bien mieux â€“ il nous Ã©chappe que le confort, aux yeux de ces hommes, est une vilenie, et que leurs palais royaux sont des lieux de rituels, pas de confort . Le travail des anciens hommes Ã©tait l'effort pour se libÃ©rer d'une malÃ©diction, et sÃ»rement pas un lieu d'Ã©panouissement . C'Ã©tait le lieu d'oÃ¹ partir pour vivre une vie humaine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie humaine au sens plein du terme, est politique, c'est Ã  dire ancrÃ©e dans une civilisation, une puissance collective de rÃ©alisation de la pensÃ©e dans le monde, capable de faire des ferments misÃ©rables, dÃ©vorÃ©s par le vide et la mort, des hÃ©ros Ã  la guerre par la culture de l'amitiÃ©, des hommes imprÃ©gnÃ©s des mondes d'en haut, initiÃ©s au mystÃ¨res, des poÃ¨tes et des penseurs . La minuscule AthÃ¨nes fut dans cette fin, de fondation d'un monde humain de dÃ©passement de l'homme, plus que l'Ã©norme Union EuropÃ©enne, ce LÃ©viathan vide de sang, Ã©chouÃ© dans un cycle vide des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est fut de mÃªme des Empires, projets d'Ã©piphanie du Ciel sur la Terre dans l'ordre impÃ©rial â€“ tel est le sens de l'oeuvre de Virgile, qui montre le caractÃ¨re divin de la race impÃ©riale sur la terre, tel est le sens du rÃ´le de guide de Virgile en Enfer chez Dante . La puissance impÃ©riale est l'Ã©tincelle enfermÃ©e dans l'obscuritÃ©, analogue dans l'Ã¢me et dans le monde . Dans les Ã©ons, les cycles des temps, Auguste et la Paix Romaine sont la manifestation du rÃ¨gne des dieux ; et la fin de l'Empire est ainsi pour Augustin, dans &lt;em&gt;la CitÃ© de Dieu&lt;/em&gt;, non pas la fin d'un cycle, mais le renonciation au rÃ¨gne terrestre des dieux . Pourtant mÃªme Augustin reste fortement ambivalent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au contraire, chez Denys, la hiÃ©rarchie terrestre est l'image et la continuitÃ© de la hiÃ©rarchie cÃ©leste, les fruits de l'arbre de l'ordre terrestre permettent de goÃ»ter par avance les dÃ©lices du ciel . Et sans aucun doute, malgrÃ© son imprÃ©gnation augustinienne, Joachim de Fiore est l'homme d'un appel Ã  la descente de l'Esprit sur la Terre, de l'entrecroisement des cercles, de l'arbre-aigle inversÃ© . Sur la terre comme au ciel : ce qui est en bas doit Ãªtre comme ce qui est en haut, ce qui est en haut doit Ãªtre comme ce qui est en bas, pour accomplir les mystÃ¨res d'Un seul .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le projet impÃ©rial est l'Orient du monde, l'ordonnancement unificateur de la terre â€“ celui de FrÃ©dÃ©ric II Hohenstaufen, le roi-sorcier : &lt;em&gt;l'Empereur des derniers temps &lt;/em&gt;. La table ronde est d'Ã©meraude :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Et comme toutes les choses ont Ã©tÃ©, et sont venues d'Un (...)&lt;br /&gt;Le pÃ¨re de toute la puissance du monde est ici sur le sol&lt;br /&gt;Sa puissance est entiÃ¨re si elle est convertie en terre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il monte de la terre au ciel, et descend du ciel Ã  la terre&lt;br /&gt;Et reÃ§oit la force des choses supÃ©rieures et infÃ©rieures&lt;br /&gt;Tu auras par ce moyen la lumiÃ¨re du monde&lt;br /&gt;Et pour cela toute obscuritÃ© s'enfuira de ton cÅ“ur&lt;br /&gt;C'est la force forte de toutes choses &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez Dante, la prÃ©sence de Virgile, la valeur de la poÃ©sie en langue vulgaire, langue du monde terrestre transsubstantiÃ©e par le PoÃ¨te, le &lt;em&gt;De Monarchia&lt;/em&gt;, le gibelinisme (nom qui dÃ©signe les partisans impÃ©riaux), tout converge pour montrer que le fidÃ¨le d'Amour, qui voit les cercles des Cieux s'ouvrir dans le cercle des bras de l'AimÃ©e, est l'aspect microcosmique de la manifestation terrestre de la puissance impÃ©riale . L'alchimie est la science de l'union du haut et du bas, le retour Ã  l'unitÃ© du tronc de l'arbre du bonheur et du malheur par delÃ  le Bien et le Mal - La puissance impÃ©riale est la manifestation terrestre de l'Aube ; et toute puissance visible comme toute beautÃ©, telle la beautÃ© d'une femme, quand elle provoque cet Ã©tonnement et ce respect que nous voyons parfois, beautÃ© qui fut rÃ©vÃ©rÃ©e mÃªme par les manichÃ©ens, participe de la puissance des anciens empereurs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les sociÃ©tÃ©s des cycles prÃ©cÃ©dents, la puissance symbolique d'unification Ã©tait la racine du ciel, le canal par lequel s'Ã©panche le secret du ciel et de la terre . Aussi la vie civique Ã©tait-elle &lt;em&gt;paiedia&lt;/em&gt;, Ã©ducation au sens le plus noble d'Ã©lÃ©vation, formation de l'homme en tant que modÃ¨le de l'humanitÃ© . Si nous regardons le sens contemporain de &lt;em&gt;citoyennetÃ©&lt;/em&gt;, nous verrons que ce sens s'est restreint Ã  n'Ãªtre qu'un rÃ©ceptacle de compÃ©tences sociales minimales et de moraline, comme dans ces expressions comiques que sont Â« l'engagement citoyen Â», quand des jeunes font la quÃªte Â« pour les handicapÃ©s Â», ou nettoient les dÃ©tritus sur la plage ; sans parler de Â« l'entreprise citoyenne Â», alors mÃªme que la libÃ©ration du travail matÃ©riel vers le travail sur soi Ã©tait l'essence de la &lt;em&gt;paiedia&lt;/em&gt; grecque...car ce qui Ã©tait le dernier dans les anciens mondes, le travail, est devenu le premier : notre Empire n'est autre que l'Empire du travail, ou Enfer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'extrÃªme complexification de la sociÃ©tÃ© produit des forces de dislocation et donc d'extÃ©nuation de la complexitÃ© des puissances d'unification . Le langage et la culture symbolique ne sont plus dÃ©terminants, et l'argent est lentement, insidieusement, devenu le dernier facteur d'unification du monde des hommes, dÃ©sormais non plus mesurÃ© Ã  la hauteur des cimes de l'humain sÃ©dimentÃ©es dans la culture, mais mesurÃ©e par la quantitÃ©, par l'argent, signe simple, et incontestable adaptÃ© Ã  une complexitÃ© devenue impensÃ©e . Le dÃ©veloppement de la sociÃ©tÃ© s'est retournÃ© en production de vide et d'abaissement de la vie humaine - en production de la sociÃ©tÃ© post-culturelle . Mais au point extrÃªme de l'abaissement, l'homme peut retrouver en lui le kairos, &lt;em&gt;"le moment juste ne pouvant Ãªtre que celui oÃ¹ les forces, auxquelles la chaÃ®ne n'a pas Ã©tÃ© encore mesurÃ©e, atteindront, par l'effet d'un dÃ©terminisme immanent, leur limites (...)-le moment oÃ¹, en face de situations existentielles extrÃªmes,un instinct dÃ©sespÃ©rÃ© de dÃ©fense jaillissant des profondeurs-de la mÃ©moire du sang (...)- exaltera Ã  nouveau l'Ãªtre (...) et donnera une vraie puissance efficiente Ã  des idÃ©es et Ã  des mystÃ¨res liÃ©s Ã  l'hÃ©ritage de l'Ã‚ge d'or &lt;/em&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le SystÃ¨me socio-politique dit Â« capitaliste libÃ©ral Â» est un rÃ©gime politique global, total, avec une vision globale des fins de la sociÃ©tÃ© humaine, qui serait la maximisation permanente du profit comme mode d'auto-constitution et de rÃ©volution permanente . Pour permettre la maximisation de l'exploitation des ressources humaines, son coup de gÃ©nie est d'abandonner les formes externalisÃ©es et directes de contrainte politique au travail des dominÃ©s â€“ le fouet du maÃ®tre, par exemple â€“ pour favoriser l'internalisation de la motivation au travail et la mÃ©diation de la domination : la recherche individuelle de profit et la faim, par exemple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi le SystÃ¨me peut asservir Ã  sa finalitÃ© immanente non seulement les besoins, limitÃ©s des hommes, mais aussi leurs dÃ©sirs illimitÃ©s, leur passion de la reconnaissance, passion archÃ©typique par excellence, Ã  condition de n'orienter ces dÃ©sir que vers la satisfaction matÃ©rielle . Le dÃ©sir et la passion sont archÃ©types, sont essentiels Ã  la vie humaine ; et le puritanisme Â« Ã©cologique Â», qui vise Ã  anÃ©antir dÃ©sir et passion pour rÃ©duire l'existence humaine Ã  une dÃ©finition minimale des besoins pour Â« Ã©conomiser l'environnement Â» n'est que le produit d'une pensÃ©e enfermÃ©e dans les dÃ©terminismes de l'idÃ©ologie racine . &lt;strong&gt;La plupart des mondes humains ont reconnu le dÃ©sir infini, et la passion, sans les orienter vers la production et la consommation de richesses matÃ©rielles&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Permettre Ã  tout homme de chercher le bonheur par la production et la recherche de richesse dans les rÃ¨gles du SystÃ¨me, c'est ce que le SystÃ¨me nomme Â« libertÃ© Â» . Et en effet le SystÃ¨me permet une indÃ©finitÃ© de possibles â€“ le SystÃ¨me est &lt;em&gt;the land of possibilities&lt;/em&gt; â€“ dans le strict cadre d'accepter de se livrer volontairement Ã  un travail illimitÃ© en principe, avec la consommation comme exutoire premier et principal .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ensemble des comportements admissibles est vaste, et en mÃªme temps trÃ¨s Ã©troitement dÃ©terminÃ© . Le premier point permet aux bourgeois matÃ©rialistes de croire sincÃ¨rement dans la Â« libertÃ© Â» offerte par le SystÃ¨me, et de faire partager cette croyance par la propagande du Spectacle . La deuxiÃ¨me point, l'Ã©troite dÃ©termination de l'acceptable, est soigneusement rendu flou, implicite, et variable selon la puissance financiÃ¨re ; ce que peut se permettre un homme trÃ¨s riche est trÃ¨s Ã©loignÃ© de ce que peuvent se permettre les autres hommes . Le Spectacle montre la vie de l'oligarchie comme la norme de la libertÃ© vÃ©cue dans le SystÃ¨me â€“ voyez par exemple &lt;em&gt;Vicky Christina Barcelona &lt;/em&gt;de Woody Allen pour illustrer cela . En clair, les rÃ¨gles rÃ©elles sont celles d'un asservissement et d'une exploitation essentiellement semblables aux formes totalitaires du pouvoir moderne, mais prÃ©sentÃ©es dans le papier cadeau d'une idÃ©ologie et d'une auto-constitution du rÃ©cit de soi qui les prÃ©sentent comme l'effet d'une volontÃ©, d'un dÃ©sir ou d'une responsabilitÃ© individuelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme tout autre systÃ¨me social, le SystÃ¨me connait des modes de traitement de la dÃ©viance . Il est possible de distinguer trois types de traitement de l'Ã©cart dans notre monde : le mode de la faute et de la punition ; le mode de l'erreur et de la correction de l'erreur ; le mode de la maladie et du traitement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, rechercher la richesse en dehors des rÃ¨gles est Â« dÃ©linquance Â», et mÃ©rite une punition ; sauf peut Ãªtre si un paysan vendait au marchÃ© les produits issus de ses propres semences, ce qui est interdit, mais peut Ãªtre acceptÃ© comme une erreur . Le SystÃ¨me exalte la richesse et la violence auprÃ¨s des enfants pauvres, puis traite leur comportement imitÃ© de modÃ¨les du Spectacle comme une faute et les punit ; de mÃªme, le SystÃ¨me intensifie par le Spectacle le dÃ©sir sexuel des jeunes mÃ¢les des classes infÃ©rieures, puisque cette intensification participe de sous-systÃ¨mes d'exploitation et d'humiliation symbolique ; mais il punit trÃ¨s sÃ©vÃ¨rement les violences sexuelles qu'il valorise par ailleurs implicitement dans le Spectacle pornographique . Un SystÃ¨me de domination a besoin de coupables Ã  punir ; et au besoin, il pousse Ã  la faute . Voire mÃªme, il invente la faute pour pouvoir rÃ©primer la dÃ©viance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est de la dÃ©viance posÃ©e comme erreur, il faut souligner que le lien entre le capitalisme et le mensonge n'est pas un lien accidentel, mais un lien essentiel : le SystÃ¨me ne peut fonctionner sans le Spectacle, sans se la raconter . Organiser la domination dans le cadre d'une autonomie individuelle de l'asservissement oblige Ã©videmment Ã  produire des rÃ©cits essentiellement mensongers, puisque dont la finalitÃ© mÃªme est dÃ¨s l'origine la dissimulation et le dÃ©tournement de la rÃ©alitÃ© . Tels sont les contes de la libertÃ© individuelle, de l'individu tout-puissant auto-constituÃ© du Contrat Social, et le conte de la libertÃ© et de la recherche du bonheur dans un SystÃ¨me complÃ¨tement verrouillÃ©, qu'il est rÃ©ellement . Telle est avant tout l'idÃ©ologie racine du SystÃ¨me, c'est Ã  dire le discours qui prÃ©sente le monde comme un chaos horizontal de choses matÃ©rielles individuelles, et qui nie toute constitution propre d'un ordre du monde comme effet de la subjectivitÃ©, et qui nie encore toute ontologie de la constitution symbolique des mondes â€“ sans parler de sa nÃ©gation du souffle des dieux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi les orientations verticales du dÃ©sir, le dÃ©sir du Tout-Autre, qui ne peuvent Ãªtre prÃ©sentÃ©es aisÃ©ment comme dÃ©linquantes â€“ en dehors de la consommation de drogues psychÃ©dÃ©lique ou de recherche collective de la transe â€“ sont elles prÃ©sentÃ©es par les laquais du SystÃ¨me comme l'effet de mauvaises manigances de sectes â€“ qui existent, bien sÃ»r â€“ et des erreurs, comme des asservissements monstrueux des religions, dont il faut se libÃ©rer pour entrer pleinement dans la libertÃ© du SystÃ¨me . C'est Ã  dire que pour ces marchands de soupe idÃ©ologique, il faut rÃ©duire rigoureusement les Ã©tats multiples de l'Ãªtre, rÃ©duire indÃ©finiment le champ de l'imagination et de la pensÃ©e, pour accÃ©der Ã  la libertÃ© â€“ cette libertÃ© qui de ce fait devient l'autonomie de l'asservissement . Une telle libertÃ© n'est que la perte de conscience des chaÃ®nes, l'ignorance prÃ©sentÃ©e comme une vertu, tant il est vrai que la connaissance augmente la douleur . Le discours des idÃ©ologues de la libÃ©ration syntones au SystÃ¨me doit sans cesse masquer cette Ã©vidence historique, Ã  savoir que les plus puissants mouvements de libÃ©ration de l'histoire se sont trÃ¨s souvent appuyÃ©s sur un discours thÃ©ologique pour s'opposer Ã  une domination matÃ©rielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idÃ©ologie racine du SystÃ¨me est une fonction d'asservissement individuel, le logiciel individuel de socialisation des valets . Penser ou croire hors de l'idÃ©ologie racine, voilÃ  ce qui est nommÃ© Â« erreur Â», et pour lequel nombre de bonnes gens sont prÃªts Ã  vous Â« Ã©clairer Â» ou Ã  vous Â« former Â», mÃªme s'ils participent de l'ignorance la plus crasse . Et si vous rÃ©sistez, vous risquez d'Ãªtre traitÃ© comme un malade .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est vrai qu'un Ã©cart creusÃ© risque de provoquer souffrance et isolement . En cas de non-respect massif du Â« principe de rÃ©alitÃ© Â» du SystÃ¨me, et d'inadaptation au fonctionnement social, il est Ã©vident que la personne concernÃ©e montrera aussi des signes Ã©vidents de souffrance . Par contre, il n'est pas du tout prÃ©visible que cette personne soit capable de comprendre et de remettre en cause le fonctionnement global de sa propre stigmatisation . En clair, sur le modÃ¨le soviÃ©tique de traitement de la dissidence, l'inadaptation au SystÃ¨me peut Ãªtre traitÃ©e comme une maladie â€“ ce trait est typique chez Freud, dans sa haine non dissimulÃ©e pour MoÃ¯se et de toute conception sacrÃ©e du monde . Pourtant dans un monde malade, Ãªtre parfaitement sain et adaptÃ© est le signe d'une dÃ©shumanisation extrÃªme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mensonge gÃ©nÃ©ralisÃ© est un fondement du SystÃ¨me moderne . Le Spectacle, le progressisme, la propagande Ã  l'Ã©chelle de la communautÃ© ; le narcissisme, le rÃ©cit de soi, Ã  l'Ã©chelle individuelle . L'idÃ©ologie racine est la langue commune des mensonges des adultes, le langue commune de la la nÃ©gation moderne de tout l'hÃ©ritage des hommes, c'est Ã  dire d'Adam . TrÃ¨s clairement, il ne peut y avoir d'autre guerre que cette guerre intÃ©rieure d'abandon de l'ego, et de sortie du Spectacle et de l'idÃ©ologie racine des modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les contradictions Ã©conomiques qui Ã©cartÃ¨lent le SystÃ¨me dans son auto-constitution destructrice ne sont pas l'Ã©quivalent d'une libÃ©ration des principes du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous allons vers le chaos sans pensÃ©e de rechange. Dire "le chaos nous permet d'Ã©viter de construire un monde par la pensÃ©e et par la grÃ¢ce" est une sottise. L'ordre impliquÃ© dans l'homme, le reflet Ã©loignÃ© de la puissance impÃ©riale qui mÃ¨ne la guerre contre le SystÃ¨me chez l'homme noble aspire Ã  dÃ©truire les enfermements du SystÃ¨me, mais pas Ã  dÃ©truire pour dÃ©truire. La destruction d'un enfermement dans le cadre du SystÃ¨me n'a jamais Ã©tÃ© qu'un remplacement . Pendant la guerre totale, Ã  partir de 1916, le travail des femmes a permis de fournir le front en armes â€“ telle est la racine de la Â« libÃ©ration de la femme Â» vendue par le SystÃ¨me, la mobilisation totale de la main d'Å“uvre par delÃ  les limites coutumiÃ¨res ou sociales . Les destructions actuelles des ordres de la production ne sont pas grosses de libÃ©rations Ã  venir, mais creusent des voies nouvelles de l'asservissement â€“ il est essentiel de penser hors du SystÃ¨me pour sortir du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois nous parlons de guerre, de destruction nÃ©cessaire . Cette destruction est intentionnelle, elle vise Ã  dÃ©truire ce qui est identifiÃ© comme un mal . Elle vise Ã  dÃ©truire non pour mettre Ã  mort le monde des hommes, mais en dÃ©sirant vivre encore, et plus . Ce qui est Ã  dÃ©truire n'est que ce qui peut Ãªtre dÃ©truit, l'immense accumulation infinie de richesses et d'images qui par cette quantitÃ© mÃªme, dÃ©vorent le temps des hommes . L'accumulation de choses et d'images pousse les hommes, qui ne cessent d'accÃ©lÃ©rer leur passage, Ã  en perdre la mÃ©moire, la rÃ©flexion, la rumination, la connaissance . En vÃ©ritÃ©, les hommes perdent leur sang, leur vie, leur souffle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous perdons la justice par la fermeture des canaux des mondes . Il n'y a pas besoin de tant d'argent et de biens pour respirer sous les Ã©toiles . Nous avons besoin de nuditÃ©, parfois . Le soleil brille pour tous les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand nous parlons de dÃ©truire, nous pensons dÃ©truire par amour et avec amour au delÃ  de la haine et de la rÃ©volte . DÃ©truire pour respirer, comme Rimbaud Ã©crivait, comme un artiste qui projette des formes, rÃ©pliquant le souffle initial .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est impossible de comprendre mes propos sans comprendre la thÃ©orie du pli constitutif de l'ordre social, pli en rÃ©alitÃ© toujours dÃ©jÃ  prÃ©sent dans le langage . Pour parler, il nous faut nous appuyer sur des ordres sÃ©mantiques dÃ©jÃ  constituÃ©s, qu'il faut admettre sans discussion pour pouvoir exprimer un discours . Les discours les plus opposÃ©s d'une Ã©poque se lÃ¨vent ainsi sur un horizon sÃ©mantique commun, une ontologie, un dictionnaire, ou conception du monde implicite commune . Revenir sur ce socle est l'acte rÃ©volutionnaire de la pensÃ©e par excellence, et c'est pourquoi l'ontologie, le creusement des principes de la pensÃ©e, est le lieu obscur oÃ¹ se forment les rÃ©volutions â€“ que ce soit dans la mÃ©taphysique scolastique du XIVÃ¨me siÃ¨cle, forge de l'idÃ©ologie racine, ou dans l'idÃ©alisme allemand, forge du marxisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'horizon sÃ©mantique commun est un ensemble de dÃ©cisions sur l'Ãªtre, ce ce qui est et qui n'est pas, sur ce qui est possible et impossible â€“ et donc sur ce qui peut Ãªtre fait, Ã©tabli, dÃ©sirÃ© dans le monde . C'est un ensemble de dÃ©terminations qui limite le visible, un processus de rÃ©duction de la complexitÃ© indispensable qui facilite communication et dÃ©cisions . Sans rÃ©duction de la complexitÃ©, il n'y aurait pas de groupes humains capable de survivre des siÃ¨cles . Mais de telles dÃ©cisions, qui sont ensuite vÃ©cues comme des faits d'Ãªtre, relÃ¨vent de la souverainetÃ© humaine, des lois primordiales, des personnages de premier lÃ©gislateur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette puissance reste prÃ©sente parmi les hommes . Toujours, les hommes savent obscurÃ©ment que le monde pourrait Ãªtre autre ; la puissance qui a constituÃ© leur monde commun par sÃ©dimentation de dÃ©cisions parfois Ã  peine conscientes comme telles, peut aussi dÃ©cider d'autres mondes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'ordre du monde posÃ© par la souverainetÃ© humaine, pour Ãªtre gÃ©nÃ©ralement acceptÃ©, doit Ãªtre reÃ§u comme essentiellement Ã©tranger Ã  la volontÃ© de puissance de l'homme ; de ce fait, le SystÃ¨me social voile Ã  ses propres regards sa libertÃ© essentielle de constituer le monde . Autrement dit, la constitution du monde est ainsi la constitution du Bien et du Mal ; et une fois cette constitution opÃ©rÃ©e, le principe de souverainetÃ© qui a posÃ© le Bien et le Mal ne peut Ãªtre que par delÃ  le Bien et le Mal, par delÃ  la puissance de voir de l'homme moral constituÃ© par la souverainetÃ© . L'homme produit par la souverainetÃ© devient aveugle Ã  la souverainetÃ© . La souverainetÃ© est par delÃ  le Bien et le Mal, puisqu'elle les constitue ; et la puissance qui a posÃ© cette distinction ne peut Ãªtre qu'inquiÃ©tante, voire mauvaise, pour celui qui classe tout dans l'ordre moral .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme moral ne peut voir le principe souverain que comme une violence redoutable pouvant Ã  tout instant renverser l'ordre naturel du monde . De mÃªme, au niveau individuel, l'ensemble de dÃ©cisions qui a dÃ©fini le moi et le non-moi â€“ ensemble de dÃ©cisions relatif et arbitraire en partie â€“ doit rester voilÃ©, et objet d'une nÃ©gation dans la construction psychique de la plupart des hommes . Ce que Virginie Despentes exprime Ã  sa faÃ§on en disant que nombre de femmes (et d'hommes) ne veulent pas savoir ce qui les excite sexuellement . Car dÃ©voiler que le dÃ©sir dÃ©passe les bornes de l'ego, et donc du consentement, comprendre que l'on ne dÃ©sire pas ce que l'on veut, mais que souvent on veut ce qu'une puissance dÃ©sire Ã  travers soi - comprendre la fragilitÃ© de l'ego est destructeur pour les Ãªtres humains constituÃ©s de limites rigides pour Ã©chapper Ã  l'aspiration infinie du vide intÃ©rieur . L'ego n'est pas une positivitÃ©, mais la position d'un ensemble de dÃ©terminations, un vide essentiel repliÃ© sur lui-mÃªme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pire traumatisme de toutes les sÃ©ductions n'est pas le traumatisme physique, mais l'insÃ©curitÃ© intÃ©rieure et la culpabilitÃ© nÃ©e de la conscience de son dÃ©sir chez un homme constituÃ© d'un ego normalisÃ© . L'homme noble, qui a fait l'expÃ©rience de se donner, de se dÃ©tacher de l'ego pour se donner Ã  son dÃ©sir â€“ parce que la puissance de ce dÃ©sir le dÃ©borde, l'incendie voluptueusement â€“ a fait l'expÃ©rience des limites de l'ego, selon le mot mÃªme de William Blake : &lt;em&gt;tu ne saurais pas ce qu'est assez, si tu ne savais pas ce qu'est plus qu'assez &lt;/em&gt;. C'est dÃ©jÃ  une premiÃ¨re expÃ©rience du fidÃ¨le d'amour, de passer de l'autre cÃ´tÃ© du miroir de l'ego, et de l'avoir dÃ©couvert vide .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dissociation de l'ordre juridique se rÃ©plique dans chaque homme moyen via la dissÃ©mination de matrices sÃ©mantiques par le langage de la tribu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La structure de l'homme moderne est schÃ©matique . Par terreur de ses profondeurs, tout Ãªtre humain moderne se clive de la puissance originelle qui sourd dans ses profondeurs . Le reste, nommÃ© Â« conscience Â», pose ses rÃ¨gles dÃ©terminÃ©es comme Raison, et les vestiges du monde, le monde qui reste visible Ã  la conscience est nommÃ©Â« rÃ©alitÃ© Â» - les autres mondes Ã©tant nommÃ©s Â« imaginaire Â» . Cette structuration mutilÃ©e, l'homme moderne la nomme Â« santÃ© Â», et le respect de cette structure Â« principe de rÃ©alitÃ© Â» . La conscience se pose comme fondement de la libertÃ© qu'il redÃ©finit, comme volontÃ© consciente d'un ego : cette libertÃ© lÃ , Ã©troitement dÃ©terminÃ©e, n'est pas la libertÃ© originelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La personne est faite de liens tissÃ©s centrÃ©s sur un abÃ®me insaisissable, mÃªme Ã  elle mÃªme, un puits insondable et un volcan de flammes. On ne peut dÃ©finir, et donc assigner des limites Ã  la personne authentique, dont l'objet corps est un masque, &lt;em&gt;persona&lt;/em&gt;. Le corps d'un mort est l'objet qui Ã©tait un constituant de la personne, le rÃ©sultat de ce que les Anciens appelaient symboliquement Â« le dÃ©part de l'Ã¢me Â». L'erreur fut de faire de l'Ã¢me, tissage de tissages indÃ©finis, une chose . &lt;em&gt;L'Ã¢me est, en quelque sorte, toutes choses&lt;/em&gt; (Aristote) .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ReconquÃ©rir la puissance originelle de fondation du Verbe par la transgression des frontiÃ¨res de l'ego est un geste commun du poÃ¨te et du prophÃ¨te, mais aussi une figure de l'Ã©rotique . L'Ã©rotique rÃ©capitule la prophÃ©tie . Cette phrase sera un jour justifiÃ©e . &lt;em&gt;Le dÃ©rÃ¨glement volontaire de tous les sens &lt;/em&gt;de Rimbaud en est un exemple d'une telle reconquÃªte par la transgression . Mais une telle Å“uvre est une Å“uvre d'illumination, une percÃ©e vers la vision, pas le simple dÃ©sir chaotique de la schizophrÃ©nie et de l'oubli de la douleur . Penser ainsi Ã  la schizophrÃ©nie est le signe sÃ»r d'une pensÃ©e restÃ©e enfermÃ©e dans les catÃ©gories de l'idÃ©ologie racine, qui assimile l'abandon du principe de rÃ©alitÃ© de l'idÃ©ologie racine â€“ ce principe de rÃ©duction de la complexitÃ© du monde rÃ©el seulement Ã  tout ce qui est assimilable par le SystÃ¨me et la Raison des sous-systÃ¨mes psychiques â€“ Ã  l'abandon de toute rÃ©alitÃ© possible, au dÃ©part vers la folie, voire la dÃ©mence pure et simple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La transgression des frontiÃ¨res de l'ego, comme le travail rÃ©volutionnaire sur l'idÃ©ologie, ne sont pas des activitÃ©s sans vision, des bouffÃ©es dÃ©lirantes . Ce sont des dÃ©marches de libÃ©ration . Les prisonniers de l'idÃ©ologie voient la destruction de leurs fers par l'auto-constitution du SystÃ¨me sans voir leur remplacement par des fers plus puissants . Il n'est pas possible d'attendre l'auto-destruction du SystÃ¨me de sa propre puissance interne . Il ne peut pas suffire d'appeler indistinctement Ã  la guerre et Ã  la destruction du SystÃ¨me non plus . DÃ©truire, pour quoi faire ? Pour Ã©tablir quel nouvel ordre, voir se lever quelle aube ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DÃ©truire par le chaos est la plongÃ©e dans la nuit sans retour - ce que nous avons tout pour savoir, et peu de courage de regarder, dans les bilans sanglants des siÃ¨cles . Dans ce monde, j'entends sans cesse appeler Ã  la guerre ; mais appeler Ã  la guerre est un rare privilÃ¨ge du sage . Et tous ne sont pas appelÃ©s Ã  la guerre, et mÃªme ceux qui sont appelÃ©s ne le sont pas uniment .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La proclamation d'une guerre juste passe par la constatation d'un mal, pas par une dÃ©cision Ã©gotique . Une telle constatation, pour ne pas Ãªtre l'illusion d'un narcissisme moderne, ou un mensonge intÃ©ressÃ© du Spectacle, ce qui est strictement analogue, doit s'appuyer sur une lÃ©gitimitÃ© d'ordre impÃ©rial essentiellement absente des manifestations modernes du monde . L'homme noble n'a pas besoin d'ennemis pour exister . On est rarement en vÃ©ritÃ© ce que l'on proclame en hurlant . Trop souvent, les appels Ã  la guerre clament la souffrance de ne pas Ãªtre â€“ sont des scÃ©narios qui donnent une existence fictive Ã  des blooms . L'illusion d'Ãªtre ne peut produire que l'illusion de libertÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÃªme notre guerre doit se faire avec la conscience que la guerre est l'effet nÃ©cessaire d'un mal essentiel . La puissance du guerrier est au service de la justice, mais le guerrier n'est pas le modÃ¨le du Sage . Le guerrier peut devenir sage, mais finalement quitte la voie du guerrier . S'organiser comme guerrier est s'organiser pour pÃ©renniser l'ordre du SystÃ¨me . Cet ordre est Ã©phÃ©mÃ¨re, mÃªme s'il devait encore durer mille ans . Il est des guerres justes ; il n'est pas de guerres bonnes . Nous nous devons Ã  nous mÃªme d'exister, de souffler, sans Ãªtre constituÃ©s par cette opposition Ã  un monde pourtant monstrueux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vÃ©ritable guerre du monde moderne, c'est de rester fidÃ¨le aux autres mondes dans l'usure toujours renouvelÃ©e du SystÃ¨me â€“ de rÃ©sister Ã  ce Ã  quoi que mÃªme un Rimbaud n' pas rÃ©sistÃ©, prÃ©fÃ©rant la fuite . RÃ©sister Ã  l'extÃ©nuation de toute supÃ©rioritÃ© dans le SystÃ¨me, rÃ©sister au spectacle du triomphe de la bÃªtise Ã  front de taureau, rÃ©sister Ã  toute la puissance d'Ã©crasement et d'annihilation du Spectacle . RÃ©sister, Ãªtre essentiellement dissident, sans retour, telle est l'essence la plus amÃ¨re de notre guerre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais gagner ma vie de l'Ã©criture, mais sans le joug du marchÃ©, sans le conformisme Ã©touffant de l'UniversitÃ© - sans sacrifier la vÃ©ritÃ© Ã  l'agrÃ©ment commercial, sans sacrifier la description de la laideur intense du monde moderne Ã  l'Â« Ã©thique Â» merchandisÃ©e de l'UniversitÃ© . Cela est Ã  ce jour impossible . Devons nous accepter les rÃ¨gles du SystÃ¨me, qui dit implicitement que nous n'existons pas, que nos propos sont des bavardages de plus, devons nous accepter la censure par le bruit ? Nous n'avons pas d'autres choix que refuser les rÃ¨gles du jeu . Edgar Morin note justement : &lt;em&gt;Je suis passÃ© de lâ€™Ã©poque de la RÃ©sistance oÃ¹ jâ€™Ã©tais jeune, oÃ¹ il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, Ã  dâ€™autres formes de rÃ©sistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomniÃ© ou bafouÃ©&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vÃ©ritable dilemme moral du temps est de se donner la puissance d'autres mondes oÃ¹ vivre debout comme un homme, ou de se complaire dans les affres de la destruction du monde moderne - d'appeler au meurtre, de croire que l'on peut se rassasier de sang une fois qu'il est versÃ©, et versÃ©, et versÃ© . Il est tellement plus dur, et plus sÃ©vÃ¨re, d'identifier en soi ses premiers ennemis . Abd El Kader, un grand chef de guerre terrestre, note lui-mÃªme que &lt;em&gt;le gnostique est exemptÃ© de l'obligation de guerre contre le mal .&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux rester dissident sans m'enivrer de haine, sans dÃ©signer des gens en trop . La justice peut Ãªtre avide de sang, mais pas la misÃ©ricorde . La MisÃ©ricorde a Ã©tendu sa main pour protÃ©ger CaÃ¯n . Et la splendeur de l'amour m'a enseignÃ© la misÃ©ricorde, la misÃ©ricorde infinie des aubes des mondes, lues dans tes yeux noirs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Ã©rotique rÃ©capitule la prophÃ©tie . Cette phrase sera un jour justifiÃ©e . Je suis fidÃ¨le d'Amour, et amant de MisÃ©ricorde . Je crois en ces mots durs comme le fer des temps : tu ne tueras pas ton frÃ¨re . Tu ne verseras pas le sang, la sÃ¨ve, le souffle sur la terre - tu aspireras Ã  Ã©tablir le ciel sur la terre, Ã  Ãªtre gardien de la Terre Sainte, parmi toutes les usures et les reniements du temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne refuse pas le combat, mais je ne le cherche pas â€“ mÃªme celui de la grande guerre intÃ©rieure . Si je le rencontre, cela sera par l'ordre de la nÃ©cessitÃ© . Il n'est pas, Ã  ce jour, nÃ©cessaire de tuer . La guerre moderne n'est pas une Ã©cole d'hÃ©roÃ¯sme, et depuis trÃ¨s longtemps . La guerre sanglante ne vaut que comme image de la grande guerre dans le Ciel, et pas l'inverse . Enfin, et surtout, il nous appartient de reconnaÃ®tre la noblesse de nos ennemis, et de ne pas nous abaisser Ã  Ãªtre perturbÃ© par les aboiements de chiens sans autre maÃ®tre que le SystÃ¨me . La vÃ©ritÃ©, la beautÃ© et l'Ã©ternitÃ© sont plus que toutes les guerres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il appartient d'abord au poÃ¨te de manifester le Verbe . Telle est l'Ã©pÃ©e de sa bouche .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sache que celui qui connaÃ®t le secret des Ã©chelons supÃ©rieurs et l'Ã©manation des sephirot, selon le secret de l'Ã©panchant et du recevant, selon le secret du ciel et de la terre et de la terre et du ciel, connaÃ®tra les secrets du lien de toutes les sephirot et le secret de de toutes les crÃ©ations de l'univers : comment les unes reÃ§oivent des autres et se nourrissent les unes aux autres . Toutes reÃ§oivent puissance Ã©manative, alimentation, subsistance, et vitalitÃ© de la part du Nom, bÃ©ni soit-il . Celui qui connait cette voie connaÃ®tra comment est grande la puissance de l'homme soit qu'il accomplit les (â€¦) commandements, rÃ©parant ainsi les canaux en tout Ã©panchant et recevant, soit qu'il endommage les canaux et interrompt les influx . (â€¦) (Le premier est appelÃ©) le juste, et le juste est le fondement du monde&lt;/em&gt; .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-8457878259571919204?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/8457878259571919204/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=8457878259571919204' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8457878259571919204'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8457878259571919204'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/12/de-la-guerre-et-de-laube-entrelacee-des.html' title='De la guerre et de l&apos;Aube entrelacÃ©e des Ã©ons .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-sPSSUK1nWzA/Ttolj6dyMoI/AAAAAAAABVI/IbpE4lkbjIs/s72-c/Joachim_von_Fiore-Zeitalter.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-6190576046445143069</id><published>2011-11-26T02:33:00.009-08:00</published><updated>2011-11-26T06:21:33.391-08:00</updated><title type='text'>ÃŠtre loup, ou le silence des forÃªts en hiver .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-2VMfghyLVE8/TtDMRr4O_PI/AAAAAAAABUk/45vnw_Zz-XI/s1600/SPARE2.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 272px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5679263734322625778" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-2VMfghyLVE8/TtDMRr4O_PI/AAAAAAAABUk/45vnw_Zz-XI/s400/SPARE2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-WsXCnq05aqg/TtDKne-m_1I/AAAAAAAABUY/4Ml9DcVfiz4/s1600/SuperStock_1890-18192.jpg"&gt;&lt;/a&gt; &lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Austin Osman Spare, the vampires are coming)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vÃ©ritÃ© sur ce que peut Ãªtre un ordre dÃ©veloppant la puissance spirituelle d'affronter le LÃ©viathan du monde moderne . Dire la vÃ©ritÃ©, car il s'agit bien de vÃ©ritÃ© . Pour Ãªtre le ciment d'une sociÃ©tÃ© humaine, il n'existe que peu de ce que Luhmann nomme des &lt;em&gt;mÃ©dias de communication symboliquement gÃ©nÃ©ralisÃ©s&lt;/em&gt;, c'est Ã  dire l'expression de la puissance de l'unification, quand le dÃ©veloppement de la complexitÃ© sociale, la multiplication des sous-systÃ¨mes fonctionnels, est corrÃ©lativement le dÃ©veloppement de puissances de dissolution, de fragmentation Ã  l'infini . De ces contenants de la guerre civile en puissance qu'est une sociÃ©tÃ© humaine, de ces mÃ©diations symboliques de l'unification, il n'est guÃ¨re que le droit, le pouvoir, la vÃ©ritÃ©, l'argent, le Spectacle, l'idÃ©ologie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mÃ©dia de communication symboliquement gÃ©nÃ©ralisÃ©s suivent une Ã©volution inverse du dÃ©veloppement de la complexitÃ© sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La complexitÃ© sociale renforce les spÃ©cialisations, c'est Ã  dire l'isolement des sous-systÃ¨mes psychiques . Ceux-ci deviennent de plus en plus impuissants Ã  porter la totalitÃ© sociale en image impliquÃ©e en eux-mÃªme, sous la forme de la vÃ©ritÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le rÃ¨gne de l'argent, comme mÃ©dia de communication symboliquement gÃ©nÃ©ralisÃ©, est le signe de l'abandon du langage et de la vÃ©ritÃ© comme mode premier et principal de l'unification communautaire humaine&lt;/strong&gt; . Le rÃ¨gne de l'argent est celui de la sociÃ©tÃ© post-culturelle, rÃ¨gne Ã©vident dans le monde moderne . L'argent est une voie de simplification indÃ©finie du codage social, du ciment de la sociÃ©tÃ©, ciment rÃ©sumÃ© Ã  la quantitÃ© . Le codage s'extÃ©nue vers le nÃ©ant de l'absurde Ã  mesure que la communautÃ© rÃ©elle des hommes, dans le processus de complexification et donc de division Ã  l'infini des sous-systÃ¨mes, liÃ©e au dÃ©veloppement des forces productives, s'extÃ©nue elle-mÃªme vers le nÃ©ant quantitatif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant dire que la pensÃ©e de Deleuze est parfaitement fonctionnelle Ã  ce processus de dÃ©composition, reprÃ©sentÃ© dans le spectacle du verbe magistral comme une libÃ©ration - libÃ©ration parfaitement illusoire, comme si le vol d'un oiseau pouvait Ãªtre libÃ©rÃ© de la rÃ©sistance de l'air .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le processus du nihilisme, ou dÃ©senchantement du monde, est - autrement dit - identique Ã  la transition de la vÃ©ritÃ© symbolique, comme mode de tissage de l'unitÃ© communautaire, vers l'argent et le quantitatif â€“ mode quantitatif d'unification que reprÃ©sente la dÃ©mocratie moderne comme concept de consensus . Le rÃ¨gne de l'argent et la dÃ©mocratie moderne sont des miroirs fonctionnels l'un de l'autre . &lt;strong&gt;Comme l'argent, la dÃ©mocratie moderne ne prÃ©suppose aucune autre communication entre les hommes que la quantitÃ© comme rÃ©fÃ©rence symbolique rÃ©duite au plus infime dÃ©nominateur commun &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'argent, le vote, la fortune remplacent rÃ©ellement le langage comme fondement de l'unitÃ© des hommes â€“ et ainsi l'absence de toute pensÃ©e politique, le solipsisme et les illusions de la toute puissance du bloom se rÃ©duisent dans l'individu Ã  une absence de construction symbolique des limites de l'ego, c'est Ã  dire une forme gÃ©nÃ©ralisÃ©e de ce qui autrefois Ã©tait considÃ©rÃ© comme des formes pathologiques de constitution de la personnalitÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la mentalitÃ© antique, le temps donnÃ© au travail productif, mÃ©prisable, n'Ã©tait donnÃ© que comme rÃ©serve prÃ©alable Ã  la pleine jouissance de la vie liÃ©e aux autres hommes, au langage, Ã  l'amitiÃ©, la vie de citoyen, Ã  l'amour . Nous nous reprÃ©sentons encore parfois le travail comme Ã©tant la recherche de moyens d'existences, et la vie rÃ©elle comme le loisir rÃ©siduel . Mais ce n'est pas le fonctionnement rÃ©el du travail social moderne . Le travail social moderne n'est que le travail comme essence de la vie, puisque la vie communautaire rÃ©elle s'extÃ©nue indÃ©finiment ( il n'est que de comparer la vie sociale des temps passÃ©s de la frÃ©quence moderne de longues pÃ©riodes de solitude dans la vie des hommes ) . La communautÃ© humaine moderne ne devient que mesurÃ©e Ã  la quantitÃ©, Ã  l'argent . L'Union EuropÃ©ene n'a pas d'autre langue commune que sa monnaie . Le travail productif et le service de la quantitÃ© deviennent la seule sociabilitÃ© rÃ©siduelle, sans pour autant pouvoir servir, comme dans la sociabilitÃ© ouvriÃ¨re communiste, de support d'un sens de la vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est rien Ã  attendre de ce monde que de mourir Ã  la tÃ¢che de produire et de consommer . C'est quand nous aurons compris cela, c'est quand nous aurons levÃ© toutes les illusions rÃ©siduelles sur le SystÃ¨me, que nous aurons compris que nous n'avons rien Ã  perdre de la chute du mythe libÃ©ral . Perdre quoi ? La seule peur du vide, l'absence de tous les cadres du SystÃ¨me â€“ et la dÃ©pendance matÃ©rielle de tout homme dans le SystÃ¨me, puisque le processus de complexification des forces productives est identique au processus d'hyper-spÃ©cialisation des sous-systÃ¨mes psychiques, et donc de l'intensification de la dÃ©pendance de chaque homme, maintenus dans l'immaturitÃ©, incapables de penser leurs emplois dans leur globalitÃ© fonctionnelle, de construire leur logement, incapables de cuisiner sans parler de produire leurs aliments, incapables pour la plupart de prendre des dÃ©cisions simples et vitales - incapables mÃªme de s'accorder Ã  leur propre dÃ©sir, sans immenses efforts â€“ il n'est que de voir l'esprit de troupeau des masses du monde moderne, ou les simagrÃ©es des modernes Â«gender philosophes Â» sur le consentement sexuel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce contexte d'extÃ©nuation des liens autres que les liens d'argent, de Spectacle et de quantitÃ© Ã  travers le sondage et le vote, &lt;strong&gt;comment penser que le prÃ©alable d'un mouvement rÃ©volutionnaire soient les principes quantitatifs modernes, dit Â« dÃ©mocratiques Â» ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principe mÃªme du vote dans un mouvement d'Avant-garde est de poser que la vÃ©ritÃ©, comme mÃ©dia de communication symboliquement gÃ©nÃ©ralisÃ©, c'est Ã  dire comme principe d'unitÃ© d'un mouvement rÃ©volutionnaire, ne peut Ãªtre le plus puissant parmi les hommes du mouvement . Mais au contraire, que l'opinion du plus grand nombre doit recevoir ce rÃ´le de principe directeur de la communautÃ© marginale . Pourtant un mouvement dissident doit s'appuyer sur quelque puissance qui le dÃ©passe et qui l'entraÃ®ne, sur une puissance verticale - sur la vÃ©ritÃ©, analogue dans le verbe des hommes du Soleil invaincu . Telle Ã©tait la position la plus normative des Avants-gardes de l'Est avant 1945, par exemple . Soutenir le principe Ã©lectoral dans l'Avant-garde, cela signifie que dans le mouvement les idÃ©es les plus aisÃ©es, dÃ©sirables et confortables Ã  soutenir Ã  partir de l'imprÃ©gnation idÃ©ologique des membres, imprÃ©gnation laissÃ©e au SystÃ¨me, doivent dominer le marchÃ© idÃ©ologique crÃ©e par le vote dans le mouvement . Le conformisme au SystÃ¨me du rÃ©sultat est prÃ©visible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, la puissance quantitative, par hypothÃ¨se, appartient finalement au SystÃ¨me : le principe dÃ©mocratique dans une organisation rÃ©volutionnaire suppose que le SystÃ¨me doit Ãªtre affrontÃ© avec ses propres principes, et sur le terrain oÃ¹ sa puissance est la plus grande . Autant dire qu'un tel Â« mouvement rÃ©volutionnaire Â» ne pourrait Ãªtre ainsi qu'absolument inoffensif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par dÃ©finition, des positions d'avant garde ne peuvent naÃ®tre comme Ã©tant celles du plus grand nombre . C'est la puissance de la vÃ©ritÃ© qui permet au rÃ©sistant isolÃ© de faire face aux plus immenses puissances de rÃ©pression, Ã  la torture et Ã  la misÃ¨re ; c'est la puissance de la vÃ©ritÃ© qui permet Ã  Marguerite PorÃ¨te de refuser de se soumettre Ã  ses juges . C'est la vÃ©ritÃ© encore qui permet Ã  Sophie Scholl, de la rose Blanche, de proclamer que tous ces aryens qui la jugent, qui se vantent d'Ãªtre forts et sans peurs, sont en vÃ©ritÃ© terrorisÃ©s par un SystÃ¨me policier qui les enchaÃ®ne dans des crimes sans noms . &lt;strong&gt;Il n'est ni dissidence, ni rÃ©sistance sans vÃ©ritÃ© . La vÃ©ritÃ© est l'arme infime des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La question de la vÃ©ritÃ© n'est pas une question politique . La politique doit se soumettre Ã  la vÃ©ritÃ© . C'est l'espoir d'un rÃ¨gne de l'Ãªtre, et non du Spectacle . Car sans vÃ©ritÃ©, il n'est pas de loyautÃ©, et donc pas de lien inconditionnel . Un tel renoncement relÃ¨ve des renoncements que le SystÃ¨me voudrait sans gravitÃ© . Mais si, c'est trÃ¨s grave . Le vrai n'est pas ce que je veux . Le vrai est ce qui est .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment se nommait la stratÃ©gie du Mahatma Gandhi ? Elle s'appelait le Satyagraha, le Â« se tenir dans la vÃ©ritÃ© Â» .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abandonner la vÃ©ritÃ© pour le vote, c'est donner raison Ã  CÃ©sar, Ã  Ponce Pilate . C'est poser la question prÃ©alable : Â« la vÃ©ritÃ©, combien de divisions ? Â» . &lt;strong&gt;La gravitÃ© rÃ©elle d'un crime ne dÃ©pend pas d'un vote, ni d'un nombre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Ã‰coutez ces propos d'un militant "socialiste" sur l'idÃ©alisme dans le P.S : &lt;em&gt;"Lâ€™idÃ©alisme militant se heurte Ã  un constat simple : les partis sont des organisations humaines et, en tant que telles, sont travaillÃ©s par des logiques et des tensions communes Ã  toutes les organisations humaines. Ambitions. Arrangements. Passe-droits. Combines. Haines personnelles. Cliques et bandes. Oligarchies internes. Etc"&lt;/em&gt;...&lt;strong&gt;VoilÃ  ce qu'est un parti politique : une petite rÃ©plique de l'oligarchie dominante, et une rÃ©plique de l'idÃ©ologie dominante, adaptÃ©e Ã  un style de public fonctionnel au SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Quel est cet idÃ©alisme militant, sinon un idÃ©alisme sans affrontement du rÃ©el ? Car s'il voyait la vÃ©ritÃ©, la rÃ©alitÃ© cruelle sans ses masques du commerce Ã©lectoral de la reprÃ©sentation, il ne serait pas la victime pitoyable du Spectacle et de ses illusions . Il saurait &lt;strong&gt;qu'il n'y a pas d'idÃ©alisme authentique dans les organes fonctionnels du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il est deux faces que l'usage nomme idÃ©alisme, parmi tous les visages possibles de ce mot parmi les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est l'idÃ©alisme dÃ©bile et impuissant, fils de l'idÃ©ologie racine du SystÃ¨me, de l'idÃ©ologie moderne . EnflÃ© de ses certitudes vides, il veut Ã  toute force rendre rÃ©el un ensemble de reprÃ©sentations de la justice et de la vÃ©ritÃ© qui sont sans enracinement puissant dans les mondes . Il en est ainsi de &lt;em&gt;la lutte contre les discriminations&lt;/em&gt;, quand elle prÃ©tend rendre Ã©gaux, par exemple, le MaÃ®tre et le disciple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le MaÃ®tre est ce que veut devenir le disciple ; dit autrement, le MaÃ®tre est en acte ce que le disciple est en puissance . Le disciple est l'image et la ressemblance du MaÃ®tre ; et les MaÃ®tres Tantrika, comme le dÃ©miurge souffle dans l'argile rouge d'Adam, soufflent dans la bouche de leur disciple pour leur seconde naissance . Le maÃ®tre est la preuve sensible de la puissance de la Voie, l'Orient du disciple . En vÃ©ritÃ©, le MaÃ®tre est disciple de son disciple, et le disciple maÃ®tre secret du MaÃ®tre ; il y a une rotation permanente des pÃ´les, et des inversions des pÃ´les .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiÃ©rarchiques des pÃ´les sont le secret de la puissance de transformation qu'ils vÃ©hiculent . Ainsi le fidÃ¨le d'Amour rend-t-il un culte Ã  la Dame, car c'est l'Ã©cart entre lui et l'objet de son Amour qui crÃ©e le Soleil invaincu de la &lt;em&gt;Vita Nuova&lt;/em&gt;, de la Vie Nouvelle . Sans le creusement de ce culte, de cet abÃ®me d'amour hiÃ©ratique, le feu du DÃ©sir ne peut atteindre Celui &lt;em&gt;qui fait mouvoir le Soleil et les autres Ã©toiles&lt;/em&gt; . Mais cet immense amour ne rend pas l'amour dÃ©sincarnÃ© . La rotation des pÃ´les plonge ce qui est en Haut dans l'argile rouge de la chair, et ainsi la forme, le rythme, le souffle s'incarnent, et forment la rose, l'alliance des mondes d'en Haut et des mondes d'en Bas . Il est une alchimie hiÃ©ratique de la chair que permet l'intensification des contradictions verticales ; mais ceci ne peut Ãªtre compris que des amants du Fin'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiÃ©rarchiques des pÃ´les sont le secret de la puissance de transformation qu'ils vÃ©hiculent . &lt;strong&gt;Le caractÃ¨re unidimensionnel du processus Ã©lectoral, qui rend le prÃ©jugÃ© le plus obtus Ã©gal Ã  la perspective la plus profonde, est un processus comparable Ã  la rÃ©duction massive des liens Ã  la mesure de l'argent, au fÃ©tichisme de l'argent comme langue babÃ©lienne des hommes modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il est un processus d'aplanissement vers le bas, et le miroir du mÃ©pris de l'intelligence et de la vÃ©ritÃ© caractÃ©ristiques du SystÃ¨me, qui veut &lt;strong&gt;remplacer le langage comme puissance d'unification de la communautÃ© humaine par l'argent et l'employabilitÃ© - accomplir la rÃ©duction de l'homme Ã  sa fonction dans le processus de production&lt;/strong&gt; . RÃ©duire les polaritÃ©s de l'Ãªtre en acte et de l'Ãªtre en puissance, qui est la puissance indÃ©finie du dÃ©sir dans le monde, est le miroir du caractÃ¨re fonctionnel du processus Ã©lectoral dans le processus global du nihilisme â€“ il s'agit d'enfermer les perspectives des hommes, qui s'appuient sur une indÃ©finitÃ© de mondes, dans les perspectives Ã©triquÃ©es du dÃ©veloppement indÃ©fini du SystÃ¨me â€“ de fermer la dimension verticale pour maintenir dans l'esclavage de la production matÃ©rielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est toujours possible, comme la plupart des oligarques, de se la parler local, pragmatique concret, pour faire comme si la perspective unidimensionnelle typique du SystÃ¨me Ã©tait au fond la seule maniÃ¨re rÃ©aliste d'aborder les problÃ¨mes nÃ©s des contradictions du SystÃ¨me . &lt;strong&gt;Mais les mots sont abstraits, universels, thÃ©oriques, mÃªme ceux-lÃ , "concret", "pragmatique" &lt;/strong&gt;. Ces discours se la racontent, et mentent . Doit-on avoir honte de penser et de lever la tÃªte ? Les lumiÃ¨res ont-elles Ã©tÃ© moins concrÃ¨tes en 1789 de s'Ãªtre voulues universelles ? Marx a-t-il moins bien compris le SystÃ¨me de se vouloir thÃ©oricien, et les marxistes n'ont-ils pas dÃ©ployÃ© une immense puissance concrÃ¨te ? Ne voyez vous pas que ce mÃ©pris de l'intelligence partagÃ© entre les oligarques et certains Â« indignÃ©s Â» est un hÃ©ritage de l'Ã©ducation dans le SystÃ¨me â€“ est fonctionnel, est la plus solide des chaÃ®nes pour un mouvement rÃ©volutionnaire ? RÃ©flÃ©chir, c'est dÃ©jÃ  dÃ©sobÃ©ir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idÃ©ologie racine produit des exigences impossibles, et en particulier la volontÃ© de rigoureusement tout rÃ©duire Ã  des perspectives unidimensionnelles au nom de l'Ã©galitÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idÃ©alisme de l'idÃ©ologie racine n'est que le constat de l'impuissance de la volontÃ© des hommes d'or de tout rÃ©duire Ã  leur horizon unidimensionnel de mangeurs de poussiÃ¨re, leur impuissance qui les fait mordre Ãˆve au talon . Cet idÃ©alisme ne peut invoquer l'acte de la puissance, la fleur des mondes . Il n'est pas vrai, donc sans aucune justice .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce qui est faux ne peut Ãªtre juste - Ã  moins de croire que la justice ne soit que le caprice de la volontÃ© souveraine de l'homme . Ce qui est juste est vrai ; et tout homme le sait, au fond de lui-mÃªme, dans le silence de l'intÃ©rioritÃ© &lt;/strong&gt;. Ce qui est juste n'est pas crÃ©e comme juste, mais reÃ§u comme juste dans le cÅ“ur de soi, reflet de la justice au cÅ“ur du monde . Ce qui est juste s'enracine dans l'expÃ©rience, la vie, le souffle de la puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idÃ©alisme idÃ©ologique moderne, celui de la Â« lutte contre les discriminations Â» fonctionnelle, des Gender Studies, des antispÃ©cistes, est impuissant, car ses vaines imaginations ne peuvent s'incarner ; jamais le chien ou la crevette ne pourront dÃ©fendre leurs Â« droits Ã©gaux Â» Ã  l'homme . Impuissant Ã  s'incarner rÃ©ellement, cet idÃ©alisme vide finit dans l'amertume et le ressentiment caractÃ©ristiques de la psychologie du puritain, qui ne cesse d'appeler au renforcement de la puissance de l'Ã‰tat et Ã  la rÃ©pression, pour imposer de force son idÃ©alisme frelatÃ© et fonctionnel . &lt;strong&gt;Il relÃ¨ve de la sottise de croire possible le fonctionnement dÃ©mocratique des institutions dÃ©mocratiques modernes, qui sont la faÃ§ade de la domination oligarchique du SystÃ¨me depuis l'origine&lt;/strong&gt; . Il relÃ¨ve de la sottise plus grande encore de croire qu'un mouvement rÃ©volutionnaire d'avant garde, minoritaire, affrontant la plus grande puissance humaine de tous les temps dans l'ordre matÃ©riel et spectaculaire, peut s'encombrer de mimer l'impuissance politique des sous-systÃ¨mes fonctionnels de l'ordre dit Â« politiques Â» dans la constitution du monde posÃ©e par l'idÃ©ologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Ã‰tats dÃ©mocratiques eux-mÃªme, pourtant si lourdement armÃ©s en toutes choses, sont ridiculement impuissants face au SystÃ¨me . Que peuvent peser des organisations d'amateurs narcissiques se dÃ©vorant entre eux pour des motifs futiles, Ã©motionnels ? Que peuvent peser des organisations jugeant essentiel d'Ã©crire sur tous leurs documents militant(E)s, citoyen(nE), dÃ©pourvus de la moindre formation sÃ©rieuse sur le SystÃ¨me ? Comment tous ces fatras spectaculaires pourraient-ils Ãªtre autre chose que de pures illusions Â« politiques Â», des divertissements offerts par le Spectacle Ã  des Â« idÃ©alistes Â» dignes d'Ãªtre publiÃ©s dans des reportages de Elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vÃ©ritÃ© : de telles Â« organisations Â» ne peuvent Ãªtre que vanitÃ© et poursuite du vent . Affronter le dragon du SystÃ¨me doit dÃ©passer, ignorer de tels Â« idÃ©alismes Â» .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voulons l'idÃ©alisme radical de celui qui comprend, aprÃ¨s le Hagakure, que toute la valeur martiale d'un homme rÃ©side dans son fanatisme, et dÃ©cide de dÃ©velopper mÃ©thodiquement son fanatisme pour affronter une situation extrÃªme, la situation du dissident isolÃ© face Ã  un SystÃ¨me mondialisÃ© aspirant Ã  la toute-puissance - l'idÃ©alisme du rÃ©sistant et de l'aristocratie rÃ©volutionnaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce fanatisme est un fanatisme sans croyance . Cet idÃ©alisme enracinÃ© dans l'Enfer est dÃ©connectÃ© de toute foi, de toute espÃ©rance immÃ©diates &lt;/strong&gt;. Il sait que l'objet de son affrontement est d'une capacitÃ© Ã  l'Ã©crasement qui le dÃ©passe radicalement en tant qu'individu ; il sait que seul il n'est rien en tant que puissance, et qu'il doit d'abord rÃ©gner dans son fors intÃ©rieur â€“ que &lt;strong&gt;rÃ©gner dans son fors intÃ©rieur est dÃ©jÃ  un acte puissant d'exil du monde triomphant de la BÃªte&lt;/strong&gt; . Dit autrement, il sait que seule la solidaritÃ© et la loyautÃ© inconditionnelles Ã  une cause, la foi Ã  une puissance bien supÃ©rieure Ã  sa vie misÃ©rable, la vÃ©ritÃ©, la Cause, peut triompher de l'Ã©norme puissance qu'il affronte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Seul, il ne peut affronter la BÃªte . Mais par le savoir de sa vacuitÃ©, et le recentrement intÃ©rieur dans la puissance qui le dÃ©passe et vit Ã  travers lui, il n'est rien qu'il ne puisse affronter, l'incendie dÃ©vorant, une vague immense, la chute d'une haute falaise&lt;/strong&gt; . Tous les jours, il faut se penser dÃ©jÃ  mort, dit en ce sens le Hagakure . &lt;em&gt;PassÃ© le pas de sa porte, l'homme est parmi les morts&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le SamouraÃ¯ plonge entre les mÃ¢choires de la mort pour trouver sa propre essence&lt;/em&gt;, dit encore le Hagakure . La mÃ©ditation pour soi-mÃªme, comme celle d'EpictÃ¨te, &lt;strong&gt;le creusement de l'anÃ©antissement de l'homme dans le SystÃ¨me est la Voie de la puissance des dissidents et des rÃ©sistants, depuis l'aube de la tyrannie&lt;/strong&gt; . Nous n'avons rien Ã  perdre, et c'est la voie de l'intensification d'une puissance redoutable, de la puissance des loups .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dÃ©mocratie est un idÃ©alisme faux et menteur, de force dÃ©bile, de fin de race et de fin de monde...L'idÃ©alisme militant exige une aristocratie rÃ©volutionnaire disciplinÃ©e, hiÃ©rarchisÃ©e, silencieuse, sur le modÃ¨le lÃ©niniste, plus encore sur le modÃ¨le d'un ordre . Aucune grande action n'a Ã©tÃ© accomplie par une organisation passant plus de temps Ã  dÃ©battre qu'Ã  combattre, mÃªme dans l'ordre de l'intellect, ou l'Ã©ristique dÃ©veloppe la puissance idÃ©ologique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux vaut une horde de chasseurs, une horde mongole, qu'une assemblÃ©e gÃ©nÃ©rale moderne . Et une telle organisation est aussi souple, adaptable, impitoyable que les muscles et la mÃ¢choire d'un loup . &lt;strong&gt;Aucune organisation de conquÃªte, aucune organisation de rÃ©sistance, aucune organisation de dissidents, aucune organisation secrÃ¨te d'une hÃ©rÃ©sie poursuivie par une police meurtriÃ¨re n'a jamais Ã©tÃ© dÃ©mocratique&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De telles organisations ne sont pas non plus des dictatures, en aucun cas . Elles sont des organisations informelles, basÃ©es sur l'honneur, le lien inconditionnel, la parole donnÃ©e, la conscience de sa valeur et de ses limites . Dans les partis modernes, des individus mÃ©diocres, minables, peuvent atteindre indÃ©finiment leur niveau d'incompÃ©tence ; de vÃ©ritables incapables peuvent aspirer Ã  de hautes fonctions, et parfois avec succÃ¨s . Cela est permis par le vote et par la manipulation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une horde, chacun peut parler pour les grandes dÃ©cisions, mais aussi &lt;strong&gt;chacun parle avec l'autoritÃ© de qu'il est, ni plus ni moins &lt;/strong&gt;; chacun parle au nom de la vÃ©ritÃ© qui rÃ©unit les hommes, au nom de l'idÃ©al . Dans &lt;em&gt;Beowulf&lt;/em&gt;, on lit comment un guerrier en fait taire un autre dans le Hall du Roi : &lt;em&gt;Â« mais tu as tuÃ© ton frÃ¨re, ton proche le plus cher, toi ; c'est pourquoi l'Enfer t'es promis, malgrÃ© tes propos retors Â»&lt;/em&gt; . Dans l'AthÃ¨nes Â« dÃ©mocratique Â» comme dans la sociÃ©tÃ© fÃ©odale, le premier qui dÃ©cide de la guerre doit Ãªtre le premier Ã  mettre son corps en danger en bataille ; et celui qui emprunte pour l'Ã‰tat garantit l'argent sur sa fortune . Tu veux accueillir des hommes chez toi ? Fais-le le premier . Dans les organisations modernes, les dÃ©cisions sont dÃ©liÃ©es des responsabilitÃ©s ; et je pose que &lt;strong&gt;le principe central d'une organisation dissidente doit Ãªtre que le pouvoir doit s'accompagner de responsabilitÃ©s proportionnelles, et directement liÃ©es au pouvoir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Chacun ne doit parler que dans le mesure de ce qu'il est, ni plus, ni moins . Quand on ne sait pas, on peut poser des questions avec respect, mais sÃ»rement pas se prononcer . Il est ridicule de voir des hommes ignorants faire des propositions inutiles, vues et revues, naÃ¯ves, et monopoliser la parole dans des rÃ©unions qui se doivent d'Ãªtre efficaces . Je rÃ©pÃ¨te : il faut poser aux hommes des questions de ce genre : &lt;strong&gt;qui est tu, et quelle est ton expÃ©rience de ce dont tu parles&lt;/strong&gt; ? A ceux qui protestent de leur droit Ã  l'expression, il faut rappeler le droit de ne pas Ã©couter â€“ tu as droit, frÃ¨re, d'aller d'exprimer ailleurs . Crois-tu que nous soyons rÃ©unis pour permettre ton expression, ton Ã©panouissement personnel, ou pour servir une cause, mÃªme si le ressenti de ton Ã©panouissement et ta lÃ©gende personnelle doivent en souffrir ? Ton estime de soi ne me concerne pas . Avant de parler, montre par tes actes que tu es digne de parler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je dis est Ã©galement valable pour le net, pour les forums, et toutes ces occasions de bavardages inutiles . Je refuse de discuter des arguments naÃ¯fs, ou des susceptibilitÃ©s de personnes . Ce qui est vrai n'a pas besoin d'Ãªtre dÃ©fendu â€“ expliquÃ©, rien de plus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chacun doit savoir se taire quand cela est juste, et chacun doit savoir obÃ©ir avec une conviction absolue quand cela est juste, et que la dÃ©cision est arrÃªtÃ©e . De telles compÃ©tences sont infiniment plus essentielles Ã  la dissidence que toutes les proclamations et les manifestes qui pullulent partout&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous autres dissidents, rÃ©voltÃ©s, rebelles, nous n'avons pas de patrie . Il n'est plus de patrie, de ce corps blanc des amoureuses, de cette terre oÃ¹ planter ses racines, et aimer les hommes, et tout ce qui a le souffle de vie, et le sang, et la sÃ¨ve . Il n'est plus que des causes, et le ciel nu - le bleu de l'abÃ®me vertical au dessus de l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre spirituelle contre le monde postmoderne, la petite guerre, et la grande guerre spirituelle ne sont pas des lieux de dÃ©bats indÃ©finis sur les dÃ©sirs, les rÃªves vides, ou le narcissisme des blooms, des hommes modernes dans leur dÃ©rÃ©liction rÃ©elle et leur toute-puissance de carton . Il est vain d'argumenter comme le vent se lÃ¨ve . Il n'est plus le temps des dÃ©bats. Il faut partir, lever les voiles, au souffle des Ã©toiles et du Soleil noir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La parole des MaÃ®tres crÃ©e de l'Ãªtre . Il est noble de ne pas se plier devant la puissance du SystÃ¨me ; il est noble de s'incliner devant un maÃ®tre . Il est noble de pleurer de reconnaissance . &lt;strong&gt;Dans la guerre, le bavardage qui ne montre pas le plaisir de vivre est une censure de la profondeur par le bruit&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'instant prÃ©sent peut Ãªtre le moment crucial . Le moment crucial peut Ãªtre le moment prÃ©sent . Le Kairos est la rencontre du temps et de l'Ã©ternitÃ©, le temps du silence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'instant suprÃªme, l'homme noble sait que s'il faut choisir entre se taire et parler, il est prÃ©fÃ©rable de se taire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre est le silence de la fin des cycles, des tourbillons du monde . Le silence des forÃªts en hiver. Nous devons dÃ©sirer Ãªtre des hommes de l'ordre du loup .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence des forÃªts en hiver est le sourire silencieux des promesses du printemps .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-6190576046445143069?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/6190576046445143069/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=6190576046445143069' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/6190576046445143069'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/6190576046445143069'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/austin-osman-spare-vampires-are-coming.html' title='ÃŠtre loup, ou le silence des forÃªts en hiver .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-2VMfghyLVE8/TtDMRr4O_PI/AAAAAAAABUk/45vnw_Zz-XI/s72-c/SPARE2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-9032576459505453853</id><published>2011-11-25T09:51:00.003-08:00</published><updated>2011-11-25T09:57:55.799-08:00</updated><title type='text'>Les loups, ou le silence des forÃªts en hiver . De l'organisation.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s1600/Guido%2BCagnacci.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 309px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5678993076704277954" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s400/Guido%2BCagnacci.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Guido Cagnacci - allÃ©gorie de la vie humaine)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Il faut dire la vÃ©ritÃ© sur ce que peut Ãªtre un ordre dÃ©veloppant la puissance spirituelle d'affronter le LÃ©viathan du monde moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã‰coutez ces propos d'un militant "socialiste" sur l'idÃ©alisme dans le P.S : &lt;em&gt;"Lâ€™idÃ©alisme militant se heurte Ã  un constat simple : les partis sont des organisations humaines et, en tant que tels, sont travaillÃ©s par des logiques et des tensions communes Ã  toutes les organisations humaines. Ambitions. Arrangements. Passe-droits. Combines. Haines personnelles. Cliques et bandes. Oligarchies internes. Etc".&lt;/em&gt;..VoilÃ  ce qu'est un parti politique, une petite rÃ©plique de l'oligarchie dominante, et une rÃ©plique de l'idÃ©ologie dominante, adaptÃ©e Ã  un style de public fonctionnel au SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est cet idÃ©alisme militant, sinon un idÃ©alisme sans affrontement du rÃ©el ? Car s'il voyait la rÃ©alitÃ© sans ses masques du commerce Ã©lectoral, il ne serait que la victime pitoyable du Spectacle et de ses illusions . Il n'y a pas d'idÃ©alisme authentique dans les organes fonctionnels du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est deux faces que l'usage nomme idÃ©alisme, parmi tous les visages possibles de ce mot parmi les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est l'idÃ©alisme dÃ©bile et impuissant, fils de l'idÃ©ologie racine du SystÃ¨me, de l'idÃ©ologie moderne . EnflÃ© de ses certitudes vides, il veut Ã  toute force rendre rÃ©el un ensemble de reprÃ©sentations de la justice et de la vÃ©ritÃ© qui sont sans enracinement puissant dans les mondes . Il en est ainsi de la lutte contre les discriminations, quand elle prÃ©tend rendre Ã©gaux, par exemple, le MaÃ®tre et le disciple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le MaÃ®tre est ce que veut devenir le disciple ; dit autrement, le MaÃ®tre est en acte ce que le disciple est en puissance . Le disciple est l'image et la ressemblance du MaÃ®tre ; et les MaÃ®tres Tantrika, comme le dÃ©miurge souffle dans l'argile rouge d'Adam, soufflent dans la bouche de leur disciple pour leur seconde naissance . Le maÃ®tre est la preuve sensible de la puissance de la Voie, l'Orient du disciple . En vÃ©ritÃ©, le MaÃ®tre est disciple de son disciple, et le disciple maÃ®tre secret du MaÃ®tre ; il y a une rotation permanente des pÃ´les, et des inversions des pÃ´les .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiÃ©rarchiques des pÃ´les sont le secret de la puissance de transformation qu'ils vÃ©hiculent . Ainsi le fidÃ¨le d'Amour rend-t-il un culte Ã  la Dame, car c'est l'Ã©cart entre lui et l'objet de son Amour qui crÃ©e le Soleil invaincu de la &lt;em&gt;Vita Nuova&lt;/em&gt;, de la Vie Nouvelle . Sans le creusement de ce culte, de cet abÃ®me d'amour hiÃ©ratique, le feu du DÃ©sir ne peut atteindre &lt;em&gt;Celui qui fait mouvoir le Soleil et les autres Ã©toiles&lt;/em&gt; . Mais cet immense amour ne rend pas l'amour dÃ©sincarnÃ© . La rotation des pÃ´les plonge ce qui est en Haut dans l'argile rouge de la chair, et ainsi la forme, le rythme, le souffle s'incarnent, et forment la Rose, l'alliance des mondes d'en Haut et des mondes d'en Bas . Il est une alchimie hiÃ©ratique de la chair que permet l'intensification des contradictions verticales ; mais ceci ne peut Ãªtre compris que des amants du Fin'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idÃ©alisme de l'idÃ©ologie racine n'est que le constat de l'impuissance de la volontÃ© des hommes d'or de tout rÃ©duire Ã  leur horizon unidimensionnel de mangeurs de poussiÃ¨re, leur impuissance qui les fait mordre Ãˆve au talon . Cet idÃ©alisme ne peut invoquer l'acte de la puissance, la fleur des mondes . Il n'est pas vrai, donc sans aucune justice .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est faux ne peut Ãªtre juste - Ã  moins de croire que la justice ne soit que le caprice de la volontÃ© souveraine de l'homme . Ce qui est juste est vrai ; et tout homme le sait, au fond de lui-mÃªme, dans le silence de l'intÃ©rioritÃ© . Ce qui est juste n'est pas crÃ©e comme juste, mais reÃ§u comme juste dans le cÅ“ur de soi, reflet de la justice au cÅ“ur du monde . Ce qui est juste s'enracine dans l'expÃ©rience, la vie, le souffle de la puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idÃ©alisme moderne est impuissant, car ses vaines imaginations ne peuvent s'incarner ; il finit dans l'amertume et le ressentiment caractÃ©ristiques de la psychologie du puritain, qui ne cesse d'appeler au renforcement de la puissance de l'Ã‰tat et Ã  la rÃ©pression . Il relÃ¨ve de la sottise de croire possible le fonctionnement dÃ©mocratique des institutions dÃ©mocratiques modernes, qui sont la faÃ§ade de la domination oligarchique du SystÃ¨me depuis l'origine . Il relÃ¨ve de la sottise plus grande encore de croire qu'un mouvement rÃ©volutionnaire d'avant garde, minoritaire, affrontant la plus grande puissance humaine de tous les temps dans l'ordre matÃ©riel et spectaculaire, peut s'encombrer de mimer l'impuissance politique des sous-systÃ¨mes fonctionnels de l'ordre dit Â« politique Â» dans la constitution du monde posÃ©e par l'idÃ©ologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Ã‰tats dÃ©mocratiques eux-mÃªme, pourtant si lourdement armÃ©s, sont ridiculement impuissants face au SystÃ¨me . Que peuvent peser des organisations d'amateurs narcissiques se dÃ©vorant entre eux pour des motifs futiles, Ã©motionnels ? Que peuvent peser des organisations jugeant essentiel d'Ã©crire sur tous leurs documents militant(E)s, citoyen(nE), dÃ©pourvus de la moindre formation sÃ©rieuse sur le SystÃ¨me ? Tout ces fatras spectaculaires seraient autre chose que de pures illusions Â« politiques Â», des divertissements offerts par le Spectacle Ã  des Â« idÃ©alistes Â» dignes d'Ãªtre publiÃ©s dans des reportages de Elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vÃ©ritÃ© : de telles Â« organisations Â» ne peuvent Ãªtre que vanitÃ© et poursuite du vent . Affronter le dragon du SystÃ¨me doit dÃ©passer, ignorer de tels Â« idÃ©alismes Â» .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voulons l'idÃ©alisme radical de celui qui comprend, aprÃ¨s le Hagakure, que toute la valeur martiale d'un homme rÃ©side dans son fanatisme, et dÃ©cide de dÃ©velopper mÃ©thodiquement son fanatisme pour affronter une situation extrÃªme - l'idÃ©alisme du rÃ©sistant et de l'aristocratie rÃ©volutionnaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet idÃ©alisme est dÃ©connectÃ© de toute croyance, de espÃ©rance immÃ©diate . Il sait que l'objet de son affrontement est d'une capacitÃ© Ã  l'Ã©crasement qui le dÃ©passe radicalement en tant qu'individu ; il sait que seul il n'est rien en tant que puissance, et qu'il doit d'abord rÃ©gner dans son fors intÃ©rieur . Dit autrement, il sait que seule la solidaritÃ© et la loyautÃ© inconditionnelles Ã  une cause peut triompher de l'Ã©norme puissance qu'il affronte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dÃ©mocratie est un idÃ©alisme de force dÃ©bile, de fin de race et de fin de monde...L'idÃ©alisme militant exige une aristocratie rÃ©volutionnaire disciplinÃ©e, hiÃ©rarchisÃ©e, silencieuse, sur le modÃ¨le lÃ©niniste, plus encore sur le modÃ¨le d'un ordre . Aucune grande action n'a Ã©tÃ© accomplie par une organisation passant plus de temps Ã  dÃ©battre qu'Ã  combattre, mÃªme dans l'ordre de l'intellect, ou l'Ã©ristique dÃ©veloppe la puissance idÃ©ologique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux vaut une horde de chasseurs, une horde mongole, qu'une assemblÃ©e gÃ©nÃ©rale moderne . Et une telle organisation est aussi souple, adaptable, impitoyable que les muscles et la mÃ¢choire d'un loup . Aucune organisation de conquÃªte, aucune organisation de rÃ©sistance, aucune organisation de dissidents, aucune organisation secrÃ¨te d'une hÃ©rÃ©sie poursuivie par une police meurtriÃ¨re n'a jamais Ã©tÃ© dÃ©mocratique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De telles organisations ne sont pas non plus des dictatures, en aucun cas . Elles sont des organisations informelles, basÃ©es sur l'honneur, le lien inconditionnel, la parole donnÃ©e, la conscience de sa valeur et de ses limites . Chacun peut parler pour les grandes dÃ©cisions, mais aussi chacun parle avec autoritÃ© de qu'il est, ni plus ni moins ; chacun parle au nom de la vÃ©ritÃ© qui rÃ©unit les hommes, au nom de l'idÃ©al : et chacun sait se taire quand cela est juste, et chacun sait obÃ©ir avec une conviction absolue quand cela est juste, et que la dÃ©cision est arrÃªtÃ©e .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous autres dissidents, rÃ©voltÃ©s, rebelles, nous n'avons pas de patrie . Il n'est plus de patrie, de ce corps blanc des amoureuses, de cette terre oÃ¹ planter ses racines, et aimer les hommes, et tout ce qui a le souffle de vie, et le sang, et la sÃ¨ve . Il n'est plus que des causes, et le ciel nu - le bleu de l'abÃ®me vertical au dessus de l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre spirituelle contre le monde postmoderne, la petite guerre, et la grande guerre spirituelle ne sont pas des lieux de dÃ©bats indÃ©finis sur les dÃ©sirs, les rÃªves vides, ou le narcissisme des blooms, des hommes modernes dans leur dÃ©rÃ©liction rÃ©elle et leur toute-puissance de carton . Il est vain d'argumenter comme le vent se lÃ¨ve . Il n'est plus le temps des dÃ©bats. Il faut partir, lever les voiles, au souffle des Ã©toiles et du Soleil noir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La parole des MaÃ®tres crÃ©e de l'Ãªtre . Il est noble de ne pas se plier devant la puissance du SystÃ¨me ; il est noble de s'incliner devant un maÃ®tre . Il est noble de pleurer de reconnaissance . Dans la guerre, le bavardage qui ne montre pas le plaisir de vivre est une censure de la profondeur par le bruit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'instant prÃ©sent peut Ãªtre le moment crucial . Le moment crucial peut Ãªtre le moment prÃ©sent . Le Kairos est la rencontre du temps et de l'Ã©ternitÃ©, le temps du silence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'instant suprÃªme, l'homme noble sait que s'il faut choisir entre se taire et parler, il est prÃ©fÃ©rable de se taire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre est le silence de la fin des cycles, des tourbillons du monde . Le silence des forÃªts en hiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sourire des promesses du printemps .&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-9032576459505453853?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/9032576459505453853/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=9032576459505453853' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9032576459505453853'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9032576459505453853'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/les-loups-ou-le-silence-des-forets-en.html' title='Les loups, ou le silence des forÃªts en hiver . De l&apos;organisation.'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s72-c/Guido%2BCagnacci.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-4226588042390951515</id><published>2011-11-23T08:40:00.006-08:00</published><updated>2011-11-23T10:13:23.702-08:00</updated><title type='text'>Du murissement obscur de l'Ã©meraude des mondes .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-REUMa_RQbhk/Ts0uVIBeK_I/AAAAAAAABUA/s7qs5YKTQBs/s1600/Akhmatova%2Bmodigliani.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 258px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5678245645649849330" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-REUMa_RQbhk/Ts0uVIBeK_I/AAAAAAAABUA/s7qs5YKTQBs/s400/Akhmatova%2Bmodigliani.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(portrait d'Anna Akhmatova par Modigliani, Paris, 1910)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es venue par le chemin de l'horizon&lt;br /&gt;L'encens des Ã©toiles&lt;br /&gt;Le chemin de la dalle de roche sombre&lt;br /&gt;Peau de dragon chauffÃ©e au soleil de soufre rouge&lt;br /&gt;Par la poussiÃ¨re soulevÃ©e par le vent de l'Aube&lt;br /&gt;Marchant sur mes yeux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme un cortÃ¨ge nuptial en chantant vont mes Ã¢mes et mes esprits&lt;br /&gt;Sur le chemin de fleurs et de larmes&lt;br /&gt;Sur les poussiÃ¨res des mondes&lt;br /&gt;Sur ta peau j'ai parcouru les mers du Sud&lt;br /&gt;Le vent d'Arabie a soulevÃ© mes cheveux&lt;br /&gt;Les forÃªts en abÃ®me ont caressÃ© les mÃ©andres&lt;br /&gt;De mes veines et de mon sang d'ocÃ©an&lt;br /&gt;Nos souffles nos sangs nos sÃ¨ves&lt;br /&gt;Se sont mÃªlÃ©es en jouant sur nos lÃ¨vres&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sais-tu le monde posÃ© devant nos yeux&lt;br /&gt;Petit animal tiÃ¨de&lt;br /&gt;Comme un chat lovÃ© entre nos paroles&lt;br /&gt;Et l'Ã©clat du soleil qui s'enlace entre nos doigts&lt;br /&gt;Comme une huile de fleur pourpre&lt;br /&gt;Et les lumiÃ¨res angÃ©liques au miroir des couleurs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et aussi â€“ derriÃ¨re nous en silence devisions&lt;br /&gt;La mort et le mal des cycles du temps&lt;br /&gt;Aussi ancien que l'antique Serpent&lt;br /&gt;L'Å“il jaune du Diable&lt;br /&gt;Nous regardait&lt;br /&gt;Sans haine&lt;br /&gt;Parfois&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car le mortel est comme les saisons&lt;br /&gt;La race des feuilles emportÃ©es par l'hiver&lt;br /&gt;Les illusions mortes piÃ©tinÃ©es par des enfants&lt;br /&gt;Au delÃ  de ma puissance mortelle accorde moi&lt;br /&gt;Ã” Soleil du monde d'avoir&lt;br /&gt;Une fois dans ma vie passagÃ¨re&lt;br /&gt;L'endurance des Ã©toiles fixes&lt;br /&gt;Celles qui se reflÃ¨tent dans les yeux noirs&lt;br /&gt;&lt;em&gt;OÃ¹ mon cÅ“ur se noya&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Accorde moi l'Ã©ternitÃ© de l'homme&lt;br /&gt;La loyautÃ©&lt;br /&gt;Dans le serrement de mes larmes&lt;br /&gt;Le bouleversement de mon cÅ“ur&lt;br /&gt;Le feu intÃ©rieur qui illumine ma parole&lt;br /&gt;DonnÃ©e comme une Alliance&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mortel est une poussiÃ¨re en tout ses actes&lt;br /&gt;Il ne peut saisir l'insaisissable&lt;br /&gt;Il ne peut Ãªtre au delÃ  de son essence&lt;br /&gt;De son corps qui s'effondre&lt;br /&gt;De son Ã¢me que le temps et la haine dÃ©chirent de l'amour&lt;br /&gt;Il invoque l'Ã©ternitÃ©&lt;br /&gt;Le haut chÃ¢teau de l'Ã¢me&lt;br /&gt;L'Ã©tincelle de la cime de son cÅ“ur&lt;br /&gt;Reflet du Soleil Ã©ternel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que je ne suis rien&lt;br /&gt;Mais si tu Ã©tends ta main au dessus de moi&lt;br /&gt;Tout le poids des mondes ne saurait m'Ã©craser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã” Seigneur, aie pitiÃ© de l'homme !&lt;br /&gt;Le dÃ©sir de son cÅ“ur est de faire un hÃ©ros&lt;br /&gt;Mais il est nu, misÃ©rable, courbÃ© vers la terre&lt;br /&gt;Et ses mots l'habillent de robes couleur du Ciel&lt;br /&gt;Et les mots cachent sa nuditÃ© de feuille morte&lt;br /&gt;Et les tournoiement de la feuille emportÃ©e par les vents&lt;br /&gt;Lentement, avec les objets perdus au pied des murs&lt;br /&gt;Dans les rues des grandes villes dÃ©vorantes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ne pas porter cette mort sur le mort, Ã´ homme&lt;br /&gt;Le souffle infini du dÃ©sir et le feu des Ã©toiles&lt;br /&gt;Le feu dÃ©vorant de ton amour&lt;br /&gt;Veille-les dans le sanctuaire du cÅ“ur&lt;br /&gt;Projette-les sur l'argile rouge de la chair&lt;br /&gt;Sur les vallons de la terre&lt;br /&gt;Comme au premier temps des mondes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois un homme donne tellement Ã  un autre&lt;br /&gt;Qui ne reÃ§oit pas&lt;br /&gt;Qui ne sait mÃªme pas ce qu'il reÃ§oit&lt;br /&gt;Ne mÃ©prise jamais la noblesse&lt;br /&gt;Du donneur de feu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et j'essaie sans cesse&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je dÃ©pose Ã  Tes pieds l'immense douleur&lt;br /&gt;La haine&lt;br /&gt;La rage et la colÃ¨re&lt;br /&gt;du mortel&lt;br /&gt;Je voudrais tant&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Mais elles sont les abeilles&lt;br /&gt;Du poÃ¨te&lt;br /&gt;qui maintiennent la veille&lt;br /&gt;L'impossible repos&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots sont l'invocation du Verbe&lt;br /&gt;Ils font advenir l'Ãªtre de la puissance au regard&lt;br /&gt;La terre est le ciel&lt;br /&gt;Le ciel bleu est le miroir de la mer&lt;br /&gt;Le Serpent lovÃ© est la puissance cÃ©leste que Dieu&lt;br /&gt;A scellÃ©e dans la boue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots invoquent la puissance&lt;br /&gt;Et l'acte de la puissance resplendit au soleil invaincu&lt;br /&gt;Dans les roses dÃ©versÃ©es&lt;br /&gt;Sur ta peau apparaÃ®t le velours pourpre&lt;br /&gt;De la chair de rÃ©surrection&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã‰tends ta main au dessus de moi&lt;br /&gt;Prends moi dans le cercle de tes bras&lt;br /&gt;Accorde moi les splendeurs de ton souffle&lt;br /&gt;Thot parle :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il est vrai, sans mensonge, certain et trÃ¨s vÃ©ritable&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ce vertige du Haut amour&lt;br /&gt;Dans les amertumes mortelles des saisons&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce qui est en haut doit Ãªtre ce qui est en bas&lt;br /&gt;Pour faire les miracles d'une seule chose&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Le Ciel sur la terre&lt;br /&gt;L'Aube d'Ã©tÃ©&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Et comme toutes les choses ont Ã©tÃ©, et sont venues d'Un&lt;br /&gt;Le Soleil est son pÃ¨re&lt;br /&gt;La Lune est sa mÃ¨re&lt;br /&gt;Le souffle l'a portÃ© dans son ventre&lt;br /&gt;Le pÃ¨re de toute la puissance du monde est ici sur le sol&lt;br /&gt;Sa puissance est entiÃ¨re si elle est convertie en terre&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Ã” Adam d'argile rouge&lt;br /&gt;L'argile est chair de rÃ©surrection&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il monte de la terre au ciel, et descend du ciel Ã  la terre&lt;br /&gt;Et reÃ§oit la force des choses supÃ©rieures et infÃ©rieures&lt;br /&gt;Tu auras par ce moyen la lumiÃ¨re du monde&lt;br /&gt;Et pour cela toute obscuritÃ© s'enfuira de ton cÅ“ur&lt;br /&gt;C'est la force forte de toutes choses&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce que j'ai dit de l'opÃ©ration du Soleil est accompli&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;-Thot rÃ¨gne hiÃ©ratique&lt;br /&gt;Ses yeux rÃªvent comme tes yeux noirs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã” Amour, ne lÃ¢che pas les mains de ton fidÃ¨le&lt;br /&gt;Sur les rives de soufre&lt;br /&gt;Du fleuve de l'Enfer&lt;br /&gt;Et que le dÃ©sir de mort le quitte&lt;br /&gt;Depuis les montagnes de l'horizon&lt;br /&gt;Depuis les buissons de myrrhe&lt;br /&gt;Viens Ã  moi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et parcourons ensemble le chemin de la lune&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je mourrais de te perdre&lt;br /&gt;Mais il est plus fort que la mort&lt;br /&gt;Le souffle du baiser&lt;br /&gt;L'herbe verdissant dans l'air du printemps&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Et les fruits passeront la promesse des fleurs&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L'Ã©ternitÃ© sur ton Ã©paule&lt;br /&gt;PerchÃ©e comme un perroquet et le monde&lt;br /&gt;Se dÃ©tache de ses os comme les mers du Sud&lt;br /&gt;Au creux de nos mains&lt;br /&gt;Dans l'ombre de la lumiÃ¨re de la chair&lt;br /&gt;Nous loverons nos Ã©chines&lt;br /&gt;Comme le serpent ailÃ©&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-4226588042390951515?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/4226588042390951515/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=4226588042390951515' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4226588042390951515'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4226588042390951515'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/du-murissement-obscur-de-lemeraude-des.html' title='Du murissement obscur de l&apos;Ã©meraude des mondes .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-REUMa_RQbhk/Ts0uVIBeK_I/AAAAAAAABUA/s7qs5YKTQBs/s72-c/Akhmatova%2Bmodigliani.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-4196913998956329104</id><published>2011-11-19T02:49:00.004-08:00</published><updated>2011-11-19T03:45:21.124-08:00</updated><title type='text'>J'Ã©tais un TrÃ©sor cachÃ©, et j'ai dÃ©sirÃ© Ãªtre connu - de l'Ã©sotÃ©rique du manifestÃ© .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-Gk9bE_HZTfk/TseQp6nG3gI/AAAAAAAABT0/Rpp1Dn6BHQc/s1600/IMG_1136.JPG"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5676664905106120194" border="0" alt="" 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Ã‰sotÃ©risme, ThÃ©orie du complot, ExtrÃ©misme&lt;/em&gt;, Paris, Mille et une nuits, 2005) m'amÃ¨ne Ã  reposer des notions de base du champ sÃ©mantique permettant de traiter de l'Ã©sotÃ©rique du regard, des mondes et des livres . Il est en effet Ã©vident que le traitement unidimensionnel que subi l'intÃ©rieur, le cachÃ©, chez Taguieff et chez ceux qu'il dÃ©nonce dans une perspective purement politique conduit au fatras et Ã  la confusion caractÃ©ristique des modernes, c'est Ã  dire participe de l'idÃ©ologie des faux mages et des charlatans et du voilement des rayons cÃ©lestes . HÃ©raclite a dit : &lt;em&gt;L'Ã©tendue des connaissances n'enseigne pas Ã  avoir l'esprit ; sans quoi elle l'aurait enseignÃ© Ã  HÃ©siode et Pythagore, et encore Ã  XÃ©nophane et HÃ©catalos&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rayons cÃ©lestes sont la seule chose qui importe, et le miroir resplendissant est la seule chose que nous devrions dÃ©sirer dans l'ensemble des visions, des saveurs et des parfums . Il importe parfois d'Ã©carter les ombres qui s'accumulent, mÃªme si cette tÃ¢che est Ã©loignÃ©e de la fÃªte des lumiÃ¨res elle-mÃªme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il faut Ãªtre juste, mÃªme avec la merde&lt;/em&gt;, a dit CÃ©line . Et dans Beowulf : &lt;em&gt;je traitais ces crÃ©atures comme il est juste : par l'Ã©pÃ©e&lt;/em&gt; . Que juste et tranchant soit le style de ma langue ! Le juste est le fondement du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joseph Gikatila, kabbaliste du XIIIÃ¨me siÃ¨cle, dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sache que celui qui connaÃ®t le secret des Ã©chelons supÃ©rieurs et l'Ã©manation des sephirot, selon le secret de l'Ã©panchant et du recevant, selon le secret du ciel et de la terre et de la terre et du ciel, connaÃ®tra les secrets du lien de toutes les sephirot et le secret de toutes les crÃ©ations de toutes les crÃ©ations de l'univers : comment les unes reÃ§oivent des autres et se nourrissent les unes aux autres . Toutes reÃ§oivent puissance Ã©manative, alimentation, subsistance, et vitalitÃ© de la part du Nom, bÃ©ni soit-il . Celui qui connait cette voie connaÃ®tra comment est grande la puissance de l'homme soit qu'il accomplit les (â€¦) commandements, rÃ©parant ainsi les canaux en tout Ã©panchant et recevant soit qu'il endommage les canaux et interrompt les influx . (â€¦) (Le premier est appelÃ©) le juste, et le juste est le fondement du monde&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que dire de juste, de fondamental sur ce mot, Ã©sotÃ©risme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vocabulaire qui dÃ©signe le domaine, Ã©sotÃ©risme, est, malgrÃ© son aspect banal au prÃ©sent cycle, trÃ¨s douteux . Tout d'abord, au contraire de ce que note P.A Taguieff, ce mot, dans sa racine, n'est pas rÃ©cent, bien qu'attestÃ© au XIXÃ¨me siÃ¨cle seulement sous cette forme d'Ã©sotÃ©r&lt;strong&gt;isme&lt;/strong&gt; . C'est un dÃ©faut typique des modes encyclopÃ©diques de production des livres et des pensÃ©es dans notre Ã¢ge, dÃ©faut que l'on retrouve pratiquement partout : l'ignorance du temps, l'absence de mÃ©fiance par rapport Ã  ce qui nous apparaÃ®t comme nouveau . Ce que dÃ©signe l'Ã©sotÃ©risme est attestÃ© depuis l'origine de l'homme Ã©crivant, et mÃªme avant, par la symbolisation la plus Ã©loignÃ©e dans le temps . En prÃ©sentant Ã©sotÃ©risme comme rÃ©cent sans nuances, Taguieff ne permet pas de distinguer l'Ã©sotÃ©rique de l'Ã©sotÃ©risme . Je cite Wikipedia, un article assez correct :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Â« Lâ€™adjectif grec Â« Ã©sotÃ©rique Â» (Ã©sÃ´terikÃ³s) vient du grec(esÃ´teros), qui signifie Â« intÃ©rieur Â» (dÃ©rivÃ© de l'adverbe Â« en dedans Â». D'autre part, le sens est liÃ© aux Ã©coles philosophiques grecques, surtout au pythagorisme qui distinguait entre disciples initiÃ©s (les Ã©sotÃ©riques) et non initiÃ©s, lesquels sont soit de futurs initiÃ©s, des novices (les exotÃ©riques), soit des gens ordinaires (les profanes). On repÃ¨re le mot Â« Ã©sotÃ©rique Â», pour la premiÃ¨re fois, chez un auteur comique, Lucien de Samosate, dans Sectes Ã  l'encan (traduit aussi Philosophes Ã  vendre), vers 166 : il veut faire un pendant terminologique Ã  Â« exotÃ©rique Â» , mot dÃ©jÃ  rÃ©pandu depuis Aristote. Vers 310, le philosophe nÃ©oplatonicien Jamblique donne le nom d'Â« Ã©sotÃ©riques Â» aux disciples les plus savants de Pythagore. Le nom esÃ´terismos appartient au grec moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'adjectif Â« Ã©sotÃ©rique Â» Ã©merge, en franÃ§ais, en 1752, dans le SupplÃ©ment du Dictionnaire de TrÃ©voux : Â« Ã‰zotÃ©rique, adj. Ce qui est obscur, cachÃ©, et peu commun. Les ouvrages Ã©zotÃ©riques des Anciens ne pouvaient s'entendre, s'ils n'en donnoient eux-mÃªmes l'explication. Â» Le nom Â« Ã©sotÃ©risme Â», en franÃ§ais, date de 1828 : il apparaÃ®t chez lâ€™historien Jacques Matter, dans un livre qui parle dâ€™Ã©sotÃ©risme chrÃ©tien, Histoire critique du gnosticisme, p. 83. Â»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot d'Ã©sotÃ©risme correspond Ã  une racine (Ã©sotÃ©rique, intÃ©rieur plutÃ´t que secret) et Ã  une distinction trÃ¨s anciennes . Le terme Ã©sotÃ©r&lt;strong&gt;isme&lt;/strong&gt; cependant, qui qualifie des idÃ©ologies, et remplace des mots comme philosophie occulte ou philosophia perennis, ou encore Â« pensÃ©e spirituelle Â» est effectivement rÃ©cent . Ce qui est rÃ©cent, ce n'est pas la distinction entre des domaines, ou des hommes Ã©sotÃ©riques, intÃ©rieurs, et des hommes exotÃ©riques, extÃ©rieurs ; ou encore des enseignements ouverts Ã  tous, et d'autres rÃ©servÃ©s, sacrÃ©s . &lt;strong&gt;Ce qui est moderne, c'est de sembler prÃªter un contenu spÃ©cifique de type idÃ©ologique, ou encore un mode de connaissance particulier, Ã  ce qui relÃ¨ve d'une hiÃ©rarchie de maÃ®tres et de disciples dans les mystÃ¨res, ou encore de niveau d'interprÃ©tation de textes ou de phÃ©nomÃ¨nes&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ignore pas que sous le nom de GuÃ©non lui-mÃªme est publiÃ© un livre qui s'intitule &lt;em&gt;l'Ã©sotÃ©risme de Dante&lt;/em&gt;, et que GuÃ©non semble accrÃ©diter la thÃ¨se d'un savoir spÃ©cifique par son insistance sur les symboles et le symbolisme . Mais cela est superficiel : GuÃ©non ne cesse d'insister sur le caractÃ¨re relevant de l'intellect pur de la mÃ©taphysique . Les symboles sont des voies d'accÃ¨s Ã  des connaissances immuables, voies que seule notre faiblesse et les condition temporelles lÃ©gitiment . GuÃ©non n'ignore pas non plus des sciences traditionnelles, mais elles ne sont que des applications locales plus ou moins infÃ©rieures des principes de l'intellect pur . Il existe donc des contenus spÃ©cifiques accidentels des sciences traditionnelles, mais il n'est d'autre Voie que le VÃ©ridique . Les disciplines du dÃ©sir Ã©sotÃ©rique se forment sur la limite entre l'Ã©ternitÃ© et les rÃ©alitÃ©s temporelles, elles sont l'expression toujours mouvantes de frontiÃ¨res insaisissables ; et comme dit Blake dans les &lt;em&gt;proverbes de l'Enfer&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;tu ne saurais jamais ce qu'est assez sans savoir ce qui est plus qu'assez&lt;/em&gt; â€“ dit autrement, tu ne reconnaitras de limite des mondes que quand tu l'auras passÃ©e, et Ã  ce moment, il te seras interdit de te retourner, comme la femme de Loth ou Dante dans ses pÃ©rÃ©grinations . Les frontiÃ¨res des mondes sont insaisissables â€“ leur passage est le fait du Mort, est une mort . Les yeux du mort sont fermÃ©s, le miroir est voilÃ© de dentelle noire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le samouraÃ¯ plonge entre les mÃ¢choires de la mort, pour que son essence lui soit rÃ©vÃ©lÃ©e&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Ã©sotÃ©rique est, le cachÃ© sous l'apparent, comme le serpent sous la pierre ; et le Sage est appelÃ© Ã  la remÃ©moration et Ã  la quÃªte du cachÃ© . Mais il n'existe pas d'Ã©sotÃ©risme lÃ©gitime, au sens d'un contenu ou d'une mÃ©thodologie saisissable . La quÃªte infinie et qui n'a pas de fin ne se prÃªte ni au savoir Ã©tabli qui donne la satisfaction sotte de soi-mÃªme â€“ elle est docte ignorance . Cette quÃªte ne donne pas de plus sÃ»rs fondements Ã  l'ego et au narcissisme, elle les corrode et les ronge . Elle n'est pas la fin de l'interrogation, mais la fin de l'interrogateur . Le Hagakure dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Un homme qui pense qu'il est arrivÃ© est un homme malavisÃ© ; un homme qui se contente de ce qu'il obtient Ã  force de sacrifices et d'efforts est dÃ©jÃ  tombÃ© dans un piÃ¨ge . Il faut continuer Ã  se dÃ©mener, jour aprÃ¨s jour, pour tenter d'apprÃ©hender l'esprit qui prÃ©vaut Ã  l'accomplissement de soi et faire des efforts continus pour atteindre le but final . Si nous voulons dÃ©couvrir le chemin de l'accomplissement, il nous faut continuer Ã  penser que les rÃ©sultats obtenus ne sont jamais totalement satisfaisants, jamais assez bons, sans s'octroyer le moindre instant d'autosatisfaction pour le peu qui nous a Ã©tÃ© rÃ©vÃ©lÃ©, et continuer Ã  explorer les pistes qui jalonnent notre vie . La vÃ©ritÃ© ne se situe pas dans un endroit prÃ©cis, mais dans la quÃªte mÃªme de la VÃ©ritÃ©&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut distinguer des voies, des regards, des paroles des hommes Ã©sotÃ©riques d'un prÃ©tendu corpus constituÃ© de l'Ã©sotÃ©risme, fort proche de ce que GuÃ©non nomme pseudo-initiation, elle mÃªme parfois voile d'une contre-initiation Ã©ventuelle . La distinction est essentielle pour bien comprendre ce dont il s'agit . Les connaissances Ã©sotÃ©riques sont celles des sages ; il ne s'agit pas de savoirs divulguables sans transformation de l'auditeur, puisque le fait de les comprendre est la mÃªme chose qu'un certain Ã©tat ; comme dit Shakespeare, &lt;em&gt;la beautÃ© est dans l'Å“il de celui qui regarde&lt;/em&gt; . Marguerite PorÃ¨te, qui fut sage entre les femmes, l'exprime dans &lt;em&gt;le miroir des simples Ã¢mes anÃ©anties&lt;/em&gt;, qui lui valut le bÃ»cher le premier juin 1310, sur le place de l'HÃ´tel de Ville de Paris, ville jolie â€“ la semaine de l'exÃ©cution des Templiers :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je vous en prie par amour : Ã©coutez en grande application, de cet esprit subtil qui est en vous, et en grande diligence ! Autrement, faute d'Ãªtre ainsi disposÃ©, tous ceux qui entendrons cela le comprendront mal . (â€¦)&lt;br /&gt;Raison : au nom de Dieu, qu'est ce Ã  dire ?&lt;br /&gt;Amour : A cela, Raison, je vous rÃ©ponds encore une fois : aucun maÃ®tre dont la sagesse vient de Nature, ni aucun MaÃ®tre en Ã‰criture, ni aucun de ceux qui en restent Ã  l'amour de l'obÃ©issance et aux vertus ne le comprennent ni ne comprendront lÃ  oÃ¹ il y a quelque chose Ã  comprendre ; soyez en certaine, Raison, car personne ne le comprend, sinon seulement celui qui poursuit Fin Amour . Certes si on trouvait de telles Ã¢mes (les Ã¢mes Â« Ã©sotÃ©riques Â», intÃ©rieures), elles en diraient la vÃ©ritÃ© pour peu qu'elles le veuillent ; mais ne pensez pas que nul les puisse comprendre, sinon seulement celui qui poursuit Fin Amour et CharitÃ©&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce don est parfois fait en un instant : qu'il en prenne soin, celui qui le recevra, car c'est le don le plus parfait que Dieu fasse Ã  une crÃ©ature&lt;/em&gt; (...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les savoirs ne sont pas voilÃ©s par une volontÃ© maligne, ou un dÃ©sir de puissance ; Certes si on trouvait de telles Ã¢mes, elles en diraient la vÃ©ritÃ© pour peu qu'elles le veuillent . Marguerite expose par amour, mÃªme si elle avertit par amour . Il le sont pour empÃªcher les interprÃ©tations fausses, qui sont causes de perdition . Elles sont fausses par excÃ¨s de partialitÃ© ; elles divisent ce qui doit Ãªtre rÃ©uni ; de ce fait, elles mÃ¨nent l'homme Ã  un aveuglement redoublÃ©, l'aveuglement de celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, et qui croit savoir . Et la puissance de vision, celle qui permet de comprendre, et de comprendre oÃ¹ il y a quelque chose Ã  comprendre â€“ c'est Ã  dire, la puissance de dÃ©voiler sur la surface des choses, des lettres ou des mots les abÃ®mes de l'intÃ©rieur, de l'Ã©sotÃ©rique qui se manifeste comme une puissante lumiÃ¨re et une certitude â€“ comme BÃ¶hme le compris en regardant le soleil se reflÃ©ter sur un vase de cuivre, et en voyant apparaÃ®tre l'Aurore naissante â€“ la puissance de vision est une grÃ¢ce, une grÃ¢ce parfois donnÃ©e en un instant, l'alliance du temps et de l'Ã©ternitÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas de savoir de Nature ou d'Ã‰criture, de savoir d'un des deux livres, qui tiennent ; il n'est pas de corpus et d'enseignement, pas d'Ã©sotÃ©r&lt;strong&gt;isme&lt;/strong&gt;, qui puisse Ãªtre un objet d'enseignement indiffÃ©renciÃ© . Il n'y a pas de &lt;em&gt;vulgarisation&lt;/em&gt; possible . La parabole du jeune homme riche raconte qu'Ã  un jeune homme riche qui lui demandait s'il pouvait Ãªtre son disciple, JÃ©sus rÃ©pondit : &lt;em&gt;vas, donnes tout ce que tu as et suis moi&lt;/em&gt; . Le jeune homme doit s'abandonner, et cesser d'Ãªtre ce qu'il est, mourir en tant que jeune homme riche pour renaÃ®tre comme disciple . Devenir le rÃ©ceptacle d'un savoir se paie du prix du sang . C'est cette duretÃ© qui permet Ã  Marguerite PorÃ¨te d'avoir raison seule devant l'Eglise et l'UniversitÃ©, les MaÃ®tres de Nature et d'Ecriture ; il n' ya lÃ  aucune place pour ce que les modernes nomment dÃ©mocratie du savoir, sans pour autant qu'il y ait le moindre narcissisme, ou Ã©litisme terrestre .&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le MaÃ®tre de l'intÃ©rieur et de la remÃ©moration est l'Ã©coute, la grÃ¢ce, le regard, le silence . Le MaÃ®tre est celui qui veille sur l'horizon des mondes, sur le cap qui est la fin de la Terre, en direction de l'ÃŽle Verte â€“ celui qui brille au dessus des eaux, comme un phare sur la mer, gardien des navires de la nuit . Il est celui qui, calme et recueilli, attend l'aurore â€“ attend que sortent Ã  nouveau de la mer les grandes naissances des mondes . Il est celui qui est le frÃ¨re du Soleil et de la Lune, l'ami de Dieu et le frÃ¨re du Diable . Il n'est rien, Ã©tant anÃ©anti, et il est toutes choses dans les cycles indÃ©finis de la manifestation . Il n'est pas d'autre oui aux mondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les savoirs Ã©sotÃ©riques ne sont pas distincts par la distinction entre les maÃ®tres qui savent la rÃ©alitÃ© qui donne du pouvoir, et les esclaves victimes du Spectacle . Une telle conception ne peut relever que des hommes extÃ©rieurs, qui n'y entendent rien, et s'emparent de l'Ã©sotÃ©risme comme des brigands qui fondent des Å“uvres solaires faites d'or et de pierreries sans les regarder, pour en faire des piÃ¨ces de monnaies et y frapper le visage de CÃ©sar, leur soleil . Les savoirs Ã©sotÃ©riques ne sont distincts que par la science de celui qui porte le savoir . Le &lt;em&gt;Cantique des Cantiques&lt;/em&gt; est un savoir Ã©sotÃ©rique en soi ; et l'un le lit sans rien y voir, et sans mÃªme comprendre qu'il y Ã  lÃ  quelque chose Ã  comprendre, lÃ  oÃ¹ un nombre indÃ©fini d'hommes spirituels parmi les plus grands ont bu le miel de la science des fleurs d'amour et des parfums cÃ©lestes . Il serait aisÃ© d'en dresser une liste indicative, qui compterait St Bernard, OrigÃ¨ne, Abulafia, et tant d'autres de ces Ã¢mes qui savent Ã©couter ; il serait Ã©galement aisÃ©, et vulgaire, de dresser une liste des jugements les plus sots sur le &lt;em&gt;Cantique&lt;/em&gt;, de ceux, nombreux parmi les exÃ©gÃ¨tes modernes, qui ne comprennent pas pourquoi le &lt;em&gt;Cantique&lt;/em&gt; a Ã©tÃ© conservÃ© dans les canons de l'Ã‰criture . Le savoir n'est pas l'accident, la possession d'un ego immuable ; l'homme sujet d'une science Ã©sotÃ©rique n'est pas le mÃªme que celui qui ne l'a pas, et l'acquisition du savoir est une grÃ¢ce et une mort, une mort Ã  l'ancien moi . Et les hommes de l'extÃ©rieur ne craignent rien de plus que la mort . Ils ne savent pas que la fontaine de vie est la mÃªme que celle qui donne la mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un homme qui lit un livre, ou un savoir Ã©sotÃ©rique sans la science ou les sciences qui leur correspondent, n'acquiert pas un savoir, mais une illusion de savoir, un poison . Dans &lt;em&gt;Orient et Occident&lt;/em&gt;, GuÃ©non montre ainsi avec humour que mÃªme Leibnitz â€“ qu'il considÃ¨re comme le plus savant des philosophes occidentaux - a lu avec une prÃ©tention dÃ©placÃ©e le Yi-King, prÃ©tendant expliquer leur tradition aux orientaux, en n'en retrouvant qu'un sens considÃ©rÃ© par les chinois comme d'ordre infÃ©rieur . Trouver et publier un livre secret n'emporte pas sa puissance cachÃ©e ; et elle est cachÃ©e d'Ãªtre toujours dÃ©jÃ  prÃ©sente et manifeste, mais parfaitement insaisissable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La qualitÃ© de la vision est le signe sÃ»r de la qualitÃ© de celui qui voit . Et celui qui cherche dans le monde ou dans le Livre les signes, ne cherche et ne trouve que lui-mÃªme . Car tel est le fondement de la Sagesse : &lt;em&gt;connais-toi toi-mÃªme&lt;/em&gt; â€“ &lt;em&gt;celui qui se connait lui-mÃªme connais son Seigneur .&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le couple exotÃ©rique â€“ Ã©sotÃ©rique traduit une opposition originaire que l'on retrouve dans la notion de Dieu cachÃ© dans la tradition d'Abraham, juive, ou chrÃ©tienne, ou musulmane . Je crois utile de rÃ©pÃ©ter cette vÃ©ritÃ© : il existe un Ã©sotÃ©risme juif originaire - de plus, et selon les mots de GuÃ©non parmi tant d'autres, &lt;em&gt;la tradition juive est parfaitement lÃ©gitime&lt;/em&gt; â€“ Ã©sotÃ©risme vivant dÃ¨s les parties les plus anciennes de la Bible . L'Ã©lÃ©ment Ã©sotÃ©rique s'enracine dans le Jardin, il est l'arbre de la Science du bien et du mal, c'est Ã  dire l'essence de la sÃ©paration, l'essence mÃªme de l'Ã‰den comme lieu Ã©ternellement perdu par l'homme . Cet Ã©sotÃ©risme toujours dÃ©jÃ  prÃ©sent est restÃ© vivant, et se retrouve dans le Christianisme et dans l'Islam sous des formes et des esprits diffÃ©renciÃ©s .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu est le dieu cachÃ© . Ses bÃ©nÃ©dictions se transmettent par le souffle, le sang, la sÃ¨ve . Le souffle du monde, le sang et la sÃ¨ve, sont le souffle et le sang des baisers . Le monde est vivant, est un grand vivant ; il frÃ©mit de joie, dit l'Apocalypse, comme les mondes pleurent de dÃ©sespoir . Dieu promet la vision radieuse des anges, il promet de porter l'homme au rang des anges, par le retour, le repentir des mondes . Car qui ne pourrait interprÃ©ter un tel texte que comme la garantie historique de la fonction de grand-prÃªtre aux descendants du sang liquide de JosuÃ©, et le Temple comme n'Ã©tant que le Temple historique de JÃ©rusalem ignore le Temple qui est dans le cÅ“ur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zacharie, III, 7 : &lt;em&gt;Â« Puis le Seigneur me fit voir JosuÃ©, le grand prÃªtre debout devant l'ange du Seigneur : or l'accusateur se tenait Ã  sa droite pour parler contre lui . L'ange du Seigneur dit au Satan : que le Seigneur te rÃ©duise au silence, Satan ; oui, que le Seigneur te rÃ©duise au silence, lui qui a choisi JÃ©rusalem . Quand Ã  cet homme lÃ , n'est-il pas un tison arrachÃ© au feu ? (â€¦) alors l'ange du Seigneur fit Ã  JosuÃ© cette dÃ©claration :&lt;br /&gt;Ainsi parle le Seigneur, le tout-puissant :&lt;br /&gt;Si tu marches dans mes chemins&lt;br /&gt;Si tu gardes mes observances,&lt;br /&gt;Toi-mÃªme, tu gouverneras ma maison,&lt;br /&gt;Tu veilleras sur mes parvis,&lt;br /&gt;Et je te ferais accÃ©der au rang de ceux qui se tiennent ici&lt;/em&gt; Â»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme Dante, le grand-prÃªtre est une crÃ©ature tournÃ©e vers la terre, un tison arrachÃ© au feu de l'Enfer â€“ et l'accusateur se trouve comme le Fils Ã  la droite de l'ange de Dieu . Le grand prÃªtre du Temple est Ã  la gauche de Dieu, parmi les rÃ©prouvÃ©s, un homme perdu ; &lt;em&gt;et Dieu va chercher ce qui est perdu&lt;/em&gt;, dit l'EcclÃ©siaste . L'Ã©sotÃ©rique originaire est la recherche des vestiges de l'Ã‰den, la recherche de ce qui est perdu, une figure du dÃ©sir et de la nostalgie du retour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se retrouve lÃ , aussi, l'idÃ©e que les rÃ©alitÃ©s du monde des choses, et plus encore de l'Ã‰criture, manifestent symboliquement les splendeurs cachÃ©es du Tout-Puissant sont, pour les PÃ¨res chrÃ©tiens, les vestiges de la TrinitÃ© . &lt;em&gt;Nous voyons en Ã©nigme, dans un miroir&lt;/em&gt;, selon le mot cÃ©lÃ¨bre de Paul .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est une autre signature de l'Ã‰criture, trÃ¨s simple sur le principe . L'homme est l'image de Dieu . L'homme lui-mÃªme est Ã©nigme et signe, et en tant qu'image, n'existe que dans la vision de Dieu . L'histoire racontÃ©e dans un texte de l'Ã©criture est toujours l'histoire d'une Ã¢me, l'histoire de ton Ã¢me ; et cela est vrai de toutes les Ã©critures . C'est une des racines de l'analogie du microcosme et du macrocosme . Ainsi, l'histoire du Diable, premier des Anges dÃ©chu par sa rÃ©volte, est pour Hallaj ou Blake l'histoire de l'Ã¢me de chaque homme, l'amertume et le douleur de la sÃ©paration primordiale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le caractÃ¨re cachÃ©, occulte de l'Ã©sotÃ©rique ne rÃ©sulte pas d'une volontÃ© de cacher, mais est constitutif de la rÃ©alitÃ© des signes&lt;/strong&gt; : un signe est une diffÃ©rence creusÃ©e entre le signe et le signifiant . La structure du signe est la structure du vestige . Sur ce caractÃ¨re cachÃ©, tout signe manifeste et voile son signifiant ; ainsi le poisson, signe du Christ, ne montre pas le Christ . Les pas sur l'estran montrent le passage des hommes, mais les hommes restent voilÃ©s dans le passÃ©, et sont mÃªme inaccessibles en tant que passants, Ã©tant passÃ©s, et qui ne reviendrons plus Ã  ce moment et en ce lieu . L'art le plus puissant est un mÃ©morial de l'Ã©ternitÃ© de l'instant, et la seule marche qui vaille est la marche du retour et du retournement â€“ seule l'Ã©ternitÃ© compte . Ils sont signes de l'inaccessible et de la vÃ©ritÃ© de l'inaccessible, les pas fossiles, vieux de millions d'annÃ©es, comme les pas encore frais, les pas des orphelins de la guerre...ainsi le monde est, avec l'Ecriture, &lt;em&gt;la trace des pas du Seigneur&lt;/em&gt;, dit Scot ErigÃ¨ne, citant le mot de Jean le Baptiste &lt;em&gt;je ne suis pas digne de lacer sa sandale&lt;/em&gt;, c'est Ã  dire de connaÃ®tre le monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'homme ne voyait pas partout l'Ã©vidence des signes de l'inaccessible, il ne pourrait comprendre l'espÃ©rance et le haut dÃ©sir . L'Obscur dit : &lt;em&gt;S'il n'espÃ¨re pas, il ne trouvera pas l'inespÃ©rÃ©; car il est hors de quÃªte et sans accÃ¨s&lt;/em&gt; . La perte, la nostalgie, la mort sont prÃ©sents Ã  chaque pas du mortel, qui prÃ©fÃ¨re ne pas se retourner pour les voir, et se voir s'Ã©loigner de lui-mÃªme, dÃ©finitivement . Tout ce que nous voyons Ã©veillÃ©s est mort . La fleur infime sur une prairie de montagne est absolue dans le temps et dans l'espace, est unique et ne reviendra plus . La lettre peut Ãªtre le signe de Dieu, et n'est pas l'image de Dieu . &lt;strong&gt;Dire qu'il n'est pas d'image de Dieu qui puisse Ãªtre faite, c'est dire que l'image de Dieu est en toi, dans ta vision â€“ tu es l'image de Dieu &lt;/strong&gt;. Il en est de mÃªme de toute image ; de tout parfum ; de toute saveur ; de toute douceur ; de tout chant . En vÃ©ritÃ©, toute manifestation est thÃ©ophanie du mÃªme â€“ y compris le diable lui-mÃªme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute sagesse est cachÃ©e, et toute sagesse est manifestÃ©e et offerte . Ce que tu ne vois pas, Dieu ne l'a pas cachÃ© par une intention maligne ; c'est que tes yeux ne sont pas ouverts, que tes oreilles n'entendent pas . &lt;em&gt;Entendant sans comprendre, ils sont comme des sourds. Cette parole tÃ©moigne Ã  leur sujet, que prÃ©sents ils sont absents&lt;/em&gt; . Ce que tu peux voir dans le visible, tu pourrais le voir si tes yeux s'ouvraient . Le Sage, en vÃ©ritÃ©, ne voit rien dans visible de plus que le profane ; il le voit en largeur, hauteur, et profondeur, en amplitude et en exaltation . Ce que tes yeux cherchent dans le visible, ce trÃ©sor cachÃ©, c'est toi-mÃªme . Ce que tu ne vois pas, c'est toi-mÃªme comme crÃ©ature .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme Ibn Arabi le dit lui-mÃªme, l'homme, en fonction de son Ã©lÃ©vation, ne voit nulle part de miracle, ou voit en toute manifestation un miracle . Le sage ne croit pas aux miracles : il les voit . Et pourtant il ne voit rien d'autre que le profane .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est cachÃ©, c'est la comprÃ©hension, car tout est toujours dÃ©jÃ  prÃ©sent . Croire que le savoir est cachÃ© est une illusion et un obstacle . Savoir, c'est ignorer que le savoir est cachÃ©, c'est tout simplement et uniment voir sans sÃ©paration â€“ BÃ¶hme dit, dans &lt;em&gt;la vie au delÃ  des sens&lt;/em&gt; : voir par les yeux de Dieu, en oubliant ta vision, ton ego . Plus mÃªme :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Lorsque tu te tiens dans le repos du penser et du vouloir de ton existence propre, alors l'ouÃ¯e, la vue et la parole Ã©ternelles se manifestent en toi, et Dieu entends et voit par toi&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sage vÃ©ritable ne cherche pas Ã  se montrer plus qu'une crÃ©ature, ne cherche pas Ã  Ãªtre plus qu'une crÃ©ature, et Ã  imposer sa volontÃ© Ã  Dieu ; il ne cherche pas de pouvoirs, de magie, de lecture de l'avenir . L'avenir est Ã  Dieu . Ibn Arabi dit : &lt;em&gt;tout ce que je sais du Mahdi, je l'ai reÃ§u par une grÃ¢ce spÃ©ciale, sans la demander, car je craignais, en m'y intÃ©ressant, de me dÃ©tourner de Dieu&lt;/em&gt; . Il serait aisÃ© de trouver chez Sri Ramana Maharishi ou chez GuÃ©non de telles condamnation de la recherche de Â« pouvoirs Â» ou de Â« connaissances spÃ©ciales Â» . Ibn Arabi pose mÃªme que les charismes manifestes d'un homme sont sans aucun lien avec sa stature spirituelle .&lt;br /&gt;Je ne nie pas que de telles manifestations puissent apparaÃ®tre ; mais elles ne sont pas Ã  la merci de l'homme, c'est l'homme qui est Ã  leur merci . L'homme ne peut s'en servir comme il peut se servir de la science moderne, en les allumant et en les Ã©teignant Ã  sa volontÃ© . Le rÃªve qui manifeste la vÃ©ritÃ©, l'intersigne, la certitude de l'avenir, tu ne peux les saisir . MÃªme le plus grand ne peut dÃ©sirer une telle maÃ®trise, car le plus grand est le serviteur de Dieu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes certes Ã  une Ã©poque de renversement des clartÃ©s, c'est Ã  dire que des savoirs voilÃ©s sont manifestÃ©s ; mais la vÃ©ritable occultation n'est pas dans la fermeture de l'accÃ¨s aux connaissances, mais dans les voiles qui pÃ¨sent sur le regard des hommes et leur font perdre de vue des Ã©vidences du visible . Un des voiles de l'homme est de ne plus pouvoir rendre visible Ã  ses yeux l'universel, tel qu'il se manifeste dans les paroles des sages . Ibn Arabi dit : &lt;em&gt;toute croyance manifeste une vÃ©ritÃ© dans l'ordre de la profession de foi&lt;/em&gt; ; ou encore &lt;em&gt;toutes les communautÃ©s font partie de la communautÃ© de Dieu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Celui qui ne cesse d'invoquer le Diable, la puissance du Diable, associe une puissance mauvaise Ã  la puissance unique . Il oublie que &lt;em&gt;Â« c'est Dieu qui vous a crÃ©e, vous et tout ce que vous faites Â»&lt;/em&gt; . Il est un paÃ¯en, et sa voie est sur la pente du polythÃ©isme . Le Diable est un ange, et sa nature essentielle est celle de l'Ange ; sa chute ayant commencÃ© est temporelle, et n'engage pas l'Ã©ternitÃ© . Le jugement engage l'Ã©ternitÃ© ; c'est pour cette raison que l'homme ne doit pas juger â€“ juger est folie pour l'homme, qui est poussiÃ¨re, et dont les paroles sont poussiÃ¨re de poussiÃ¨re .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'existe pas d'initiation qui donne des pouvoirs ; il n'existe que des initiations du serviteur ou du fidÃ¨le . L'initiation est une mort ; l'essence de l'initiation est la mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il est des SupÃ©rieurs Inconnus dans des organisations en dehors du charlatanisme, il ne peut s'agir, selon GuÃ©non lui-mÃªme, que de signes du centre, c'est Ã  dire de l'Un . Toutes les mythologies du complot ne peuvent se rÃ©clamer sÃ©rieusement de GuÃ©non, sauf en ce qui concerne le thÃ¨me de la contre-initiation . Mais il n'existe aucune symÃ©trie entre initiation et contre-initiation en dehors de la sÃ©mantique â€“ la contre-initiation est venimeuse et impuissante en dehors du monde, et l'essence du monde est maya . GuÃ©non dit : &lt;em&gt;la fin d'un monde n'est jamais que la fin d'une illusion .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Il en est de mÃªme du fatras empoisonnÃ© de l'Ã©sotÃ©risme moderne, que Taguieff ne peut distinguer des manifestations du CachÃ© dans l'homme . Les discours du siÃ¨cle sur l'Ã©sotÃ©risme sont des images projetÃ©es d'hommes mauvais â€“ d'un ressentiment impuissant de l'homme naturel - sur l'Ã©cran blanc du silence du monde Ã  leur Ã©gard ; et il n'est pas un vice ou un crime imputÃ© aux illuminatis ou aux juifs qui n'ont pas Ã©tÃ© reprochÃ©s aux chrÃ©tiens dans les premiers siÃ¨cles . Ils mangeaient les enfants, avaient des pratiques sexuelles mystÃ©rieuses, buvaient et mangeaient de la chair et du sang humain, adoraient un Ã¢ne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les modernes complotistes qui haÃ¯ssent le monde moderne, il existe des sociÃ©tÃ©s secrÃ¨tes dÃ©moniaques qui visent Ã  dominer le monde et cachent aux profanes de telles pratiques Â« Ã©sotÃ©riques Â», pratiques qui ne sont que les pratiques que le Spectacle ne cesse d'Ã©taler Ã  loisir dans les films d'horreur et la pornographie . Autant ne pas dire ce que peut signifier une telle conception de l'Ã©sotÃ©risme chez ceux qui la manipulent et la diffusent . On trouverait aisÃ©ment de telles croyances, prÃ©sentÃ©es comme positives, modernes et libÃ©ratrices, chez des hommes qui ne comprennent que charnellement une Marguerite PorÃ¨te et la station du Libre Esprit . Comme si les Â« hÃ©donistes Â» modernes, caricatures du bloom, qui dÃ©bitent Ã  la scie dans des blocs de lieux communs sÃ©dimentÃ©s en blocs pesants, les tranches de leur Â« sagesse Â» pour le marchÃ© idÃ©ologique des cadres moyens, faisaient parti des hommes que Marguerite cite parmi ceux qui ont Â« l'entendement subtil Â» ! L'incomprÃ©hension est pourtant Ã©quivalente .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne rapporte tout cela que par devoir, parce que le sujet est aussi inintÃ©ressant que possible pour l'homme du Fin Amor .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La comprÃ©hension de toutes les pseudo-religions modernes est celle de la psychologie du Bloom, qu'elle soit posÃ©e en bien ou en mal . L'incomprÃ©hension profonde du monde, liÃ©e au caractÃ¨re pulsionnel de sa personnalitÃ©, crÃ©e une profonde angoisse . Le narcissisme moderne fait de chaque instant une frustration personnelle, l'Å“uvre d'une volontÃ© maligne . La structure paranoÃ¯aque narcissique se banalise . La paranoÃ¯a est une maniÃ¨re de centrer le monde sur soi-mÃªme, typique du Bloom . Il faut ajouter l'incomprÃ©hension massive des logiques sans sujet du monde moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez les anticlÃ©ricaux et les Â« hÃ©donistes Â» qui rÃ©Ã©crivent l'histoire dans des universitÃ©s populaires, les mÃ©chants sont les hommes religieux, qui ne cessent d'opprimer les instincts des pauvres hÃ©donistes de tout les siÃ¨cles, qui ont bien le droit de jouir et qui le valent bien . Eh bien non, les mÃ©chants religieux avides de pouvoir ne cessent de torturer, de brÃ»ler et de frustrer par des menaces infernales les pauvres hÃ©donistes totalement dÃ©sintÃ©ressÃ©s, multipliant Ã  l'envi l'affreux procÃ¨s obscurantiste de GalilÃ©e . Et cela depuis le dÃ©but de l'apparition des religions, et c'est d'une mÃ©chancetÃ© Ã  peine croyable . Ce Â« nietzschÃ©isme Â» de poulet d'Ã©levage est fort bien portÃ© par des milliers de philosophes toujours prÃªts Ã  vous donner des conseils, oÃ¹ l'ignardise le dispute Ã  la sottise .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois, tant chez des idÃ©ologues de droite ou de gauche, les mÃ©chants religieux sont patriarcaux, et oppriment surtout les femmes avec un machisme liÃ© Ã  leurs frustrations vraiment atroces . Personne ne se pose la question pourquoi, en dominant ainsi l'histoire depuis des centaines de milliers d'annÃ©es, en exploitant et en opprimant et humiliant les autres au mÃ©pris de leur propre respect estime d'eux-mÃªme et des autres, ces horribles prÃªtres auraient des frustrations aussi puissantes, alors mÃªme qu'ils disposaient des richesses immenses et ne pratiquaient aucune forme particuliÃ¨re d'ascÃ©tisme sexuel ou alimentaire â€“ mais poser une telle question est bien compliquÃ©, et on ne va pas s'intÃ©resser trop longtemps aux mÃ©chants quand on est capable d'Ã©crire l'immortelle histoire du Bien . Chez les Â« thÃ©oriciens Â» antisÃ©mites, qui peuvent se rÃ©clamer sommairement de Freud, c'est la Bible qui contient le plus fÃ©roce contenu patriarcal de tous les temps, et les Juifs transportent indÃ©finiment le poison de la frustration sexuelle des hÃ©donistes ; chez les thÃ©oriciens progressistes, l'Islam occupe trÃ¨s bien cette place caricaturale, en lapidant et en voilant les femmes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne veux pas en effet reprendre ou rÃ©sumer le livre de Taguieff, qui a encore une fois des qualitÃ©s de cabinet de curiositÃ© dans le fatras de Â« l'Ã©sotÃ©risme Â», entre les nÃ©o-paÃ¯ens qui manifestent principalement leur incapacitÃ© Ã  comprendre que leur sentiment du divin dans la nature est attestÃ© dans l'Ã‰criture de la lignÃ©e d'Abraham comme l'unicitÃ© de Dieu est attestÃ©e dans les religiositÃ©s mystÃ©riques, c'est Ã  dire leur incapacitÃ© Ã  ne pas confondre les symboles et le fond immuable de la mÃ©taphysique â€“ divisant ce qui ne doit pas Ãªtre divisÃ© ; les satanistes retournÃ©s qui prÃªtent Ã  Satan la puissance de Dieu, Ã©laborant une gnose ignorante et dualiste ; les magiciens, qui cherchent la puissance du SiÃ¨cle, alors mÃªme que la puissance du siÃ¨cle de cesse de s'extÃ©nuer jusqu'Ã  l'extrÃªme ; et tout le fatras du faux pur et simple des marchands d'illusions associÃ©s du Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le seul point de complÃ©ment que je peux apporter, c'est la trÃ¨s Ã©troite analogie structurelle entre le complotisme antisÃ©mite ou anti-maÃ§onnique et le complotisme anticlÃ©rical et moderniste ; il s'agit de relectures idÃ©ologiques de l'histoire vue comme la lutte entre des bons innocents et des mÃ©chants coupables, emplis de noires intentions cachÃ©es ( puisque les religieux disent vouloir le bien, tout comme les ordres issus des LumiÃ¨res) et accomplissant une persÃ©cution sans faille ni justice des gentils . La ressemblance atteint mÃªme le style, et les complotistes de droite et de gauche partagent aussi l'incomprÃ©hension radicale de leurs sources, qui peut atteindre des niveaux ahurissants . Cette ressemblance doit sans doute se comprendre par le marchÃ© idÃ©ologique . Et aussi par une certaine analogie de puissance, ou plutÃ´t d'impuissance de comprendre, que l'on retrouve mÃªme chez des Ã©sotÃ©ristes trÃ¨s savants, qui rapportent des traditions excessivement importantes sans complÃ¨tement les comprendre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;J'Ã©tais un trÃ©sor cachÃ©, et j'ai dÃ©sirÃ© Ãªtre connu&lt;/em&gt; . Il n'est d'autre voie Ã©sotÃ©rique que celle que fonde ces mots, mots issus de la tradition abrahamique mais parlant d'une saveur de la vie essentielle Ã  l'homme de nostalgie, issu de toutes les montagnes embaumÃ©es, des montagnes de l'horizon, Ã  l'Est, Ã  l'Ouest, au Nord, au Sud .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est bien des voies, et donc des voies qui ne sont pas exprimÃ©es et dÃ©crites ; mais elles le sont pour Ã©viter des incomprÃ©hensions massives . Les sages placent des cerbÃ¨res de mots et d'images pour Ã©carter la curiositÃ© vide, mots qui sont des vÃ©ritÃ©s brutales . Ainsi la Voie dÃ©crite par le &lt;em&gt;De Vita Nuova&lt;/em&gt; de Dante . La premiÃ¨re discipline d'un disciple est d'apprendre Ã  se taire, d'apprendre Ã  faire le silence pour Ã©couter, voir, entendre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est manifestÃ© . Rien n'est cachÃ©, sinon sa propre ignorance . Le monde autour de moi est la Splendeur mÃªme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La mort est l'essence de la Voie&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-4196913998956329104?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/4196913998956329104/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=4196913998956329104' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4196913998956329104'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4196913998956329104'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/jetais-un-tresor-cache-et-jai-desire.html' title='J&apos;Ã©tais un TrÃ©sor cachÃ©, et j&apos;ai dÃ©sirÃ© Ãªtre connu - de l&apos;Ã©sotÃ©rique du manifestÃ© .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-Gk9bE_HZTfk/TseQp6nG3gI/AAAAAAAABT0/Rpp1Dn6BHQc/s72-c/IMG_1136.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-3117086504530420176</id><published>2011-11-16T09:36:00.002-08:00</published><updated>2011-11-16T09:41:48.820-08:00</updated><title type='text'>Pour une lecture de Marx par William Blake en Enfer.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-T29gnX7BGWY/TsP1tf69TuI/AAAAAAAABTo/8HeTtw3EvU8/s1600/william-blake-l-ancien-des-jours.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 280px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5675650117428661986" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-T29gnX7BGWY/TsP1tf69TuI/AAAAAAAABTo/8HeTtw3EvU8/s400/william-blake-l-ancien-des-jours.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Blake : l'Ancien des jours, ou le Diable)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un Ã©loge funÃ¨bre est l'invocation du nom d'un mortel . Et si je veux invoquer Marx, c'est que plus que jamais, cette invocation est nÃ©cessaire . Marx, ou l'homme &lt;em&gt;dÃ©moniaque et faustien&lt;/em&gt; ; l'homme de la libertÃ© invincible face aux dÃ©terminations de fer de l'Ã¢ge de la marchandise . Marx l'homme par excellence du nÃ©gatif au prÃ©sent cycle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nÃ©gatif n'est pas le nÃ©gatif photographique, l'image inversÃ©e d'une Ã©poque, comme un vieux film argentique imprÃ©gnÃ©e des rires et de la chair des hommes du passÃ© sur ses taches sombres, sur ses abÃ®mes de lumiÃ¨re noire ; le nÃ©gatif est la puissance lovÃ©e que l'acte manifestÃ© du positif suppose comme condition nÃ©cessaire d'existence, comme racine, et dont la manifestation inÃ©vitable transformera le manifestÃ© en cendres, en passÃ©, en non-manifestÃ© mort, dÃ©pourvu de sang et de vie, que le regard cherche sur les chemins tracÃ©s par les pas des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nÃ©gatif est l'acte de la puissance cachÃ©e qui est Ã  venir, l'aube d'Ã©tÃ© . Il est cette force endormie, comme le dragon rouge sous le chÃ¢teau de la dame du Lac, qui annonce les redoutables prophÃ©ties de l'avenir, les prophÃ©ties de Merlin . Le nÃ©gatif est cela que nous invoquons, nous autres hommes des souterrains, qui chuchotons dans l'attente de l'embrasement du ciel . Car Babylone a brÃ»lÃ©, alors que tous lui rendaient hommage, comme notre folle idÃ©ologie libÃ©rale, et &lt;em&gt;le ciel a rougi de la fumÃ©e de ses embrasements&lt;/em&gt; . Elle a brÃ»lÃ©, toujours dÃ©jÃ  brÃ»lÃ©, et brÃ»lera encore . Si nous ne le voyons pas, des hommes le verront .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie de l'homme moderne est vide â€“ le plus grand qu'elle puisse Ãªtre en gÃ©nÃ©ral est l'attente indÃ©finie d'un monde oÃ¹ vivre soit possible, vraiment et pleinement possible â€“ un monde oÃ¹ vivre ne soit pas conÃ§u comme le labeur dur et forcÃ© de remboursement de dettes contractÃ©es par des Â« reprÃ©sentants du peuple Â» qu'aucun membre du peuple n'a jamais rencontrÃ© . Un monde oÃ¹ l'homme soit assez libÃ©rÃ© de la malÃ©diction du travail pour retrouver la puissance de philosopher, comme le disait Aristote il y a plus de deux mille ans â€“ un monde oÃ¹ le loisir, l'&lt;em&gt;otium&lt;/em&gt;, au service des dieux, de la beautÃ©, de la philosophie, de la CitÃ©, de l'amour, de l'amitiÃ©, soit Ã  nouveau considÃ©rÃ©e naturellement comme la vie la plus noble â€“ et non la vie avec une montre au poignet Ã  cinquante ans , la vie du temps de cerveau disponible . La montre est exactement l'Ã©quivalent du bracelet Ã©lectronique pour l'esclave consentant : elle vous dit toujours oÃ¹ en est le SystÃ¨me, et vous demande oÃ¹ vous en Ãªtes . L'imposition de l'heure est l'imposition d'un monde, mais le comprendre est dÃ©jÃ  hors de la portÃ©e de l'immense majoritÃ© des hommes modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Marx travaillait Ã  la British Library, l'heure de fermeture Ã©tait l'heure oÃ¹ l'on ne pouvait plus lire â€“ l'horloge Ã©tait encore le soleil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx est l'homme aux neuf erreurs, comme le chat a neuf vies ; mais il est aussi l'homme des grandes vÃ©ritÃ©s . &lt;strong&gt;Et condamner les vÃ©ritÃ©s d'un homme au nom de ses erreurs, c'est faire prÃ©valoir l'erreur sur la vÃ©ritÃ© &lt;/strong&gt;; de mÃªme que faire prÃ©valoir un homme aux vÃ©ritÃ©s banales et vides sur un homme aux vÃ©ritÃ©s profondes et rares, sous le prÃ©texte que l'homme des vÃ©ritÃ©s banales ne fait jamais que de petites erreurs, est une trahison de la pensÃ©e et de l'homme . Marx fut un homme des erreurs et un grand penseur, et cela est bien plus qu'un homme sans erreurs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx parle du dÃ©terminisme de fer du matÃ©rialisme historique dans la forge de l'impÃ©rialisme moderne, dans le ventre du LÃ©viathan de la destruction qui s'est manifestÃ© au siÃ¨cle des catastrophes ; et assurÃ©ment la cruautÃ© de ses mots, comparable Ã  la cruautÃ© des griffes et des crocs des fauves, n'est que le reflet de la cruautÃ© du monde produit par le travail et par les utopies des hommes de l'Ã¨re libÃ©rale . Le dÃ©terminisme de fer a parlÃ© au dernier siÃ¨cle, et nous ne cessons d'en voir des effets, ainsi dans le masque atroce d'un dictateur lynchÃ© par des hommes couverts de sang, quand des ministres en costume se dÃ©clarent fiers d'exporter la DÃ©mocratie, la Paix et la TolÃ©rance, Ã  travers des bombardements et des milliers de morts, quand trois saisons auparavant ils se souriaient, se serraient la main et mangeaient ensemble . Je regardais dans les yeux de l'homme torturÃ©, dans les yeux de l'homme de Guantanamo, et je me suis vu moi-mÃªme â€“ j'y ai regardÃ© notre visage, mes amis .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les hommes qui disent exporter la libertÃ© enserrent la vie mÃªme des hommes de l'Europe et de l'AmÃ©rique, des nations industrielles . Ils sont les hommes dont le discours construit cette boucle de l'idÃ©ologie racine, ce spectacle vrai, qui est nommÃ© &lt;em&gt;crise de la dette&lt;/em&gt; . Ils ont pris des emprunts colossaux Â« en notre nom Â» sur des dizaines d'annÃ©es, en Ã©tant Ã©lus pour quelques annÃ©es ; puis ils se tournent vers nous, d'un air menaÃ§ant et culpabilisateur, en nous disant Â« vous avez vÃ©cu sans soucis, maintenant il faut nous rembourser Â» . Nous rembourser ? Et le montant dÃ©jÃ  remboursÃ© est supÃ©rieur au capital, mais les intÃ©rÃªts s'accumulent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est ce qu'un prÃªt dans la thÃ©orie libÃ©rale ? Le commerce de l'argent est un service : on vous vend la mise Ã  disposition d'avance d'un capital que vous allez rembourser . Cela peut Ãªtre tenu si le montant remboursÃ© est raisonnable . Mais sur de trÃ¨s longues pÃ©riodes, le montant total remboursÃ© devient trÃ¨s au delÃ  du capital empruntÃ© . Alors se manifeste le rÃ´le du prÃªt d'argent comme construction d'une dÃ©pendance et d'une subordination . Une banque qui prÃªte Ã  vingt-cinq ans achÃ¨te auprÃ¨s des vivants le droit de prÃ©lever une rente sur leur revenus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Individuellement, cet achat d'un droit sur la vie personnelle n'est pas complÃ¨tement significatif . Mais les hommes modernes sont en rÃ©alitÃ© endettÃ©s massivement, collectivement : c'est Ã  dire que les hommes du Capital exploitent les hommes du Travail deux fois, une fois par le travail, et une deuxiÃ¨me fois par la rente sur les revenus du travail . Surtout, le Capital redouble l'asservissement du travail salariÃ© de la dÃ©pendance de l'emprunt . Deux exemples manifestes : en Amazonie, le prÃªt d'argent aux paysans prolÃ©tarisÃ©s est fait par leur patron-propriÃ©taire de telle maniÃ¨re qu'ils ne peuvent jamais rembourser, crÃ©ant les conditions effectives d'un travail forcÃ© ; dans l'Apollonide â€“ un bordel - il est manifeste que le prÃªt d'argent aux prostituÃ©es avant pour but de crÃ©er une dette rendant leur dÃ©part impossible . Dit autrement, Â« la Crise de la Dette Â» est effectivement un coup d'Ã‰tat (Michel Drac) â€“ la prise du pouvoir direct, manifestÃ©e Ã  ce jour en Europe, par des reprÃ©sentants de grandes banques, du pouvoir d'Ã‰tat, pour Â« mettre en place des plans de rigueur Â», c'est Ã  dire des plans d'expropriation massive des peuples .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prÃªt et la dette sont l'arme du Capitalisme dans sa nouvelle vague de guerre au travail .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'on constate, avec une vraie stupÃ©faction, que ces hommes sont ceux lÃ  mÃªme qui Â« nous Â»ont prÃªtÃ© de l'argent â€“ que les Â« hommes politiques dÃ©mocratiquement Ã©lus Â» sont des anciens des grandes banques de prÃªt, qu'ils font les taux, les rÃ¨gles et les lois...que mÃªme sont les Â« reprÃ©sentants Â» de Goldman Sachs, de l'Union EuropÃ©enne, et des Ã‰tats...que des hommes puissants, Â« reprÃ©sentants du peuple Â» sont aussi des membres de rÃ©seaux de clientÃ¨le des Ã‰tats Unis en Europe . Que les exportateurs militaires de la DÃ©mocratie sont ceux-lÃ  mÃªme que la perspective d'un referendum en GrÃ¨ce scandalise . Bref, on est forcÃ© de constater que l'Ã‰tat, comme structure manifeste de la classe dirigeante capitaliste, se comprend tellement mieux que dans les salmigondis spectaculaires de la thÃ©orie de la reprÃ©sentation . Les Ã©lections sont des plÃ©biscites libÃ©raux : que l'on vote X ou Y dans le cadre, on fait un plÃ©biscite pour le cadre â€“ et seul le cadre compte vraiment. Et le cadre, c'est le cadre de l'argent et de la concurrence libre et non faussÃ©e â€“ l'abandon de la langue et de la culture comme ciment des hommes, au profit de la loi d'airain du paiement au comptant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'exploitation du travail par le Capital, dit Marx, est le sacrifice de la vie Ã  la chose . Quand, en dÃ©couvrant l'Empire AztÃ¨que, CortÃ¨s et ses hommes frÃ©mirent devant les sacrifices humains et l'odeur du sang rÃ©pandu, ils n'imaginaient pas qu'ils sacrifieraient la vie des Indiens Ã  l'Or et Ã  l'argent des mines, qu'ils seraient Ã  l'origine de la traite des noirs, et que secrÃ¨tement, dans les voiles du fÃ©tichisme de la marchandise, du Spectacle, de l'idÃ©ologie et du libre contrat de travail, les successeurs de l'Empire espagnol accompliraient le sacrifice de la vie humaine Ã  l'expansion illimitÃ©e de la puissance matÃ©rielle, a grand LÃ©viathan â€“ sans doute au Veau d'Or .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes encore les victimes aztÃ¨ques, noires, de l'aviditÃ© infinie des sous-systÃ¨mes psychiques que sont les hommes de l'or . Pour comprendre l'aviditÃ© indÃ©finie des hommes d'or, il faut penser au caractÃ¨re indÃ©fini de la jouissance . Il est indispensable de comprendre le caractÃ¨re marginal de la jouissance du gain supplÃ©mentaire pour le capitaliste . Un homme riche ne jouira pas d'un gain qui rÃ©jouirait un pauvre ; plus sa fortune s'accumule, plus l'accumulation doit s'intensifier pour qu'il en retire une adrÃ©naline de puissance â€“ le capital accumulÃ© est insatiable, ne peut trouver de satisfaction en lui-mÃªme, comme le libertin qui passe Ã  la surenchÃ¨re est poussÃ© vers des formes de folie â€“ voir en littÃ©rature &lt;em&gt;AmÃ©rican Psycho&lt;/em&gt; ou les &lt;em&gt;120 journÃ©es de Sodome&lt;/em&gt;, pour ne pas parler d'exemples historiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La recherche de l'infini du dÃ©sir, bloquÃ©e par le matÃ©rialisme de l'idÃ©ologie racine Ã  la conquÃªte de la puissance du monde, devient hubris, dÃ©mesure ; la saintetÃ© de la nostalgie de l'infini devient la puissance de crÃ©ation sur terre des conditions mÃªme de l'Enfer . La puissance de la rÃ©demption est transmutÃ©e en folie et en naufrage â€“ et la vie mÃªme de la Splendeur, la vie du sang et du souffle se perd . Tel fut le message de William Blake, autre londonien du XIXÃ¨me siÃ¨cle, montrant le Dieu mesurant le monde comme figure de Satan, et le retour vers le dÃ©sir infini la voie de la rÃ©demption dans &lt;em&gt;le mariage du Ciel et de l'Enfer&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes sans or ont Ã©tÃ© rÃ©duit Ã  la force de travail, et la croissance est devenu l'objectif officiel du monde entier . Notre SystÃ¨me unique, pluraliste dans le Spectacle qu'il offre Ã  lui-mÃªme et oÃ¹ il se mire avec un narcissisme global dont les sous-systÃ¨mes psychiques sont les reflets indÃ©finis, les fractales et les fragments, notre SystÃ¨me unique dÃ©veloppe un processus unique dÃ©terministe dont la finalitÃ© sans sujet, l'entÃ©lÃ©chie, est unique : la Croissance, la maximisation du dÃ©ploiement de la puissance matÃ©rielle . &lt;strong&gt;Le pluralisme du SystÃ¨me n'est que l'instrument de l'unification du service de la puissance &lt;/strong&gt;. Une grande constante de Marx est la comprÃ©hension fÃ©roce de la vanitÃ©, de la dialectique des intentions humaines, broyÃ©es par les dÃ©terminismes historiques â€“ et cette Ã©vidence est encore Ã  ce jour perdue de vue .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'entÃ©lÃ©chie unique, la maximisation du dÃ©ploiement de la puissance matÃ©rielle passe par la rarÃ©faction des richesses pour les hommes exploitÃ©s, malgrÃ© les masses immenses de richesses produites, et l'excitation du dÃ©sir par le Spectacle . Il faut faire hurler le dÃ©sir et le besoin sans cesse pour que la loi d'airain du besoin les asservisse intimement au travail, pour dÃ©velopper la guerre de tous contre tous parmi les dominÃ©s, dans le cadre de la libre circulation des hommes et du libre marchÃ© du travail . La crÃ©ation du marchÃ© du travail suppose l'atomisation des hommes, donc la lutte contre toutes les formes de liens, contre la langue mÃªme, et la destruction des corporations de 1791 comme la lutte contre les discriminations aujourd'hui .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maximisation suppose l'extension du domaine de la lutte . La maximisation suppose la confiscation massive de la plus-value du travail par le Capital, le rÃ¨gne du Capital . Car l'abondance des richesses ne favorise pas le travail . La pression du travail doit Ãªtre maintenue par la peur du dÃ©classement et par la dette, la dette du travail au Capital, construction du Spectacle matÃ©riellement fictive, puisque tout le Capital n'est que l'accumulation des efforts dÃ©sespÃ©rÃ©s du travail pour sortir de sa propre malÃ©diction, pour se libÃ©rer de l'obligation de travailler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Capital libÃ¨re le vieux travailleur, pour en faire un consommateur, et un pilier de l'ordre dÃ©mocratique ; mais pas trop tÃ´t, quand il lui est devenu impossible de se retourner, de se renier comme esclave â€“ quand le Spectacle du travailleur a pris le dessus dans son Ã¢me â€“ quand il est mort, en fait, mais non physiquement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le propriÃ©taire &lt;em&gt;people&lt;/em&gt; du Capital livre contre paiement au Travail le Spectacle de la vie de jouissance de l'homme libÃ©rÃ© du travail, et le miracle du transfert fait que les esclaves se rÃ©jouissent des rÃ©jouissances de leurs maÃ®tres, et modÃ¨lent leurs actes de consommateur sur des variantes bon-marchÃ©s de leurs coiffures, de leur maquillage, de leurs vÃªtements â€“ en croyant Ãªtre des rebelles, portant des teeshirts marquÃ©es police .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la parole de l'universitaire, du journaliste, de tous ceux qui prÃ©sentent le Moloch du Capital comme un Dieu bon, bienveillant, qu'il faut laisser libre de s'Ã©panouir et de distribuer des biens aux hommes comme il en a prÃ©tendument le dÃ©sir infini â€“ toutes ces paroles sont celle, unique, de la police du SystÃ¨me . LÃ©viathan a un nombre indÃ©fini de tÃªtes, qui chantent toutes sur des airs diffÃ©rents le grand chant du SystÃ¨me . Oui, la parole du journaliste et de l'universitaire est celle de la police, ami, c'est un thÃ¨me de &lt;em&gt;l'idÃ©ologie allemande&lt;/em&gt;, le sens intime et concret de la dÃ©termination de la superstructure intellectuelle par la structure de production chez Marx . Les dÃ©fenseurs du marchÃ© sont les laquais du SystÃ¨me â€“ et rien de plus . Quand Debord dit : &lt;em&gt;quand un universitaire dit du bien de soi, il faut se demander quelle faute on a commise&lt;/em&gt;, il rÃ©pÃ¨te Marx .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx croit en la pensÃ©e, puisqu'il est un penseur . Il pense la pensÃ©e vraie, Â« scientifique Â», comme nÃ©gatif . C'est Ã  dire qu'il pense le rÃ¨gne du Capital comme Spectacle et comme mensonge que la vÃ©ritÃ© met Ã  nu, dans toute sa cruautÃ© . Le monde du Capital et des usines est pour lui l'enfer de Dante, que le courage de la pensÃ©e doit affronter dans un duel Ã  mort . Il cite Ã  la fin de la prÃ©face de &lt;em&gt;la Critique de l'Ã©conomie politique&lt;/em&gt; &lt;em&gt;l'Enfer&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;il convient ici de laisser tout soupÃ§on ; toute vilenie, toute lÃ¢chetÃ©, il convient ici qu'elle soit morte&lt;/em&gt; . Marx est dÃ©jÃ , trÃ¨s largement situationniste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un tel monde, quel fut le travail de Marx ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Par cet aperÃ§u du cours de mes Ã©tudes sur le terrain de l'Ã©conomie politique, j'ai voulu prouver une seule chose : quelque jugement que l'on porte sur mes idÃ©es, et bien qu'elles ne soient guÃ¨re en consonance avec les prÃ©jugÃ©s intÃ©ressÃ©s des classes dominantes, elles sont le fruit de recherches longues et consciencieuses (â€¦) au seuil de la science comme aux portes de l'Enfer&lt;/em&gt; (â€¦).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne comprenons pas la Â« crise de la dette Â» . Nous ne comprenons pas les dÃ©monstrations des Ã©conomistes modernes . Nous ne savons pas ce qui est un mensonge Ã©hontÃ© (beaucoup) une erreur thÃ©orique, ou une triste rÃ©alitÃ© . Je le rÃ©pÃ¨te, l'immense majoritÃ© des hommes n'y comprend rien, adhÃ¨re aux images du SystÃ¨me, et le message des maÃ®tres de banque peut passer pour un appel dÃ©sintÃ©ressÃ©e et humaniste de libÃ©ration des jeunes gÃ©nÃ©rations de la dette . Bien sÃ»r ! Autant croire que le loup n'a pas de dents .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le discours et l'idÃ©ologie moderne constituent la sociÃ©tÃ© qui parle de Â« la crise de la dette Â», sont des Ã©lÃ©ments fonctionnels du SystÃ¨me . La recherche scientifique de la comprÃ©hension globale du SystÃ¨me sature de sens un SystÃ¨me dÃ©jÃ  extrÃªmement complexe ; et &lt;em&gt;le Capital&lt;/em&gt; de Marx est ainsi, dans ses innombrables pages, un dÃ©dale indÃ©fini .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots qui dÃ©crivent notre monde sont des fonctions de ce monde, des fonctions de l'auto-constitution du monde par le SystÃ¨me ; leur fonction pratique est par nature trÃ¨s diffÃ©rente de leur sens explicite qui fait de celui qui y adhÃ¨re une fonction du SystÃ¨me, un sous-systÃ¨me psychique . Leur fonction est d'Ãªtre les logiciels qui permettent, en production de sÃ©rie, de faire des personnes des crÃ©atures neutralisÃ©es, prÃ©visibles et fonctionnelles, ce que &lt;em&gt;la ThÃ©orie de la jeunefille&lt;/em&gt; de Tiqqun rend sensible . Cette fonction est remplie par la constitution spectaculaire d'une rÃ©alitÃ©, par la construction de la rÃ©alitÃ© sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fÃ©tichisme de l'idÃ©ologie et du Spectacle, Ã©tudiÃ©s par Debord dans la thÃ©orie du Spectacle, est la construction d'une domination par la construction d'une rÃ©alitÃ© factice qui amÃ¨ne les hommes Ã  obÃ©ir aux fins du SystÃ¨me par eux-mÃªme, comme librement, et pas en leur donnant des ordres ou des chÃ¢timents explicites . Plus exactement, en ne leur donnant de telles menaces ou de tels ordres que le moins qu'il est possible de faire . Il s'agit de rendre les sous-systÃ¨mes psychiques autonomes, c'est Ã  dire spontanÃ©ment â€“ sans besoin de police externe - porteurs des conditionnements adaptÃ©s au SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La complexitÃ© d'une telle dÃ©marche de domination ne se comprend que si l'on admet que ce mode fÃ©tichiste de construction de la domination commencÃ© avec le fÃ©tichisme de la marchandise, certes complexe Ã  construire, est sinon indestructible grÃ¢ce Ã  son caractÃ¨re masquÃ©, du moins susceptible d'une intensification de l'exploitation jamais vue dans l'histoire . Le Capital, ce que Marx avait vu, ne peut s'accommoder de la faible productivitÃ©, donc de la faible exploitation du despotisme historique ; il ne peut laisser ses esclaves sans tenter de les Â« motiver Â», c'est Ã  dire sans essayer d'obtenir de leur part un engagement total dans la tÃ¢che . Le Capital est l'essence cachÃ©e de la mobilisation totale, expÃ©rience de base et de fondation des systÃ¨mes totalitaires . Ces systÃ¨mes furent des expÃ©riences d'usage de la force et de la domination nue comme mode de maximisation de l'exploitation ; et ils furent de relatifs Ã©checs . En rÃ©alitÃ©, le dÃ©sir et l'autonomie individuelle sont les plus puissants leviers, et les moins coÃ»teux, de la mobilisation totale, le &lt;em&gt;travailler plus pour gagner plus&lt;/em&gt; ; et ainsi la dÃ©mocratie et l'individualisme moderne peuvent-ils Ãªtre les masques d'un SystÃ¨me d'exploitation dont l'intensitÃ© ne cesse de se renforcer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx le premier dÃ©masqua des rapports sociaux sous des rapports de choses ; et c'est assurÃ©ment la distinction de la valeur d'Ã©change et de la valeur d'usage qui fut dÃ©terminante de cette lente mise en lumiÃ¨re . La valeur d'Ã©change Ã©tablit une classification, une mesure commune de la sociÃ©tÃ© par l'argent par la mesure commune des formes de travail social de production . L'Ã©change est le creuset de la puissance du Capital, le dÃ©but de la marche de la symbolisation de la puissance et de l'exploitation . Voyez l'achat de boules de caoutchouc en Afrique dans le &lt;em&gt;Voyage au bout de la Nuit de CÃ©line&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que la mythologie libÃ©rale de la justice pense la justice comme un libre contrat entre des parties Ã©gales en droit, Marx sait que cette hypothÃ¨se pense comme condition nÃ©cessaire du droit l'existence prÃ©alable d'une communautÃ© de droit qui ne peut Ãªtre fondÃ©e que par l'exercice d'une puissance souveraine d'un homme sur d'autres hommes . Alors que la mythologie libÃ©rale de l'Ã©change pense celui-ci comme la dÃ©couverte de complÃ©mentaritÃ©s et donc d'Ã©changes constituant un marchÃ© de production, Marx sait que cette complÃ©mentaritÃ© et ces Ã©changes ne peuvent Ã©merger que d'un marchÃ© existant dÃ©jÃ  â€“ voir &lt;em&gt;misÃ¨re de la philosophie&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le fÃ©tichisme est le nom de tous les voilements du SystÃ¨me, un SystÃ¨me fondÃ© sur le voilement des plus laides rÃ©alitÃ©s . Le fÃ©tichisme de la marchandise voile l'exploitation . Le fÃ©tichisme des images voile l'exploitation . Le fÃ©tichisme du droit libÃ©ral des liens est aussi un tel voilement . L'Ã©galitÃ© en droit est la fiction permanente asservie Ã  l'exploitation, le masque le plus puissant de l'exploitation . Le contrat de travail entre personnes Ã©gales, le contrat de prÃªt entre parties Ã©galement libres, le contrat d'assistance et d'alliance entre le colonie et le pays colonisateur â€“ tout cela est la construction, voilÃ©e dans le Spectacle, des liens asservis d'exploitation matÃ©rielle&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx est l'homme du premier dÃ©voilement des mensonges de l'idÃ©ologie et de la puissance de la vÃ©ritÃ© . DÃ©noncer la domination, ce n'est pas &lt;em&gt;hurler son indignation comme un prophÃ¨te Ã  des ignorants&lt;/em&gt;, c'est donner Ã  chaque homme les instruments psychiques de libÃ©ration de l'idÃ©ologie et de la mythologie du Capital â€“ et ainsi la capacitÃ© de devenir les parties d'une totalitÃ© nouvelle, du nÃ©gatif qui dÃ©truira l'ensorcellement et l'exploitation du Capital .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lecture et l'Ã©tude de Marx, la comprÃ©hension des fins de son immense travail restent plus que jamais le sang et le souffle de la condamnation humaine de l'Enfer libÃ©ral .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-3117086504530420176?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/3117086504530420176/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=3117086504530420176' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/3117086504530420176'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/3117086504530420176'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/pour-une-lecture-de-marx-par-william.html' title='Pour une lecture de Marx par William Blake en Enfer.'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-T29gnX7BGWY/TsP1tf69TuI/AAAAAAAABTo/8HeTtw3EvU8/s72-c/william-blake-l-ancien-des-jours.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-3382159532071419646</id><published>2011-11-05T03:27:00.005-08:00</published><updated>2011-11-05T03:42:08.856-08:00</updated><title type='text'>Le mÃ©morial des oiseaux .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-cnvda6eRBug/TrUgRUexowI/AAAAAAAABSo/R5ETXq7ScyE/s1600/simorgh-sur-textile-400x2621.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 262px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5671474787670663938" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-cnvda6eRBug/TrUgRUexowI/AAAAAAAABSo/R5ETXq7ScyE/s400/simorgh-sur-textile-400x2621.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Simorgh)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que votre lien soit la grande chaÃ®ne d'or de l'Ãªtre!&lt;br /&gt;"l'amour qui fait mouvoir le Soleil et les autres Ã©toiles"&lt;br /&gt;Et mÃªme si je devais marcher de longues annÃ©es jamais&lt;br /&gt;Mes yeux ne quitteront les Ã©clats de l'Ã©toile dans&lt;br /&gt;Les miroirs du monde - les lacs noirs&lt;br /&gt;De tes yeux&lt;br /&gt;Le sang de tes lÃ¨vres&lt;br /&gt;Les neiges ambrÃ©es de ta peau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Ã©ternitÃ© du soleil invaincu&lt;br /&gt;Le mouvement du soleil&lt;br /&gt;Le temps n'est pas la mesure du moteur immuable&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Haut les cÅ“urs quand la mort rÃ´de&lt;br /&gt;AuprÃ¨s des branches pleurant dans le marais&lt;br /&gt;Dans la brume sur l'Ã®le des morts&lt;br /&gt;Quand les arbres se dÃ©nudent&lt;br /&gt;Sur les roches froides mangÃ©es de lichens&lt;br /&gt;Sur les landes battues par la pluie&lt;br /&gt;Quand la nuit se rÃ©pand dans l'Ã¢me&lt;br /&gt;Quand la vie s'extÃ©nue dans les tempÃªtes&lt;br /&gt;Haut les cÅ“urs sur l'oiseau de mer&lt;br /&gt;Amant des tempÃªtes aspirÃ© par&lt;br /&gt;Le vide&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es la vie dans la mort du monde&lt;br /&gt;Le nid de feu parmi les glaces&lt;br /&gt;L'espoir de l'Orient Ã©toilÃ©&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et mÃªme si je devais marcher de longues annÃ©es jamais&lt;br /&gt;Mes yeux ne quitteront les Ã©clats de l'Ã©toile dans&lt;br /&gt;Les miroirs du monde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que je meure si j'oublie&lt;br /&gt;Le remÃ©moration&lt;br /&gt;Et le mÃ©morial&lt;br /&gt;Du corbeau percÃ© d'une flÃ¨che&lt;br /&gt;L'hiver&lt;br /&gt;Et la remÃ©moration du cheveu d'or&lt;br /&gt;PortÃ© par l'oiseau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que je meure si j'oublie&lt;br /&gt;Le feu des Ã©toiles sur ma peau et&lt;br /&gt;La langue des oiseaux&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-3382159532071419646?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/3382159532071419646/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=3382159532071419646' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/3382159532071419646'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/3382159532071419646'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/le-memorial-des-oiseaux.html' title='Le mÃ©morial des oiseaux .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-cnvda6eRBug/TrUgRUexowI/AAAAAAAABSo/R5ETXq7ScyE/s72-c/simorgh-sur-textile-400x2621.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-8581155353433598161</id><published>2011-10-31T05:27:00.005-08:00</published><updated>2011-11-02T06:01:34.510-08:00</updated><title type='text'>Le MaÃ®tre d'Ã©meraude, II . L'Ange du lointain exil .</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-5GanBzjxMR0/Tq6lJbrgN4I/AAAAAAAABSQ/J4g6Lz2imnQ/s1600/Bosch_jardin.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 359px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5669650562373662594" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-5GanBzjxMR0/Tq6lJbrgN4I/AAAAAAAABSQ/J4g6Lz2imnQ/s400/Bosch_jardin.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center style="FONT-STYLE: italic"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Hieronymus Bosch, le jardin des dÃ©lices)&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Consultation spirituelle sur les mondes des dÃ©mons.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã” mon ami et mon maÃ®tre, je viens Ã  toi, pour me lover Ã  tes pieds, comme un chat ou un serpent . Tu es vivant, vivant au milieu des Ã©meraudes ; les fleurs rient de ta prÃ©sence . Dans des bassins d'eau limpide et fraÃ®che tournent de grands poissons, ta monture . Tu tiens dans tes mains un chapelet de santal, et tu est couvert d'un manteau de pourpre ; la bienveillance et la misÃ©ricorde sont sur tes yeux . A tes cÃ´tÃ©s est assis l'homme, le sceau de la saintetÃ© ; vÃªtu d'une robe noire, il tient aussi un chapelet plus clair que le tien .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã” mon ami du cÅ“ur, tu m'as enseignÃ© la misÃ©ricorde et appris la confiance en Dieu des adorateurs . Tu m'as dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Â« c'est lui qui vous a crÃ©Ã©, vous et tout ce que vous faites ! Â»&lt;/span&gt; Je sais que je ne suis rien, je sais que je ne sais rien, et pourtant je n'ai peur de rien . Ã” mon ami, comme MoÃ¯se, je marche indÃ©finiment sur les pas d'Abraham â€“ Abraham est passÃ© avant moi - mais je marcherais, je ne cesserais pas avant d'avoir atteint le confluent des deux mers, et de sentir le santal, l'encens et l'oud de tes priÃ¨res d'Or . La science des miroirs indÃ©finis de la lumiÃ¨re une fut transmise par Denys, sans connaissance des Noms . Aussi cette science est comme le plan d'une forÃªt sans limites, un Ã©garement pour l'homme de la Voie, si les rÃªves ne le guident .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abraham est la racine des mondes des hommes, et il est comparable Ã  l'Adam . Tout le souffle du monde fut impliquÃ© dans la glaise d'Adam . Toute transmission, tout le sang, toute la sÃ¨ve, furent transmis au monde par Adam . Le Coran dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Craignez, Ã´ hommes, de rompre les liens du sang&lt;/span&gt; ! Il fut celui qui donna les noms, le miroir et la ressemblance de Dieu, et nul n'a fondÃ© de monde sans Ãªtre le miroir et la ressemblance d'Adam . La grande chaÃ®ne d'or de l'Ãªtre, serpent issu des spires de l'or des temps â€“ est la transmission de baisers et de parole du souffle, du sang et de la sÃ¨ve de l'Alliance d'Adam . Elle s'Ã©tend sur tous les mondes des hommes . Elle est parfois nommÃ©e la Tradition primordiale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CaÃ¯n, fils aÃ®nÃ© d'Adam et d'Ãˆve a reÃ§u le souffle d'Adam et des bÃ©nÃ©dictions de Dieu . Je te parlerai de lui, car ta station est la station de CaÃ¯n, quand comme la fleur, au crÃ©puscule, elle se tourne vers le soleil et le vent de l'Aube qui se lÃ¨ve, soulevant la terre des chemins . Alors les ossements blanchis commencent Ã  Ãªtre visibles, alors le vent tiÃ¨de porte les vapeurs des ocÃ©ans vers les narines des hommes . Les parfums du confluent des mers enseignent Ã  l'homme endormi sur la dalle de pierre au bord du chemin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CaÃ¯n fut crÃ©e de l'humus et du sperme d'Adam, d'une essence divine, et lovÃ© en Ãˆve comme le serpent ; il connu les vestiges visibles et sensibles de l'Ã‰den sur la surface du monde . Il fut aussi l'homme de la sueur sur le front, de l'amertume de la mort, des saisons ; de la haine, de la colÃ¨re du Dragon, du labeur dur et forcÃ©, le premier agriculteur â€“ mais il devint nomade par MisÃ©ricorde aprÃ¨s la mort de son frÃ¨re Abel . Il fut l'homme de la nostalgie, l'homme des fleurs, l'homme des filles des hommes . Il fut, comme Adam, et Ãˆve encore plus, l'homme de la rÃ©volte, et au delÃ  d'eux l'homme de la rupture de l'Alliance d'Adam, appelÃ© par la MisÃ©ricorde au retournement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Homme de la race de CaÃ¯n, tu es nomade de l'esprit, est cela est le fruit d'une malÃ©diction et d'une bÃ©nÃ©diction plus grande . EmpÃ©docle dit de lui-mÃªme : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Il y a un oracle de la NÃ©cessitÃ©, une antique ordonnance des dieux, Ã©ternelle et fortement scellÃ©e par de larges serments : si jamais l'un des dÃ©mons, qui ont obtenu du sort de longs jours, a souillÃ© criminellement ses mains de sang, ou a suivi la Haine et s'est parjurÃ©, il doit errer trois fois dix mille ans loin des demeures des bienheureux, naissant dans le cours du temps sous toutes sortes de formes mortelles, et changeant un pÃ©nible sentier de vie contre un autre. Car l'Air puissant le pousse dans la Mer, et la Mer le vomit sur la Terre aride ; la Terre le projette dans les rayons du brillant Soleil, et celui-ci le renvoie dans les tourbillons de l'Air. L'un le reÃ§oit de l'autre, et tous le rejettent&lt;/span&gt; . L'errant, celui qui cherche, le quÃªteur, l'homme qui se tourne vers l'Ã©toile, ou vers le soleil Ã  l'aube et au crÃ©puscule occultÃ© derriÃ¨re les cimes de l'horizon, celui qui rÃ©duit le monde sous ses pieds et brise les miroirs et les vases, celui lÃ  cherche Ã  accomplir le cercle de la chaÃ®ne d'or de l'alliance d'Adam, l'or de la bienveillance du souffle et du Verbe . Car elle est la chaÃ®ne qui libÃ¨re des chaÃ®nes, le rayon d'or mystique qui perce le rayon solaire du visible, de la splendeur indÃ©finiment Ã©tendue autour de la rose des vents placÃ©e sous tes pieds, sur la peau du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi cet homme est celui qui rassemble les vestiges Ã©pars dans le monde, comme fut l'Oeuvre de Pic de la Mirandole .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;TaliÃ©sin dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Â«Je suis ce que jâ€™ai Ã©tÃ©, ce que je suis et ce que je serai.&lt;br /&gt;Jâ€™ai revÃªtu une multitude dâ€™aspects avant dâ€™acquÃ©rir ma forme dÃ©finitive&lt;br /&gt;Il mâ€™en souvient trÃ¨s clairement.&lt;br /&gt;Jâ€™ai Ã©tÃ© une lance Ã©troite et dorÃ©e&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© une goutte de pluie dans les airs,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© la plus profonde des Ã©toiles,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© mot parmi les lettres,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© livre dans lâ€™origine,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© lumiÃ¨re de la lampe,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© chemin, jâ€™ai Ã©tÃ© aigle,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© bateau de pÃªcheur sur la mer,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© goutte de lâ€™averse,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© une Ã©pÃ©e dans lâ€™Ã©treinte des mains,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© bouclier dans la bataille,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© corde dâ€™une harpe,&lt;br /&gt;J'ai Ã©tÃ© Ã©ponge dans les eaux et dans lâ€™Ã©cume,&lt;br /&gt;Jâ€™ai Ã©tÃ© arbre dans les forÃªts.&lt;br /&gt;Et puis, quand les temps sont venus, jâ€™ai Ã©tÃ© le hÃ©ros des prairies sanglantes, au milieu de cent chefs.&lt;br /&gt;Rouge est la pierre qui orne ma ceinture et mon bouclier est bordÃ© dâ€™or. Longs et blancs sont mes doigts. Il y a longtemps que jâ€™Ã©tais pasteur sur la montagne.&lt;br /&gt;Jâ€™ai errÃ© longtemps sur la terre avant dâ€™Ãªtre habile dans les sciences&lt;/span&gt;â€¦Â»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Rouge est la pierre qui orne ma ceinture et mon bouclier est bordÃ© dâ€™or&lt;/span&gt; . Chacun de ces mots pourrait Ãªtre dÃ©voilÃ© ; mais ce n'est pas le moment . Il demeure que la station de CaÃ¯n est la voie de la science, ou gnose . La science est la compensation par haut dÃ©sir de ceux qui sont Ã©loignÃ©s de sa Face â€“ malÃ©dictions et bÃ©nÃ©dictions mÃªlÃ©es . La science est la voie des hommes de la clartÃ© lunaire ; elle reflÃ¨te dans le miroir, en Ã©nigme . La science est la voie de l'Ange du lointain exil, mon ami .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adam a nommÃ© tous les animaux, et il n'est nul Ãªtre qui ne soit un vase du souffle, du sang, de la sÃ¨ve â€“ de la lumiÃ¨re de l'Alliance d'Adam, image du Tout-MisÃ©ricordieux . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Ainsi toutes choses ont leur part de souffle et d'odeur&lt;/span&gt; . Le monde est fait de reflets de Dieu comme une prairie sous la lune contient une image de la lune en chaque goutte de rosÃ©e . Par la science les vestiges de la Face sont rassemblÃ©s et suivis comme le poisson qui remonte vers la source, vers le confluent des deux mers . Telle est la MisÃ©ricorde, comme un voile d'or sur le monde . Elle donna la main qui rassemble les cheveux d'or de l'Alliance d'Adam, amenÃ©s d'au delÃ  des mers par les oiseaux, et se tourne vers leur origine, et part Ã  leur recherche â€“ comme fut Tristan pour Iseult .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le cÅ“ur, la MisÃ©ricorde est la puissance d'aspiration du sang et du souffle, de la sÃ¨ve humaine ; la MisÃ©ricorde est la force de retournement de l'homme, la grÃ¢ce de Dieu qui te montre la Voie . La MisÃ©ricorde est sans limites, elle est l'ocÃ©an des perles et des Ã©toiles, dont les Ã¢mes sont les affluents du retour . L'homme du lointain Exil est souffrance et nostalgie, image de la MisÃ©ricorde, et ainsi la nostalgie est le complÃ©mentaire de la MisÃ©ricorde qui appelle en silence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Satan ne fut pas ce qu'il fut sans la MisÃ©ricorde . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Car vraiment ils (l'Amour et la Haine) Ã©taient avant les temps, et ils seront ; et jamais, Ã  ce que je crois, le temps infini ne sera vide de ce couple&lt;/span&gt; . Une image est dans l'Å“il de celui qui la regarde, et ainsi l'Ãªtre de l'image rÃ©side dans la Vision . ÃŠtre, c'est Ãªtre-conscience-fÃ©licitÃ©, le &lt;em&gt;sat-chit-ananda&lt;/em&gt; des Vedas, la jouissance de l'Ãªtre puissant qui s'Ã©veille ; mais ne pas Ãªtre est tÃ©nÃ¨bres . Ne pas Ãªtre image, pour l'image excellente, est ne pas Ãªtre â€“ est Ãªtre frappÃ© par le temps et la mort, qui voile les miroirs de dentelle noire . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Quand la Haine fut tombÃ©e au plus profond abÃ®me du tourbillon, et que l'Amour en eut atteint le centre, toutes les choses se rÃ©unirent en lui, pour n'Ãªtre qu'Une seulement&lt;/span&gt;...Satan et les Anges rebelles furent sÃ©parÃ©s de l'Un, et leur essence Ã  leurs propres yeux assombris devint le nÃ©ant et la plus plus profonde souffrance . Ils goÃ»tent l'Enfer Ã  chaque instant . CaÃ¯n fut ainsi l'image de Satan, et la terre fut son enfermement dans l'enfer...Ivres d'abÃ®me et de solitude, les Anges rebelles virent la beautÃ© et l'exil des filles des hommes de la race de CaÃ¯n - ils allÃ¨rent vers les hommes, et se virent rachetÃ©s, aimÃ©s aux yeux des filles des hommes, et virent la splendeur dans le microcosme de leur corps, et retrouvÃ¨rent le pays des quatre fleuves entre leurs seins, entre les montagnes d'encens et de myrrhe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issue des filles de Marguerite est celle qui reconnait le fils de CaÃ¯n, que l'errant reconnaÃ®t . Il se reconnaissent parce qu'ils se connaissent, et se sont toujours connus depuis l'Adam . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Comme un lis parmi les ronces, telle est ma compagne parmi les jeunes filles&lt;/span&gt; . Leur connaissance est d'un monde antÃ©rieur Ã  ce monde, et ces deux mondes sont toujours dÃ©jÃ  prÃ©sents . David fut promis Ã  BethsabÃ©e depuis le sixiÃ¨me jour du monde . Leur reconnaissance est en soi un retournement de leur Ã¢mes : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;debout, toi ma compagne, et viens t'en â€“ car voici que l'hiver passe, la pluie cesse, elle s'en va . On voit des fleurs dans le pays (â€¦) je dormais mais je m'Ã©veille (..&lt;/span&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est l'exilÃ©e, la Sulamite . Elle est noire tant des tÃ©nÃ¨bres qu'elle a scrutÃ©es, dans l'attente de l'apparition d'un Ange - que des rayons du soleil invaincu . Elle porte la puissance de transgresser les limites du monde, l'esprit de rÃ©volte, la puissance indomptable nÃ©e du haut dÃ©sir . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Sur mon lit, au long de la nuit, je cherche celui que j'aime . Je le cherche mais je ne le rencontre pas . Il faut que je me lÃ¨ve et que je fasse le tour de la ville ; dans les rues et dans les places, je cherche celui que j'aime . Ils me rencontrent, les gardes qui font le tour de la ville . A peine les ai-je dÃ©passÃ©s que je rencontre celui que j'aime . Je le saisis et je ne lÃ¢cherais pas(...) Mais mon chÃ©ri s'est dÃ©tournÃ©, il a passÃ©, mon Ã¢me me quitte...je le cherche mais je ne le rencontre pas, je l'appelle mais il ne rÃ©pond pas . Je les rencontre, les gardes qui font le tour de la ville . Ils me frappent, ils me blessent, ils me dÃ©nudent (...)mais je cherche (..&lt;/span&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est l'inquiÃ©tude et la sÃ©rÃ©nitÃ©, le feu du dÃ©sir et le feu cÃ©leste de la nostalgie . Elle est Marguerite PorÃ¨te, et sorciÃ¨re nue, splendide qui joue des liens du mondes, qui relient la terre et les astres . Elle porte le souffle des dynasties anciennes . Elle est princesse aux yeux noirs, ironique et joueuse, aimant les dÃ©lices des sofas, des parfums, des arts et des lettres ; et gitane au foulard rouge, aux yeux environnÃ©s de fumÃ©e, qui sent les influences spirituelles et les orientations des hommes . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Tu es belle, ma compagne (â€¦) terrible comme les mystÃ¨res des abÃ®mes...(...) Qui est celle qui mesure le monde comme l'Aurore, belle comme la lune (â€¦) DÃ©tourne de moi tes yeux, car ils m'ensorcellent&lt;/span&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est consolable et inconsolable de l'Ã‰den, et la voie de sortie du dÃ©sert . Elle est la voie du Retour, retour dans le Jardin, au pied l'arbre de la science, retour Ã  un nouvel Adam, porte du cÅ“ur, de l'alliance de MisÃ©ricorde . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Qui est ce qui monte du dÃ©sert, s'appuyant sur son AimÃ© ? Sous le pommier je te rÃ©veille, lÃ  oÃ¹ fut enceinte de toi ta mÃ¨re, lÃ  oÃ¹ fut enceinte celle qui t'enfanta, mets-moi comme un sceau sur ton cÅ“ur . Car l'amour est plus fort que la mort â€“ ton amour est un feu dÃ©vorant&lt;/span&gt; . Alors la malÃ©diction de la mort est rÃ©volue, et le feu dÃ©vore les crimes du passÃ©, dÃ©passe les forces du dÃ©luge et du retour au chaos . Tel est le baptÃªme de feu qui succÃ¨de au baptÃªme de l'eau des quatre fleuves . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Grandes eaux ne pourraient Ã©teindre l'amour et les Fleuves ne le submergeraient pas&lt;/span&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux qui ensorcellent ouvrent le cercle de la libertÃ© et du destin . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Ã‰chappe, mon aimÃ© ! Et sois comparable, toi, Ã  une gazelle ou Ã  un faon de biche, sur des monts embaumÃ©s&lt;/span&gt; . Ainsi la misÃ©ricorde donne une rÃ©demption Ã  la race de CaÃ¯n .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;EmpÃ©docle fut un Ange rebelle de la race des hommes . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Je suis maintenant l'un de ceux-ci, un banni et un homme errant loin des dieux, car je mettais ma confiance dans la Haine insensÃ©e &lt;/span&gt;. Les fidÃ¨les d'Amour ne sont rien d'autre, fidÃ¨les aux cycles de la terre par l'arrÃªt qui les enchaÃ®ne au monde dans le sceau de leur cÅ“ur . Le fidÃ¨le d'amour retrouve son Ãªtre perdu du regard de Dieu dans le regard de l'AimÃ©e ; l'AimÃ©e rend vivante et acte la puissance d'Ãªtre qui, sans ce regard, n'est que pesanteur de tÃ©nÃ¨bres, dÃ©sastre et souffrance mÃ©lancolique . Le fidÃ¨le d'Amour s'adombre dans le lac noir des yeux de l'aimÃ©e, et par le feu se retourne vers sa nature angÃ©lique de cet ensevelissement dans les eaux . Et de cette lumiÃ¨re absolue des tÃ©nÃ¨bres il condamne le soleil du siÃ¨cle, se rÃ©volte du mouvement de son retournement, devenant une figure de Satan, rÃ©voltÃ© sans rÃ©mission au yeux des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'a jamais existÃ© d'ordre des FidÃ¨les d'Amour, sinon par la filiation de CaÃ¯n et d'Iblis . Il n'est pas de choix . Il n'y a pas de contre-initiation derriÃ¨re eux . Et il n'est d'autre initiation que celle du regard de l'AimÃ©e, et de la transmission du Souffle par le baiser, du sang et de la sÃ¨ve . Le Zohar dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Qu'est ce qui a poussÃ© le roi Salomon, lorsqu'il a consignÃ© les paroles d'amour entre le monde supÃ©rieur et le monde infÃ©rieur, Ã  commencer par les mots : qu'il me baise ? La raison en est, comme cela a Ã©tÃ© montrÃ©, que nul autre amour n'est pareil Ã  l'extase de l'instant oÃ¹ un souffle adhÃ¨re Ã  un souffle dans un baiser, en particulier un baiser sur la bouche, qui est le puits du souffle et son intermÃ©diaire . Quand la bouche rencontre la bouche, les souffles s'unissent l'un Ã  l'autre et deviennent Un : un seul amour&lt;/span&gt; . Il n'est pas d'initiation Ã©trangÃ¨re Ã  la Vie Nouvelle . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;je dormais mais je m'Ã©veille (...&lt;/span&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Satan dÃ©sirait infiniment le regard de Dieu, il voulait Ãªtre ce regard, et fut dÃ©vorÃ© de colÃ¨re et de ressentiment face Ã  Adam, que Dieu regardait, et qui reÃ§ut le souffle des mondes . CaÃ¯n, le premier nÃ© d'Adam, nÃ© d'Ãˆve par la grÃ¢ce de Dieu comme Satan fut le premier nÃ© de Lui, en fut le miroir sur la terre . CaÃ¯n avait une puissance de souffle issue d'Adam qui fit pousser l'arbre des fidÃ¨les d'amour, protÃ©gÃ©s par le signe et la main de Dieu dans les cycles des mondes . Tel fut le nom d'HÃ©noch .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui concerne CaÃ¯n concerne le premier Ange . Il devint lumiÃ¨re rouge, crÃ©puscule et splendeur aux yeux des filles des hommes . Leurs regards devinrent pour lui le miroir de la GrÃ¢ce . Les fidÃ¨les d'amour, mon ami, sont des dÃ©mons parmi les hommes, issus de la race de CaÃ¯n et des Anges, des dÃ©mons qui reviennent vers la misÃ©ricorde par les voies de la Terre, de l'Enfer . Telle est la station des Anges rebelles et des hommes de guerre dans le Ciel . Le Gnostique ramÃ¨ne les fleurs de l'Enfer au service de Dieu au crÃ©puscule des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu est la grÃ¢ce et la guidance des Anges rebelles comme des saints. Celui qui vient de la gauche et Ã  souffert Ta compassion connaÃ®t le MisÃ©ricordieux - Et parmi les saints, mÃªme Jonas souffrit d'incomprÃ©hension de la misÃ©ricorde de Dieu . La MisÃ©ricorde dÃ©passe toute comprÃ©hension des hommes, comme l'ocÃ©an dÃ©passe toute puissance humaine de le parcourir indÃ©finiment . Aussi Dieu pourvoit-ils aux Anges rebelles comme il pourvoit aux saints . Il leur donne un commandement nouveau qui les protÃ¨ge dans leur errance â€“ respecte les lois de l'amitiÃ© et la loi de l'amour, et ne respecte aucune autre loi . Marguerite PorÃ¨te dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;CharitÃ© n'obÃ©it Ã  rien de crÃ©e, mais seulement Ã  Amour...Une Ã¢me qui se sauve par la foi sans Å“uvres, qui soit seulement en Amour . Elle dit encore : Vertus je prends congÃ© de vous pour toujours...j'en aurais le cÅ“ur plus libre et plus gai (...)cette Ã¢me ne tient compte ni de honte ni d'honneur, ni d'aise ni de mÃ©saise, ni d'amour ni de haine, ni d'Enfer ni de Paradis &lt;/span&gt;. Elle ne tient compte, pas plus que la MisÃ©ricorde ne tient de comptes pour le fils prodigue...La main de Dieu protÃ¨ge CaÃ¯n, le fils prodigue, qu'il rachÃ¨te du sang de l'agneau, et dont il se rÃ©jouit du retour . Il lui donne un vÃªtement neuf et un anneau...Dieu donne de sa main ouverte comme l'aimÃ©e du fidÃ¨le d'amour donne de sa main ouverte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le don de Dieu est celui d'une voie cachÃ©e, d'une source scellÃ©e â€“ ainsi parle l'ange du Cantique - mais toujours dÃ©jÃ  prÃ©sente . Il est deux rÃ©ceptacles du souffle de Dieu en l'argile d'Adam, deux calices de vin et de sang, deux arbres emplis de sÃ¨ves : le Livre, et le deuxiÃ¨me Livre est le monde, sur la terre rouge duquel Adam a marquÃ© ses pas . Grand est celui qui a recueilli sa grÃ¢ce sur ses lÃ¨vres ! Mais aujourd'hui les lÃ¨vres d'Adam sont sur le Livre et sur le Monde . Ces livres sont doubles . De chacun ces livres, il est le livre extÃ©rieur, ou loi, et le livre intÃ©rieur de la Gnose - le corps du monde rÃ©ceptacle des pas, et la chair calice du sang et du souffle, vestige de l'Ã‰den et - par la misÃ©ricorde de Dieu - arbre de connaissance des anges rebelles - des fils du Serpent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu a pourvu aux Anges rebelles par les mystÃ¨res de la chair et du souffle . Leur nature crÃ©e, dit Scot ErigÃ¨ne, est bonne, issue du Verbe de Dieu, et leur cruautÃ© est accidentelle et survenue dans le temps, et issue de l'ordre du temps ... seule l'Ã©ternitÃ© compte . Ce qui tue l'homme nourrit le Serpent, et le protÃ¨ge . Ce qui tue l'homme ! Car qu'est ce qu'un vampire, sinon un homme ou un dÃ©mon qui est Ã  la recherche du sang originaire...et quelles sont les dents du vampire, sinon les crocs du Serpent...et comment le renverser, si ce n'est par un axe vertical dans son cÅ“ur â€“ si ce n'est en lui donnant la Paix de Dieu ! VoilÃ  que ma main se tends pour te donner la paix, aprÃ¨s tant et tant de chemins et de folies, de forÃªts et de mers, de haine et d'amour, de colÃ¨re et de larmes...je suis Celui qui peut prendre le DÃ©mon entre mes bras, comme l'AimÃ©e du fidÃ¨le d'Amour l'a fait dans tous les siÃ¨cles...L'AimÃ©e est la dÃ©positaire de la misÃ©ricorde, et il n'est pas de limite Ã  ton amour . Cette voie est comme une toile d'Ã‰peire au soleil, et tissÃ©es de dÃ©rives comme les voies de l'OcÃ©an, des hommes extÃ©rieurs l'ont nommÃ© main gauche, mais toi ne le nomme pas ainsi . Car en l'Un, il n'est ni droite ni gauche, ni haut ni bas, ni largeur ni profondeur, ni amplitude ni exaltation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux comprendre, alors pourquoi la Science est la voie des gnostiques, de la station de CaÃ¯n ; et pourquoi ils furent appelÃ©s dans l'Empire Romain gnostiques Adamites, CaÃ¯nites, ou encore Ophites, adorateurs du Serpent ; et pourquoi encore ils furent les dÃ©tenteurs de L'Ã‰vangile de Judas . La science de ces hommes Ã©tait la remÃ©moration du souffle d'Adam transmis par la bouche de CaÃ¯n et d'HÃ©noch, fils de CaÃ¯n . Tu peux comprendre de quel souffle est deux fois nÃ© l'homme nommÃ© William Blake . Un seul homme du dernier siÃ¨cle, d'une station plus haute, a rÃ©ellement connu, et nommÃ© par des allusions sÃ»res, cette station ; les autres n'en savaient presque rien, malgrÃ© leurs propos retors .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plus puissante occultation des secrets est encore de les dire avec prÃ©cision . Mais tu dois avertir ceux qui te lisent . Il est un et mÃªme Celui qui guide et celui qui Ã©gare . L'Ã©garement est dans le cÅ“ur de l'homme . La fontaine scellÃ©e offre une guidance cachÃ©e qui ne convient pas Ã  tous les hommes, et le fait voir Ã  son miroir . En elle il n'est pas de mensonge, pas plus qu'en Satan, le miroir des mensonges des hommes, qui le nomment pÃ¨re du mensonge . Il fut un Ã©sotÃ©risme de la misÃ©ricorde, qui voile les regards, parce que l'ivresse du venin du Serpent est poison mortel pour la plupart des hommes . Ce qui est vie pour les fils de CaÃ¯n est mort, ce qui est Voie est pour eux Ã©garement â€“ ainsi ceux qui croient comprendre le Libre Esprit de Marguerite comme Â« fais ce que tu veux Â», alors qu'il n'y a plus ni ego ni donc volontÃ© . Le Libre Esprit est libre d'aise et de mÃ©saise, de Â« sa Â» volontÃ© comme de Â« son Â» dÃ©sir, et le dÃ©sir de l'ego est vide et pente vers le vide . Le dÃ©sir de la nostalgie comme l'aspiration de la MisÃ©ricorde ne sont pas les basses envies de l'ego des hommes vils, et les mots de Marguerite ne sont pas l'exaltation des liens des esclaves du siÃ¨cle . Cela tu le sais ; mais ceux qui doivent se perdre dans la forÃªt obscure s'y perdront .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Cantique dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;mon aimÃ©e est une fontaine scellÃ©e&lt;/span&gt; â€“ dis de mÃªme .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-8581155353433598161?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/8581155353433598161/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=8581155353433598161' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8581155353433598161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8581155353433598161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/le-maitre-demeraude-ii-lange-du.html' title='Le MaÃ®tre d&apos;Ã©meraude, II . L&apos;Ange du lointain exil .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-5GanBzjxMR0/Tq6lJbrgN4I/AAAAAAAABSQ/J4g6Lz2imnQ/s72-c/Bosch_jardin.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-6207920453735187880</id><published>2011-10-29T01:42:00.009-08:00</published><updated>2011-10-29T06:32:28.681-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='i'/><title type='text'>L'enfer de la propriÃ©tÃ©, I . Le poisson symbolique et le poisson rÃ©el comme pont de l'origine .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s1600/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 240px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668857340755201570" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s400/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(poisson...)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ibn Arabi. &lt;em&gt;Â« une science qui supprime l'oppression de l'Ã¢me de l'homme spirituel Ã  cause de ce qu'il perÃ§oit comme limites intÃ©rieures dans les Ã¢mes des hommes du commun &lt;/em&gt;Â».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La photographie ici prÃ©sentÃ©e a provoquÃ© des rÃ©actions hostiles, exprimant du dÃ©goÃ»t, de la plupart des spectateurs ; et une amie s'est dÃ©clarÃ©e choquÃ©e en ce que le poisson Ã©tait symbole du Christ . De telles rÃ©actions mÃ©ritent une rÃ©flexion .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce genre de remarques montre, je le crois, une difficultÃ© structurale de la pensÃ©e des modernes . La pensÃ©e moderne est syntone Ã  la sociÃ©tÃ© du SystÃ¨me, qui est une sociÃ©tÃ© de la dissociation, certains comme Jacques GÃ©nÃ©reux ont Ã©crit une dissociÃ©tÃ©, non sans raison . La thÃ©orie de la sociÃ©tÃ© bourgeoise thÃ©orisÃ©e par elle mÃªme, qui considÃ¨re favorablement dissociation et schizophrÃ©nie, a Ã©tÃ© faite par des penseurs bourgeois comme Deleuze . Mais la dissociation est globalement une lacune et une impuissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que la dissociation rend difficile, c'est de dÃ©passer l'opposition construite entre la thÃ©orie et la pratique, entre le concret et l'abstrait â€“ une opposition construite par l'idÃ©ologie racine, non une opposition de fait Ã©ternelle - qui devient vÃ©cue comme une contradiction chez les modernes . Au point que j'ai pu entendre de la bouche d'une jeune femme cultivÃ©e, aprÃ¨s des jugements d'un froid rÃ©alisme sur son mari, que l'excÃ¨s de passion pouvait rendre difficiles les rapports sexuels, pour prendre un exemple . Cette dissociation est une maladie de l'esprit, puisque concrÃ¨tement les modernes en viennent Ã  accepter une vie dÃ©-symbolisÃ©e (une vie dÃ©shumanisÃ©e tout aussi bien) comme si une telle vie Ã©tait la vÃ©ritÃ© enfin dÃ©voilÃ©e par l'histoire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant toutes ces conceptions, issues du processus du nihilisme, ne sont rien de plus en elle mÃªme que des constructions symboliques . Les hommes Â« originaires Â» dont la naÃ¯vetÃ© fait sourire les progressistes, non plus ouvertement (politiquement correct oblige, ils s'agit d'humanitÃ©s premiÃ¨res, attention !) mais intÃ©rieurement, n'Ã©taient pas entiÃ¨rement conscients de la construction symbolique de leur monde . Le caractÃ¨re construit des visions du monde n'est pas une Ã©vidence de la conscience . Mais cette absence de conscience de la construction symbolique du monde n'est pas une exclusivitÃ© commode des peuples sauvages, dont seraient exonÃ©rÃ©s les banquiers ou les syndicalistes modernes . Les hommes modernes sont Ã©galement inconscients de l'illusion progressiste qui fait croire Ã  tant d'hommes qu'ils en savent plus que les hommes du passÃ© sur l'essentiel par droit de naissance, comme l'ancienne noblesse imbue de son Ã©vidente supÃ©rioritÃ©, et sans aucun effort de rÃ©flexion â€“ ils se sont donnÃ©s la peine de naÃ®tre Ã  une Ã©poque oÃ¹ les problÃ¨mes spirituels sont rÃ©solus, pour les hommes comme ils l'Ã©taient pour les bÃªtes . Chaque gÃ©nÃ©ration produit son lot de ce genre de croyances naÃ¯vement satisfaites, de l'Empereur obÃ¨se de l'ancien Empire du Milieu ( les autres sont assez idiots pour vivre sur les marges) Ã  nos foules de petits et grands Empereurs Ã  nous, sangliers bornÃ©s parlant de la dÃ©faite de Platon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vÃ©ritÃ© est que les hommes modernes n'en savent pas plus que les hommes anciens sur la mÃ©taphysique, pas plus non plus sur les constructions symboliques qui les constituent comme sujets interprÃ©tants de structures symboliques . L'Ã©vidence est que l'ignorance des modernes sur les hommes traditionnels est aussi crasse et stupide que celle des trafiquants d'esclaves sur les sentiments humains des hommes noirs . La vÃ©ritÃ© intime du nihilisme et des processus de dÃ©symbolisation qui l'accompagne n'est rien de plus que l'intensification de l'exploitation de l'homme par le SystÃ¨me, une consÃ©quence de l'effort du SystÃ¨me pour rendre fonctionnelle l'humanitÃ© . Cet effort est un processus, parfois par fragments conscients et volontaires, mais globalement une logique sociale auto-produite, qui porte ses acteurs, lesquels s'imaginent parfois exercer une Â« gouvernance Â», ou qu'un complot illuminati exerce une telle gouvernance . L'homme dÃ©symbolisÃ©, qui croit que l'action est antagoniste de la rÃ©flexion, et s'en rÃ©jouit en dÃ©posant l'intelligence comme un fardeau â€“ il est des sommets d'exemples â€“ est le produit d'une construction symbolique, non un rÃ©sultat autonome, souverain du monde . Ce souverain autonome est un nain dÃ©testable, agitÃ©, impuissant . Ce souverain est un aveugle Ã  son propre aveuglement, un ignorant de sa propre ignorance, qui croit avoir des perspectives gÃ©niales, en Ã©tant enfermÃ© dans un narcissisme Ã  courte vue â€“ voilÃ  la marionnette moderne du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme Â« dÃ©symbolisÃ© Â», comme l'homme illusoirement souverain du contrat social, n'est pas une origine, une donnÃ©e nue, mais un produit, le produit manufacturÃ© de siÃ¨cles de processus de dÃ©termination d'un homme complÃ¨tement fonctionnel pour ses maÃ®tres bourgeois . L'homme Â« dÃ©symbolisÃ© Â» est un homme qui s'est dÃ©tachÃ© des symboles de sa construction psychique comme entitÃ© consistante, entitÃ© capable d'Ãªtre pÃ´le de liens et de puissance dans le monde ; mais il n'en devient pas libre, il en devient le jouet et le chien du SystÃ¨me . Le SystÃ¨me produit avec de grandes difficultÃ©s des individus isolÃ©s, des particules Ã©lÃ©mentaires du SystÃ¨me, convaincus de leurs droits et de leur libertÃ© souveraine : et ces &lt;em&gt;jeunesfilles&lt;/em&gt; sont des sous-systÃ¨mes psychiques du SystÃ¨me gÃ©nÃ©ral â€“ dit autrement, leur existence s'extÃ©nue indÃ©finiment pour n'Ãªtre plus que spectaculaire, autrement dit illusoire, au point qu'Ãªtre reflÃ©tÃ© par le Spectacle atteint pour certains l'intensitÃ© de dÃ©sir d'une nÃ©cessitÃ© mÃ©taphysique, la nÃ©cessitÃ© d'Ãªtre et de ne pas mourir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surmonter ce qu'on est consiste aujourd'hui Ã  se dÃ©barrasser des conditionnements de l'Ã©ducation du SystÃ¨me,Ã  reconquÃ©rir une perspective de totalitÃ© vÃ©cue, Ã  exiger de soi une vie immÃ©diate, en refusant toutes les mÃ©diations, le fÃ©tichisme de la marchandise comme celui de la reprÃ©sentation dans le Spectacle . Le poisson et les rÃ©actions qu'il suscite enseignent la Voie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons Ã  notre poisson . Le poisson a une puissance symbolique trÃ¨s ancienne et puissante ; le &lt;em&gt;Bestiaire du Christ &lt;/em&gt;de Louis Charbonneau-Lassay signale Ã  ce sujet un article de RenÃ© GuÃ©non . Le poisson est une image de la divinitÃ© dans de nombreuses civilisations anciennes, transcendant les frontiÃ¨res linguistiques ou ethniques connues . Animal cachÃ©, mystÃ©rieux, donnant des signes de son existence, le poisson est l'image du mystÃ¨re . Riche en Å“ufs et en laitance dÃ©lectable, d'aspect et de consistance analogue au sperme, vivant au cÅ“ur des eaux, le poisson est aussi associÃ© Ã  la fÃ©conditÃ© . Le poisson est un analogue du phallus, et des pratiques magiques de fÃ©conditÃ© lui sont consacrÃ©es . Il est l'origine, et il est le retour, l'alpha et l'omÃ©ga, le symbole du cycle des mondes . Khezr le Vert est figurÃ© les pieds sur un poisson, et le saumon est un symbole des druides, de cet animal d'argent qui revient Ã  contre courant vers la source du monde, vers l'Un .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-5TAoSZubDC8/TqvL9xPp2TI/AAAAAAAABRg/iCbbp7WMAWI/s1600/AlKhidr2.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 285px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668848818027354418" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-5TAoSZubDC8/TqvL9xPp2TI/AAAAAAAABRg/iCbbp7WMAWI/s400/AlKhidr2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Khezr)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le retour vers la source est une puissante image de l'ange du retournement, de la marche spirituelle de l'homme . Il est rÃ©putÃ© pur, et pur comme aliment, ainsi rÃ©servÃ© Ã  des jours qui doivent Ãªtre sanctifiÃ©s, ou Ã  des personnes comme les Parfaits cathares . La symbolique des eaux est trÃ¨s complexe, mais comprend des notions purificatrices, de dÃ©luge macrocosmique, d'ablutions, de baptÃªme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il Ã©tait dans la nature des symboles que le Poisson soit un symbole du Verbe sÃ©minal, et du Fils pur, sacrifiÃ©, qui permet le repentir et le retour . Paul lui-mÃªme parle de l'union du Christ et de L'Ã‰glise comme analogue de l'union charnelle de l'homme et de la femme . Le Christ a repris les symboles du Dieu poisson pur, mÃ©diateur entre Terre et Ciel, de la Syrie . A l'Ã©poque des persÃ©cutions, le mot grec &lt;em&gt;Ichtys&lt;/em&gt; fut pris comme acrostiche de &lt;em&gt;Iesous Christos Theon Yios Soter&lt;/em&gt;, JÃ©sus-Christ fils de Dieu Sauveur . Durant les premiers siÃ¨cles, le symbole du poisson fut le symbole le plus rÃ©pandu du Christ, et un symbole portant une occultation, une discipline du secret . L'union du Christ et de l'Ã‰glise s'associait Ã  la sensation fraÃ®che et muqueuse du poisson dans les mains, Ã  l'odeur forte et persistante des mains maculÃ©es de mucus, aux puissants mouvements de torsion du poisson entre les mains, aux Ã©coulements de laitance du poisson, aux grappes d'Å“ufs, aux chairs blanches et fermes des meilleurs poissons .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poisson comme symbole du feu divin et du feu Ã©rotique est un symbole Ã©sotÃ©rique . Le poisson est froid comme le Serpent, comme le sÃ©ducteur, comme Valmont . Le sang glacÃ© du Serpent est l'implication de l'occultation de son feu dÃ©vorant . Il est ainsi une figure des labyrinthes d'Ã©ros . Le caractÃ¨re sexuel du poisson s'affirme aussi dans la sirÃ¨ne, et dans toutes les figures de femmes des sources et des fleuves, liÃ©es par l'humiditÃ© de leur sexe Ã  l'Ã©lÃ©ment humide du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps humain est un microcosme, une image du monde dans les moindres Ã©lÃ©ments, et planÃ¨tes . La base traditionnelle de l'acupuncture chinoise est dans cet ensemble de correspondances . Alors que le macrocosme est masculin, le microcosme est fÃ©minin, c'est Ã  dire que le corps fÃ©minin plus encore que le corps masculin a la puissance de rÃ©sumer le monde . Le sexe fÃ©minin est Ã©videmment l'analogue d'une source, ou d'un puits, c'est Ã  dire aussi au calice dÃ©versant les grÃ¢ces du dieu sur le monde ; analogiquement, la bouche est liÃ©e au souffle et Ã  la vie spirituelle, Ã  la parole . De maniÃ¨re trÃ¨s claire, le poisson orientÃ© vers le sexe de la femme est une figure du retour Ã  l'origine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-ZFCbHzZt9YI/TqvM89b8FtI/AAAAAAAABRs/8iJrkh1gG3k/s1600/araki9.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 260px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668849903631865554" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-ZFCbHzZt9YI/TqvM89b8FtI/AAAAAAAABRs/8iJrkh1gG3k/s400/araki9.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Araki)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Araki, pour prendre un autre exemple, n'est pas un artiste contemporain, mais un invocateur d'images symboliques trÃ¨s anciennes, liÃ©es Ã  la vie concrÃ¨te, odeurs, saveurs, textures du sexe rÃ©ellement pratiquÃ©, et des analogies qu'il dÃ©veloppe avec la vie vÃ©gÃ©tale et animale, avec les mollusques, les coquillages, la mer, les fleurs, les lianes, les ronces . L'Ã©rotisme concret est le miroir du complexe Ã©nigmatique des puissances de jouissance et de douleur blanche comme le mÃ©tal en fusion, de libertÃ© et d'asservissement, de violence, de cruautÃ© et de dÃ©vouement jusqu'Ã  la mort, de transgression et de pardon, d'assimilation et d'abandon le plus radical, de dÃ©voration, de fascination, de sÃ¨ves infinies et de mort que dÃ©veloppe la saveur du sexe posÃ© comme Voie d'expÃ©rimentation de l'intensification de la vie humaine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rÃ©alitÃ© du sexe humain est dangereuse pour l'Ã¢me et pour le corps, et c'est pour cette raison que le sexe est un pÃ´le de dÃ©lices et de transformation, un pÃ´le de folie et de mort et un pÃ´le de reproduction du monde, un pÃ´le d'humiliation et d'immense souffrance comme de fondation et de puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce complexe Ã©nigmatique du sexe humain est indÃ©finiment Ã©loignÃ© de la thÃ©orie vide du lien contractuel Â« respectueux Â» des Gender Studies . Face Ã  ce miroir qu'est le complexe synesthÃ©sique du sexe effectif, ce Â« respect Â» des mouvements politiquement corrects apparaÃ®t pour ce qu'il est, un puritanisme de la pensÃ©e fonctionnelle au SystÃ¨me gÃ©nÃ©ral, un processus d'Ã©loignement de la vie dans la reprÃ©sentation, en ajoutant que la reprÃ©sentation est celle d'un idÃ©al moral dÃ©sertique, sans saveur ni odeur, typique du prÃ©sent cycle . A ce sujet, les Â« scandales de mÅ“urs Â» modernes sont plus que des rÃ©vÃ©lations spectaculaires d'injustice, largement illusoires . Ces scandales sont les manifestations d'une inquisition puritaine, et les mÃ©diations d'une imposition normative des produits des producteurs idÃ©ologiques fonctionnels au SystÃ¨me, de la mÃªme maniÃ¨re que les Â« chasses aux sorciÃ¨res Â» de l'Ã¢ge moderne montrent le renforcement de la domination de la bourgeoisie bureaucrate sur les campagnes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le caractÃ¨re mobile et muqueux du poisson en fait une allusion crue, odorante et sensible, des sensations de la sexualitÃ© qui sont au delÃ  du visible et de la lumiÃ¨re reprÃ©sentables dans le Spectacle, c'est Ã  dire le plus proche du sexe vivant, effectif, concret . La civilisation japonaise, assurÃ©ment plus proche des sensations matÃ©rielles raffinÃ©es que la civilisation europÃ©enne â€“ ce que la cuisine du cru, et la culture de sensations buccales humides et moelleuses montre, par exemple â€“ manifeste ainsi le lien du poisson, ou du poulpe, avec le sexe humain . Il me semble hors de doute que des poissons ont pu servir de jouets sexuels Ã  des femmes poursuivies par la curiositÃ© du dÃ©sir . L'oubli relatif de telles pratiques, liÃ© Ã  un refoulement moral, ne me paraÃ®t pas un argument . Les frÃ©tillement d'un poisson, ou les ondulations musculeuses d'une anguille dans le sexe a pu provoquer d'intenses voluptÃ©s, liÃ©es aussi Ã  la conscience de la mort du poisson dans le dÃ©veloppement de l'extase .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-MafOjXiqXvQ/TqvPS2-uawI/AAAAAAAABR4/J0l5i8fpN4I/s1600/dream_10.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 296px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668852478879099650" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-MafOjXiqXvQ/TqvPS2-uawI/AAAAAAAABR4/J0l5i8fpN4I/s400/dream_10.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Hokusai)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La photographie ainsi associe des contenus psychiques que le Spectacle dissocie ; elle manifeste ainsi nos intÃ©riorisations dissociÃ©es .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ã€ la splendeur visible d'un corps humain quasiment idÃ©al, sans les marques de la graisse ou du temps, sans salissures ni sueur, et donc associÃ© dans les attentes implicites communes - tant par le code culturel que par une programmation rÃ©alisÃ©e depuis l'enfance par la sociÃ©tÃ© du Spectacle â€“ Ã  une odeur de propretÃ© ou de parfum, Ã  une absence d'odeur fortes, musquÃ©es, liÃ©es Ã  la rÃ©alitÃ© de la consommation sexuelle â€“ l'image associe donc Ã  cette perfection iconique l'image phallique d'une aviditÃ© animale et froide envers la vulve, et les anamnÃ¨ses de sensations tactiles muqueuses et d'odeurs fortes d'animalitÃ© aquatique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la symbolique pure du poisson qui se lÃ¨ve en souvenir chez une personne dÃ©jÃ  d'une culture anormale dans le Spectacle, l'image associe ces puissantes odeurs et ce dÃ©sir, et implique des jeux sexuels que la culture chrÃ©tienne dÃ©nie . C'est Ã  dire que l'incarnation de l'idÃ©e d'origine n'est pas le concept, mais la rÃ©alitÃ© muqueuse et odorante du sexe, la jouissance aquatique de l'acte sexuel, la saveur et l'odeur puissante des produits sexuels du poisson comme les oeufs prÃ©cieux â€“ et lÃ  encore, l'image permet de rendre manifeste, par nos dÃ©goÃ»ts, nos dissociations intimes, impliquÃ©es par notre culture . Il est en effet des cultures que cette association Ã©veille dÃ©licieusement, et dans laquelle le symbolisme est aussi tactile, et parfumÃ© d'odeurs animales, de musc et de civette . L'esprit a le goÃ»t de la cyprine, de la salive et du sang : un hÃ©rÃ©tique du moyen Ã¢ge rÃ©sumait : &lt;em&gt;JÃ©sus a Ã©tÃ© fait foutant et merdant . &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps fonctionnel est devenu cet objet manufacturÃ© sans dÃ©fauts, Ã©pilÃ©, retouchÃ©, aux odeurs discrÃ¨tes et contrÃ´lÃ©es, vivable dans un bureau ou un commerce â€“ le corps sauvage est cet objet qui tend Ã  disparaÃ®tre du champ de la perception comme chair, sang et foutre, comme puissantes odeurs sensuelles, comme dÃ©sirs, appÃ©tits et douleurs . L'anesthÃ©sie, qui est la suppression gÃ©nÃ©rale des sens au nom de la lutte contre la douleur, en effet est tout autant le signe et le processus d'un refus du spectacle de la douleur que d'une lutte contre la douleur chez ceux qui souffrent â€“ la souffrance silencieuse Ã©tant globalement associÃ©e Ã  des niveaux de rÃ©action sociale beaucoup plus faibles que la souffrance manifeste . L'anesthÃ©sie du monde se paye d'une anesthÃ©sie gÃ©nÃ©rale de l'esprit, par la perte de l'incarnation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Malheur a celui qui a perdu le cÃ©leste pays et la grande amitiÃ©&lt;/em&gt; du Ciel et de la Terre , dit TaliÃ©sin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'Ã©chelle de l'individu construit par le SystÃ¨me, c'est Ã  dire Ã  l'Ã©chelle de la plupart des hommes de ce temps, la premiÃ¨re sÃ©cession d'importance n'est pas la manifestation dans le Spectacle, mais la dÃ©construction mÃ©thodique, par le travail de la pensÃ©e sur la vie, de la dissociation moderne . &lt;strong&gt;La premiÃ¨re sÃ©cession est de poser une exigence : la pensÃ©e, pour Ãªtre consÃ©quente, doit Ãªtre vÃ©cue ; et la pensÃ©e, pour Ãªtre consistante, doit rendre compte d'une expÃ©rience vÃ©cue au plus intime de l'existence humaine&lt;/strong&gt; . Il ne s'agit pas de penser le monde sÃ©parÃ©ment de la vie . Marx a dit : &lt;em&gt;il ne s'agit pas de penser le monde, il faut le transformer&lt;/em&gt; . Il est possible d'ajouter : il est impossible de se connaÃ®tre soi-mÃªme, ou de connaÃ®tre le monde, sans le parcourir par l'action, comme Ulysse partant dans le monde . Le savoir ne peut Ãªtre distinguÃ© de l'apprentissage, et l'apprentissage est un parcours, un cheminement effectif . Il est impossible de penser le monde sans le vivre, sans le transformer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La position du dÃ©tour nÃ©cessaire par le tout rÃ©el suppose en effet qu'il existe un moi globalement dÃ©terminÃ©, et des voies globalement dÃ©terminÃ©es Ã  connaÃ®tre, mais qui sont incontournables . Or l'ego et les voies qu'il peut prendre sont des positions auto-constituantes, c'est Ã  dire que ni le pÃ¨lerin ni ses voies ne peuvent se connaÃ®tre avant son parcours effectif â€“ il faut partir avant de tout savoir, il faut partir d'un savoir partiel, d'un savoir Ã©nigmatique, ouvert Ã  tous les vents . Le sage ressemble plus au nomade face aux espaces indÃ©finis qu'au bourgeois qui fait le recensement de ses biens . Il faut partir, car le monde ne cesse de fuir sous nos pas â€“ celui qui attend sera emportÃ© et dÃ©vorÃ© par le temps sans avoir plus de protection que celui qui marche au long des falaises &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la guerre de la vie humaine contre son Ã©crasement mÃ©thodique par les spires constrictrices du SystÃ¨me, toute pensÃ©e qui ne se pose pas comme vÃ©cue ne peut que dÃ©velopper les scÃ©narios illusoires, dÃ©goulinants de moraline, du dÃ©sirable, sans se heurter Ã  la duretÃ© des murs dans lesquels l'homme s'est enfermÃ© . Celui qui s'est Ã©prouvÃ© Ã  ces murs sait que dire le SystÃ¨me totalitaire n'est pas un effet de rhÃ©torique . Les mots des textes Ã©crits par des hommes Ã©prouvÃ©s aux prisons du monde moderne â€“ pavillons, appartements des citÃ©s, hÃ´pitaux, Ã©coles, prisons â€“ ne sont pas des efforts abstraits d'un romantisme de la rÃ©volte, mais les blasons communs d'une expÃ©rience commune de l'enfermement, de l'Ã©touffement . Celui qui s'est Ã©prouvÃ© Ã  ces murs â€“ la tÃªte contre les murs, la bÃªte au ventre - sait d'expÃ©rience et de douleur que la souplesse de leur surface opposÃ©e aux chocs, analogue Ã  un miroir de mercure liquide, n'empÃªche pas le dÃ©clenchement d'une indÃ©finitÃ© de processus d'homÃ©ostasie qui font revenir les marginaux et les rÃ©voltÃ©s dans la voie commune , et les rend assimilables, avec la sÃ»retÃ© et la maÃ®trise d'un prÃ©dateur vis Ã  vis de sa proie . L'histoire lucide des rÃ©voltes modernes est l'histoire d'usures, d'Ã©checs et de dÃ©sillusions, de trahisons dÃ©sabusÃ©es . Le dÃ©senchantement du monde est une thÃ©orie Ã  succÃ¨s chez ceux qui prÃªchent la rÃ©signation â€“ le SystÃ¨me est notre Enfer, et le premier pas vers la puissance est d'abandonner tout espoir qui n'est pas cheminement effectif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sortir de la dissociation moderne par la vie, dans l'ordre de la sagesse, &lt;em&gt;sapere&lt;/em&gt; - dÃ©gustation de l'Ã¢pre saveur de la vie - &lt;strong&gt;c'est comprendre que le symbole est vivant et concret, et que la vie concrÃ¨te est d'ordre symbolique &lt;/strong&gt;: bref, de saisir que la dissociation entre l'ordre de la vie et l'ordre du symbolique est une construction symbolique et rien de plus . Ce que j'ai tentÃ© de faire goÃ»ter par le commentaire de cette image .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux revenir sur la finalitÃ© globale de ce texte . Le nom gÃ©nÃ©rique de cette sÃ©rie d'articles est &lt;strong&gt;l'Enfer de la propriÃ©tÃ© &lt;/strong&gt;. Nous en sommes ici Ã  l'introduction mÃ©thodologique, qui pose la dÃ©marche et ses fins .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'examen de l'unitÃ© concrÃ¨te du symbolique et du rÃ©el dans la vie permet de montrer que la sÃ©paration entre la pensÃ©e et l'action - construction symbolique artificielle d'un mouvement comme les indignÃ©s, qui posent que l'effort de la pensÃ©e est de fait moindre dans sa puissance que leurs marches spectaculaires â€“ est la plus sÃ»re garantie de l'impuissance effective dans la rÃ©alitÃ© . L'effort de la pensÃ©e n'est pas un domaine d'activitÃ© sÃ©parÃ© de l'organisation d'un mouvement, puisque sans une pensÃ©e consciente des types de liens, il ne peut Ãªtre fondÃ© un mouvement rÃ©ellement Ã©tranger au SystÃ¨me dont les indignÃ©s dÃ©noncent des effets sans en apercevoir les causes . Dit autrement, les liens entre les hommes sur le modÃ¨le d'un lien contractuel entre des individus atomiques, ou les liens entre les hommes et les choses sur le modÃ¨le de la propriÃ©tÃ© â€“ tout comme par exemple la conception du corps comme d'une chose dont l'individu serait propriÃ©taire â€“ sont les briques molÃ©culaires de la construction de la sociÃ©tÃ© du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maison a la forme compatible avec ses briques . Et il est des briques, au prÃ©sent cycle, qui ont des vies plus intÃ©ressantes que des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces types formels de liens qui informent tous les liens possibles dans le SystÃ¨me sont le code gÃ©nÃ©tique, la forme fractale de ce SystÃ¨me . Un mouvement politique qui reconduit sans critique ces liens ne peut que former une organisation de facto libÃ©rale . Il en est de mÃªme d'une pensÃ©e politique sans puissance de nÃ©gatif, sans tÃ©nÃ¨bres, sans amoralitÃ© . Si des hommes dont le logiciel intÃ©rieur de construction des liens ne peut Ãªtre que ceux du contrat et de la propriÃ©tÃ© sont dÃ©barquÃ©s sur une Ã®le dÃ©serte, ils reproduisent le SystÃ¨me et ses effets pervers . Vingt quatre rÃ©voltÃ©s, anglais et tahitiens, du Bounty dÃ©barquÃ¨rent sur l'ÃŽle de Pitcairn en 1790 avec toutes les compÃ©tences nÃ©cessaires Ã  la survie alimentaire agricole . Onze mois plus tard Fletcher Christian, chef de la mutinerie, Ã©tait abattu dans son champ ; quatre ans plus tard, ils s'Ã©taient tous entretuÃ©s â€“ il ne restait qu'un homme, John Adams, et sept femmes, faute d'une pensÃ©e consciente concernant l'organisation communautaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adams a racontÃ© que Christian avait repris, en tant que chef, &lt;em&gt;le comportement inqualifiable du capitaine Bligh&lt;/em&gt;, comportement Ã  l'origine de la mutinerie . Christian a pris de force, contre la volontÃ© de l'homme, une femme Ã  un tahitien, et a voulu s'approprier des terres, dÃ©clenchant un cycle de massacres . Je ferais trois remarques : tout d'abord, Ã  l'Ã©vidence, les mutins ont repris les structures anglo-saxonnes d'appropriation du monde par la violence, dÃ©clenchant une guerre exterminatrice typique de la sociÃ©tÃ© moderne, mÃªme si les mutins avaient Ã©tÃ© fascinÃ©s par la paix rÃ©gnant Ã  Tahiti, sociÃ©tÃ© communautaire organisÃ©e sur des bases rÃ©gulant beaucoup plus puissamment ces conflits â€“ les anglais avaient Ã©tÃ© incapables de relier les lois tahitiennes Ã  la paix tahitienne . DeuxiÃ¨me remarque, et mÃªme si les modernes sont viscÃ©ralement dÃ©rangÃ©s par ce genre de problÃ¨me, les rÃ¨gles du lien entre les sexes â€“ comme l'ensemble des rÃ¨gles de lien - ne concernent pas seulement les individus, mais l'ordre social global . Le communisme sexuel de Tahiti a permis aux europÃ©ens d'aimer des tahitiennes sans conflits majeurs . Une fois la monogamie occidentale imposÃ©e (au fond une appropriation de la femme par l'homme, un lien de propriÃ©tÃ© impliquant une exclusivitÃ©), la question des femmes devient une question de ressources, donc une source de guerre entre les hommes d'abord, puis entre les femmes concernÃ©es par la vengeance (ce sont les femmes tahitiennes qui ont tuÃ©s les tahitiens d'abord vainqueurs des europÃ©ens, pour venger leur maris) . C'est dire combien la polygamie et la polyandrie ne s'opposent pas Ã  l'idÃ©e d'une sociÃ©tÃ© communautaire . La sociÃ©tÃ© de Pitcairn, issue de cette expÃ©rience a d'ailleurs mis en place un communisme sexuel fortement incestueux tout Ã  fait contraire aux lois europÃ©ennes, et qui a fait scandale au XXÃ¨me siÃ¨cle, sous l'autoritÃ© australienne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier Ã©lÃ©ment pour comprendre et accepter le caractÃ¨re essentiel d'un vÃ©cu de liens durables et dÃ©tachÃ©s du SystÃ¨me pour rÃ©ussir une sÃ©cession, le souvenir (dans l'Ã©tat actuel de mon savoir) que toutes les communautÃ©s expÃ©rimentales de retour Ã  la terre, les kibboutz en IsraÃ«l, chez les hippies, en France comme au Ã‰tats-Unis, ont globalement Ã©chouÃ©, devenant en France par exemple des SociÃ©tÃ©s Civiles ImmobiliÃ¨res, c'est Ã  dire se moulant sur les formes juridiques du SystÃ¨me sans critique . Par cette prÃ©formation, les communautÃ©s se sont trouvÃ©es aux prises avec les problÃ¨mes de toutes les sociÃ©tÃ©s lÃ©gales du monde capitaliste, comme la demande de vente suite Ã  un hÃ©ritage â€“ c'est Ã  dire que les rÃ¨gles lÃ©gales ne permettent pas la survie de communautÃ©s essentiellement diffÃ©rentes du SystÃ¨me . Par exemple, il n'est pas possible de dÃ©cider que les biens d'un membre de la communautÃ© reviennent en indivision Ã  la communautÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les liens sociaux humains sont construits par la culture symbolique . Chaque homme porte en lui, en suffisance, les codes symboliques qui permettent de reconstruire une totalitÃ©, de communiquer . Les hommes dans le SystÃ¨me sont construits et posÃ©s symboliquement comme individus, comme particules Ã©lÃ©mentaires dÃ©racinÃ©es . Partant de ces particules et des codes systÃ©miques des liens issu du SystÃ¨me, il n'est possible de construire que des fractales indÃ©finies du SystÃ¨me, des avatars de la sociÃ©tÃ© macrocosmique, l'ordre mondial de l'impÃ©rialisme capitaliste . Comme certains vers, tout fragment du SystÃ¨me comprend l'information suffisante Ã  la production d'un avatar complet . Le SystÃ¨me est ainsi une puissance indÃ©finie d'assimilation et de cicatrisation, un LÃ©viathan semi vivant dans les marÃ©cages de la psychÃ© humaine . La pensÃ©e des liens, c'est Ã  dire de l'ordre symbolique de constitution des personnes, est de ce fait non seulement un travail effectif vital d'un mouvement rÃ©volutionnaire, mais au delÃ  un prÃ©alable souverain Ã  toute possibilitÃ© d'ordre nouveau .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail sur le savoir explicite des codes symboliques qui tissent les liens humains, tant entre eux qu'avec le reste de l'Ãªtre, et qui associent les images et les sens, les odeurs, les saveurs, les souvenirs â€“ ce complexe Ã©nigmatique du tissage de l'Ãªtre humain et de son monde â€“ est la voie de libÃ©ration intÃ©rieure des codes du contrat et de la propriÃ©tÃ© . Nous ne sommes pas, personne n'est propriÃ©taire du monde . Il n'est rien de tel qu'un Â« je Â» propriÃ©taire d'un Â« corps Â» une fois sorti des codes de la sociÃ©tÃ© capitaliste . La propriÃ©tÃ© est notre enfer dans le lien au monde . L'isolement est notre enfer dans le lien entre les hommes, faisant des autres l'enfer . Rien de cela n'est donnÃ© par le rÃ©el, mais tout cela est un hÃ©ritage de nos pÃ¨res, que nous ne sommes pas obligÃ©s de revendiquer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous continuerons sur l'enfer de la propriÃ©tÃ© .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-6207920453735187880?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/6207920453735187880/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=6207920453735187880' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/6207920453735187880'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/6207920453735187880'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/lenfer-de-la-propriete-i-le-poisson.html' title='L&apos;enfer de la propriÃ©tÃ©, I . Le poisson symbolique et le poisson rÃ©el comme pont de l&apos;origine .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s72-c/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-1581931981593286999</id><published>2011-10-20T02:27:00.006-08:00</published><updated>2011-10-20T03:08:33.873-08:00</updated><title type='text'>Destin - implication des Ã©toiles sur les lÃ¨vres .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-_DjJHzL83As/TqAALHZxiEI/AAAAAAAABRU/7gmaZCMmJrE/s1600/araki4.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 263px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5665528522197796930" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-_DjJHzL83As/TqAALHZxiEI/AAAAAAAABRU/7gmaZCMmJrE/s400/araki4.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-QtLzLiiabLc/Tp__B-TsftI/AAAAAAAABRI/EQ59A_pN6to/s1600/wet-pussy-lips.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Araki)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui sait que seul Dieu est&lt;br /&gt;Celui qui sait que l'ÃŠtre est dieu&lt;br /&gt;Celui qui n'est que de la paille&lt;br /&gt;Celui qui est feu de parole et de vie&lt;br /&gt;Le quÃªteur du soufre rouge&lt;br /&gt;Celui qui est l'ami oblique de la mort&lt;br /&gt;Celui qui parle ainsi&lt;br /&gt;Celui qui avance masquÃ©&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle prÃ©tention, non ?&lt;br /&gt;Quelle reconnaissance a-t-il ?&lt;br /&gt;Quelle puissance l'y autorise&lt;br /&gt;Veut-il Ãªtre comme nos hÃ©ros&lt;br /&gt;Veut-il parler sans l'autoritÃ© des princes&lt;br /&gt;Veut-il focaliser nos yeux sur son nÃ©ant&lt;br /&gt;Et que sommes nous s'il parle ainsi ?&lt;br /&gt;Veut-il Ãªtre notre roi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les mots de la chair et les mots de l'amour&lt;br /&gt;PosÃ©s avant les mots de nos lois&lt;br /&gt;Et le mÃ©pris&lt;br /&gt;Et cette hauteur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas un monde que&lt;br /&gt;Sur ta peau je ne puisse parcourir&lt;br /&gt;Une rose que la rose&lt;br /&gt;De ton sexe ne puisse&lt;br /&gt;RÃ©sumer&lt;br /&gt;Pas un soleil qui ne puisse&lt;br /&gt;se lever&lt;br /&gt;Au creux de ton ventre&lt;br /&gt;Un parfum que tes cheveux ne puissent&lt;br /&gt;Entrelacer de filets de sÃ¨ves&lt;br /&gt;Le lait et le miel des fleuves coulent&lt;br /&gt;Entre tes seins&lt;br /&gt;L'or et les gemmes emplis du feu nocturne&lt;br /&gt;Au creux de ton Ãªtre&lt;br /&gt;Dans la forge de l'extase au delÃ  de la mort&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lunes sont plus que les jours&lt;br /&gt;Dans la rÃªverie de ta peau&lt;br /&gt;Plus grand est mon amour&lt;br /&gt;Plus le monde est ton corps&lt;br /&gt;Et le moindre souffle d'air&lt;br /&gt;Sur mes lÃ¨vres&lt;br /&gt;Est dÃ©lice de ton souffle bu&lt;br /&gt;Sur tes lÃ¨vres rouges de&lt;br /&gt;Tes baisers&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui prononce ces mots&lt;br /&gt;La poÃ©sie est souveraine&lt;br /&gt;Vous serez vaincus par la poÃ©sie par la martre&lt;br /&gt;La poÃ©sie est souveraine insaisissable&lt;br /&gt;Ã€ aucun CÃ©sar&lt;br /&gt;La poÃ©sie est &lt;br /&gt;L'Ã¢me Ã©ternelle de la langue&lt;br /&gt;La forme de l'homme et des peuples&lt;br /&gt;Qui lui sont l'argile rouge et nue&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poÃ©sie est amour souffle foutre&lt;br /&gt;Que la boue Ã©touffe de s'en parer Ã  faux&lt;br /&gt;Comme de plumes piÃ©tinÃ©es dans la gorge&lt;br /&gt;Que pleurent les serpents !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux vivre dans le jardin prÃ¨s de la fontaine&lt;br /&gt;Parce que le jardin n'est pas en moi&lt;br /&gt;Alors je dois partir pour revenir&lt;br /&gt;En lui l'homme porte son monde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux moments oÃ¹ je souffre durement&lt;br /&gt;je sais qu'il est une clairiÃ¨re&lt;br /&gt;dans la haute montagne&lt;br /&gt;oÃ¹ bruisse une source&lt;br /&gt;Et la fleur Ã©nigmatique&lt;br /&gt;Cette fleur plus Ã©loignÃ©e&lt;br /&gt;Que l'horizon quand&lt;br /&gt;Elle effleure mes lÃ¨vres&lt;br /&gt;Je lui offre ma peine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui lÃ  sait&lt;br /&gt;Nous ne pouvons offrir en vue&lt;br /&gt;Du kairos que&lt;br /&gt;Les choses qui dÃ©pendent de nous&lt;br /&gt;C'est pourquoi nous sommes des veilleurs&lt;br /&gt;Le dÃ©sir de l'homme fait lever le soleil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la dÃ©chirure du cÅ“ur&lt;br /&gt;Et la dÃ©chirure de l'Ã¢me&lt;br /&gt;Je suis tel je ne choisis pas&lt;br /&gt;Je vous cherche vous ou la mort&lt;br /&gt;Je ne choisis pas&lt;br /&gt;Qu'y puis-je ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute la voie du dÃ©sespoir&lt;br /&gt;Mais la voie des crÃªtes&lt;br /&gt;La voie sans air&lt;br /&gt;La morsure des glaces Ã©ternelles&lt;br /&gt;Je vous cherche vous ou la mort&lt;br /&gt;Je ne choisis pas&lt;br /&gt;Qu'y puis-je ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle prÃ©tention, non ?&lt;br /&gt;Quelle reconnaissance a-t-il?&lt;br /&gt;Quelle puissance l'y autorise?&lt;br /&gt;Et ces mots qui nous Ã©chappent&lt;br /&gt;Et ces mots insaisissables&lt;br /&gt;Et ces mots qu'il dit Ã©trangers&lt;br /&gt;Ã‰trangers Ã  nous&lt;br /&gt;Ã‰trangers Ã  lui-mÃªme&lt;br /&gt;Les sÃ¨ves, et le tournoiement des mouches peuvent&lt;br /&gt;Voler l'Ã¢me et laisser&lt;br /&gt;L'homme errant dans&lt;br /&gt;Les chemins de poussiÃ¨re&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis ainsi Ã  Dieu ne plaise&lt;br /&gt;Je vous suis vous ou la mort&lt;br /&gt;Je ne choisis pas&lt;br /&gt;Je sentis une main sur mon Ã©paule&lt;br /&gt;- toi, Al-KhÃ©dir?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dÃ©pose ma peine Ã  vos pieds&lt;br /&gt;je ne la porte plus&lt;br /&gt;Je vous suis vous ou la mort&lt;br /&gt;Je ne choisis pas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est pas l'ascÃ¨se qui&lt;br /&gt;Emportera le monde&lt;br /&gt;Et les eaux de la Seine ne portent pas le&lt;br /&gt;Soleil couchant vers la source&lt;br /&gt;A l'occident je vis se coucher sur le fleuve la pourpre de ta bouche&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-1581931981593286999?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/1581931981593286999/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=1581931981593286999' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1581931981593286999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1581931981593286999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/destin-implication-des-etoiles-sur-les.html' title='Destin - implication des Ã©toiles sur les lÃ¨vres .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-_DjJHzL83As/TqAALHZxiEI/AAAAAAAABRU/7gmaZCMmJrE/s72-c/araki4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-1129818095827222416</id><published>2011-10-15T05:56:00.003-08:00</published><updated>2011-10-15T06:05:47.591-08:00</updated><title type='text'>Le dÃ©tour du rÃ©el . Des sciences des philosophes et de la sagesse des gnostiques .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-crs3lnj1gnQ/TpmQpSfLR8I/AAAAAAAABQk/XVKjOJP_Dnc/s1600/agueli-sjc3a4lvportrc3a4tt.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 153px; DISPLAY: block; HEIGHT: 233px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5663717045406746562" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-crs3lnj1gnQ/TpmQpSfLR8I/AAAAAAAABQk/XVKjOJP_Dnc/s400/agueli-sjc3a4lvportrc3a4tt.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Ivan AguÃ©li)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ÃŠtre - et les hommes le parlent Ã  travers des concepts comme l'espace, le temps, le rÃ©cit de la vie humaine qui s'y dÃ©roule collective-individuelle - produit sans trÃªve de l'excÃ¨s ; il est sans doute possible de dire que l'ensemble de la vie humaine est une organisation, une retenue, une fortification face Ã  l'excÃ¨s sous toutes ses formes, qui le menace de destruction . L'homme, et plus encore son ego, est un vestige menacÃ© de dislocation, face Ã  des puissances dÃ©chirantes qui le surplombent, loin d'Ãªtre le maÃ®tre tout puissant du rÃ©el que l'idÃ©ologie nous vend . Il est puissance de dÃ©chirement organique, face aux obscuritÃ©s, aux chemins de la maladie et de la mort, qui traversent son corps, de sa chair et de son sang ; il est puissance de dÃ©chirement de lui-mÃªme, par le dÃ©sespoir, par le dÃ©sir, par la folie qui le frappe en plein soleil â€“ et enfin l'homme vit dans des mondes qui peuvent l'Ã©craser, quand bien mÃªme il rÃªve de les maÃ®triser â€“ l'ensemble confus de ses projets et de ses rÃªves peut s'achever sur du sang dans les selles, comme le dit Coetzee .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ExcÃ¨s est une notion construite, relative Ã  la position de l'homme face Ã  la possibilitÃ© universelle, qui est le nom le plus lucide de l'Ãªtre . Si je pars de l'hypothÃ¨se d'une personne construite par les hÃ©ritages et les enseignements d'une communautÃ© humaine, dont l'identitÃ© et la mondÃ©itÃ©, le moi et le non-moi sont partagÃ©s dans un sens exaltant la destination de l'homme, capable d'enseigner dans un temple &lt;em&gt;connais-toi, toi-mÃªme&lt;/em&gt;, la quÃªte de la sagesse a un sens reconnu par la communautÃ© des hommes . Il s'offre Ã  la personne les perspectives d'une vie comme d'un complexe de voies, comme d'un ensemble de choix cruciaux dÃ©terminant l'ensemble de la vie d'un homme aujourd'hui et dans l'avenir, mais aussi dans ce monde et dans les autres mondes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choix de la vie, que l'on le veuille ou non, ont une perspective d'Ã©ternitÃ© ; et l'athÃ©e qui prÃªche la vie Ã©phÃ©mÃ¨re dans la jouissance du monde -avant de se pencher vers l'Ã‰ternel retour comme caution spirituelle la plus haute du matÃ©rialisme de l'Ã©phÃ©mÃ¨re - se situe par relation Ã  l'Ã©ternitÃ© autant que le moine contemplatif qui ne veut qu'elle . Il se pourrait que chacun reprÃ©sente une polaritÃ© quelque peu simpliste, d'ailleurs, que l'athÃ©e militant soit plus proche du moine que du gnostique : mais cela n'est pas le lieu d'y penser .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie apparaÃ®t comme un complexe de voies ; et il semble que des choix puisse Ãªtre faits, doivent Ãªtre faits . L'homme cherche son orient ; et la sociÃ©tÃ© humaine propose alors des voies plus ou moins coercitives parmi lesquelles il peut plus ou moins choisir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme moderne, qui est orientÃ© par les lourdes mÃ©caniques d'orientation professionnelles de la gestion politique des ressources humaines des Ã‰tats dÃ©veloppÃ©s, a tendance Ã  rire sottement des voies des sociÃ©tÃ©s traditionnelles, qui par exemple posent le mariage non comme le libre choix des sentiments, mais comme l'imposition d'un Ã©tat dans la sociÃ©tÃ© ; mais ce rire devrait simplement se rappeller que l'Ã©tat de Â« salariÃ© Â», qui est posÃ© comme un libre choix contractualisÃ© par relation Ã  des goÃ»ts et Ã  des aptitudes personnelles, n'est certes pas plus rÃ©ellement choisi que l'Ã©tat de "mariage" antique . Le temps, d'ailleurs, fait les choix Ã  notre place, si nous ne les faisons pas ; et tous ces jeunes qui, dans le flottement qui suit l'enfance, refusent de s'intÃ©grer Ã  la sociÃ©tÃ© y trouvent fatalement une place, au pire en prison, ou dans une tombe . Les cas de maintien durable du refus sont authentiques, mais rares, trÃ¨s rares â€“ et certes d'autant plus nobles . Bernanos disait qu'une vie humaine rÃ©ussie est une vie qui est restÃ©e fidÃ¨le Ã  la droiture et aux refus de l'enfant ; et ces paroles sont les plus sages que puisse offrir le rÃ©voltÃ©, avec le souvenir de la fuite de Rimbaud, ou de l'errance de Dante Ã  travers l'Europe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la vie dans ses dÃ©parts apparaÃ®t comme un ensemble de choix, de dÃ©cisions, de dÃ©terminations face Ã  un excÃ¨s de possibles incompatibles en vertu du principe de contradiction â€“ selon l'analogie de l'espace, je peux aller dans une direction, mais je ne peux aller dans toutes les directions â€“ et si je renonce Ã  aller, je ne renonce pas Ã  dÃ©cider ; dÃ©cider de ne pas dÃ©cider est encore une dÃ©cision . De plus, le besoin, et la pression des autres hommes, ne me permet pas de rester indÃ©finiment dans un lieu . Que l'on y songe, le simple sous-systÃ¨me de l'impÃ´t foncier en argent est pour les puissances du SystÃ¨me une obligation de participer â€“ une puissance de police dÃ©terminante qui a anÃ©anti nombre de peuples qui souhaitaient se tenir Ã  l'Ã©cart dans les siÃ¨cles passÃ©s . En exigeant un impÃ´t en argent, on exige la participation aux Ã©changes en argent ; et si vous arguez de ne pas pouvoir payer, on s'autorise une enquÃªte approfondie Ã  votre Ã©gard, des conseils, et si nÃ©cessaire la rÃ©pression et la saisie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ayant Ã  se dÃ©terminer sur le monde, la philosophie est l'idÃ©e lentement dÃ©gagÃ©e d'une recherche de la vie humaine bonne, du souverain bien, plus tard du bonheur . Et comme il paraÃ®t rationnel en matiÃ¨re de choix de ne le faire que bien informÃ©, comme un gÃ©nÃ©ral s'informant des routes oÃ¹ faire passer son armÃ©e, il paraÃ®t rationnel Ã  la dÃ©marche de la philosophie de s'enquÃ©rir du rÃ©el . Dans l'AntiquitÃ© comme de nos jours, l'homme peut tenir compte plus ou moins des dieux dans sa vie, et dans l'antiquitÃ© tardive, se convertir ou non Ã  une religion posant des cadres et des exigences puissantes dans son existence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tel chemin passe dans des marÃ©cages dangereux, je dois l'Ã©viter ; s'il passe dans l'Ã‰den, je dois Ã©videmment le rechercher...Nous transformons le monde : chacun de ces mots renferme des abÃ®mes sÃ©mantiques, et autant d'interrogations. Comme disait Nietzsche, la grammaire comporte des dangers : qui est "nous" ? "Nous" peut-il "agir" ? Qu'est-ce qu'"agir" ? Qu'appelle-t-on "transformer" ? Qu'est-ce que le "monde" ? Si le Dieu des chrÃ©tiens est, il est sage au philosophe de se faire chrÃ©tien ; mais la question prÃ©alable est celle de Â« l'existence de Dieu Â» . Alors le philosophe peut se poser la question Â« Dieu existe-t-il? Â» .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si X est, alors je dois faire Y...telle est la formule de dÃ©part de la problÃ©matique de la philosophie qui se tourne Ã  la recherche du rÃ©el . C'est Ã  dire que la recherche du rÃ©el est un dÃ©tour par rapport Ã  la question essentielle de la vie bonne â€“ la philosophie peut ainsi devenir un savoir constituÃ© de discussion de Â« problÃ¨mes ontothÃ©ologiques Â», puis aujourd'hui, dans certains aspects de la philosophie, un analyse des problÃ¨mes de comprÃ©hension humaine des thÃ©ories scientifiques . &lt;strong&gt;Le dÃ©tour, il faut le dire, est devenu l'essence . Et sans doute le dÃ©tour est-il devenu le divertissement de l'essence&lt;/strong&gt; . La suspension du jugement dans l'attente d'avoir une information exhaustive est en effet nÃ©cessairement indÃ©finie . De ce fait, le philosophe ne choisit rien, et demeure dans l'accumulation indÃ©finie de savoirs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mener rigoureusement une vie bonne est exigeant, pÃ©nible, et arbitraire au moins en apparence . Une organisation comme une universitÃ© ne pourrait se lÃ©gitimer ainsi . Une organisation comme une universitÃ© a besoin de dÃ©velopper, pour se lÃ©gitimer, des ordres de compÃ©tences techniques . Une compÃ©tence technique est une compÃ©tence hautement spÃ©cialisÃ©e, distinctive, difficile Ã  acquÃ©rir, mais qui peut Ãªtre acquise par un entrainement . Un entrainement continu, sur des annÃ©es, suppose un haut degrÃ© de soumission aux maÃ®tres, ou une intÃ©gration trÃ¨s poussÃ©e des exigences du sous-systÃ¨me universitaire . Le dÃ©veloppement de compÃ©tences techniques en philosophie, comme dans toute autres Â« disciplines Â» de l'universitÃ© pendant des siÃ¨cles est un dÃ©veloppement fonctionnel non Ã  la philosophie comme systÃ¨me de voies, comme vie, mais comme matiÃ¨re d'enseignement universitaire - &lt;strong&gt;il est trÃ¨s probable que la philosophie ne peut pas, dans son principe originaire de recherche de la sagesse, Ãªtre une discipline plus spÃ©cialisÃ©e que respirer, parler, avoir une Ã¢me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le dÃ©veloppement de compÃ©tences dites Â« techniques Â»n'entraÃ®ne pas de dÃ©veloppement Â« technique Â» au sens moderne . Il est clair que le sens des termes doit Ãªtre clairement distinguÃ©, qu'il y a lÃ  une homonymie . La technique, et les compÃ©tences de Â« l'enseignement technique Â» sont de l'ordre du faire dans un cadre de production â€“ la technique est Ã©troitement corrÃ©lÃ©e aux nÃ©cessitÃ©s humaines d'affrontement du monde de la rÃ©alitÃ©, du monde matÃ©riel, pour ses besoins, en guerre, en architecture, en production de richesses .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les compÃ©tences techniques en philosophie sont de l'ordre de la maÃ®trise de problÃ©matiques auto-constituÃ©es dans l'architectonique de l'Ãªtre logique, et dans la sÃ©mantique d'un discours â€“ l'exemple typique en est Â« la querelle des universaux Â», ensemble de discussions sur des problÃ©matiques nÃ©es de positions par exemple sur l'Ãªtre des gÃ©nÃ©ralitÃ©s, comme l'Ãªtre - chien des chiens, comparÃ©e Ã  l'Ãªtre de ce chien singulier . Ces problÃ©matiques ne sont ni gratuites ni arbitraires, et peuvent Ãªtre trÃ¨s importantes . Mais Ã©tendues sur des siÃ¨cles, elles ne peuvent immÃ©diatement rÃ©pondre Ã  la question des choix cruciaux qui se prÃ©sentent en un instant Ã  un homme . Le caractÃ¨re passionnant, Ã  vrai dire le dÃ©lice de ces Ã©tudes pour les meilleurs de ceux qui s'y adonnent ne doit pas faire oublier le caractÃ¨re fonctionnel de la complexitÃ© technique des problÃ¨mes : un certain nombre de ces problÃ¨mes sont vides, mais demeurent discutÃ©s autant que ceux qui ne le sont pas . Sinon vides, du moins certains de ces problÃ¨mes tombent aux oubliettes d'un bloc quand tombe le systÃ¨me social qui les porte . Les difficultÃ©s de la mÃ©decine hippocratique ou de l'astronomie ptolÃ©mÃ©enne ont Ã©tÃ© discutÃ©es autant que les difficultÃ©s qui ont permis la formation de la logique formelle moderne, puis la production technique de l'ordinateur . Les rÃ©ussites ne doivent pas aveugler . Les difficultÃ©s des commentaires de Deleuze sur Lacan et de Lacan sur Deleuze sont, Ã  une trÃ¨s haute probabilitÃ©, de l'ordre des difficultÃ©s formelles de la mÃ©decine hippocratique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le caractÃ¨re fonctionnel de la compÃ©tence technique de type scolastique (scolaire) est d'assurer la soumission et l'enfermement indÃ©finis de ceux qui s'y soumettent, de permettre la clÃ´ture solide du sous-systÃ¨me constituÃ© . Ce dÃ©veloppement produit une rÃ©duction radicale de la complexitÃ©, en rÃ©duisant Ã  un petit nombre les problÃ¨mes lÃ©gitimes, qui peuvent Ãªtre indÃ©finiment creusÃ©s . Les maÃ®tres ne peuvent ainsi Ãªtre mis en difficultÃ© par des ordres de problÃ¨mes qu'ils, justement, ne maÃ®trisent pas . Pour le maÃ®tre, un problÃ¨me qu'il ne maitrise pas â€“ dont il ne maitrise pas l'approche â€“ est un grand danger symbolique, est la remise en cause de sa domination, de lui-mÃªme - et de son ego trÃ¨s souvent . La dÃ©finition des problÃ¨mes est donc de l'ordre de la domination du maÃ®tre et de ses Ã©lÃ¨ves .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre des maÃ®tres impose les problÃ¨mes lÃ©gitimes, et condamne les problÃ¨mes illÃ©gitimes, c'est Ã  dire construit un ordre favorable Ã  sa domination incontestÃ©e . Cela se paye d'un autisme que la fermeture ne permet justement plus d'apercevoir . La rigidification sociale de la fonction de conservation et de transmission du savoir, la constitution d'une universitÃ© rigide â€“ de la &lt;em&gt;rigor mortis&lt;/em&gt; â€“ dÃ©fini progressivement, organiquement, une scolastique . Il existe aujourd'hui une scolastique amÃ©ricaine, avec ses problÃ©matiques bien spÃ©cifiques, importÃ©e en Europe . Il existe une scolastique franÃ§aise . Voir MB Kacem (http://intercession.over-blog.org/article-mb-kacem-introduction-a-etre-et-sexuation-81336685.html) qui prÃ©sente ses travaux Ã  l'Ã©cole normale supÃ©rieure de la rue d'Ulm, ce petit homme en chemisette bien repassÃ©e, Ã  la voix douce, qui pose d'emblÃ©e que le monde se rÃ©sumÃ© Ã  Lacan commentÃ© par Deleuze, et Deleuze disant de Lacan, et Lacan disant de Deleuze qu'aucun commentateur de sa pensÃ©e n'est encore utile, puisque Deleuze l'a commentÃ© â€“ voilÃ  un homme qui a Ã©crit un livre entier, sur une sÃ©rie de huit gros volumes, pour expliquer sa rupture d'avec Badiou â€“ cette rÃ©duction radicale de la complexitÃ© des mondes Ã  l'opposition de la schizophrÃ©nie Ã  la paranoÃ¯a vues par Lacan et commentÃ©e par Deleuze parmi des petits hommes sages et bien propres convaincus de participer Ã  un Ã©vÃ©nement historique de la pensÃ©e de gauche â€“ cela est soit une scÃ¨ne de comÃ©die humaine, soit, Ã©galement, l'abÃ®me effrayant du monde moderne â€“ une nÃ©gation par l'ignorance de toute existence d'autrui, de tout passÃ© â€“ le rÃ©sumÃ© du monde au miroir du narcissisme le plus radical prÃ©sentÃ© comme profondeur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le champ universitaire constituÃ© par la maÃ®trise, une position philosophique est avant tout la poliorcÃ©tique d'une volontÃ© de puissance . Comme Nietzsche l'avait notÃ© de Kant, tout le vaste appareil conceptuel n'est lÃ  que pour dÃ©fendre la morale et paraÃ®tre inexpugnable : ainsi, de maniÃ¨re analogue, le concept de plurivers, cette notion typique nÃ©e du champ philosophique, qui accumule les oxymores nÃ©es de la nÃ©cessitÃ© de concilier des maÃ®trises contradictoires . Le concept de plurivers projette sur l'univers la morale unitaire pseudo-pluraliste des genders studies et du deleuzisme, qui dit que la meilleure unitÃ© est la pluralitÃ©, et que la meilleure classification hiÃ©rarchiquement est celle qui ne classe ni ne hiÃ©rarchise d'ailleurs aucun objet Ã  classer â€“ et qui montre sans cesse que les appels Ã  la tolÃ©rance de la pluralitÃ© ne peuvent tolÃ©rer d'autre pluralitÃ© que leur pluralitÃ©, selon une adoration idÃ©ologique de l'Un aussi sectaire que fondamentalement comique, et triste . L'orthodoxie idÃ©ologique moderne est Â« pluraliste Â» et dÃ©finit monolithiquement une orthodoxie pluraliste et des hÃ©rÃ©sies non-pluralistes, sans mÃªme esquisser un sourire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La recherche philosophique du rÃ©el, (ou de la dÃ©finition de la vÃ©ritÃ©, par exemple), est un dÃ©tour, et devient un divertissement, si la quÃªte du guÃ© devient la voie elle mÃªme vers l'autre rive, c'est Ã  dire le moyen d'oublier l'autre rive . Les problÃ¨mes techniques, mÃªme nobles et sublimes, sont des dÃ©tours . L'enfermement scolastique fonctionnel de la pensÃ©e, ne cesse de se reconduire et de se dissoudre. â€“ Par exemple, l'UniversitÃ© du XVÃ¨me siÃ¨cle avait dÃ©veloppÃ© une science logique trÃ¨s puissante, mais aussi une rÃ©pression idÃ©ologique que l'imprimerie, l'humanisme, la rÃ©forme ont contournÃ©, voyez les raisons de la fondation du CollÃ¨ge de France, permettre un enseignement sans certificats universitaires . L'enfermement scolastique est reconduit, mais de maniÃ¨re plurielle : il est plusieurs scolastiques fonctionnelles plus ou moins autistiques, mais collaborant au partage de la domination et de l'Ã©touffement fonctionnel des puissances indÃ©finies de la pensÃ©e .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous continuons ce contournement, qui se prÃ©sente, Ã  la Renaissance analogiquement au prÃ©sent cycle, comme retour vers l'originaire : quel Ã©tait le problÃ¨me de dÃ©part ? Comment vivre ? Ce problÃ¨me est-il rÃ©solu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vÃ©ritÃ© est que ce problÃ¨me se pose dans des conditions extrÃªmement diffÃ©rentes que celles par exemple d'une sociÃ©tÃ© traditionnelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vÃ©ritÃ© est que les contraintes du &lt;em&gt;nouvel Ã‰tat industriel&lt;/em&gt; â€“ il faut relire Galbraith, profondÃ©ment syntone Ã  Kaczinski â€“ ne cessent de se renforcer sous les masques du libÃ©ralisme . L'augmentation de la complexitÃ© de Â« la gouvernance Â» comme les problÃ¨mes dits du Â« dÃ©veloppement durable Â», c'est Ã  dire les contradictions au bon fonctionnement du SystÃ¨me nÃ©es des limites Ã  l'extensification et Ã  l'intensification de l'arraisonnement des choses en vue de la maximisation de la production, ne vont pas diminuer ces contraintes, mais les aggraver . Le processus en cours est celui de la rÃ©duction fonctionnelle de la complexitÃ© auto-produite des sous-systÃ¨mes psychiques, c'est Ã  dire de la rÃ©duction de l'Ã¢me humaine Ã  n'Ãªtre plus que fonction dans le SystÃ¨me de production, Ã  en Ã©pouser les fins, Ã  aimer ce destin de rouage et de mÃ©canisme, destin de producteur rationnel et sÃ©rieux, et d'essence de l'homme comme Ãªtre dÃ©sirant dans l'horizon d'une ontologie unidimensionnelle, dÃ©sirant des choses matÃ©rielles, d'Ãªtre pour jouir de biens ; et Ã  rejeter comme illusion mauvaise toute idÃ©e d'une autre vie, d'une vie indÃ©pendante de la maximisation de la production, ou du recyclage . Le lacanisme est un aspect d'une idÃ©ologie fonctionnelle quand il pose que tout dÃ©sir sans objet rÃ©el est au fond sans objet, que la nostalgie humaine des autres mondes doit, selon le mot de Hegel (prÃ©face de la &lt;em&gt;phÃ©nomÃ©nologie de l'esprit&lt;/em&gt;), se faire violence pour rester dans le dÃ©sir des choses . Ainsi la mutilation est prÃ©sentÃ© comme grandeur, et l'aveuglement comme supÃ©rioritÃ© .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Â« Aujourd'hui, il semble que l'on ait affaire Ã  une situation dramatiquement renversÃ©e, que le sens soit Ã  ce point engoncÃ© dans le terrestre qu'il faille dÃ©ployer une violence identique pour l'Ã©lever au dessus du terrestre . L'esprit montre tant de pauvretÃ©, qu'il semble, tel le voyageur dans le dÃ©sert qui n'aspire qu'Ã  une simple gorgÃ©e d'eau, n'aspirer tout simplement pour son rÃ©confort qu'Ã  l'indigent sentiment du divin . Et c'est Ã  cela mÃªme dont l'esprit se contente que l'on peut apprÃ©cier l'importance de sa perte Â».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Ce n'est plus le sentiment du divin dont se contentent les contents lacaniens, c'est le Nom-du-PÃ¨re comme illusion acceptÃ©e, car les non-dupes errent...une pareille misÃ©rable portion issue d'un galimatias vertigineux . Cela mÃªme dont l'esprit se contente . Mais la lutte contre les discriminations, et la plupart des positions qui se prÃ©sentent sous les aspects de la morale sont aussi des positions de l'homme fonctionnelles au SystÃ¨me, c'est Ã  dire rÃ©ductrices, et mutilantes pour l'intensitÃ© de la vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tant que systÃ¨me de voies radicalement rÃ©duit dans la rÃ©alitÃ© offerte par le SystÃ¨me, la pensÃ©e libre ne peut se sortir d'une pensÃ©e du systÃ¨me social . Le problÃ¨me originaire de la vie bonne comme choix pose le principe de la libertÃ© humaine . Mais cette libertÃ© s'extÃ©nue, tend insensiblement vers l'illusion . La refondation de la libertÃ© humaine dans l'ordre de la CitÃ© devient un autre dÃ©tour tout aussi fondamental .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;DÃ©tour fondamental, nÃ©cessaire, quand on peut lire dans la production idÃ©ologique officielle (l'officiel n'est plus la production d'Ã‰tat, mais la production fonctionnelle au SystÃ¨me) &lt;strong&gt;la libÃ©ration a eu lieu, il nous reste Ã  apprivoiser la libertÃ©&lt;/strong&gt; selon des mots Ã©crits par FrÃ©dÃ©ric Nassif â€“ je disais Ã§a aux ouvriers chinois, d'ailleurs, ils adoraient .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le SystÃ¨me des LumiÃ¨res a en effet construit sa sociÃ©tÃ© d'abondance, aux yeux d'un journaliste de la presse magazine ; mais voilÃ , aucune de ses promesses de bonheur n'est rÃ©alisÃ©e . Le monde des lacaniens est le dÃ©sert du rÃ©el, dÃ©chirÃ© par la guerre, l'exploitation et le mensonge â€“ un tigre de papier . La libertÃ© a Ã©tÃ© rÃ©alisÃ©e, et il ne se passe rien . PlutÃ´t que de remettre en cause le caractÃ¨re ridicule et non-dialectique des espoirs des Trente Glorieuses, on voudrait nous dire que nous ne savons pas voir que tous nos espoirs sont rÃ©alisÃ©s...une fois de plus, dans les gaies scÃ¨nes du thÃ©Ã¢tre de la Â« philosophie Â» moderne, entre les &lt;em&gt;classes sociales sexuelles&lt;/em&gt; des Gender Studies et leurs campements scouts anti-domination d'Ã©tÃ©, les antispÃ©cistes et leurs mÃ©mÃ¨res frustrÃ©es Ã  chiens, et les lacaniens dupes non-dupes en quÃªte de la jouissance eks-tatique de l'objet a, on voudrait pouvoir dire que le comique prÃ©domine, si tous ces errants spirituels n'Ã©taient profondÃ©ment puritains, c'est Ã  dire profondÃ©ment sÃ©rieux, et prÃªts Ã  brÃ»ler les sorciÃ¨res, Ã  recommencer des expÃ©riences mÃ©dicales sur des sous-hommes pour protÃ©ger les bÃªtes, ou Ã  rire de la naÃ¯vetÃ© des croyants, qui ne cessaient de commenter les Ã©crits obscurs de maÃ®tres manipulateurs comme s'ils Ã©taient vrai, en dehors des Ã©crits de Lacan .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un ordre social tendanciellement totalitaire, la libertÃ© humaine est excÃ¨s, excÃ¨s permanent ; et comme l'ontologie de l'Enfer au XIXÃ¨me siÃ¨cle encore servait Ã  rÃ©primer l'excÃ¨s des dÃ©sirs qui risquaient de produire des Ã©carts chaotiques impossibles Ã  rÃ©duire par l'homÃ©ostasie du SystÃ¨me, l'ontologie unidimensionnelle moderne joue un rÃ´le fondamental de dÃ©ni des voies possibles qui seraient toxiques pour le dÃ©veloppement du SystÃ¨me . Ce qui est le plus fondamentalement toxique pour le dÃ©veloppement du SystÃ¨me n'est plus le chaos du dÃ©sir quand il s'exprime en dehors des espaces de production de richesses, mais assurÃ©ment le dÃ©sir d'ordre au delÃ  de l'ordre matÃ©riel, et le dÃ©sir de bien au delÃ  des biens que le SystÃ¨me peut distribuer . C'est Ã  dire que les hommes spirituels sont certainement ce que le SystÃ¨me compte de plus Ã©tranger, de plus radicalement opposÃ© Ã  son fonctionnement â€“ il suffit de lire GuÃ©non pour se rendre compte que le partage des thÃ¨ses de cet homme, s'il devenait courant, serait aussi dangereux pour le SystÃ¨me que le christianisme pour la survie de l'ancienne Rome . Mais mÃªme le dÃ©sir d'autonomie, de vie libre dans une nature sauvage de Kaczinski, libertÃ© selon lui prÃ©fÃ©rable Ã  l'intÃ©gration asservissante dans le SystÃ¨me gÃ©nÃ©ral, a suffit Ã  produire une pensÃ©e du refus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il suffit en vÃ©ritÃ© de dÃ©sirer ce qu'aucun objet ne peut satisfaire, aucun argent acquÃ©rir, pour se situer en excÃ¨s par rapport au SystÃ¨me qui prÃ©tend accepter toutes les libertÃ©s et viser Ã  satisfaire tous les dÃ©sirs . De maniÃ¨re gÃ©nÃ©rale, pour rester conforme Ã  l'idÃ©ologie de la libertÃ© indÃ©finie que le SystÃ¨me est censÃ© offrir, le SystÃ¨me est conduit Ã  limiter chez les sous-systÃ¨mes psychiques (chez les personnes humaines apprÃ©hendÃ©es dans la perspective du SystÃ¨me) la capacitÃ© d'imaginer des dÃ©sirs que le SystÃ¨me ne peut satisfaire, ou imagination ; donc Ã  dÃ©valuer l'imaginaire, et Ã  qualifier d'illusion toute forme d'Ãªtre qui ne serait pas une chose matÃ©rielle : ce processus, prÃ©sentÃ© comme un dÃ©voilement de la vÃ©ritÃ© de l'Ãªtre, est nommÃ© dÃ©senchantement du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question originaire est la question des voies ; et les voies ne sont pas seulement Ãªtre, ou droit, mais puissance . La libertÃ© humaine est antÃ©rieure et supÃ©rieure au droit, inaliÃ©nable et sacrÃ©e. Elle est puissance et fondement du droit, non pas fondÃ©e par lui .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La puissance est au dessus de l'Ãªtre dÃ©terminÃ© d'un monde . La nÃ©cessitÃ© unique, racine des mondes, est la puissance d'Ãªtre ou de ne pas Ãªtre, de faire Ãªtre ou de ne pas faire Ãªtre, de laisser Ãªtre ou de faire cesser un Ãªtre . La libertÃ© humaine en est l'image, le miroir, et la seule Loi effective des hommes . Ses seules bornes sont celles de la puissance, soit qu'elle engendre, soit qu'elle dÃ©truise, soit qu'elle guÃ©risse . Elle n'est pas personnelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libertÃ© n'est pas appropriable, ni dÃ©finissable, ni saisissable : Â« tu ne sais d'oÃ¹ il vient et oÃ¹ il va Â» . Elle est force qui va, sans fin, et hors des jugements et des mots - ni utile ni inutile, ni instrument ni bourreau, ni bien ni mal ne peuvent Ãªtre prononcÃ©s sur elle en vÃ©ritÃ© . Elle pose et dÃ©pose la fin, l'utile, le juste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est aussi nommÃ©e souverainetÃ©, ou libertÃ© essentielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'intÃ©rieur d'un ordre humain, la libertÃ© essentielle est puissance de transgression de l'ordre . L'ÃŠtre est puissance de transgression, d'Ã©clair foudroyant les plus hautes colonnes de la loi . Cela mÃªme qui peut fonder peut dÃ©truire. Ainsi cette puissance de libertÃ© est-elle terreur, et charge pour tout ordre humain .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ordre humain se pose comme souverain, et nie en retour la souverainetÃ© toute puissante qui le fonde . L'ordre humain est toujours pliÃ© â€“ il repose sur un dÃ©ni originaire, et sur un mensonge . L'Ã©paisseur du mensonge s'aggrave dans les cycles du temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La puissance est creusement de l'angoisse des hommes d'ordre, des hommes qui s'involuent sur eux mÃªme pour rÃ©gner sur leur propre asservissement . L'ordre humain ferme l'accÃ¨s Ã  la puissance pour assurer sa vie . Les actes des hommes se sÃ©dimentent, et deviennent les pierres de murs, ces murs qui ferment l'accÃ¨s du soleil de l'Ã‰den .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La structure de l'homme moderne est schÃ©matique . Par terreur de ses profondeurs, tout Ãªtre humain moderne se clive de la puissance originelle qui sourd dans ses profondeurs . Le reste, nommÃ© Â« conscience Â», pose ses rÃ¨gles dÃ©terminÃ©es comme Raison, et les vestiges du monde, le monde qui reste visible Ã  la conscience est nommÃ©Â« rÃ©alitÃ© Â» - les autres mondes nommÃ©s Â« imaginaire Â» . Cette structuration mutilÃ©e, l'homme moderne la nomme Â« santÃ© Â», et le respect de cette structure Â« principe de rÃ©alitÃ© Â» . La conscience se pose comme fondement de la libertÃ© qu'il redÃ©finit, comme volontÃ© consciente d'un ego : cette libertÃ© lÃ , Ã©troitement dÃ©terminÃ©e, n'est pas la libertÃ© originelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde de la Â« conscience Â» est un monde nÃ©vrosÃ© et inversÃ© . La Â« Raison Â»est une idÃ©ologie irrationnelle en pratique, que mÃªme les logiciens ne peuvent plus garantir, pas plus que les physiciens ne peuvent plus garantir le Â« principe de rÃ©alitÃ© Â» . Pourtant elle reste, au fondement de l'ordre moderne, l'idÃ©ologie officielle du SystÃ¨me .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le partage d'une structuration analogue de la psychÃ© par la grande masse des hommes suppose la communication nÃ©cessaire, a-volontaire, de cette structure, et constitue une nÃ©gation en soi de la Â« libertÃ© Â» de l'ordre juridique - du Spectacle, spectacle de la libertÃ©, et non libertÃ© effective .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Spectacle est la liturgie toujours recommencÃ©e du rÃ¨gne de l'idÃ©ologie - l'acte de la fermeture du monde Ã  la puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme est nÃ© libre, et partout il est dans les fers . L'homme construit ses propres prisons, comme l'araignÃ©e secrÃ¨te sa toile . Tout homme a son kairos . Et tout homme qui ignore le kairos a son destin, qui s'Ã©coule avec nÃ©cessitÃ© de la libertÃ© originaire, tombÃ©e dans l'oubli, et toujours dÃ©jÃ  prÃ©sente .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'efforce de construire, mais ses constructions l'asservissent . Il essaie de parler, de dire des choses nouvelles, mais les mots l'asservissent aussi, asservissent sa puissance de monde - il devient le perroquet de matrices sÃ©mantiques, mÃªme des siennes . Les sociÃ©tÃ©s accumulent des travaux, des dettes de toutes sortes, et finissent immobiles, surchargÃ©es de chaÃ®nes . L'Ã©volution par accumulation de choses est l'Ã©volution vers la mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'asservissement est complet quand l'homme ne peut mÃªme plus imaginer d'autres mondes ; et c'est pourquoi la pensÃ©e est une puissance de retour Ã  la libertÃ© de la puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes morts, ceux dont les chaÃ®nes sont d'or, se donnent pour de tÃ¢che de rÃ©pÃ©ter l'inÃ©luctabilitÃ© des asservissements, de clore les espaces de respiration de la pensÃ©e, de dissocier la pensÃ©e et l'Ãªtre . Les hommes morts ne cessent de parler de respect, de maÃ®trise de la violence, de conserver, de rester immobile, de cesser d'imaginer, d'Ãªtre concret . Ce qu'ils nomment concret est mort . Cette mort, est ce que les hommes de puissance nomment SystÃ¨me, Empire, ou Tyrannie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une personne peut de droit antÃ©rieur Ã  tout droit possible, participer indÃ©finiment de multiples demeures, de multiples mondes . Ce droit s'entend intensivement, dans les multiples mondes, et extensivement dans un monde . L'Ã©ternitÃ© est faite de multiples demeures, que la puissance imaginale peut poser dans l'Ãªtre . C'est la pratique de la libertÃ© et le destin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes morts effrayent et culpabilisent les vivants . Ils diffusent le puritanisme, la peur du dÃ©sir, pour conserver l'immobilitÃ© . Les hommes finissent par identifier dÃ©sir, imagination, et ce qu'ils nomment Â« sauvagerie Â», Â« barbarie Â» .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La peur de la violence est souvent la peur de son dÃ©sir . Ce qui est nommÃ© sauvagerie est trop souvent le surgissement de la puissance . Toute manifestation de la puissance est violence pour l'homme endormi dans ses asservissements . La plupart des hommes ont peur de leur dÃ©sir, et l'Ã©cartent comme un cauchemar, un serpent, un cadavre . Car ce dÃ©sir est accusateur â€“ il les accuse d'Ãªtre lÃ¢ches, d'Ãªtre morts, d'Ãªtre tiÃ¨des, et bons Ã  vomir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme de puissance est dÃ©sir et force qui va . Pour la puissance, c'est un et mÃªme de penser et d'Ãªtre . L'homme doit vouloir son dÃ©sir le plus intime, l'assumer, et en vivre â€“ il est son Ã©toile en ce monde . Alors la souverainetÃ© peut Ã  nouveau apparaÃ®tre â€“ dans la personne, comme dans le monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces mots ne sont pas d'abord des concepts, mais les signes, les blasons communs d'une expÃ©rience commune de l'Ã©touffement . Nous dÃ©sirons la racine des mondes, l'ÃŠtre . La racine unique des mondes, par delÃ  le Bien et le Mal, est pour l'ordre humain chaos, sauvagerie et violence dans sa perspective . Les mots sont des actes . Les mots de la tribu sont les pierres de nos prisons . Aussi sommes nous des sauvages, des loups .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libertÃ© de choix dans un monde prÃ©-donnÃ© et dÃ©jÃ  construit est la libertÃ© animale, celle des rats de labyrinthe, vendue par la tyrannie comme essence de la libertÃ©. Le labyrinthe de la tyrannie est unidimensionnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La production de mondes de choix Ã  partir de situations de dÃ©sespoir, de marÃ©e montante de la Destruction, l'ouverture de voies est la libertÃ© humaine . C'est le combat dÃ©sespÃ©rÃ© entre les mÃ¢choires de la mort . LÃ  oÃ¹ le choix, la libertÃ© est absente, l'homme essentiel produit les mondes qui la produisent Ã  nouveau . Le choix de libertÃ© est dÃ©chirement et co-engendrement de la personne et des mondes, dÃ©termination, position et nÃ©gation entrelacÃ©s, mort et rÃ©surrection .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui Ã©tait avant le croisement des astres n'est plus celui qui foule le sol de ce rayon . Celui lÃ  est autre que lui-mÃªme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dÃ©tour par le tout rÃ©el est une fausse Ã©vidence de la tradition philosophique, et cette Ã©vidence est nourrie du besoin des maÃ®tres d'affirmer une maÃ®trise indÃ©pendante de la vie . La position du dÃ©tour nÃ©cessaire par le tout rÃ©el suppose en effet qu'il existe un moi globalement dÃ©terminÃ©, et des voies globalement dÃ©terminÃ©es Ã  connaÃ®tre, mais qui sont incontournables . Or l'ego et les voies qu'il peut prendre sont des positions auto-constituantes, c'est Ã  dire que ni le pÃ¨lerin ni ses voies ne peuvent se connaÃ®tre avant son parcours effectif â€“ il faut partir avant de tout savoir, il faut partir d'un savoir partiel, d'un savoir Ã©nigmatique, ouvert Ã  tous les vents . Le sage ressemble plus au nomade face aux espaces indÃ©finis qu'au bourgeois qui fait le recensement de ses biens . Il faut partir, car le monde ne cesse de fuir sous nos pas â€“ celui qui attend sera emportÃ© et dÃ©vorÃ© par le temps sans avoir plus de protection que celui qui marche au long des falaises .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La logique du dÃ©tour par le tout rÃ©el, la recherche de la vÃ©ritÃ© abstraite et sans vie, sans les mystÃ¨res du sang, sans souffle, sans la puissance Ã©rotique, sans le sacrÃ©, sans la violence, sans le passage Ã  la pratique, Ã  la thÃ©urgie â€“ cette recherche de dÃ©tour qui amÃ¨ne Derrida Ã  traiter toutes ces questions comme des marges de Â« la philosophie Â» â€“ fait en rÃ©alitÃ© de l'essence de la philosophie la marge de Â« la philosophie Â» comme discipline universitaire . C'est comme la femme qui, en s'interrogeant indÃ©finiment sur son dÃ©sir et le sÃ©rieux de ses engagements, reste indÃ©finiment vierge, et indÃ©finiment orientÃ©e vers le sexe . Le savoir du sexe s'Ã©prouve, il faut le sentir comme odeur, comme goÃ»ts, comme inquiÃ©tude, comme dÃ©sir dÃ©chirant qui envahi le monde â€“ il s'Ã©prouve de la bouche, des mains, de la peau, de la totalitÃ© de l'Ãªtre . Il en est de mÃªme du savoir de la douleur, de la splendeur, du dÃ©sespoir, de la victoire ou de la dÃ©faite atroce, et encore de mÃªme du savoir de la gnose, du lever du soleil dans l'Ã¢me ou du dÃ©voilement des effets du voyage . L'Ãªtre humain vierge ne peut dire grand chose de la splendeur de l'amour de la chair, comme l'homme sans esprit ne peut dire grand chose de sensÃ© de la poÃ©sie, ou de la Vision .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que tant de maÃ®tres modernes n'hÃ©sitent pas Ã  faire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Hagakure est sage de pousser sans cesse au passage Ã  l'acte . La sage est passage Ã  l'acte, et pas attente indÃ©finie . &lt;em&gt;Lorsque vous Ãªtes dÃ©cidÃ© Ã  tuer quelqu'un, ne laissez jamais la raison vous guider . Â« Je risque d'Ã©chouer si je charge l'adversaire de face . Il faut que je m'y prenne diffÃ©remment, d'une maniÃ¨re plus dÃ©tournÃ©e Â» autant de tergiversations qui vous feront perdre un temps prÃ©cieux et affaibliront votre volontÃ© premiÃ¨re, ce qui le plus souvent, nuira Ã  votre rÃ©ussite . Le choix du samouraÃ¯ est de foncer tÃªte baissÃ©e sur l'ennemi, quitte Ã  agir Ã  l'aveuglette .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Alexandre a Ã©tÃ© supÃ©rieur Ã  son maÃ®tre Aristote, l'homme de la science de l'Ãªtre en tant qu'Ãªtre . L'Ãªtre en tant qu'Ãªtre est le dÃ©tour par le tout rÃ©el de la philosophie, le dÃ©but d'une formulation de problÃ¨mes standards, comme par exemple l'argument du troisiÃ¨me homme . L'homme en tant que puissance souveraine n'est pas dÃ©terminÃ©, et il peut creuser ses propres voies, celles qui sont au delÃ  de l'imagination de son Ã©poque . Alexandre a agit en tant que modÃ¨le du Roi ; mais Ibn Arabi a agit en tant que modÃ¨le du gnostique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que montre Alexandre ? Quand il arrive devant le nÅ“ud gordien, le problÃ¨me scolastique par excellence, qu'il faudrait dÃ©mÃªler avant de conquÃ©rir l'Asie, il sort son Ã©pÃ©e et le tranche . Il refuse les rÃ¨gles de son maÃ®tre, et les rÃ¨gles du jeu . Il dÃ©montre que je suis le produit de mes actes, il se fait Alexandre le Grand â€“ il fait la voie que personne n'avait imaginÃ© avant lui . Luther ne dÃ©bat pas des problÃ¨mes de la scolastique, il se sÃ©pare du Pape et de l'Ã©cole â€“ la discussion doit prendre fin, et tout appel Ã  la discussion n'est qu'une maniÃ¨re infinie de tergiverser . Il est faux que tout soit discutable . En vÃ©ritÃ©, rien de ce qui est essentiel n'est discutable dans l'ordre de la sagesse comme dans l'ordre de la vision â€“ soit la puissance de la vision ou du dÃ©sir se partage entre les hommes parlant, et alors ils parlent sans argumenter ; soit la puissance ne se partage pas, et la discussion est un spectacle, une joute inessentielle . Seules les situations d'anamnÃ¨se, oÃ¹ un homme peut guider un autre au delÃ  de ses prÃ©ventions vers le retour au savoir sont des moments de discussion pleinement nobles, des banquets .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Poser le dÃ©tour par la connaissance du vrai, cette antique tradition philosophique, est absolument vide face au dÃ©tour de l'ordre politique totalitaire . L'attestation de l'Unique est infiniment plus puissante . La puissance est au dessus de l'Ãªtre ; la puissance produit la vÃ©ritÃ© . La seule dÃ©marche lÃ©gitime du maÃ®tre de la sagesse est de lever les inquiÃ©tudes de l'inconnu chez le disciple, de lui permettre de s'engager dans un corps Ã  corps amoureux avec les mondes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;S'il n'espÃ¨re pas, il n'atteindra pas l'inespÃ©rÃ©, car il est hors de quÃªte et sans accÃ¨s&lt;/em&gt; â€“ HÃ©raclite .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Face Ã  la situation du monde moderne, il n'est plus de dÃ©tour ou d'organisation humaine qui vaille . Il n'est que des veilleurs . Le veilleur, celui qui veille, qui veille avec dÃ©sir, car le dÃ©sir de l'homme fait lever le soleil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soleil est le MisÃ©ricordieux, celui qui donne l'Aube .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme est une nÃ©gation pratique du rÃ©el . Le Hagakure dit : &lt;em&gt;il n'est pas possible Ã  un homme normal d'accomplir une tÃ¢che qui demande de la dÃ©mesure . Nous avons une cause, et seule une cause peut Ãªtre notre patrie dans un monde auquel nous n'appartenons que par nÃ©cessitÃ© . Devenir pur et simple et garder son mordant, sans poursuivre plus d'une cause (â€¦) la poursuite d'une cause, sans devenir pur et simple, ne conduira jamais sur le chemin de la Voie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Le Hagakure rejoint Marguerite PorÃ¨te â€“ il y aura toujours des universitaires pour brÃ»ler Marguerite, mais toujours le MaÃ®tre proclamera la vÃ©ritÃ© de sa chair et du dÃ©sir de son Ã¢me . Il est des fleurs jaunes Ã©ternelles .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-1129818095827222416?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/1129818095827222416/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=1129818095827222416' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1129818095827222416'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1129818095827222416'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/ivan-agueli-letre-et-les-hommes-le.html' title='Le dÃ©tour du rÃ©el . Des sciences des philosophes et de la sagesse des gnostiques .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-crs3lnj1gnQ/TpmQpSfLR8I/AAAAAAAABQk/XVKjOJP_Dnc/s72-c/agueli-sjc3a4lvportrc3a4tt.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-9139360421116570432</id><published>2011-10-07T08:34:00.007-08:00</published><updated>2011-10-07T08:46:39.219-08:00</updated><title type='text'>Serment de la source .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-C38pdnWhSOA/To8rPR1PrmI/AAAAAAAABP8/AFKclAtr6pI/s1600/AlKhidr2.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 285px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5660790798112763490" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-C38pdnWhSOA/To8rPR1PrmI/AAAAAAAABP8/AFKclAtr6pI/s400/AlKhidr2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Khezr Ã  contre courant)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bitume reflÃ¨te dans ses flaques grises le sang des morts passÃ©es&lt;br /&gt;Le ciel gris comme un couvercle comme&lt;br /&gt;Le toit de bÃ©ton des usines des Ã©coles des prisons&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les larmes enroulÃ©es des temps&lt;br /&gt;EnroulÃ©es dans une musique mÃ©lancolique&lt;br /&gt;Qui bercent nos pas indÃ©finis&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les murmures des morts Ã  venir errent au dessus des toits de la ville&lt;br /&gt;Les djinns confÃ¨rent dans l'ombre&lt;br /&gt;Le soleil au crÃ©puscule s'efface des mÃ©moires des hommes&lt;br /&gt;Ils chuchotent&lt;br /&gt;Et rÃ©pandent les eaux&lt;br /&gt;Sur le monde&lt;br /&gt;Ils s'associent Ã  Dieu&lt;br /&gt;Ils disent qui doit mourir&lt;br /&gt;Les fils d'Aaron, Ã´ folie&lt;br /&gt;Mais le sang de tous sera rÃ©pandu&lt;br /&gt;Le sang de tous les hommes&lt;br /&gt;Adam le rouge&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la dÃ©tresse je retrouve l'ancien serment&lt;br /&gt;De l'Aurore naissante&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Au nom d'Allah, le bienfaiteur misÃ©ricordieux&lt;br /&gt;Dis : je cherche protection auprÃ¨s du Seigneur des hommes (â€¦)&lt;br /&gt;Contre le mal du mauvais conseiller qui chuchote&lt;br /&gt;Qui souffle le mal dans les poitrines des hommes&lt;br /&gt;Qu'il soit un djinn, ou un Ãªtre humain .&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;(&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Coran&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, les hommes)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Dis : je me rÃ©fugie auprÃ¨s du Seigneur de l'Aube&lt;br /&gt;Contre le mal de ce qu'il crÃ©a&lt;br /&gt;Contre le mal de l'obscuritÃ© quand elle s'approfondit&lt;br /&gt;Contre le mal de celles qui soufflent sur les nÅ“uds&lt;br /&gt;Et contre le mal d'un envieux qui envie&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;(&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Coran&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, l'Aube naissante)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je protÃ¨gerais ton corps de mon corps&lt;br /&gt;Je donnerais mon corps comme bouclier&lt;br /&gt;De par la force de mon Ã¢me&lt;br /&gt;Que je meure si je t'oublie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que mon corps retourne Ã  l'humus&lt;br /&gt;Si j'oublie l'ancien serment d'Abraham&lt;br /&gt;Ton Dieu est mon Dieu&lt;br /&gt;Bien plutÃ´t nous sommes Ã  Lui comme&lt;br /&gt;De la paille&lt;br /&gt;D'aube&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je retrouverais les mots des anciens serments&lt;br /&gt;Des nÅ“uds les plus dÃ©licieux&lt;br /&gt;Puissants comme la mer&lt;br /&gt;PlutÃ´t mourir que de t'abandonner&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alliance des hommes&lt;br /&gt;La main enveloppÃ©e dans la main&lt;br /&gt;L'alliance du souffle et du sang&lt;br /&gt;Souffle et sang des hommes&lt;br /&gt;Os des hommes&lt;br /&gt;Que Dieu couvrira de chair&lt;br /&gt;Au Levant du Couchant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PlutÃ´t mourir que de vivre la tÃªte basse&lt;br /&gt;DÃ©privÃ© du ciel d'azur et d'Ã©toiles&lt;br /&gt;Sous les cieux de bÃ©ton des Ã©coles des usines des prisons&lt;br /&gt;Sur le noir bitume&lt;br /&gt;Aucun arbre&lt;br /&gt;Aucune racine&lt;br /&gt;Aucune fleur ne poussent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les djinns et les hommes chuchotent&lt;br /&gt;LÃ¨vent en eux la les haines&lt;br /&gt;Leurs mots crachent sur les Ã©toiles&lt;br /&gt;Leurs yeux ne voient plus l'aube&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a si peu de foi&lt;br /&gt;Celui qui cherche l'unitÃ© dans la haine de l'Ennemi&lt;br /&gt;Et non dans l'unitÃ© de l'Ãªtre&lt;br /&gt;C'est une grande indignitÃ©&lt;br /&gt;Et pour lui une perte infinie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gloire Ã  celui qui mÃ¨ne la grande guerre intÃ©rieure&lt;br /&gt;Malheur Ã  celui&lt;br /&gt;Qui a perdu le cÃ©leste pays et la grande amitiÃ©&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'obscuritÃ© s'approfondit&lt;br /&gt;Honneur Ã  l'homme des Ã©toiles&lt;br /&gt;Honneur au pÃ´le des mondes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je protÃ¨ge de mes mains la flamme de la torche&lt;br /&gt;Je vois ta peau sous l'aurore du feu&lt;br /&gt;Je sens les parfums du jasmin et du chÃ¨vrefeuille&lt;br /&gt;A l'aube du souffle de tes lÃ¨vres&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Honneur Ã  toi&lt;br /&gt;Celui qui veille&lt;br /&gt;Encore Ã  la fin de la nuit&lt;br /&gt;Au dernier tiers du dernier tiers&lt;br /&gt;Puisses-tu garder les yeux ouverts !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Honneur au feu&lt;br /&gt;A la fleur&lt;br /&gt;A la chair des mondes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Honneur Ã  toi !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-9139360421116570432?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/9139360421116570432/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=9139360421116570432' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9139360421116570432'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9139360421116570432'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/serment-de-la-source.html' title='Serment de la source .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' 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src="http://3.bp.blogspot.com/-FSjnK5tQ38s/TopBhnFIefI/AAAAAAAABP0/CFe3iLcUV-4/s400/6-Wolf%252520Of%252520Steppes-2009.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5659407927426447858" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center style="font-style: italic;"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Exil)&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cheminÃ©e du navire au dessus des collines&lt;br /&gt;Le soleil perce le cÅ“ur de l'arbre&lt;br /&gt;Des aurores&lt;br /&gt;L'anse bleue se creuse comme un abri&lt;br /&gt;Mon amour s'est rappelÃ© sous le pommier&lt;br /&gt;Au loin tes yeux fermÃ©s&lt;br /&gt;Au loin tu dors&lt;br /&gt;Dans la rumeur des villes&lt;br /&gt;PrÃ¨s du grand fleuve&lt;br /&gt;J'enroule tes rÃªves dans la douceur de la mer&lt;br /&gt;Tes draps aux ondes lumineuses&lt;br /&gt;De l'abri des vaisseaux&lt;br /&gt;Les plumes du vaste oiseau de mer aux dÃ©lices de tes paupiÃ¨res&lt;br /&gt;Je mÃªle les pommes aux saveurs de ta chair&lt;br /&gt;Et la chute des fruits sur le sol rÃ©sonne&lt;br /&gt;Au rythme de nos cÅ“urs&lt;br /&gt;GonflÃ©s de sang .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-1626165784562947693?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/1626165784562947693/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=1626165784562947693' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1626165784562947693'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1626165784562947693'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/exil.html' title='Exil.'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-FSjnK5tQ38s/TopBhnFIefI/AAAAAAAABP0/CFe3iLcUV-4/s72-c/6-Wolf%252520Of%252520Steppes-2009.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-871419076682953742</id><published>2011-10-01T07:22:00.003-08:00</published><updated>2011-10-03T14:27:40.062-08:00</updated><title type='text'>Eros platonicien, ou la fleur du mal des maisons closes : l'Apollonide .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-UreKeLqZMvI/Tocyr2lfFJI/AAAAAAAABPs/eQmEMyGti30/s1600/irina36.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 301px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5658547185782822034" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-UreKeLqZMvI/Tocyr2lfFJI/AAAAAAAABPs/eQmEMyGti30/s400/irina36.jpg" /&gt;&lt;/a&gt; &lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Irina Ionesco)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est proclamÃ©, Ã´ puissant Ã‰ros, que le divin Platon n'aurait aucune participation Ã  ton souffle parfumÃ© . Que l'homme, en quÃªte de l'Un sur les sources dÃ©licieuses de la peau â€“ les quatre sources de l'Ã‰den â€“ se priverait de l'intensitÃ© d'Ãªtre que tu dispenses, celle de la participation Ã  l'extase divine, Ã  cet Ã©coulement indÃ©fini de tes grÃ¢ces, de tes splendeur et de tes dons, Ã´ Seigneur des mondes ! Il se dit parmi certains hommes amis de la poussiÃ
