<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049</id><updated>2012-02-15T09:54:34.792-08:00</updated><category term='r'/><category term='i'/><title type='text'>les délices de l'âge de fer</title><subtitle type='html'>« Un homme noble s'en fut en un pays lointain pour s'y gagner un royaume et revenir ensuite »</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>290</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-2365169050482997207</id><published>2012-02-11T06:57:00.003-08:00</published><updated>2012-02-11T07:16:30.771-08:00</updated><title type='text'>Art et expression dans l'âge moderne, II . L'Ange paon .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-XUh8FQjPSi8/TzaGBGnglMI/AAAAAAAABZw/qp5VOyDO6FA/s1600/425900_3008112478558_1134822800_33201405_325300529_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 350px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5707896931252999362" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-XUh8FQjPSi8/TzaGBGnglMI/AAAAAAAABZw/qp5VOyDO6FA/s400/425900_3008112478558_1134822800_33201405_325300529_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(l'Ange Paon)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le destin de l'art moderne est d'annoncer la mort du Léviathan, et de désigner les expériences qui peuvent nous mener au delà du miroir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'évènement palpable et perpétuel de l'inconnu, cette vie de funambule qui décrit la quête est hyper-concrète en pratique, qu'elle soit théurgie, baisers, folie, sorcellerie, goétie, donjuanisme, fornication, mystique, poésie et j'en passe. Ce n'est pas le contenu qui compte, mais sa puissance à atteindre la transgression qui accomplit &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question des pratiques concrètes de sortie du Système est essentielle . Il n'est pas possible de parler, et de ne pas vivre . La sagesse qui n'est pas est vécue est comme la littérature ou le musée, un dispositif de neutralisation de l'arraisonnement immédiat qu'impose la sagesse . Le caractère de la décision de construire sa vie est immédiat, même s'il est muri, et il n'est pas facilité par une longue attente . La puissance de décision doit être entraînée tous les jours, mais la décision elle-même doit se faire en sept ou neuf respirations . &lt;em&gt;Le moment présent pourrait être l'instant crucial, l'instant crucial pourrait être le moment présent &lt;/em&gt;. La pensée peut haleter et en être meilleure . C'est le temps de survenue de la mort . Un exemple se trouve dans la vie de Jésus, quand passant au bord d'un lac, il dit à des pêcheurs : &lt;em&gt;laissez là vos filets et suivez moi &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La puissance de décision et de transformation de l'art est neutralisée dans la plus grande part des dispositifs « culturels » modernes, même si pour exercer sa fonction de ressourcement dans la puissance originaire, l'art doit être placé en limite de puissance, mais à distance, comme une vipère mortelle derrière une vitre . Le musée moderne, cette accumulation d'objets sans lien organiques – &lt;em&gt;ne touchez pas &lt;/em&gt;!- dans un espace neutralisé, est ainsi le manifeste implicite d'une conception de l'art qui le met à part de la vie, comme le zoo met l'animal sauvage à part de la vie humaine . Cette conception de l'art se montre aussi dans l'architecture avec la séparation de l'aménagement de l'espace par une logique d'ingénieur, et la présence séparée d'œuvres d'art, ainsi en France le 1% culturel, dans un concept et un budget pensés à part . Que cette manière de voir soit une profonde rupture avec des millénaires d'architecture doit être une évidence, et une métaphore de la pratique effective de l'art dans le monde moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De manière analogue, le « grand roman » confit dans la naphtaline des « professeurs de littérature » est mise à distance comme fiction de la vie et des principes de vie qui s'y déploient ; l'oeuvre elle-même n'a pour ainsi dire jamais été écrite pour être enseignée ainsi . Tolstoï, par exemple, a transformé sa vie même avec son art . D'ailleurs le véritable grand roman n'est pas neutralisé, mais est une puissance effective de transformation, ou le mémorial d'une telle puissance, dans l'histoire de sa production elle même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'autonomie du signe, l'étude linguistique, la critique interne sont des fictions qui semblent défendre la liberté de l'artiste, mais dont le caractère fonctionnel à l'université comme sous-système ne peut être mis en doute . Le signe est triple, entre le signifiant sémantique, le signe iconique, et ce qu'il vise dans l'être, le signifié . Le processus de parole est sans cesse puissance renouvelée de transgressions des limites purement linguistiques du langage . Le signe est un processus d'ordonnancement de l'être dans le verbe, et l'exclusion de l'être de l'étude du verbe, qui semble aux grammairiens une libération de l'art des lourdes contingences du monde, est une annihilation de toute puissance d'être de la parole, en dehors de la valeur sur le marché de l'oeuvre écrite . L'exclusion de l'être est exclusion du verbe de la cité, à l'exclusion du verbe « scientifique et technique », posé comme vide de théorie ou d'idéologie – autre illusion défensive – souverain du « réel », du « concret » . La séparation de l'art et de la Cité est une mutilation décisive du processus du nihilisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nihilisme n'est pas, en effet, un processus de dévoilement du monde, une manifestation de la vérité « scientifique » nue à la fin de l'histoire, vérité triste et prosaïque, désenchantée, mais un processus d'enfermement de l'interprétation et de la vie du monde dans les fonctions de service idéologique du Système, à savoir la maximisation du déploiement de la puissance matérielle . Dit autrement, le nihilisme européen est la manifestation dans l'ordre symbolique du règne absolu du Capital sur le monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le signifiant est le lien entre la voix et l'être, et ainsi la loi devient l'ordre du monde, ou la parole du sage la voie de la réalisation, et le signifiant ordonnant la vie est précisément l'art . Dans cet ordonnancement, il n'entre ni fausseté ni vérité conçues comme constats des faits . La civilisation grecque est une construction, une &lt;em&gt;paiedia&lt;/em&gt; de l'homme, au même titre que les autres civilisations . Elle est la manifestation de la production symbolique de l'homme par lui-même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas de discipline plus évidente de production symbolique par soi-même, de sculpture de sa propre statue, au sens de discipline dans la vie, que la philosophie dans sa forme originaire . Mais la philosophie universitaire le plus souvent, et par principe de fonctionnement, est la négation pratique des principes posés ou étudiés, tout simplement parce qu'ils sont toujours ou presque soit négligés, soit abordés à la fin, comme accessoires . Comme si expliquer les figures d'une danse par la parole était équivalent à savoir danser .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cadre de l'enseignement et le contenu sont aussi parfaitement contradictoires, très souvent . Un enseignement de masse de Nietzsche comme « hédonisme solaire » compatible avec la société de consommation est une instrumentalisation de Nietzsche comme logo culturel,comme marque de distinction pour le dernier homme . Un cours magistral de Deleuze est la négation pratique de la théorie de la pluralité égale des expressions possibles non hiérarchisées de Deleuze, par exemple . Il n'est pas acceptable que les contradictions entre la forme de l'enseignement, y compris la vie même du maître, ne soient pas éclaircies explicitement dans le processus d'enseignement lui-même, sous peine de remettre en cause la sincérité même de l'enseignement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette nécessaire mise à l'épreuve de la parole par l'acte – qu'importe la puissance qui n'a pas la loyauté de passer à l'acte ? - est soigneusement esquivée dans le Système, puisque l'ensemble du Spectacle ne fonctionne que par la mise en scène de faux courages, par le spectacle des ego donné à eux même . Combien d'auteurs n'écrivent plus, combien de serviteurs font commerce et apologie de la résistance, combien d'idéologues complices font profession de dissidence salariée de grandes écoles, ou d'entreprises ? La mise en scène de la pensée dans l'univers anesthésié et placé en apesanteur idéologique du Système n'est vivable que par dans la fuite devant l'immédiateté de l'être ici et maintenant – de ce moment présent qui éternellement, est puissance d'être l'instant crucial . Cela a pour conséquence la plus lourde peine qui puisse advenir à une pensée : la pensée moderne privilégie la fiction, en particulier la fiction morale,et évite la vie - l'âpre saveur de la vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'art retourné à sa puissance originaire de puissance de monde, la loi en tant qu'évocation des obligations collectives est une voie de mise en réalité de la fin, la voie de réalisation de l'homme . Il s'ensuit à l'évidence que les voies de transformation ne peuvent être purement individuelles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est pas par simple commodités que la philosophie antique était organisée, au moins depuis les pythagoriciens, comme des communautés effectives . La philosophie antique, comme la prophétie, était en soi un projet pour la Cité humaine, et pour la vie proprement humaine qui s'y déroule . Plus précisément, seul le cynisme, en tant que philosophie des chiens, pouvait permettre la solitude . La généralisation moderne d'un cynisme implicite est le fruit de la dissolution de la Cité dans le marché libre et non faussé des hommes . Le cynisme et le mensonge sont les seules formes parfaitement fonctionnelles de pensée au présent cycle . Ils sont les formes effectives de pensée de l'oligarchie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais nous ne sommes pas cyniques : nous sommes des êtres humains, qui ne peuvent vivre que de pain et de jeux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par mes propos antérieurs je crois pouvoir expliquer et justifier cette formule : &lt;strong&gt;l'art nécessaire de l'âge moderne est une pratique, une pratique effective, et une pratique collective &lt;/strong&gt;. Son caractère anonyme est aussi parfaitement défendable . Je vais aborder maintenant une deuxième caractérisation : il est une transgression qui accomplit – et dans ce monde, il est la transgression du nihilisme qui en accomplit la sortie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un point de vue historique, un très grand nombre de pratiques effectives d'auteurs sont des sorties de l'idéologie du Système . Dans le monde anglo-saxon, la fondation d'ordres ésotériques, si répandue, est à l'évidence une réaction au morcellement et au « désenchantement » du Système . Que l'Hermetic Brotherhood of Luxor ou la Golden Dawn soient contemporaines de la domination idéologique du matérialisme darwiniste est normal, non au plan logique, comme s'en désolent naïvement les rationalistes, mais au plan de l'humanité, ou les excès se compensent à un moment ou à un autre, parfois, dans un monde déséquilibré, par un excès inverse . Il en est de même du Spiritisme français, magistralement décrit par Guénon dans &lt;em&gt;l'erreur spirite &lt;/em&gt;. Sans rentrer dans les détails des erreurs des spirites, il est essentiel de comprendre – par exemple dans l'optique du bon William James – que la rencontre vécue d'une vision de voyant, d'un esprit, ou d'un fantôme, au delà de tout doute raisonnable pour reprendre une formule anglo-saxonne, peut être une sortie décisive des catégories ontologiques du Système, la compréhension concrète que l'ontologie de la chose est une idéologie, une réduction de la richesse du verbe et du monde asservie à une domination effective .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le développement des écoles de sorcellerie, comme la magick, découlent des ces œuvres . Qu'ensuite dans la magick on veuille considérer que les esprits invoqués sont des créations de l'invocateur, et non des êtres séparés, afin d'éviter de penser une angéologie et paraître plus compatible avec le Système, en renforçant le mythe moderne de la toute puissance de l'ego, ce n'est pas nécessairement essentiel . Si l'ego peut évoquer des puissances qui se manifestent comme étrangères et accomplissent des œuvres que l'ego ne peut accomplir, il n'en reste pas moins que l'ego &lt;em&gt;n'est qu'une petite chose à la surface de nous-même &lt;/em&gt;– et que nous pouvons nous transformer, c'est à dire intégrer en nous des puissances supérieures et étrangères, accomplir une théurgie . L'homme est par essence un processus d'étrangement à lui-même . Il n' pas à souffrir d'être étranger, ou à la trouver l'étrangeté inquiétante, mais au contraire il devient à lui-même sa propre étrangeté par la force du désir qui s'écoule à travers lui .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'apparente exaltation du narcissisme de la Magick est pure apparence et ne résiste pas à l'analyse . Dit autrement, la magie du Chaos, ou celle d'Aleisteir Crowley, ou celle d'un chamane sibérien, peuvent être présentées comme détachées de toute croyance ou de toute théologie, au contraire par exemple de la magie d'Abramelin par laquelle Crowley a initié la sienne . Mais dans le domaine de la pratique effective, l'ordre du monde des puissances n'est pas changé . Les signes et les catégories qui rendent compte de l'expérience ne sont pas l'expérience – ce que Guénon montre essentiellement dans &lt;em&gt;l'erreur spirite&lt;/em&gt;, en précisant qu'il ne nie pas les phénomènes dans l'ensemble, mais leur interprétation par les spirites .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les courants spirites, magiques ou wiccans, si puissants dans les milieux littéraires ou artistiques depuis le XVIIIème siècle ne sont nécessairement des actes de résistance consciente à la montée en puissance du nihilisme – au contraire, par exemple, des pratiques de Victor Hugo, consciemment hostile au règne du matérialisme – mais ils le sont de fait . Il en est de même des courants plus mystiques et contemplatifs, liés ou non à la prise de stupéfiants, comme chez Henri Michaux ou Aldous Huxley . Il est possible d'y ajouter le puissant courant ufologique, qui offre l'avantage d'être au fond compatible avec l'idéologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutes ces pratiques, et ces enquêtes, sont des manières de remettre en cause l'extrême régularité des actes et des faits que produit le Système, le fait de pointer des états de l'homme, ou des étants qui ne peuvent entrer dans les jolies petites cases vides que le Système propose au monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ontologie du Système n'est pas une sphère de cristal lisse, sans prise, et impossible à percer . Elle est entourée de nuit et d'abîme, et la nuit et l'abîme se manifestent dans les interstices . Telle est la première transgression .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième transgression est celle de la formation et de la défense de liens incompatibles avec le Système . Pourquoi, alors que les fichiers se multiplient, les hommes sont-ils en masse les uns aux autres inconnus ou hostiles ? Sinon parce que savoir de l'autre et lien sont un, parce que chez l'homme connaitre quelqu'un est être lié à lui . Parce que le Système s'assure le monopole des liens, comme il s'assure le monopole de la violence légitime, face aux individus atomisés, séparés les uns des autres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour prendre un exemple frappant, la langue maternelle est traditionnellement un facteur d'union et de vie des communautés humaines . C'est pourquoi dans le Système, elle est à détruire, pourquoi tant de langues dites « régionales », ou « allogènes » ont été consciemment détruites, pourquoi les cadres du Système non anglophones sont incités à ne pas faire de sentiment avec leur langue et d'adopter cette langue neutre et fonctionnelle qu'est « l'anglais international » . Le mépris sensible porté aux arts de l'écriture, l'ignorance de la langue comme chair et comme poésie, participent de la direction fonctionnelle de neutralisation du langage comme puissance de lien . C'est pourquoi plus que jamais les poètes doivent se souvenir de leur langue, et faire les invocations aux mânes et aux dieux des communautés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas possible d'être seul sur une voie telle que celle du Hagakure, car une telle voie est une voie du serviteur du seigneur . Sans seigneur, tôt ou tard, celui qui aspire à la noblesse du vassal ne peut que désirer la mort . Mishima a désiré rétablir la seigneurerie de l'Empereur, puis s'est suicidé suivant le suicide rituel, et cela est inévitable dans cette voie . Il n'est pas possible de désirer la noblesse du vassal sans seigneur digne de ce nom, et de manière analogue, il n'est pas possible d'être fidèle d'amour sans Dame digne de ce nom, sans évidente princesse .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le monde moderne il n'est aucun seigneur digne de ce nom en principe, puisque que le lien pensé comme calcul économique à base individuel, modèle du lien posé comme symétrique et conditionnel dans le Système, est la négation du lien asymétrique et inconditionnel archétype lui-même du lien traditionnel . C'est pourtant seulement le caractère inconditionnel du lien qui permet la transgression de l'humanité qui accomplit, qui fait du lien une puissance de transformation . L'amour est une puissance de dépassement y compris pour la guerre – que ce soit homosexuel dans le bataillon sacré de Thèbes, ou hétérosexuel dans la courtoisie du Moyen Âge . Et la réalisation de l'homme est le dépassement de l'homme, car l'essence de l'homme n'est pas acte, mais puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lien inconditionnel seul permet le dépassement de la limite du don . Ce lien est essentiellement le lien au Dieu personnel dans l'adoration des amants de Dieu, adoration qui fait leurs délices, avant de devenir eux même Dieu comme ils le sont en puissance . Aimer est une reconnaissance, c'est à dire la reconnaissance dans l'être de ce qui, dans l'intime de l'âme, est en puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au contraire l'ego présent est fait de chaînes . Cet ego se met en scène envers lui même comme identité, et est assuré de son identité par le Système, qui a développé à un point jamais vu dans l'histoire les processus d'identification, c'est à dire d'asservissement à une reconnaissance définitivement fixée comme fonctionnelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aimer est une transgression des frontières de l'ego, ego fonctionnel et assuré comme sous-système du Système général . Aimer est ainsi explication de soi comme étant constitué d'implications, une connaissance de soi comparable à la gnose . Tu me donnes les délices les plus puissants de la vie, et tu transporte mon être vers des mondes qu'il n'avaient qu'en puissance – tu me fais amant par le cercle de tes bras m'appuyant contre tes seins, homme par la puissance de ton souffle et par ton plaisir, poète par la puissance de ton regard . Et ainsi ma gratitude est comme la mer, et ne peut recevoir de fin . Il n'est rien que je puisse refuser, et tout soin que je puisse apporter à ton corps, ou à ton âme, n'est jamais humiliation, mais immense plaisir de donner comme on a reçu des grâces – et ton plaisir est mon plaisir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le processus de fin'amor est un processus de constant débordement, une figure originaire du Graal comme corne d'abondance, transgression sacrale de l'ordre borné du monde, une voie de régénération cyclique accomplie dans la réalité nue .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme est quelque chose qui doit être dépassé . L'ego est quelque chose qui doit être dépassé . Les mécanismes de défense de l'ego sont des mécanismes de défense d'un sous-système fonctionnel, donc de fait sont des mécanismes qui participent de l'asservissement . Il ne s'agit pas de défendre l'angoisse et la psychose, mais de dire que l'angoisse est la brûlure originaire de toute révolte, comme la souffrance est la marque de la séparation d'Adam . La limitation psychique ou chimique de l'angoisse n'est pas seulement un confort individuel, mais la confortation de l'ego tel qu'il est, la réduction de sa puissance de transformation . De même, l'inflation de l'image de l'ego dans la psychologie du bloom est un mécanisme de défense, car se la jouer libre et tout puissant permet aussi de se la jouer heureux, même si une certaine misère de cette joie ne cesse de suinter le long des murs, comme la joie un peu forcée des pauvres dans un parc d'attraction, joie voilée et dévoilée dans la figure du clown triste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le traitement médical massif de l'angoisse est ainsi strictement parallèle aux renforcements du Système, et de ses rigidités . Plutôt que de prêcher la paix, nous prêchons la guerre intérieure, l'intensification des contradictions qui est comme le souffle de la forge des aciers nouveaux de l'âme, au crépuscule du Système . Les hommes fragiles peuvent en souffrir, mais on ne fait pas une telle charge de cavalerie avec des nuances, on la fait comme Nietzsche, avec un marteau – le marteau d'Hadès . Et si certains se font prendre par le martèlement des sabots, tant pis pour eux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La compréhension de l'articulation entre la structuration psychique individuelle du bloom et le contrôle psychique de masse au sein du Système néo-totalitaire me permet de finir ce texte, dédié aux voies de la transgression qui accomplit, par la puissance érotique de transgression .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fascination moderne pour l'érotisme mérite une attention toute particulière, d'autant qu'il est évident que le point de cristallisation le plus puissant de l'érotique est dans le Système la notion du consentement érotique . Il est très rare que l'on remette en cause le consentement de la caissière, alors que le consentement de la prostituée ne cesse de revenir en discussion, c'est à dire en formulation idéologique . Le salarié n'est pas plus consentant à son exploitation, le plus souvent, que la prostituée . Si le salarié gagnait sa vie sans travailler et n'avait pas la contrainte de la faim, il est peu probable qu'il remplirait bénévolement sa fonction de rouage de la production .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La contrainte du salariat s'appelle contrat de travail ; la contrainte de la prostituée esclavage et exploitation quelle que soit sa forme . Pourtant la logique libérale elle-même ne semble pas justifier une telle aversion, et de si sévères prohibitions, puisque dans un cadre de travail social la prostitution, ou travail des « assistants sexuels », pourrait par contre être autorisée, voire remboursée par les mutuelles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Virginie Despentes par expérience reconnaît un plaisir sexuel dans ses œuvres de prostitution, et Marcela Iacub fait remarquer que l'on use du terme de sidération pour expliquer que des êtres humains puissent, sans contrainte, accomplir une série d'actes finalisés aboutissant à des relations sexuelles qui seront considérées comme un viol . Il existe des femmes fascinées par la prostitution, parce que le cadre de la prostitution leur permet de se plier sans se diviser et se culpabiliser à tous les actes sexuels sur lesquels elles fantasment inlassablement . Ainsi, elle en viennent à penser que la prostitution leur permettra d'accomplir l'expérience sexuelle dont elles ressentent le besoin sans engager de clarification de leur désir ou de leur volonté . Elles pourront se plier au désirs d'hommes sans perdre leur estime d'elles-même dans le cadre du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a un risque de perdre son estime de soi dans le Système, en effet . L'angoisse du bloom devant la violence du désir n'est pas seulement la peur de la violence, mais peut être aussi l'angoisse puritaine de se découvrir jouissant d'être objet de désir, jouissant d'être un être sexué dépassé par son désir, et de ressentir une humiliation de sa certitude de liberté par la puissance du désir, car l'homme au mieux veut ce qu'il désire, mais ne désire pas ce qu'il veut . Si le pauvre désirait ce qu'il veut, serait-il humilié par le luxe des riches ? Et les riches aimeraient-ils le luxe s'il n'humiliait personne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette jouissance effective, irrépressible, peut lever les inhibitions un temps, et permettre un comportement incompréhensible à postériori à soi-même – telle cette femme fermant les yeux en souriant, ou cette femme timide, ivre, suçant publiquement un homme en riant à gorge déployée à chaque interruption - et la vérité du consentement peut être niée, transformée en sidération, et en folie passagère pour être intégrable à sa personnalité « normale » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcela Iacub note la possibilité indéfinie d'élargir cette notion de sidération, et la volonté de répression que l'on peut y introduire . Il importe de comprendre que d'avoir vécu l'irruption obscure d'un désir perçant les défenses de l'ego ne permet que très difficilement un retour à l'équilibre, au contrôle du désir . Dans &lt;em&gt;les bas-fonds de l'antiquité&lt;/em&gt;, Catherine Salles note ainsi l'expression intense du désir de certaines hétaïres, et leurs absences de limites, telle celle-ci offrant son corps à tous ses invités pour son anniversaire . Et il me paraît hors de doute que dans certains cas, cette déstabilisation est la part la plus puissante de certains traumatismes, survenant après un feu du désir . Le trauma résultant de la contradiction impossible à intégrer entre l'ego conscient et le comportement découvert, comme au spectacle de soi-même . Les structurations puritaines de la personnalité, typiques du « féminisme répressif » (Iacub) n'y résistent pas .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette angoisse du savoir de son désir se transforme en angoisse du « viol », angoisse qui ne peut se comprendre rationnellement, même si elle peut être très rationalisée, très présentée « sciences humaines » . Cette angoisse irrationnelle se montre par exemple avec des « statistiques » d'agression sexuelle complètement manipulées, comme le montre Marcela Iacub . Car il est des personnalités puritaines que tout désir agresse . Cette angoisse sociale est très comparable à la haine des sorcières nues chez les hommes membres du clergé pratiquant l'inquisition, et à leur obsession signalée de la luxure . J'ai été personnellement témoin de manifestations de haine puritaine de la femme de la part d'un homme très introverti et vertueux, en état d'ivresse, envers une jeune femme timide possédant tous les appas de son genre, et accusée sans aucune raison d'avoir une avidité sexuelle excessive . La peur de la puissance déstabilisante du désir se traduit souvent en haine ou en rage – en définitive, en projection de haine sur l'objet de son désir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'anthropologie du Système, on désire ce que l'on veut, et on veut ce que l'on désire . L'ego du bloom est un, et souverain, du moins le bloom veut le croire . Son ego n'est pas le nœud, le lieu de croisement et d'équilibre fragile de forces contradictoires qui peuvent le balayer en un instant – cette vérité est abîme à l'homme moderne . Selon cette idéologie de la volonté, il n'est pas possible de désirer de manière brûlante ce que l'on ne veut pas, ni de vouloir ce que l'on ne désire pas . Pourtant, il est banal de désirer ce que l'on ne veut pas désirer, d'être par exemple entrainé contre sa volonté vers l'homosexualité ; il se produit alors une transformation qui va faire de la division intérieure de celui qui se découvre en désir homosexuel une unification, et faire de lui « un homosexuel », par exemple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est banal de désirer de l'autre un désir violent, et une contrainte de son désir . Virginie Despentes note que beaucoup d'hommes modernes ne veulent pas savoir ce qui les excite, et souvent il s'agit de transgression du consentement, que ce soit par un lien ritualisé, ou par la transe, c'est à dire par des formes de possessions . Il faut une décision puissante de détachement, d'abandon, pour pouvoir se laisser prendre ainsi – et pour cette raison, Catherine Millet ne doit pas être trop sévèrement jugée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La transgression du consentement est la transgression de l'ego, et ainsi la mise en scène de l'asservissement de l'ego peut être une libération . Libération, transgression qui accomplit, que la pratique traditionnelle du lien, que le désir d'être lié et livré sans défense au désir d'autres hommes ou femmes . Gardner, dans &lt;em&gt;le livre des ombres&lt;/em&gt;, lie la wicca à la sorcellerie érotique liée ; et le sexe collectif des rencontres de pleine lune est aussi, de manière analogue, une levée des limites de l'ego . Ces considérations, je le crois, expliquent la présence souterraine mais permanente du complexe sadomasochiste tant dans l'érotique que dans l'esthétique modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelque part, cette voie de transgression ne peut être accomplie que par ceux qui décident, qui veulent pour le désir même contre leur volonté – qui préfèrent le débordement à la tenue . Mais celui qui possède cette puissance est par excellence un serpent noir, un être qui confronte les autres à leur propre désir, une liaison dangereuse – le frère de l'Ange Paon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est clair que ces quelques mots ne sont que peu de choses sur un sujet aussi large, sur lequel beaucoup est dévoilé, et sur lequel il reste tant à chanter . Mais moi, je m'arrête ici . Car il ne peut être dit trop de mots sur tous les sujets, afin qu'il reste des fleurs au voyageur, le long des chemins .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-2365169050482997207?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/2365169050482997207/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=2365169050482997207' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/2365169050482997207'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/2365169050482997207'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/02/art-et-expression-dans-lage-moderne-ii.html' title='Art et expression dans l&apos;âge moderne, II . L&apos;Ange paon .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-XUh8FQjPSi8/TzaGBGnglMI/AAAAAAAABZw/qp5VOyDO6FA/s72-c/425900_3008112478558_1134822800_33201405_325300529_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-4475213707746720406</id><published>2012-02-08T09:19:00.002-08:00</published><updated>2012-02-08T09:37:57.942-08:00</updated><title type='text'>Expression, art et expérience du monde .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-EMgUAusKh0Y/TzKyv7VJloI/AAAAAAAABZM/he6dq5M0aAk/s1600/Miroslav%2BTich%25C3%25BD..jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 308px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5706820214281836162" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-EMgUAusKh0Y/TzKyv7VJloI/AAAAAAAABZM/he6dq5M0aAk/s400/Miroslav%2BTich%25C3%25BD..jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Miroslav Tichý.)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme repose toujours en d'autres mains que les siennes . La plupart des hommes l'ignorent – mais celui qui aime lui, le sait . L'homme pense toujours par des structures qui le produisent comme sujet et qui se voilent, ou plutôt que le sujet voile pour s'auto-apparaître comme sans ombilic, comme originaire, comme libre et sans cause . Et pourtant toujours sa vie repose sur d'autres mains, voire sur des mouvements qui lui échappent . Toute la machinerie de son corps accumule lentement les erreurs, accumule comme la mer les galets sur la plage la rumeur de la mort . Il l'ignore, dans un monde qui ne cesse de masquer les solidarités et les dépendances, qui ne cesse de déposer les noms des frères dans l'anonymat – qu'importe qui me transporte, me donne à manger, me donne chaleur et lumière - mais il ne pourrait pas vivre un instant sans le travail des autres qui maintiennent la totalité de sa vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Système masque les dépendances entre les hommes, parce que les dépendances vitales ont toujours été les sources de liens . Je suis lié à mon père et à ma mère, je suis lié dans un clan à celui qui forge mon épée – homme dont je connais le nom, les ancêtres, qui me connaît et qui fait une arme qui porte elle aussi un nom . Je suis lié à mon chat parce qu'il chauffe mon coeur et ma couche . Le Système est une puissante machine à trancher les liens, à trancher la mémoire et la tradition . Il l'est par soif de pouvoir : les hommes de pouvoir dans le Système veulent le monopole de la dette, veulent le monopole du lien, non par justice ou réciprocité, mais pour que tous soient esclaves sans recours, sans solidarité ni entraide entre eux . Le Système veut que l'homme asservi soit loup pour l'autre homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans le Système, on prêche la non-violence, non par esprit de justice, mais parce que les hommes du Système ne peuvent garantir le monopole de la dette, le monopole du lien qui fait l'humain – l'endettement auprès d'un frère, la dette d'honneur, de souffle et de sang, la dette d'amour et de désir des amants – que par le monopole plus visible de la violence légitime . Le Système aime les gardes sur-armés et les citoyens désarmés, non-violents et pacifiques . Les hommes sans dette d'honneur, des hommes qui ne se rendent pas justice . « Ne vous rendez pas justice vous-même », tel est le langage de l'homme résigné, domestiqué .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme qui appelle à la fondation d'un clan en ce monde n'est pas nécessairement un homme assoiffé de puissance, un homme cruel . Un clan n'est pas une tyrannie . La forme la plus sacrée, la plus élitiste, la plus hiérarchique de toutes les formes d'une société humaine est celle des douze preux de la table ronde, pairs, c'est à dire égaux, libres absolument, si ce n'est de dettes d'honneur et d'amour entre eux, et celle qui a entendu ces paroles : &lt;em&gt;que celui qui veut être le plus grand soit le serviteur de tous&lt;/em&gt; . Arthur, croisant Lancelot et Guenièvre nus, endormis dans la forêts, ne commit pas de meurtre, mais fut pris d'une tristesse qui fit la tristesse de Lancelot . L'hommage rendu au roi n'est pas rendu au corps de l'homme qui est Roi, mais au Chakra-Vartin de l'Inde, à Mog Ruiz chez les Celtes : au serviteur de la Roue .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vérité, il n'est pas de plus haut titre que cela : le Serviteur de la Roue . Et la Roue est la table ronde, les cycles des temps et des saisons et leurs centres, c'est à dire l'alliance indissoluble des couleurs, des parfums et des musiques des mondes autour de la rotation, du tourbillon, de l'aspiration unique au plus Haut désir . La Table ronde dans son essence même de cercle cosmique est l'union des opposés vers le Haut désir . Elle est par essence le oui donné au don du monde, et le signe essentiel de reconnaissance de l'Ange rebelle, le signe de sa filiation et de sa dette . Elle n'est ni la réduction simpliste à la discipline démocratique, ni l'autorité despotique d'un homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Être serviteur de la Roue est savoir que les cercles n'auront jamais de fin, qu'aucun mortel ne peut espérer d'autre victoire qu'une bonne mort, et un souvenir dans les chants des bardes, auprès des feux d'hiver et des feux d'été . Le Roi est serviteur de la Roue, et le Barde est serviteur de la Roue, gardien du sang et du souffle des temps passés, qui sans lui disparaîtraient des pensées des mortels . Goethe écrit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Infini.&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Tu ne saurais finir, et c’est ce qui fait ta grandeur ; tu ne commences jamais, c’est ton sort. Ton chant tourne sur lui-même comme la voûte étoilée ; le commencement et la fin sont toujours même chose, et ce que le milieu amène est manifestement ce qui est encore à la fin et qui était au commencement.&lt;br /&gt;Tu es la vraie source poétique des plaisirs, et flot sur flot émanent de toi sans nombre ; une bouche toujours prête aux baisers, un chant cordial qui coule doucement, un gosier que la soif irrite sans cesse, un bon cœur qui s’épanche.&lt;br /&gt;Je consens que le monde entier s’abîme ! Hafiz, c’est avec toi, avec toi seul, que je veux rivaliser. Que plaisirs et peines nous soient communs, à nous, frères jumeaux ! Aimer et boire comme toi sera mon orgueil, sera ma vie.&lt;br /&gt;Et maintenant, animée de ta propre flamme, résonne ô chanson, car tu es plus ancienne, tu es plus nouvelle&lt;/em&gt; !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anciens vikings pensaient que toute guerre de l'homme était une fuite devant les crocs d'un loup, était perdue d'avance, et que la seule grandeur était de combattre en son temps, sans s'appuyer sur un espoir faux et menteur, l'espoir d'une fin, d'une lutte finale . Ce genre de discipline ascétique de la pensée est de règle dans les civilisations traditionnelles . Le mépris des normands pour l'espoir se retrouve tant chez Epictète, avec sa clarté sur les choses qui ne dépendent pas de nous, que dans le Hagakure : &lt;em&gt;la mort est l'essence du bushido &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté n'est pas donnée, et au cœur du plus dur esclavage, savoir que l'on combat est le baiser du vent que nul ne peut saisir, de cette liberté qu'aucune main ne peut contraindre, comme aucune main ne peut contraindre le cœur de la jeune femme ou l'écume de la mer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité du monde moderne est l'esclavage et l'illusion . L'homme de l'illusion se la joue libre à chaque pas titubant . L'homme est un producteur d'illusion, il est dans le monde moderne la forme individuelle du Spectacle . L'ego est complice du Spectacle, et non victime ; car ce que la propagande martèle, c'est ce que chacun veut croire . Croire être libre, croire prendre des décisions, est la règle des rouages du Système, même quand on est un chômeur inscrit au pôle emploi, même quand on est un bureaucrate en retraite après 40 ans au même poste, à crever dans une maison de retraite rurale parfaitement fonctionnelle à cet usage, avec petites marches, ascenseurs, insonorisation, personnels médicaux, télévisions en boucle indéfinie, portes doubles-battants aisées à bloquer pour les brancards et les chaises, chambre froide en sous-sol . Tout est écrit dans l'ordre même du sous-système, et pourtant les rouages veulent croire en leur liberté, veulent croire que celui qui rentre dans une maison de retraite a une autre perspective que le traitement administratif de son agonie puis de son corps, et l'ensemble des industries que ces fonctions standardisées représentent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et même par la loi, nul n'est libre d'y échapper . Nul ne peut être assuré de mourir tranquille, loin des standards de mort du Système, en soins palliatifs, où la douleur est théoriquement annihilée . Mais je souffre, je suis souffrance, et il faudrait me tuer l'âme pour me le faire oublier . De plus, nul ne peut choisir d'être enseveli en dehors des lieux réservés, ou si peu . Nul ne peut être brûlé sur un bûcher public, afin que les amis y dansent et s'y embrassent, et les bardes chantent . L'ordre du Système, insensiblement, a enseveli la vie humaine dans le silence d'une chute de neige, d'une glaciation anesthésiée . La liberté qui n'est pas un combat, une souffrance, est illusoire en cet âge . La savoir qui libère est connaissance des liens invisibles qui se multiplient ; il est aussi creusement de l'angoisse d'enfermement . L'homme fuit la douleur ; et l'Ecclésiaste énonce, fatal : &lt;em&gt;qui augmente le savoir augmente la douleur &lt;/em&gt;. C'était vrai alors, et c'est plus que jamais la vérité nue .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant il est bon d'augmenter le savoir, car il est bon d'augmenter la douleur . Le Hagakure dit : &lt;em&gt;il n'est rien de l'ordre du mal à ce qui peut être enduré &lt;/em&gt;. La douleur de la compréhension du monde est la source la plus puissante et la plus profonde la révolte . &lt;em&gt;Cela fait tant de mal d'abord, et cela fait ensuite tant de bien ! Dans la respiration il y a deux grâces, aspirer l’air et s’en délivrer ; l’un oppresse, l’autre soulage : telle est la vie et son merveilleux mélange . Remercie Dieu quand il te presse dans les serres de l'angoisse, et remercie-le quand il te délivre &lt;/em&gt;. Il te délivre des mensonges du monde, des ondes de la faveur du siècle . Car c'est du temps perdu que celui qui n'est pas passé à t'embrasser, à parcourir tes paysages .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est meilleur d'être le pauvre Roméo, en grand péril de mort, dans les bras de Juliette, que le plus puissant des Capulet, enfermé dans la solitude et l'or . Car le lien des amants est comme le lien de l'homme sacrifiant et du dieu morcelé, un lien du donner et du recevoir, de recevoir grâce sur grâce . L'amant et l'aimée peuvent se donner inépuisablement des mondes, par l'ouverture de leurs mains . Il est heureux celui qui pourrait mourir pour quelqu'un, c'est aussi la voie la plus claire du vassal . Il n'est pas plus haute grandeur pour le mortel que de donner et recevoir la vie, recevoir la vie que donnent tes yeux noirs et ton souffle embué de rosées éternelles, et donner ma vie au culte que je veux te rendre au plus profond de mon cœur, malgré toute la dispersion des mondes et des désirs . Goethe écrit à ce sujet :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Bienheureuse ardeur . &lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ne le dites qu’aux sages, parce que le vulgaire est disposé à la moquerie : je veux chanter le vivant qui cherche la mort dans la flamme.&lt;br /&gt;Dans la fraîcheur des nuits d’amour, où tu reçus la vie, où tu la donnas, une étrange impression te saisit, à la clarté du flambeau tranquille.&lt;br /&gt;Tu ne restes plus enfermé dans l’ombre, et un nouveau désir t’entraîne vers un plus haut hyménée.&lt;br /&gt;Nulle distance ne t’arrête, tu viens, tu voles, enchanté ; enfin, amoureux de la lumière, papillon, tu es consumé.&lt;br /&gt;Et tant que tu n’as pas obtenu de mourir pour renaître, tu n’es qu’un hôte obscur de la terre ténébreuse&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces paroles sont à ruminer, comme la mer rumine au pied des falaises sur les siècles des hommes . Mourir à l'illusion moderne est une bonne mort . Certains royaumes de ce monde de mort ne sont visibles qu'à celui qui est déjà mort, et qui habite le monde comme un spectre . Hamlet en est une figure, mort au spectacle de la bonté des hommes par la découverte du meurtre de son père . &lt;em&gt;Les viandes du repas d'obsèques ont été servies froides au banquet du mariage&lt;/em&gt;...Hamlet a vu le miroir du Spectacle des convenances se briser devant ses yeux, et ainsi il sait : il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark...comme il y a quelque chose de pourri au Royaume de la Démocratie, de la Science et du Progrès . Il y a dans ce monde de Liberté une odeur de rance, une odeur de vieux, étouffante – une odeur douceâtre de cadavre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Être ou ne pas être...C'est d'endurer le mal qui ouvre à Hamlet le chemin de la métaphysique et lui rend les morts visibles . Le narcissisme est à l'être ce que l'aveuglement est au visible, il rend inapte à effleurer l'être infime, pour ne pas dire à aller résolument au fond de l'inconnu . Une telle voie est une voie du désespoir, mais ce désespoir n'est pas une tristesse ou une mélancolie, il est juste l'abandon des illusions du Spectacle issu du monde des hommes . Ce dés-espoir est l'ouverture de la source de puissance de l'être au fond de l'homme, une source qui frappe comme la foudre . Ce dés-espoir est le tigre que l'homme noble doit chevaucher .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'expérience existentielle de l'homme moderne né pour les plus hautes puissances de félicité, et réduit à la fonction d'un monde à la fois écrasant et vide, c'est l'expérience du bloom . Le bloom est l'homme a l'ego spectaculaire, qui vit le vide du monde moderne comme s'il était plein, et comme si le Spectacle était une métaphysique . Il est le monde du &lt;em&gt;comme si&lt;/em&gt;, du &lt;em&gt;ou bien ou bien &lt;/em&gt;unidimensionnel comme figure de la liberté, il est l'apparence de vie heureuse d'un monde de mort . L'expérience du bloom est l'expérience d'Hamlet, celle de la rupture du miroir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pantin qui a regardé derrière le miroir une fois ne peut plus jouer le jeu sans le souvenir de l'abîme, sans le creusement de l'angoisse . Le fond du désespoir est le fond de l'inconnu, où se trouve les puissances des mondes nouveaux, l'or des printemps . Nous parlons d'être, non de mythe ou de rêve . Toute évocation, toute parole n'est pas une pure question de mots . Le signifiant est le lien entre la voix et l'être, et ainsi la loi devient l'ordre du monde, ou la parole du sage la voie de la réalisation . La poésie est la métaphysique en érection, et la métaphysique et la révolution sont un, sont la négation de la négation, la négation du nihilisme . Si seul un dieu peut encore nous sauver, nous devons périr, ou être des dieux . Le dieu parle, et le signifiant ordonnant la vie est précisément l'art .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il peut y avoir aujourd'hui l'avènement d'une esthétique, c'est la recherche de l'expression de ce dicible de l'indicible du Système . Il va falloir trancher entre deux orientations de l'art, une qui est une intensification du Spectacle, et une qui s'en détache et brûle ce qu'il a adoré . Ainsi Hamlet fait jouer une pièce pour faire affleurer la connaissance du crime, et ainsi l'art peut manifester le crime général, impersonnel, qu'est le Système . Shakespeare use du théâtre comme d'un dévoilement, et les voiles de l'art peuvent devenir les voiles noires qui annonceront la mort du Système, mort qui de toutes façons aura lieu, avec ou sans les hommes . Le destin de l'art moderne est d'annoncer la mort du Léviathan, et de désigner les expériences qui peuvent nous mener au delà du miroir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'évènement palpable et perpétuel de l'inconnu, cette vie de funambule qui décrit la quête est hyper-concrète en pratique, qu'elle soit théurgie, baisers, folie, sorcellerie, goétie, donjuanisme, fornication, mystique, poésie et j'en passe. Ce n'est pas le contenu qui compte, mais sa puissance à atteindre la transgression qui accomplit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dit Nietzsche : frères, nous avons l'arc – la corde – la flèche – et peut être : le but .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-4475213707746720406?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/4475213707746720406/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=4475213707746720406' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4475213707746720406'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4475213707746720406'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/02/expression-art-et-experience-du-monde.html' title='Expression, art et expérience du monde .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-EMgUAusKh0Y/TzKyv7VJloI/AAAAAAAABZM/he6dq5M0aAk/s72-c/Miroslav%2BTich%25C3%25BD..jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-1363462200942641548</id><published>2012-02-04T06:14:00.009-08:00</published><updated>2012-02-04T07:38:01.747-08:00</updated><title type='text'>Pont oriental – occidental, comme cercle de l'origine et de la fin . Collage sémantique, à Hafez .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-QJqHK-gB7YA/Ty0-MGstgTI/AAAAAAAABZA/5GeIHLFklLo/s1600/408939_3129556921944_1355342127_3331423_625118296_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 327px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5705284680625783090" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-QJqHK-gB7YA/Ty0-MGstgTI/AAAAAAAABZA/5GeIHLFklLo/s400/408939_3129556921944_1355342127_3331423_625118296_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(FB boobs)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ces textes ne sont pas revendiqués par un nom ou un prénom ; sont tissage de fils au gré de la Lune. La parole des sages produit de l'Être. Puissent-ils, en un collage, et orientés vers la seule unité qui vaille, être une gifle aux impuissants qui prétendent à une rente au nom du « droit d'auteur », auteurs qu'ils piétinent et aspirent comme des vampires&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;À Hafiz . A Goethe . A Guillaume d'Aquitaine . A Shakespeare . A Bulatovic . A toi &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que veulent tous les hommes, tu le sais et tu l’as bien compris, car, de la poussière jusqu’au trône, le désir nous tient tous dans sa rigoureuse chaîne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes croient vouloir ce qu'ils veulent, mais le sage sait que le désir veut, et non l'homme qui se rêve fondateur .&lt;br /&gt;L'homme est poussière, et son ego est poussière de poussières .&lt;br /&gt;Le sage contemple la vacuité comme une mer au soleil du grand midi .&lt;br /&gt;Un autre sage, ô rose des délices, désire le désir, et ne veut ce que veut le désir .&lt;br /&gt;Il veut le désir, même quand le désir est vin de tristesse et de mort, car ce vin de tristesse est comme le soleil qui fit brunir la Sulamite .&lt;br /&gt;C'est là ta sagesse, ô Hafez ! Elle t'a choisie . Quel mortel peut prétendre la partager ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela fait tant de mal, tant de bien ensuite ! Et le bien ne saurait être mesuré au mal .&lt;br /&gt;L'homme n'a pas plus de pouvoir sur lui-même que sur les faces mouvantes de la lune dans la brume des tempêtes d'hiver . Il naît tel, vidé de sève, de sang et de souffle, déjà mort, ou avide de vent comme le loup, être de tempête, de la race des bardes et des sages . Empédocle mit son cœur dans la haine insensée . Qui pourrait s’en défendre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie doit-elle être sacrifiée à la crainte du mal ? Le feu peut-il vivre de craindre la cendre ? C'est là le vœu secret des âmes pas assez hardies, ou de ces ailes puissantes, luisantes d'étoiles, que le feu terrestre ne dévore pas d'une douloureuse jouissance . Que l’un s’y rompe le col, l’autre persiste hardiment . Telle est la race des hommes, telle est la race des saints, telle est la race des poètes, ô Hafez .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître, pardonne-moi ! La sainteté ne m'a pas choisie, mais le sang qui s'écoule vers la terre . Tu sais que souvent je m'aventure, quand elle entraîne les regards après elle, marchant près du Cyprès .&lt;br /&gt;Son pied rase la terre comme des racines menues, et caresse le sol sans s'y fixer ; son pied est frère des refuges des déserts .&lt;br /&gt;Ô nulle part sur terre je ne pourrais trouver la paix, si mes pas ne se placent dans les signes de tes pas .&lt;br /&gt;Aujourd'hui je suis triste jusqu'à la mort, car je regarde les étoiles sans toi . C'est cette tristesse éblouissante qui est la face cachée du Soleil, ô Hafez !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maître, pardonne-moi ! La sainteté ne m'a pas choisie, mais le sang qui s'écoule vers la terre . Pourtant je suis fils de la Terre et du Ciel étoilé, et je meurs de soif et je défaille au souvenir de tes baisers .&lt;br /&gt;Qu'importe d'avoir un ciel que l'Ange et le Dragon ne parcourent pas, comme les mains brûlantes parcourent la peau caramélisée .&lt;br /&gt;Qu'importe d'avoir une terre, si ton souffle n'y est pas la brise parfumée s'écoulant des montagnes de l'horizon sur nos corps emmêlés !&lt;br /&gt;Qu'importe la Splendeur visible, si le soleil intérieur ne me fait pas fermer les yeux .&lt;br /&gt;C'est ce que tu enseignes, ô Hafez .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son salut nous effleure comme un léger nuage, son haleine, comme une caresse de la brise orientale.&lt;br /&gt;Nous sommes pressés d’une vague de brume et de désir, lorsque, anneau par anneau, sa brune chevelure déploie sa richesse et qu’elle enfle ses ondes et frémit au souffle du vent .&lt;br /&gt;Elle est l'aile du corbeau de l'Orient, le reflet de l'Ange paon . Elle est celle qui veille au delà de la mer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis le front blanc brillant, et ses épaules frémissantes comme le saumon sautant les chutes se découvrent, pour enlever toute aspérité de ton cœur ; elle dit les mots, et une chanson joyeuse, sans naissance, arrive à ton oreille pour bercer ton esprit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et qu’ensuite la rose de ses lèvres s’anime avec une grâce infinie, elle te laisse libre aussitôt de te mettre dans les chaînes des délices .&lt;br /&gt;La peau qui enserre le corps se renverse en élytres de plumes indéfinies,&lt;br /&gt;Le souffle est suspendu, l’âme vers l’âme s’envole ; des parfums circulent à travers la volupté, et passent, invisibles nuages .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, quand l’ardeur est au comble, ta main saisit la coupe, le vert échanson accourt, le vert échanson vient et verse et verse encore .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son œil étincelle, son cœur palpite, il espère sentir la voix des leçons de feu issues des laves et du souffre des volcans ;&lt;br /&gt;Il espère, quand le vin coulera, comme une pluie de printemps, et exaltera ton génie hors des bornes des hommes,&lt;br /&gt;Entendre encore les plus sublimes pensées, comme s'épanouit la rose du sexe sous l'afflux du sang, ou encore comme un écho du souffle originaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À lui homme par la pensée s’ouvre l’espace des mondes ; dans le cœur, ordre et salut ; la poitrine se gonfle, le duvet brunit : il est devenu un jeune homme .&lt;br /&gt;Le vert échanson est éternellement jeune, poisson dans l'eau vive de la fontaine, au confluent des deux mers .&lt;br /&gt;Il est devenu homme, c'est à dire plus qu'homme, une force qui va comme la rivière s'écoule .&lt;br /&gt;Tel est le fruit de la fleur des paroles, éternellement dite comme la rumeur des eaux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rivière s'écoule...Les seules fleurs que j'aime à humer sont celles tressées dans tes cheveux .&lt;br /&gt;Tes paysages, images des paroles des sages, sont les seuls fruits dont la sève sucrée doit couler dans ma gorge . Je n'ai pas voulu la guerre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réclame le vin, répands les fleurs, qu'attends tu du siècle ? C'est ce qu'à l'aube dit la rose . La rose est le miroir du Témoin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hiératique, Il est le témoin de la Splendeur ; et la beauté est son témoin . Ainsi tu ne rends pas témoignage à toi-même, comme la flamme du Sacrifice est le témoignage du Soleil Invaincu . Ainsi ce qui est en bas est comme ce qui est en haut . Ainsi se noue la boucle du Serpent dans les racines de ton cou parfumé . Ainsi l'intensité du feu de tes bras est celle de la déesse du soleil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand tu n’ignores plus aucun des mystères que le cœur et les mondes renferment, gracieux et fidèle, tu fais un appel au sage, pour qu’il en explique le sens . Que votre lien soit la chaîne d'Or de l'être . Le sage est comme le sabre, il est le tranchant infime des illusions et le miroir pour ta lumière . Expliquer est dérouler l'implication éternelle de ta propre vie, n'est rien d'autre qu'une des manières infinies de prononcer son Nom qui est le tien depuis l'origine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour que la protection du trône nous soit maintenue, et que le jardin nous reste ouvert comme aux vents de la rose - tu adresses au schah, tu adresses au vizir, une bonne parole . Gracieux et fidèle vassal !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais nul Roi ne réponds, nul roi …nous sommes au crépuscule, et le roi se meurt...pleurez, pleurez, fleur de chevalerie ! Le nord et l’ouest et le sud volent en éclats, les trônes se brisent, les royaumes tremblent : sauve-toi, va dans le pur Orient respirer l’air des patriarches ; au milieu des amours, des festins et des chants, la source de Chiser te rajeunira . Mais la source est tarie, ô Hafez ! Je n'ai pas voulu la guerre – je ne suis né que pour la gracieuse rose de tes lèvres...&lt;br /&gt;Toute la joie du monde aux pieds de la Dame si nous aimons (…)&lt;br /&gt;Que Dieu me laisse vivre tant que j'ai les mains sous son manteau...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À Dieu est l’orient ! À Dieu est l’occident ! Les pays du nord et du midi reposent dans la paix de ses mains.&lt;br /&gt;Lui, le seul juste, il veut pour chacun la Justice. Que, d’entre ses cent noms, celui-ci soit hautement loué !&lt;br /&gt;L’erreur veut m’égarer, mais tu sais m’en dégager . Quand le monde s'effondre, que j’agisse, que je médite, trace-moi le droit chemin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les maux de la terre ne résultent pas d'une injuste répartition des biens, des produits, comme l'affirme Marx, dont vous me prêtez les idées, mais d'une injuste répartition de l'amour...La poétisation ! La restauration des des significations primitives, la réalisation des mythes interdits, la rationalisation des mondes parallèles !&lt;br /&gt;- (…) Combien cela coûtera-t-il?&lt;br /&gt;Tout ne se mesure pas en marks...(...) je refuse d'admettre que c'est le travail, et lui seul, qui a fait l'homme . Car alors où sont les principes? Où est la justice? Il y a toujours un roi, vivant ou mort, peu importe . L'important, c'est qu'il y ait un roi quelque part . Sans roi, il n'y a ni royaume ni philosophie . Ni poésie . Ni hiérarchie !&lt;br /&gt;-Alors, qui est le Roi ?&lt;br /&gt;-L'homme (...) dont la tristesse est immense . (…) Le roi est un être véritable, un état d'âme, le seul être, qui a notre époque, s'exprime par une métaphore . Le roi est la dialectique !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ô Hafez, gracieux et fidèle vassal de l'amour, comment être vassal sans ce Roi triste...C'est la tristesse de la mort dans le cœur du Vassal qui garde le nid du grand Roi à venir, comme la tristesse dans le cœur de l'amant garde la puissance de l'amour, des milliers de cercles célestes après la vision de Bethsabée par David . C'est le désespoir qui devient ma sauvegarde et le bouclier de ma foi . C'est le vide et l'atrocité qui rendent témoignage à la lumière, c'est Lucifer levant sa lance pour son père à la fin des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai pas voulu la guerre, la rage, la raison, la dialectique . Mais je mourrais de te perdre, ô toi qui marche près du Cyprès, je mourrais de te perdre, ô Toi souffle et feu des mondes qui brûle mes tripes à travers moi...Comment vivre dans les cercles de fer de ce monde de mort ? Mais qu'importe un ciel que l'ange et le Dragon ne parcourent pas ! Je n'ai pas voulu la guerre, mais le marteau doit s'abattre sur les fers de ce monde, la rage doit parler, je ne sais être autrement . Quand le monde s'effondre, que j’agisse, que je médite, trace-moi le droit chemin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais quelle heure je suis né&lt;br /&gt;Je ne suis ni joyeux ni triste&lt;br /&gt;Je ne suis ni sauvage ni familier&lt;br /&gt;Et je ne sais être autrement&lt;br /&gt;Je fut doué la nuit par une fée&lt;br /&gt;sur un mont haut&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gracieux vassal, amant de la rose ! Ces choses, tu les sais et les chantes aujourd’hui, et demain tu les chanteras encore. C’est ainsi que tu nous mènes, aimable guide, à travers les amertumes et les douceurs de la vie, au crépuscule des mondes, comme jadis tu aspirais la rose par le souffle de ton cœur, à l'Aube des jardins .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-d8KRa-FzaX0/Ty09umgPjsI/AAAAAAAABY0/qstHzezU2EU/s1600/33%252BJean-Fran%25C3%25A7ois%252BLecourt.JPG"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 390px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5705284173767347906" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-d8KRa-FzaX0/Ty09umgPjsI/AAAAAAAABY0/qstHzezU2EU/s400/33%252BJean-Fran%25C3%25A7ois%252BLecourt.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Autoportrait de moi-même par un autre, Jean François Lecourt)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-1363462200942641548?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/1363462200942641548/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=1363462200942641548' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1363462200942641548'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1363462200942641548'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/02/pont-oriental-occidental-comme-cercle.html' title='Pont oriental – occidental, comme cercle de l&apos;origine et de la fin . Collage sémantique, à Hafez .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-QJqHK-gB7YA/Ty0-MGstgTI/AAAAAAAABZA/5GeIHLFklLo/s72-c/408939_3129556921944_1355342127_3331423_625118296_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-4167525584059025188</id><published>2012-02-02T03:50:00.001-08:00</published><updated>2012-02-02T03:52:03.593-08:00</updated><title type='text'>Lucifer, la transgression qui accomplit .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s1600/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702644843830937826" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s400/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Nicolas Samori : http://www.nicolasamori.com/)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que peut-on dire des exigences de la liberté de base de la liberté humaine ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est dit traditionnellement que les exigences de la liberté humaine sont posées par la justice . Cette question – comment poser, écrire les exigences fondamentales de la liberté, de la justice - ne peut avoir sans doute de réponse univoque . Elle est pourtant les racines de l'arbre de la vie libre que souhaitent les révoltés de ce temps . En effet, un mouvement, aussi décousu soit-il, ne peut exister sans de courts textes fédérateurs qui posent des bases, des fondements de leurs actions : Que ce texte soit les béatitudes, la &lt;em&gt;Déclaration des Droits&lt;/em&gt;, la &lt;em&gt;Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen&lt;/em&gt;, le &lt;em&gt;Manifeste du Parti Communiste&lt;/em&gt;, le programme du C.N.R, et j'en passe . Toujours, il s'agit de poser des limites au processus de pouvoir des puissants, en montrant à tous que ce processus menace des domaines vitaux des êtres humains qui, en définitive, se défendent d'un arraisonnement inacceptable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est juste, la justice, n'est pas le lieu de débats et de théories, mais d'une évidence partagée dans la revendication collective de justice . La chanson, la poésie populaire, qui peuvent être chantées sur les rues, sur les marchés, les chantiers, dans les champs, véhiculent plus de justice que toutes les théories de la Justice qui apparaissent souvent dans les périodes de troubles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que des hommes jouent plus d'argent que n'en peut gagner un homme qui passe dans la rue voisine, et dont l'enfant malade ne peut avoir de traitement, ce n'est pas bon . Qu'un homme mette tout l'argent de sa vie et de toutes ces journées de travail dans un logement laid et exigu pendant des dizaines d'années, et qu'il finisse par en être expulsé à vil prix pour faire un immeuble pour riches, ou parce qu'il est saisi, ce n'est pas bon . Qu'un homme narcissique et immature, incapable de la moindre empathie, soit cadre dirigeant protégé de son incompétence notoire par son origine sociale et ses diplômes, ce n'est pas bon . Qu'un capitaine de navire abandonne son bateau, et laisse mourir des passagers sans aide, ce n'est pas bon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Ecclésiaste dit :&lt;em&gt; « parmi les mauvaises choses que j'aie vu sous le soleil... »&lt;/em&gt;. Pascal dans ses pensées ne dit pas autre chose, quand il montre que l'homme passe beaucoup de temps à justifier beaucoup d'injustices, quand ce qui est juste, comme l'égalité des biens, est au fond connu de tous . Qu'un collectif d'êtres humains se révoltent et attestent de cette injustice manifeste à tout homme dans son cœur, cela suffit à la faire exister, et bien plus que toute théorie de la Justice . Dit autrement, la protestation de la Rose Blanche fut plus puissante contre les injustices du IIIème Reich que la lecture des œuvres morales de Kant . Ou encore, la vie même des troubadours et des parfaits Cathares était un dévoilement de l'injustice trônant sur le siège de Rome plus puissant, et donc plus dangereux, que n'importe quel traité de théologie ou de politique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut vivre selon l'ordre de la révolte avec l'exigence la plus haute . Il n'est de plus haut Gai Savoir que la vie du fidèle d'amour, ni de révolte qui puisse ne vivre que d'indignation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une tyrannie, l'oppression, l'injustice sont une règle quotidienne, une normalité qui se déroule sans heurts, sans rien qui ne puisse plus choquer une population désabusée . Souvent les actes les plus violents sont dissimulés, dissimulés par la nuit et le petit matin pour les arrestations en URSS, ou par la nuit et le brouillard . Nos prisons et nos centres de rétentions sont écartés des lieux publics, et les arrestations d'enfants de clandestins devant les écoles n'est pas recommandé par les autorités . Le spectacle qui provoque une forte émotion est une force pour toutes les révoltes, même chez les partisans du Système . Ainsi le spectacle de la violence des arrestations fit intervenir la femme de Baldur Von Schirach, chef des jeunesses hitlériennes et gauleiter de Vienne, auprès de Hitler . Par ailleurs, globalement, le spectacle de la régularité consentie, d'ailleurs résignée, visible dans toutes les grandes villes des « pays développés » est le signe de puissances de coercition, occultes, mais à l'oeuvre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Système est fait de règles et de cycles qui se veulent au fond immuables et sans surprises . Les discours fonctionnels au Système correspondent à ces exigences . De manière analogue, une idéologie, une théorie se posent en paroles, dans une langue . La langue est un média de communication socialement généralisé, en gros la forme dont le monde des individus est matière . La pensée logique, ou la grammaire, sont des systèmes de sélection, de réduction de l'incertitude ou des possibles . Quand une phrase, un raisonnement sont initiés, leur suite est déterminée dans des cadres de plus en plus étroits, par la grammaire comme par la sémantique . Au delà des déterminations « purement linguistiques » si tant est que cette pureté soit réelle, s'ajoutent les déterminations plus étroites de la conformité idéologique . Ainsi fonctionne fonctionnellement l'idéologie racine, comme une matrice de répétition infinie de propositions fonctionnelles, sans surprises, qui ordonnent fonctionnellement l'interprétation du monde par les hommes dans le Système . Quand on entend ce qu'on entend, c'est normal que l'on pense ce que l'on pense .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias eux-même sont ordonnés sur cette forme cyclique . Ainsi la radio, la télévision ne cessent de se répéter indéfiniment . Le journal quotidien, disait Marx, est la messe de l'homme moderne . Le journal moule, forme « l'actualité » sur sa structure de classification, soit par échelle spatiale, d'ici à plus loin, soit par « thèmes », informés par l'idéologie dans leur principes mêmes, comme par exemple la séparation complètement artificielle entre « politique intérieure », « économie », et « social », et encore « culture », séparation qui empêche fonctionnellement d'avoir une vue globale de la société comme sous-système local de domination et de répartition des richesses, dispositif dont font partie tant les impôts que le P.I.B, la bourse que les syndicats, les élections, et j'en passe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour être précis, le travail de digestion des médias consiste à déstructurer les éléments du Système global en « évènements », à hiérarchiser et classer ces évènements selon la structure du grand récit de l'idéologie – par exemple : le récit du déficit de l'État comme « vie à crédit » sur le modèle d'un particulier doté d'une carte de crédit – et enfin à répéter indéfiniment ce récit pour en faire une grille partagée d'intelligibilité du monde . Il n'est absolument pas besoin d'inventer de faux évènements, il suffit d'ordonnancer des fragments isolés selon la grille d'intelligibilité de l'idéologie – Debord disait : &lt;em&gt;le vrai est un moment du faux général &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les images qui se multiplient indéfiniment dans le Spectacle sont des « photos d'illustration », elles ne sont rien de plus que les illustrations de la matrice du récit ou de l'idéologie . Quand on voit une photo d'hommes armés en tenue léopard à côté d'un pick-up, et que la légende indique « déserteurs de l'armée syrienne à Homs » vous savez que vous pouvez aussi bien voir des hommes de l'armée syrienne, des hommes vu en Lybie, et que cela n'a d'autre importance que de vous convaincre que la version que l'on vous sert de « l'insurrection syrienne » est la bonne, puisque c'est vu, «vu à la télé », hein, c'est tout vu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les médias fonctionnels sont une immense répétition cyclique, où « l'actualité »résulte du démembrement de tout ce qui permettrait d'avoir une vision globale et lucide de l'exploitation, pour le restructurer comme image du discours qui se veut « éternel » de l'idéologie racine . Par exemple, le discours progressiste se veut par essence au dessus des transformations affectées par le progrès, à moins de pouvoir penser son remplacement par un discours réactionnaire comme un « progrès », ce dont je doute . Le discours de la mode, ou la figure du créateur de mode se veulent à l'abri du temps, icônes immuables de la transformation générale, comme Karl Lagerfeld .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce fait, nous ne parlons pas, et aussi ne pensons pas les sauts, aléatoires ou non, les sorties de l'idéologie racine, avec aisance . Bien au contraire, ces sauts, ces sorties, apparaissent au plus grand nombre des jeux de l'esprit sans réalité, ou encore d'une complexité incompréhensible, comme une langue étrangère ; ou encore, quand les heureux "citoyens libres" commencent à comprendre, des facteurs d'angoisse, puisque le monde ordonnancé du Système est comme tous les mondes ordonnancés qui vous placent au centre du monde de l'intelligibilité et en mesure du monde : il est un puissant renfort du narcissisme et de l'ego les plus vils . Adhérer au Spectacle est en soi stupide, mais vous place illusoirement en être supérieur . Par cet asservissement consenti et dénié, vous voilà en puissance de juger tous les étrangers, musulmans, religieux, dissidents, militants d'ultra-gauche, « fascistes », comme des imbéciles, des malades ou des criminels ne méritant que caricature, ou justifiant l'usage de n'importe quelle violence, même illégale . Le narcissisme de l'idiot est le plus sûr garant de son asservissement à la &lt;em&gt;weltanschuung&lt;/em&gt; du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe des théorie des catastrophes et des théorie du chaos, mais cela n'est pas du domaine de l'exercice quotidien de la pensée – elles sont des sciences de l'exception, de la singularité . Dans le quotidien, le langage, comme le lever du soleil et le coucher du soleil, les lieux, le travail, les heures sont comme le cadran de la montre, un sempiternel retour . Et dans une tyrannie, la revendication ou la pratique de la liberté est un état d'exception fondé sur une cause, une cause fondée sur rien de tangible dans le monde de la tyrannie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Stirner dit justement : &lt;em&gt;j'ai fondé ma cause sur rien &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est rare d'entendre une parole puissamment nouvelle en tous lieux, et plus encore en temps de tyrannie . La vérité du monde, et celle du monde moderne tout particulièrement, monde qui atteint une telle complexité qu'il exige un fonctionnement ordonné, est la répétition massive des cycles . Le chaos n'est pas la vérité du monde . Dans les systèmes humains, tout change pour que tout reste pareil . Les changements sont des adaptations ou des réparations .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela reste vrai dans le Système – nombre de penseurs, comme Marx, restent actuels dans la vision globale et les problématiques de la pensée du Capital . Le XIXème siècle a eu ses guerres coloniales et ses guerres de libération, dominées par les intérêts du Capital ; et nous avons nos guerres coloniales, dominées par les intérêts du Capital . Les guerres d'Orient sont des guerres coloniales, avec de légères variantes dans l'idéologie qui les légitime . Les manuels de guerre coloniale peuvent changer, mais ceux du XXème siècle restent en usage au XXIème . Toutes les générations qui ont cru, depuis 1789, établir une vie différente de leurs parents, ont reconduit finalement les structures familiales, et les rapports de production d'avant, avec ou sans e-phone . La faute de notre monde est de se vouloir un ordre capable de générer et de se nourrir de la différence, et donc capable d'absorber toute différence sans changer fondamentalement, sans se changer soi-même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pensée moderne est une pensée de neutralisation des différences, parce que le Système est globalement organisé pour neutraliser les différences, pour que tout change pour que tout reste pareil – ce qui est le résultat de toute ère de sécurité, d'ère où la sécurité devient une valeur de premier plan, comme la nôtre . Par principe, la liberté authentique est incertitude, aléa, donc risque aux yeux du Système . Faire du « surgissement de la différence »une règle de notre monde, c'est nier la réalité, qui est la rareté, l'extrême rareté de surgissement d'une différence significative, la rareté magique et violente de l'apparition de ce qui va changer l'ensemble de ce monde . Changer l'ordre du monde est une épreuve de force, un déchirement, une souffrance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une souffrance, parce que ce qui en général détermine un changement de grande amplitude chez un être humain, ce n'est pas simplement le désir ou la joie de changer, mais l'impossibilité où il se trouve de ne pas changer – le fait d'atteindre comme un fond impalpable du désespoir . &lt;em&gt;Eli, Eli lama sabachthani&lt;/em&gt;...&lt;em&gt;Seigneur, Seigneur, pourquoi m'as-tu abandonné &lt;/em&gt;? Les situations extrêmes sont très révélatrices des tréfonds de l'homme . Sans nul doute, le danger, la peur, la terreur organique qui fait craindre la mort, sont des passions positives . Face à de telles situations, certains hommes s'effondrent jusqu'à la psychose, au déni de la réalité ; mais d'autres combattent comme le chat qui, acculé par le chien, se défend et le déchire de ses griffes . Il ne s'agit nullement pour autant de valoriser la tristesse : pour Boccace, l'épreuve de la Peste est un éclaircissement de la vie essentielle – et elle n'est nullement une ascèse . Et c'est un fait que les grandes présences de la mort – même si certains sont « machines partout » - conduisent d'aucuns à l'ascèse, mais d'autres à la puissance d'abandon des routines pour les passions de l'amour – à la voie des fidèles d'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est définitivement absurde de détruire indéfiniment son présent dans le travail dur et forcé, pour construire un avenir radieux, le progrès de l'Homme, dont le caractère mythique apparaît de plus en plus en pleine lumière . Il est absurde pour le vivant de vivre pour l'avenir, puisque l'avenir du vivant est le plus assuré dans la mort . Il est absurde de courir après un avenir qui ne cesse de fuir devant les hommes . Et pourtant la masse des hommes continue cette course du déploiement maximal de la puissance matérielle, course que nul ne peut prétendre avoir la puissance d'arrêter .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'impact est probable, très probable, mais imprévisible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première puissance à développer chez l'homme dissident, c'est la capacité à attendre indéfiniment, comme une baudroie au fond de la mer, et à veiller, à être prêt . A Sparte, lors d'une revue militaire, un jeune homme qui cachait un renard sous son manteau se fit mordre à mort dans les entrailles plutôt que de montrer ses désirs souterrains à la Cité . Comme par les crocs de l'animal sauvage, cette attente dans la vacuité du monde est une manière d'être dévoré de l'intérieur, une ténèbre et une mort . Car la vacuité du monde est un reflet de la vacuité de l'ego – un lieu d'angoisse et de ténèbres . La mort s'approche inéluctablement dans la répétition éternelle de l'exil, dans la reproduction d'un Système qui fait vivre le dissident dans une étrangeté radicale à lui-même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Que faire ? » est pour le dissident une question de tous les instants qui se prononce dans le silence et qui n'a pas de réponse, sinon que le foyer qui rend cette question urgente, brûlante, inavouable et insoluble doit être entretenu à son maximum d'intensité, quand bien même ce feu ne trouve pas de bel exutoire . Le dissident est ce démon qui brûle de l'intérieur de questions sans solutions, mais pour qui l'abandon des questions et du feu déchirant qui les élève vers le ciel comme des trainées d'incendies est la mort – la mort, et rien d'autre . Cette fascination pour la mort, la sienne, et la rage massacrante qui peut l'accompagner, est éclatante le plus souvent . Cela ne rend ni particulièrement lucide, ni intelligent en soi, voyez la rage délirante des pamphlets de Céline .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette nudité du désespoir et de la puissance enchaînés dans l'Enfer hallucinatoire de l'intérieur est la racine d'une puissance de lucidité et de désabusement, d'une libération des illusions idéologiques de ces temps chaotiques . Il est hors de doute que le Bulatovic de &lt;em&gt;Gullo Gullo&lt;/em&gt;, ou le Céline du &lt;em&gt;Voyage&lt;/em&gt;, ou encore Lautréamont sont des figures d'une dissidence radicale, et des hommes d'une lucidité supérieure sur l'esprit du temps et sa réalité crue, saignante . Mais il est ainsi fondée une étincelle de l'âme qu'aucune puissance du monde ne peut atteindre . Un homme destiné à la dissidence ne peut se soumettre que mort, parce que le feu de son désespoir dépasse tout désir sincère de devenir comme les autres – il sait par expérience que le souffle de la liberté est le souffle de la vie, et qu'il mourra &lt;em&gt;étouffé comme un poisson au fond d'une barque &lt;/em&gt;en jouant le jeu . C'est cette puissance infinie d'infini, au delà des noms et des formes, qui fait le courage des martyrs, courage que l'humanité normale ne peut atteindre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les anciens bardes celtes valorisaient les chants de tristesse et de nostalgie, comme favorables à la manifestation de la puissance guerrière . Une chanson de Belgrade dit : &lt;em&gt;la rivière charrie les grandes eaux, pourquoi ? Et ainsi je suis triste jusqu'à la mort, et nul ne le sait &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dire que « le surgissement de la différence » est une règle, selon les formes communes de la pensée moderne, c'est dire que toute croissance et toute corruption est production de différence, ce qui est à la fois vrai au sens le plus simple de la différence, et faux dans un perspective systémique, où la différence n'existe que significative, comme puissance de transformation . Pour prendre un exemple dans le langage, la substitution d'un synonyme à un nom dans une proposition est une différence, mais cette différence peut n'être pas significative, si le contexte de la communication n'est pas modifié . Dans un système, divers sous-systèmes peuvent remplir des fonctions analogues, sans provoquer de transformations globales . De telles différences sont des spectacles de différences significatives .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La floraison d'un cerisier au printemps est une différence par rapport à l'hiver, une Splendeur, mais n'est pas une différence éternelle . Et seule l'éternité compte . L'apparition d'une pensée, d'un art complètement nouveaux – l'apparition d'un Éon, du commencement d'un nouveau cycle du monde, tel l'Empire Romain que chante Virgile ne relève pas de l'ordre de la différence entre un hétérosexuel et un homosexuel dans le Système, une différence indifférente à toute transformation effective – et l'exaltation indifférenciée de toutes les différences est identique à l'étouffement de tous les germes du monde par le laisser aller de toutes les ronces possibles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire du « surgissement de la différence » un bien en soi, attitude progressiste idéologique typique, est également une neutralisation de toute réflexion sur ce surgissement . Pourtant, les progressistes ne vantent guère le surgissement du vieillissement ou le surgissement du cancer . Ce dernier est pourtant un surgissement de la différence dans les cellules, et le surgissement de la différence parmi les hommes exige que les vieux meurent et laissent la vie se réinventer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce « surgissement de la différence » n'est pas chanté par les apôtres du Système, non . Le progressisme médical se trouve mis au service de la domination oligarchique des vieillards, propriétaires du monde . Voilà un autre trait de la forme moderne du Capital, sa tendance à l'oligarchisation, au vieillissement, à la retraite comme but de la vie, à la rente, à la monnaie forte, à la sécurité, à la surveillance, son effroi pour la mort en soi, et son mépris absolu de la vie humaine, ses guerres coloniales faisant des morts par milliers, ses trafics d'organes d'enfants pauvres pour des riches vieillards, toutes ces laideurs massives qui se passent dans l'oubli du Spectacle . Le Spectacle montre les laideurs qu'il veut montrer, celles qui sont par principe non significatives dans les formes de théorisation admises par le Système . Le monde du « surgissement de la différence » est envahi de signes d'un monde dominé par des vieillards égoïstes et stupides se la jouant le Spectacle de l'adulation de la jeunesse – et de la peur du jeune de classe populaire . C'est par exemple le fond inavoué de la « lutte contre le harcèlement chez les jeunes » . Et cela, ce n'est pas bon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté de la différence dans le Système est la liberté de la porte dans ses gonds . La porte peut avoir une infinité de positions dans ses gonds, et se croire libre, tant qu'elle ne peut imaginer sortir de ses gonds . La liberté fonctionnelle de l'acteur dans le Système est à l'image de celle de la porte . Un homme qui fait ses courses dans un supermarché peut choisir indéfiniment ses produits dans les gonds de son budget, lié à sa place dans le processus de production . Il est des produits plus ou moins adaptés à son rang, des produits de cadre et des produits d'ouvrier . Mais cet homme exerce sa liberté de consommateur . Il en est de même de l'automobiliste et de ses déplacements, de l'internaute et de son surf – de toute liberté fonctionnelle dans le Système . La liberté dans le Système est étroitement liée à l'abondance de marchandises, de services et de déclinaisons du Spectacle général - et cette abondance est étroitement liée au « surgissement de la différence » au sens deleuzien, parmi les marchandises . Le surgissement de la différence dans les marchandises et les services est d'ailleurs étroitement lié au surgissement de la différence dans la société des consommateurs . Par exemple, la communauté LGTB doit aussi sa reconnaissance officielle à la différence au fait qu'il s'agit d'un marché effectif plus porteur et plus prescripteur de tendances que CNPT . Il va de soi que le surgissement de la différence parmi les marchandises n'est pas significatif de surgissement de la différence affectant le cadre du troisième totalitarisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'ordre des faits ou des actes, comme pour les chemins de forêt, le simple acte d'être crée une mémoire qui va augmenter la possibilité qu'il se reproduise le même acte d'être . Si je passe à travers les ronces, je trace un passage, et un homme suivant aurait intérêt à le prendre, et ainsi se forme un passage qui peut ensuite être institué, marqué comme passage, tandis que les autres passages possibles sont envahis de végétaux de plus en plus épais . Il en est souvent de même de l'ensemble des actes humains : la répétition traditionnelle renforce la répétition traditionnelle . Il est évident, par la pratique de la vie humaine dans le Système, que sa règle est la régularité, et pas « le surgissement de la différence » . La tyrannie ne cesse de se perpétuer d'elle même, et de se poser comme normalité à chacun de nos pas dans les voies du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté effective, comme surgissement effectif de la différence significative, décisive, est rare, extrêmement rare . Dans la théorie du chaos, elle est nommée singularité . Une singularité est la pensée d'un moment extrêmement singulier . Elle est le moment où les déterminismes divers du temps s'annulent, et où la prévision devient impossible . Un modèle simple serait une aiguille en équilibre vertical sur un cadran horizontal, qui peut partir dans n'importe quelle direction du plan . Dans la plupart des cas, le mouvement de l'aiguille est déterminé par son mouvement antérieur, sauf si elle s'arrête absolument en équilibre . Ce modèle est unidimensionnel ; il faut penser à une singularité plus grande, plus puissante, qui détermine les directions de l'avenir pour des jours, des années, des milliers d'années . Une singularité de faible amplitude est une analogie des singularités plus puissantes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une singularité est un moment qui s'affranchit du passé ; un moment où tout est en puissance, sans aucun héritage d'acte . Un tel moment peut être nommé pardon, ou rédemption . Il est un moment de renouvellement des puissances, un moment puissant par excellence . Il a reçu le nom de kairos chez les grecs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une naissance, une rencontre, une grande bataille sont un kairos . Une révolution est un kairos . Après ce moment, les mondes se dérouleront à nouveau avec leur part épaisse et collante de déterminisme . Le kairos est comme la lune qui chevauche les lourds nuages indifférents, comme l'étoile qui brille à la surface de la boue des chemins indéfiniment repris . Le kairos est l'éclair de tes yeux noirs, uniques au milieu des plus grandes foules, et dans l'indéfini des temps de l'histoire des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;David était promis à Bethsabée depuis le septième jour de la Genèse&lt;/em&gt;, dit Joseph Gikatila, reprenant le mystère du Gai Savoir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas de kairos permanent ou de déterminisme permanent . Le surgissement de la différence significative n'est pas constant, n'est pas identique au flux du temps . Le temps passe infiniment, le renouvellement du temps n'a lieu qu'au terme de mondes ou d'empires, dans les saisons éternelles des Éons . Aussi le Hagakure ordonne-t-il au samouraï de se préparer indéfiniment à l'instant crucial . Le kairos est un instant, l'alliance du temps et de l'éternité . Il est probable que de nombreux instants de ce genre ne soient pas saisis, ni même entrevus . Ainsi, il n'est pas impensable qu'un homme et une femme se croisent dans un train, une rue, un navire, soient destinés l'un à l'autre et ne se retrouvent pas avant des vies indéfinies . Baudelaire le dit dans à une passante :&lt;br /&gt;(...)&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Un éclair...puis la nuit ! - Fugitive beauté&lt;br /&gt;Dont le regard m'a fait soudainement renaître&lt;br /&gt;Ne te verrais-je plus tard que dans l'éternité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ailleurs ! Trop loin d'ici ! Trop tard ! Jamais, peut être !&lt;br /&gt;Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,&lt;br /&gt;Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les périodes de boue, les hommes, le plus souvent, ne sont pas assurés dans l'être, ne sont guère plus que des ombres – les hommes sont à peine . Ils sont quelqu'un qui aurait pu être, ils cherchent leur homme de Destin ; celui qui va insuffler la vie dans l'argile informe et l'ennui à mourir . C'est Amadou Kourouma qui use de cette expression . L'homme de destin, celui qui va passer de la puissance à l'acte les puissances indéfinies dont la manifestation individuelle n'est que la partie émergée de l'iceberg . Alors dans un être misérable et mortel l'esprit se manifeste – à la grande colère, à l'amertume de ceux qui ne sont pas, qui désirent mortellement être . Que seraient devenus Napoléon Bonaparte ou Murat sans la Révolution ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté consiste en ce chaos qu'est l'homme, et en la répétition de singularités dans ce chaos . La liberté de l'homme n'est pas l'absence de pesanteur, l'absence de sève, de sang, de chair : La liberté de l'homme n'est permise que par l'équilibre de forces contraires, par la tendance à la dislocation qui torture la conscience . L'homme est comme la Neva à la fonte des glaces, un lieu où se creusent des fissures vers des profondeurs glacées . Mais l'homme n'est qu'être en puissance, et non pas être en acte – l'être en acte est ce qu'il doit conquérir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il existe en Cévennes une roche tremblante, comme il en existe d'ailleurs dans l'Himalaya, où elle a été entièrement recouverte d'or . La masse énorme de la roche est en équilibre, et peut être déplacée sur son axe par le doigt d'un homme . Les forces qui écraseraient la chair vivante comme un insecte sont domptées par leurs contradictions internes . Voilà l'ego, ce doigt entre des puissances qui peuvent surgir, l'écraser et l'étouffer . L'ego est un spectacle et un acteur, un masque est un voile sur les puissances déchirantes et terrifiantes de l'âme et de l'esprit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La simple conscience de l'abîme indéfini des puissances de l'âme est une marque de l'homme appelé à veiller sur le kairos . L'homme qui a vu en un éclair les abîmes de l'homme ne désire plus être le maître de lui-même, ne joue plus le jeu de dupe de l'ego, cet être gonflé de vide qui ne cesse de proclamer sa toute puissance illusoire : il sait qu'il ne peut rien désirer de plus qu'être le suzerain de ses puissances après Dieu – car quand Dieu passe à travers lui, son ego est balayé comme une feuille morte au vent, comme l'écume sur la mer déchirée par l'ouragan – ou encore comme la fleur de pissenlit au souffle de l'enfant . Celui qui ne désire pas être le suzerain de ses puissances est le jouet de puissances sans nom – il est déjà un esclave .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que la puissance se déchaîne, qu'une des puissances en équilibre dépasse l'autre, et l'ego s'absente dans le regard, et la mélancolie caniculaire laisse s'évaporer la raison au grand Midi . Comme Lear, l'homme frappé par cette foudre devient errant, et terrassé par une ivresse faite de larmes et de gémissements . L'homme frappé par cette foudre devient Hölderlin ou Nietzsche, ou encore un sage, selon le jugement et la Science . Le déchaînement de la puissance dans l'homme est aussi l'ouverture de l'abîme – enfer et paradis coexistent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dépassement de l'homme qui s'accomplit dans le kairos, ce passage de la puissance d'acte à l'acte de la puissance, est normal pour l'homme, normal au sens de mesure légitime de tout homme – le sens authentique de la norme, qui est aussi la cime de l'humain . La norme, car tous sont appelés, même si peu sont élus . Le dépassement de l'homme est l'homme . La liberté authentique se moque de tout ce qui lui parait mort : elle parait spontanée, imprévisible, désinvolte et sauvage. Elle est la transgression qui accomplit ce qui doit être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà si peu d'hommes peuvent creuser en eux-même la discipline – une discipline de méditation sur la mort, de renoncement à l'ego – qui est comme l'eau pure et la rosée ruisselante, quand elles creusent les prisons obscures et immémoriales des roches, pour y tailler les chambres des palais . Si peu d'hommes peuvent être prêts, si peu d'hommes savent veiller . En vérité, celui qui est prêt passe à l'acte au jour du kairos – le demi sage le reconnaît et y échoue parce qu'il est un timoré, sans nier la douleur que doit surmonter le passage à l'acte au jour des destins . Et enfin, comme le jeune Perceval face au cortège du Graal, l'ignorant échoue à le reconnaître, par respect des règles originelles – dans le cas de Perceval, les règles de politesse qui enjoignent de ne pas poser de questions .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme libre ne peut se fixer sur le respect d'aucune loi universelle, mais sur l'obligation d'être à la fois le Reflet et le Rebelle, d'être analogue à la figure de Lucifer, l'étoile du Berger . La liberté est comme un royaume, elle se conquiert sur l'horizon de règles et de déterminations qui enserrent la vie humaine, comme d'autres règles enserrent le trajet des étoiles fixes, hors l'étoile du berger, Vénus, et ses transgressions excentriques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le kairos est un instant d'exception, et donc de souveraineté – une théophanie à travers la chair . Il est l'essence même de l'État d'exception, de la transgression des lois humaines qui est la manifestation destinale de la Loi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Telle est le mariage du Ciel et de l'Enfer . Car la liberté est ambivalente par essence, ce que manifeste la légende du Grand Inquisiteur .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-4167525584059025188?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/4167525584059025188/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=4167525584059025188' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4167525584059025188'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4167525584059025188'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/02/lucifer-la-transgression-qui-accomplit.html' title='Lucifer, la transgression qui accomplit .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-cQNUl3s8xT4/TyPdRYTBiOI/AAAAAAAABYQ/LAMFGeh_IoQ/s72-c/nicola_samori-X_I_I_I-2010-olio_su_carta-cm_54_x_36.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-5765124416399878272</id><published>2012-01-27T09:40:00.004-08:00</published><updated>2012-01-27T10:03:09.226-08:00</updated><title type='text'>L'instant crucial .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-aw3r5Snns9Y/TyLk8eFpiGI/AAAAAAAABYE/oqKR4I8BpY4/s1600/404327_3130833798368_1490447055_3133495_1314039121_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 267px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5702371805724510306" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-aw3r5Snns9Y/TyLk8eFpiGI/AAAAAAAABYE/oqKR4I8BpY4/s400/404327_3130833798368_1490447055_3133495_1314039121_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Bienheureuse ardeur&lt;/strong&gt;.&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne le dites qu’aux sages, parce que le vulgaire est disposé à la moquerie : je veux chanter le vivant qui cherche la mort dans la flamme.&lt;br /&gt;Dans la fraîcheur des nuits d’amour, où tu reçus la vie, où tu la donnas, une étrange impression te saisit, à la clarté du flambeau tranquille.&lt;br /&gt;Tu ne restes plus enfermé dans l’ombre, et un nouveau désir t’entraîne vers un plus haut hyménée.&lt;br /&gt;Nulle distance ne t’arrête, tu viens, tu voles, enchanté ; enfin, amoureux de la lumière, papillon, tu es consumé.&lt;br /&gt;Et tant que tu n’as pas obtenu de mourir pour renaître, tu n’es qu’un hôte obscur de la terre ténébreuse .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Livre de lecture.&lt;/strong&gt;.&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre des livres le plus étrange, c’est le livre de l’amour. Je l’ai lu attentivement : quelques feuillets de plaisirs, de longs chapitres de souffrances ; la séparation forme une section à part ; le revoir, un petit chapitre, un fragment ; des volumes de chagrin, allongés d’éclaircissements sans fin, sans mesure. Ô Nisami !… tu as enfin trouvé la bonne voie. L’insoluble, qui le résout ? Des amants qui se retrouvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Goethe, &lt;em&gt;divan occidental-oriental&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;L'instant présent pourrait être l'instant crucial . L'instant crucial pourrait être l'instant présent &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La pensée moderne est une pensée de neutralisation des différences, parce que le Système est globalement organisé pour neutraliser les différences, pour que tout change pour que tout reste pareil . Faire du « surgissement de la différence »une règle, c'est nier la réalité, qui est la rareté, l'extrême rareté de surgissement d'une différence significative, la rareté magique de l'apparition de ce qui va changer l'ensemble de ce monde . Changer l'ordre du monde est une épreuve de force, un déchirement, une souffrance de délices .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une souffrance, parce que ce qui en général détermine un changement de grande amplitude chez un être humain, ce n'est pas simplement le désir ou la joie de changer, mais l'impossibilité où il se trouve de ne pas changer – le fait d'atteindre comme un fond impalpable du désespoir . Les situations extrêmes sont très révélatrices des tréfonds de l'homme . Sans nul doute, le danger, la peur, la terreur organique qui font craindre la mort, sont des passions positives . Face à de telles situations, certains hommes s'effondrent jusqu'à la psychose, au déni de la réalité ; mais d'autres combattent comme le chat qui, acculé par le chien, se défend et le déchire de ses griffes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit nullement pour autant de valoriser la tristesse : pour Boccace, l'épreuve de la Peste est un éclaircissement de la vie essentielle – et elle n'est nullement une ascèse . Et c'est un fait que les grandes présences de la mort – même si certains sont « machines partout » - conduisent d'aucuns à l'ascèse, mais d'autres à la puissance d'abandon des routines pour les passions de l'amour . Si la proximité de la mort développe la puissance de jouir, la peste serait une bénédiction dans notre monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est définitivement absurde de détruire indéfiniment son présent dans le travail dur et forcé, pour construire un avenir radieux, le progrès de l'Homme, dont le caractère mythique apparaît de plus en plus en pleine lumière . Il est absurde pour le vivant de vivre pour l'avenir, puisque l'avenir du vivant est le plus assuré dans la mort . Il est absurde de courir après un avenir qui ne cesse de fuir devant les hommes . C'est plutôt le souvenir de ta mort qui doit te donner la force de réaliser ce qui doit être, la réalisation du haut et du bas . &lt;em&gt;Et tant que tu n’as pas obtenu de mourir pour renaître, tu n’es qu’un hôte obscur de la terre ténébreuse &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dire que « le surgissement de la différence » est une règle, c'est dire que toute croissance et toute corruption est production de différence, ce qui est à la fois vrai au sens le plus simple de la différence, et faux dans un perspective systémique, où la différence n'existe que significative, comme puissance de transformation . Pour prendre un exemple dans le langage, la substitution d'un synonyme à un nom dans une proposition est une différence, mais cette différence peut n'être pas significative, si le contexte de la communication n'est pas modifié . Dans un système, divers sous-systèmes peuvent remplir des fonctions analogues, sans provoquer de transformations globales . De telles différences sont des spectacles de différences significatives, non des différences significatives .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La floraison d'un cerisier au printemps est une différence par rapport à l'hiver, une Splendeur, mais n'est pas une différence éternelle . Et seule l'éternité compte . L'apparition d'une pensée, d'un art complètement nouveaux – l'apparition d'un Éon, du commencement d'un nouveau cycle du monde, tel l'Empire Romain que chante Virgile, ne relève pas de l'ordre de la différence entre un hétérosexuel et un homosexuel dans le Système, une différence indifférente à toute transformation effective – et l'exaltation indifférenciée de toutes les différences est identique à l'étouffement de tous les germes du monde par le laisser aller de toutes les ronces possibles . La différence significative est l'oursin, l'oeuf de serpent, le germe d'un monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous savons dans l'orage intérieur ce qu'est un vent qui transporte, et qui emporte comme une lame dans les eaux des peaux emmêlées . Il n'est d'autre feu de joie que le feu qui consume . Il n'est d'autre science que l'abandon .  &lt;em&gt;Et tant que tu n’as pas obtenu de mourir pour renaître, tu n’es qu’un hôte obscur de la terre ténébreuse &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'instant présent pourrait être l'instant crucial . L'instant crucial pourrait être l'instant présent . L’insoluble, qui le résout ? Des amants qui se retrouvent. Telle est l'aube de tous les étés impliquée dans les roues indéfinies des destins .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-5765124416399878272?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/5765124416399878272/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=5765124416399878272' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/5765124416399878272'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/5765124416399878272'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/linstant-crucial.html' title='L&apos;instant crucial .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-aw3r5Snns9Y/TyLk8eFpiGI/AAAAAAAABYE/oqKR4I8BpY4/s72-c/404327_3130833798368_1490447055_3133495_1314039121_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-9119292347392145881</id><published>2012-01-20T09:51:00.003-08:00</published><updated>2012-01-20T09:59:54.443-08:00</updated><title type='text'>Et il vit que cela était bon . Voilà, c'était très bon .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-MsQ6aJKwSbw/TxmrP0Vo74I/AAAAAAAABXs/N9pN2iLgAwE/s1600/Khourrem%2BRosa%2BSolymanni%2Buxor.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 342px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5699775091649867650" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-MsQ6aJKwSbw/TxmrP0Vo74I/AAAAAAAABXs/N9pN2iLgAwE/s400/Khourrem%2BRosa%2BSolymanni%2Buxor.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Khourrem Rosa Solymanni Buxor)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;C’est bon.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Au clair de lune, dans le paradis, Jéhova, ayant trouvé Adam plongé dans un profond sommeil, plaça doucement à son côté une petite Ève, qui s’endormit à son tour. Ainsi reposaient, enveloppées d’une forme terrestre, les deux plus aimables pensées de Dieu. « Bon ! » s’écria-t-il, pour se payer de sa peine, et il ne s’éloigna pas sans regret.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas merveille que nous soyons surpris quand un œil vif s’arrête sur le nôtre, comme si nous nous étions élevés jusqu’à Celui qui nous a conçus. Et, s’il nous appelle, eh bien, ainsi soit-il ! Je demande seulement qu’il nous appelle tous les deux. Mes bras te retiennent captive, ô la plus aimable des pensées de Dieu &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Goethe, &lt;em&gt;Divan occidental-oriental &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ô sublime fidèle d'amour qui fit ce chant . Le regard de l'aimée est ce miroir qui ouvre la voie du retour et du repentir, le regard des larmes des délices et des désirs très hauts qui sont les vestiges de la Voie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes des pensées de Dieu, et il est félicité de retrouver l'énigme et de jouir du Tout-Puissant dans les bras et la chair de l'Aimée, par la sève, le sang, le souffle et par le corps offerts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans le cercle de tes bras que je compris le secret, et c'est le cercle de tes bras qui captive mon âme de son ivresse sacrée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi, tant que je ne suis pas mort, tant que mon coeur et mon sang mettent en mouvement ce corps et cette âme de race rebelle, je suis à toi et je mourrais de te perdre, non de la mort sans peur, mais de la mort de l'âme, de l'abîme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu m'as donné de nouveaux cieux et une nouvelle terre, la liberté des colombes et la liberté des louves, et le vent parfumé sur les montagnes de l'horizon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es la force et la félicité, la splendeur et le nid .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que Dieu te bénisse et te protège, toi et les tiens .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-9119292347392145881?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/9119292347392145881/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=9119292347392145881' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9119292347392145881'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9119292347392145881'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/et-il-vit-que-cela-etait-bon-voila.html' title='Et il vit que cela était bon . Voilà, c&apos;était très bon .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-MsQ6aJKwSbw/TxmrP0Vo74I/AAAAAAAABXs/N9pN2iLgAwE/s72-c/Khourrem%2BRosa%2BSolymanni%2Buxor.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-657777170424563561</id><published>2012-01-17T07:52:00.001-08:00</published><updated>2012-01-17T07:52:51.563-08:00</updated><title type='text'>Le loup est frère du loup - ou la communauté humaine .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s1600/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 357px; DISPLAY: block; HEIGHT: 310px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5698628873808082962" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s400/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Austin Osman Spare - Strange Attractor)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « débats de société » empoisonnent la pensée bien plutôt qu'ils ne l'occupent . Les « débats de société », sous le masque de l'irruption de la Liberté et de la Tolérance venus dans les Ténèbres des sociétés paternalistes et intolérantes du passé, ne sont pas essentiellement différents des débats sur les « nécessaires réformes de structure » qui ne cessent d'écraser les salariés face au Capital dans le Grand retour en arrière, initié par le renouveau de l'idéologie libérale, et permis par la chute du mur de Berlin – événement ambigu qui marque la fin des peurs du Rouge dans la bourgeoisie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La novlangue de ces « débats de société » est issue directement du champ de l'idéologie racine cultivé dans les pays dit « développés » de culture anglo-saxonne, où l'Université est dominée de manière écrasante par des tenants de l'idéologie racine, qui y prend figure d'idéologie officielle . La liberté intellectuelle dans les Universités des États - Unis est toute relative, pour ne pas parler de la liberté des mœurs . J'invite à lire &lt;em&gt;Disgrâce&lt;/em&gt;, de Coetzee, pour comparer cette atmosphère universitaire avec le &lt;em&gt;Procès&lt;/em&gt; de Kafka . L'ensemble des positions les plus communes produites par le champ de la pensée « universitaire » des anglo-saxons modernes domine le champ français et européen, en particulier le champ de l'éthique, de la justice politique, des Genres, de la diversité, et j'en passe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces modèles théoriques sont liés à la forme de domination libérale que les États - Unis imposent au monde . Le modèle marxiste qui pose, de manière schématique, une détermination (je dirais une souveraineté) de la structure matérielle (l'exploitation capitaliste, qui passe par l'appropriation du Capital – je ne vous fais pas de dessin sur l'actualité de l'histoire de la « dette publique ») sur la superstructure intellectuelle (l'idéologie racine qui sert de matrice combinatoire à la mise en œuvre des « problèmes de société »), ce modèle marxiste est d'une vérité frappante pour décrire la domination actuelle des productions idéologiques américaines, ou des satellites des États Unis . Sans aller plus loin, la bibliographie est abondante, je dirais simplement que le financement des producteurs et diffuseurs idéologiques en question n'est assuré que par les puissances matérielles du Capital américain . Il est peu probable que ces puissances ne financent de la production idéologique subversive - Engels, industiel finançant Marx a été un écart de l'histoire . Sans oublier que la subversion du Système ne peut pas devenir un produit industriel sur le marché idéologique sans être neutralisée dans son principe même de subversion, selon le modèle visible à tous de l'art contemporain .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parenthèse : Je précise que je suis lecteur de penseurs et d'écrivains anglo-saxons de tout premier plan ; je ne fais pas de mise en cause globale, et je ne pose sûrement pas un « génie de la langue », qui condamnerait toute les cultures de langue anglaise . L'anglais est aussi une langue essentielle de la dissidence et de la subversion du Système . La lecture marxiste exclut par essence la perspective communautariste sur la culture . Ces deux modes d'analyse sont en fait valables dans des temps différenciés – les vérités historiques sont des vérités cycliques . La forme de la langue elle-même, cependant, peut refléter des formes de domination, puisque le langage est le lieu de la construction idéologique des dominations . La construction symbolique de la domination, tel est la fonction des « débats de société » dans le Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « débats de société » sont à placer dans la perspective de la dynamique du Capitalisme . Pour maintenir sa capacité à extraire du profit du travail des hommes, celui-ci doit sans cesse élargir sa sphère de domination, c'est à dire ordonnancer les mondes humains toujours plus loin de ses foyers d'origine – c'est l'impérialisme, qui n' a rien de nouveau – ce que je nomme l'extensification ; et également ordonnancer toujours plus en profondeur la vie humaine – ce que je nomme l'intensification . Le Système fait des entreprises qui recherchent sans cesse de « nouveaux marchés » ; et ces nouveaux marchés peuvent se trouver dans les « pays émergents » comme dans les « pays développés », le premier temps étant l'extensification de l'exploitation, le deuxième temps étant l'intensification, la recherche de nouveau moyens de profit dans une société capitaliste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi sont investis par le Capital tous les besoins des hommes dans un pays développé : l'eau, la lumière, l'air, l'abri, l'alimentation, et l'enfance, l'âge adulte, la vieillesse – mais aussi la vie intime et les liens sociaux . Et bien sûr, l'art, la musique, la pensée, et la spiritualité . De ce fait, la puissance du Capital crée les formes d'expression de l'art moderne, à tel point que ce qui est nommé art contemporain est de plus un plus un produit du marché de l'art, et non d'une démarche de création autonome, ou d'une esthétique . Et de même, la relation entre les sexes est également investie – c'est l'extension du domaine de la lutte . Ceci posé, de manière schématique mais pas moins globalement exacte, il est aisé de comprendre que le Système investit tellement en profondeur la vie humaine – vie que la théorie économique banale voit comme la base biologique que la production de richesses sert à préserver et à améliorer, alors que de plus en plus c'est la forme de l'économie qui met la vie humaine à son service - qu'il est inévitable, et c'est déjà le cas, qu'une forme de dérive totalitaire apparaisse . Vaclav Havel notait, dans &lt;em&gt;la force des faibles&lt;/em&gt;, que &lt;strong&gt;la tyrannie à laquelle s'opposaient alors les dissidents de l'Est n'était plus la tyrannie stalinienne, mais une forme de la société de consommation &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette dérive totalitaire est celle d'un nouveau totalitarisme, beaucoup plus difficile à caractériser de manière incontestable que les modèles schématiques de l'histoire officielle, le Nazisme et le Stalinisme . En effet, il n'y existe pas de lois aussi violentes explicitement, ni de pratiques aussi violentes dans le Spectacle ; dans la forme actuelle du Système, comme dans le Capitalisme anglais étudié par Marx, une part considérable du travail de police est dissoute dans toutes les fibres de la société, par la surveillance de tous par tous et la peur de la désocialisation, du « chômage », de l'exclusion . &lt;strong&gt;Le Système n'a pas besoin de conformer par la violence la totalité des comportements : il lui suffit de s'assurer d'une domination statistique, par les masses &lt;/strong&gt;. Il lui suffit de conserver le monopole de la violence légitime, y compris symbolique – voyez, à la suite de Marcella Iacub, la violence de la désignation juridique et médiatique de DSK par les apôtres de la tolérance, ou encore la qualification de « terrorisme » appliquée à toute forme de résistance armée, même dans un pays militairement occupé – le monopole des formes d'organisation humaine, le monopole de la satisfaction des besoins primaires ( voyez l'interdiction incroyable de vendre des semences, ou de vendre des légumes sur le marché issu de semences non référencées )et par le remplacement en cours des modes de communications non-contrôlables ( la parole humaine) par des modes contrôlables (réseaux sociaux et téléphone), remplacement qui élimine les formes non-contrôlables par sa puissance de diffusion spatiale bien supérieure . Ajoutons que le Système s'assure aussi le monopole de la légitimation et de la diffusion de masse de l'idéologie, le Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au sujet des réseaux sociaux, qui sont une forme d'intensification appliquée au marché des liens, il est certain qu'assurer le respect du droit individuel par les États et les Entreprises géantes du secteur est un champ de problématique qui n'est pas encore abordé de manière courante . Bien au contraire, la puissance des réseaux leur permet de faire peser un champ de menaces vague sur la liberté de tous, par la possibilité de surveiller et garder indéfiniment en mémoire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Résumons : les « débats de société » sont le lieu de la production idéologique de la domination et de l'intensification de la mise en forme de l'humain par le Système . Les « gens de gauche » du Spectacle sont aussi fonctionnels que « les gens de droite » ; les catholiques intégristes par exemple jouent le rôle d'idiots utiles depuis des décennies, en présentant un repoussoir caricatural des thèses des « bons » . &lt;strong&gt;Les intégristes en général sont les Dark Vador du Spectacle . Plus ils crient, plus ils sont féroces, plus le Spectacle les aime &lt;/strong&gt;. Regardez comme un intellectuel musulman rigoureux, policé et organisé comme Tariq Ramadan est facilement désigné comme illégitime . Si Ben Laden n'avait pas existé, les États Unis et le Spectacle auraient pu l'inventer . Sans parler de ceux à qui on ne donne jamais la parole .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute mon enfance et mon adolescence, j'ai regardé à la télévision et entendu à la radio des « débats de société » ; je n'ai jamais entendu sur les sujets comme l'avortement ou la peine de mort, comme opposants à la doxa médiatique, que des gros menaçants, en sueur, avec une bandeau sur l'œil, ou des maigres, glacials, à lunettes . Je n'ai pas soupçonné, en près de vingt ans, que la démarcation entre les bons et les méchants était si douteuse . Je n'ai pas appris par exemple que sur la modernité, il existait des positions variées, comme par exemple celle de Guénon . Je n'ai pas appris la diversité, mais j'ai adhéré à la mise en scène du bien progressiste luttant contre le mal archaïque, et j'ai aussi assisté au glissement, à l'usage de plus en plus répandu de cette mise en scène par la droite pour délégitimer les syndicats « archaïques » et présenter comme un progrès tous les tours de vis du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le terrorisme et la terreur d'État sont les deux faces d'une même mâchoire&lt;/em&gt;, écrit Manchette dans &lt;em&gt;Nada&lt;/em&gt;, au nom d'un terroriste que le désespoir rend lucide . Les pôles des débats de société dans le Spectacle sont les deux pôles d'une même mâchoire . Si les gens qui aspirent à transformer cette société comprenaient cela : les « débats de société » ont besoin d'être regardés non avec bienveillance, mais avec la même méfiance critique que les débats sur les « nécessaires réformes de structure » qui doivent adapter la France, l'Europe, le Monde, à une économie moderne, c'est à dire à la domination sans partage et décomplexée du Système sur les civilisations humaines . Les « débats de société » œuvrent à la mise au pas des droits familiaux ou de la sexualité humaine à la société de marché, là où la destruction du droit du travail, ou la dissolution des Droits de l'Homme, ou encore la destruction des systèmes collectifs de sante ou de retraite des salariés œuvrent à la mise au pas de la vie publique au Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « débats de société » sont produits par les mêmes groupes sociaux qui pensent la gestion des ressources humaines du Capital . Ils visent à créer le marché du travail libre des individus atomisés, mobiles, sans liens, caractérisés uniquement par leur employabilité qui est l'utopie interne du Système dans son application sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La société des individus et de la diversité est la société capitaliste, et il revient à la dissidence de produire une contre-culture, et de faire des propositions concrètes en dehors des cadres étroits de l'idéologie officielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enjeu de ces « débats de société » n'est pas d'arriver à une position juste commune, mais de s'approprier la place des bons dans le Spectacle, de posséder la position juste . C'est à dire, de dominer . Pour les universitaires, d'avoir des postes et des crédits . Regardez comme se construisent comme victimes dans le Spectacle les groupes qui revendiquent l'universel, et aspirent à la domination . Marcela Iacub note que les "féministes punitives" veulent permettre de considérer comme un viol tout rapport sexuel selon l'avis de la femme qui y a participé . Ainsi victimes par nature, ces féministes dominent de leur hauteur morale tous les êtres humains . Se construire comme victime dans le Spectacle est un signe d'aspiration à la domination : car les positions dans le Spectacle sont exactement inverses de celles de la réalité matérielle . La présidente du MEDEF peut se poser en membre d'une classe sociale sexuelle opprimée grâce aux Gender Studies, et opprimée par exemple par les ploucs ruraux chasseurs qui survivent en vendant leur force de travail à vil prix . Je n'ai pas pitié d'eux, mais ils ne sont pas les dominants de la société réelle, ni en France, ni aux États Unis .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bourdieu a lui-même insisté sur le fait que la formulation d'un universel aboutissait à créer un groupe particulier propriétaire de l'universel, et qui pouvait humilier ou dominer symboliquement les autres . Ainsi les instituteurs républicains francophones vis à vis des paysans bretons celtophones . Devenu des provinciaux, les bretons se définissaient désormais par leur position marginale et inférieure par rapport à une capitale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bourdieu oubliait une chose : ce phénomène est intrinsèque non à l'universel en général, comme par exemple l'universel des anciens Empires, fondé sur la reconnaissance de l'absence de norme supérieure valable pour tous les peuples – sinon la puissance impériale commune à reconnaître . &lt;strong&gt;Ce phénomène de domination d'un groupe particulier par la revendication d'un monopole de l'universel, cette double contrainte formant les tenailles d'une mâchoire unique détruisant les cultures symboliques traditionnelles, c'est la signature de l'idéologie moderne &lt;/strong&gt;. L'idéologie moderne est cette culture qui prétend à des valeurs sur-culturelles légitimes pour toutes les cultures, et qu'elle prétend imposer par la force matérielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle produit de ce fait la délégitimation de toutes les cultures symboliques : elle condamne le voile des femmes dans certaines sociétés, la corrida dans d'autres, les rites ou les sacrifices, les formes d'appariement sexuel, et absolument tout ce qu'elle ne comprend pas . Les hommes produits en série par cette culture de la supériorité morale ne peuvent pas s'empêcher de juger sommairement, sur une image, un texte, une courte vidéo, sur de la désinformation la plupart du temps, des usages extrêmement anciens et liés systémiquement à l'ensemble de la culture et de l'écosystème des groupes humains : le meurtre horrible des phoques par les esquimaux, des chiens par les coréens, des singes par les indonésiens, la coutume indécente de prêter les femmes, les sacrifices d'animaux, les parures de plumes, les paroles immorales de la Marseillaise, la sexualité débridée d'un tel...Cette émotivité à la moraline, absolument coloniale dans son principe, n'est pour ainsi dire jamais condamné dans son arbitraire grotesque . Combien de morts en Europe, de morts d'homme par le fait de guerres occidentales, d'armes occidentales ? Je ne pourrais jamais comprendre que des êtres humains militent contre la corrida, et restent passifs devant des guerres d'appropriation, ou devant la misère des hommes humiliés sous leur yeux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que veulent tous ces hommes de la supériorité morale, ce sont des lois, ou des campagnes d'éducation – bref, davantage de contrôle et de répression . Marcela Iacub dit exactement cela sur le cas DSK : &lt;em&gt;Il a été instrumentalisé par un féminisme d'État, un féminisme punitif qui voudrait élargir les définitions du viol en y incluant des actes consentis et affaiblir les garanties de l'accusé . Un féminisme pour qui le seul remède à la domination masculine est la prison &lt;/em&gt;. C'est à dire un "féminisme" aspirant à la domination violente de la société par son idéologie et ses prêtres . Face à cette surenchère morale, certains hommes demandent que l'on se contente d'un minimum de normes . Mais cette manière de poser le problème est simplement la confirmation de la société libérale morcelée à la puissance maximale de l'atomisation, en prenant l'individu comme repère . Et je le dis et le répète : cette position, l'individualisme méthodologique explicite ou implicite, est absurde, est la négation de la réalité fonctionnelle du monde social, où la communauté n'est pas un tas d'individus sans autres liens que des liens stochastiques, et surtout du fait que l'individu est le reflet et le produit du groupe où il est né et où il a grandi . Car l'homme n'est pas une bête, mais un être qui grandit dans une culture comme dans un milieu nourricier, une langue, des histoires, des mondes, des chants, des modes de relations aux autres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;L'unité de la différence humaine n'est pas l'individu, mais la communauté . Poser l'individu comme unité de base de cette différence, c'est nier tous les processus anthropologiques de différenciation culturelle – c'est poser la société du Système comme norme unique des sociétés pensables et possibles en termes éthiques&lt;/strong&gt; . C'est à dire, c'est confirmer la fonction de monopole des normes par l'idéologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est des normes dans une communauté ; mais entre les communautés, les normes « communes » ne marquent que la domination d'une communauté sur une autre . Le Grévisse, le bon usage du Français, est un outil de domination de ceux qui ont l'accent, ou les formes de langage « incorrectes » . Je ne veux pas un minimum de normes entre les communautés, sinon en ce qui concerne les normes de relations entre communautés, basées sur le respect et le laisser être, la suspension du jugement ; je ne veux poser aucune autre norme . L'idée d'un minimum est une idée rationaliste, un piège . Le jugement n'en sera que plus assuré, de s'être réduit à un minimum illusoire . Et la base de la diversité des normes n'est pas dans la variété des activités commerciales d'une culture, comme les normes de la prostitution opposées aux normes des prêtres – ou encore dans la division des genres, mais dans la diversité combien plus profonde des cultures humaines .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour donner un exemple marquant, j'ai lu dans le journal de Sud-Éducation (gauche militante) un article au sujet de l'Afghanistan déplorant, comme une marque regrettable d'obscurantisme machiste, que les écoles mixtes des missionnaires protestants libéraux américains dans les villages afghans soient victimes d'attentats . Mais comment, dans un contexte d'occupation militaire, voir ces écoles autrement que comme des facteurs de colonisation ? L'armée française n'en a t-elle pas fait autant pour le même but en Algérie ? Je ne me réjouis jamais d'attentats, mais que diraient des militants de gauche sur des évangélistes américains créaient des écoles dans les villages de France, pour nous apprendre l'anglais ? Ou plus clairement encore, des talibans créaient des madrasas non mixtes dans ces mêmes villages, avec l'appui d'armées musulmanes d'occupation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est très rare, chez les gens qui se veulent tolérants, d'accepter de telles expériences de pensée . Normal, ils considèrent leur position comme essentiellement supérieure . Alors que la seule supériorité incontestable en acte de la civilisation européenne est la supériorité de puissance matérielle, et plus encore celle acquise par la violence et l'oppression .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tolérance authentique est l'abstention du jugement, et l'abstention de l'interférence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le monde moderne, le fameux monde du pluralisme des pseudo-sociologues, une simple différence de vêtements ou de mœurs peut suffire, dans un petit groupe humain, à faire enfler l'hostilité et les commentaires . Je mange de la viande crue : c'est insupportable . Je préfère lire seul que de manger avec les autres : c'est bizarre . Je prends un goûter, toujours le même, qui ne leur paraît pas bien – il ne peuvent s'empêcher, même après des années, de s'offusquer . Je suis favorable à l'autorisation de la corrida, je dois accepter de me faire reprendre moralement par des idiots, voire insulter . Alors quelqu'un qui a une vie comme ci ou comme ça, je ne vous dis pas . Quelqu'un qui construit une maison différente des autres, ou qui pratique une agriculture sans engrais chimique . Il se trouve des cas, en Europe, à ce jour, de véritable harcèlement, de mise à mort symbolique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un mouvement culturel de la contre-culture qui est parti en dehors de ces mentalités modernes sans regrets, mentalités aussi ancrées chez les gauchistes, les libéraux que chez les gens de la droite « traditionnelle », qui est traditionnelle comme une maison en parpaings est une maison « traditionnelle » : c'est le mouvement hippie . Il est devenu courant, à l'amorce des années 70, de se moquer du mouvement hippie, de sa naïveté et de sa crasse . Pourtant, à distance, c'est le seul mouvement contre-culturel qui a atteint une masse critique . Le seul qui a développé des pratiques de vie non matérialistes . Des beatniks jusqu'aux communautés rurales, on y a écrit des livres valables, tenu des journaux, inventé des esthétiques et des musiques . On y a soutenu la cause des noirs, ou lutté contre la guerre du Vietnam . On y a usé de drogues pour regarder Dieu en face, on y a découvert d'autres pays, appris des langues, voyagé . Cat Stevens est devenu musulman, et c'est tout aussi logique que d'autres qui sont devenus hindouistes, ou bouddhistes . Les rares témoins sincères de cette époque sont convaincus de la valeur et de la sincérité de toutes ces quêtes anarchiques, qui ont été tellement moquées, récupérées, déformées .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez les hommes issus du mouvement hippie, il était de règle de ne se formaliser d'aucune façon de vivre qui ne vous créait de gêne . Voir un homme fumer, ou se préparer un fix ne supposait aucune question, approbation ou désapprobation . &lt;strong&gt;Le principe était de poser la confiance, l'absence de peur, comme mode du premier contact &lt;/strong&gt;. C'était une attitude non pas tendre, mais dure, concentrée . On parlait à un homme nu couvert de tatouages comme à un cadre en costume . On pouvait lire Marx sur un canapé au milieu d'une partouze . Nietzsche devant une cheminée où d'autres dansaient en extase, ou au lever du soleil sur la montagne, aux côtés d'un maître en arts martiaux faisant siffler ses gestes, ou encore aux côtés d'un homme en méditation . On pouvait parler de poésie comme la chose la plus importante du monde . On pouvait ne respecter les gens qu'à la mesure de la folie dont ils étaient capables . On pouvait mépriser le froid, la faim, la douleur physique ou la menace de la violence . On pouvait sculpter des pierres en forme de cœur en écoutant &lt;em&gt;Bonnie and Clyde &lt;/em&gt;de Gainsbourg ou Magma . On pouvait aller chercher quelqu'un à la gare pour l'empêcher de partir, pas pour le laisser partir . On pouvait réveiller un inconnu avec un pétard, et se lover contre lui . C'était cool . Ce n'était pas de l'indifférence, mais du respect du principe de refus du jugement d'autrui . C'est une attitude morale, et comme toutes les attitudes morales, elle suppose parfois un effort . C'est une attitude d'accueil du voyageur, d'hospitalité . Ce n'était pas sans problème, mais aussi sans récompense .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retrouve cette attitude parfois, encore vivante, dans les communautés libertines, par l'accueil fait à toute manifestation déviante de la sexualité comme une chose intéressante, curieuse, excitante, et non pas effrayante ou condamnable . Voir arriver une maîtresse tenant un homme en laisse, encagoulé, et tenant une cravache de velours noir à une soirée, en marchant ainsi dans la rue, peut être une expérience de ses limites . Accepter de voir partout des êtres humains aux physiques difficiles, harnachés de vêtements étranges, de scarifications et de piercings est au fond dire oui à tout ce que l'humanité a de souffrant, de désirant, de fol, comme inséparable de ses beautés et de ses mystères .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y a aussi expérimenté l'amour et l'éducation communautaires . Cette expérience a été dure, parfois amère . L'amour communautaire crée des souffrances et des conflits en même temps qu'il en apaise d'autres . Mais ces expériences se sont faites dans de petites communautés marginales stigmatisées, sans aucune reconnaissance légale . Voyez &lt;em&gt;Easy Rider &lt;/em&gt;. Échouer à vivre à l'écart du Système, c'est être humain, ne pas résister à son ressac permanent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si vous allez vivre dans un lieu désert, par définition aux terres pauvres et au climat rigoureux, que les paysans ont quitté, il est normal de souffrir à produire sa nourriture . Si vous voulez vivre en dehors des circuits économiques, il est prévisible que les artisans locaux ne vous aideront pas automatiquement à réparer votre toit après une tempête hivernale . Si vous semblez indifférent aux pouvoirs locaux, les populations restées sur place parfois vous soutiendront avec humanité, mais parfois s'amuseront de vos échecs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il convient de considérer tout ces facteurs quand on parle de l'échec global du mouvement hippie . Il y entre une part de la médiocrité des mouvements de masse, mais aussi une part de la répression masquée des autres mondes qui peuvent naître, dans un Système monolithique, et alors prospère, donc attrayant . Accepter un salaire, pour l'homme d'une communauté, paraît sans conséquences . Mais c'est accepter peut être un jour un meilleur emploi à la ville, accepter d'acheter une maison, se normaliser . Cela ne peut être condamné par ceux qui restent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute la contre-culture ne fut pas au service de la CIA . Je me souviens du livre d'un californien hippie qui qualifiait Nixon et Hoover de Créatures de la Nuit . Et les hommes lucides ne manquèrent pas . La mémoire des expériences et des réussites de la contre-culture ne doivent pas être perdues .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'illustre ces propos par un exemple typique, qui est celle de la forme des liens familiaux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un grand nombre de « problèmes de société » formalisés par le Spectacle ou les « comités d'éthique » ne prennent sens que dans le cadre global où ils sont posés . Ils se présentent comme des questions fermées que les gens affligés d'une mentalité de gauche hyper-socialisé au sens de Kaczinski fixent le long d'un axe séparant rigoureusement le bien du mal . Par exemple : «êtes vous pour ou contre le mariage et la filiation homosexuelle, l'homoparentalité ? » « êtes vous pour ou contre l'euthanasie ? » « êtes vous pour ou contre l'avortement ? » « pour ou contre la peine de mort ? » . Ces questions distinguent les hommes modernes en deux États . Si vous répondez « pour » en général, vous êtes « de gauche », et « contre » en général, « de droite » . Bien sûr, à Sciences Po, on rajoute des critères pour qualifier votre gauche ou votre droite en espèces, droite légitimiste, orléaniste, gauche X ou Y . Facile . Pas de reste, pas de tiers État . Eh bien, le Tiers État veut une fois de plus être quelque chose . Les classificateurs sont, dans l'ordre idéologique, l'analogue des agences de notation financière comme voix officielle du système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soulignons à quel point ces questions sont étrangères aux modes véritables de domination dans le monde où ces questions classificatoires sont posées, modes véritables basés sur l'argent et l'idéologie . J'ai choqué avec joie un questionneur hyper-socialisé en refusant de répondre à la question de l'homoparentalité, ce terme démagogique du politiquement correct : la question ne se pose pas au sens biologique, car il n'existe pas d'homoparentalité biologique chez l'homme . Pourquoi poser des questions sur des choix qui n'existent en rien, sinon pour flatter la tendance idéologique à la toute puissance de l'anthropologie idéologique moderne ? Est ce que je suis pour ou contre le vol des oiseaux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je prends un exemple du caractère artificiel de ces « problèmes de société » . Il est posé que l'homosexualité est une sexualité « comme une autre » ; et que de ce fait, les « homosexuels » doivent avoir une sexualité « comme une autre », et donc pouvoir se marier . En l'absence de mariage homosexuel, il est posé que l'on commettrait une horrible discrimination . Je ne crois pas que cette manière de construire le problème soit une puissance de liberté pour l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un point de vue historique, l'homosexualité est connue dans de très nombreuses cultures, japonaise, indienne d'Amérique, culture de l'antiquité classique, et s'avère parfaitement acceptée, voire posée en modèle, ainsi chez Platon . Il convient de souligner que c'est le &lt;em&gt;Code Théodosien &lt;/em&gt;(IVème siècle) qui pose en Europe la pénalisation des relations sexuelles homosexuelles . L'homosexualité moderne se définit encore par réaction a cette interdiction pénale antique . Ce n'est peut être pas nécessaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'en est pas moins que les règles concernant l'homosexualité ne comprenaient pas la filiation, par la force des choses . Cette différence était également parfaitement nette entre la sexualité des hétaïres ou des Geishas, et celle des femmes mariées, celles des hommes adultes entre eux, des femmes adultes entre eux, des guerriers et des adolescents, j'en passe . Le Hagakure pose par exemple des règles concernant l'homosexualité . Pour résumer, chaque forme de sexualité légitime, et ces formes pouvaient être très nombreuses, avaient leur règles spécifiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'existe aucune raison légitime de poser que ces sexualités étaient discriminées, puisque les sujets de ces sexualités pouvaient être identiques : il est normal de s'insérer dans plusieurs réseaux sociaux exprimant une forme symbolique de sexualité . Les différences par ailleurs n'étaient pas univoques . Les hétaïres grecques, par exemple, ne donnaient pas plus de filiation que les homosexuels en droit, mais avaient une liberté, une culture et un statut globalement supérieur à celui des femmes mariées . Il est faux de poser que chaque individu porte une orientation sexuelle unique et définitive . La complexité symbolique de la construction d'une diversité réelle de plusieurs sexualités dans une culture n'est pas une structure de domination en soi - et ne l'exclut pas non plus, bien sûr, mais pas plus que l'imposition forcée d'un modèle unique vendue sur le marché idéologique comme un progrès remarquable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je trouve pour ma part absurde que des êtres humains se reconnaissant homosexuels considèrent comme un privilège le fait de faire rentrer la sexualité homosexuelle dans les cases de la sexualité hétérosexuelle dans la société bourgeoise – cases issues du modèle de l'Église antique, et ayant une fonction essentiellement répressive pour les catégories dominées, c'est à dire normative et limitative au service de la domination sociale réelle . Il s'agit que la puissance du désir ne remette pas en cause l'ordre de l'exploitation et du travail . Les dominants ne respectent bien sur pas ces normes, à aucune époque .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule la souffrance du sentiment d'exclusion peut expliquer une telle représentation, alors même que la « communauté hétérosexuelle » (ironie, bien sûr) ne cesse depuis des siècles de chercher des voies de transformation de ce modèle, et que les forces dominantes de la société ne cessent de les réactualiser avec toute leur valeur répressive . A titre d'exemple, il faut citer la matière celtique du conte de Tristan et d'Iseult, le fin'amor des troubadours face à l'ordre seigneurial, complices de la liberté des femmes, le vitalisme de la Renaissance, le libertinage, et les vagues de répression liées au réaffirmation de la puissance ecclésiastique, au XIIIème siècle, au XVIIème siècle, puis sous la forme du pouvoir hygiéniste-médical victorien, et aujourd'hui des Genders Studies, le fameux féminisme punitif – c'est à dire répressif, complice de la domination oligarchique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le communautarisme homosexuel moderne a ceci de particulier qu'il peut enrôler la puissance subversive autrefois de l'homosexualité dans une société la condamnant ( voyez l'exemple d'Oscar Wilde ou de Jean Genet ) au service des forces de répression de la vie du désir . Le marché de dupes est « l'exclusion égale » en échange de l'adhésion aux forces les plus proches du Système : les théoriciens républicains du Genre aux États Unis ou l' »association des gays de l'UMP » aujourd'hui l'illustrent . Dans le même numéro du Nouvels Obs qui parle de Marcela Iacub, il est présenté une école américaine qui accueille dès 11 ans des LGTB (sic), Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres . En soi, une telle école est plus une figure du développement séparé type Apartheid que de la tolérance, mais passe encore . A la fin de l'article, il est précisé que l'école « vient d'obtenir un prix accordé à l'unanimité par toutes les églises de Milwaukee, toutes religions confondues ( parler d'Église pour les non-chrétiens, là encore...) au nom de la tolérance . Tina Owen, (la directrice), rayonne : rien ne pouvait me faire plus plaisir . » N'est-ce pas délicieusement victorien, cette unanimité des prêtres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est hors de doute que nous voyons se dessiner devant nos yeux émerveillés un néo-victorianisme puritain incluant cette fois l'homosexualité, mais dans les mêmes cases étroites que le puritanisme victorien, avec la bénédiction des LGTB . Ce n'est plus l'homosexualité qui va valoir la prison, mais l'abus de sexe hors mariage, cette honte si semblable au viol .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le moment je veux juste montrer ceci : la manière moderne de poser le problème : SOIT le mariage homosexuel et l'homoparentalité SOIT l'hostilité et l'intolérance à « l'homosexualité » pose qu'il n'existe qu'UN modèle de sexualité valable, le modèle hétérosexuel moderne bi-parental : c'est à dire que c'est une manière bornée de poser le problème, qui fournit des réponses stupides .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car ce qui est à transformer, c'est le modèle lui-même, qui amène à poser ce genre de questions . Le modèle qui pose la famille comme formée de DEUX personnes de SEXE OPPOSÉ et de leurs enfants est en effet en crise grave, quand 30 à 50% des mariages finissent par un divorce problématique . Cette crise pose très lourdement le problème de la garde et de l'éducation des enfants – les centres départementaux d'actions sociale (CDAS) sont la première ligne budgétaire des départements, et le profil psychologique des jeunes générations est massivement dégradé (il existe une abondante bibliographie scientifique à ce sujet ) .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le modèle qui pose la famille comme formée de DEUX personnes de SEXE OPPOSÉ ayant des SENTIMENTS et des RELATIONS SEXUELLES régulières (norme légale, une fois par semaine) et de leurs enfants pose en effet deux critères : le nombre de partenaires, et le sexe . Les genres ne cessent d'interroger le SEXE OPPOSE – mais pourquoi entend-t-on si peu interroger le DEUX, les SENTIMENTS ou les RELATION SEXUELLES ? L'histoire, et simplement l'histoire de l'Europe, montre pourtant que ces critères n'ont aucun caractère normatifs en soi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plutôt que de commencer en prenant le modèle dominant comme repère, il me semble préférable de commencer par les exigences collectives que doit respecter un modèle familial destiné à être institué par la loi dans une société libre . Il me paraît pertinent de rappeler le principe qu'il n'est bon de légiférer que négativement, c'est à dire que tout ce qui n'est pas interdit par la loi pour des raisons évidentes doit être autorisé . La loi ne doit pas imposer des modèles sociaux, mais permettre l'existence d'une pluralité de modèles qui respectent des exigences premières explicites .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La loi doit seulement protéger l'intérêt de la communauté qu'elle régit, et pas l'intérêt individuel de chacun . Chaque homme est en charge de lui-même . La loi peut protéger les couples hétérosexuels avec enfants, parce qu'il est l'intérêt de la communauté que sa reproduction biologique soit assurée . De même, il est de l'intérêt de la communauté, et parfaitement légitime, de réduire au minimum les nécessités de l'avortement, en permettant aux femmes concernées de ne pas l'accomplir sans cependant perdre tout contact avec leurs enfants .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est des unions, quelles qu'elles soient, qui n'engagent pas la communauté, il n'y a pas lieu de légiférer . Dit autrement, les liens familiaux n'ont le plus souvent besoin d'être codifiés qu'en ce qui concerne les enfants . Les cérémonies peuvent être la tâche des hommes de Dieu, sans que l'État ne cherche à les singer . Le mariage républicain est une usurpation du pouvoir spirituel, comme le baptême républicain . La loi de l'État doit être minimale, et il appartient à chacun de respecter en plus des règles communautaires selon son origine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le libre consentement est une exigence première en matière de liens et de sexe . Mais il est aussi une exigence première, qui est de garantir aux enfants les conditions d'une enfance sécurisante et régulière, comprenant des figures d'identification adultes stables . Cette garantie implique que l'enfant vive dans un cadre où des règles soient posées de manière continue, et continuelle . Un enfant éduqué sans encadrement adulte et sans règles ne peut se construire de manière sûre la personnalité structurée qui lui permet d'être libre . L'absence de punition pour un enfant qui commet des actes mauvais est une une maltraitance . Un enfant a besoin, sans cesse, de limites et de cadres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une autre exigence première est qu'un enfant ait accès à une langue et à une culture symbolique . Une autre est que l'enfant ne doit pas être considéré comme une propriété ; que la vérité et la sincérité ne lui soient pas cachés par la volonté de la loi . Cette condition interdit l'accouchement sous X, et l'idée d'une filiation homosexuelle qui soit présentée comme une fiction . Il faut distinguer la filiation par le sang de la filiation symbolique par la langue . Il faut distinguer la parentalité biologique de la parentalité légale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les exigences fondamentales posées par la loi sont des obligations collectives de la communauté, pas des obligations purement individuelles . La responsabilité des enfants ne peut reposer uniquement sur les parents, ni en termes éducatifs, ni en termes financiers . Il n'est pas nécessaire que ce partage de la responsabilité ait lieu par l'État ou par les collectivités territoriales . Pour un enfant, il est important d'avoir des figures d'identification, et pas un référent fonctionnaire anonyme et changé régulièrement, et pas une famille d'accueil d'abord motivée par le gain . L'ethnologie comme les faits montrent que la plupart des enfants ont reçu une éducation communautaire, et qu'une telle éducation ne crée pas de déséquilibre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sens du refus de légiférer positivement, et de la prime du consentement individuel dans la formation des liens correspond à ceci : il ne doit pas exister de forme du lien imposée légalement . Il ne peut exister que des formes de constat du consentement individuel . En clair, chaque lien doit pouvoir définir sa forme par ses propres clauses, soit dans une tradition culturelle, soit par lui-même . Premier exemple : un tribunal d'État ne peut prononcer une séparation pour faute, que si la notion de faute a été préalablement définie dans le contrat d'union . Deuxième exemple : il n'existe aucune raison pour interdire polygamie ou polyandrie entre adultes consentants et informés . Troisième exemple : un lien respectant les obligations d'éducation peut exister entre un homme homosexuel et une femme homosexuelle pour la conception et l'éducation d'enfants, sans logement commun ni vie sexuelle prévue . Il est scandaleux, au contraire, de pointer du doigt publiquement un cas de polygamie entre adultes pour porter au mépris les masses . Le cas de l'esclavage sadomasochiste consenti ne peut manquer d'être présenté en exemple . De ce fait d'absence de forme des liens, il n'est aucun besoin de définir un mariage homosexuel, puisqu'il n'existe qu'une forme vide d'union que chacun peut ensuite habiter à sa guise .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question complexe des biens et des héritages devra bien sûr être traitée, mais dans l'objectif d'une négociation ouverte des partenaires s'il doit y avoir contrat, et de règles de respect de la libre volonté en son absence . Cette forme est loin d'être la forme la moins forte de lien .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est des enfants, la séparation de la filiation par le sang et de la filiation civile mérite d'être prononcée . Tous les garants d'un enfant peuvent recevoir le statut collectif d'ancêtre . De manière générale, les deux statuts seraient conjoints, mais pourraient être disjoints sans difficulté . Seraient responsables de l'enfant au premier degré les ancêtres au premier degré, et les ancêtres au second degré seraient responsables de participer à son éducation et à son entretien . Cette obligation doit être légale : l'ensemble du groupe familial élargi aurait une obligation partagée entre ses membres au prorata de ses moyens et de la part de son revenu à redistribuer, limitée par un plafond . Le statut universel d'ancêtre, y compris adoptif serait le modèle du lien . Je dirais même que les enfants pourraient avoir une triple filiation : un totem collectif annuel, par exemple ; la filiation par la sang valable pour tous et justifiant d'un droit de lien dans tous les cas . La filiation par le sang serait clairement reconnue, et jamais niée ou occultée ; mais elle serait séparée du poids unique de la charge éducative, et serait modulable par le niveau d'engagement effectif du parent par le sang ; et la filiation civile définissant les responsables effectifs répondant de l'enfant . Ces derniers seraient décisionnaires des orientations éducatives, mais devrait les présenter devant un conseil de famille élargi qui serait réuni lors des grands passages de la vie enfantine, et qui aurait pouvoir de réserves, d'orientation et de conseil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette définition large de la filiation supprime toute difficulté sur la filiation homosexuelle, et même rend inutile d'en faire une problématique particulière . Pas de droit parental des homosexuels en soi, ou de filiation homosexuelle, mais un droit d'ancêtre partagé de manière égale, donc de manière identique et parfaitement légitime, par les couples éducateurs quels qu'ils soient, sans accepter de créer de différence . Pas de droit à l'enfant, pas d'appropriation de l'enfant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lien de filiation doit établir une obligation communautaire et une responsabilité collective ; un ancêtre doit être responsable pour une part de ses petits-enfants . En particulier, elle serait une obligation des retraités . Le choix de sa descendance pour autant ne doit pas être reconnu : avoir des descendants, quand c'est le cas, doit entraîner une obligation légale . Mais la loi n'interviendrait qu'en dernier recours, après constat de l'échec d'un accord collectif . Au lieu de ne verser des impôts pour les services sociaux ou les allocations familiales, les humains actifs verseraient à des personnes connues, et dont ils seraient aussi chargés d'âme . La garde des enfants serait en effet prise en charge par les ancêtres par rotation amiable, ou arbitrée en cas de désaccord . Au lieu d'être remboursés anonymement, les communautés cotiseraient pour les soins médicaux et seraient des forces de discussion avec les métiers de santé ou d'éducation . Il serait sans aucun doute souhaitable de partager les modes de répartition . &lt;strong&gt;Mais la solidarité ne doit pas passer par un État anonyme, elle doit créer des liens effectifs de solidarité&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a lieu de prévoir une progression du libre choix de l'enfant dans ses liens privilégiés, sans autoriser d'exclusive, source de chantage par les adultes ou l'enfant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une éducation communautaire claire, hiérarchique, basée sur des règles écrites simples, avec des instances de régulation et un conseil de famille basé sur le suffrage en cas de blocage, et des droits modulés selon le niveau d'implication et d'ancestralité des personnes . La responsabilité envers l'enfant doit être équitable avec les obligations réellement assumées . Les instances de régulation des liens de famille, les juges civils, seraient variables et culturellement déterminées, choisies avant tout problème par le conseil de famille, afin que le laïcisme apparaisse pour ce qu'il est, une pitoyable secte moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'enfant ne seraient plus un enjeu ou une médiation entre des parents en conflit, puisque la séparation d'un couple ne déterminerait pas complètement la position de l'enfant . Les ancêtres naturels ou par alliance auraient l'obligation de partager la garde et l'entretien . Cette garde serait entièrement déductible des impôts . L'effet serait de diluer dans la communauté humaine réelle la charge des enfants, afin que cette charge soit légère à tous, et non écrasante et inaccessible à un cadre sécurisant, comme dans les familles monoparentales abandonnées . Il n'est pas admissible que la société laisse des mères humiliées par leur pauvreté et par leurs enfants .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les instances de régulation seraient responsable du respect hiérarchique des enfants, par refus de l'abandon éducatif . Un ancêtre tuteur serait nommé en cas de carence, et rétribué par un prélèvement sur tous les revenus de la communauté . Les ancêtres tuteurs cadrants pourraient être tuteurs de plusieurs enfants dans une sorte de crèche communautaire étendue . Leur respect collectif serait très clairement affirmé et assumé par les lois .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les droits seraient gradués en fonction des devoirs assumés . Le séparation des parents serait rendue indépendante de la vie des enfants, dans la mesure du possible . Les familles avec enfants seraient aidées dans le logement par la fourniture de logements adaptés, suffisamment vastes et divisés en parties autonomes, et les ancêtres garderaient un droit d'hébergement dans les biens . Le droit de propriété doit lui-même être divisé entre possession, jouissance, et droit, afin de limiter les changements de domicile suite aux séparations, souvent traumatisantes . La stabilité des enfants serait assurée . Les enfants auraient plusieurs figures d'identification, parmi les sages et les solides des communautés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grandiraient libres et un peu sauvages, mais en connaissant la valeur de liens tenus par la réciprocité et le don, plus que l'habitude de recevoir sans contrepartie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils grandiraient en partie, sur des périodes, dans des instances collectives aussi autonomes que possibles, tout d'abord à l'école, réformée avec un maximum de responsabilisation collective, y compris au plan économique . Des périodes de vie commune de groupes s'y ajouteraient, apprenant la vie en communauté, une certaine austérité gaie, l'art des jardins, de l'agriculture et de l'élevage, apprenant la mer et les forêts, apprenant l'obéissance et l'autorité . Ces républiques temporaires d'enfants seraient visées avec une distance bienveillante par les instances de régulation ; et ces républiques devraient, à l'adolescence, être pluri-culturelles, et créer des liens d'homme à homme solides entre les communautés culturelles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La liberté des couples serait assurée par l'assurance de la liberté et la sécurité des enfants, et la dilution des charges financières . Plutôt qu'une société égoïste, le droit construirait toutes les occasions d'entraide, de soutien, une société fraternelle et solidaire . Et les instances de régulation veilleraient à l'adoption aimante en cas d'abandon, ou de situation d'orphelin . L'obligation au prorata des revenus serait prélevée à la source en cas de fuite des responsabilités . Des parents pourraient ainsi choisir le nomadisme, ou devenir ermites sans abandonner leurs enfants . Un adolescent lui-même pourrait expérimenter le nomadisme . Une telle société peut respecter l'ascète comme la femme aux larges bras .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est clair que les liens communautaires sexuels seraient régulés par l'accord des parties et leurs tradition, laissant le libre choix de modèles polygames ou polyandres, et la détermination de la nature, de la souplesse ou de la rigidité des obligations réciproques . La possibilité de changer de communauté serait assurée par des échanges réciproques, équilibrés par des ressources partagées . De ce fait, il est probable que les communautés les plus agréables à vivre verraient leur population croître .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Laissez vivre une telle société, et vous verrez que le modèle anglo-saxon libéral obsédé par le travail et la croissance, ou le nôtre, peut différent, seraient considéré comme une grande folie, et réservé à quelque névrosés considérés avec mépris . En effet, des groupes humains ont déjà vécu largement selon des règles similaires, mais ont été détruits par la puissance technique . Or la puissance technique commence à s'essouffler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'inspire par exemple de George Devereux, &lt;em&gt;ethnopsychiatrie des Indiens Mohaves &lt;/em&gt;. Le but du présent texte sera atteint s'il fait comprendre que n'avoir aucune opinion sur les « débats de société » doit être le but des hommes éclairés . Transformez vous ! Transformez le monde ! Ne vous laissez pas enfermer dans les cases du Système !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Redevenir loup. C'est la puissance de l'État qui fait la liberté du marché, comme celle atomique de l'individu. Hors de l'État, la liberté est puissance de la communauté - liberté des Athéniens et du loup - et non droit octroyé des hommes domestiqués, proférant "l'homme est un loup pour l'homme". L'homme est un loup, et le loup est un frère du loup .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-657777170424563561?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/657777170424563561/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=657777170424563561' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/657777170424563561'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/657777170424563561'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/le-loup-est-frere-du-loup-ou-la.html' title='Le loup est frère du loup - ou la communauté humaine .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-RqCfCG-vaIs/TxWYxKIdeBI/AAAAAAAABXg/Ptbc61xkYMk/s72-c/austin-osman-spare-strange-attractor.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-8532738692642672078</id><published>2012-01-07T05:11:00.005-08:00</published><updated>2012-01-07T06:10:32.714-08:00</updated><title type='text'>Philosophie et dissidence, II . Le vampire couronné de Gui .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-mO5YQdxoHdg/TwhOzbt-kMI/AAAAAAAABXI/zY8T5t8szXo/s1600/tumblr_lt7y2tTOWV1qz7mamo1_500.gif"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 301px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5694888374330888386" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-mO5YQdxoHdg/TwhOzbt-kMI/AAAAAAAABXI/zY8T5t8szXo/s400/tumblr_lt7y2tTOWV1qz7mamo1_500.gif" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Murnau, Nosferatu)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Gui est représenté par Pline comme un végétal sacré des Druides, et est un symbole d'immortalité, car il persiste vert sur les peupliers dénudés, en hiver, et sur les chênes réduits à des silhouettes d'encre . Ce qui demeure, c'est que le Gui est cet élément étranger - ce que nous sommes - qui survit dans les hauteurs des arbres, qui survit à l'hiver . Il est le symbole de la parole sacrée qui survit au Minuit des mondes, dans la pluie, le vent, et la mort de la saison de glace . Il est la vie dans la destruction, comme une fleur sur le trottoir de Fukushima .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pouvons nous être gui ? Pouvons nous encore cette plante aux fruits blancs et gluants, à la consistance et l'aspect d'un sperme gluant, à l'odeur étrange, germinale ? Je crois de plus en plus que nous n'avons pas le choix . Il n'existe pas d'interstice où faire naître une vie nouvelle qui se vivrait de sève volée au Système . Au cœur d'un hiver comme le nôtre, même la sève des arbres devient rare, et venimeuse au gui qui se meurt à son tour, à moins de couronner un vampire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'âge des cités grecques, la recherche de la sagesse se faisait par la recherche d'un maître qui prétendait montrer sa pensée par sa vie même ; ou encore, il existait des communautés, dans les déserts, des traditions jalousement gardées, des mystères . A l'époque médiévale elle même, il n'était pas rare de courir les routes de la Chrétienté, de l'Écosse à l'Italie, et de Paris à Cologne, pour trouver la sagesse – à la renaissance encore .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'Union Européenne, tout cela serait à la fois ridicule et extrêmement complexe . Les papiers, les numéros, les codes bureaucratiques ont étouffé toute spontanéité des quêtes . Notre espace est sillonné de déplacements rapides, mais recouvert de surveillances et d'enregistrements . Le déplacement lent mais libre du passé s'est vu éliminé par le déplacement rapide mais asservi du monde moderne ; l'homme qui transporte des marchandises traverse non un pays dont il peut parler des merveilles, mais l'espace abstrait parcouru par l'avion, le rail ou la route, et il ne s'arrête que dans des sas grillagés, gardés, entre la route ou l'aéroport et l'espace autour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur une autoroute française, libre, la séparation entre les employés d'une aire d'autoroute, dont le parking est derrière le grillage, et les voyageurs est aussi stricte que dans une prison . Les employés sont fonctionnellement placés dans des lieux interdits au public . Les seules communications fonctionnelles sont médiatisées par l'argent, et à la rigueur l'information du voyageur . L'espace est visible, à portée de main, mais presque inaccessible . Ce carré d'herbe ombragé aperçu en TGV, qui appelle à une sieste à l'antique, je devrais pour le retrouver m'arrêter à la prochaine gare, revenir en voiture, le rechercher en vain, sans repère . En vérité, le paysage qui est à un mètre de moi dans un transport collectif est visible, mais il m'est fermé, aussi fermé que les royaumes de la Chine à un homme du Moyen Âge .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart des transports sont asservis à un cadrage fonctionnel étroit . L'homme qui transporte des marchandises voit son parcours suivi et son temps compté à la minute . Si je vais à une réunion, je file dans un sens, puis dans l'autre pour être revenu à temps – il est impossible de flâner, ou en tout cas la possibilité en est réduite au maximum – et la communication professionnelle ne cesse de culpabiliser l'errance, la flânerie . Les déplacements sont cadrés, soit par une place réservée, soit par les caméras et les radars qui ne cessent d'enserrer la circulation automobile, sans diminuer d'un iota la gravité des accidents – le but de sécurité étant d'abord la sécurité de l'oligarchie, l'aggravation du contrôle et de la domestication des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est les idiots utiles des ligues contre la violence routière, qui appellent à toujours plus de répression, à un niveau délirant, au nom de leurs enfants morts, comme si les victimes de guerre devaient appeler à toujours plus de guerre pour se venger ; il est les idiots utiles qui manifestent contre la corrida ou les prothèses mammaires quand l'oligarchie provoque des guerres coloniales à répétition et aggrave sans cesse l'exploitation de l'homme . Il est toutes les diversions du Spectacle, les narcissiques vertueux qui se scandalisent de tout et de rien pour exister, les hululements à la moraline qui se coordonnent aux hululements des sirènes de la police, et ne s'en rendent même pas compte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cadrage des déplacements au nom de la sécurité, l'identité biométrique, les grillages des autoroutes, le pistage, la vidéo-surveillance, les radars, l'infinité des moyens de suivi GPS – cadrage qui fait du monde entier une prison, puisque tous les hommes deviennent tendanciellement porteurs d'un bracelet électronique – se fait avec l'assentiment public et matraqué des idiots utiles à la moraline, en général des blooms de structure puritaine répressive, donc la seule jouissance est de réprimer chez les autres ce qu'eux même ne s'accorderont jamais, ne serait-ce que l'insouciance . Tous les morts sur les routes ne vaudront jamais un resserrement permanent du cadrage policier sur les hommes, ou les guerres de libération n'ont jamais eu aucun sens . En 1970 par exemple, la situation automobile était elle assez grave pour justifier cela, ou pouvons nous y voir la logique interne du Système au resserrement du contrôle individuel – resserrement annoncé par des auteurs aussi extrémistes que J.K Galbraith ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dans cette optique d'auto-constitution du Système en puissance toujours renouvelée de contrôle individuel, l'étouffement tendanciel de la spontanéité dans la circulation « toujours plus libre » est une métaphore de l'évolution générale de la société – et de celle de la pensée &lt;/strong&gt;. Nous pouvons nous déplacer dans un espace entièrement déterminé, réduire sans cesse la part d'imprévisible – et transformer le voyage, lieu de murissement de soi, en déplacement d'un point A à un point B dans un espace figé par les glaces . Il existe peut être encore des voyages en ce monde, mais il est surtout des déplacements .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous pourrions nous déplacer pour trouver un Maître . Mais à l'évidence &lt;strong&gt;ce n'est pas l'espace qui nous sépare des maîtres &lt;/strong&gt;. La pensée tend à se fermer dans les cercles étroits d'une idéologie polymorphe qui, comme tout le Spectacle, fait plus d'effort pour voiler ses effets fonctionnels que pour se comprendre ou comprendre le monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car bien entendu toutes ces volutes idéologiques se nient comme telles et se présentent selon les champs comme médecine, comme bon sens, comme évidence, comme Science, comme pensée subtile ou technique . Cette variété d'apparences est analogue à la variété des justifications hygiéniques, sécuritaires, écologiques, de développement durable, de lutte contre les discriminations, fiscales, morales, et j'en passe, qui justifient les restrictions multiples et à chaque fois de peu de conséquence apparente de la liberté individuelle . Ces restrictions semblent d'abord concerner les autres, les étrangers, les délinquants, les nomades, les pédophiles mais ne cessent de s'accumuler et dessinent la figure globale d'un totalitarisme flou - de plus de en plus net . Les fichiers biométriques ont commencé avec les crimes sexuels, mais concernent maintenant les syndicalistes condamnés lors de grèves, par exemple . Puis le fichage génétique sera généralisé, avec l'aval de comités d'éthiques et leurs garanties dérisoires . Nous sommes tous des étrangers en puissance dans le Système qui déracine tous les hommes et tous les mondes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette glaciation générale se vérifie dans l'ensemble des sous-systèmes . Si l'on prend l'exemple de la philosophie, on admettra par exemple que la vie est l'oeuvre la plus sûre du philosophe, mais la vie, la vie de Casanova par exemple, comme celles d'Alexandre ou de gyrovagues, celle de Dante, ne peut être enseignée par un professeur de philosophie . Je ne dis pas que leur vie ne peut pas être racontée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ne peut être enseignée comme un modèle, comme un possible effectif parce qu'une vie errante et aventureuse est profondément inverse de celle prévisible et ordonnée d'un professeur de philosophie doté d'un programme et d'un emploi du temps, doté d'une « définition » de sa « discipline », et pratiquant avant tout, en pleine conscience ou en se la racontant, une activité fonctionnelle afin de gagner sa vie . Et exerçant cette activité dans un établissement chargé avant tout de fournir le marché des études et du travail, le bassin régional de formation et d'emploi . Et dont les finalités ne peuvent être de promouvoir plus de liberté que le choix de se placer dans des boîtes préexistantes, comme de voter avec les bulletins préexistants lors des élections, des cases mouvantes mais de toutes façons échappant à tout contrôle de la liberté individuelle – d'où le besoin de se former, de se recycler, de parfaire son employabilité présenté comme voie de liberté et d'épanouissement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce cadre fonctionnel, un type aussi vide d'arguments que Bergson triomphe absolument . Des Bergson par centaines, dont une grande partie de l'argumentation, si on peut user ce mot, ne repose que sur la connivence des auditeurs, ce que l'on nomme « le bon sens subtil » . Les facteurs de sélection de la bonne philosophie scolaire se situent dans le cadre de l'enseignement du Système - le cadre formel devient tendanciellement la forme de la pensée . Et bien sûr, les textes qui se distinguent de ce lot sont présentés dans un cadre qui permet de les assimiler au cadre formel – l'exclusion méprisante de la « mythologie », de la « littérature », des errances de la « métaphysique », mais aussi la glorification esthétique du poète .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poète scolaire est celui qui fait de la poésie, qui ânonne des chants rimés, ou pas, s'il est « moderne » . En général, ce poète parle de lui, de ses « sentiments, il « s'exprime » . C'est bien, de s'« exprimer » - voilà une croyance de base du Système . Il est la négation de ce qui fait retour aux sources du poème, l'oracle, c'est à dire la non-séparation entre le chant, le mythe, le verbe et la fondation de l'homme, l'énonciation de la loi, et la recherche de la Science . Le poète est ainsi complètement neutralisé .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette tendance à revenir vers l'essence de la parole est de l'ordre de la nostalgie primitive vers la matrice maternelle, vers l'indifférenciation, énonce le philosophe scolaire . C'est la noblesse des peuples premiers, peut dire le « pluralisme » moderne . Pourtant cette unification tendancielle est évidente chez Nietzsche, par exemple . C'est dire que l'unité n'exclut pas la rigueur et la dureté . Babel n'est pas seulement la séparation des langues, mais aussi la séparation, le déchirement de l'homme en lui-même . Surtout, l'unité de l'art et de la vie est la seule puissance réelle de création partagée de mondes que possède l'homme . Les hommes peuvent décider de l'existence de mondes, par la fondation, la loi, la parole . C'est par cette voie que les hommes peuvent renvoyer le Système au passé, renvoyer au néant le nihilisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute division est bonne dans l'idéologie racine . La division de l'art, c'est à dire de l'action communautaire organique humaine pour vivre plus puissamment, et de la pensée dite « rationnelle » donc légitime, comme la division atomique des individus qui expriment leur eux-même vide pour annuler le &lt;strong&gt;nous&lt;/strong&gt; puissant est une alchimie de la décomposition, ou encore l'oeuvre moderne . La voix du professeur est celle de la police du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est hors de doute que la majorité des professeurs de philosophie seront fous de joie quand un gouvernement libéral leur imposera par la loi d'enseigner les Genders Studies, et tout particulièrement ceux de gauche, qui se sentent et de définissent comme « anticapitalistes » dans une vie de petit bourgeois aigris d'obédience(e) libéral(e)-libertaire(e), c'est à dire libérale avec de vagues références à Louise Michel . Ceux là enseignent déjà les Gender Studies plutôt que les principes de la propriété privée des moyens de production, c'est à dire la moraline du Système plutôt que la réalité matérielle de l'exploitation des masses . De ce type de gens « hyper ouverts », et complètement dépassés en discutant avec un musulman . De ce type de gens qui enseignent « comment peut-on être Persan » de Montesquieu en roulant de grands regards d'amour tolérants, et qui se demandent sincèrement comment peut-on être iranien, aujourd'hui quelle atroce aliénation, et pas « moderne », comme eux . Au fond, leur seule légitimité n'est pas le contenu de leur « enseignement », mais la force de l'État qui les positionne dans une institution .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant aux professeurs de philosophie pour le Spectacle, il ne faut pas chercher d'arguments là non plus dans le texte . Ils font aimer Camus parce qu'il jouait au ballon sur une plage méditerranéenne avec des filles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-1ZPaain1nzs/TwhKiSu49dI/AAAAAAAABW8/966IhtbFV6U/s1600/camus-she-471878-jpeg_320273.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 174px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5694883681814509010" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-1ZPaain1nzs/TwhKiSu49dI/AAAAAAAABW8/966IhtbFV6U/s400/camus-she-471878-jpeg_320273.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(le Point)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ce fait, tous les heureux consommateurs de découvrent philosophes, œuvrant pour l'art de jouir au Club – et &lt;em&gt;les bronzés&lt;/em&gt; devient un film d'avant garde plus accessible que l'oeuvre de ce triste Pasolini . La métaphysique des Bronzés, telle est cette philosophie . La seule légitimité des apôtres de la Raison dans le Spectacle est la forme du Système - le véritable argument est la force globale des forces de l'ordre . Ils sont les banquiers de la culture, les banquiers et les rentiers du capital culturel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Encore au début du XIXème siècle un Hegel pouvait devenir quasiment un philosophie officiel et nourrir de puissants courant de transformation . La dégradation a été profonde et rapide . Tout cela sera bien sûr nié par les tenants de la pensée officielle, pensée qui aime à se présenter au pluriel, comme les « pensées contemporaines », par exemple . Les pensées contemporaines nient leur fermeture, comme cette observation sur le refus de thèse arrivé à René Guénon, ou encore l'absence de discussion réelle sur l'héritage de Tiqqun ou de Simone Weil . Les derniers maîtres universitaires, comme Quine, ou les scolastiques comme Muralt ou Courtine, tiennent de petits prés carrés qui se concentrent sur des compétences techniques, ou sur des enjeux décisifs rendus silencieux au plus grand nombre par leur technicité, sans puissance d'influencer l'histoire – ils sont tolérés neutralisés, ou comme Quine, ont intégré au plus profond d'eux même leur neutralisation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la philosophie scolaire devient ainsi idéologie fonctionnelle intégrée au Spectacle - avec parfois des manifestations voyantes pour la galerie, comme le chien qui tire sa laisse ou mord la main de son maître pour se croire loup . Quand la forme de la domination détermine la forme de la transmission, et que la forme de la transmission détermine la forme de la pensée, il ne nous reste que la dissidence globale, car par les canaux culturels officiels du Système plus rien de notre souffle, sang, vie et verbe ne peut passer, circuler et être compris . Nous ne pouvons pas être gui, pas aisément au moins . Peut être pouvons nous encore être virus de l'idéologie moderne . Mais je crois que nous ne pouvons guère qu'être vampires du monde moderne, êtres nocturnes et déchus, mais aussi gardiens du mémorial de Dieu, du Dieu qui sauve les serpents et les scorpions et donne la lumière de Lucifer, l'étoile du matin – et voit que cela est bon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vampire est cet astre mort qui se vit de la vie et du sang des vivants – et en même temps, il est la figure de la vie souterraine des désirs de l'esprit qui survit en se nourrissant de ce monde de mort, notre monde de mort . C'est pourquoi le vampire doit être couronné de gui .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A vrai dire, les « philosophies modernes » choisissent pour nous, le plurivers impose sa loi monolithique . Le pluralisme idéologique condamne au silence de glace le pluralisme effectif . Je en crois plus possible de choisir d'autres voies qu'une dissidence assumée . Mes grands parents étaient païens, mes parents hérétiques, et je reste dans la voie du sang, ce souffle rouge . Nous assumons le désir et le projet d'une pensée dissidente dans la glaciation moderne du sens . Elle ne peut être nommée comme philosophie par l'école qui lui est contemporaine, et prend les formes nées des conditions de l'exercice effectif de la pensée dissidente, avec les défauts afférents . Car la dissidence est fragile et sans cadre puissant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous devons alors examiner les formes d'une pensée née dans le fumier de la dissidence, dans les tombes et les égouts . Il nous faut aller jusqu'au bout, être lucide envers nous-même – cultiver notre cruauté sur notre corps et notre âme . Face aux énormes institutions du Système, la lucidité est la seule arme qui ne pèse rien, et qui pèse assez .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peut être alors pourrons nous être gui, et fleurir en hiver .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-8532738692642672078?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/8532738692642672078/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=8532738692642672078' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8532738692642672078'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8532738692642672078'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/philosophie-et-dissidence-ii-le-vampire.html' title='Philosophie et dissidence, II . Le vampire couronné de Gui .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-mO5YQdxoHdg/TwhOzbt-kMI/AAAAAAAABXI/zY8T5t8szXo/s72-c/tumblr_lt7y2tTOWV1qz7mamo1_500.gif' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-907019089757510996</id><published>2012-01-04T09:58:00.001-08:00</published><updated>2012-01-04T09:58:59.547-08:00</updated><title type='text'>Plutôt mourir .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-zB69PK8h87Q/TwSSwr9c1GI/AAAAAAAABWo/z3UMSi2Dh4M/s1600/31414_1290906349285_1129043127_30636413_1657039_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 313px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5693837194034992226" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-zB69PK8h87Q/TwSSwr9c1GI/AAAAAAAABWo/z3UMSi2Dh4M/s400/31414_1290906349285_1129043127_30636413_1657039_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Von Stuck)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La philosophie est à la fois l'objet d'une guerre de domination, pour en définir le contenu, et donc le marché – le marché de toutes les envies de mener une vie en largeur, hauteur et profondeur – et le lieu d'un bavardage, le lieu de l'oubli d'une essence . Car l'objet de la philosophie, originairement, est &lt;em&gt;sophia&lt;/em&gt;, la sagesse, le logos héraclitéen, la gnose pythagoricienne . &lt;em&gt;Le désir de gnose est la philosophie&lt;/em&gt;, dit Platon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui m'importe, ici, est de poser la distinction de deux axes de développement du projet de l'amour de la sagesse . Le premier est de l'ordre du &lt;em&gt;Manuel&lt;/em&gt; d'Epictète : il s'agit d'un manuel pratique de vie humaine, dont le modèle le plus puissant est le Hagakure . Le deuxième est de l'ordre du développement d'un savoir systématique, comme chez Aristote . Il est est vrai que ces deux axes sont organiquement liés . Car c'est selon la nature du monde qu'il faut vivre . Mais une philosophie sans vie est mort . La sagesse doit mordre sur l'existence concrète – car &lt;em&gt;ton amour est un feu dévorant &lt;/em&gt;. Je dis doit, c'est à dire qu'elle doit non seulement être, mais exister dans le monde . La sagesse doit être puissance pour n'être pas fantasmagorie ; feu pour n'être pas fumée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La science est puissance et jouissance – tel est de devenir comme un dieu, connaissant l'arbre de la science du bien et du mal . Puissance de fonder, et jouissance du savoir qui s'exprime pleinement dans l'érotique, dans le regard posé sur les splendeurs de la chair, sur les secrets du sexe . Le séducteur qui regarde une femme follement désirée nue à ses côtés, abandonnée, endormie, sait ce qu'est la puissance et la jouissance . Mais cette jouissance et cette puissance, et cette jouissance de la puissance, ne sont pas celles d'un oiseau de proie . Le tueur qui détruit ne trouve pas la félicité, mais une soif éternelle de destruction et d'humiliation qui sont la haine de sa propre destruction et de sa propre humiliation . L'homme cruel est un homme détruit, ou même minable . La jouissance du sage est l'image de Dieu, de l'être conscience félicité, image indéfinie du dieu inséré dans les cercles du temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est possible que Casanova soit un plus puissant philosophe du savoir et de la liberté que Kant, en proclamant &lt;em&gt;l’homme ne peut jouir de ce qu’il sait qu’autant qu’il peut le communiquer à quelqu’un &lt;/em&gt;. Le savoir qui vaut est jouissance commune du savoir . Et Saint Simon un philosophe politique bien plus exact que Rousseau . A quel point la vérité de la torsion des sentiments occultes des politiques, leur désir si intense de la mort de leurs adversaires et le froideur et l’impassibilité du désir qui ne peut s'avouer – car l'aveu du désir politique est une faiblesse - est supérieure aux contes puérils du &lt;em&gt;Contrat Social &lt;/em&gt;. Imagine-t-on Kant s'évader de prison par les toits vertigineux de Venise, comme Casanova s'évadant de la prison des Plombs de Venise ? Et quel plus grande preuve du haut désir de liberté, que de l'affronter à la mort ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La sagesse qui n'éprouve pas la rage du désir, comment peut-elle s'assurer de sa puissance et de sa profondeur? Celui qui confronte sa terreur organique à son désir éprouve la violence viscérale de son désir . Celui qui offre son corps dans le combat, celle qui offre son corps à un homme aimé qui est aussi un fauve brûlant de consommer sa chair et son désir, mesure en lui-même la réalité de son désir, et par cette réalité produit l'intensité de sa vie, à la mesure de la peur et des défenses surmontées par le déchainement de la puissance . La puissance est par nature ambivalence, destruction et terreur, création et intensification ascendante comme le panache du nuage d'orage .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans exposer son corps – le serment féodal le disait, qui parlait d'exposer son corps pour son Seigneur – il n'est pas possible de s'assurer de ses liens . Je sais que j'ai confiance dans mes mains en escaladant sans m'encorder, je sais que je devrais sortir mes tripes pour passer là où je ne passerais pas encordé, parce que je m’aiderais . Je sais que j'ai confiance en ma vue, en mes réflexes, que je m'oblige à une concentration extrême et à un souffle court, quand je roule à la limite de la glissade, la nuit, sur une route de montagne battue par la pluie . Et que j'entends, comme en rêve prémonitoire, une sirène lancinante . Non, je ne mourrais pas aujourd’hui . Ou encore quand je porte au maximum la charge de fonte sur un geste dont l'échec serait l'explosion des articulations, des os de mon corps . La volonté, la rage se concentrent en un point unique, en une explosion secrète . La différence entre l'homme noble et le fol est que le premier sait frôler les limites, frôler la mort, sans toute fois se briser . Car il s'agit de chercher aux frontières de la mort le souffle d'une vie plus puissante .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La puissance de liberté, cet invisible qui rend les hommes indomptables par la terreur la plus extrême – ne peut s'expliquer que par une pensée intime, formulée ou informulée, qui est : &lt;em&gt;plutôt mourir &lt;/em&gt;. Et la certitude de se tenir dans cette décision est le fondement de l'héroïsme humain . Il ne suffit pas de faire des théories éthiques, mais de se tenir dans la vérité . Il ne s'agit pas de connaître la loi, mais de savoir si je me pencherais vers l'étranger blessé, si je pourrais fermer le cercle de mes bras sur mon ennemi au jour de sa mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas d'une pensée ou d'une volonté au sens classique . Si je tombe dans une rivière en crue qui me balaye comme un corps mort, je combattrais jusqu'à l'extrême de mes forces pour respirer et regagner la rive, par une puissance qui me traverse et dépasse la volonté, comme celui qui court jusqu'à l'agonie devant un fauve, ou un homme qui veut le tuer . Oui, j'ai couru jusqu'à m'en écorcher la gorge, et à l'épuisement je me suis retourné pour me battre par la force du désespoir, au delà de toute réflexion, avec l'intense volonté de tuer et de déchirer, moi le pacifique . Plutôt mourir, c'est ce qui traverse l'homme qui sait qu'il perdrait toute dignité humaine en refusant un affrontement à des forces qui menacent sa vie, et cela dépend profondément de sa culture, de sa &lt;em&gt;philosophie&lt;/em&gt; inscrite en lui comme la saveur de son sang ou le soleil de son désir, qui l'entraine bien au delà de la raison et de son ego .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tristan dit plutôt mourir que de perdre Iseult ; le Spartiate plutôt mourir que de reculer ; le vassal ou le résistant soumis à la torture jusqu'à la mort plutôt mourir que de trahir . Sentir une telle puissance en soi, je crois que c'est une des plus hautes dignités de l'homme . L'homme a cette puissance redoutable de brûler ses vaisseaux . Et toute grandeur de la pensée est la recherche de la dureté d'affirmer jusqu'au bout la grandeur infime de la dignité . Je le retrouve dans la mort de Socrate, la mort du Christ ou l'austérité du Manuel, dans l’âpreté du Hagakure . &lt;em&gt;La mort est l'essence du Bushido &lt;/em&gt;, l'essence de la Voie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La puissance de la liberté est la puissance même de la dissidence . Plutôt mourir ! Tout le poids de ce monde réuni sur un point ne peut l'écraser, ni même l'atteindre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Viva la muerte&lt;/strong&gt; !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-907019089757510996?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/907019089757510996/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=907019089757510996' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/907019089757510996'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/907019089757510996'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2012/01/plutot-mourir.html' title='Plutôt mourir .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-zB69PK8h87Q/TwSSwr9c1GI/AAAAAAAABWo/z3UMSi2Dh4M/s72-c/31414_1290906349285_1129043127_30636413_1657039_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-855624532800327146</id><published>2011-12-21T07:21:00.007-08:00</published><updated>2011-12-22T08:26:12.916-08:00</updated><title type='text'>Neutralisation et radicalité . Lucifer à l'ombre de l'arbre du monde .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-olVNuiqOD7o/TvH7zdyGgSI/AAAAAAAABWE/vWWe5nyajyU/s1600/397500_10150414471316652_573116651_8916856_1786693931_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 293px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5688604665932316962" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-olVNuiqOD7o/TvH7zdyGgSI/AAAAAAAABWE/vWWe5nyajyU/s400/397500_10150414471316652_573116651_8916856_1786693931_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(souvenir de Sade)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous autres hommes modernes, nous lisons beaucoup, beaucoup de suites, d'enroulements, d'averses de mots, de vagues de mots ; et ainsi les mots finissent par couler sur nos cuirasses comme les gouttes de pluie sur la carrosserie des voitures . Nous avons perdu les mots par excès, le sens des mots par obésité verbale . L'Ecclésiaste dit : &lt;em&gt;les mots sont usés, on ne peut plus les dire &lt;/em&gt;. Je ne doute pas que cela soit un signe particulièrement grave, significatif de la difficulté que rencontre un homme ne serait-ce que pour se faire bien comprendre de manière élémentaire sur des problèmes particulièrement liés à l'abîme, obscurs, fascinants, trompeurs . Les Avant-gardes de l'Est ont particulièrement médité sur cette usure . L'usure des mots est l'impuissance à la vérité . La vérité, c'est le discernement appliqué à ma relation à l'être, à mon expérience vitale . L'usure des mots est l'impuissance à être pour l'homme, l'être qui habite en parole .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'occultation de la vérité est une et même avec le règne du Spectacle et le nihilisme . La communication est monopolisée par des produits techniques syntones au marché, au Système . L'illusoire devient principe directeur de la monstration, &lt;em&gt;le vrai un moment du faux .&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La communication est à la fois le passage, la transmission, le pont entre les mortels dans les cycles du temps comme dans les entrelacs de l'espace – et l'auto-position de la communauté humaine, de la Cité des hommes . La communication ne cesse de s'obscurcir, selon le modèle du formatage de plus en plus purement quantitatif d'une communication essentiellement basée sur l'échange de choses matérielles et d'argent – modèle, au sens d'analogué premier et principal de la communication générale . L'information est échangée comme un bien, en vue d'un gain matériel ou symbolique . Il y a un marché de l'information, même gratuite . Le modèle économique, le modèle de l'argent prend le dessus sur le modèle de la langue ; et les maîtres du langage ne sont plus rien face aux banquiers . Ce changement hiérarchique produit de l'amertume chez les maîtres du langage ; mais cette amertume est triste et pitoyable faiblesse de demi-maîtres . L'amertume doit rester l'étrangère au maîtres, même face à la mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Infiniment plus grave est le monde humain produit par la fin de la culture et de la langue comme forme générale de la Cité – que ce soit la Parole de Dieu dans les sociétés prophétiques, ou la paroles des hommes depuis la sophistique, dans la Démocratie athénienne, ou la parole divine répercutée par l'Empereur dans les Empires . En effet, la société post-culturelle est aussi la société post-humaine : l'être humain n'y est plus reconnu, ni comme puissance d'universalité, ni comme être parlant, ni comme puissance d'androgynie et de grâce . Voyez : il n'est plus de problèmes légitimes que locaux, dépolitisés, liés à la gouvernance régionale de problèmes homologues parlés par une idéologie unique qui n'est jamais ne serait-ce qu'interrogée, une idéologie unique qui prétend à la transparence du réel comme dans les pires caricatures ethnologiques des idéologies des hommes premiers . Voyez : il n'est plus d'être humains, mais des genres, qui n'ont guère d'autres enjeux que le partage des richesses matérielles, et des transgenres, sans que cela vienne à l'esprit d'aucun journaliste que définir l'homme par sa classe sexuelle est d'une pitoyable pauvreté, encore plus vide que la définition par la classe sociale ou la race . L'universalité est niée par le localisme comme par le Genre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a plus de problèmes politiques, dilués dans le traitement local des problèmes par des bureaucraties tentaculaires ; et il n'y a plus d'hommes, fragmentés en genres hostiles et concurrents . La fin de l'histoire est en route dans la gouvernance, quand bien même l'abîme s'ouvre sous les pieds du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais étudier l'idéologie véhiculée par les Gender Studies, car elle est une manifestation caractéristique de l'oubli moderne du processus général du totalitarisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tous ces fragments, la seule unité est l'unité du marché, la seule mesure l'unité monétaire et statistique . L'Empire moderne est celui non de la Loi, mais de l'argent et de la mesure . Le Genre est parfaitement conforme à ce monde, et ne mérite rien d'autre que la destruction, comme pire formation idéologique produite depuis le racisme biologique . Mais comme le racisme biologique est longtemps apparu comme une idéologie moderne, émancipatrice du cléricalisme obscurantiste, un savoir scientifique, objet de très nombreux programmes de recherches universitaires, enseignés dans la presse et les école de la République coloniale comme en Allemagne et dans les pays Anglo-Saxons, le Genre est en train de s'installer comme une idéologie d'émancipation avec des caractères très analogues .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La légitimité de la science et de l'université moderne seraient puissamment remises en cause par des études approfondies d'histoire des sciences, car les sciences humaines biologiques ont été un des creusets de l'idéologie nazie . Il est un révisionnisme portant sur cette histoire, quand on présente les études de Genre comme des pratiques évidemment progressistes, modernes et émancipatrices, alors même que les idéologues officiels du Genre ont pour la plupart rallié les franges les plus radicales du Parti Républicain au États Unis, et œuvrent dans des universités financées par des organisations patronales, qui représentent les intérêts de l'oligarchie . Comme le racisme biologique, la logique des Genres est celle de la fragmentation infinie du corps de la communauté humaine . Arendt comme Aron ont noté comme principale caractéristique du processus totalitaire l'atomisation des hommes, la production des individus isolés, donc impuissants – c'est aujourd'hui la logique du Système . &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les arguments des études de Genre sont tout à fait conformes à l'idéologie antisémite . Ainsi, dans certaines villes allemandes, aux XIXème et au XXème siècle, le pourcentage de médecins juifs sur le total des médecins dépassait 40% ; or la population juive, par exemple, représentait 10% de la population totale ; il s'ensuit que des quotas de juifs sur les études médicales semblait justifié . A partir d'une situation mesurée statistiquement, il était posé deux pseudos constats : tout d'abord, que la situation était injuste – or la spécialisation ethnique sur des métiers relève d'une socialisation et d'une tradition familiale, qui est profitable à la communauté, en règle générale – et ensuite, qu'il appartient à l'État de trouver par la force, par la Loi, une disparition de cette injustice agissant sur les indicateurs statistiques utilisés – c'est à dire que si 10% de médecins sont juifs à la fin de l'application d'une « réforme éthique », ou que 50% des députés sont de sexe féminin, on considérera que la justice est établie sur terre . Autant dire que l'application de quotas crée au contraire des situations d'injustice individuelle et d'arbitraire bureaucratique infinis ; que le service médical sera moins bon ; et que cette recherche d'égalité est sans fin . Dit autrement, cette recherche d'égalité statistique ne peut avoir d'autre conséquence que l'inflation indéfinie de la bureaucratie et du règlement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cela n'a aucune importance pour les puritains du Genre, ou les racistes ; et cela a servi ses fins véritables, qui est un renforcement indéfini de la puissance bureaucratique, cette délicieuse puissance de faire la pluie et le beau temps pour les vivants, pour les hommes orgueilleux, pour les belles femmes qui ne veulent pas se plier aux rites bureaucratiques, comme pour l'humiliation du misérable, l'humiliation de l'autochtone incapable de se défendre et de se faire valoir comme genre ou comme transgenre . La bureaucratie, ce grand conglomérat de petits hommes pourvus d'un petit rouage calculateur, d'adorateurs du Règlement, ces hommes du Procès intenté à toute grandeur . Le procès de Joseph K n'est pas terminé, il ne cesse au contraire de se ramifier à l'infini, et nous ne le voyons plus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Prenons le cas des professions juridiques . Admettons que 1% de la population d'une ville soient notaires, et que l'on souhaite que pas plus de 1% des nouveaux notaires soient fils de notaires, pour lever cette injustice intolérable qui fait que les enfants de la bourgeoisie ont plus d'accès aux métiers d'officiers de justice, très rentables et très fermés . Il faudrait prendre des mesures très inégalitaires contre les enfants des notaires, leur interdire de choisir le droit, par exemple . De même, pour les professions commerciales ; il faut saisir les boutiques transmises par héritage ; et enfin, pour les Grandes Écoles, il faut obtenir que 99% des élèves ne soient pas enfants d'anciens élèves...le sens général de ces position pseudo-éthique est que la reproduction sociale, normale et naturelle, comme la transmission familiale d'un capital matériel ou culturel est inacceptable, contraire à l'éthique, à la vision du monde du Système . Il s'agit là encore de manifestations d'une suspicion idéologique des liens privés, liens sauvages, car non contrôlés par le Système . Il est tout à fait évident que la transmission familiale de la culture et de la tradition crée des lignages plus ou moins spécialisés, et de grandes divergences statistiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seule l'école rigoureusement égalitaire et enseignant les genres est légitime ; et puisque les concours et les élections laissent apparaître des inégalités statistiques, ils doivent être corrigés . La solution la plus « juste » serait que les professions soient tirées au sort par la Loi, selon de rigoureux quotas statistiques ; l'exemple des boutiques, du capital industriel ou financier montre au contraire que la transmission de la propriété n'est pas tant interrogée que la transmission culturelle, on s'en serait douté à vrai dire . Au total, la véritable question est celle d'une finalité de monopole de la reproduction sociale assurée par le monopole de édiction des normes du Vrai, du Bien et du Juste par tous les pseudos comités d'éthique fonctionnels de la bureaucratie . Les écoles, alliées et asservies aux entreprises d'ailleurs, auraient ainsi la puissance d'exercer de manière optimale leur fonction de sélection et de classement des ressources humaines en fonction du seul critère de compétence, c'est à dire du critère de puissance de produire de la Valeur ajoutée par son travail dans le Système . La logique interne de l'entreprise des Genres aboutit à disqualifier toute transmission extérieure au Système, et à ses contenus de masse formatés et évaluables, et à empêcher toute formation de liens puissants capables de contrebalancer les bureaucraties de la « gouvernance » . Bref, les Gender sont un aspect de l'idéologie de guerre « moderniste »des bureaucraties du Système, qui sont indifféremment « publiques » ou « privées » . Et les bureaucraties sont les nouvelles Églises et les nouvelles Inquisitions, chargées de réprimer l'infection des hérésies, des pensées et des comportements jugés non fonctionnels au Système, non conformes à l'idéologie officielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Genres procèdent de la même manière qu'une politique antisémite d'État comme celle de l'Empire Russe d'avant 1914 : on constate par hypothèse que 70% des humains de telles professions sont, non pas juifs, mais de sexe mâle ; et il s'ensuit qu'il faut établir des quotas de mâles dans cette profession . Le remède n'est lié à aucune réflexion sur les sources et la construction du « problème » . Qu'une infinité de statistiques soient possibles pour montrer des inégalités, c'est ce qui est passé sous silence ; que des quotas par sexe ou par origine ethnique soit la négation en acte de l'universalité humaine, c'est encore ce qui est passé sous silence . Enfin, qu'une telle égalité arithmétique et statistique soit présentée comme une figure de la Justice, que l'on écarte d'un geste l'injustice manifeste de quotas univoques (sur un critère) ne peut signifier qu'une chose : les Genres voient le monde par les lunettes de l'évaluation statistique, quantitative, et construisent le monde par les yeux et les outils du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde des statistiques était censé être une mesure fiable du monde existant ; mais c'est le monde existant qui désormais doit se plier aux statistiques . La mesure quantitative devient l'énonciateur de la Loi . Les genres, diffusés par les ambassades des États Unis, par les universités nationales, par des manuels Armand Colin en France, par des mastères, par des campagnes de promotion ministérielles, par des lois, sont un avatar des idéologies bureaucratiques, après le racisme d'État . Mais nous sommes tellement neutralisés que même une énormité, un monstrueux attentat à l'égalité naturelle des hommes, comme la définition d'un crime de féminicide – signifiant que la vie d'un humain de sexe mâle n'est pas la vie d'un humain de sexe féminin – ne crée même pas le plus petit scandale . Cela n'est pas bon, à dire le vrai ; nous baissons les yeux comme baissaient les yeux ceux qui voyaient l'application des lois de Vichy .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je suis las...j'ai l'âme trop pesante ! Tous ces mots des genres, qui accepte d'en voir le caractère résolument, glacialement monstrueux ? Même la voix d'Elisabeth Badinter, dans &lt;em&gt;la fausse route&lt;/em&gt;, est inaudible, face à l'arrivisme cynique et au fanatisme des idéologues traducteurs des Genres . Tous ces gens de gauche qui baissent la tête devant tous ces crachats à la face de l'Égalité, qui répètent une idéologie inégalitaire et destructrice financée et diffusée par le MEDEF et par l'État, avec la furieuse bêtise des imbéciles, quelle sanie, quelle nausée – et cette absence de recul . C'est un spectacle véritablement horrible à voir . Mais qui le voit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Les mots sont usés, on ne peut plus les dire &lt;/em&gt;. Les mots s'accumulent, provoquant la grande censure par le bruit . La blague ancienne, disant que la dictature c'est ferme ta gueule, et la démocratie cause toujours, est profondément réaliste . Tous veulent parler, tous veulent courir à dire, tout en n'ayant presque jamais rien à dire . Tous ont désappris à écouter plus de cinq minutes, tous ont désappris la loyauté, la ténacité, la force, le fanatisme . Alors tous mettent mécaniquement de la musique vue et revue, des images vues et revues, des mots usés jusqu'à la corde . Tous – je n'en suis pas absent, vu ? Et ceux qui veulent des émotions fortes, des informations de valeur dans le monde de la neutralisation, diffusent des mensonges, des légendes urbaines, du complot à la pelle, du révisionnisme, bref, n'importe quoi pour sortir de ce monde étouffant qui ne cesse d'empiler des signes qui perdent progressivement toute signification par saturation, comme si on cherchait à combler de boues la mer de la signification .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l'accumulation quantitative des signes, la valeur de l'Avant-garde se mêle à tout ce qui est provocation, donnant des émotions, offrant de l'inconnu, du nouveau pour des hommes de plus en plus blasés, ayant vu les plus grands délires, des images atroces de morts et de lynchages, des images pornographiques selon une logique inflationniste de la surenchère vers le choquant, l'obscène, le scatologique, le blasphématoire . Tant et si bien que le trash peut se présenter comme Avant garde, et que le fait de déféquer sur scène, ou de se moquer des morts, devient expressivité de l'artiste pour les faussaires de l'art, comparables aux faussaires de l'action politique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans ces marécages que les mots, et la vie même, deviennent des jouets, des hochets de pontifes universitaires fumeux, qui alignent les pensées les plus corrosives comme des requins dans des tableau de chasse sous-marine . Lautréamont et Sade, Nietzsche, Marx, Tiqqun, le Comité invisible, Mein Kampf, les traités de sorcellerie, Aleisteir Crowley, l'épopée Punk, Guy Debord...et les Vampires, les serials killers, Ted Bundy, les œuvres immondes de Schaefer, comme des requins alignés, pendus par la queue ; des lectures comme de la cocaïne ou comme des amphés, sur le mode de &lt;em&gt;la part d'ombre &lt;/em&gt;de James Ellroy, des excitants pour sortir de l'ennui et de l'usure des mots .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, j'en témoigne, c'est aspirés par le vide que nous avons cherché le sang et la chair vivante des mots de folie et de fureur, quitte à rendre un culte à un assassin plutôt que de mourir de la folie blanche de l'autodestruction dans les filets du Système . Le Système est pour nous l'équivalent de l'Enfer ; et ce que nous éprouvons pour lui, du fond du cœur, est de la haine, de la rage . Nous voulons le détruire sans rémission . Nous sommes des loups . Une vie humaine mesurée par l'argent est la vie d'un chien, et le loup attaché à une laisse aspire à la mort . Il devient fou, mauvais, cruel . Nous nous sommes compris avant de perdre la raison . Nous avons abandonné volontairement, consciemment, la raison du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons finalement compris le sens du processus du Nihilisme européen : il révèle que &lt;em&gt;tout ce qui existe mérite d'être détruit&lt;/em&gt;, par cela même qu'il est né – Mani proclame que la naissance est une malédiction . Telle est la Gnose dans l'Empire Romain, cette réputation d'ennemi de l'homme des gnostiques, adorateurs du Serpent . Telle est aussi le secret de notre Gnose appliquée aux productions du Système, à ses lotissements, ses supermarchés, ses prisons intérieures, extérieures, explicites ou implicites toutes équivalentes, son spectacle . Oui, tout ce qui existe mérite d'être détruit, même si tout ce qui existe est bon et beau . Mais nous, nous avons l'intention ferme de connaître la félicité de l'enfer . Nous sommes le souffle de Méphistophélès :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je suis l'esprit qui toujours nie ; et c'est justice, car tout ce qui existe est digne d'être détruit ; il serait donc mieux que rien n'existât . Ainsi, tout ce que vous nommez péché, destruction, bref, ce qu'on entend par mal, voilà mon élément &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les blooms usés, blasés par le flot monochrome des mots dans le Spectacle, accumulent les signes de provocation pour entendre enfin une voix humaine, ne serait-ce qu'une fois dans leur vie misérable en fait, et toujours construite comme une puissante grandeur, le règne de l'homme souverain du Système, ce vide aux reflets d'or . Ils entendent le vide et le creusent dans l'espoir que des voix d'hommes, des échos, viennent dénier cette antique intuition sans cesse refoulée par les lumières du Spectacle : leur monde est vide, tissé de vide, une vacuité absolue vouée à la destruction par la puissance du Temps . Mais l'antique intuition du vide est aussi la terrible fascination de l'abîme ; aussi se tournent-ils vers ce qu'ils refoulent, et tournent autour du vide en brandissant des mots ou des images qui sans cesse le voilent . Fascinés et effrayés, ils pratiquent des conjurations extatiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre plus grande cruauté est de tourner leur regard vers le vide, d'arrêter leurs danses, et de pointer l'abîme, de le rendre désirable comme une femme, comme le somptueux corps nu d'une femme sorcière, puissante . Notre plus grande cruauté est de dévoiler la chair de Kali et ses voluptés sombres . Le désir s'abîme vers l'abîme – et le choc donnera en retour la puissance du chaos et de la destruction qui peut faire refleurir des printemps . L'abîme et le néant sont les dernières puissances d'évocation dans l'ère du nihilisme : Satan est la dernière figure du Dieu puissant, armé du glaive de la destruction .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce contact de la grâce par la morsure du vide, ce retournement par la panique et le vertige des ténèbres, par l'aspiration de la démence solaire, le bloom s'en protège une dernière fois – non par l'idéologie usée jusqu'à la corde, mais par la fiction et le rire . Ainsi un sectateur des Gender Studies peut aussi se réclamer de Sade, quand bien même une puissante antinomie sépare Sade comme philosophe du puritanisme matriarcal déformé par la névrose des Gender . Comment est-ce possible, ce mélange désordonné de la production symbolique moderne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les hommes blasés par les mots, chaque auteur, chaque philosophe est une sorte d'artiste faisant une composition de mots, mots dressés dans l'espace vide comme ces requins déjà montrés pendus par la queue, neutralisés, morts, exhibés comme des emblèmes incompris par leur extraction de la mer, par leur isolement de leur milieu de vie, par leur éclairement même . Aussi peut-on goûter sans danger tout penseur comme créateur d'univers fantasmatiques, puisque complètement dégagé de tout lien aux mondes, comme on peut promener ses mains sur les dents des requins ensanglantés, aux yeux vides . La pensée est alors un catalogue de fictions, tout comme des romans, la forme la plus neutralisée de la littérature . Sade est l'expression de l'anomie du désir, le désir en action dans sa libre perversité polymorphe ; et rien de plus . En fait, Sade est conçu comme le concepteur d'un jeu vidéo, un monde d'émotions dégagé de la vie réelle . Sade est réellement drôle, du rire satanique qui se réjouit du mal et qui se rit de la moraline cléricale ; mais leur rire de bloom est celui de la mise à distance de la gravité de Sade, de cet homme qui a passé tant d'années en prison .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que trop de lecteurs modernes qui prétendent aimer Sade oublient – ne peuvent intégrer à leur pensée . Sade ne riait pas, ne jouait pas, pas comme ils espèrent l'entendre . Sade était un philosophe sérieux, il croyait en Dieu et était du parti du Diable . Il se voulait méchant, cruel . Certes, il l'était moins qu'il ne l'aurait voulu . Mais il ne riait pas de ses paroles de défi . Il ne se défendait pas d'être cruel, il ne se voulait pas d'avant garde . Il était de la race de Caïn, il multipliait les malédictions et les blasphèmes comme des défis au Créateur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se savait concurrent de Voltaire et différent de lui . Il ne se voulait pas des Lumières, et ne croyait pas au progrès de la morale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel homme moderne peut comprendre Sade sans le mettre à distance par les mots d'Avant-garde ou d'humour ? Mais Sade ignore et l'Avant-garde, et l'humour . Sade est à prendre nu, à dévorer cru, avec le souffle, le foutre et le sang . Qui s'avance pour en dire la vérité de minuit ? Sade ne fait pas rire, il ne fait pas rire l'homme qui l'écoute, hiératique, avec un loup noir dans un fauteuil d'or .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aime le rire, et je ris . Quand je dis que Sade ne rit pas, qu'il est sérieux, je ne dit que cela : ses paroles relèvent manifestement d'une pratique, et tout homme qui pense avec sérieux doit, comme Lautréamont, sentir ses cheveux qui se dressent sur la tête, et sentir une sueur de mort lui couler le long du dos . Le lecteur qui ne se demande pas ce qu'il ferait, ce qu'il ressentirait, en torturant comme Sade, met à distance, participe de toutes les neutralisations du monde moderne . Le monde moderne est un champ de boue, une glu qui colle et alourdit les ailes des mots, qui ferme à toute compréhension du texte comme sève, sang, souffle, vie . Et s'il sait cela...Oui, il a le droit de rire, s'il sait cela .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx, Nietzsche, ou encore Sade, tous ces hommes écrivaient avec le plus grand sérieux, même s'ils riaient – et il n'est pas certain que tous riaient . La pensée est sérieuse qui engage la vie . Marx n'écrivait pas pour être commenté avec forfanterie par un psychotique, prétendant dire mieux que lui ce qu'il voulait dire, enfermé dans l'École Normale Supérieure, enseignant à des enfants bourgeois ignorants de la vie . Nietzsche n'a jamais écrit, le pauvre, pour être enseigné au troisième âge dans une université populaire . Dante n'a jamais écrit pour être commenté par un homme mêlant pseudo-situationnisme enfermé dans les méandres sommaires d'un lacanisme de parade, et idéologie positiviste – progressiste, nommé Mehdi Beladj Kacem, qui ignore profondément et méprise la mystique que Dante place au sommet de l'indicible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le salut de la pensée passe par la rigueur, et non par la compassion . La pensée doit être pratique expérimentale, et non pas l'enflure de paroles verbales, non pas des jouets, pas des fictions . Les mots sont les mots . Notre temps n'est pas le temps des danses de printemps, il le temps des brasiers de l'hiver, de la Faux qui sépare le grain et l'épi, et du fléau qui s'abat sur l'aire, pour séparer le grain du son et de la balle . Faux, Fléaux, temps du recours au forêts et des charbonniers noircis veillant sur les braises des éruptions et des enfers .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux:&lt;br /&gt;un temps pour naître, et un temps pour mourir; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté;&lt;br /&gt;un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir;&lt;br /&gt;un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;&lt;br /&gt;un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements&lt;br /&gt;un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter;&lt;br /&gt;un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;&lt;br /&gt;un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ecclésiaste&lt;/em&gt; 3, 1-8&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Telle est la race des feuilles, telle est la race des hommes &lt;/em&gt;. Autant pour tout homme chaque jour apporte ses peines et ses rires, le présent cycle du monde est celui du règne de la Mort . Il est pour le mortel de nombreux délices à vivre à l'âge de fer – mais ce temps est le temps des arrachements, des larmes, et des pierres . Les hommes se sont perdus, et les mots nouveaux doivent tomber comme des pierres – c'est un cycle de guerre . Les livres nouveaux doivent être des &lt;em&gt;manuels&lt;/em&gt;, des &lt;em&gt;pensées pour soi-même&lt;/em&gt;, des &lt;em&gt;Hagakure&lt;/em&gt; - des mots écrits pour la main autant que pour la bouche, des mots qui soient des actes, des décisions, des invocations avant d'être des poèmes qui chantent le crépuscule . A diminuer l'impossible exigence, on rend l'exigence impossible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous devons des mots tranchants, des épées dans la bouche . Quand on est en prison, comme les sept jeunes gens dans la caverne d'Éphèse, on existe de trois manières : quand on creuse vers l'air libre, quand on respire un filet d'air, un vol d'oiseau, un rayon de lune ; quand on crée un lien loyal . Et le reste est divertissement de l'enfermement . Un tel divertissement est humain, mais justement nous revendiquons une certaine inhumanité . &lt;em&gt;J'ose écrire cela de ma plume qui tremble&lt;/em&gt;...comme Lautréamont, qui &lt;em&gt;s'est jeté résolument dans la carrière du mal&lt;/em&gt; . Kourouma chante Koyaga : «&lt;em&gt; (...)je deviendrais cruel, sans humanité ni concession quelconque . Termine Koyaga &lt;/em&gt;. » Sans humanité ni concession quelconque . Telle est la radicalité de l'homme de l'exil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le psaume est terriblement sérieux qui dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes, et nous pleurâmes au souvenir de Sion. Aux saules qui les bordent, nous suspendîmes nos harpes; car là nos maîtres nous demandaient des hymnes, nos oppresseurs des chants de joie. "Chantez-nous [disaient-ils],un des cantiques de Sion!" Comment chanterions-nous l’hymne de l'Éternel en terre étrangère? Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies! Souviens-toi, Seigneur, pour la perte des fils d’Edom, du jour [fatal] de Jérusalem, où ils disaient: "Démolissez-la, démolissez-la, jusqu’en ses fondements!" Fille de Babel, vouée à la ruine, heureux qui te rendra le mal que tu nous as fait! Heureux qui saisira tes petits et les brisera contre le rocher&lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà ce que nous pensons chaque jour du Système et des pensées issues du Système : heureux qui les brisera sur le rocher de l'intransigeance ! &lt;em&gt;Nos maîtres nous demandaient des hymnes, nos oppresseurs des chants de joie&lt;/em&gt;...je ne peux admettre de penser l'art en dehors des cycles de l'histoire . En vérité l'art est prophétie, exigence de vérité et de justice . L'art est par essence lutte contre le règne de l'or, contre l'asservissement du monde à l'or . Ce monde doit être détruit – et tant qu'il règne avec sa totale insolence – nos paroles sont celles de Lucifer : &lt;em&gt;le mal, la destruction, voilà mon élément &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bénédiction de Dieu soit sur le Sauroctone .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-855624532800327146?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/855624532800327146/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=855624532800327146' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/855624532800327146'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/855624532800327146'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/12/neutralisation-et-radicalite-lucifer.html' title='Neutralisation et radicalité . Lucifer à l&apos;ombre de l&apos;arbre du monde .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-olVNuiqOD7o/TvH7zdyGgSI/AAAAAAAABWE/vWWe5nyajyU/s72-c/397500_10150414471316652_573116651_8916856_1786693931_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-8532378931291055225</id><published>2011-12-14T09:15:00.006-08:00</published><updated>2011-12-15T00:59:30.970-08:00</updated><title type='text'>Pain et vin . La vérité comme faim et comme soif .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-e1piH9RlsRM/Tuje3p3X8tI/AAAAAAAABVs/47BQx0OGLIA/s1600/ALBREC%257E1.JPG"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5686039577267532498" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-e1piH9RlsRM/Tuje3p3X8tI/AAAAAAAABVs/47BQx0OGLIA/s400/ALBREC%257E1.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Dürer, essais de fleurs)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;A Hölderlin, frère du pain et du vin à la table des dieux&lt;/span&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est un grand mal qui doit être mieux connu du penseur, et qui est le reniement de son cœur – du cœur de l'être, celui qui est à droite du corps - au nom de la raison, de la soi-disant raison, qui n'est que le nom de l'idéologie . Le vivant a besoin de vivre, et de vivre de la vérité ; il a besoin du souffle des étoiles comme ses poumons ont besoin des souffles d'air . Mais la vérité ne se trouve pas dans les articulations les plus fines des systèmes sémantiques . Les systèmes sémantiques sont des voies, des forêts éperdues où il n'est pas de maisons de forêt, si ce n'est dans l'illusion des contes des hommes . Il est bon de les parcourir, et mauvais de s'enfermer dans les ronces passées en barbelés d'un système de mots . Les mots sont les mots .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est hors de la portée de l'homme de clore le langage, de fermer les chemins de forêt ou les portes du ciel . Blake écrit : car l'homme s'est enfermé en lui-même et voit le monde par les étroites fissures de sa caverne . Il peut sembler à l'élève, qui écoute les paroles d'un Maître, qu'il ne puisse aller au delà de la sphère de ses paroles, image de la Splendeur de la voûte céleste . Mais celui qui n'ose pas dépasser son Maître est un timoré .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors les paroles du Maître ne sont plus ce qu'elles doivent être, des étincelles jetées dans l'obscurité sur le chemin de la vie, qui permette de le dépasser . Car l'homme n'est autre que le dépassement de soi-même, et le Maître sait qu'il sera dépassé s'il est digne d'être un maître authentique . Dans le livre III du &lt;em&gt;Metalogicon&lt;/em&gt;, Jean de Salisbury fait dire à son maître Bernard de Chartres : &lt;em&gt;Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maître doit élever, et ainsi porter au dessus de lui ; car ce qui le porte n'est pas l'amour de la puissance, mais l'ardent désir du Haut tant désiré ; et ainsi, si celui qu'il a porté contre son cœur est au dessus de lui, il en ressent une grande joie – si, comme Jean le Baptiste le dit de Jésus : &lt;em&gt;il faut qu'il grandisse et que je diminue (…) je ne suis pas digne de dénouer la lanière de sa sandale . (…) voici ma joie, elle est parfaite&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas de grandeur plus haute, pour l'homme terrestre, que de savoir devenir nu, renonçant, petit . L'homme qui marche vers l'Un est en compagnie d'un jumeau, est une syzygie de l'homme mort et de l'homme de lumière . Une très ancienne parole dit : &lt;em&gt;pas de série pour le nombre un . La nécessité unique, le trépas, père de la douleur – rien de moins, rien de plus &lt;/em&gt;. Il n'est d'autre issue pour un être qui a atteint son plus haut degré que de disparaître, de connaître l'extinction . C'est bien la boisson la plus amère, et la plus grande, de se savoir et se dire serviteur . Qu'un homme élevé comme Ibn Arabi se soit voulu serviteur, ou agneau de Dieu, est un signe de la vérité de ces paroles . Dante n'a pas eu de lieu pour poser ses livres et sa vie . L'homme le plus établi est pour le Ciel un nomade - et celui qui le sait chante l'éternité de la fleur éphémère .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le serviteur du Verbe ne peut clore les spirales indéfinies du verbe, ce que tout système, tout jugement se propose de faire sans cesse, comme une onde qui repart à l'assaut dans le déroulement de ses spires, en vain . Le verbe est un chemin indéfini – il est ce souffle qui passe entre les lèvres des hommes : &lt;em&gt;le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix – mais tu ne sais d'où il vient ni où il va &lt;/em&gt;. Aussi le Maître a t-il ajouté : &lt;em&gt;ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés &lt;/em&gt;. Il n'est rien de plus étranger à l'homme spirituel que le système philosophique . Rien n'est plus illusoire que la puissance des vérités, des théories . Woland déclare justement à ce sujet, dans &lt;em&gt;le Maître et Marguerite&lt;/em&gt;, en parlant à la tête coupée d'un homme mort :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce sont des faits . Et les faits sont la chose la plus obstinée du monde . Mais ce qui nous intéresse maintenant, c'est ce qui va suivre, et non les faits déjà accomplis . Vous avez toujours été un ardent défenseur de la théorie selon laquelle lorsqu'on coupe la tête d'un homme, sa vie s'arrête, lui même se transforme en cendres et s'évanouit dans le non être . Il m'est agréable de vous informer, en présence de mes invités, et bien que leur présence même soit la démonstration d'une tout autre théorie, que votre théorie à vous ne manque ni de rigueur ni d'ingéniosité . D'ailleurs, toutes les théories se valent . Il en est une, par exemple, selon laquelle il sera donné à chacun selon sa foi . Ainsi soit-il ! Vous vous évanouissez dans le non-être, et moi, dans la coupe en laquelle vous allez vous transformer, je suis heureux de boire à l'être &lt;/em&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;D'ailleurs, toutes les théories se valent &lt;/em&gt;. Voilà exactement ce que Ibn Arabi aurait pu dire de la philosophie : elles se valent pour ceux qui y croient, étant des puissances déterminées de vertu, et des puissances indéterminées d'enfermement, comme l'être est tissé d'indétermination, c'est à dire d'infini . Les théories, les systèmes, ferment l'accès à l'infini reflété par le verbe comme le bleu de la mer est le reflet de l'azur du ciel . La voix est l'aile qui porte les mondes en suspens dans l'air . C'est la voix qui porte, le verbe qui emporte, et non les idées encloses sur elles-même, et qui ne portent pas de fleur ni de fruit . Et les vagues de sa voix me bercent et m'entrainent sur le rayon de lune, comme les alizés autrefois sur la mer berçaient le vaisseau fantôme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les paroles que je prononce sont des paroles de science, de saveur de la vie : de gnose . La gnose n'est pas un système, ni une possession, mais un récit, une symbolisation de souffles, de crépuscules, de vies humaines indéfinies . Depuis très longtemps les maîtres de parole, qui ne sont ni les poètes ni les hommes du souffle et du serpent, veulent la puissance des mots comme possession ; ainsi sont nées la sophistique, la logique, et les sciences locales au sens moderne, des mots de puissance et de possession, avant devenir à nouveau déprivées de mots, des domaines techniques – des domaines d'appropriation de l'inanimé où l'inanimé s'approprie l'animé... Les maîtres de parole veulent dire non l'être, par le poème, mais les étants, saisir leurs essences pour les classer, les déterminer, les partager, les ranger dans des boîtes . Il est possible de le comprendre par le double sens du mot &lt;em&gt;essence &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence du sage extatique est le noble acte d'être, cette puissance imprévue de l'aurore déployant de la dissolution de la nuit les éclatantes couleurs et les mystères du monde ; et le langage, tel Adam nommant les animaux, est le frère du souffle de Dieu donnant la vie et déployant la lumière et les ténèbres de son Verbe, pour créer cette splendeur devant laquelle Dieu lui-même s'extasie d'une auto-extase, d'une félicité dont l'être plié de la conscience d'Adam est l'image . Ainsi le poète ordonne et dévoile la Splendeur à l'image de Dieu, et ainsi le poète, le barde est l'enchanteur, et le double occulté du Roi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le poète sait aussi que tout le spectacle somptueux du monde, toute sa gloire, son essence, est vent et poursuite du vent, aussi bien vacuité que souffle, vide et or du monde résumés dans le cœur de l'Un . L'essence du manifesté comme manifesté est le souffle, le passager – ainsi l'ego de l'homme est la flamme fragile d'une bougie au vent, quant tes mains jointes en cercle ne la protègent pas de son nid de chair et de peau . Ruteboeuf dit : &lt;em&gt;Ce sont amis que vent emporte – et il ventait devant ma porte – les emporta &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence du manifesté comme manifesté est identité, et l'identité est vide et tournoyante ; et l'essence du manifesté comme non-manifesté est l'éternité invisible de la puissance, le centre immobile et sans dimension de la roue des mondes . Comme les mondes et les étoiles, le sage est un être tournoyant . Blake note : &lt;em&gt;The man who never alters his opinion is like standing water, and breed reptiles of the mind . L'homme qui ne change jamais d'opinion est comme une eau stagnante, qui génère les reptiles de l'esprit &lt;/em&gt;. Le sage est libre vis à vis des théories, car les théories ne sont là que pour manifester la Splendeur . &lt;em&gt;Tout ce que nous avons vu n'était du qu'à ta métaphysique . Car lorsque tu as fui, je n'ai plus vu qu'un joueur de harpe sur une rive, au clair de lune &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence de l'Un est l'être, l'éternité, l'instant infini sans durée . Le tissu du monde visible est l'infime très précieux, insaisissable, le germe de tous les mondes résumés dans l'oeuf de serpent . Dans ce sens le parfumeur saisit l'essence de la Rose pour la déposer dans ses parfums précieux, qui sont des microcosmes de jardins .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'essence dans le langage du maître de parole est l'essence d'une substance, son « identité » nécessairement attribuée par une puissance se voulant souveraine, la puissance humaine . Cette essence d'une chose est une saisie dans le langage pour opérer une détermination, une négation, une appropriation et un contrôle, l'initiale du principe d'identité, des papiers, des statistiques, des autorisations, des livres de comptes . L'essence de rose du chimiste est une liste de composés organiques, dont il est possible de faire une réplication synthétique dont le prix sera plus compétitif – il n'est pas de profondeur de la saveur, pas de microcosme, juste au fond une odeur là où d'autres voyaient un monde ; et une liste de signes, de chiffres, de diagrammes – une saisie complète en apparence, mais où se perd l'insaisissable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne s'agit pas de revenir indéfiniment aux poncifs de l'opposition de l'ingénieur et du poète, mais de comprendre que dans chaque homme se posent ces choix – le puissant désir d'appropriation est un voile qui se dépose sur l'objet désiré ; le moteur du désir d'appropriation ne peut être approprié . Car l'acte d'attribution d'une essence est une réduction de l'étant singulier au cas particulier d'un système de pensée . L'acte de réduction à une essence sémantique fait de l'étant singulier, un abîme de sens possible, un signe de l'ensemble de tout être en puissance un étant particulier : le cas particulier d'une règle posée par la volonté de l'homme . L'acte d'attribution d'une essence n'est pas le dévoilement d'une essence préexistante, mais une détermination, une négation, une fermeture, une appropriation : au fond, le prélude d'un anéantissement . &lt;strong&gt;Le processus d'appropriation et le processus du nihilisme sont un et même &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui cultive des Iris dans le monde moderne ne peut voir l'Iris avec les yeux de Dürer, la preuve de l'existence de Dieu . Blake dit à l'ange de la philosophie : &lt;em&gt;Je perds mon temps à converser avec toi dont les œuvres se limitent aux analytiques (d'Aristote)&lt;/em&gt;...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il importe de voir que les maîtres de parole qui imposent des essences, des identités à des choses déterminées, veulent avec force que leur monde soit le Vrai Monde, et pas le monde de Turner, un monde sans formes ni limites, donc sans identités ; et nombre d'hommes, et même des penseurs, en viennent à penser que si un conflit nait entre une théorie « scientifique » et la perception vécue immédiate, il faut sacrifier la vie . Dans l'ancienne Église catholique, on parlait déjà de sacrifice de l'intellect, quand des affirmations de l'Église semblaient contredire l'évidence de l'intellect...&lt;strong&gt;Le monde du sacrifice de l'évidence sensible n'est pas meilleur que le monde du sacrifice de l'intellect &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette problématique est très ancienne . Je prends l'exemple de Zénon d'Elée . En vérité, si Zénon cherchait à nier le mouvement manifesté par ses paradoxes – ce qui me semble faux, car Zénon ne cherchait qu'à donner tort, au contraire, aux négateurs de l'Un – il était aisé au philosophe de marcher pour lui présenter la réalité vécue du mouvement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà un paradoxe de Zénon :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Car, si l’être était divisible, supposons-le sectionné en deux, et ensuite chacune des parties en deux, et que cela se reproduise sans cesse, il est évident que : ou bien il subsisterait certaines grandeurs ultimes qui seraient minimales et insécables, mais infinies en nombre ; ou bien il s’évanouirait et se résoudrait en ce qui n’est plus rien, et serait constitué de ce qui n’est plus rien ; deux conclusions qui précisément sont absurdes. Donc il ne sera pas divisé, mais demeurera un. De plus, en effet, puisqu’il est semblable en tout point, si on lui attribue la divisibilité il sera divisible semblablement en tout point, et non pas ici divisible et là non. Supposons-le donc divisé en tout point : alors il est évident que rien ne subsistera, qu’il s’évanouira, et que s’il est vrai qu’il soit constitué, il sera à nouveau de ce qui n’est rien. Car tant que quelque chose en subsistera, le procès de division en tout point ne sera pas encore achevé. En sorte que il est encore manifeste d’après ce qui précède que l'Être est indivisible, et sans parties, et un&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un commentateur moderne note : &lt;em&gt;De toutes les apories qu’un Zénon relevait dans le concept du mouvement, il n’y a pas lieu de conclure que le mouvement n’existe pas mais bien qu’il est contradiction en acte &lt;/em&gt;. Contradiction en acte, c'est à dire qu'il est en acte des contradictions logiques, des faits que dans la logique, le principe de non-contradiction déclare impossibles ; ou encore, entre ce qui ne peut être pensé mais qui est, et ce qui peut être pensé et qui n'est pas, il n'est pas possible de choisir rationnellement le deuxième - car c'est la même chose de penser et d'être si et seulement si l'être est le principe de la pensée . Le principe de contradiction énonce : une substance ne peut pas être et ne pas être en même temps et sous le même rapport ; et le mouvement d'une substance montre une substance qui est en un lieu et n'est pas dans un lieu en même temps et sous le même rapport . Les paradoxes de Zénon sont d'un homme disciple de Parménide : il défend l'éternité de l'être un qui tisse le monde illusoire des apparences mouvantes . L'unicité de l'être, un intangible principe traditionnel que Blake formule ainsi : &lt;em&gt;God only Acts and Is, in existing beings or Men . Dieu seul Agit, Dieu seul Est, dans les choses existantes comme dans les Hommes&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis l'affaire Galilée, de nombreux hommes ignorants - Héraclite note : &lt;em&gt;L'étendue des connaissances n'enseigne pas à avoir l'esprit ; sans quoi elle l'aurait enseigné à Hésiode et Pythagore, et encore à Xénophane et Hécatalos&lt;/em&gt; – ont préféré l'apparence de mots et de théories scientifiques à la vie . De ce que la terre semble immobile et le soleil accomplir de larges cercles, et qu'ils soient persuadés que c'est l'inverse qui est vrai – alors que &lt;strong&gt;dans un univers indéfini, choisir le repère soit un acte de souverain, et qu'il n'est aucune obligation pour le souverain d'être plus simple, ou le plus simple&lt;/strong&gt;, bien au contraire – ils ont considéré que toute expérience vécue qui se trouvait contredite par une théorie devait être niée . Ils ont douté de la vie même pour sauver leurs réseaux de mots et de nombres, dont ils sont devenus les valets . Après Laplace, ils ont cru au déterminisme contre l'évidence de leurs journées passées à faire des choix . Voyez les notes de Claude Bernard, le fameux expérimentateur qui fut une nouvelle idole de la IIIème République : &lt;em&gt;nous nous croyons libres, comme nous croyons que le soleil se lève et se couche&lt;/em&gt;...Ils ont cru au caractère illusoire de la vie dévoilé par la science, et ils y croient encore . Ils ont cru être la fin de l'existence humaine, et ont cru de manière institutionnelle au racisme, avec le consensus des scientifiques des derniers siècles . Voyez Gould, &lt;em&gt;la mal-mesure de l'homme&lt;/em&gt;, si vous en doutez, ou allez dans une bibliothèque et voyez un Larousse ou une encyclopédie des années 1880 à 1945, ou une revue anthropologique prise au hasard . Certains croient même encore la fable plaisante que des millions d'années d'évolution humaine ascendante ont conduit jusqu'à eux, et que n'importe quel être obèse, au faciès porcin, habitué à toues les trahisons et à tous les mensonges, peut être supérieur au grand Platon, du seul fait qu'il affirme que la Science a donné tort à Platon, à la télévision, devant un journaliste qui ne sait pas de quoi diable il s'agit, et reste bouche bée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas sage de tant s'extasier sur Galilée sans utiliser la puissance de négation et de réflexion de Galilée . &lt;strong&gt;Il est indéfiniment plus important pour l'homme de se savoir gouverner que de savoir que la terre tourne autour du soleil – , et se savoir gouverner, c'est ce qu'il ne sait toujours pas &lt;/strong&gt;. Il ne faut pas se laisser impressionner par les mots qui évoquent des fantômes comme la Science – car ce n'est pas l'édifice théorique qui gouverne l'expérience, mais l'expérience qui gouverne l'édifice théorique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun devrait une fois dans sa vie méditer la &lt;em&gt;Logique de la découverte scientifique &lt;/em&gt;de Popper, qui fut un penseur sincère et rigoureux, ce qui d'emblée le place à part de l'essentiel des philosophes professionnels modernes . Il existe une dissymétrie expérimentale . Une théorie ne peut pas, par principe être prouvée . Elle peut être, et difficilement, et de manière discutable, testée . Ce que Popper n'ajoute absolument pas, puisque sa conception de la philosophie est d'abord théorique, c'est que le grand appareil de la Science n'est pas déterminant pour une philosophie qui se veut avant tout une philosophie de la vie, du Manuel, des pensées pour moi-même . Bien au contraire, &lt;strong&gt;le grand appareil de la Science est une des plus grandes matrices idéologique de l'idéologie moderne, un lieu de production d'illusions et de mensonges &lt;/strong&gt;très éloignés de la liberté d'imagination et de construction tant des mathématiciens d'Alexandrie, que des scientifiques de l'âge classique comme Kepler ou Newton, jamais très éloignés de Platon, de la gnose ou de la sorcellerie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est grand, c'est de s'opposer aux croyances du peuple quand cela est juste ; et ils sont très loin de s'opposer à de telles croyances, les laquais de la Science . Tout ceux aujourd'hui qui condamnent le racisme oublient que leurs pères l'on enseigné, ou appris sur les bancs de l'école . Tous ceux aujourd'hui qui sont « à gauche » oublient que le courage ne réside pas dans la nature des idées, mais dans les réalités du champ idéologique, dans l'isolement de celui qui s'oppose au consensus d'un champ . René Bousquet, chef de la Police de Vichy, est devenu un radical socialiste des Trente Glorieuses très convenable – quand le lieutenant-colonel de la Roque, chef des Croix de Feu dans les années 30, fut un authentique résistant de la première heure condamné faussement pour collaboration après la guerre . Et croyez bien que tous les gens très convenables qui aujourd'hui défendent le politiquement correct auraient été marxistes-léninistes en Russie en 1970, ou pétainistes en 1940 . &lt;strong&gt;Ce n'est pas le contenu du politiquement correct qui est à vomir, c'est la structure de soumission qui le porte &lt;/strong&gt;– c'est une forme qui peut contenir absolument n'importe quoi, qui est aussi dépourvue d'éthique que la mâchoire du grand requin blanc . &lt;strong&gt;Ce qui est à vomir, c'est d'attendre d'un homme la soumission aux arcanes idéologiques de son temps comme une évidence &lt;/strong&gt;. Wilde a écrit ces fières paroles d'un homme libre :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il y a des moments où il faut choisir entre vivre sa propre vie pleinement, entièrement, complètement, ou traîner l'existence dégradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose (...) Le monde pris en masse est un monstre bourré de préjugés, rempli de préventions, rongé par ce qu'il appelle les vertus, un puritain, un poseur . Or l'art de la vie est l'art du défi . Le défi, voilà ce pourquoi nous devrions vivre, au lieu de vivre comme nous faisons, en acquiesçant . Qu'un homme cultivé puisse accepter les normes de cette époque me semble la pire des immoralités&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme maître de lui-même est celui qui a abandonné l'idée de s'entendre dire ce qu'il voit, vit ou sent . La vérité, cet être infime, ce miroir voilé, est le pain et le vin, la saveur des mondes . Ô mon amour lointain, comme je connais mieux la nostalgie et la tristesse des horizons écarlates que toutes les vérités illusoires des hommes ! Eckhart dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La Sainte Écriture insiste partout sur le fait que l'homme doit se détacher de lui-même . C'est seulement dans la mesure où tu te détaches de toi-même que tu es maître de toi . C'est dans la mesure où tu es maître de toi que tu te réalises toi-même . Et c'est dans la mesure où tu te réalises que tu réalises Dieu et tout ce qu'il crée à jamais&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort, et vive la guerre idéologique des hommes libres !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-8532378931291055225?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/8532378931291055225/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=8532378931291055225' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8532378931291055225'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8532378931291055225'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/12/pain-et-vin-la-verite-comme-faim-et.html' title='Pain et vin . La vérité comme faim et comme soif .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-e1piH9RlsRM/Tuje3p3X8tI/AAAAAAAABVs/47BQx0OGLIA/s72-c/ALBREC%257E1.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-5457322726097604174</id><published>2011-12-10T04:05:00.010-08:00</published><updated>2011-12-12T02:41:48.521-08:00</updated><title type='text'>O magnum mysterium . Adresse au Maître d'émeraude .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-3nfh5nVeN2w/TuNOcevO4YI/AAAAAAAABVg/iOlXTRY3w6U/s1600/jeromeboschlanefdesfous.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 362px; DISPLAY: block; HEIGHT: 640px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5684473405866172802" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-3nfh5nVeN2w/TuNOcevO4YI/AAAAAAAABVg/iOlXTRY3w6U/s400/jeromeboschlanefdesfous.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Hiéronymus Bosch, la nef des fous)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;O magnum mysterium,&lt;br /&gt;et admirabile sacramentum...&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot &lt;em&gt;mysterion&lt;/em&gt; (grec) signifiait autrefois les mystères, les opérations des religions initiatiques . Mais ce sens repose sur une évidence vécue, un tissage intime de l'expérience humaine, l'expérience du mystère et de l'énigme . Cette expérience est évidente, et pourtant elle est plutôt l'objet de paroles s'enroulant autour de son soleil noir sans la nommer, que de paroles portant sur son sujet – que d'évocations du mystère .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'expérience de l'énigme est l'expérience de l'indéfini de soi, de la lacune de l'homme, impuissant face à des zones de ténèbres . C'est l'expérience de l'homme comme partie, comme créature abandonnée de tous, et même des autres hommes . Et c'est celle d'une béance narcissique ; et c'est peut être pour cette raison que les hommes évitent d'en parler, comme en général &lt;strong&gt;ils baissent la voix et détournent le regard à l'évocation de leurs laideurs et de leurs échecs&lt;/strong&gt;, tels l'échec collectif du monde moderne comme lieu de bonheur et de libération .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous savons que le monde s'interprète, que le visible est signe du caché dans l'expérience immédiate de la nature – dans l'expérience du sens, des traces d'animaux, des remous signalant les poissons, dans le souffle puissant et oblique de Moby Dick, image des merveilles de la mer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nature même des sens corporels et de la psyché est de passer d'états du corps humain à des états de monde, de passer de la lumière dans l'œil aux images du monde, de la vibration du tympan à l'arrivée de l'être ennemi ou ami . L'évidence du macrocosme, et du microcosme image du monde est une expérience immédiate . Comme l'épaule de l'amoureuse sous le premier contact, le corps entier frémit sans cesse de la rumeur du monde, et passe le monde comme saveur, comme lumière, comme obscurité, comme peur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle que soit la folie froide et méthodique qui l'anime, une œuvre comme la &lt;em&gt;Critique de la Raison Pure &lt;/em&gt;de Kant offre quelque chose à son lecteur : elle offre l'évidence de l'abîme des évidences premières, leur dissolution face au simple et pauvre tribunal de la raison . L'évidence première, c'est l'ouverture, l'offrande du visible, la splendeur d'un monde ou d'un corps ; mais cette évidence première repose sur les sensations du corps, qui ne connaissent ni espace, ni temps, ni lumière, ni rien d'extérieur sensible . L'évidence première est la première des énigmes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En vérité, Kant s'éloigne très loin de l'évidence première de l'expérience de la vie, mais accomplit un cercle : il passe sur la tête, puis revient sur ses pas, pour dire que finalement il faut vivre tout comme si l'évidence du bon sens complètement ensevelie sous la Critique était spontanément, naïvement vraie . Il est l'homme du retournement du retournement – un être accomplissant un reniement . Il est un gnostique de l'ordre bourgeois, qui offre l'étrangeté du monde dans le cadre rassurant du philosophe de la République, de l'école normale et du jury de l'agrégation – sa perfection de maître académique se comprend, comme une bonne paire de pantoufle confortables, et en plus assez chic pour être portées dans un club anglais .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que Kant, la raisonnable et vertueux Kant, soit la porte du romantisme et de l'idéalisme allemands ne se comprend pas par les aberrations de sa morale, mais bien par la perte de l'évidence de la séparation de l'esprit et de l'être qui s'accomplit dans la Critique . Si le temps et l'espace sont des dynamiques de la psyché, que reste-t-il du monde, sinon le déploiement d'un tissu unique du moi et du non-moi dans les plis structurés, tendus par la dynamique des contradictions ? Alors les dits des hommes du Mystère, dialoguant avec les temps anciens, ou réunissant l'espace immense sous leurs pieds ne parlent plus d'une sortie essentielle des règles du monde, de « miracles », mais de l'indéfinie multiplicité des règles des mondes qui s'expérimente dans les mystères .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le miracle n'est que la perspective de celui qui est enfermé dans les règles étriquées de son monde, ou encore le miracle unique est la simple perspective de l'être, pour l'homme d'une sagesse rare . Il n'est aucune limite à l'indéfinie réplication en miroir, aux plis, aux enroulement des mondes, aux états multiples de l'Être . Tel est la manifestation ultime de l'Or du Rhin au crépuscule des temps, quand le soleil se multiplie sur les ondes des grands fleuves .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Définir l'être...dé-finir est déterminer, indiquer une limite . Or l'être, dit Hegel dans le premier chapitre de la &lt;em&gt;Science de la Logique&lt;/em&gt;, est sans aucune détermination . Si je répète, après Parménide, &lt;em&gt;l'être est, le non-être n'est pas&lt;/em&gt;, je dois ajouter qu'aucun étant ne détermine l'être, essence sans identité, masque blanc sans yeux ni bouche, énigme – mystère . Dans l'Exode, à la question « qui est tu ?, Moïse reçoit cette réponse : &lt;em&gt;je suis celui qui suis &lt;/em&gt;- il est celui qui est .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est de l'être enroulé sur l'être indéfiniment, en spirales . Il est, comme il pleut, mais aussi tu es, et je suis . Dire que l'être n'est pas conscient, n'est pas sujet et objet ensemble, est en effet le déterminer par un étant, la conscience . L'être le dit ainsi Sat (être) Chit (conscience) Ananda ( joie, félicité) . Pour  tout être qui voit, il voit par lui ; et pour tout être qui aspire le souffle, le sang et la joie du monde, il aspire le souffle et jouit par lui . Et le &lt;em&gt;il&lt;/em&gt;, comme le &lt;em&gt;lui&lt;/em&gt;, peuvent dans ces mots être Lui, ou désigner l'être vivant qui est par lui . Dire que la métaphysique de l'être ne peut penser de limite signifie clairement que poser que l'être n'est pas conscience est transgression de l'évidence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La transmission des mystères dans le monde des hommes est elle-même un mystère . En vérité, la Tradition est une puissance d'autres mondes, et ce qui se manifeste dans un monde ne respecte les règles de ce monde que pour celui qui s'y trouve . Un plan qui traverse un plan est une droite . La vision de ce plan sécant dans la perspective d'un être unidimensionnel est une droite ; il ne peut voir l'indéfini vertical qui le surplombe . La théurgie gnostique qui fait de l'homme un voyant ne lui fait voir que ce qui est toujours déjà présent, rien de plus . Que la Tradition respecte les règles du temps et de l'espace de ce monde dans sa manifestation ne signifie rien de plus que la hauteur est dans l'œil de celui qui regarde . Les conceptions de Guénon à ce sujet sont de l'ordre de la protection dans un temps de désordre et d'usurpation, non une loi .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était dans les temps anciens des signes visibles, des maîtres vers qui aller pour les hommes qui &lt;em&gt;meurent de soif auprès de la fontaine &lt;/em&gt;. Mais de ces signes ne restent que des vestiges, des souvenirs, des légendes . Le monde moderne est pour l'homme noble comme un miroir voilé par une dentelle noire, un signe de mort . Quand un sage de l'Inde, assis nu sur la cendre, ou quand un moine en robe de bure affirmait que l'or était une passion mortifère de l'homme, sa parole pouvait être entendue des pauvres, des exploités du travail des grands seigneurs . Mais quand un homme riche et puissant appelle les peuples à travailler et à faire des sacrifices pour servir mieux le veau d'or, quelle éclat, quelle puissance peut avoir sa parole ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que vaut la parole dans ce monde ? Et presque tous les liens des hommes sont déliés . Il est indispensable, plus que jamais, de fonder des ordres, des organisations – mais une telle puissance semble perdue dans la parole humaine, dans le sang et dans le souffle des hommes . Le monde pousse comme une prison de ronces, de fer et de béton autour de la princesse endormie, l'âme humaine ; et nul ne se lève pour sonner l'alerte, ou les alertes isolées sonnent dans le vide, comme fut la parole de Simone Weil . Le vivant exige la vie. La créature respirante exige de respirer. Est-ce présomption de sa part, où a-t-il simplement désir de vie, et ce paradis étouffant qu'on lui vend est une prison où l'orchidée se meurt - la grande illusion ? Et pourtant le mystère est que la grande illusion est exposée au yeux de tous, et persiste dans l'être .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car le prophétisme m'amène à nommer un ultime mystère, qui est celui de l'injustice – l'exposition de Job . Dans un monde de plus en plus infernal, n'est-ce pas une profonde surprise de voir les victimes collaborer avec leurs bourreaux ? Le monde de cette fin de cycle est la nef des fous : on y tue, on y viole, on y massacre, et on y apprend qu'il faut travailler, travailler, travailler, sans même se demander pourquoi vivre . Les peuples remboursent des dettes qu'ils n'ont pas prises, et elles ne sont pas remboursées, à l'infini, puisque que les États ne paient que les intérêts ; et on pousse des pays à l'effondrement pour les faire rembourser plus vite – comme si des chevaliers aller massacrer leurs paysans pour avoir plus de revenus ! Le monde du progrès et de l'avenir radieux touche partout la fin de son futur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans cette nef des fous, la voix des révoltés est si faible, si peu audible, dans le déchaînement des hurlements de joie et des roulements de tambours .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes modernes ont peur de perdre leur esclavage, car ils savent désormais, obscurément, que derrière lui et ses cadres rassurants, il n'est que le vide, l'abîme, le retour violent du mystère dans leur vie – et qu'ils n'ont pas en eux même la puissance, la force et le courage de combler le vide, et pas en eux même non plus la force et le courage de se livrer à l'abîme, quand bien même leur vie serait absolument vide et mécanique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils seraient impuissants et transis face à la liberté, au froid et à la faim, en dehors de leurs boîtes bien sages, de leurs fonctions dans le Système – tant il est vrai que même le pauvre humilié finit par avoir une fonction symbolique de crécelle de lépreux, qui pousse les autres à travailler par horreur de la misère, comme le riche du Spectacle est un leurre qui fait croire que la richesse est issue du travail ou du talent . Le Spectacle de l'humiliation et de la jouissance tapageuse de richesses indéfinies est le dernier moteur du progressisme tombé dans le vide .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mystère de l'injustice est mystère d'iniquité ! Car nous savons aussi la justice du justicier, nous l'admirons dans le spectacle, l'homme qui ne peut laisser une injustice ou un crime sans vengeance et qui l'accomplit . Nous aimons à le voir, parce que le monde réel est de plus en plus étranger à toute justice . Nous savons, nous aimons, nous désirons la justice et nous sommes résignés et impuissants dans un ordre de fer qui ne cesse de se proclamer libre et juste . Rien de nouveau sous le soleil, mes mots sont analogues à ceux de Blaise Pascal au XVIIème siècle . A ceux du Roi Salomon dans les siècles . &lt;em&gt;Ne pouvant faire que le juste soit fort, on a fait que le fort fût juste&lt;/em&gt;, note Pascal .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je regarde le sol d'une forêt après un orage, et que je te sais auprès de moi posée comme un grand oiseau mystérieux, alors je sens en moi la réconciliation des mondes . Parfois les mondes se réconcilient dans l'éclat de l'Aube, et même dans la splendeur du crépuscule, à l'heure du rayon vert des cycles des éons .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand je regarde le monde des hommes, j'y vois entrelacées la splendeur et l'abîme, au delà de toute compréhension – le mystère, lové comme un serpent de brume qui voile l'éclat certain de toute choses du monde face au soleil invaincu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette obscurité il faut dire la vérité : j'attends des signes . Je crois que certaines limites de l'homme, de son annihilation, sont atteintes, et qu'il lui faut la grâce . L'homme n'est rien, et l'homme moderne est moins qu'aucun homme : et pourtant plus qu'aucun autre homme dans les spires du temps, sa tâche demande de la démesure .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ô toi le Maître du printemps, toi au reflet incrusté sur le front des Anges déchus – je t'en prie devant le miséricordieux : couvre la noirceur d'abîme de mon être de charbon de ton manteau de nuit constellé d'étincelles mystiques – donne moi les mots, les signes – l'ivresse de tes élus&lt;/em&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-5457322726097604174?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/5457322726097604174/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=5457322726097604174' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/5457322726097604174'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/5457322726097604174'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/12/o-magnum-mysterium-adresse-au-maitre.html' title='O magnum mysterium . Adresse au Maître d&apos;émeraude .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-3nfh5nVeN2w/TuNOcevO4YI/AAAAAAAABVg/iOlXTRY3w6U/s72-c/jeromeboschlanefdesfous.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-8457878259571919204</id><published>2011-12-03T05:00:00.006-08:00</published><updated>2011-12-03T07:34:26.733-08:00</updated><title type='text'>De la guerre et de l'Aube entrelacée des éons .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-sPSSUK1nWzA/Ttolj6dyMoI/AAAAAAAABVI/IbpE4lkbjIs/s1600/Joachim_von_Fiore-Zeitalter.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 249px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5681895178801132162" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-sPSSUK1nWzA/Ttolj6dyMoI/AAAAAAAABVI/IbpE4lkbjIs/s400/Joachim_von_Fiore-Zeitalter.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Joachim de Fiore, les cercles des temps, liber figurarum)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« J'ai trop aimé la guerre... »&lt;/em&gt; Louis XIV mourant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ô Seigneur des mondes, accorde nous la vison et la compréhension . Car l'homme seul, ce petit morceau de ferment – dit Loup Larsen, dans &lt;em&gt;le Loup des mers &lt;/em&gt;de Jack London – ce petit morceau de vie promise à la mort, balloté par les vents et les eaux, et que les mots des grandes idéologies du monde agitent comme une marionnette – comment pourrait-il arriver seul à la vérité ? Et même pas à la vérité, celle qui est Voie et Vie, celle de l'Aigle qui s'élève au dessus des choses qui sont et de celles qui ne sont pas, dans la souffle délicieux de la prophétie et des parfums des montagnes d'Orient ; non, même pas à la vérité des humbles, à la vérité du pas lourd des hommes qui vont au travail, qui vont au café, qui rentrent chez eux vers leurs famille, vers ceux qui les haïssent ou qui les accusent, ou vers ceux qui les font vivre par leur amour . Vers la vérité du froid, des odeurs violentes, et du poids des charges sur les chantiers – la vérité des marchés au petit matin, quand se déploie dans le froid la structure de métal, tendue de toile, qui doit protéger les biens qui seront vendus aux passants, et qui donneront la vie à tous, le fruit sur la table de la cuisine pour l'enfant, la soupe de légumes du vieillard, le panier de fruits rougeoyant de la maîtresse de maison qui veut honorer une visite .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seul un grand poète peut simplement saisir la puissance de sang, de sève, de souffle de la rue d'une grande ville, le chatoiement des destins indéfinis entrelacés jetés là, et dérivant comme des épaves sur la mer . Saisir un instant, une image, de tout ce monde qui court vers l'abîme et la nuit, comme – que ton âme s'éveille au flot des souvenirs – les images peintes de la grande ville d'il y a des siècles, la gloire des rois, les images d'encre sautillante des premiers films pris au hasard dans la Ville, les souvenirs poignants des grandes guerres, les couleurs des Trente Glorieuses – tout cela, qui est parti comme les feuilles mortes qui tournoient dans le vent au pied du mur, avec des cartons et des sacs plastiques . Les bouteilles de shampoing, de bière, les sacs, les débris indéfinis de la grande ville durent plus, et craignent moins la mort que la vie humaine, que la pulsation tiède du sang et du souffle...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes vivent comme des horloges bien réglées, avec une mer de rouages, et la perte des rouages n'est rien, puisque les plus grandes mortalités, comme les grandes guerres, la Peste Noire de 1348, ou les lentes vagues des guerres mondiales ne changent au fond que l'écume de la vie humaine, qui est essentiellement répétition indéfinie de cycles qui s'enfuient de la mémoire aussitôt arrivés, et qui sont le tissu fondamental de la vie humaine – amener chez soi la nourriture, la chaleur, l'eau, évacuer les déchets – sans cesse amener, amener, amener . Toutes les expressions des passants des villes au cours des siècles se ressemblent, cet air affairé dans ses petites affaires, toutes ces urgences microscopiques sans cesse répétées . Prenez les passants de Paris en 1930, de Varsovie en 1939, et ceux de 1941, 42, 43...des vêtements plus sales, une survie plus difficile, mais au fond...et les morts, les disparus, disparus de la mémoire et de la parole...Comprenez vous que l'homme qui conserve dans son cœur l'alliance originaire, l'homme qui s'efforce de ne pas oublier dans l'usure universelle des petites affaires de la survie, comprenez vous qu'un tel homme soit juste, et que le juste soit le fondement du monde, ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi ce qui est pompeusement nommé philosophie ne commence-t-il pas par l'essentiel, l'observation de la journée du philosophe, de ses motivations, de ses actes réels ? Quel est l'homme qui ne cesse de prononcer de grands mots, et que la découverte de sang dans les selles tue encore davantage que la perspective philosophique de sa mort, sur laquelle il fait cours depuis trente ans ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et n'y a-t-il pas bien des hommes qui ne parlent que de liberté, et sont en réalité des tyrans immatures, des tortures pour leur entourage ? Et d'autres qui proclament leur désintéressement, et sont secrètement dévorés par le ressentiment pour leur voisin qui n'a qu'une voiture plus grosse que la leur ? La vérité est que la philosophie, depuis longtemps, refuse de regarder les hommes, et est devenue un spectacle que le penseur se donne à lui-même . Nous ne pensons plus la pensée naissant dans le fumier du corps transpirant et mourant, sublime et empli de la lumière des étoiles ; nous ne partons plus de l'intérieur, mais de l'extérieur . Le penseur veut être le penseur de Rodin, mais quand il le regarde, il ne sent pas tout l'inconfort et la mélancolie du penseur, il jouit plastiquement de la beauté de son corps – en réalité, il reste extérieur à la pensée en croyant lui rendre hommage .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde des hommes est depuis longtemps, depuis toujours, un Système qui dépasse les petits morceaux de ferment individuels ; et de nombreux "primitifs" le savaient, qui le disaient par leurs symboles ou l'exprimaient ouvertement . Le Système moderne de l'humain a atteint un niveau de sophistication et de complexité qui le rend sans cesse plus illisible, qui l'éloigne toujours plus vers l'horizon des indiscernables ; mais l'homme moderne se la raconte toujours davantage souverain individuel, producteur souverain, consommateur souverain décidant des prix, et toutes ses conneries, de paroles de crânes aux yeux ouverts sur le vide . L'homme est plus que jamais un rouage, un rouage corporel, un portefaix chargé de sacs, un âne du Système ; et dans son âme même, un sous-système psychique du Système qui fait comme le philosophe, qui se la raconte, et qui se la laisse raconter, tant est grande la douleur, l'âpreté de la vérité, et tant est le long le temps depuis lequel on a renoncé à la lucidité de l'enfant, à l'abîme qui s'ouvre derrière les théâtres du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Système moderne connaît une inflation de complexité indéfinie, et son reflet dans l'homme individuel, sa compréhension par le rouage, par le sous-système psychique, devient de plus en plus irréaliste, de plus en plus détachée de toute sa vie concrète, de plus en plus pauvre en savoir – l'inflation de la complexité sociale s'accompagne d'une inflation de la représentation fantasmatique de la réalité sociale . L'inflation de la complexité s'accompagne également d'une exténuation de l'auto-compréhension, et donc d'une régression collective des médias de communication symboliquement généralisés, ou encore des facteurs d'unification de la société humaine . Il est deux puissances visibles qui reflètent l'unité dans le monde des hommes, la langue et le culte – et deux invisibles, le sang et le souffle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une société de petite taille, prenons une cité grecque, l'unification est consciente et vécue ( je suis « athénien », par exemple) et passe par la langue, le culte, les fêtes, les lois, le pouvoir partagé...la production de richesse est pensée comme la condition matérielle de la vie humaine – le travail est le paiement de la dette des hommes primordiaux aux mondes inférieurs, ou encore un mal qui doit être circonscrit – d'où les interdictions rituelles du travail – et minimisé – d'où le mépris général de la recherche du confort dans les sociétés traditionnelles . Nous moquons les Grecs ou les Égyptiens d'avoir construit d'immenses édifices cultuels, et d'habiter des maisons minuscules et fragiles ; ou encore le Roi Louis XIV d'avoir construit un palais grandiose, mais totalement inconfortable – un pavillon moderne fait bien mieux – il nous échappe que le confort, aux yeux de ces hommes, est une vilenie, et que leurs palais royaux sont des lieux de rituels, pas de confort . Le travail des anciens hommes était l'effort pour se libérer d'une malédiction, et sûrement pas un lieu d'épanouissement . C'était le lieu d'où partir pour vivre une vie humaine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie humaine au sens plein du terme, est politique, c'est à dire ancrée dans une civilisation, une puissance collective de réalisation de la pensée dans le monde, capable de faire des ferments misérables, dévorés par le vide et la mort, des héros à la guerre par la culture de l'amitié, des hommes imprégnés des mondes d'en haut, initiés au mystères, des poètes et des penseurs . La minuscule Athènes fut dans cette fin, de fondation d'un monde humain de dépassement de l'homme, plus que l'énorme Union Européenne, ce Léviathan vide de sang, échoué dans un cycle vide des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est fut de même des Empires, projets d'épiphanie du Ciel sur la Terre dans l'ordre impérial – tel est le sens de l'oeuvre de Virgile, qui montre le caractère divin de la race impériale sur la terre, tel est le sens du rôle de guide de Virgile en Enfer chez Dante . La puissance impériale est l'étincelle enfermée dans l'obscurité, analogue dans l'âme et dans le monde . Dans les éons, les cycles des temps, Auguste et la Paix Romaine sont la manifestation du règne des dieux ; et la fin de l'Empire est ainsi pour Augustin, dans &lt;em&gt;la Cité de Dieu&lt;/em&gt;, non pas la fin d'un cycle, mais le renonciation au règne terrestre des dieux . Pourtant même Augustin reste fortement ambivalent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au contraire, chez Denys, la hiérarchie terrestre est l'image et la continuité de la hiérarchie céleste, les fruits de l'arbre de l'ordre terrestre permettent de goûter par avance les délices du ciel . Et sans aucun doute, malgré son imprégnation augustinienne, Joachim de Fiore est l'homme d'un appel à la descente de l'Esprit sur la Terre, de l'entrecroisement des cercles, de l'arbre-aigle inversé . Sur la terre comme au ciel : ce qui est en bas doit être comme ce qui est en haut, ce qui est en haut doit être comme ce qui est en bas, pour accomplir les mystères d'Un seul .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le projet impérial est l'Orient du monde, l'ordonnancement unificateur de la terre – celui de Frédéric II Hohenstaufen, le roi-sorcier : &lt;em&gt;l'Empereur des derniers temps &lt;/em&gt;. La table ronde est d'émeraude :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Et comme toutes les choses ont été, et sont venues d'Un (...)&lt;br /&gt;Le père de toute la puissance du monde est ici sur le sol&lt;br /&gt;Sa puissance est entière si elle est convertie en terre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il monte de la terre au ciel, et descend du ciel à la terre&lt;br /&gt;Et reçoit la force des choses supérieures et inférieures&lt;br /&gt;Tu auras par ce moyen la lumière du monde&lt;br /&gt;Et pour cela toute obscurité s'enfuira de ton cœur&lt;br /&gt;C'est la force forte de toutes choses &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez Dante, la présence de Virgile, la valeur de la poésie en langue vulgaire, langue du monde terrestre transsubstantiée par le Poète, le &lt;em&gt;De Monarchia&lt;/em&gt;, le gibelinisme (nom qui désigne les partisans impériaux), tout converge pour montrer que le fidèle d'Amour, qui voit les cercles des Cieux s'ouvrir dans le cercle des bras de l'Aimée, est l'aspect microcosmique de la manifestation terrestre de la puissance impériale . L'alchimie est la science de l'union du haut et du bas, le retour à l'unité du tronc de l'arbre du bonheur et du malheur par delà le Bien et le Mal - La puissance impériale est la manifestation terrestre de l'Aube ; et toute puissance visible comme toute beauté, telle la beauté d'une femme, quand elle provoque cet étonnement et ce respect que nous voyons parfois, beauté qui fut révérée même par les manichéens, participe de la puissance des anciens empereurs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les sociétés des cycles précédents, la puissance symbolique d'unification était la racine du ciel, le canal par lequel s'épanche le secret du ciel et de la terre . Aussi la vie civique était-elle &lt;em&gt;paiedia&lt;/em&gt;, éducation au sens le plus noble d'élévation, formation de l'homme en tant que modèle de l'humanité . Si nous regardons le sens contemporain de &lt;em&gt;citoyenneté&lt;/em&gt;, nous verrons que ce sens s'est restreint à n'être qu'un réceptacle de compétences sociales minimales et de moraline, comme dans ces expressions comiques que sont « l'engagement citoyen », quand des jeunes font la quête « pour les handicapés », ou nettoient les détritus sur la plage ; sans parler de « l'entreprise citoyenne », alors même que la libération du travail matériel vers le travail sur soi était l'essence de la &lt;em&gt;paiedia&lt;/em&gt; grecque...car ce qui était le dernier dans les anciens mondes, le travail, est devenu le premier : notre Empire n'est autre que l'Empire du travail, ou Enfer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'extrême complexification de la société produit des forces de dislocation et donc d'exténuation de la complexité des puissances d'unification . Le langage et la culture symbolique ne sont plus déterminants, et l'argent est lentement, insidieusement, devenu le dernier facteur d'unification du monde des hommes, désormais non plus mesuré à la hauteur des cimes de l'humain sédimentées dans la culture, mais mesurée par la quantité, par l'argent, signe simple, et incontestable adapté à une complexité devenue impensée . Le développement de la société s'est retourné en production de vide et d'abaissement de la vie humaine - en production de la société post-culturelle . Mais au point extrême de l'abaissement, l'homme peut retrouver en lui le kairos, &lt;em&gt;"le moment juste ne pouvant être que celui où les forces, auxquelles la chaîne n'a pas été encore mesurée, atteindront, par l'effet d'un déterminisme immanent, leur limites (...)-le moment où, en face de situations existentielles extrêmes,un instinct désespéré de défense jaillissant des profondeurs-de la mémoire du sang (...)- exaltera à nouveau l'être (...) et donnera une vraie puissance efficiente à des idées et à des mystères liés à l'héritage de l'Âge d'or &lt;/em&gt;."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Système socio-politique dit « capitaliste libéral » est un régime politique global, total, avec une vision globale des fins de la société humaine, qui serait la maximisation permanente du profit comme mode d'auto-constitution et de révolution permanente . Pour permettre la maximisation de l'exploitation des ressources humaines, son coup de génie est d'abandonner les formes externalisées et directes de contrainte politique au travail des dominés – le fouet du maître, par exemple – pour favoriser l'internalisation de la motivation au travail et la médiation de la domination : la recherche individuelle de profit et la faim, par exemple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi le Système peut asservir à sa finalité immanente non seulement les besoins, limités des hommes, mais aussi leurs désirs illimités, leur passion de la reconnaissance, passion archétypique par excellence, à condition de n'orienter ces désir que vers la satisfaction matérielle . Le désir et la passion sont archétypes, sont essentiels à la vie humaine ; et le puritanisme « écologique », qui vise à anéantir désir et passion pour réduire l'existence humaine à une définition minimale des besoins pour « économiser l'environnement » n'est que le produit d'une pensée enfermée dans les déterminismes de l'idéologie racine . &lt;strong&gt;La plupart des mondes humains ont reconnu le désir infini, et la passion, sans les orienter vers la production et la consommation de richesses matérielles&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Permettre à tout homme de chercher le bonheur par la production et la recherche de richesse dans les règles du Système, c'est ce que le Système nomme « liberté » . Et en effet le Système permet une indéfinité de possibles – le Système est &lt;em&gt;the land of possibilities&lt;/em&gt; – dans le strict cadre d'accepter de se livrer volontairement à un travail illimité en principe, avec la consommation comme exutoire premier et principal .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ensemble des comportements admissibles est vaste, et en même temps très étroitement déterminé . Le premier point permet aux bourgeois matérialistes de croire sincèrement dans la « liberté » offerte par le Système, et de faire partager cette croyance par la propagande du Spectacle . La deuxième point, l'étroite détermination de l'acceptable, est soigneusement rendu flou, implicite, et variable selon la puissance financière ; ce que peut se permettre un homme très riche est très éloigné de ce que peuvent se permettre les autres hommes . Le Spectacle montre la vie de l'oligarchie comme la norme de la liberté vécue dans le Système – voyez par exemple &lt;em&gt;Vicky Christina Barcelona &lt;/em&gt;de Woody Allen pour illustrer cela . En clair, les règles réelles sont celles d'un asservissement et d'une exploitation essentiellement semblables aux formes totalitaires du pouvoir moderne, mais présentées dans le papier cadeau d'une idéologie et d'une auto-constitution du récit de soi qui les présentent comme l'effet d'une volonté, d'un désir ou d'une responsabilité individuelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme tout autre système social, le Système connait des modes de traitement de la déviance . Il est possible de distinguer trois types de traitement de l'écart dans notre monde : le mode de la faute et de la punition ; le mode de l'erreur et de la correction de l'erreur ; le mode de la maladie et du traitement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par exemple, rechercher la richesse en dehors des règles est « délinquance », et mérite une punition ; sauf peut être si un paysan vendait au marché les produits issus de ses propres semences, ce qui est interdit, mais peut être accepté comme une erreur . Le Système exalte la richesse et la violence auprès des enfants pauvres, puis traite leur comportement imité de modèles du Spectacle comme une faute et les punit ; de même, le Système intensifie par le Spectacle le désir sexuel des jeunes mâles des classes inférieures, puisque cette intensification participe de sous-systèmes d'exploitation et d'humiliation symbolique ; mais il punit très sévèrement les violences sexuelles qu'il valorise par ailleurs implicitement dans le Spectacle pornographique . Un Système de domination a besoin de coupables à punir ; et au besoin, il pousse à la faute . Voire même, il invente la faute pour pouvoir réprimer la déviance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est de la déviance posée comme erreur, il faut souligner que le lien entre le capitalisme et le mensonge n'est pas un lien accidentel, mais un lien essentiel : le Système ne peut fonctionner sans le Spectacle, sans se la raconter . Organiser la domination dans le cadre d'une autonomie individuelle de l'asservissement oblige évidemment à produire des récits essentiellement mensongers, puisque dont la finalité même est dès l'origine la dissimulation et le détournement de la réalité . Tels sont les contes de la liberté individuelle, de l'individu tout-puissant auto-constitué du Contrat Social, et le conte de la liberté et de la recherche du bonheur dans un Système complètement verrouillé, qu'il est réellement . Telle est avant tout l'idéologie racine du Système, c'est à dire le discours qui présente le monde comme un chaos horizontal de choses matérielles individuelles, et qui nie toute constitution propre d'un ordre du monde comme effet de la subjectivité, et qui nie encore toute ontologie de la constitution symbolique des mondes – sans parler de sa négation du souffle des dieux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi les orientations verticales du désir, le désir du Tout-Autre, qui ne peuvent être présentées aisément comme délinquantes – en dehors de la consommation de drogues psychédélique ou de recherche collective de la transe – sont elles présentées par les laquais du Système comme l'effet de mauvaises manigances de sectes – qui existent, bien sûr – et des erreurs, comme des asservissements monstrueux des religions, dont il faut se libérer pour entrer pleinement dans la liberté du Système . C'est à dire que pour ces marchands de soupe idéologique, il faut réduire rigoureusement les états multiples de l'être, réduire indéfiniment le champ de l'imagination et de la pensée, pour accéder à la liberté – cette liberté qui de ce fait devient l'autonomie de l'asservissement . Une telle liberté n'est que la perte de conscience des chaînes, l'ignorance présentée comme une vertu, tant il est vrai que la connaissance augmente la douleur . Le discours des idéologues de la libération syntones au Système doit sans cesse masquer cette évidence historique, à savoir que les plus puissants mouvements de libération de l'histoire se sont très souvent appuyés sur un discours théologique pour s'opposer à une domination matérielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéologie racine du Système est une fonction d'asservissement individuel, le logiciel individuel de socialisation des valets . Penser ou croire hors de l'idéologie racine, voilà ce qui est nommé « erreur », et pour lequel nombre de bonnes gens sont prêts à vous « éclairer » ou à vous « former », même s'ils participent de l'ignorance la plus crasse . Et si vous résistez, vous risquez d'être traité comme un malade .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est vrai qu'un écart creusé risque de provoquer souffrance et isolement . En cas de non-respect massif du « principe de réalité » du Système, et d'inadaptation au fonctionnement social, il est évident que la personne concernée montrera aussi des signes évidents de souffrance . Par contre, il n'est pas du tout prévisible que cette personne soit capable de comprendre et de remettre en cause le fonctionnement global de sa propre stigmatisation . En clair, sur le modèle soviétique de traitement de la dissidence, l'inadaptation au Système peut être traitée comme une maladie – ce trait est typique chez Freud, dans sa haine non dissimulée pour Moïse et de toute conception sacrée du monde . Pourtant dans un monde malade, être parfaitement sain et adapté est le signe d'une déshumanisation extrême .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mensonge généralisé est un fondement du Système moderne . Le Spectacle, le progressisme, la propagande à l'échelle de la communauté ; le narcissisme, le récit de soi, à l'échelle individuelle . L'idéologie racine est la langue commune des mensonges des adultes, le langue commune de la la négation moderne de tout l'héritage des hommes, c'est à dire d'Adam . Très clairement, il ne peut y avoir d'autre guerre que cette guerre intérieure d'abandon de l'ego, et de sortie du Spectacle et de l'idéologie racine des modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les contradictions économiques qui écartèlent le Système dans son auto-constitution destructrice ne sont pas l'équivalent d'une libération des principes du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous allons vers le chaos sans pensée de rechange. Dire "le chaos nous permet d'éviter de construire un monde par la pensée et par la grâce" est une sottise. L'ordre impliqué dans l'homme, le reflet éloigné de la puissance impériale qui mène la guerre contre le Système chez l'homme noble aspire à détruire les enfermements du Système, mais pas à détruire pour détruire. La destruction d'un enfermement dans le cadre du Système n'a jamais été qu'un remplacement . Pendant la guerre totale, à partir de 1916, le travail des femmes a permis de fournir le front en armes – telle est la racine de la « libération de la femme » vendue par le Système, la mobilisation totale de la main d'œuvre par delà les limites coutumières ou sociales . Les destructions actuelles des ordres de la production ne sont pas grosses de libérations à venir, mais creusent des voies nouvelles de l'asservissement – il est essentiel de penser hors du Système pour sortir du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois nous parlons de guerre, de destruction nécessaire . Cette destruction est intentionnelle, elle vise à détruire ce qui est identifié comme un mal . Elle vise à détruire non pour mettre à mort le monde des hommes, mais en désirant vivre encore, et plus . Ce qui est à détruire n'est que ce qui peut être détruit, l'immense accumulation infinie de richesses et d'images qui par cette quantité même, dévorent le temps des hommes . L'accumulation de choses et d'images pousse les hommes, qui ne cessent d'accélérer leur passage, à en perdre la mémoire, la réflexion, la rumination, la connaissance . En vérité, les hommes perdent leur sang, leur vie, leur souffle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous perdons la justice par la fermeture des canaux des mondes . Il n'y a pas besoin de tant d'argent et de biens pour respirer sous les étoiles . Nous avons besoin de nudité, parfois . Le soleil brille pour tous les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand nous parlons de détruire, nous pensons détruire par amour et avec amour au delà de la haine et de la révolte . Détruire pour respirer, comme Rimbaud écrivait, comme un artiste qui projette des formes, répliquant le souffle initial .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est impossible de comprendre mes propos sans comprendre la théorie du pli constitutif de l'ordre social, pli en réalité toujours déjà présent dans le langage . Pour parler, il nous faut nous appuyer sur des ordres sémantiques déjà constitués, qu'il faut admettre sans discussion pour pouvoir exprimer un discours . Les discours les plus opposés d'une époque se lèvent ainsi sur un horizon sémantique commun, une ontologie, un dictionnaire, ou conception du monde implicite commune . Revenir sur ce socle est l'acte révolutionnaire de la pensée par excellence, et c'est pourquoi l'ontologie, le creusement des principes de la pensée, est le lieu obscur où se forment les révolutions – que ce soit dans la métaphysique scolastique du XIVème siècle, forge de l'idéologie racine, ou dans l'idéalisme allemand, forge du marxisme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'horizon sémantique commun est un ensemble de décisions sur l'être, ce ce qui est et qui n'est pas, sur ce qui est possible et impossible – et donc sur ce qui peut être fait, établi, désiré dans le monde . C'est un ensemble de déterminations qui limite le visible, un processus de réduction de la complexité indispensable qui facilite communication et décisions . Sans réduction de la complexité, il n'y aurait pas de groupes humains capable de survivre des siècles . Mais de telles décisions, qui sont ensuite vécues comme des faits d'être, relèvent de la souveraineté humaine, des lois primordiales, des personnages de premier législateur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette puissance reste présente parmi les hommes . Toujours, les hommes savent obscurément que le monde pourrait être autre ; la puissance qui a constitué leur monde commun par sédimentation de décisions parfois à peine conscientes comme telles, peut aussi décider d'autres mondes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l'ordre du monde posé par la souveraineté humaine, pour être généralement accepté, doit être reçu comme essentiellement étranger à la volonté de puissance de l'homme ; de ce fait, le Système social voile à ses propres regards sa liberté essentielle de constituer le monde . Autrement dit, la constitution du monde est ainsi la constitution du Bien et du Mal ; et une fois cette constitution opérée, le principe de souveraineté qui a posé le Bien et le Mal ne peut être que par delà le Bien et le Mal, par delà la puissance de voir de l'homme moral constitué par la souveraineté . L'homme produit par la souveraineté devient aveugle à la souveraineté . La souveraineté est par delà le Bien et le Mal, puisqu'elle les constitue ; et la puissance qui a posé cette distinction ne peut être qu'inquiétante, voire mauvaise, pour celui qui classe tout dans l'ordre moral .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme moral ne peut voir le principe souverain que comme une violence redoutable pouvant à tout instant renverser l'ordre naturel du monde . De même, au niveau individuel, l'ensemble de décisions qui a défini le moi et le non-moi – ensemble de décisions relatif et arbitraire en partie – doit rester voilé, et objet d'une négation dans la construction psychique de la plupart des hommes . Ce que Virginie Despentes exprime à sa façon en disant que nombre de femmes (et d'hommes) ne veulent pas savoir ce qui les excite sexuellement . Car dévoiler que le désir dépasse les bornes de l'ego, et donc du consentement, comprendre que l'on ne désire pas ce que l'on veut, mais que souvent on veut ce qu'une puissance désire à travers soi - comprendre la fragilité de l'ego est destructeur pour les êtres humains constitués de limites rigides pour échapper à l'aspiration infinie du vide intérieur . L'ego n'est pas une positivité, mais la position d'un ensemble de déterminations, un vide essentiel replié sur lui-même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pire traumatisme de toutes les séductions n'est pas le traumatisme physique, mais l'insécurité intérieure et la culpabilité née de la conscience de son désir chez un homme constitué d'un ego normalisé . L'homme noble, qui a fait l'expérience de se donner, de se détacher de l'ego pour se donner à son désir – parce que la puissance de ce désir le déborde, l'incendie voluptueusement – a fait l'expérience des limites de l'ego, selon le mot même de William Blake : &lt;em&gt;tu ne saurais pas ce qu'est assez, si tu ne savais pas ce qu'est plus qu'assez &lt;/em&gt;. C'est déjà une première expérience du fidèle d'amour, de passer de l'autre côté du miroir de l'ego, et de l'avoir découvert vide .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dissociation de l'ordre juridique se réplique dans chaque homme moyen via la dissémination de matrices sémantiques par le langage de la tribu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La structure de l'homme moderne est schématique . Par terreur de ses profondeurs, tout être humain moderne se clive de la puissance originelle qui sourd dans ses profondeurs . Le reste, nommé « conscience », pose ses règles déterminées comme Raison, et les vestiges du monde, le monde qui reste visible à la conscience est nommé« réalité » - les autres mondes étant nommés « imaginaire » . Cette structuration mutilée, l'homme moderne la nomme « santé », et le respect de cette structure « principe de réalité » . La conscience se pose comme fondement de la liberté qu'il redéfinit, comme volonté consciente d'un ego : cette liberté là, étroitement déterminée, n'est pas la liberté originelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La personne est faite de liens tissés centrés sur un abîme insaisissable, même à elle même, un puits insondable et un volcan de flammes. On ne peut définir, et donc assigner des limites à la personne authentique, dont l'objet corps est un masque, &lt;em&gt;persona&lt;/em&gt;. Le corps d'un mort est l'objet qui était un constituant de la personne, le résultat de ce que les Anciens appelaient symboliquement « le départ de l'âme ». L'erreur fut de faire de l'âme, tissage de tissages indéfinis, une chose . &lt;em&gt;L'âme est, en quelque sorte, toutes choses&lt;/em&gt; (Aristote) .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reconquérir la puissance originelle de fondation du Verbe par la transgression des frontières de l'ego est un geste commun du poète et du prophète, mais aussi une figure de l'érotique . L'érotique récapitule la prophétie . Cette phrase sera un jour justifiée . &lt;em&gt;Le dérèglement volontaire de tous les sens &lt;/em&gt;de Rimbaud en est un exemple d'une telle reconquête par la transgression . Mais une telle œuvre est une œuvre d'illumination, une percée vers la vision, pas le simple désir chaotique de la schizophrénie et de l'oubli de la douleur . Penser ainsi à la schizophrénie est le signe sûr d'une pensée restée enfermée dans les catégories de l'idéologie racine, qui assimile l'abandon du principe de réalité de l'idéologie racine – ce principe de réduction de la complexité du monde réel seulement à tout ce qui est assimilable par le Système et la Raison des sous-systèmes psychiques – à l'abandon de toute réalité possible, au départ vers la folie, voire la démence pure et simple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La transgression des frontières de l'ego, comme le travail révolutionnaire sur l'idéologie, ne sont pas des activités sans vision, des bouffées délirantes . Ce sont des démarches de libération . Les prisonniers de l'idéologie voient la destruction de leurs fers par l'auto-constitution du Système sans voir leur remplacement par des fers plus puissants . Il n'est pas possible d'attendre l'auto-destruction du Système de sa propre puissance interne . Il ne peut pas suffire d'appeler indistinctement à la guerre et à la destruction du Système non plus . Détruire, pour quoi faire ? Pour établir quel nouvel ordre, voir se lever quelle aube ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Détruire par le chaos est la plongée dans la nuit sans retour - ce que nous avons tout pour savoir, et peu de courage de regarder, dans les bilans sanglants des siècles . Dans ce monde, j'entends sans cesse appeler à la guerre ; mais appeler à la guerre est un rare privilège du sage . Et tous ne sont pas appelés à la guerre, et même ceux qui sont appelés ne le sont pas uniment .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La proclamation d'une guerre juste passe par la constatation d'un mal, pas par une décision égotique . Une telle constatation, pour ne pas être l'illusion d'un narcissisme moderne, ou un mensonge intéressé du Spectacle, ce qui est strictement analogue, doit s'appuyer sur une légitimité d'ordre impérial essentiellement absente des manifestations modernes du monde . L'homme noble n'a pas besoin d'ennemis pour exister . On est rarement en vérité ce que l'on proclame en hurlant . Trop souvent, les appels à la guerre clament la souffrance de ne pas être – sont des scénarios qui donnent une existence fictive à des blooms . L'illusion d'être ne peut produire que l'illusion de liberté .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même notre guerre doit se faire avec la conscience que la guerre est l'effet nécessaire d'un mal essentiel . La puissance du guerrier est au service de la justice, mais le guerrier n'est pas le modèle du Sage . Le guerrier peut devenir sage, mais finalement quitte la voie du guerrier . S'organiser comme guerrier est s'organiser pour pérenniser l'ordre du Système . Cet ordre est éphémère, même s'il devait encore durer mille ans . Il est des guerres justes ; il n'est pas de guerres bonnes . Nous nous devons à nous même d'exister, de souffler, sans être constitués par cette opposition à un monde pourtant monstrueux .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La véritable guerre du monde moderne, c'est de rester fidèle aux autres mondes dans l'usure toujours renouvelée du Système – de résister à ce à quoi que même un Rimbaud n' pas résisté, préférant la fuite . Résister à l'exténuation de toute supériorité dans le Système, résister au spectacle du triomphe de la bêtise à front de taureau, résister à toute la puissance d'écrasement et d'annihilation du Spectacle . Résister, être essentiellement dissident, sans retour, telle est l'essence la plus amère de notre guerre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voudrais gagner ma vie de l'écriture, mais sans le joug du marché, sans le conformisme étouffant de l'Université - sans sacrifier la vérité à l'agrément commercial, sans sacrifier la description de la laideur intense du monde moderne à l'« éthique » merchandisée de l'Université . Cela est à ce jour impossible . Devons nous accepter les règles du Système, qui dit implicitement que nous n'existons pas, que nos propos sont des bavardages de plus, devons nous accepter la censure par le bruit ? Nous n'avons pas d'autres choix que refuser les règles du jeu . Edgar Morin note justement : &lt;em&gt;Je suis passé de l’époque de la Résistance où j’étais jeune, où il y avait un ennemi, un occupant et un danger mortel, à d’autres formes de résistances qui ne portaient pas, elles, de danger de mort, mais celui de rester incompris, calomnié ou bafoué&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le véritable dilemme moral du temps est de se donner la puissance d'autres mondes où vivre debout comme un homme, ou de se complaire dans les affres de la destruction du monde moderne - d'appeler au meurtre, de croire que l'on peut se rassasier de sang une fois qu'il est versé, et versé, et versé . Il est tellement plus dur, et plus sévère, d'identifier en soi ses premiers ennemis . Abd El Kader, un grand chef de guerre terrestre, note lui-même que &lt;em&gt;le gnostique est exempté de l'obligation de guerre contre le mal .&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux rester dissident sans m'enivrer de haine, sans désigner des gens en trop . La justice peut être avide de sang, mais pas la miséricorde . La Miséricorde a étendu sa main pour protéger Caïn . Et la splendeur de l'amour m'a enseigné la miséricorde, la miséricorde infinie des aubes des mondes, lues dans tes yeux noirs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'érotique récapitule la prophétie . Cette phrase sera un jour justifiée . Je suis fidèle d'Amour, et amant de Miséricorde . Je crois en ces mots durs comme le fer des temps : tu ne tueras pas ton frère . Tu ne verseras pas le sang, la sève, le souffle sur la terre - tu aspireras à établir le ciel sur la terre, à être gardien de la Terre Sainte, parmi toutes les usures et les reniements du temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne refuse pas le combat, mais je ne le cherche pas – même celui de la grande guerre intérieure . Si je le rencontre, cela sera par l'ordre de la nécessité . Il n'est pas, à ce jour, nécessaire de tuer . La guerre moderne n'est pas une école d'héroïsme, et depuis très longtemps . La guerre sanglante ne vaut que comme image de la grande guerre dans le Ciel, et pas l'inverse . Enfin, et surtout, il nous appartient de reconnaître la noblesse de nos ennemis, et de ne pas nous abaisser à être perturbé par les aboiements de chiens sans autre maître que le Système . La vérité, la beauté et l'éternité sont plus que toutes les guerres .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il appartient d'abord au poète de manifester le Verbe . Telle est l'épée de sa bouche .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sache que celui qui connaît le secret des échelons supérieurs et l'émanation des sephirot, selon le secret de l'épanchant et du recevant, selon le secret du ciel et de la terre et de la terre et du ciel, connaîtra les secrets du lien de toutes les sephirot et le secret de de toutes les créations de l'univers : comment les unes reçoivent des autres et se nourrissent les unes aux autres . Toutes reçoivent puissance émanative, alimentation, subsistance, et vitalité de la part du Nom, béni soit-il . Celui qui connait cette voie connaîtra comment est grande la puissance de l'homme soit qu'il accomplit les (…) commandements, réparant ainsi les canaux en tout épanchant et recevant, soit qu'il endommage les canaux et interrompt les influx . (…) (Le premier est appelé) le juste, et le juste est le fondement du monde&lt;/em&gt; .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-8457878259571919204?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/8457878259571919204/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=8457878259571919204' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8457878259571919204'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8457878259571919204'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/12/de-la-guerre-et-de-laube-entrelacee-des.html' title='De la guerre et de l&apos;Aube entrelacée des éons .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-sPSSUK1nWzA/Ttolj6dyMoI/AAAAAAAABVI/IbpE4lkbjIs/s72-c/Joachim_von_Fiore-Zeitalter.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-6190576046445143069</id><published>2011-11-26T02:33:00.009-08:00</published><updated>2011-11-26T06:21:33.391-08:00</updated><title type='text'>Être loup, ou le silence des forêts en hiver .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-2VMfghyLVE8/TtDMRr4O_PI/AAAAAAAABUk/45vnw_Zz-XI/s1600/SPARE2.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 272px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5679263734322625778" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-2VMfghyLVE8/TtDMRr4O_PI/AAAAAAAABUk/45vnw_Zz-XI/s400/SPARE2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-WsXCnq05aqg/TtDKne-m_1I/AAAAAAAABUY/4Ml9DcVfiz4/s1600/SuperStock_1890-18192.jpg"&gt;&lt;/a&gt; &lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Austin Osman Spare, the vampires are coming)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vérité sur ce que peut être un ordre développant la puissance spirituelle d'affronter le Léviathan du monde moderne . Dire la vérité, car il s'agit bien de vérité . Pour être le ciment d'une société humaine, il n'existe que peu de ce que Luhmann nomme des &lt;em&gt;médias de communication symboliquement généralisés&lt;/em&gt;, c'est à dire l'expression de la puissance de l'unification, quand le développement de la complexité sociale, la multiplication des sous-systèmes fonctionnels, est corrélativement le développement de puissances de dissolution, de fragmentation à l'infini . De ces contenants de la guerre civile en puissance qu'est une société humaine, de ces médiations symboliques de l'unification, il n'est guère que le droit, le pouvoir, la vérité, l'argent, le Spectacle, l'idéologie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les média de communication symboliquement généralisés suivent une évolution inverse du développement de la complexité sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La complexité sociale renforce les spécialisations, c'est à dire l'isolement des sous-systèmes psychiques . Ceux-ci deviennent de plus en plus impuissants à porter la totalité sociale en image impliquée en eux-même, sous la forme de la vérité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le règne de l'argent, comme média de communication symboliquement généralisé, est le signe de l'abandon du langage et de la vérité comme mode premier et principal de l'unification communautaire humaine&lt;/strong&gt; . Le règne de l'argent est celui de la société post-culturelle, règne évident dans le monde moderne . L'argent est une voie de simplification indéfinie du codage social, du ciment de la société, ciment résumé à la quantité . Le codage s'exténue vers le néant de l'absurde à mesure que la communauté réelle des hommes, dans le processus de complexification et donc de division à l'infini des sous-systèmes, liée au développement des forces productives, s'exténue elle-même vers le néant quantitatif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant dire que la pensée de Deleuze est parfaitement fonctionnelle à ce processus de décomposition, représenté dans le spectacle du verbe magistral comme une libération - libération parfaitement illusoire, comme si le vol d'un oiseau pouvait être libéré de la résistance de l'air .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le processus du nihilisme, ou désenchantement du monde, est - autrement dit - identique à la transition de la vérité symbolique, comme mode de tissage de l'unité communautaire, vers l'argent et le quantitatif – mode quantitatif d'unification que représente la démocratie moderne comme concept de consensus . Le règne de l'argent et la démocratie moderne sont des miroirs fonctionnels l'un de l'autre . &lt;strong&gt;Comme l'argent, la démocratie moderne ne présuppose aucune autre communication entre les hommes que la quantité comme référence symbolique réduite au plus infime dénominateur commun &lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'argent, le vote, la fortune remplacent réellement le langage comme fondement de l'unité des hommes – et ainsi l'absence de toute pensée politique, le solipsisme et les illusions de la toute puissance du bloom se réduisent dans l'individu à une absence de construction symbolique des limites de l'ego, c'est à dire une forme généralisée de ce qui autrefois était considéré comme des formes pathologiques de constitution de la personnalité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la mentalité antique, le temps donné au travail productif, méprisable, n'était donné que comme réserve préalable à la pleine jouissance de la vie liée aux autres hommes, au langage, à l'amitié, la vie de citoyen, à l'amour . Nous nous représentons encore parfois le travail comme étant la recherche de moyens d'existences, et la vie réelle comme le loisir résiduel . Mais ce n'est pas le fonctionnement réel du travail social moderne . Le travail social moderne n'est que le travail comme essence de la vie, puisque la vie communautaire réelle s'exténue indéfiniment ( il n'est que de comparer la vie sociale des temps passés de la fréquence moderne de longues périodes de solitude dans la vie des hommes ) . La communauté humaine moderne ne devient que mesurée à la quantité, à l'argent . L'Union Européene n'a pas d'autre langue commune que sa monnaie . Le travail productif et le service de la quantité deviennent la seule sociabilité résiduelle, sans pour autant pouvoir servir, comme dans la sociabilité ouvrière communiste, de support d'un sens de la vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est rien à attendre de ce monde que de mourir à la tâche de produire et de consommer . C'est quand nous aurons compris cela, c'est quand nous aurons levé toutes les illusions résiduelles sur le Système, que nous aurons compris que nous n'avons rien à perdre de la chute du mythe libéral . Perdre quoi ? La seule peur du vide, l'absence de tous les cadres du Système – et la dépendance matérielle de tout homme dans le Système, puisque le processus de complexification des forces productives est identique au processus d'hyper-spécialisation des sous-systèmes psychiques, et donc de l'intensification de la dépendance de chaque homme, maintenus dans l'immaturité, incapables de penser leurs emplois dans leur globalité fonctionnelle, de construire leur logement, incapables de cuisiner sans parler de produire leurs aliments, incapables pour la plupart de prendre des décisions simples et vitales - incapables même de s'accorder à leur propre désir, sans immenses efforts – il n'est que de voir l'esprit de troupeau des masses du monde moderne, ou les simagrées des modernes «gender philosophes » sur le consentement sexuel .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce contexte d'exténuation des liens autres que les liens d'argent, de Spectacle et de quantité à travers le sondage et le vote, &lt;strong&gt;comment penser que le préalable d'un mouvement révolutionnaire soient les principes quantitatifs modernes, dit « démocratiques » ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le principe même du vote dans un mouvement d'Avant-garde est de poser que la vérité, comme média de communication symboliquement généralisé, c'est à dire comme principe d'unité d'un mouvement révolutionnaire, ne peut être le plus puissant parmi les hommes du mouvement . Mais au contraire, que l'opinion du plus grand nombre doit recevoir ce rôle de principe directeur de la communauté marginale . Pourtant un mouvement dissident doit s'appuyer sur quelque puissance qui le dépasse et qui l'entraîne, sur une puissance verticale - sur la vérité, analogue dans le verbe des hommes du Soleil invaincu . Telle était la position la plus normative des Avants-gardes de l'Est avant 1945, par exemple . Soutenir le principe électoral dans l'Avant-garde, cela signifie que dans le mouvement les idées les plus aisées, désirables et confortables à soutenir à partir de l'imprégnation idéologique des membres, imprégnation laissée au Système, doivent dominer le marché idéologique crée par le vote dans le mouvement . Le conformisme au Système du résultat est prévisible .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, la puissance quantitative, par hypothèse, appartient finalement au Système : le principe démocratique dans une organisation révolutionnaire suppose que le Système doit être affronté avec ses propres principes, et sur le terrain où sa puissance est la plus grande . Autant dire qu'un tel « mouvement révolutionnaire » ne pourrait être ainsi qu'absolument inoffensif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par définition, des positions d'avant garde ne peuvent naître comme étant celles du plus grand nombre . C'est la puissance de la vérité qui permet au résistant isolé de faire face aux plus immenses puissances de répression, à la torture et à la misère ; c'est la puissance de la vérité qui permet à Marguerite Porète de refuser de se soumettre à ses juges . C'est la vérité encore qui permet à Sophie Scholl, de la rose Blanche, de proclamer que tous ces aryens qui la jugent, qui se vantent d'être forts et sans peurs, sont en vérité terrorisés par un Système policier qui les enchaîne dans des crimes sans noms . &lt;strong&gt;Il n'est ni dissidence, ni résistance sans vérité . La vérité est l'arme infime des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;La question de la vérité n'est pas une question politique . La politique doit se soumettre à la vérité . C'est l'espoir d'un règne de l'être, et non du Spectacle . Car sans vérité, il n'est pas de loyauté, et donc pas de lien inconditionnel . Un tel renoncement relève des renoncements que le Système voudrait sans gravité . Mais si, c'est très grave . Le vrai n'est pas ce que je veux . Le vrai est ce qui est .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment se nommait la stratégie du Mahatma Gandhi ? Elle s'appelait le Satyagraha, le « se tenir dans la vérité » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abandonner la vérité pour le vote, c'est donner raison à César, à Ponce Pilate . C'est poser la question préalable : « la vérité, combien de divisions ? » . &lt;strong&gt;La gravité réelle d'un crime ne dépend pas d'un vote, ni d'un nombre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Écoutez ces propos d'un militant "socialiste" sur l'idéalisme dans le P.S : &lt;em&gt;"L’idéalisme militant se heurte à un constat simple : les partis sont des organisations humaines et, en tant que telles, sont travaillés par des logiques et des tensions communes à toutes les organisations humaines. Ambitions. Arrangements. Passe-droits. Combines. Haines personnelles. Cliques et bandes. Oligarchies internes. Etc"&lt;/em&gt;...&lt;strong&gt;Voilà ce qu'est un parti politique : une petite réplique de l'oligarchie dominante, et une réplique de l'idéologie dominante, adaptée à un style de public fonctionnel au Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Quel est cet idéalisme militant, sinon un idéalisme sans affrontement du réel ? Car s'il voyait la vérité, la réalité cruelle sans ses masques du commerce électoral de la représentation, il ne serait pas la victime pitoyable du Spectacle et de ses illusions . Il saurait &lt;strong&gt;qu'il n'y a pas d'idéalisme authentique dans les organes fonctionnels du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il est deux faces que l'usage nomme idéalisme, parmi tous les visages possibles de ce mot parmi les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est l'idéalisme débile et impuissant, fils de l'idéologie racine du Système, de l'idéologie moderne . Enflé de ses certitudes vides, il veut à toute force rendre réel un ensemble de représentations de la justice et de la vérité qui sont sans enracinement puissant dans les mondes . Il en est ainsi de &lt;em&gt;la lutte contre les discriminations&lt;/em&gt;, quand elle prétend rendre égaux, par exemple, le Maître et le disciple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maître est ce que veut devenir le disciple ; dit autrement, le Maître est en acte ce que le disciple est en puissance . Le disciple est l'image et la ressemblance du Maître ; et les Maîtres Tantrika, comme le démiurge souffle dans l'argile rouge d'Adam, soufflent dans la bouche de leur disciple pour leur seconde naissance . Le maître est la preuve sensible de la puissance de la Voie, l'Orient du disciple . En vérité, le Maître est disciple de son disciple, et le disciple maître secret du Maître ; il y a une rotation permanente des pôles, et des inversions des pôles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiérarchiques des pôles sont le secret de la puissance de transformation qu'ils véhiculent . Ainsi le fidèle d'Amour rend-t-il un culte à la Dame, car c'est l'écart entre lui et l'objet de son Amour qui crée le Soleil invaincu de la &lt;em&gt;Vita Nuova&lt;/em&gt;, de la Vie Nouvelle . Sans le creusement de ce culte, de cet abîme d'amour hiératique, le feu du Désir ne peut atteindre Celui &lt;em&gt;qui fait mouvoir le Soleil et les autres étoiles&lt;/em&gt; . Mais cet immense amour ne rend pas l'amour désincarné . La rotation des pôles plonge ce qui est en Haut dans l'argile rouge de la chair, et ainsi la forme, le rythme, le souffle s'incarnent, et forment la rose, l'alliance des mondes d'en Haut et des mondes d'en Bas . Il est une alchimie hiératique de la chair que permet l'intensification des contradictions verticales ; mais ceci ne peut être compris que des amants du Fin'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiérarchiques des pôles sont le secret de la puissance de transformation qu'ils véhiculent . &lt;strong&gt;Le caractère unidimensionnel du processus électoral, qui rend le préjugé le plus obtus égal à la perspective la plus profonde, est un processus comparable à la réduction massive des liens à la mesure de l'argent, au fétichisme de l'argent comme langue babélienne des hommes modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Il est un processus d'aplanissement vers le bas, et le miroir du mépris de l'intelligence et de la vérité caractéristiques du Système, qui veut &lt;strong&gt;remplacer le langage comme puissance d'unification de la communauté humaine par l'argent et l'employabilité - accomplir la réduction de l'homme à sa fonction dans le processus de production&lt;/strong&gt; . Réduire les polarités de l'être en acte et de l'être en puissance, qui est la puissance indéfinie du désir dans le monde, est le miroir du caractère fonctionnel du processus électoral dans le processus global du nihilisme – il s'agit d'enfermer les perspectives des hommes, qui s'appuient sur une indéfinité de mondes, dans les perspectives étriquées du développement indéfini du Système – de fermer la dimension verticale pour maintenir dans l'esclavage de la production matérielle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est toujours possible, comme la plupart des oligarques, de se la parler local, pragmatique concret, pour faire comme si la perspective unidimensionnelle typique du Système était au fond la seule manière réaliste d'aborder les problèmes nés des contradictions du Système . &lt;strong&gt;Mais les mots sont abstraits, universels, théoriques, même ceux-là, "concret", "pragmatique" &lt;/strong&gt;. Ces discours se la racontent, et mentent . Doit-on avoir honte de penser et de lever la tête ? Les lumières ont-elles été moins concrètes en 1789 de s'être voulues universelles ? Marx a-t-il moins bien compris le Système de se vouloir théoricien, et les marxistes n'ont-ils pas déployé une immense puissance concrète ? Ne voyez vous pas que ce mépris de l'intelligence partagé entre les oligarques et certains « indignés » est un héritage de l'éducation dans le Système – est fonctionnel, est la plus solide des chaînes pour un mouvement révolutionnaire ? Réfléchir, c'est déjà désobéir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéologie racine produit des exigences impossibles, et en particulier la volonté de rigoureusement tout réduire à des perspectives unidimensionnelles au nom de l'égalité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéalisme de l'idéologie racine n'est que le constat de l'impuissance de la volonté des hommes d'or de tout réduire à leur horizon unidimensionnel de mangeurs de poussière, leur impuissance qui les fait mordre Ève au talon . Cet idéalisme ne peut invoquer l'acte de la puissance, la fleur des mondes . Il n'est pas vrai, donc sans aucune justice .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce qui est faux ne peut être juste - à moins de croire que la justice ne soit que le caprice de la volonté souveraine de l'homme . Ce qui est juste est vrai ; et tout homme le sait, au fond de lui-même, dans le silence de l'intériorité &lt;/strong&gt;. Ce qui est juste n'est pas crée comme juste, mais reçu comme juste dans le cœur de soi, reflet de la justice au cœur du monde . Ce qui est juste s'enracine dans l'expérience, la vie, le souffle de la puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéalisme idéologique moderne, celui de la « lutte contre les discriminations » fonctionnelle, des Gender Studies, des antispécistes, est impuissant, car ses vaines imaginations ne peuvent s'incarner ; jamais le chien ou la crevette ne pourront défendre leurs « droits égaux » à l'homme . Impuissant à s'incarner réellement, cet idéalisme vide finit dans l'amertume et le ressentiment caractéristiques de la psychologie du puritain, qui ne cesse d'appeler au renforcement de la puissance de l'État et à la répression, pour imposer de force son idéalisme frelaté et fonctionnel . &lt;strong&gt;Il relève de la sottise de croire possible le fonctionnement démocratique des institutions démocratiques modernes, qui sont la façade de la domination oligarchique du Système depuis l'origine&lt;/strong&gt; . Il relève de la sottise plus grande encore de croire qu'un mouvement révolutionnaire d'avant garde, minoritaire, affrontant la plus grande puissance humaine de tous les temps dans l'ordre matériel et spectaculaire, peut s'encombrer de mimer l'impuissance politique des sous-systèmes fonctionnels de l'ordre dit « politiques » dans la constitution du monde posée par l'idéologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les États démocratiques eux-même, pourtant si lourdement armés en toutes choses, sont ridiculement impuissants face au Système . Que peuvent peser des organisations d'amateurs narcissiques se dévorant entre eux pour des motifs futiles, émotionnels ? Que peuvent peser des organisations jugeant essentiel d'écrire sur tous leurs documents militant(E)s, citoyen(nE), dépourvus de la moindre formation sérieuse sur le Système ? Comment tous ces fatras spectaculaires pourraient-ils être autre chose que de pures illusions « politiques », des divertissements offerts par le Spectacle à des « idéalistes » dignes d'être publiés dans des reportages de Elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vérité : de telles « organisations » ne peuvent être que vanité et poursuite du vent . Affronter le dragon du Système doit dépasser, ignorer de tels « idéalismes » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voulons l'idéalisme radical de celui qui comprend, après le Hagakure, que toute la valeur martiale d'un homme réside dans son fanatisme, et décide de développer méthodiquement son fanatisme pour affronter une situation extrême, la situation du dissident isolé face à un Système mondialisé aspirant à la toute-puissance - l'idéalisme du résistant et de l'aristocratie révolutionnaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ce fanatisme est un fanatisme sans croyance . Cet idéalisme enraciné dans l'Enfer est déconnecté de toute foi, de toute espérance immédiates &lt;/strong&gt;. Il sait que l'objet de son affrontement est d'une capacité à l'écrasement qui le dépasse radicalement en tant qu'individu ; il sait que seul il n'est rien en tant que puissance, et qu'il doit d'abord régner dans son fors intérieur – que &lt;strong&gt;régner dans son fors intérieur est déjà un acte puissant d'exil du monde triomphant de la Bête&lt;/strong&gt; . Dit autrement, il sait que seule la solidarité et la loyauté inconditionnelles à une cause, la foi à une puissance bien supérieure à sa vie misérable, la vérité, la Cause, peut triompher de l'énorme puissance qu'il affronte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Seul, il ne peut affronter la Bête . Mais par le savoir de sa vacuité, et le recentrement intérieur dans la puissance qui le dépasse et vit à travers lui, il n'est rien qu'il ne puisse affronter, l'incendie dévorant, une vague immense, la chute d'une haute falaise&lt;/strong&gt; . Tous les jours, il faut se penser déjà mort, dit en ce sens le Hagakure . &lt;em&gt;Passé le pas de sa porte, l'homme est parmi les morts&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le Samouraï plonge entre les mâchoires de la mort pour trouver sa propre essence&lt;/em&gt;, dit encore le Hagakure . La méditation pour soi-même, comme celle d'Epictète, &lt;strong&gt;le creusement de l'anéantissement de l'homme dans le Système est la Voie de la puissance des dissidents et des résistants, depuis l'aube de la tyrannie&lt;/strong&gt; . Nous n'avons rien à perdre, et c'est la voie de l'intensification d'une puissance redoutable, de la puissance des loups .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La démocratie est un idéalisme faux et menteur, de force débile, de fin de race et de fin de monde...L'idéalisme militant exige une aristocratie révolutionnaire disciplinée, hiérarchisée, silencieuse, sur le modèle léniniste, plus encore sur le modèle d'un ordre . Aucune grande action n'a été accomplie par une organisation passant plus de temps à débattre qu'à combattre, même dans l'ordre de l'intellect, ou l'éristique développe la puissance idéologique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux vaut une horde de chasseurs, une horde mongole, qu'une assemblée générale moderne . Et une telle organisation est aussi souple, adaptable, impitoyable que les muscles et la mâchoire d'un loup . &lt;strong&gt;Aucune organisation de conquête, aucune organisation de résistance, aucune organisation de dissidents, aucune organisation secrète d'une hérésie poursuivie par une police meurtrière n'a jamais été démocratique&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De telles organisations ne sont pas non plus des dictatures, en aucun cas . Elles sont des organisations informelles, basées sur l'honneur, le lien inconditionnel, la parole donnée, la conscience de sa valeur et de ses limites . Dans les partis modernes, des individus médiocres, minables, peuvent atteindre indéfiniment leur niveau d'incompétence ; de véritables incapables peuvent aspirer à de hautes fonctions, et parfois avec succès . Cela est permis par le vote et par la manipulation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une horde, chacun peut parler pour les grandes décisions, mais aussi &lt;strong&gt;chacun parle avec l'autorité de qu'il est, ni plus ni moins &lt;/strong&gt;; chacun parle au nom de la vérité qui réunit les hommes, au nom de l'idéal . Dans &lt;em&gt;Beowulf&lt;/em&gt;, on lit comment un guerrier en fait taire un autre dans le Hall du Roi : &lt;em&gt;« mais tu as tué ton frère, ton proche le plus cher, toi ; c'est pourquoi l'Enfer t'es promis, malgré tes propos retors »&lt;/em&gt; . Dans l'Athènes « démocratique » comme dans la société féodale, le premier qui décide de la guerre doit être le premier à mettre son corps en danger en bataille ; et celui qui emprunte pour l'État garantit l'argent sur sa fortune . Tu veux accueillir des hommes chez toi ? Fais-le le premier . Dans les organisations modernes, les décisions sont déliées des responsabilités ; et je pose que &lt;strong&gt;le principe central d'une organisation dissidente doit être que le pouvoir doit s'accompagner de responsabilités proportionnelles, et directement liées au pouvoir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Chacun ne doit parler que dans le mesure de ce qu'il est, ni plus, ni moins . Quand on ne sait pas, on peut poser des questions avec respect, mais sûrement pas se prononcer . Il est ridicule de voir des hommes ignorants faire des propositions inutiles, vues et revues, naïves, et monopoliser la parole dans des réunions qui se doivent d'être efficaces . Je répète : il faut poser aux hommes des questions de ce genre : &lt;strong&gt;qui est tu, et quelle est ton expérience de ce dont tu parles&lt;/strong&gt; ? A ceux qui protestent de leur droit à l'expression, il faut rappeler le droit de ne pas écouter – tu as droit, frère, d'aller d'exprimer ailleurs . Crois-tu que nous soyons réunis pour permettre ton expression, ton épanouissement personnel, ou pour servir une cause, même si le ressenti de ton épanouissement et ta légende personnelle doivent en souffrir ? Ton estime de soi ne me concerne pas . Avant de parler, montre par tes actes que tu es digne de parler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je dis est également valable pour le net, pour les forums, et toutes ces occasions de bavardages inutiles . Je refuse de discuter des arguments naïfs, ou des susceptibilités de personnes . Ce qui est vrai n'a pas besoin d'être défendu – expliqué, rien de plus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chacun doit savoir se taire quand cela est juste, et chacun doit savoir obéir avec une conviction absolue quand cela est juste, et que la décision est arrêtée . De telles compétences sont infiniment plus essentielles à la dissidence que toutes les proclamations et les manifestes qui pullulent partout&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous autres dissidents, révoltés, rebelles, nous n'avons pas de patrie . Il n'est plus de patrie, de ce corps blanc des amoureuses, de cette terre où planter ses racines, et aimer les hommes, et tout ce qui a le souffle de vie, et le sang, et la sève . Il n'est plus que des causes, et le ciel nu - le bleu de l'abîme vertical au dessus de l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre spirituelle contre le monde postmoderne, la petite guerre, et la grande guerre spirituelle ne sont pas des lieux de débats indéfinis sur les désirs, les rêves vides, ou le narcissisme des blooms, des hommes modernes dans leur déréliction réelle et leur toute-puissance de carton . Il est vain d'argumenter comme le vent se lève . Il n'est plus le temps des débats. Il faut partir, lever les voiles, au souffle des étoiles et du Soleil noir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La parole des Maîtres crée de l'être . Il est noble de ne pas se plier devant la puissance du Système ; il est noble de s'incliner devant un maître . Il est noble de pleurer de reconnaissance . &lt;strong&gt;Dans la guerre, le bavardage qui ne montre pas le plaisir de vivre est une censure de la profondeur par le bruit&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'instant présent peut être le moment crucial . Le moment crucial peut être le moment présent . Le Kairos est la rencontre du temps et de l'éternité, le temps du silence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'instant suprême, l'homme noble sait que s'il faut choisir entre se taire et parler, il est préférable de se taire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre est le silence de la fin des cycles, des tourbillons du monde . Le silence des forêts en hiver. Nous devons désirer être des hommes de l'ordre du loup .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence des forêts en hiver est le sourire silencieux des promesses du printemps .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-6190576046445143069?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/6190576046445143069/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=6190576046445143069' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/6190576046445143069'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/6190576046445143069'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/austin-osman-spare-vampires-are-coming.html' title='Être loup, ou le silence des forêts en hiver .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-2VMfghyLVE8/TtDMRr4O_PI/AAAAAAAABUk/45vnw_Zz-XI/s72-c/SPARE2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-9032576459505453853</id><published>2011-11-25T09:51:00.003-08:00</published><updated>2011-11-25T09:57:55.799-08:00</updated><title type='text'>Les loups, ou le silence des forêts en hiver . De l'organisation.</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s1600/Guido%2BCagnacci.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 309px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5678993076704277954" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s400/Guido%2BCagnacci.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Guido Cagnacci - allégorie de la vie humaine)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Il faut dire la vérité sur ce que peut être un ordre développant la puissance spirituelle d'affronter le Léviathan du monde moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Écoutez ces propos d'un militant "socialiste" sur l'idéalisme dans le P.S : &lt;em&gt;"L’idéalisme militant se heurte à un constat simple : les partis sont des organisations humaines et, en tant que tels, sont travaillés par des logiques et des tensions communes à toutes les organisations humaines. Ambitions. Arrangements. Passe-droits. Combines. Haines personnelles. Cliques et bandes. Oligarchies internes. Etc".&lt;/em&gt;..Voilà ce qu'est un parti politique, une petite réplique de l'oligarchie dominante, et une réplique de l'idéologie dominante, adaptée à un style de public fonctionnel au Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quel est cet idéalisme militant, sinon un idéalisme sans affrontement du réel ? Car s'il voyait la réalité sans ses masques du commerce électoral, il ne serait que la victime pitoyable du Spectacle et de ses illusions . Il n'y a pas d'idéalisme authentique dans les organes fonctionnels du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est deux faces que l'usage nomme idéalisme, parmi tous les visages possibles de ce mot parmi les hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est l'idéalisme débile et impuissant, fils de l'idéologie racine du Système, de l'idéologie moderne . Enflé de ses certitudes vides, il veut à toute force rendre réel un ensemble de représentations de la justice et de la vérité qui sont sans enracinement puissant dans les mondes . Il en est ainsi de la lutte contre les discriminations, quand elle prétend rendre égaux, par exemple, le Maître et le disciple .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Maître est ce que veut devenir le disciple ; dit autrement, le Maître est en acte ce que le disciple est en puissance . Le disciple est l'image et la ressemblance du Maître ; et les Maîtres Tantrika, comme le démiurge souffle dans l'argile rouge d'Adam, soufflent dans la bouche de leur disciple pour leur seconde naissance . Le maître est la preuve sensible de la puissance de la Voie, l'Orient du disciple . En vérité, le Maître est disciple de son disciple, et le disciple maître secret du Maître ; il y a une rotation permanente des pôles, et des inversions des pôles .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les positions hiérarchiques des pôles sont le secret de la puissance de transformation qu'ils véhiculent . Ainsi le fidèle d'Amour rend-t-il un culte à la Dame, car c'est l'écart entre lui et l'objet de son Amour qui crée le Soleil invaincu de la &lt;em&gt;Vita Nuova&lt;/em&gt;, de la Vie Nouvelle . Sans le creusement de ce culte, de cet abîme d'amour hiératique, le feu du Désir ne peut atteindre &lt;em&gt;Celui qui fait mouvoir le Soleil et les autres étoiles&lt;/em&gt; . Mais cet immense amour ne rend pas l'amour désincarné . La rotation des pôles plonge ce qui est en Haut dans l'argile rouge de la chair, et ainsi la forme, le rythme, le souffle s'incarnent, et forment la Rose, l'alliance des mondes d'en Haut et des mondes d'en Bas . Il est une alchimie hiératique de la chair que permet l'intensification des contradictions verticales ; mais ceci ne peut être compris que des amants du Fin'amour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéalisme de l'idéologie racine n'est que le constat de l'impuissance de la volonté des hommes d'or de tout réduire à leur horizon unidimensionnel de mangeurs de poussière, leur impuissance qui les fait mordre Ève au talon . Cet idéalisme ne peut invoquer l'acte de la puissance, la fleur des mondes . Il n'est pas vrai, donc sans aucune justice .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est faux ne peut être juste - à moins de croire que la justice ne soit que le caprice de la volonté souveraine de l'homme . Ce qui est juste est vrai ; et tout homme le sait, au fond de lui-même, dans le silence de l'intériorité . Ce qui est juste n'est pas crée comme juste, mais reçu comme juste dans le cœur de soi, reflet de la justice au cœur du monde . Ce qui est juste s'enracine dans l'expérience, la vie, le souffle de la puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idéalisme moderne est impuissant, car ses vaines imaginations ne peuvent s'incarner ; il finit dans l'amertume et le ressentiment caractéristiques de la psychologie du puritain, qui ne cesse d'appeler au renforcement de la puissance de l'État et à la répression . Il relève de la sottise de croire possible le fonctionnement démocratique des institutions démocratiques modernes, qui sont la façade de la domination oligarchique du Système depuis l'origine . Il relève de la sottise plus grande encore de croire qu'un mouvement révolutionnaire d'avant garde, minoritaire, affrontant la plus grande puissance humaine de tous les temps dans l'ordre matériel et spectaculaire, peut s'encombrer de mimer l'impuissance politique des sous-systèmes fonctionnels de l'ordre dit « politique » dans la constitution du monde posée par l'idéologie racine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les États démocratiques eux-même, pourtant si lourdement armés, sont ridiculement impuissants face au Système . Que peuvent peser des organisations d'amateurs narcissiques se dévorant entre eux pour des motifs futiles, émotionnels ? Que peuvent peser des organisations jugeant essentiel d'écrire sur tous leurs documents militant(E)s, citoyen(nE), dépourvus de la moindre formation sérieuse sur le Système ? Tout ces fatras spectaculaires seraient autre chose que de pures illusions « politiques », des divertissements offerts par le Spectacle à des « idéalistes » dignes d'être publiés dans des reportages de Elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire la vérité : de telles « organisations » ne peuvent être que vanité et poursuite du vent . Affronter le dragon du Système doit dépasser, ignorer de tels « idéalismes » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous voulons l'idéalisme radical de celui qui comprend, après le Hagakure, que toute la valeur martiale d'un homme réside dans son fanatisme, et décide de développer méthodiquement son fanatisme pour affronter une situation extrême - l'idéalisme du résistant et de l'aristocratie révolutionnaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet idéalisme est déconnecté de toute croyance, de espérance immédiate . Il sait que l'objet de son affrontement est d'une capacité à l'écrasement qui le dépasse radicalement en tant qu'individu ; il sait que seul il n'est rien en tant que puissance, et qu'il doit d'abord régner dans son fors intérieur . Dit autrement, il sait que seule la solidarité et la loyauté inconditionnelles à une cause peut triompher de l'énorme puissance qu'il affronte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La démocratie est un idéalisme de force débile, de fin de race et de fin de monde...L'idéalisme militant exige une aristocratie révolutionnaire disciplinée, hiérarchisée, silencieuse, sur le modèle léniniste, plus encore sur le modèle d'un ordre . Aucune grande action n'a été accomplie par une organisation passant plus de temps à débattre qu'à combattre, même dans l'ordre de l'intellect, ou l'éristique développe la puissance idéologique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mieux vaut une horde de chasseurs, une horde mongole, qu'une assemblée générale moderne . Et une telle organisation est aussi souple, adaptable, impitoyable que les muscles et la mâchoire d'un loup . Aucune organisation de conquête, aucune organisation de résistance, aucune organisation de dissidents, aucune organisation secrète d'une hérésie poursuivie par une police meurtrière n'a jamais été démocratique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De telles organisations ne sont pas non plus des dictatures, en aucun cas . Elles sont des organisations informelles, basées sur l'honneur, le lien inconditionnel, la parole donnée, la conscience de sa valeur et de ses limites . Chacun peut parler pour les grandes décisions, mais aussi chacun parle avec autorité de qu'il est, ni plus ni moins ; chacun parle au nom de la vérité qui réunit les hommes, au nom de l'idéal : et chacun sait se taire quand cela est juste, et chacun sait obéir avec une conviction absolue quand cela est juste, et que la décision est arrêtée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous autres dissidents, révoltés, rebelles, nous n'avons pas de patrie . Il n'est plus de patrie, de ce corps blanc des amoureuses, de cette terre où planter ses racines, et aimer les hommes, et tout ce qui a le souffle de vie, et le sang, et la sève . Il n'est plus que des causes, et le ciel nu - le bleu de l'abîme vertical au dessus de l'homme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La guerre spirituelle contre le monde postmoderne, la petite guerre, et la grande guerre spirituelle ne sont pas des lieux de débats indéfinis sur les désirs, les rêves vides, ou le narcissisme des blooms, des hommes modernes dans leur déréliction réelle et leur toute-puissance de carton . Il est vain d'argumenter comme le vent se lève . Il n'est plus le temps des débats. Il faut partir, lever les voiles, au souffle des étoiles et du Soleil noir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La parole des Maîtres crée de l'être . Il est noble de ne pas se plier devant la puissance du Système ; il est noble de s'incliner devant un maître . Il est noble de pleurer de reconnaissance . Dans la guerre, le bavardage qui ne montre pas le plaisir de vivre est une censure de la profondeur par le bruit .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'instant présent peut être le moment crucial . Le moment crucial peut être le moment présent . Le Kairos est la rencontre du temps et de l'éternité, le temps du silence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'instant suprême, l'homme noble sait que s'il faut choisir entre se taire et parler, il est préférable de se taire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre est le silence de la fin des cycles, des tourbillons du monde . Le silence des forêts en hiver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sourire des promesses du printemps .&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-9032576459505453853?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/9032576459505453853/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=9032576459505453853' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9032576459505453853'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/9032576459505453853'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/les-loups-ou-le-silence-des-forets-en.html' title='Les loups, ou le silence des forêts en hiver . De l&apos;organisation.'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-R8aDAkkxaRY/Ts_WHVrcdcI/AAAAAAAABUM/N9OVOowSxPk/s72-c/Guido%2BCagnacci.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-4226588042390951515</id><published>2011-11-23T08:40:00.006-08:00</published><updated>2011-11-23T10:13:23.702-08:00</updated><title type='text'>Du murissement obscur de l'émeraude des mondes .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-REUMa_RQbhk/Ts0uVIBeK_I/AAAAAAAABUA/s7qs5YKTQBs/s1600/Akhmatova%2Bmodigliani.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 258px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5678245645649849330" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-REUMa_RQbhk/Ts0uVIBeK_I/AAAAAAAABUA/s7qs5YKTQBs/s400/Akhmatova%2Bmodigliani.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(portrait d'Anna Akhmatova par Modigliani, Paris, 1910)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es venue par le chemin de l'horizon&lt;br /&gt;L'encens des étoiles&lt;br /&gt;Le chemin de la dalle de roche sombre&lt;br /&gt;Peau de dragon chauffée au soleil de soufre rouge&lt;br /&gt;Par la poussière soulevée par le vent de l'Aube&lt;br /&gt;Marchant sur mes yeux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme un cortège nuptial en chantant vont mes âmes et mes esprits&lt;br /&gt;Sur le chemin de fleurs et de larmes&lt;br /&gt;Sur les poussières des mondes&lt;br /&gt;Sur ta peau j'ai parcouru les mers du Sud&lt;br /&gt;Le vent d'Arabie a soulevé mes cheveux&lt;br /&gt;Les forêts en abîme ont caressé les méandres&lt;br /&gt;De mes veines et de mon sang d'océan&lt;br /&gt;Nos souffles nos sangs nos sèves&lt;br /&gt;Se sont mêlées en jouant sur nos lèvres&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sais-tu le monde posé devant nos yeux&lt;br /&gt;Petit animal tiède&lt;br /&gt;Comme un chat lové entre nos paroles&lt;br /&gt;Et l'éclat du soleil qui s'enlace entre nos doigts&lt;br /&gt;Comme une huile de fleur pourpre&lt;br /&gt;Et les lumières angéliques au miroir des couleurs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et aussi – derrière nous en silence devisions&lt;br /&gt;La mort et le mal des cycles du temps&lt;br /&gt;Aussi ancien que l'antique Serpent&lt;br /&gt;L'œil jaune du Diable&lt;br /&gt;Nous regardait&lt;br /&gt;Sans haine&lt;br /&gt;Parfois&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car le mortel est comme les saisons&lt;br /&gt;La race des feuilles emportées par l'hiver&lt;br /&gt;Les illusions mortes piétinées par des enfants&lt;br /&gt;Au delà de ma puissance mortelle accorde moi&lt;br /&gt;Ô Soleil du monde d'avoir&lt;br /&gt;Une fois dans ma vie passagère&lt;br /&gt;L'endurance des étoiles fixes&lt;br /&gt;Celles qui se reflètent dans les yeux noirs&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Où mon cœur se noya&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Accorde moi l'éternité de l'homme&lt;br /&gt;La loyauté&lt;br /&gt;Dans le serrement de mes larmes&lt;br /&gt;Le bouleversement de mon cœur&lt;br /&gt;Le feu intérieur qui illumine ma parole&lt;br /&gt;Donnée comme une Alliance&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mortel est une poussière en tout ses actes&lt;br /&gt;Il ne peut saisir l'insaisissable&lt;br /&gt;Il ne peut être au delà de son essence&lt;br /&gt;De son corps qui s'effondre&lt;br /&gt;De son âme que le temps et la haine déchirent de l'amour&lt;br /&gt;Il invoque l'éternité&lt;br /&gt;Le haut château de l'âme&lt;br /&gt;L'étincelle de la cime de son cœur&lt;br /&gt;Reflet du Soleil éternel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que je ne suis rien&lt;br /&gt;Mais si tu étends ta main au dessus de moi&lt;br /&gt;Tout le poids des mondes ne saurait m'écraser&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ô Seigneur, aie pitié de l'homme !&lt;br /&gt;Le désir de son cœur est de faire un héros&lt;br /&gt;Mais il est nu, misérable, courbé vers la terre&lt;br /&gt;Et ses mots l'habillent de robes couleur du Ciel&lt;br /&gt;Et les mots cachent sa nudité de feuille morte&lt;br /&gt;Et les tournoiement de la feuille emportée par les vents&lt;br /&gt;Lentement, avec les objets perdus au pied des murs&lt;br /&gt;Dans les rues des grandes villes dévorantes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ne pas porter cette mort sur le mort, ô homme&lt;br /&gt;Le souffle infini du désir et le feu des étoiles&lt;br /&gt;Le feu dévorant de ton amour&lt;br /&gt;Veille-les dans le sanctuaire du cœur&lt;br /&gt;Projette-les sur l'argile rouge de la chair&lt;br /&gt;Sur les vallons de la terre&lt;br /&gt;Comme au premier temps des mondes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois un homme donne tellement à un autre&lt;br /&gt;Qui ne reçoit pas&lt;br /&gt;Qui ne sait même pas ce qu'il reçoit&lt;br /&gt;Ne méprise jamais la noblesse&lt;br /&gt;Du donneur de feu&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et j'essaie sans cesse&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je dépose à Tes pieds l'immense douleur&lt;br /&gt;La haine&lt;br /&gt;La rage et la colère&lt;br /&gt;du mortel&lt;br /&gt;Je voudrais tant&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Mais elles sont les abeilles&lt;br /&gt;Du poète&lt;br /&gt;qui maintiennent la veille&lt;br /&gt;L'impossible repos&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots sont l'invocation du Verbe&lt;br /&gt;Ils font advenir l'être de la puissance au regard&lt;br /&gt;La terre est le ciel&lt;br /&gt;Le ciel bleu est le miroir de la mer&lt;br /&gt;Le Serpent lové est la puissance céleste que Dieu&lt;br /&gt;A scellée dans la boue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots invoquent la puissance&lt;br /&gt;Et l'acte de la puissance resplendit au soleil invaincu&lt;br /&gt;Dans les roses déversées&lt;br /&gt;Sur ta peau apparaît le velours pourpre&lt;br /&gt;De la chair de résurrection&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Étends ta main au dessus de moi&lt;br /&gt;Prends moi dans le cercle de tes bras&lt;br /&gt;Accorde moi les splendeurs de ton souffle&lt;br /&gt;Thot parle :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Ce vertige du Haut amour&lt;br /&gt;Dans les amertumes mortelles des saisons&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce qui est en haut doit être ce qui est en bas&lt;br /&gt;Pour faire les miracles d'une seule chose&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Le Ciel sur la terre&lt;br /&gt;L'Aube d'été&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Et comme toutes les choses ont été, et sont venues d'Un&lt;br /&gt;Le Soleil est son père&lt;br /&gt;La Lune est sa mère&lt;br /&gt;Le souffle l'a porté dans son ventre&lt;br /&gt;Le père de toute la puissance du monde est ici sur le sol&lt;br /&gt;Sa puissance est entière si elle est convertie en terre&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Ô Adam d'argile rouge&lt;br /&gt;L'argile est chair de résurrection&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il monte de la terre au ciel, et descend du ciel à la terre&lt;br /&gt;Et reçoit la force des choses supérieures et inférieures&lt;br /&gt;Tu auras par ce moyen la lumière du monde&lt;br /&gt;Et pour cela toute obscurité s'enfuira de ton cœur&lt;br /&gt;C'est la force forte de toutes choses&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce que j'ai dit de l'opération du Soleil est accompli&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;-Thot règne hiératique&lt;br /&gt;Ses yeux rêvent comme tes yeux noirs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ô Amour, ne lâche pas les mains de ton fidèle&lt;br /&gt;Sur les rives de soufre&lt;br /&gt;Du fleuve de l'Enfer&lt;br /&gt;Et que le désir de mort le quitte&lt;br /&gt;Depuis les montagnes de l'horizon&lt;br /&gt;Depuis les buissons de myrrhe&lt;br /&gt;Viens à moi&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et parcourons ensemble le chemin de la lune&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je mourrais de te perdre&lt;br /&gt;Mais il est plus fort que la mort&lt;br /&gt;Le souffle du baiser&lt;br /&gt;L'herbe verdissant dans l'air du printemps&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Et les fruits passeront la promesse des fleurs&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;L'éternité sur ton épaule&lt;br /&gt;Perchée comme un perroquet et le monde&lt;br /&gt;Se détache de ses os comme les mers du Sud&lt;br /&gt;Au creux de nos mains&lt;br /&gt;Dans l'ombre de la lumière de la chair&lt;br /&gt;Nous loverons nos échines&lt;br /&gt;Comme le serpent ailé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-4226588042390951515?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/4226588042390951515/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=4226588042390951515' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4226588042390951515'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4226588042390951515'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/du-murissement-obscur-de-lemeraude-des.html' title='Du murissement obscur de l&apos;émeraude des mondes .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-REUMa_RQbhk/Ts0uVIBeK_I/AAAAAAAABUA/s7qs5YKTQBs/s72-c/Akhmatova%2Bmodigliani.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-4196913998956329104</id><published>2011-11-19T02:49:00.004-08:00</published><updated>2011-11-19T03:45:21.124-08:00</updated><title type='text'>J'étais un Trésor caché, et j'ai désiré être connu - de l'ésotérique du manifesté .</title><content type='html'>&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-Gk9bE_HZTfk/TseQp6nG3gI/AAAAAAAABT0/Rpp1Dn6BHQc/s1600/IMG_1136.JPG"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5676664905106120194" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-Gk9bE_HZTfk/TseQp6nG3gI/AAAAAAAABT0/Rpp1Dn6BHQc/s400/IMG_1136.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(vanité)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Qu'est ce que l'ésotérique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le samouraï plonge entre les mâchoires de la mort, pour que son essence lui soit révélée&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un livre de Pierre-André Taguieff consulté par hasard (&lt;em&gt;La Foire aux illuminés. Ésotérisme, Théorie du complot, Extrémisme&lt;/em&gt;, Paris, Mille et une nuits, 2005) m'amène à reposer des notions de base du champ sémantique permettant de traiter de l'ésotérique du regard, des mondes et des livres . Il est en effet évident que le traitement unidimensionnel que subi l'intérieur, le caché, chez Taguieff et chez ceux qu'il dénonce dans une perspective purement politique conduit au fatras et à la confusion caractéristique des modernes, c'est à dire participe de l'idéologie des faux mages et des charlatans et du voilement des rayons célestes . Héraclite a dit : &lt;em&gt;L'étendue des connaissances n'enseigne pas à avoir l'esprit ; sans quoi elle l'aurait enseigné à Hésiode et Pythagore, et encore à Xénophane et Hécatalos&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les rayons célestes sont la seule chose qui importe, et le miroir resplendissant est la seule chose que nous devrions désirer dans l'ensemble des visions, des saveurs et des parfums . Il importe parfois d'écarter les ombres qui s'accumulent, même si cette tâche est éloignée de la fête des lumières elle-même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Il faut être juste, même avec la merde&lt;/em&gt;, a dit Céline . Et dans Beowulf : &lt;em&gt;je traitais ces créatures comme il est juste : par l'épée&lt;/em&gt; . Que juste et tranchant soit le style de ma langue ! Le juste est le fondement du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Joseph Gikatila, kabbaliste du XIIIème siècle, dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Sache que celui qui connaît le secret des échelons supérieurs et l'émanation des sephirot, selon le secret de l'épanchant et du recevant, selon le secret du ciel et de la terre et de la terre et du ciel, connaîtra les secrets du lien de toutes les sephirot et le secret de toutes les créations de toutes les créations de l'univers : comment les unes reçoivent des autres et se nourrissent les unes aux autres . Toutes reçoivent puissance émanative, alimentation, subsistance, et vitalité de la part du Nom, béni soit-il . Celui qui connait cette voie connaîtra comment est grande la puissance de l'homme soit qu'il accomplit les (…) commandements, réparant ainsi les canaux en tout épanchant et recevant soit qu'il endommage les canaux et interrompt les influx . (…) (Le premier est appelé) le juste, et le juste est le fondement du monde&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que dire de juste, de fondamental sur ce mot, ésotérisme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le vocabulaire qui désigne le domaine, ésotérisme, est, malgré son aspect banal au présent cycle, très douteux . Tout d'abord, au contraire de ce que note P.A Taguieff, ce mot, dans sa racine, n'est pas récent, bien qu'attesté au XIXème siècle seulement sous cette forme d'ésotér&lt;strong&gt;isme&lt;/strong&gt; . C'est un défaut typique des modes encyclopédiques de production des livres et des pensées dans notre âge, défaut que l'on retrouve pratiquement partout : l'ignorance du temps, l'absence de méfiance par rapport à ce qui nous apparaît comme nouveau . Ce que désigne l'ésotérisme est attesté depuis l'origine de l'homme écrivant, et même avant, par la symbolisation la plus éloignée dans le temps . En présentant ésotérisme comme récent sans nuances, Taguieff ne permet pas de distinguer l'ésotérique de l'ésotérisme . Je cite Wikipedia, un article assez correct :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« L’adjectif grec « ésotérique » (ésôterikós) vient du grec(esôteros), qui signifie « intérieur » (dérivé de l'adverbe « en dedans ». D'autre part, le sens est lié aux écoles philosophiques grecques, surtout au pythagorisme qui distinguait entre disciples initiés (les ésotériques) et non initiés, lesquels sont soit de futurs initiés, des novices (les exotériques), soit des gens ordinaires (les profanes). On repère le mot « ésotérique », pour la première fois, chez un auteur comique, Lucien de Samosate, dans Sectes à l'encan (traduit aussi Philosophes à vendre), vers 166 : il veut faire un pendant terminologique à « exotérique » , mot déjà répandu depuis Aristote. Vers 310, le philosophe néoplatonicien Jamblique donne le nom d'« ésotériques » aux disciples les plus savants de Pythagore. Le nom esôterismos appartient au grec moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'adjectif « ésotérique » émerge, en français, en 1752, dans le Supplément du Dictionnaire de Trévoux : « Ézotérique, adj. Ce qui est obscur, caché, et peu commun. Les ouvrages ézotériques des Anciens ne pouvaient s'entendre, s'ils n'en donnoient eux-mêmes l'explication. » Le nom « ésotérisme », en français, date de 1828 : il apparaît chez l’historien Jacques Matter, dans un livre qui parle d’ésotérisme chrétien, Histoire critique du gnosticisme, p. 83. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mot d'ésotérisme correspond à une racine (ésotérique, intérieur plutôt que secret) et à une distinction très anciennes . Le terme ésotér&lt;strong&gt;isme&lt;/strong&gt; cependant, qui qualifie des idéologies, et remplace des mots comme philosophie occulte ou philosophia perennis, ou encore « pensée spirituelle » est effectivement récent . Ce qui est récent, ce n'est pas la distinction entre des domaines, ou des hommes ésotériques, intérieurs, et des hommes exotériques, extérieurs ; ou encore des enseignements ouverts à tous, et d'autres réservés, sacrés . &lt;strong&gt;Ce qui est moderne, c'est de sembler prêter un contenu spécifique de type idéologique, ou encore un mode de connaissance particulier, à ce qui relève d'une hiérarchie de maîtres et de disciples dans les mystères, ou encore de niveau d'interprétation de textes ou de phénomènes&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ignore pas que sous le nom de Guénon lui-même est publié un livre qui s'intitule &lt;em&gt;l'ésotérisme de Dante&lt;/em&gt;, et que Guénon semble accréditer la thèse d'un savoir spécifique par son insistance sur les symboles et le symbolisme . Mais cela est superficiel : Guénon ne cesse d'insister sur le caractère relevant de l'intellect pur de la métaphysique . Les symboles sont des voies d'accès à des connaissances immuables, voies que seule notre faiblesse et les condition temporelles légitiment . Guénon n'ignore pas non plus des sciences traditionnelles, mais elles ne sont que des applications locales plus ou moins inférieures des principes de l'intellect pur . Il existe donc des contenus spécifiques accidentels des sciences traditionnelles, mais il n'est d'autre Voie que le Véridique . Les disciplines du désir ésotérique se forment sur la limite entre l'éternité et les réalités temporelles, elles sont l'expression toujours mouvantes de frontières insaisissables ; et comme dit Blake dans les &lt;em&gt;proverbes de l'Enfer&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;tu ne saurais jamais ce qu'est assez sans savoir ce qui est plus qu'assez&lt;/em&gt; – dit autrement, tu ne reconnaitras de limite des mondes que quand tu l'auras passée, et à ce moment, il te seras interdit de te retourner, comme la femme de Loth ou Dante dans ses pérégrinations . Les frontières des mondes sont insaisissables – leur passage est le fait du Mort, est une mort . Les yeux du mort sont fermés, le miroir est voilé de dentelle noire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le samouraï plonge entre les mâchoires de la mort, pour que son essence lui soit révélée&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ésotérique est, le caché sous l'apparent, comme le serpent sous la pierre ; et le Sage est appelé à la remémoration et à la quête du caché . Mais il n'existe pas d'ésotérisme légitime, au sens d'un contenu ou d'une méthodologie saisissable . La quête infinie et qui n'a pas de fin ne se prête ni au savoir établi qui donne la satisfaction sotte de soi-même – elle est docte ignorance . Cette quête ne donne pas de plus sûrs fondements à l'ego et au narcissisme, elle les corrode et les ronge . Elle n'est pas la fin de l'interrogation, mais la fin de l'interrogateur . Le Hagakure dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Un homme qui pense qu'il est arrivé est un homme malavisé ; un homme qui se contente de ce qu'il obtient à force de sacrifices et d'efforts est déjà tombé dans un piège . Il faut continuer à se démener, jour après jour, pour tenter d'appréhender l'esprit qui prévaut à l'accomplissement de soi et faire des efforts continus pour atteindre le but final . Si nous voulons découvrir le chemin de l'accomplissement, il nous faut continuer à penser que les résultats obtenus ne sont jamais totalement satisfaisants, jamais assez bons, sans s'octroyer le moindre instant d'autosatisfaction pour le peu qui nous a été révélé, et continuer à explorer les pistes qui jalonnent notre vie . La vérité ne se situe pas dans un endroit précis, mais dans la quête même de la Vérité&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut distinguer des voies, des regards, des paroles des hommes ésotériques d'un prétendu corpus constitué de l'ésotérisme, fort proche de ce que Guénon nomme pseudo-initiation, elle même parfois voile d'une contre-initiation éventuelle . La distinction est essentielle pour bien comprendre ce dont il s'agit . Les connaissances ésotériques sont celles des sages ; il ne s'agit pas de savoirs divulguables sans transformation de l'auditeur, puisque le fait de les comprendre est la même chose qu'un certain état ; comme dit Shakespeare, &lt;em&gt;la beauté est dans l'œil de celui qui regarde&lt;/em&gt; . Marguerite Porète, qui fut sage entre les femmes, l'exprime dans &lt;em&gt;le miroir des simples âmes anéanties&lt;/em&gt;, qui lui valut le bûcher le premier juin 1310, sur le place de l'Hôtel de Ville de Paris, ville jolie – la semaine de l'exécution des Templiers :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Je vous en prie par amour : écoutez en grande application, de cet esprit subtil qui est en vous, et en grande diligence ! Autrement, faute d'être ainsi disposé, tous ceux qui entendrons cela le comprendront mal . (…)&lt;br /&gt;Raison : au nom de Dieu, qu'est ce à dire ?&lt;br /&gt;Amour : A cela, Raison, je vous réponds encore une fois : aucun maître dont la sagesse vient de Nature, ni aucun Maître en Écriture, ni aucun de ceux qui en restent à l'amour de l'obéissance et aux vertus ne le comprennent ni ne comprendront là où il y a quelque chose à comprendre ; soyez en certaine, Raison, car personne ne le comprend, sinon seulement celui qui poursuit Fin Amour . Certes si on trouvait de telles âmes (les âmes « ésotériques », intérieures), elles en diraient la vérité pour peu qu'elles le veuillent ; mais ne pensez pas que nul les puisse comprendre, sinon seulement celui qui poursuit Fin Amour et Charité&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Ce don est parfois fait en un instant : qu'il en prenne soin, celui qui le recevra, car c'est le don le plus parfait que Dieu fasse à une créature&lt;/em&gt; (...)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les savoirs ne sont pas voilés par une volonté maligne, ou un désir de puissance ; Certes si on trouvait de telles âmes, elles en diraient la vérité pour peu qu'elles le veuillent . Marguerite expose par amour, même si elle avertit par amour . Il le sont pour empêcher les interprétations fausses, qui sont causes de perdition . Elles sont fausses par excès de partialité ; elles divisent ce qui doit être réuni ; de ce fait, elles mènent l'homme à un aveuglement redoublé, l'aveuglement de celui qui ne sait pas qu'il ne sait pas, et qui croit savoir . Et la puissance de vision, celle qui permet de comprendre, et de comprendre où il y a quelque chose à comprendre – c'est à dire, la puissance de dévoiler sur la surface des choses, des lettres ou des mots les abîmes de l'intérieur, de l'ésotérique qui se manifeste comme une puissante lumière et une certitude – comme Böhme le compris en regardant le soleil se refléter sur un vase de cuivre, et en voyant apparaître l'Aurore naissante – la puissance de vision est une grâce, une grâce parfois donnée en un instant, l'alliance du temps et de l'éternité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas de savoir de Nature ou d'Écriture, de savoir d'un des deux livres, qui tiennent ; il n'est pas de corpus et d'enseignement, pas d'ésotér&lt;strong&gt;isme&lt;/strong&gt;, qui puisse être un objet d'enseignement indifférencié . Il n'y a pas de &lt;em&gt;vulgarisation&lt;/em&gt; possible . La parabole du jeune homme riche raconte qu'à un jeune homme riche qui lui demandait s'il pouvait être son disciple, Jésus répondit : &lt;em&gt;vas, donnes tout ce que tu as et suis moi&lt;/em&gt; . Le jeune homme doit s'abandonner, et cesser d'être ce qu'il est, mourir en tant que jeune homme riche pour renaître comme disciple . Devenir le réceptacle d'un savoir se paie du prix du sang . C'est cette dureté qui permet à Marguerite Porète d'avoir raison seule devant l'Eglise et l'Université, les Maîtres de Nature et d'Ecriture ; il n' ya là aucune place pour ce que les modernes nomment démocratie du savoir, sans pour autant qu'il y ait le moindre narcissisme, ou élitisme terrestre .&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Le Maître de l'intérieur et de la remémoration est l'écoute, la grâce, le regard, le silence . Le Maître est celui qui veille sur l'horizon des mondes, sur le cap qui est la fin de la Terre, en direction de l'Île Verte – celui qui brille au dessus des eaux, comme un phare sur la mer, gardien des navires de la nuit . Il est celui qui, calme et recueilli, attend l'aurore – attend que sortent à nouveau de la mer les grandes naissances des mondes . Il est celui qui est le frère du Soleil et de la Lune, l'ami de Dieu et le frère du Diable . Il n'est rien, étant anéanti, et il est toutes choses dans les cycles indéfinis de la manifestation . Il n'est pas d'autre oui aux mondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les savoirs ésotériques ne sont pas distincts par la distinction entre les maîtres qui savent la réalité qui donne du pouvoir, et les esclaves victimes du Spectacle . Une telle conception ne peut relever que des hommes extérieurs, qui n'y entendent rien, et s'emparent de l'ésotérisme comme des brigands qui fondent des œuvres solaires faites d'or et de pierreries sans les regarder, pour en faire des pièces de monnaies et y frapper le visage de César, leur soleil . Les savoirs ésotériques ne sont distincts que par la science de celui qui porte le savoir . Le &lt;em&gt;Cantique des Cantiques&lt;/em&gt; est un savoir ésotérique en soi ; et l'un le lit sans rien y voir, et sans même comprendre qu'il y à là quelque chose à comprendre, là où un nombre indéfini d'hommes spirituels parmi les plus grands ont bu le miel de la science des fleurs d'amour et des parfums célestes . Il serait aisé d'en dresser une liste indicative, qui compterait St Bernard, Origène, Abulafia, et tant d'autres de ces âmes qui savent écouter ; il serait également aisé, et vulgaire, de dresser une liste des jugements les plus sots sur le &lt;em&gt;Cantique&lt;/em&gt;, de ceux, nombreux parmi les exégètes modernes, qui ne comprennent pas pourquoi le &lt;em&gt;Cantique&lt;/em&gt; a été conservé dans les canons de l'Écriture . Le savoir n'est pas l'accident, la possession d'un ego immuable ; l'homme sujet d'une science ésotérique n'est pas le même que celui qui ne l'a pas, et l'acquisition du savoir est une grâce et une mort, une mort à l'ancien moi . Et les hommes de l'extérieur ne craignent rien de plus que la mort . Ils ne savent pas que la fontaine de vie est la même que celle qui donne la mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un homme qui lit un livre, ou un savoir ésotérique sans la science ou les sciences qui leur correspondent, n'acquiert pas un savoir, mais une illusion de savoir, un poison . Dans &lt;em&gt;Orient et Occident&lt;/em&gt;, Guénon montre ainsi avec humour que même Leibnitz – qu'il considère comme le plus savant des philosophes occidentaux - a lu avec une prétention déplacée le Yi-King, prétendant expliquer leur tradition aux orientaux, en n'en retrouvant qu'un sens considéré par les chinois comme d'ordre inférieur . Trouver et publier un livre secret n'emporte pas sa puissance cachée ; et elle est cachée d'être toujours déjà présente et manifeste, mais parfaitement insaisissable .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La qualité de la vision est le signe sûr de la qualité de celui qui voit . Et celui qui cherche dans le monde ou dans le Livre les signes, ne cherche et ne trouve que lui-même . Car tel est le fondement de la Sagesse : &lt;em&gt;connais-toi toi-même&lt;/em&gt; – &lt;em&gt;celui qui se connait lui-même connais son Seigneur .&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le couple exotérique – ésotérique traduit une opposition originaire que l'on retrouve dans la notion de Dieu caché dans la tradition d'Abraham, juive, ou chrétienne, ou musulmane . Je crois utile de répéter cette vérité : il existe un ésotérisme juif originaire - de plus, et selon les mots de Guénon parmi tant d'autres, &lt;em&gt;la tradition juive est parfaitement légitime&lt;/em&gt; – ésotérisme vivant dès les parties les plus anciennes de la Bible . L'élément ésotérique s'enracine dans le Jardin, il est l'arbre de la Science du bien et du mal, c'est à dire l'essence de la séparation, l'essence même de l'Éden comme lieu éternellement perdu par l'homme . Cet ésotérisme toujours déjà présent est resté vivant, et se retrouve dans le Christianisme et dans l'Islam sous des formes et des esprits différenciés .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu est le dieu caché . Ses bénédictions se transmettent par le souffle, le sang, la sève . Le souffle du monde, le sang et la sève, sont le souffle et le sang des baisers . Le monde est vivant, est un grand vivant ; il frémit de joie, dit l'Apocalypse, comme les mondes pleurent de désespoir . Dieu promet la vision radieuse des anges, il promet de porter l'homme au rang des anges, par le retour, le repentir des mondes . Car qui ne pourrait interpréter un tel texte que comme la garantie historique de la fonction de grand-prêtre aux descendants du sang liquide de Josué, et le Temple comme n'étant que le Temple historique de Jérusalem ignore le Temple qui est dans le cœur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zacharie, III, 7 : &lt;em&gt;« Puis le Seigneur me fit voir Josué, le grand prêtre debout devant l'ange du Seigneur : or l'accusateur se tenait à sa droite pour parler contre lui . L'ange du Seigneur dit au Satan : que le Seigneur te réduise au silence, Satan ; oui, que le Seigneur te réduise au silence, lui qui a choisi Jérusalem . Quand à cet homme là, n'est-il pas un tison arraché au feu ? (…) alors l'ange du Seigneur fit à Josué cette déclaration :&lt;br /&gt;Ainsi parle le Seigneur, le tout-puissant :&lt;br /&gt;Si tu marches dans mes chemins&lt;br /&gt;Si tu gardes mes observances,&lt;br /&gt;Toi-même, tu gouverneras ma maison,&lt;br /&gt;Tu veilleras sur mes parvis,&lt;br /&gt;Et je te ferais accéder au rang de ceux qui se tiennent ici&lt;/em&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme Dante, le grand-prêtre est une créature tournée vers la terre, un tison arraché au feu de l'Enfer – et l'accusateur se trouve comme le Fils à la droite de l'ange de Dieu . Le grand prêtre du Temple est à la gauche de Dieu, parmi les réprouvés, un homme perdu ; &lt;em&gt;et Dieu va chercher ce qui est perdu&lt;/em&gt;, dit l'Ecclésiaste . L'ésotérique originaire est la recherche des vestiges de l'Éden, la recherche de ce qui est perdu, une figure du désir et de la nostalgie du retour .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se retrouve là, aussi, l'idée que les réalités du monde des choses, et plus encore de l'Écriture, manifestent symboliquement les splendeurs cachées du Tout-Puissant sont, pour les Pères chrétiens, les vestiges de la Trinité . &lt;em&gt;Nous voyons en énigme, dans un miroir&lt;/em&gt;, selon le mot célèbre de Paul .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est une autre signature de l'Écriture, très simple sur le principe . L'homme est l'image de Dieu . L'homme lui-même est énigme et signe, et en tant qu'image, n'existe que dans la vision de Dieu . L'histoire racontée dans un texte de l'écriture est toujours l'histoire d'une âme, l'histoire de ton âme ; et cela est vrai de toutes les écritures . C'est une des racines de l'analogie du microcosme et du macrocosme . Ainsi, l'histoire du Diable, premier des Anges déchu par sa révolte, est pour Hallaj ou Blake l'histoire de l'âme de chaque homme, l'amertume et le douleur de la séparation primordiale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le caractère caché, occulte de l'ésotérique ne résulte pas d'une volonté de cacher, mais est constitutif de la réalité des signes&lt;/strong&gt; : un signe est une différence creusée entre le signe et le signifiant . La structure du signe est la structure du vestige . Sur ce caractère caché, tout signe manifeste et voile son signifiant ; ainsi le poisson, signe du Christ, ne montre pas le Christ . Les pas sur l'estran montrent le passage des hommes, mais les hommes restent voilés dans le passé, et sont même inaccessibles en tant que passants, étant passés, et qui ne reviendrons plus à ce moment et en ce lieu . L'art le plus puissant est un mémorial de l'éternité de l'instant, et la seule marche qui vaille est la marche du retour et du retournement – seule l'éternité compte . Ils sont signes de l'inaccessible et de la vérité de l'inaccessible, les pas fossiles, vieux de millions d'années, comme les pas encore frais, les pas des orphelins de la guerre...ainsi le monde est, avec l'Ecriture, &lt;em&gt;la trace des pas du Seigneur&lt;/em&gt;, dit Scot Erigène, citant le mot de Jean le Baptiste &lt;em&gt;je ne suis pas digne de lacer sa sandale&lt;/em&gt;, c'est à dire de connaître le monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'homme ne voyait pas partout l'évidence des signes de l'inaccessible, il ne pourrait comprendre l'espérance et le haut désir . L'Obscur dit : &lt;em&gt;S'il n'espère pas, il ne trouvera pas l'inespéré; car il est hors de quête et sans accès&lt;/em&gt; . La perte, la nostalgie, la mort sont présents à chaque pas du mortel, qui préfère ne pas se retourner pour les voir, et se voir s'éloigner de lui-même, définitivement . Tout ce que nous voyons éveillés est mort . La fleur infime sur une prairie de montagne est absolue dans le temps et dans l'espace, est unique et ne reviendra plus . La lettre peut être le signe de Dieu, et n'est pas l'image de Dieu . &lt;strong&gt;Dire qu'il n'est pas d'image de Dieu qui puisse être faite, c'est dire que l'image de Dieu est en toi, dans ta vision – tu es l'image de Dieu &lt;/strong&gt;. Il en est de même de toute image ; de tout parfum ; de toute saveur ; de toute douceur ; de tout chant . En vérité, toute manifestation est théophanie du même – y compris le diable lui-même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute sagesse est cachée, et toute sagesse est manifestée et offerte . Ce que tu ne vois pas, Dieu ne l'a pas caché par une intention maligne ; c'est que tes yeux ne sont pas ouverts, que tes oreilles n'entendent pas . &lt;em&gt;Entendant sans comprendre, ils sont comme des sourds. Cette parole témoigne à leur sujet, que présents ils sont absents&lt;/em&gt; . Ce que tu peux voir dans le visible, tu pourrais le voir si tes yeux s'ouvraient . Le Sage, en vérité, ne voit rien dans visible de plus que le profane ; il le voit en largeur, hauteur, et profondeur, en amplitude et en exaltation . Ce que tes yeux cherchent dans le visible, ce trésor caché, c'est toi-même . Ce que tu ne vois pas, c'est toi-même comme créature .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme Ibn Arabi le dit lui-même, l'homme, en fonction de son élévation, ne voit nulle part de miracle, ou voit en toute manifestation un miracle . Le sage ne croit pas aux miracles : il les voit . Et pourtant il ne voit rien d'autre que le profane .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui est caché, c'est la compréhension, car tout est toujours déjà présent . Croire que le savoir est caché est une illusion et un obstacle . Savoir, c'est ignorer que le savoir est caché, c'est tout simplement et uniment voir sans séparation – Böhme dit, dans &lt;em&gt;la vie au delà des sens&lt;/em&gt; : voir par les yeux de Dieu, en oubliant ta vision, ton ego . Plus même :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Lorsque tu te tiens dans le repos du penser et du vouloir de ton existence propre, alors l'ouïe, la vue et la parole éternelles se manifestent en toi, et Dieu entends et voit par toi&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sage véritable ne cherche pas à se montrer plus qu'une créature, ne cherche pas à être plus qu'une créature, et à imposer sa volonté à Dieu ; il ne cherche pas de pouvoirs, de magie, de lecture de l'avenir . L'avenir est à Dieu . Ibn Arabi dit : &lt;em&gt;tout ce que je sais du Mahdi, je l'ai reçu par une grâce spéciale, sans la demander, car je craignais, en m'y intéressant, de me détourner de Dieu&lt;/em&gt; . Il serait aisé de trouver chez Sri Ramana Maharishi ou chez Guénon de telles condamnation de la recherche de « pouvoirs » ou de « connaissances spéciales » . Ibn Arabi pose même que les charismes manifestes d'un homme sont sans aucun lien avec sa stature spirituelle .&lt;br /&gt;Je ne nie pas que de telles manifestations puissent apparaître ; mais elles ne sont pas à la merci de l'homme, c'est l'homme qui est à leur merci . L'homme ne peut s'en servir comme il peut se servir de la science moderne, en les allumant et en les éteignant à sa volonté . Le rêve qui manifeste la vérité, l'intersigne, la certitude de l'avenir, tu ne peux les saisir . Même le plus grand ne peut désirer une telle maîtrise, car le plus grand est le serviteur de Dieu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes certes à une époque de renversement des clartés, c'est à dire que des savoirs voilés sont manifestés ; mais la véritable occultation n'est pas dans la fermeture de l'accès aux connaissances, mais dans les voiles qui pèsent sur le regard des hommes et leur font perdre de vue des évidences du visible . Un des voiles de l'homme est de ne plus pouvoir rendre visible à ses yeux l'universel, tel qu'il se manifeste dans les paroles des sages . Ibn Arabi dit : &lt;em&gt;toute croyance manifeste une vérité dans l'ordre de la profession de foi&lt;/em&gt; ; ou encore &lt;em&gt;toutes les communautés font partie de la communauté de Dieu .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Celui qui ne cesse d'invoquer le Diable, la puissance du Diable, associe une puissance mauvaise à la puissance unique . Il oublie que &lt;em&gt;« c'est Dieu qui vous a crée, vous et tout ce que vous faites »&lt;/em&gt; . Il est un païen, et sa voie est sur la pente du polythéisme . Le Diable est un ange, et sa nature essentielle est celle de l'Ange ; sa chute ayant commencé est temporelle, et n'engage pas l'éternité . Le jugement engage l'éternité ; c'est pour cette raison que l'homme ne doit pas juger – juger est folie pour l'homme, qui est poussière, et dont les paroles sont poussière de poussière .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'existe pas d'initiation qui donne des pouvoirs ; il n'existe que des initiations du serviteur ou du fidèle . L'initiation est une mort ; l'essence de l'initiation est la mort .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il est des Supérieurs Inconnus dans des organisations en dehors du charlatanisme, il ne peut s'agir, selon Guénon lui-même, que de signes du centre, c'est à dire de l'Un . Toutes les mythologies du complot ne peuvent se réclamer sérieusement de Guénon, sauf en ce qui concerne le thème de la contre-initiation . Mais il n'existe aucune symétrie entre initiation et contre-initiation en dehors de la sémantique – la contre-initiation est venimeuse et impuissante en dehors du monde, et l'essence du monde est maya . Guénon dit : &lt;em&gt;la fin d'un monde n'est jamais que la fin d'une illusion .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Il en est de même du fatras empoisonné de l'ésotérisme moderne, que Taguieff ne peut distinguer des manifestations du Caché dans l'homme . Les discours du siècle sur l'ésotérisme sont des images projetées d'hommes mauvais – d'un ressentiment impuissant de l'homme naturel - sur l'écran blanc du silence du monde à leur égard ; et il n'est pas un vice ou un crime imputé aux illuminatis ou aux juifs qui n'ont pas été reprochés aux chrétiens dans les premiers siècles . Ils mangeaient les enfants, avaient des pratiques sexuelles mystérieuses, buvaient et mangeaient de la chair et du sang humain, adoraient un âne&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour les modernes complotistes qui haïssent le monde moderne, il existe des sociétés secrètes démoniaques qui visent à dominer le monde et cachent aux profanes de telles pratiques « ésotériques », pratiques qui ne sont que les pratiques que le Spectacle ne cesse d'étaler à loisir dans les films d'horreur et la pornographie . Autant ne pas dire ce que peut signifier une telle conception de l'ésotérisme chez ceux qui la manipulent et la diffusent . On trouverait aisément de telles croyances, présentées comme positives, modernes et libératrices, chez des hommes qui ne comprennent que charnellement une Marguerite Porète et la station du Libre Esprit . Comme si les « hédonistes » modernes, caricatures du bloom, qui débitent à la scie dans des blocs de lieux communs sédimentés en blocs pesants, les tranches de leur « sagesse » pour le marché idéologique des cadres moyens, faisaient parti des hommes que Marguerite cite parmi ceux qui ont « l'entendement subtil » ! L'incompréhension est pourtant équivalente .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne rapporte tout cela que par devoir, parce que le sujet est aussi inintéressant que possible pour l'homme du Fin Amor .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La compréhension de toutes les pseudo-religions modernes est celle de la psychologie du Bloom, qu'elle soit posée en bien ou en mal . L'incompréhension profonde du monde, liée au caractère pulsionnel de sa personnalité, crée une profonde angoisse . Le narcissisme moderne fait de chaque instant une frustration personnelle, l'œuvre d'une volonté maligne . La structure paranoïaque narcissique se banalise . La paranoïa est une manière de centrer le monde sur soi-même, typique du Bloom . Il faut ajouter l'incompréhension massive des logiques sans sujet du monde moderne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez les anticléricaux et les « hédonistes » qui réécrivent l'histoire dans des universités populaires, les méchants sont les hommes religieux, qui ne cessent d'opprimer les instincts des pauvres hédonistes de tout les siècles, qui ont bien le droit de jouir et qui le valent bien . Eh bien non, les méchants religieux avides de pouvoir ne cessent de torturer, de brûler et de frustrer par des menaces infernales les pauvres hédonistes totalement désintéressés, multipliant à l'envi l'affreux procès obscurantiste de Galilée . Et cela depuis le début de l'apparition des religions, et c'est d'une méchanceté à peine croyable . Ce « nietzschéisme » de poulet d'élevage est fort bien porté par des milliers de philosophes toujours prêts à vous donner des conseils, où l'ignardise le dispute à la sottise .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois, tant chez des idéologues de droite ou de gauche, les méchants religieux sont patriarcaux, et oppriment surtout les femmes avec un machisme lié à leurs frustrations vraiment atroces . Personne ne se pose la question pourquoi, en dominant ainsi l'histoire depuis des centaines de milliers d'années, en exploitant et en opprimant et humiliant les autres au mépris de leur propre respect estime d'eux-même et des autres, ces horribles prêtres auraient des frustrations aussi puissantes, alors même qu'ils disposaient des richesses immenses et ne pratiquaient aucune forme particulière d'ascétisme sexuel ou alimentaire – mais poser une telle question est bien compliqué, et on ne va pas s'intéresser trop longtemps aux méchants quand on est capable d'écrire l'immortelle histoire du Bien . Chez les « théoriciens » antisémites, qui peuvent se réclamer sommairement de Freud, c'est la Bible qui contient le plus féroce contenu patriarcal de tous les temps, et les Juifs transportent indéfiniment le poison de la frustration sexuelle des hédonistes ; chez les théoriciens progressistes, l'Islam occupe très bien cette place caricaturale, en lapidant et en voilant les femmes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne veux pas en effet reprendre ou résumer le livre de Taguieff, qui a encore une fois des qualités de cabinet de curiosité dans le fatras de « l'ésotérisme », entre les néo-païens qui manifestent principalement leur incapacité à comprendre que leur sentiment du divin dans la nature est attesté dans l'Écriture de la lignée d'Abraham comme l'unicité de Dieu est attestée dans les religiosités mystériques, c'est à dire leur incapacité à ne pas confondre les symboles et le fond immuable de la métaphysique – divisant ce qui ne doit pas être divisé ; les satanistes retournés qui prêtent à Satan la puissance de Dieu, élaborant une gnose ignorante et dualiste ; les magiciens, qui cherchent la puissance du Siècle, alors même que la puissance du siècle de cesse de s'exténuer jusqu'à l'extrême ; et tout le fatras du faux pur et simple des marchands d'illusions associés du Spectacle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le seul point de complément que je peux apporter, c'est la très étroite analogie structurelle entre le complotisme antisémite ou anti-maçonnique et le complotisme anticlérical et moderniste ; il s'agit de relectures idéologiques de l'histoire vue comme la lutte entre des bons innocents et des méchants coupables, emplis de noires intentions cachées ( puisque les religieux disent vouloir le bien, tout comme les ordres issus des Lumières) et accomplissant une persécution sans faille ni justice des gentils . La ressemblance atteint même le style, et les complotistes de droite et de gauche partagent aussi l'incompréhension radicale de leurs sources, qui peut atteindre des niveaux ahurissants . Cette ressemblance doit sans doute se comprendre par le marché idéologique . Et aussi par une certaine analogie de puissance, ou plutôt d'impuissance de comprendre, que l'on retrouve même chez des ésotéristes très savants, qui rapportent des traditions excessivement importantes sans complètement les comprendre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;J'étais un trésor caché, et j'ai désiré être connu&lt;/em&gt; . Il n'est d'autre voie ésotérique que celle que fonde ces mots, mots issus de la tradition abrahamique mais parlant d'une saveur de la vie essentielle à l'homme de nostalgie, issu de toutes les montagnes embaumées, des montagnes de l'horizon, à l'Est, à l'Ouest, au Nord, au Sud .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est bien des voies, et donc des voies qui ne sont pas exprimées et décrites ; mais elles le sont pour éviter des incompréhensions massives . Les sages placent des cerbères de mots et d'images pour écarter la curiosité vide, mots qui sont des vérités brutales . Ainsi la Voie décrite par le &lt;em&gt;De Vita Nuova&lt;/em&gt; de Dante . La première discipline d'un disciple est d'apprendre à se taire, d'apprendre à faire le silence pour écouter, voir, entendre .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est manifesté . Rien n'est caché, sinon sa propre ignorance . Le monde autour de moi est la Splendeur même .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La mort est l'essence de la Voie&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-4196913998956329104?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/4196913998956329104/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=4196913998956329104' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4196913998956329104'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/4196913998956329104'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/jetais-un-tresor-cache-et-jai-desire.html' title='J&apos;étais un Trésor caché, et j&apos;ai désiré être connu - de l&apos;ésotérique du manifesté .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-Gk9bE_HZTfk/TseQp6nG3gI/AAAAAAAABT0/Rpp1Dn6BHQc/s72-c/IMG_1136.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-3117086504530420176</id><published>2011-11-16T09:36:00.002-08:00</published><updated>2011-11-16T09:41:48.820-08:00</updated><title type='text'>Pour une lecture de Marx par William Blake en Enfer.</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-T29gnX7BGWY/TsP1tf69TuI/AAAAAAAABTo/8HeTtw3EvU8/s1600/william-blake-l-ancien-des-jours.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 280px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5675650117428661986" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-T29gnX7BGWY/TsP1tf69TuI/AAAAAAAABTo/8HeTtw3EvU8/s400/william-blake-l-ancien-des-jours.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Blake : l'Ancien des jours, ou le Diable)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un éloge funèbre est l'invocation du nom d'un mortel . Et si je veux invoquer Marx, c'est que plus que jamais, cette invocation est nécessaire . Marx, ou l'homme &lt;em&gt;démoniaque et faustien&lt;/em&gt; ; l'homme de la liberté invincible face aux déterminations de fer de l'âge de la marchandise . Marx l'homme par excellence du négatif au présent cycle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le négatif n'est pas le négatif photographique, l'image inversée d'une époque, comme un vieux film argentique imprégnée des rires et de la chair des hommes du passé sur ses taches sombres, sur ses abîmes de lumière noire ; le négatif est la puissance lovée que l'acte manifesté du positif suppose comme condition nécessaire d'existence, comme racine, et dont la manifestation inévitable transformera le manifesté en cendres, en passé, en non-manifesté mort, dépourvu de sang et de vie, que le regard cherche sur les chemins tracés par les pas des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le négatif est l'acte de la puissance cachée qui est à venir, l'aube d'été . Il est cette force endormie, comme le dragon rouge sous le château de la dame du Lac, qui annonce les redoutables prophéties de l'avenir, les prophéties de Merlin . Le négatif est cela que nous invoquons, nous autres hommes des souterrains, qui chuchotons dans l'attente de l'embrasement du ciel . Car Babylone a brûlé, alors que tous lui rendaient hommage, comme notre folle idéologie libérale, et &lt;em&gt;le ciel a rougi de la fumée de ses embrasements&lt;/em&gt; . Elle a brûlé, toujours déjà brûlé, et brûlera encore . Si nous ne le voyons pas, des hommes le verront .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie de l'homme moderne est vide – le plus grand qu'elle puisse être en général est l'attente indéfinie d'un monde où vivre soit possible, vraiment et pleinement possible – un monde où vivre ne soit pas conçu comme le labeur dur et forcé de remboursement de dettes contractées par des « représentants du peuple » qu'aucun membre du peuple n'a jamais rencontré . Un monde où l'homme soit assez libéré de la malédiction du travail pour retrouver la puissance de philosopher, comme le disait Aristote il y a plus de deux mille ans – un monde où le loisir, l'&lt;em&gt;otium&lt;/em&gt;, au service des dieux, de la beauté, de la philosophie, de la Cité, de l'amour, de l'amitié, soit à nouveau considérée naturellement comme la vie la plus noble – et non la vie avec une montre au poignet à cinquante ans , la vie du temps de cerveau disponible . La montre est exactement l'équivalent du bracelet électronique pour l'esclave consentant : elle vous dit toujours où en est le Système, et vous demande où vous en êtes . L'imposition de l'heure est l'imposition d'un monde, mais le comprendre est déjà hors de la portée de l'immense majorité des hommes modernes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Marx travaillait à la British Library, l'heure de fermeture était l'heure où l'on ne pouvait plus lire – l'horloge était encore le soleil .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx est l'homme aux neuf erreurs, comme le chat a neuf vies ; mais il est aussi l'homme des grandes vérités . &lt;strong&gt;Et condamner les vérités d'un homme au nom de ses erreurs, c'est faire prévaloir l'erreur sur la vérité &lt;/strong&gt;; de même que faire prévaloir un homme aux vérités banales et vides sur un homme aux vérités profondes et rares, sous le prétexte que l'homme des vérités banales ne fait jamais que de petites erreurs, est une trahison de la pensée et de l'homme . Marx fut un homme des erreurs et un grand penseur, et cela est bien plus qu'un homme sans erreurs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx parle du déterminisme de fer du matérialisme historique dans la forge de l'impérialisme moderne, dans le ventre du Léviathan de la destruction qui s'est manifesté au siècle des catastrophes ; et assurément la cruauté de ses mots, comparable à la cruauté des griffes et des crocs des fauves, n'est que le reflet de la cruauté du monde produit par le travail et par les utopies des hommes de l'ère libérale . Le déterminisme de fer a parlé au dernier siècle, et nous ne cessons d'en voir des effets, ainsi dans le masque atroce d'un dictateur lynché par des hommes couverts de sang, quand des ministres en costume se déclarent fiers d'exporter la Démocratie, la Paix et la Tolérance, à travers des bombardements et des milliers de morts, quand trois saisons auparavant ils se souriaient, se serraient la main et mangeaient ensemble . Je regardais dans les yeux de l'homme torturé, dans les yeux de l'homme de Guantanamo, et je me suis vu moi-même – j'y ai regardé notre visage, mes amis .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les hommes qui disent exporter la liberté enserrent la vie même des hommes de l'Europe et de l'Amérique, des nations industrielles . Ils sont les hommes dont le discours construit cette boucle de l'idéologie racine, ce spectacle vrai, qui est nommé &lt;em&gt;crise de la dette&lt;/em&gt; . Ils ont pris des emprunts colossaux « en notre nom » sur des dizaines d'années, en étant élus pour quelques années ; puis ils se tournent vers nous, d'un air menaçant et culpabilisateur, en nous disant « vous avez vécu sans soucis, maintenant il faut nous rembourser » . Nous rembourser ? Et le montant déjà remboursé est supérieur au capital, mais les intérêts s'accumulent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'est ce qu'un prêt dans la théorie libérale ? Le commerce de l'argent est un service : on vous vend la mise à disposition d'avance d'un capital que vous allez rembourser . Cela peut être tenu si le montant remboursé est raisonnable . Mais sur de très longues périodes, le montant total remboursé devient très au delà du capital emprunté . Alors se manifeste le rôle du prêt d'argent comme construction d'une dépendance et d'une subordination . Une banque qui prête à vingt-cinq ans achète auprès des vivants le droit de prélever une rente sur leur revenus .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Individuellement, cet achat d'un droit sur la vie personnelle n'est pas complètement significatif . Mais les hommes modernes sont en réalité endettés massivement, collectivement : c'est à dire que les hommes du Capital exploitent les hommes du Travail deux fois, une fois par le travail, et une deuxième fois par la rente sur les revenus du travail . Surtout, le Capital redouble l'asservissement du travail salarié de la dépendance de l'emprunt . Deux exemples manifestes : en Amazonie, le prêt d'argent aux paysans prolétarisés est fait par leur patron-propriétaire de telle manière qu'ils ne peuvent jamais rembourser, créant les conditions effectives d'un travail forcé ; dans l'Apollonide – un bordel - il est manifeste que le prêt d'argent aux prostituées avant pour but de créer une dette rendant leur départ impossible . Dit autrement, « la Crise de la Dette » est effectivement un coup d'État (Michel Drac) – la prise du pouvoir direct, manifestée à ce jour en Europe, par des représentants de grandes banques, du pouvoir d'État, pour « mettre en place des plans de rigueur », c'est à dire des plans d'expropriation massive des peuples .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le prêt et la dette sont l'arme du Capitalisme dans sa nouvelle vague de guerre au travail .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'on constate, avec une vraie stupéfaction, que ces hommes sont ceux là même qui « nous »ont prêté de l'argent – que les « hommes politiques démocratiquement élus » sont des anciens des grandes banques de prêt, qu'ils font les taux, les règles et les lois...que même sont les « représentants » de Goldman Sachs, de l'Union Européenne, et des États...que des hommes puissants, « représentants du peuple » sont aussi des membres de réseaux de clientèle des États Unis en Europe . Que les exportateurs militaires de la Démocratie sont ceux-là même que la perspective d'un referendum en Grèce scandalise . Bref, on est forcé de constater que l'État, comme structure manifeste de la classe dirigeante capitaliste, se comprend tellement mieux que dans les salmigondis spectaculaires de la théorie de la représentation . Les élections sont des plébiscites libéraux : que l'on vote X ou Y dans le cadre, on fait un plébiscite pour le cadre – et seul le cadre compte vraiment. Et le cadre, c'est le cadre de l'argent et de la concurrence libre et non faussée – l'abandon de la langue et de la culture comme ciment des hommes, au profit de la loi d'airain du paiement au comptant .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'exploitation du travail par le Capital, dit Marx, est le sacrifice de la vie à la chose . Quand, en découvrant l'Empire Aztèque, Cortès et ses hommes frémirent devant les sacrifices humains et l'odeur du sang répandu, ils n'imaginaient pas qu'ils sacrifieraient la vie des Indiens à l'Or et à l'argent des mines, qu'ils seraient à l'origine de la traite des noirs, et que secrètement, dans les voiles du fétichisme de la marchandise, du Spectacle, de l'idéologie et du libre contrat de travail, les successeurs de l'Empire espagnol accompliraient le sacrifice de la vie humaine à l'expansion illimitée de la puissance matérielle, a grand Léviathan – sans doute au Veau d'Or .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes encore les victimes aztèques, noires, de l'avidité infinie des sous-systèmes psychiques que sont les hommes de l'or . Pour comprendre l'avidité indéfinie des hommes d'or, il faut penser au caractère indéfini de la jouissance . Il est indispensable de comprendre le caractère marginal de la jouissance du gain supplémentaire pour le capitaliste . Un homme riche ne jouira pas d'un gain qui réjouirait un pauvre ; plus sa fortune s'accumule, plus l'accumulation doit s'intensifier pour qu'il en retire une adrénaline de puissance – le capital accumulé est insatiable, ne peut trouver de satisfaction en lui-même, comme le libertin qui passe à la surenchère est poussé vers des formes de folie – voir en littérature &lt;em&gt;Américan Psycho&lt;/em&gt; ou les &lt;em&gt;120 journées de Sodome&lt;/em&gt;, pour ne pas parler d'exemples historiques .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La recherche de l'infini du désir, bloquée par le matérialisme de l'idéologie racine à la conquête de la puissance du monde, devient hubris, démesure ; la sainteté de la nostalgie de l'infini devient la puissance de création sur terre des conditions même de l'Enfer . La puissance de la rédemption est transmutée en folie et en naufrage – et la vie même de la Splendeur, la vie du sang et du souffle se perd . Tel fut le message de William Blake, autre londonien du XIXème siècle, montrant le Dieu mesurant le monde comme figure de Satan, et le retour vers le désir infini la voie de la rédemption dans &lt;em&gt;le mariage du Ciel et de l'Enfer&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les hommes sans or ont été réduit à la force de travail, et la croissance est devenu l'objectif officiel du monde entier . Notre Système unique, pluraliste dans le Spectacle qu'il offre à lui-même et où il se mire avec un narcissisme global dont les sous-systèmes psychiques sont les reflets indéfinis, les fractales et les fragments, notre Système unique développe un processus unique déterministe dont la finalité sans sujet, l'entéléchie, est unique : la Croissance, la maximisation du déploiement de la puissance matérielle . &lt;strong&gt;Le pluralisme du Système n'est que l'instrument de l'unification du service de la puissance &lt;/strong&gt;. Une grande constante de Marx est la compréhension féroce de la vanité, de la dialectique des intentions humaines, broyées par les déterminismes historiques – et cette évidence est encore à ce jour perdue de vue .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'entéléchie unique, la maximisation du déploiement de la puissance matérielle passe par la raréfaction des richesses pour les hommes exploités, malgré les masses immenses de richesses produites, et l'excitation du désir par le Spectacle . Il faut faire hurler le désir et le besoin sans cesse pour que la loi d'airain du besoin les asservisse intimement au travail, pour développer la guerre de tous contre tous parmi les dominés, dans le cadre de la libre circulation des hommes et du libre marché du travail . La création du marché du travail suppose l'atomisation des hommes, donc la lutte contre toutes les formes de liens, contre la langue même, et la destruction des corporations de 1791 comme la lutte contre les discriminations aujourd'hui .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maximisation suppose l'extension du domaine de la lutte . La maximisation suppose la confiscation massive de la plus-value du travail par le Capital, le règne du Capital . Car l'abondance des richesses ne favorise pas le travail . La pression du travail doit être maintenue par la peur du déclassement et par la dette, la dette du travail au Capital, construction du Spectacle matériellement fictive, puisque tout le Capital n'est que l'accumulation des efforts désespérés du travail pour sortir de sa propre malédiction, pour se libérer de l'obligation de travailler .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Capital libère le vieux travailleur, pour en faire un consommateur, et un pilier de l'ordre démocratique ; mais pas trop tôt, quand il lui est devenu impossible de se retourner, de se renier comme esclave – quand le Spectacle du travailleur a pris le dessus dans son âme – quand il est mort, en fait, mais non physiquement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le propriétaire &lt;em&gt;people&lt;/em&gt; du Capital livre contre paiement au Travail le Spectacle de la vie de jouissance de l'homme libéré du travail, et le miracle du transfert fait que les esclaves se réjouissent des réjouissances de leurs maîtres, et modèlent leurs actes de consommateur sur des variantes bon-marchés de leurs coiffures, de leur maquillage, de leurs vêtements – en croyant être des rebelles, portant des teeshirts marquées police .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la parole de l'universitaire, du journaliste, de tous ceux qui présentent le Moloch du Capital comme un Dieu bon, bienveillant, qu'il faut laisser libre de s'épanouir et de distribuer des biens aux hommes comme il en a prétendument le désir infini – toutes ces paroles sont celle, unique, de la police du Système . Léviathan a un nombre indéfini de têtes, qui chantent toutes sur des airs différents le grand chant du Système . Oui, la parole du journaliste et de l'universitaire est celle de la police, ami, c'est un thème de &lt;em&gt;l'idéologie allemande&lt;/em&gt;, le sens intime et concret de la détermination de la superstructure intellectuelle par la structure de production chez Marx . Les défenseurs du marché sont les laquais du Système – et rien de plus . Quand Debord dit : &lt;em&gt;quand un universitaire dit du bien de soi, il faut se demander quelle faute on a commise&lt;/em&gt;, il répète Marx .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx croit en la pensée, puisqu'il est un penseur . Il pense la pensée vraie, « scientifique », comme négatif . C'est à dire qu'il pense le règne du Capital comme Spectacle et comme mensonge que la vérité met à nu, dans toute sa cruauté . Le monde du Capital et des usines est pour lui l'enfer de Dante, que le courage de la pensée doit affronter dans un duel à mort . Il cite à la fin de la préface de &lt;em&gt;la Critique de l'économie politique&lt;/em&gt; &lt;em&gt;l'Enfer&lt;/em&gt; : &lt;em&gt;il convient ici de laisser tout soupçon ; toute vilenie, toute lâcheté, il convient ici qu'elle soit morte&lt;/em&gt; . Marx est déjà, très largement situationniste .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un tel monde, quel fut le travail de Marx ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Par cet aperçu du cours de mes études sur le terrain de l'économie politique, j'ai voulu prouver une seule chose : quelque jugement que l'on porte sur mes idées, et bien qu'elles ne soient guère en consonance avec les préjugés intéressés des classes dominantes, elles sont le fruit de recherches longues et consciencieuses (…) au seuil de la science comme aux portes de l'Enfer&lt;/em&gt; (…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne comprenons pas la « crise de la dette » . Nous ne comprenons pas les démonstrations des économistes modernes . Nous ne savons pas ce qui est un mensonge éhonté (beaucoup) une erreur théorique, ou une triste réalité . Je le répète, l'immense majorité des hommes n'y comprend rien, adhère aux images du Système, et le message des maîtres de banque peut passer pour un appel désintéressée et humaniste de libération des jeunes générations de la dette . Bien sûr ! Autant croire que le loup n'a pas de dents .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le discours et l'idéologie moderne constituent la société qui parle de « la crise de la dette », sont des éléments fonctionnels du Système . La recherche scientifique de la compréhension globale du Système sature de sens un Système déjà extrêmement complexe ; et &lt;em&gt;le Capital&lt;/em&gt; de Marx est ainsi, dans ses innombrables pages, un dédale indéfini .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les mots qui décrivent notre monde sont des fonctions de ce monde, des fonctions de l'auto-constitution du monde par le Système ; leur fonction pratique est par nature très différente de leur sens explicite qui fait de celui qui y adhère une fonction du Système, un sous-système psychique . Leur fonction est d'être les logiciels qui permettent, en production de série, de faire des personnes des créatures neutralisées, prévisibles et fonctionnelles, ce que &lt;em&gt;la Théorie de la jeunefille&lt;/em&gt; de Tiqqun rend sensible . Cette fonction est remplie par la constitution spectaculaire d'une réalité, par la construction de la réalité sociale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fétichisme de l'idéologie et du Spectacle, étudiés par Debord dans la théorie du Spectacle, est la construction d'une domination par la construction d'une réalité factice qui amène les hommes à obéir aux fins du Système par eux-même, comme librement, et pas en leur donnant des ordres ou des châtiments explicites . Plus exactement, en ne leur donnant de telles menaces ou de tels ordres que le moins qu'il est possible de faire . Il s'agit de rendre les sous-systèmes psychiques autonomes, c'est à dire spontanément – sans besoin de police externe - porteurs des conditionnements adaptés au Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La complexité d'une telle démarche de domination ne se comprend que si l'on admet que ce mode fétichiste de construction de la domination commencé avec le fétichisme de la marchandise, certes complexe à construire, est sinon indestructible grâce à son caractère masqué, du moins susceptible d'une intensification de l'exploitation jamais vue dans l'histoire . Le Capital, ce que Marx avait vu, ne peut s'accommoder de la faible productivité, donc de la faible exploitation du despotisme historique ; il ne peut laisser ses esclaves sans tenter de les « motiver », c'est à dire sans essayer d'obtenir de leur part un engagement total dans la tâche . Le Capital est l'essence cachée de la mobilisation totale, expérience de base et de fondation des systèmes totalitaires . Ces systèmes furent des expériences d'usage de la force et de la domination nue comme mode de maximisation de l'exploitation ; et ils furent de relatifs échecs . En réalité, le désir et l'autonomie individuelle sont les plus puissants leviers, et les moins coûteux, de la mobilisation totale, le &lt;em&gt;travailler plus pour gagner plus&lt;/em&gt; ; et ainsi la démocratie et l'individualisme moderne peuvent-ils être les masques d'un Système d'exploitation dont l'intensité ne cesse de se renforcer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx le premier démasqua des rapports sociaux sous des rapports de choses ; et c'est assurément la distinction de la valeur d'échange et de la valeur d'usage qui fut déterminante de cette lente mise en lumière . La valeur d'échange établit une classification, une mesure commune de la société par l'argent par la mesure commune des formes de travail social de production . L'échange est le creuset de la puissance du Capital, le début de la marche de la symbolisation de la puissance et de l'exploitation . Voyez l'achat de boules de caoutchouc en Afrique dans le &lt;em&gt;Voyage au bout de la Nuit de Céline&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que la mythologie libérale de la justice pense la justice comme un libre contrat entre des parties égales en droit, Marx sait que cette hypothèse pense comme condition nécessaire du droit l'existence préalable d'une communauté de droit qui ne peut être fondée que par l'exercice d'une puissance souveraine d'un homme sur d'autres hommes . Alors que la mythologie libérale de l'échange pense celui-ci comme la découverte de complémentarités et donc d'échanges constituant un marché de production, Marx sait que cette complémentarité et ces échanges ne peuvent émerger que d'un marché existant déjà – voir &lt;em&gt;misère de la philosophie&lt;/em&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Le fétichisme est le nom de tous les voilements du Système, un Système fondé sur le voilement des plus laides réalités . Le fétichisme de la marchandise voile l'exploitation . Le fétichisme des images voile l'exploitation . Le fétichisme du droit libéral des liens est aussi un tel voilement . L'égalité en droit est la fiction permanente asservie à l'exploitation, le masque le plus puissant de l'exploitation . Le contrat de travail entre personnes égales, le contrat de prêt entre parties également libres, le contrat d'assistance et d'alliance entre le colonie et le pays colonisateur – tout cela est la construction, voilée dans le Spectacle, des liens asservis d'exploitation matérielle&lt;/strong&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marx est l'homme du premier dévoilement des mensonges de l'idéologie et de la puissance de la vérité . Dénoncer la domination, ce n'est pas &lt;em&gt;hurler son indignation comme un prophète à des ignorants&lt;/em&gt;, c'est donner à chaque homme les instruments psychiques de libération de l'idéologie et de la mythologie du Capital – et ainsi la capacité de devenir les parties d'une totalité nouvelle, du négatif qui détruira l'ensorcellement et l'exploitation du Capital .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lecture et l'étude de Marx, la compréhension des fins de son immense travail restent plus que jamais le sang et le souffle de la condamnation humaine de l'Enfer libéral .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vive la mort !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-3117086504530420176?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/3117086504530420176/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=3117086504530420176' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/3117086504530420176'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/3117086504530420176'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/pour-une-lecture-de-marx-par-william.html' title='Pour une lecture de Marx par William Blake en Enfer.'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-T29gnX7BGWY/TsP1tf69TuI/AAAAAAAABTo/8HeTtw3EvU8/s72-c/william-blake-l-ancien-des-jours.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-3382159532071419646</id><published>2011-11-05T03:27:00.005-08:00</published><updated>2011-11-05T03:42:08.856-08:00</updated><title type='text'>Le mémorial des oiseaux .</title><content type='html'>&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-cnvda6eRBug/TrUgRUexowI/AAAAAAAABSo/R5ETXq7ScyE/s1600/simorgh-sur-textile-400x2621.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 262px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5671474787670663938" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-cnvda6eRBug/TrUgRUexowI/AAAAAAAABSo/R5ETXq7ScyE/s400/simorgh-sur-textile-400x2621.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Simorgh)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que votre lien soit la grande chaîne d'or de l'être!&lt;br /&gt;"l'amour qui fait mouvoir le Soleil et les autres étoiles"&lt;br /&gt;Et même si je devais marcher de longues années jamais&lt;br /&gt;Mes yeux ne quitteront les éclats de l'étoile dans&lt;br /&gt;Les miroirs du monde - les lacs noirs&lt;br /&gt;De tes yeux&lt;br /&gt;Le sang de tes lèvres&lt;br /&gt;Les neiges ambrées de ta peau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'éternité du soleil invaincu&lt;br /&gt;Le mouvement du soleil&lt;br /&gt;Le temps n'est pas la mesure du moteur immuable&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Haut les cœurs quand la mort rôde&lt;br /&gt;Auprès des branches pleurant dans le marais&lt;br /&gt;Dans la brume sur l'île des morts&lt;br /&gt;Quand les arbres se dénudent&lt;br /&gt;Sur les roches froides mangées de lichens&lt;br /&gt;Sur les landes battues par la pluie&lt;br /&gt;Quand la nuit se répand dans l'âme&lt;br /&gt;Quand la vie s'exténue dans les tempêtes&lt;br /&gt;Haut les cœurs sur l'oiseau de mer&lt;br /&gt;Amant des tempêtes aspiré par&lt;br /&gt;Le vide&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu es la vie dans la mort du monde&lt;br /&gt;Le nid de feu parmi les glaces&lt;br /&gt;L'espoir de l'Orient étoilé&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et même si je devais marcher de longues années jamais&lt;br /&gt;Mes yeux ne quitteront les éclats de l'étoile dans&lt;br /&gt;Les miroirs du monde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que je meure si j'oublie&lt;br /&gt;Le remémoration&lt;br /&gt;Et le mémorial&lt;br /&gt;Du corbeau percé d'une flèche&lt;br /&gt;L'hiver&lt;br /&gt;Et la remémoration du cheveu d'or&lt;br /&gt;Porté par l'oiseau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que je meure si j'oublie&lt;br /&gt;Le feu des étoiles sur ma peau et&lt;br /&gt;La langue des oiseaux&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-3382159532071419646?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/3382159532071419646/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=3382159532071419646' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/3382159532071419646'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/3382159532071419646'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/11/le-memorial-des-oiseaux.html' title='Le mémorial des oiseaux .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-cnvda6eRBug/TrUgRUexowI/AAAAAAAABSo/R5ETXq7ScyE/s72-c/simorgh-sur-textile-400x2621.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-8581155353433598161</id><published>2011-10-31T05:27:00.005-08:00</published><updated>2011-11-02T06:01:34.510-08:00</updated><title type='text'>Le Maître d'émeraude, II . L'Ange du lointain exil .</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/-5GanBzjxMR0/Tq6lJbrgN4I/AAAAAAAABSQ/J4g6Lz2imnQ/s1600/Bosch_jardin.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 359px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5669650562373662594" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-5GanBzjxMR0/Tq6lJbrgN4I/AAAAAAAABSQ/J4g6Lz2imnQ/s400/Bosch_jardin.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center style="FONT-STYLE: italic"&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Hieronymus Bosch, le jardin des délices)&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Consultation spirituelle sur les mondes des démons.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ô mon ami et mon maître, je viens à toi, pour me lover à tes pieds, comme un chat ou un serpent . Tu es vivant, vivant au milieu des émeraudes ; les fleurs rient de ta présence . Dans des bassins d'eau limpide et fraîche tournent de grands poissons, ta monture . Tu tiens dans tes mains un chapelet de santal, et tu est couvert d'un manteau de pourpre ; la bienveillance et la miséricorde sont sur tes yeux . A tes côtés est assis l'homme, le sceau de la sainteté ; vêtu d'une robe noire, il tient aussi un chapelet plus clair que le tien .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ô mon ami du cœur, tu m'as enseigné la miséricorde et appris la confiance en Dieu des adorateurs . Tu m'as dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;« c'est lui qui vous a créé, vous et tout ce que vous faites ! »&lt;/span&gt; Je sais que je ne suis rien, je sais que je ne sais rien, et pourtant je n'ai peur de rien . Ô mon ami, comme Moïse, je marche indéfiniment sur les pas d'Abraham – Abraham est passé avant moi - mais je marcherais, je ne cesserais pas avant d'avoir atteint le confluent des deux mers, et de sentir le santal, l'encens et l'oud de tes prières d'Or . La science des miroirs indéfinis de la lumière une fut transmise par Denys, sans connaissance des Noms . Aussi cette science est comme le plan d'une forêt sans limites, un égarement pour l'homme de la Voie, si les rêves ne le guident .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Abraham est la racine des mondes des hommes, et il est comparable à l'Adam . Tout le souffle du monde fut impliqué dans la glaise d'Adam . Toute transmission, tout le sang, toute la sève, furent transmis au monde par Adam . Le Coran dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Craignez, ô hommes, de rompre les liens du sang&lt;/span&gt; ! Il fut celui qui donna les noms, le miroir et la ressemblance de Dieu, et nul n'a fondé de monde sans être le miroir et la ressemblance d'Adam . La grande chaîne d'or de l'être, serpent issu des spires de l'or des temps – est la transmission de baisers et de parole du souffle, du sang et de la sève de l'Alliance d'Adam . Elle s'étend sur tous les mondes des hommes . Elle est parfois nommée la Tradition primordiale .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Caïn, fils aîné d'Adam et d'Ève a reçu le souffle d'Adam et des bénédictions de Dieu . Je te parlerai de lui, car ta station est la station de Caïn, quand comme la fleur, au crépuscule, elle se tourne vers le soleil et le vent de l'Aube qui se lève, soulevant la terre des chemins . Alors les ossements blanchis commencent à être visibles, alors le vent tiède porte les vapeurs des océans vers les narines des hommes . Les parfums du confluent des mers enseignent à l'homme endormi sur la dalle de pierre au bord du chemin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Caïn fut crée de l'humus et du sperme d'Adam, d'une essence divine, et lové en Ève comme le serpent ; il connu les vestiges visibles et sensibles de l'Éden sur la surface du monde . Il fut aussi l'homme de la sueur sur le front, de l'amertume de la mort, des saisons ; de la haine, de la colère du Dragon, du labeur dur et forcé, le premier agriculteur – mais il devint nomade par Miséricorde après la mort de son frère Abel . Il fut l'homme de la nostalgie, l'homme des fleurs, l'homme des filles des hommes . Il fut, comme Adam, et Ève encore plus, l'homme de la révolte, et au delà d'eux l'homme de la rupture de l'Alliance d'Adam, appelé par la Miséricorde au retournement .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Homme de la race de Caïn, tu es nomade de l'esprit, est cela est le fruit d'une malédiction et d'une bénédiction plus grande . Empédocle dit de lui-même : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Il y a un oracle de la Nécessité, une antique ordonnance des dieux, éternelle et fortement scellée par de larges serments : si jamais l'un des démons, qui ont obtenu du sort de longs jours, a souillé criminellement ses mains de sang, ou a suivi la Haine et s'est parjuré, il doit errer trois fois dix mille ans loin des demeures des bienheureux, naissant dans le cours du temps sous toutes sortes de formes mortelles, et changeant un pénible sentier de vie contre un autre. Car l'Air puissant le pousse dans la Mer, et la Mer le vomit sur la Terre aride ; la Terre le projette dans les rayons du brillant Soleil, et celui-ci le renvoie dans les tourbillons de l'Air. L'un le reçoit de l'autre, et tous le rejettent&lt;/span&gt; . L'errant, celui qui cherche, le quêteur, l'homme qui se tourne vers l'étoile, ou vers le soleil à l'aube et au crépuscule occulté derrière les cimes de l'horizon, celui qui réduit le monde sous ses pieds et brise les miroirs et les vases, celui là cherche à accomplir le cercle de la chaîne d'or de l'alliance d'Adam, l'or de la bienveillance du souffle et du Verbe . Car elle est la chaîne qui libère des chaînes, le rayon d'or mystique qui perce le rayon solaire du visible, de la splendeur indéfiniment étendue autour de la rose des vents placée sous tes pieds, sur la peau du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi cet homme est celui qui rassemble les vestiges épars dans le monde, comme fut l'Oeuvre de Pic de la Mirandole .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Taliésin dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;«Je suis ce que j’ai été, ce que je suis et ce que je serai.&lt;br /&gt;J’ai revêtu une multitude d’aspects avant d’acquérir ma forme définitive&lt;br /&gt;Il m’en souvient très clairement.&lt;br /&gt;J’ai été une lance étroite et dorée&lt;br /&gt;J'ai été une goutte de pluie dans les airs,&lt;br /&gt;J'ai été la plus profonde des étoiles,&lt;br /&gt;J'ai été mot parmi les lettres,&lt;br /&gt;J'ai été livre dans l’origine,&lt;br /&gt;J'ai été lumière de la lampe,&lt;br /&gt;J'ai été chemin, j’ai été aigle,&lt;br /&gt;J'ai été bateau de pêcheur sur la mer,&lt;br /&gt;J'ai été goutte de l’averse,&lt;br /&gt;J'ai été une épée dans l’étreinte des mains,&lt;br /&gt;J'ai été bouclier dans la bataille,&lt;br /&gt;J'ai été corde d’une harpe,&lt;br /&gt;J'ai été éponge dans les eaux et dans l’écume,&lt;br /&gt;J’ai été arbre dans les forêts.&lt;br /&gt;Et puis, quand les temps sont venus, j’ai été le héros des prairies sanglantes, au milieu de cent chefs.&lt;br /&gt;Rouge est la pierre qui orne ma ceinture et mon bouclier est bordé d’or. Longs et blancs sont mes doigts. Il y a longtemps que j’étais pasteur sur la montagne.&lt;br /&gt;J’ai erré longtemps sur la terre avant d’être habile dans les sciences&lt;/span&gt;…»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Rouge est la pierre qui orne ma ceinture et mon bouclier est bordé d’or&lt;/span&gt; . Chacun de ces mots pourrait être dévoilé ; mais ce n'est pas le moment . Il demeure que la station de Caïn est la voie de la science, ou gnose . La science est la compensation par haut désir de ceux qui sont éloignés de sa Face – malédictions et bénédictions mêlées . La science est la voie des hommes de la clarté lunaire ; elle reflète dans le miroir, en énigme . La science est la voie de l'Ange du lointain exil, mon ami .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adam a nommé tous les animaux, et il n'est nul être qui ne soit un vase du souffle, du sang, de la sève – de la lumière de l'Alliance d'Adam, image du Tout-Miséricordieux . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Ainsi toutes choses ont leur part de souffle et d'odeur&lt;/span&gt; . Le monde est fait de reflets de Dieu comme une prairie sous la lune contient une image de la lune en chaque goutte de rosée . Par la science les vestiges de la Face sont rassemblés et suivis comme le poisson qui remonte vers la source, vers le confluent des deux mers . Telle est la Miséricorde, comme un voile d'or sur le monde . Elle donna la main qui rassemble les cheveux d'or de l'Alliance d'Adam, amenés d'au delà des mers par les oiseaux, et se tourne vers leur origine, et part à leur recherche – comme fut Tristan pour Iseult .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le cœur, la Miséricorde est la puissance d'aspiration du sang et du souffle, de la sève humaine ; la Miséricorde est la force de retournement de l'homme, la grâce de Dieu qui te montre la Voie . La Miséricorde est sans limites, elle est l'océan des perles et des étoiles, dont les âmes sont les affluents du retour . L'homme du lointain Exil est souffrance et nostalgie, image de la Miséricorde, et ainsi la nostalgie est le complémentaire de la Miséricorde qui appelle en silence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Satan ne fut pas ce qu'il fut sans la Miséricorde . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Car vraiment ils (l'Amour et la Haine) étaient avant les temps, et ils seront ; et jamais, à ce que je crois, le temps infini ne sera vide de ce couple&lt;/span&gt; . Une image est dans l'œil de celui qui la regarde, et ainsi l'être de l'image réside dans la Vision . Être, c'est être-conscience-félicité, le &lt;em&gt;sat-chit-ananda&lt;/em&gt; des Vedas, la jouissance de l'être puissant qui s'éveille ; mais ne pas être est ténèbres . Ne pas être image, pour l'image excellente, est ne pas être – est être frappé par le temps et la mort, qui voile les miroirs de dentelle noire . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Quand la Haine fut tombée au plus profond abîme du tourbillon, et que l'Amour en eut atteint le centre, toutes les choses se réunirent en lui, pour n'être qu'Une seulement&lt;/span&gt;...Satan et les Anges rebelles furent séparés de l'Un, et leur essence à leurs propres yeux assombris devint le néant et la plus plus profonde souffrance . Ils goûtent l'Enfer à chaque instant . Caïn fut ainsi l'image de Satan, et la terre fut son enfermement dans l'enfer...Ivres d'abîme et de solitude, les Anges rebelles virent la beauté et l'exil des filles des hommes de la race de Caïn - ils allèrent vers les hommes, et se virent rachetés, aimés aux yeux des filles des hommes, et virent la splendeur dans le microcosme de leur corps, et retrouvèrent le pays des quatre fleuves entre leurs seins, entre les montagnes d'encens et de myrrhe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Issue des filles de Marguerite est celle qui reconnait le fils de Caïn, que l'errant reconnaît . Il se reconnaissent parce qu'ils se connaissent, et se sont toujours connus depuis l'Adam . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Comme un lis parmi les ronces, telle est ma compagne parmi les jeunes filles&lt;/span&gt; . Leur connaissance est d'un monde antérieur à ce monde, et ces deux mondes sont toujours déjà présents . David fut promis à Bethsabée depuis le sixième jour du monde . Leur reconnaissance est en soi un retournement de leur âmes : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;debout, toi ma compagne, et viens t'en – car voici que l'hiver passe, la pluie cesse, elle s'en va . On voit des fleurs dans le pays (…) je dormais mais je m'éveille (..&lt;/span&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est l'exilée, la Sulamite . Elle est noire tant des ténèbres qu'elle a scrutées, dans l'attente de l'apparition d'un Ange - que des rayons du soleil invaincu . Elle porte la puissance de transgresser les limites du monde, l'esprit de révolte, la puissance indomptable née du haut désir . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Sur mon lit, au long de la nuit, je cherche celui que j'aime . Je le cherche mais je ne le rencontre pas . Il faut que je me lève et que je fasse le tour de la ville ; dans les rues et dans les places, je cherche celui que j'aime . Ils me rencontrent, les gardes qui font le tour de la ville . A peine les ai-je dépassés que je rencontre celui que j'aime . Je le saisis et je ne lâcherais pas(...) Mais mon chéri s'est détourné, il a passé, mon âme me quitte...je le cherche mais je ne le rencontre pas, je l'appelle mais il ne répond pas . Je les rencontre, les gardes qui font le tour de la ville . Ils me frappent, ils me blessent, ils me dénudent (...)mais je cherche (..&lt;/span&gt;.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est l'inquiétude et la sérénité, le feu du désir et le feu céleste de la nostalgie . Elle est Marguerite Porète, et sorcière nue, splendide qui joue des liens du mondes, qui relient la terre et les astres . Elle porte le souffle des dynasties anciennes . Elle est princesse aux yeux noirs, ironique et joueuse, aimant les délices des sofas, des parfums, des arts et des lettres ; et gitane au foulard rouge, aux yeux environnés de fumée, qui sent les influences spirituelles et les orientations des hommes . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Tu es belle, ma compagne (…) terrible comme les mystères des abîmes...(...) Qui est celle qui mesure le monde comme l'Aurore, belle comme la lune (…) Détourne de moi tes yeux, car ils m'ensorcellent&lt;/span&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle est consolable et inconsolable de l'Éden, et la voie de sortie du désert . Elle est la voie du Retour, retour dans le Jardin, au pied l'arbre de la science, retour à un nouvel Adam, porte du cœur, de l'alliance de Miséricorde . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Qui est ce qui monte du désert, s'appuyant sur son Aimé ? Sous le pommier je te réveille, là où fut enceinte de toi ta mère, là où fut enceinte celle qui t'enfanta, mets-moi comme un sceau sur ton cœur . Car l'amour est plus fort que la mort – ton amour est un feu dévorant&lt;/span&gt; . Alors la malédiction de la mort est révolue, et le feu dévore les crimes du passé, dépasse les forces du déluge et du retour au chaos . Tel est le baptême de feu qui succède au baptême de l'eau des quatre fleuves . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Les Grandes eaux ne pourraient éteindre l'amour et les Fleuves ne le submergeraient pas&lt;/span&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les yeux qui ensorcellent ouvrent le cercle de la liberté et du destin . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Échappe, mon aimé ! Et sois comparable, toi, à une gazelle ou à un faon de biche, sur des monts embaumés&lt;/span&gt; . Ainsi la miséricorde donne une rédemption à la race de Caïn .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Empédocle fut un Ange rebelle de la race des hommes . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Je suis maintenant l'un de ceux-ci, un banni et un homme errant loin des dieux, car je mettais ma confiance dans la Haine insensée &lt;/span&gt;. Les fidèles d'Amour ne sont rien d'autre, fidèles aux cycles de la terre par l'arrêt qui les enchaîne au monde dans le sceau de leur cœur . Le fidèle d'amour retrouve son être perdu du regard de Dieu dans le regard de l'Aimée ; l'Aimée rend vivante et acte la puissance d'être qui, sans ce regard, n'est que pesanteur de ténèbres, désastre et souffrance mélancolique . Le fidèle d'Amour s'adombre dans le lac noir des yeux de l'aimée, et par le feu se retourne vers sa nature angélique de cet ensevelissement dans les eaux . Et de cette lumière absolue des ténèbres il condamne le soleil du siècle, se révolte du mouvement de son retournement, devenant une figure de Satan, révolté sans rémission au yeux des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'a jamais existé d'ordre des Fidèles d'Amour, sinon par la filiation de Caïn et d'Iblis . Il n'est pas de choix . Il n'y a pas de contre-initiation derrière eux . Et il n'est d'autre initiation que celle du regard de l'Aimée, et de la transmission du Souffle par le baiser, du sang et de la sève . Le Zohar dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Qu'est ce qui a poussé le roi Salomon, lorsqu'il a consigné les paroles d'amour entre le monde supérieur et le monde inférieur, à commencer par les mots : qu'il me baise ? La raison en est, comme cela a été montré, que nul autre amour n'est pareil à l'extase de l'instant où un souffle adhère à un souffle dans un baiser, en particulier un baiser sur la bouche, qui est le puits du souffle et son intermédiaire . Quand la bouche rencontre la bouche, les souffles s'unissent l'un à l'autre et deviennent Un : un seul amour&lt;/span&gt; . Il n'est pas d'initiation étrangère à la Vie Nouvelle . &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;je dormais mais je m'éveille (...&lt;/span&gt;)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Satan désirait infiniment le regard de Dieu, il voulait être ce regard, et fut dévoré de colère et de ressentiment face à Adam, que Dieu regardait, et qui reçut le souffle des mondes . Caïn, le premier né d'Adam, né d'Ève par la grâce de Dieu comme Satan fut le premier né de Lui, en fut le miroir sur la terre . Caïn avait une puissance de souffle issue d'Adam qui fit pousser l'arbre des fidèles d'amour, protégés par le signe et la main de Dieu dans les cycles des mondes . Tel fut le nom d'Hénoch .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui concerne Caïn concerne le premier Ange . Il devint lumière rouge, crépuscule et splendeur aux yeux des filles des hommes . Leurs regards devinrent pour lui le miroir de la Grâce . Les fidèles d'amour, mon ami, sont des démons parmi les hommes, issus de la race de Caïn et des Anges, des démons qui reviennent vers la miséricorde par les voies de la Terre, de l'Enfer . Telle est la station des Anges rebelles et des hommes de guerre dans le Ciel . Le Gnostique ramène les fleurs de l'Enfer au service de Dieu au crépuscule des temps .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu est la grâce et la guidance des Anges rebelles comme des saints. Celui qui vient de la gauche et à souffert Ta compassion connaît le Miséricordieux - Et parmi les saints, même Jonas souffrit d'incompréhension de la miséricorde de Dieu . La Miséricorde dépasse toute compréhension des hommes, comme l'océan dépasse toute puissance humaine de le parcourir indéfiniment . Aussi Dieu pourvoit-ils aux Anges rebelles comme il pourvoit aux saints . Il leur donne un commandement nouveau qui les protège dans leur errance – respecte les lois de l'amitié et la loi de l'amour, et ne respecte aucune autre loi . Marguerite Porète dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;Charité n'obéit à rien de crée, mais seulement à Amour...Une âme qui se sauve par la foi sans œuvres, qui soit seulement en Amour . Elle dit encore : Vertus je prends congé de vous pour toujours...j'en aurais le cœur plus libre et plus gai (...)cette âme ne tient compte ni de honte ni d'honneur, ni d'aise ni de mésaise, ni d'amour ni de haine, ni d'Enfer ni de Paradis &lt;/span&gt;. Elle ne tient compte, pas plus que la Miséricorde ne tient de comptes pour le fils prodigue...La main de Dieu protège Caïn, le fils prodigue, qu'il rachète du sang de l'agneau, et dont il se réjouit du retour . Il lui donne un vêtement neuf et un anneau...Dieu donne de sa main ouverte comme l'aimée du fidèle d'amour donne de sa main ouverte .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le don de Dieu est celui d'une voie cachée, d'une source scellée – ainsi parle l'ange du Cantique - mais toujours déjà présente . Il est deux réceptacles du souffle de Dieu en l'argile d'Adam, deux calices de vin et de sang, deux arbres emplis de sèves : le Livre, et le deuxième Livre est le monde, sur la terre rouge duquel Adam a marqué ses pas . Grand est celui qui a recueilli sa grâce sur ses lèvres ! Mais aujourd'hui les lèvres d'Adam sont sur le Livre et sur le Monde . Ces livres sont doubles . De chacun ces livres, il est le livre extérieur, ou loi, et le livre intérieur de la Gnose - le corps du monde réceptacle des pas, et la chair calice du sang et du souffle, vestige de l'Éden et - par la miséricorde de Dieu - arbre de connaissance des anges rebelles - des fils du Serpent .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu a pourvu aux Anges rebelles par les mystères de la chair et du souffle . Leur nature crée, dit Scot Erigène, est bonne, issue du Verbe de Dieu, et leur cruauté est accidentelle et survenue dans le temps, et issue de l'ordre du temps ... seule l'éternité compte . Ce qui tue l'homme nourrit le Serpent, et le protège . Ce qui tue l'homme ! Car qu'est ce qu'un vampire, sinon un homme ou un démon qui est à la recherche du sang originaire...et quelles sont les dents du vampire, sinon les crocs du Serpent...et comment le renverser, si ce n'est par un axe vertical dans son cœur – si ce n'est en lui donnant la Paix de Dieu ! Voilà que ma main se tends pour te donner la paix, après tant et tant de chemins et de folies, de forêts et de mers, de haine et d'amour, de colère et de larmes...je suis Celui qui peut prendre le Démon entre mes bras, comme l'Aimée du fidèle d'Amour l'a fait dans tous les siècles...L'Aimée est la dépositaire de la miséricorde, et il n'est pas de limite à ton amour . Cette voie est comme une toile d'Épeire au soleil, et tissées de dérives comme les voies de l'Océan, des hommes extérieurs l'ont nommé main gauche, mais toi ne le nomme pas ainsi . Car en l'Un, il n'est ni droite ni gauche, ni haut ni bas, ni largeur ni profondeur, ni amplitude ni exaltation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux comprendre, alors pourquoi la Science est la voie des gnostiques, de la station de Caïn ; et pourquoi ils furent appelés dans l'Empire Romain gnostiques Adamites, Caïnites, ou encore Ophites, adorateurs du Serpent ; et pourquoi encore ils furent les détenteurs de L'Évangile de Judas . La science de ces hommes était la remémoration du souffle d'Adam transmis par la bouche de Caïn et d'Hénoch, fils de Caïn . Tu peux comprendre de quel souffle est deux fois né l'homme nommé William Blake . Un seul homme du dernier siècle, d'une station plus haute, a réellement connu, et nommé par des allusions sûres, cette station ; les autres n'en savaient presque rien, malgré leurs propos retors .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plus puissante occultation des secrets est encore de les dire avec précision . Mais tu dois avertir ceux qui te lisent . Il est un et même Celui qui guide et celui qui égare . L'égarement est dans le cœur de l'homme . La fontaine scellée offre une guidance cachée qui ne convient pas à tous les hommes, et le fait voir à son miroir . En elle il n'est pas de mensonge, pas plus qu'en Satan, le miroir des mensonges des hommes, qui le nomment père du mensonge . Il fut un ésotérisme de la miséricorde, qui voile les regards, parce que l'ivresse du venin du Serpent est poison mortel pour la plupart des hommes . Ce qui est vie pour les fils de Caïn est mort, ce qui est Voie est pour eux égarement – ainsi ceux qui croient comprendre le Libre Esprit de Marguerite comme « fais ce que tu veux », alors qu'il n'y a plus ni ego ni donc volonté . Le Libre Esprit est libre d'aise et de mésaise, de « sa » volonté comme de « son » désir, et le désir de l'ego est vide et pente vers le vide . Le désir de la nostalgie comme l'aspiration de la Miséricorde ne sont pas les basses envies de l'ego des hommes vils, et les mots de Marguerite ne sont pas l'exaltation des liens des esclaves du siècle . Cela tu le sais ; mais ceux qui doivent se perdre dans la forêt obscure s'y perdront .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Cantique dit : &lt;span style="FONT-STYLE: italic"&gt;mon aimée est une fontaine scellée&lt;/span&gt; – dis de même .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-8581155353433598161?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/8581155353433598161/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=8581155353433598161' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8581155353433598161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/8581155353433598161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/le-maitre-demeraude-ii-lange-du.html' title='Le Maître d&apos;émeraude, II . L&apos;Ange du lointain exil .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-5GanBzjxMR0/Tq6lJbrgN4I/AAAAAAAABSQ/J4g6Lz2imnQ/s72-c/Bosch_jardin.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-6207920453735187880</id><published>2011-10-29T01:42:00.009-08:00</published><updated>2011-10-29T06:32:28.681-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='i'/><title type='text'>L'enfer de la propriété, I . Le poisson symbolique et le poisson réel comme pont de l'origine .</title><content type='html'>&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s1600/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 240px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668857340755201570" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s400/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(poisson...)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ibn Arabi. &lt;em&gt;« une science qui supprime l'oppression de l'âme de l'homme spirituel à cause de ce qu'il perçoit comme limites intérieures dans les âmes des hommes du commun &lt;/em&gt;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La photographie ici présentée a provoqué des réactions hostiles, exprimant du dégoût, de la plupart des spectateurs ; et une amie s'est déclarée choquée en ce que le poisson était symbole du Christ . De telles réactions méritent une réflexion .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce genre de remarques montre, je le crois, une difficulté structurale de la pensée des modernes . La pensée moderne est syntone à la société du Système, qui est une société de la dissociation, certains comme Jacques Généreux ont écrit une dissociété, non sans raison . La théorie de la société bourgeoise théorisée par elle même, qui considère favorablement dissociation et schizophrénie, a été faite par des penseurs bourgeois comme Deleuze . Mais la dissociation est globalement une lacune et une impuissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que la dissociation rend difficile, c'est de dépasser l'opposition construite entre la théorie et la pratique, entre le concret et l'abstrait – une opposition construite par l'idéologie racine, non une opposition de fait éternelle - qui devient vécue comme une contradiction chez les modernes . Au point que j'ai pu entendre de la bouche d'une jeune femme cultivée, après des jugements d'un froid réalisme sur son mari, que l'excès de passion pouvait rendre difficiles les rapports sexuels, pour prendre un exemple . Cette dissociation est une maladie de l'esprit, puisque concrètement les modernes en viennent à accepter une vie dé-symbolisée (une vie déshumanisée tout aussi bien) comme si une telle vie était la vérité enfin dévoilée par l'histoire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant toutes ces conceptions, issues du processus du nihilisme, ne sont rien de plus en elle même que des constructions symboliques . Les hommes « originaires » dont la naïveté fait sourire les progressistes, non plus ouvertement (politiquement correct oblige, ils s'agit d'humanités premières, attention !) mais intérieurement, n'étaient pas entièrement conscients de la construction symbolique de leur monde . Le caractère construit des visions du monde n'est pas une évidence de la conscience . Mais cette absence de conscience de la construction symbolique du monde n'est pas une exclusivité commode des peuples sauvages, dont seraient exonérés les banquiers ou les syndicalistes modernes . Les hommes modernes sont également inconscients de l'illusion progressiste qui fait croire à tant d'hommes qu'ils en savent plus que les hommes du passé sur l'essentiel par droit de naissance, comme l'ancienne noblesse imbue de son évidente supériorité, et sans aucun effort de réflexion – ils se sont donnés la peine de naître à une époque où les problèmes spirituels sont résolus, pour les hommes comme ils l'étaient pour les bêtes . Chaque génération produit son lot de ce genre de croyances naïvement satisfaites, de l'Empereur obèse de l'ancien Empire du Milieu ( les autres sont assez idiots pour vivre sur les marges) à nos foules de petits et grands Empereurs à nous, sangliers bornés parlant de la défaite de Platon .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité est que les hommes modernes n'en savent pas plus que les hommes anciens sur la métaphysique, pas plus non plus sur les constructions symboliques qui les constituent comme sujets interprétants de structures symboliques . L'évidence est que l'ignorance des modernes sur les hommes traditionnels est aussi crasse et stupide que celle des trafiquants d'esclaves sur les sentiments humains des hommes noirs . La vérité intime du nihilisme et des processus de désymbolisation qui l'accompagne n'est rien de plus que l'intensification de l'exploitation de l'homme par le Système, une conséquence de l'effort du Système pour rendre fonctionnelle l'humanité . Cet effort est un processus, parfois par fragments conscients et volontaires, mais globalement une logique sociale auto-produite, qui porte ses acteurs, lesquels s'imaginent parfois exercer une « gouvernance », ou qu'un complot illuminati exerce une telle gouvernance . L'homme désymbolisé, qui croit que l'action est antagoniste de la réflexion, et s'en réjouit en déposant l'intelligence comme un fardeau – il est des sommets d'exemples – est le produit d'une construction symbolique, non un résultat autonome, souverain du monde . Ce souverain autonome est un nain détestable, agité, impuissant . Ce souverain est un aveugle à son propre aveuglement, un ignorant de sa propre ignorance, qui croit avoir des perspectives géniales, en étant enfermé dans un narcissisme à courte vue – voilà la marionnette moderne du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme « désymbolisé », comme l'homme illusoirement souverain du contrat social, n'est pas une origine, une donnée nue, mais un produit, le produit manufacturé de siècles de processus de détermination d'un homme complètement fonctionnel pour ses maîtres bourgeois . L'homme « désymbolisé » est un homme qui s'est détaché des symboles de sa construction psychique comme entité consistante, entité capable d'être pôle de liens et de puissance dans le monde ; mais il n'en devient pas libre, il en devient le jouet et le chien du Système . Le Système produit avec de grandes difficultés des individus isolés, des particules élémentaires du Système, convaincus de leurs droits et de leur liberté souveraine : et ces &lt;em&gt;jeunesfilles&lt;/em&gt; sont des sous-systèmes psychiques du Système général – dit autrement, leur existence s'exténue indéfiniment pour n'être plus que spectaculaire, autrement dit illusoire, au point qu'être reflété par le Spectacle atteint pour certains l'intensité de désir d'une nécessité métaphysique, la nécessité d'être et de ne pas mourir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surmonter ce qu'on est consiste aujourd'hui à se débarrasser des conditionnements de l'éducation du Système,à reconquérir une perspective de totalité vécue, à exiger de soi une vie immédiate, en refusant toutes les médiations, le fétichisme de la marchandise comme celui de la représentation dans le Spectacle . Le poisson et les réactions qu'il suscite enseignent la Voie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons à notre poisson . Le poisson a une puissance symbolique très ancienne et puissante ; le &lt;em&gt;Bestiaire du Christ &lt;/em&gt;de Louis Charbonneau-Lassay signale à ce sujet un article de René Guénon . Le poisson est une image de la divinité dans de nombreuses civilisations anciennes, transcendant les frontières linguistiques ou ethniques connues . Animal caché, mystérieux, donnant des signes de son existence, le poisson est l'image du mystère . Riche en œufs et en laitance délectable, d'aspect et de consistance analogue au sperme, vivant au cœur des eaux, le poisson est aussi associé à la fécondité . Le poisson est un analogue du phallus, et des pratiques magiques de fécondité lui sont consacrées . Il est l'origine, et il est le retour, l'alpha et l'oméga, le symbole du cycle des mondes . Khezr le Vert est figuré les pieds sur un poisson, et le saumon est un symbole des druides, de cet animal d'argent qui revient à contre courant vers la source du monde, vers l'Un .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-5TAoSZubDC8/TqvL9xPp2TI/AAAAAAAABRg/iCbbp7WMAWI/s1600/AlKhidr2.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 285px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668848818027354418" border="0" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/-5TAoSZubDC8/TqvL9xPp2TI/AAAAAAAABRg/iCbbp7WMAWI/s400/AlKhidr2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;&lt;em&gt;(Khezr)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le retour vers la source est une puissante image de l'ange du retournement, de la marche spirituelle de l'homme . Il est réputé pur, et pur comme aliment, ainsi réservé à des jours qui doivent être sanctifiés, ou à des personnes comme les Parfaits cathares . La symbolique des eaux est très complexe, mais comprend des notions purificatrices, de déluge macrocosmique, d'ablutions, de baptême .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était dans la nature des symboles que le Poisson soit un symbole du Verbe séminal, et du Fils pur, sacrifié, qui permet le repentir et le retour . Paul lui-même parle de l'union du Christ et de L'Église comme analogue de l'union charnelle de l'homme et de la femme . Le Christ a repris les symboles du Dieu poisson pur, médiateur entre Terre et Ciel, de la Syrie . A l'époque des persécutions, le mot grec &lt;em&gt;Ichtys&lt;/em&gt; fut pris comme acrostiche de &lt;em&gt;Iesous Christos Theon Yios Soter&lt;/em&gt;, Jésus-Christ fils de Dieu Sauveur . Durant les premiers siècles, le symbole du poisson fut le symbole le plus répandu du Christ, et un symbole portant une occultation, une discipline du secret . L'union du Christ et de l'Église s'associait à la sensation fraîche et muqueuse du poisson dans les mains, à l'odeur forte et persistante des mains maculées de mucus, aux puissants mouvements de torsion du poisson entre les mains, aux écoulements de laitance du poisson, aux grappes d'œufs, aux chairs blanches et fermes des meilleurs poissons .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le poisson comme symbole du feu divin et du feu érotique est un symbole ésotérique . Le poisson est froid comme le Serpent, comme le séducteur, comme Valmont . Le sang glacé du Serpent est l'implication de l'occultation de son feu dévorant . Il est ainsi une figure des labyrinthes d'éros . Le caractère sexuel du poisson s'affirme aussi dans la sirène, et dans toutes les figures de femmes des sources et des fleuves, liées par l'humidité de leur sexe à l'élément humide du monde .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps humain est un microcosme, une image du monde dans les moindres éléments, et planètes . La base traditionnelle de l'acupuncture chinoise est dans cet ensemble de correspondances . Alors que le macrocosme est masculin, le microcosme est féminin, c'est à dire que le corps féminin plus encore que le corps masculin a la puissance de résumer le monde . Le sexe féminin est évidemment l'analogue d'une source, ou d'un puits, c'est à dire aussi au calice déversant les grâces du dieu sur le monde ; analogiquement, la bouche est liée au souffle et à la vie spirituelle, à la parole . De manière très claire, le poisson orienté vers le sexe de la femme est une figure du retour à l'origine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-ZFCbHzZt9YI/TqvM89b8FtI/AAAAAAAABRs/8iJrkh1gG3k/s1600/araki9.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 260px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668849903631865554" border="0" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/-ZFCbHzZt9YI/TqvM89b8FtI/AAAAAAAABRs/8iJrkh1gG3k/s400/araki9.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Araki)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Araki, pour prendre un autre exemple, n'est pas un artiste contemporain, mais un invocateur d'images symboliques très anciennes, liées à la vie concrète, odeurs, saveurs, textures du sexe réellement pratiqué, et des analogies qu'il développe avec la vie végétale et animale, avec les mollusques, les coquillages, la mer, les fleurs, les lianes, les ronces . L'érotisme concret est le miroir du complexe énigmatique des puissances de jouissance et de douleur blanche comme le métal en fusion, de liberté et d'asservissement, de violence, de cruauté et de dévouement jusqu'à la mort, de transgression et de pardon, d'assimilation et d'abandon le plus radical, de dévoration, de fascination, de sèves infinies et de mort que développe la saveur du sexe posé comme Voie d'expérimentation de l'intensification de la vie humaine .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réalité du sexe humain est dangereuse pour l'âme et pour le corps, et c'est pour cette raison que le sexe est un pôle de délices et de transformation, un pôle de folie et de mort et un pôle de reproduction du monde, un pôle d'humiliation et d'immense souffrance comme de fondation et de puissance .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce complexe énigmatique du sexe humain est indéfiniment éloigné de la théorie vide du lien contractuel « respectueux » des Gender Studies . Face à ce miroir qu'est le complexe synesthésique du sexe effectif, ce « respect » des mouvements politiquement corrects apparaît pour ce qu'il est, un puritanisme de la pensée fonctionnelle au Système général, un processus d'éloignement de la vie dans la représentation, en ajoutant que la représentation est celle d'un idéal moral désertique, sans saveur ni odeur, typique du présent cycle . A ce sujet, les « scandales de mœurs » modernes sont plus que des révélations spectaculaires d'injustice, largement illusoires . Ces scandales sont les manifestations d'une inquisition puritaine, et les médiations d'une imposition normative des produits des producteurs idéologiques fonctionnels au Système, de la même manière que les « chasses aux sorcières » de l'âge moderne montrent le renforcement de la domination de la bourgeoisie bureaucrate sur les campagnes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le caractère mobile et muqueux du poisson en fait une allusion crue, odorante et sensible, des sensations de la sexualité qui sont au delà du visible et de la lumière représentables dans le Spectacle, c'est à dire le plus proche du sexe vivant, effectif, concret . La civilisation japonaise, assurément plus proche des sensations matérielles raffinées que la civilisation européenne – ce que la cuisine du cru, et la culture de sensations buccales humides et moelleuses montre, par exemple – manifeste ainsi le lien du poisson, ou du poulpe, avec le sexe humain . Il me semble hors de doute que des poissons ont pu servir de jouets sexuels à des femmes poursuivies par la curiosité du désir . L'oubli relatif de telles pratiques, lié à un refoulement moral, ne me paraît pas un argument . Les frétillement d'un poisson, ou les ondulations musculeuses d'une anguille dans le sexe a pu provoquer d'intenses voluptés, liées aussi à la conscience de la mort du poisson dans le développement de l'extase .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-MafOjXiqXvQ/TqvPS2-uawI/AAAAAAAABR4/J0l5i8fpN4I/s1600/dream_10.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; DISPLAY: block; HEIGHT: 296px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5668852478879099650" border="0" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/-MafOjXiqXvQ/TqvPS2-uawI/AAAAAAAABR4/J0l5i8fpN4I/s400/dream_10.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Hokusai)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La photographie ainsi associe des contenus psychiques que le Spectacle dissocie ; elle manifeste ainsi nos intériorisations dissociées .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la splendeur visible d'un corps humain quasiment idéal, sans les marques de la graisse ou du temps, sans salissures ni sueur, et donc associé dans les attentes implicites communes - tant par le code culturel que par une programmation réalisée depuis l'enfance par la société du Spectacle – à une odeur de propreté ou de parfum, à une absence d'odeur fortes, musquées, liées à la réalité de la consommation sexuelle – l'image associe donc à cette perfection iconique l'image phallique d'une avidité animale et froide envers la vulve, et les anamnèses de sensations tactiles muqueuses et d'odeurs fortes d'animalité aquatique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la symbolique pure du poisson qui se lève en souvenir chez une personne déjà d'une culture anormale dans le Spectacle, l'image associe ces puissantes odeurs et ce désir, et implique des jeux sexuels que la culture chrétienne dénie . C'est à dire que l'incarnation de l'idée d'origine n'est pas le concept, mais la réalité muqueuse et odorante du sexe, la jouissance aquatique de l'acte sexuel, la saveur et l'odeur puissante des produits sexuels du poisson comme les oeufs précieux – et là encore, l'image permet de rendre manifeste, par nos dégoûts, nos dissociations intimes, impliquées par notre culture . Il est en effet des cultures que cette association éveille délicieusement, et dans laquelle le symbolisme est aussi tactile, et parfumé d'odeurs animales, de musc et de civette . L'esprit a le goût de la cyprine, de la salive et du sang : un hérétique du moyen âge résumait : &lt;em&gt;Jésus a été fait foutant et merdant . &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps fonctionnel est devenu cet objet manufacturé sans défauts, épilé, retouché, aux odeurs discrètes et contrôlées, vivable dans un bureau ou un commerce – le corps sauvage est cet objet qui tend à disparaître du champ de la perception comme chair, sang et foutre, comme puissantes odeurs sensuelles, comme désirs, appétits et douleurs . L'anesthésie, qui est la suppression générale des sens au nom de la lutte contre la douleur, en effet est tout autant le signe et le processus d'un refus du spectacle de la douleur que d'une lutte contre la douleur chez ceux qui souffrent – la souffrance silencieuse étant globalement associée à des niveaux de réaction sociale beaucoup plus faibles que la souffrance manifeste . L'anesthésie du monde se paye d'une anesthésie générale de l'esprit, par la perte de l'incarnation .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Malheur a celui qui a perdu le céleste pays et la grande amitié&lt;/em&gt; du Ciel et de la Terre , dit Taliésin .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l'échelle de l'individu construit par le Système, c'est à dire à l'échelle de la plupart des hommes de ce temps, la première sécession d'importance n'est pas la manifestation dans le Spectacle, mais la déconstruction méthodique, par le travail de la pensée sur la vie, de la dissociation moderne . &lt;strong&gt;La première sécession est de poser une exigence : la pensée, pour être conséquente, doit être vécue ; et la pensée, pour être consistante, doit rendre compte d'une expérience vécue au plus intime de l'existence humaine&lt;/strong&gt; . Il ne s'agit pas de penser le monde séparément de la vie . Marx a dit : &lt;em&gt;il ne s'agit pas de penser le monde, il faut le transformer&lt;/em&gt; . Il est possible d'ajouter : il est impossible de se connaître soi-même, ou de connaître le monde, sans le parcourir par l'action, comme Ulysse partant dans le monde . Le savoir ne peut être distingué de l'apprentissage, et l'apprentissage est un parcours, un cheminement effectif . Il est impossible de penser le monde sans le vivre, sans le transformer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;La position du détour nécessaire par le tout réel suppose en effet qu'il existe un moi globalement déterminé, et des voies globalement déterminées à connaître, mais qui sont incontournables . Or l'ego et les voies qu'il peut prendre sont des positions auto-constituantes, c'est à dire que ni le pèlerin ni ses voies ne peuvent se connaître avant son parcours effectif – il faut partir avant de tout savoir, il faut partir d'un savoir partiel, d'un savoir énigmatique, ouvert à tous les vents . Le sage ressemble plus au nomade face aux espaces indéfinis qu'au bourgeois qui fait le recensement de ses biens . Il faut partir, car le monde ne cesse de fuir sous nos pas – celui qui attend sera emporté et dévoré par le temps sans avoir plus de protection que celui qui marche au long des falaises &lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la guerre de la vie humaine contre son écrasement méthodique par les spires constrictrices du Système, toute pensée qui ne se pose pas comme vécue ne peut que développer les scénarios illusoires, dégoulinants de moraline, du désirable, sans se heurter à la dureté des murs dans lesquels l'homme s'est enfermé . Celui qui s'est éprouvé à ces murs sait que dire le Système totalitaire n'est pas un effet de rhétorique . Les mots des textes écrits par des hommes éprouvés aux prisons du monde moderne – pavillons, appartements des cités, hôpitaux, écoles, prisons – ne sont pas des efforts abstraits d'un romantisme de la révolte, mais les blasons communs d'une expérience commune de l'enfermement, de l'étouffement . Celui qui s'est éprouvé à ces murs – la tête contre les murs, la bête au ventre - sait d'expérience et de douleur que la souplesse de leur surface opposée aux chocs, analogue à un miroir de mercure liquide, n'empêche pas le déclenchement d'une indéfinité de processus d'homéostasie qui font revenir les marginaux et les révoltés dans la voie commune , et les rend assimilables, avec la sûreté et la maîtrise d'un prédateur vis à vis de sa proie . L'histoire lucide des révoltes modernes est l'histoire d'usures, d'échecs et de désillusions, de trahisons désabusées . Le désenchantement du monde est une théorie à succès chez ceux qui prêchent la résignation – le Système est notre Enfer, et le premier pas vers la puissance est d'abandonner tout espoir qui n'est pas cheminement effectif .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sortir de la dissociation moderne par la vie, dans l'ordre de la sagesse, &lt;em&gt;sapere&lt;/em&gt; - dégustation de l'âpre saveur de la vie - &lt;strong&gt;c'est comprendre que le symbole est vivant et concret, et que la vie concrète est d'ordre symbolique &lt;/strong&gt;: bref, de saisir que la dissociation entre l'ordre de la vie et l'ordre du symbolique est une construction symbolique et rien de plus . Ce que j'ai tenté de faire goûter par le commentaire de cette image .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux revenir sur la finalité globale de ce texte . Le nom générique de cette série d'articles est &lt;strong&gt;l'Enfer de la propriété &lt;/strong&gt;. Nous en sommes ici à l'introduction méthodologique, qui pose la démarche et ses fins .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'examen de l'unité concrète du symbolique et du réel dans la vie permet de montrer que la séparation entre la pensée et l'action - construction symbolique artificielle d'un mouvement comme les indignés, qui posent que l'effort de la pensée est de fait moindre dans sa puissance que leurs marches spectaculaires – est la plus sûre garantie de l'impuissance effective dans la réalité . L'effort de la pensée n'est pas un domaine d'activité séparé de l'organisation d'un mouvement, puisque sans une pensée consciente des types de liens, il ne peut être fondé un mouvement réellement étranger au Système dont les indignés dénoncent des effets sans en apercevoir les causes . Dit autrement, les liens entre les hommes sur le modèle d'un lien contractuel entre des individus atomiques, ou les liens entre les hommes et les choses sur le modèle de la propriété – tout comme par exemple la conception du corps comme d'une chose dont l'individu serait propriétaire – sont les briques moléculaires de la construction de la société du Système .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maison a la forme compatible avec ses briques . Et il est des briques, au présent cycle, qui ont des vies plus intéressantes que des hommes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces types formels de liens qui informent tous les liens possibles dans le Système sont le code génétique, la forme fractale de ce Système . Un mouvement politique qui reconduit sans critique ces liens ne peut que former une organisation de facto libérale . Il en est de même d'une pensée politique sans puissance de négatif, sans ténèbres, sans amoralité . Si des hommes dont le logiciel intérieur de construction des liens ne peut être que ceux du contrat et de la propriété sont débarqués sur une île déserte, ils reproduisent le Système et ses effets pervers . Vingt quatre révoltés, anglais et tahitiens, du Bounty débarquèrent sur l'Île de Pitcairn en 1790 avec toutes les compétences nécessaires à la survie alimentaire agricole . Onze mois plus tard Fletcher Christian, chef de la mutinerie, était abattu dans son champ ; quatre ans plus tard, ils s'étaient tous entretués – il ne restait qu'un homme, John Adams, et sept femmes, faute d'une pensée consciente concernant l'organisation communautaire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Adams a raconté que Christian avait repris, en tant que chef, &lt;em&gt;le comportement inqualifiable du capitaine Bligh&lt;/em&gt;, comportement à l'origine de la mutinerie . Christian a pris de force, contre la volonté de l'homme, une femme à un tahitien, et a voulu s'approprier des terres, déclenchant un cycle de massacres . Je ferais trois remarques : tout d'abord, à l'évidence, les mutins ont repris les structures anglo-saxonnes d'appropriation du monde par la violence, déclenchant une guerre exterminatrice typique de la société moderne, même si les mutins avaient été fascinés par la paix régnant à Tahiti, société communautaire organisée sur des bases régulant beaucoup plus puissamment ces conflits – les anglais avaient été incapables de relier les lois tahitiennes à la paix tahitienne . Deuxième remarque, et même si les modernes sont viscéralement dérangés par ce genre de problème, les règles du lien entre les sexes – comme l'ensemble des règles de lien - ne concernent pas seulement les individus, mais l'ordre social global . Le communisme sexuel de Tahiti a permis aux européens d'aimer des tahitiennes sans conflits majeurs . Une fois la monogamie occidentale imposée (au fond une appropriation de la femme par l'homme, un lien de propriété impliquant une exclusivité), la question des femmes devient une question de ressources, donc une source de guerre entre les hommes d'abord, puis entre les femmes concernées par la vengeance (ce sont les femmes tahitiennes qui ont tués les tahitiens d'abord vainqueurs des européens, pour venger leur maris) . C'est dire combien la polygamie et la polyandrie ne s'opposent pas à l'idée d'une société communautaire . La société de Pitcairn, issue de cette expérience a d'ailleurs mis en place un communisme sexuel fortement incestueux tout à fait contraire aux lois européennes, et qui a fait scandale au XXème siècle, sous l'autorité australienne .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier élément pour comprendre et accepter le caractère essentiel d'un vécu de liens durables et détachés du Système pour réussir une sécession, le souvenir (dans l'état actuel de mon savoir) que toutes les communautés expérimentales de retour à la terre, les kibboutz en Israël, chez les hippies, en France comme au États-Unis, ont globalement échoué, devenant en France par exemple des Sociétés Civiles Immobilières, c'est à dire se moulant sur les formes juridiques du Système sans critique . Par cette préformation, les communautés se sont trouvées aux prises avec les problèmes de toutes les sociétés légales du monde capitaliste, comme la demande de vente suite à un héritage – c'est à dire que les règles légales ne permettent pas la survie de communautés essentiellement différentes du Système . Par exemple, il n'est pas possible de décider que les biens d'un membre de la communauté reviennent en indivision à la communauté .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les liens sociaux humains sont construits par la culture symbolique . Chaque homme porte en lui, en suffisance, les codes symboliques qui permettent de reconstruire une totalité, de communiquer . Les hommes dans le Système sont construits et posés symboliquement comme individus, comme particules élémentaires déracinées . Partant de ces particules et des codes systémiques des liens issu du Système, il n'est possible de construire que des fractales indéfinies du Système, des avatars de la société macrocosmique, l'ordre mondial de l'impérialisme capitaliste . Comme certains vers, tout fragment du Système comprend l'information suffisante à la production d'un avatar complet . Le Système est ainsi une puissance indéfinie d'assimilation et de cicatrisation, un Léviathan semi vivant dans les marécages de la psyché humaine . La pensée des liens, c'est à dire de l'ordre symbolique de constitution des personnes, est de ce fait non seulement un travail effectif vital d'un mouvement révolutionnaire, mais au delà un préalable souverain à toute possibilité d'ordre nouveau .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail sur le savoir explicite des codes symboliques qui tissent les liens humains, tant entre eux qu'avec le reste de l'être, et qui associent les images et les sens, les odeurs, les saveurs, les souvenirs – ce complexe énigmatique du tissage de l'être humain et de son monde – est la voie de libération intérieure des codes du contrat et de la propriété . Nous ne sommes pas, personne n'est propriétaire du monde . Il n'est rien de tel qu'un « je » propriétaire d'un « corps » une fois sorti des codes de la société capitaliste . La propriété est notre enfer dans le lien au monde . L'isolement est notre enfer dans le lien entre les hommes, faisant des autres l'enfer . Rien de cela n'est donné par le réel, mais tout cela est un héritage de nos pères, que nous ne sommes pas obligés de revendiquer .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous continuerons sur l'enfer de la propriété .&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-6207920453735187880?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/6207920453735187880/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=6207920453735187880' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/6207920453735187880'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/6207920453735187880'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/lenfer-de-la-propriete-i-le-poisson.html' title='L&apos;enfer de la propriété, I . Le poisson symbolique et le poisson réel comme pont de l&apos;origine .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/--iqx-WGDqCU/TqvTt24UTiI/AAAAAAAABSE/jxhsMCxfCDc/s72-c/168090_1539156644167_1392426307_31177300_2605266_n.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-1581931981593286999</id><published>2011-10-20T02:27:00.006-08:00</published><updated>2011-10-20T03:08:33.873-08:00</updated><title type='text'>Destin - implication des étoiles sur les lèvres .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-_DjJHzL83As/TqAALHZxiEI/AAAAAAAABRU/7gmaZCMmJrE/s1600/araki4.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 263px; DISPLAY: block; HEIGHT: 400px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5665528522197796930" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-_DjJHzL83As/TqAALHZxiEI/AAAAAAAABRU/7gmaZCMmJrE/s400/araki4.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-QtLzLiiabLc/Tp__B-TsftI/AAAAAAAABRI/EQ59A_pN6to/s1600/wet-pussy-lips.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Araki)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui sait que seul Dieu est&lt;br /&gt;Celui qui sait que l'Être est dieu&lt;br /&gt;Celui qui n'est que de la paille&lt;br /&gt;Celui qui est feu de parole et de vie&lt;br /&gt;Le quêteur du soufre rouge&lt;br /&gt;Celui qui est l'ami oblique de la mort&lt;br /&gt;Celui qui parle ainsi&lt;br /&gt;Celui qui avance masqué&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle prétention, non ?&lt;br /&gt;Quelle reconnaissance a-t-il ?&lt;br /&gt;Quelle puissance l'y autorise&lt;br /&gt;Veut-il être comme nos héros&lt;br /&gt;Veut-il parler sans l'autorité des princes&lt;br /&gt;Veut-il focaliser nos yeux sur son néant&lt;br /&gt;Et que sommes nous s'il parle ainsi ?&lt;br /&gt;Veut-il être notre roi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les mots de la chair et les mots de l'amour&lt;br /&gt;Posés avant les mots de nos lois&lt;br /&gt;Et le mépris&lt;br /&gt;Et cette hauteur&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'est pas un monde que&lt;br /&gt;Sur ta peau je ne puisse parcourir&lt;br /&gt;Une rose que la rose&lt;br /&gt;De ton sexe ne puisse&lt;br /&gt;Résumer&lt;br /&gt;Pas un soleil qui ne puisse&lt;br /&gt;se lever&lt;br /&gt;Au creux de ton ventre&lt;br /&gt;Un parfum que tes cheveux ne puissent&lt;br /&gt;Entrelacer de filets de sèves&lt;br /&gt;Le lait et le miel des fleuves coulent&lt;br /&gt;Entre tes seins&lt;br /&gt;L'or et les gemmes emplis du feu nocturne&lt;br /&gt;Au creux de ton être&lt;br /&gt;Dans la forge de l'extase au delà de la mort&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lunes sont plus que les jours&lt;br /&gt;Dans la rêverie de ta peau&lt;br /&gt;Plus grand est mon amour&lt;br /&gt;Plus le monde est ton corps&lt;br /&gt;Et le moindre souffle d'air&lt;br /&gt;Sur mes lèvres&lt;br /&gt;Est délice de ton souffle bu&lt;br /&gt;Sur tes lèvres rouges de&lt;br /&gt;Tes baisers&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui qui prononce ces mots&lt;br /&gt;La poésie est souveraine&lt;br /&gt;Vous serez vaincus par la poésie par la martre&lt;br /&gt;La poésie est souveraine insaisissable&lt;br /&gt;À aucun César&lt;br /&gt;La poésie est &lt;br /&gt;L'âme éternelle de la langue&lt;br /&gt;La forme de l'homme et des peuples&lt;br /&gt;Qui lui sont l'argile rouge et nue&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La poésie est amour souffle foutre&lt;br /&gt;Que la boue étouffe de s'en parer à faux&lt;br /&gt;Comme de plumes piétinées dans la gorge&lt;br /&gt;Que pleurent les serpents !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux vivre dans le jardin près de la fontaine&lt;br /&gt;Parce que le jardin n'est pas en moi&lt;br /&gt;Alors je dois partir pour revenir&lt;br /&gt;En lui l'homme porte son monde&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux moments où je souffre durement&lt;br /&gt;je sais qu'il est une clairière&lt;br /&gt;dans la haute montagne&lt;br /&gt;où bruisse une source&lt;br /&gt;Et la fleur énigmatique&lt;br /&gt;Cette fleur plus éloignée&lt;br /&gt;Que l'horizon quand&lt;br /&gt;Elle effleure mes lèvres&lt;br /&gt;Je lui offre ma peine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Celui là sait&lt;br /&gt;Nous ne pouvons offrir en vue&lt;br /&gt;Du kairos que&lt;br /&gt;Les choses qui dépendent de nous&lt;br /&gt;C'est pourquoi nous sommes des veilleurs&lt;br /&gt;Le désir de l'homme fait lever le soleil&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et la déchirure du cœur&lt;br /&gt;Et la déchirure de l'âme&lt;br /&gt;Je suis tel je ne choisis pas&lt;br /&gt;Je vous cherche vous ou la mort&lt;br /&gt;Je ne choisis pas&lt;br /&gt;Qu'y puis-je ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute la voie du désespoir&lt;br /&gt;Mais la voie des crêtes&lt;br /&gt;La voie sans air&lt;br /&gt;La morsure des glaces éternelles&lt;br /&gt;Je vous cherche vous ou la mort&lt;br /&gt;Je ne choisis pas&lt;br /&gt;Qu'y puis-je ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle prétention, non ?&lt;br /&gt;Quelle reconnaissance a-t-il?&lt;br /&gt;Quelle puissance l'y autorise?&lt;br /&gt;Et ces mots qui nous échappent&lt;br /&gt;Et ces mots insaisissables&lt;br /&gt;Et ces mots qu'il dit étrangers&lt;br /&gt;Étrangers à nous&lt;br /&gt;Étrangers à lui-même&lt;br /&gt;Les sèves, et le tournoiement des mouches peuvent&lt;br /&gt;Voler l'âme et laisser&lt;br /&gt;L'homme errant dans&lt;br /&gt;Les chemins de poussière&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis ainsi à Dieu ne plaise&lt;br /&gt;Je vous suis vous ou la mort&lt;br /&gt;Je ne choisis pas&lt;br /&gt;Je sentis une main sur mon épaule&lt;br /&gt;- toi, Al-Khédir?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dépose ma peine à vos pieds&lt;br /&gt;je ne la porte plus&lt;br /&gt;Je vous suis vous ou la mort&lt;br /&gt;Je ne choisis pas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est pas l'ascèse qui&lt;br /&gt;Emportera le monde&lt;br /&gt;Et les eaux de la Seine ne portent pas le&lt;br /&gt;Soleil couchant vers la source&lt;br /&gt;A l'occident je vis se coucher sur le fleuve la pourpre de ta bouche&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/9001972856425249049-1581931981593286999?l=agedefer.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://agedefer.blogspot.com/feeds/1581931981593286999/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=9001972856425249049&amp;postID=1581931981593286999' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1581931981593286999'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/9001972856425249049/posts/default/1581931981593286999'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://agedefer.blogspot.com/2011/10/destin-implication-des-etoiles-sur-les.html' title='Destin - implication des étoiles sur les lèvres .'/><author><name>lancelot</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12964822590878642132</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='30' src='http://2.bp.blogspot.com/_C6gRFMh-CEw/SRCRa2O0rFI/AAAAAAAAAVE/AMOQgE3nlSM/S220/Nouvelle+image.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-_DjJHzL83As/TqAALHZxiEI/AAAAAAAABRU/7gmaZCMmJrE/s72-c/araki4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-9001972856425249049.post-1129818095827222416</id><published>2011-10-15T05:56:00.003-08:00</published><updated>2011-10-15T06:05:47.591-08:00</updated><title type='text'>Le détour du réel . Des sciences des philosophes et de la sagesse des gnostiques .</title><content type='html'>&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-crs3lnj1gnQ/TpmQpSfLR8I/AAAAAAAABQk/XVKjOJP_Dnc/s1600/agueli-sjc3a4lvportrc3a4tt.jpg"&gt;&lt;img style="TEXT-ALIGN: center; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 153px; DISPLAY: block; HEIGHT: 233px; CURSOR: hand" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5663717045406746562" border="0" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/-crs3lnj1gnQ/TpmQpSfLR8I/AAAAAAAABQk/XVKjOJP_Dnc/s400/agueli-sjc3a4lvportrc3a4tt.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:78%;"&gt;(Ivan Aguéli)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Être - et les hommes le parlent à travers des concepts comme l'espace, le temps, le récit de la vie humaine qui s'y déroule collective-individuelle - produit sans trêve de l'excès ; il est sans doute possible de dire que l'ensemble de la vie humaine est une organisation, une retenue, une fortification face à l'excès sous toutes ses formes, qui le menace de destruction . L'homme, et plus encore son ego, est un vestige menacé de dislocation, face à des puissances déchirantes qui le surplombent, loin d'être le maître tout puissant du réel que l'idéologie nous vend . Il est puissance de déchirement organique, face aux obscurités, aux chemins de la maladie et de la mort, qui traversent son corps, de sa chair et de son sang ; il est puissance de déchirement de lui-même, par le désespoir, par le désir, par la folie qui le frappe en plein soleil – et enfin l'homme vit dans des mondes qui peuvent l'écraser, quand bien même il rêve de les maîtriser – l'ensemble confus de ses projets et de ses rêves peut s'achever sur du sang dans les selles, comme le dit Coetzee .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Excès est une notion construite, relative à la position de l'homme face à la possibilité universelle, qui est le nom le plus lucide de l'être . Si je pars de l'hypothèse d'une personne construite par les héritages et les enseignements d'une communauté humaine, dont l'identité et la mondéité, le moi et le non-moi sont partagés dans un sens exaltant la destination de l'homme, capable d'enseigner dans un temple &lt;em&gt;connais-toi, toi-même&lt;/em&gt;, la quête de la sagesse a un sens reconnu par la communauté des hommes . Il s'offre à la personne les perspectives d'une vie comme d'un complexe de voies, comme d'un ensemble de choix cruciaux déterminant l'ensemble de la vie d'un homme aujourd'hui et dans l'avenir, mais aussi dans ce monde et dans les autres mondes .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choix de la vie, que l'on le veuille ou non, ont une perspective d'éternité ; et l'athée qui prêche la vie éphémère dans la jouissance du monde -avant de se pencher vers l'Éternel retour comme caution spirituelle la plus haute du matérialisme de l'éphémère - se situe par relation à l'éternité autant que le moine contemplatif qui ne veut qu'elle . Il se pourrait que chacun représente une polarité quelque peu simpliste, d'ailleurs, que l'athée militant soit plus proche du moine que du gnostique : mais cela n'est pas le lieu d'y penser .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie apparaît comme un complexe de voies ; et il semble que des choix puisse être faits, doivent être faits . L'homme cherche son orient ; et la société humaine propose alors des voies plus ou moins coercitives parmi lesquelles il peut plus ou moins choisir .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme moderne, qui est orienté par les lourdes mécaniques d'orientation professionnelles de la gestion politique des ressources humaines des États développés, a tendance à rire sottement des voies des sociétés traditionnelles, qui par exemple posent le mariage non comme le libre choix des sentiments, mais comme l'imposition d'un état dans la société ; mais ce rire devrait simplement se rappeller que l'état de « salarié », qui est posé comme un libre choix contractualisé par relation à des goûts et à des aptitudes personnelles, n'est certes pas plus réellement choisi que l'état de "mariage" antique . Le temps, d'ailleurs, fait les choix à notre place, si nous ne les faisons pas ; et tous ces jeunes qui, dans le flottement qui suit l'enfance, refusent de s'intégrer à la société y trouvent fatalement une place, au pire en prison, ou dans une tombe . Les cas de maintien durable du refus sont authentiques, mais rares, très rares – et certes d'autant plus nobles . Bernanos disait qu'une vie humaine réussie est une vie qui est restée fidèle à la droiture et aux refus de l'enfant ; et ces paroles sont les plus sages que puisse offrir le révolté, avec le souvenir de la fuite de Rimbaud, ou de l'errance de Dante à travers l'Europe .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la vie dans ses départs apparaît comme un ensemble de choix, de décisions, de déterminations face à un excès de possibles incompatibles en vertu du principe de contradiction – selon l'analogie de l'espace, je peux aller dans une direction, mais je ne peux aller dans toutes les directions – et si je renonce à aller, je ne renonce pas à décider ; décider de ne pas décider est encore une décision . De plus, le besoin, et la pression des autres hommes, ne me permet pas de rester indéfiniment dans un lieu . Que l'on y songe, le simple sous-système de l'impôt foncier en argent est pour les puissances du Système une obligation de participer – une puissance de police déterminante qui a anéanti nombre de peuples qui souhaitaient se tenir à l'écart dans les siècles passés . En exigeant un impôt en argent, on exige la participation aux échanges en argent ; et si vous arguez de ne pas pouvoir payer, on s'autorise une enquête approfondie à votre égard, des conseils, et si nécessaire la répression et la saisie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ayant à se déterminer sur le monde, la philosophie est l'idée lentement dégagée d'une recherche de la vie humaine bonne, du souverain bien, plus tard du bonheur . Et comme il paraît rationnel en matière de choix de ne le faire que bien informé, comme un général s'informant des routes où faire passer son armée, il paraît rationnel à la démarche de la philosophie de s'enquérir du réel . Dans l'Antiquité comme de nos jours, l'homme peut tenir compte plus ou moins des dieux dans sa vie, et dans l'antiquité tardive, se convertir ou non à une religion posant des cadres et des exigences puissantes dans son existence .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tel chemin passe dans des marécages dangereux, je dois l'éviter ; s'il passe dans l'Éden, je dois évidemment le rechercher...Nous transformons le monde : chacun de ces mots renferme des abîmes sémantiques, et autant d'interrogations. Comme disait Nietzsche, la grammaire comporte des dangers : qui est "nous" ? "Nous" peut-il "agir" ? Qu'est-ce qu'"agir" ? Qu'appelle-t-on "transformer" ? Qu'est-ce que le "monde" ? Si le Dieu des chrétiens est, il est sage au philosophe de se faire chrétien ; mais la question préalable est celle de « l'existence de Dieu » . Alors le philosophe peut se poser la question « Dieu existe-t-il? » .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si X est, alors je dois faire Y...telle est la formule de départ de la problématique de la philosophie qui se tourne à la recherche du réel . C'est à dire que la recherche du réel est un détour par rapport à la question essentielle de la vie bonne – la philosophie peut ainsi devenir un savoir constitué de discussion de « problèmes ontothéologiques », puis aujourd'hui, dans certains aspects de la philosophie, un analyse des problèmes de compréhension humaine des théories scientifiques . &lt;strong&gt;Le détour, il faut le dire, est devenu l'essence . Et sans doute le détour est-il devenu le divertissement de l'essence&lt;/strong&gt; . La suspension du jugement dans l'attente d'avoir une information exhaustive est en effet nécessairement indéfinie . De ce fait, le philosophe ne choisit rien, et demeure dans l'accumulation indéfinie de savoirs .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mener rigoureusement une vie bonne est exigeant, pénible, et arbitraire au moins en apparence . Une organisation comme une université ne pourrait se légitimer ainsi . Une organisation comme une université a besoin de développer, pour se légitimer, des ordres de compétences techniques . Une compétence technique est une compétence hautement spécialisée, distinctive, difficile à acquérir, mais qui peut être acquise par un entrainement . Un entrainement continu, sur des années, suppose un haut degré de soumission aux maîtres, ou une intégration très poussée des exigences du sous-système universitaire . Le développement de compétences techniques en philosophie, comme dans toute autres « disciplines » de l'université pendant des siècles est un développement fonctionnel non à la philosophie comme système de voies, comme vie, mais comme matière d'enseignement universitaire - &lt;strong&gt;il est très probable que la philosophie ne peut pas, dans son principe originaire de recherche de la sagesse, être une discipline plus spécialisée que respirer, parler, avoir une âme .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le développement de compétences dites « techniques »n'entraîne pas de développement « technique » au sens moderne . Il est clair que le sens des termes doit être clairement distingué, qu'il y a là une homonymie . La technique, et les compétences de « l'enseignement technique » sont de l'ordre du faire dans un cadre de production – la technique est étroitement corrélée aux nécessités humaines d'affrontement du monde de la réalité, du monde matériel, pour ses besoins, en guerre, en architecture, en production de richesses .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les compétences techniques en philosophie sont de l'ordre de la maîtrise de problématiques auto-constituées dans l'architectonique de l'être logique, et dans la sémantique d'un discours – l'exemple typique en est « la querelle des universaux », ensemble de discussions sur des problématiques nées de positions par exemple sur l'être des généralités, comme l'être - chien des chiens, comparée à l'être de ce chien singulier . Ces problématiques ne sont ni gratuites ni arbitraires, et peuvent être très importantes . Mais étendues sur des siècles, elles ne peuvent immédiatement répondre à la question des choix cruciaux qui se présentent en un instant à un homme . Le caractère passionnant, à vrai dire le délice de ces études pour les meilleurs de ceux qui s'y adonnent ne doit pas faire oublier le caractère fonctionnel de la complexité technique des problèmes : un certain nombre de ces problèmes sont vides, mais demeurent discutés autant que ceux qui ne le sont pas . Sinon vides, du moins certains de ces problèmes tombent aux oubliettes d'un bloc quand tombe le système social qui les porte . Les difficultés de la médecine hippocratique ou de l'astronomie ptoléméenne ont été discutées autant que les difficultés qui ont permis la formation de la logique formelle moderne, puis la production technique de l'ordinateur . Les réussites ne doivent pas aveugler . Les difficultés des commentaires de Deleuze sur Lacan et de Lacan sur Deleuze sont, à une très haute probabilité, de l'ordre des difficultés formelles de la médecine hippocratique .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le caractère fonctionnel de la compétence technique de type scolastique (scolaire) est d'assurer la soumission et l'enfermement indéfinis de ceux qui s'y soumettent, de permettre la clôture solide du sous-système constitué . Ce développement produit une réduction radicale de la complexité, en réduisant à un petit nombre les problèmes légitimes, qui peuvent être indéfiniment creusés . Les maîtres ne peuvent ainsi être mis en difficulté par des ordres de problèmes qu'ils, justement, ne maîtrisent pas . Pour le maître, un problème qu'il ne maitrise pas – dont il ne maitrise pas l'approche – est un grand danger symbolique, est la remise en cause de sa domination, de lui-même - et de son ego très souvent . La définition des problèmes est donc de l'ordre de la domination du maître et de ses élèves .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'ordre des maîtres impose les problèmes légitimes, et condamne les problèmes illégitimes, c'est à dire construit un ordre favorable à sa domination incontestée . Cela se paye d'un autisme que la fermeture ne permet justement plus d'apercevoir . La rigidification sociale de la fonction de conservation et de transmission du savoir, la constitution d'une université rigide – de la &lt;em&gt;rigor mortis&lt;/em&gt; – défini progressivement, organiquement, une scolastique . Il existe aujourd'hui une scolastique américaine, avec ses problématiques bien spécifiques, importée en Europe . Il existe une scolastique française . Voir MB Kacem (http://intercession.over-blog.org/article-mb-kacem-introduction-a-etre-et-sexuation-81336685.html) qui présente ses travaux à l'école normale supérieure de la rue d'Ulm, ce petit homme en chemisette bien repassée, à la voix douce, qui pose d'emblée que le monde se résumé à Lacan commenté par Deleuze, et Deleuze disant de Lacan, et Lacan disant de Deleuze qu'aucun commentateur de sa pensée n'est encore utile, puisque Deleuze l'a commenté – voilà un homme qui a écrit un livre entier, sur une série de huit gros volumes, pour expliquer sa rupture d'avec Badiou – cette réduction radicale de la complexité des mondes à l'opposition de la schizophrénie à la paranoïa vues par Lacan et commentée par Deleuze parmi des petits hommes sages et bien propres convaincus de participer à un événement historique de la pensée de gauche – cela est soit une scène de comédie humaine, soit, également, l'abîme effrayant du monde moderne – une négation par l'ignorance de toute existence d'autrui, de tout passé – le résumé du monde au miroir du narcissisme le plus radical présenté comme profondeur .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le champ universitaire constitué par la maîtrise, une position philosophique est avant tout la poliorcétique d'une volonté de puissance . Comme Nietzsche l'avait noté de Kant, tout le vaste appareil conceptuel n'est là que pour défendre la morale et paraître inexpugnable : ainsi, de manière analogue, le concept de plurivers, cette notion typique née du champ philosophique, qui accumule les oxymores nées de la nécessité de concilier des maîtrises contradictoires . Le concept de plurivers projette sur l'univers la morale unitaire pseudo-pluraliste des genders studies et du deleuzisme, qui dit que la meilleure unité est la pluralité, et que la meilleure classification hiérarchiquement est celle qui ne classe ni ne hiérarchise d'ailleurs aucun objet à classer – et qui montre sans cesse que les appels à la tolérance de la pluralité ne peuvent tolérer d'autre pluralité que leur pluralité, selon une adoration idéologique de l'Un aussi sectaire que fondamentalement comique, et triste . L'orthodoxie idéologique moderne est « pluraliste » et définit monolithiquement une orthodoxie pluraliste et des hérésies non-pluralistes, sans même esquisser un sourire .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La recherche philosophique du réel, (ou de la définition de la vérité, par exemple), est un détour, et devient un divertissement, si la quête du gué devient la voie elle même vers l'autre rive, c'est à dire le moyen d'oublier l'autre rive . Les problèmes techniques, même nobles et sublimes, sont des détours . L'enfermement scolastique fonctionnel de la pensée, ne cesse de se reconduire et de se dissoudre. – Par exemple, l'Université du XVème siècle avait développé une science logique très puissante, mais aussi une répression idéologique que l'imprimerie, l'humanisme, la réforme ont contourné, voyez les raisons de la fondation du Collège de France, permettre un enseignement sans certificats universitaires . L'enfermement scolastique est reconduit, mais de manière plurielle : il est plusieurs scolastiques fonctionnelles plus ou moins autistiques, mais collaborant au partage de la domination et de l'étouffement fonctionnel des puissances indéfinies de la pensée .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous continuons ce contournement, qui se présente, à la Renaissance analogiquement au présent cycle, comme retour vers l'originaire : quel était le problème de départ ? Comment vivre ? Ce problème est-il résolu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité est que ce problème se pose dans des conditions extrêmement différentes que celles par exemple d'une société traditionnelle .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité est que les contraintes du &lt;em&gt;nouvel État industriel&lt;/em&gt; – il faut relire Galbraith, profondément syntone à Kaczinski – ne cessent de se renforcer sous les masques du libéralisme . L'augmentation de la complexité de « la gouvernance » comme les problèmes dits du « développement durable », c'est à dire les contradictions au bon fonctionnement du Système nées des limites à l'extensification et à l'intensification de l'arraisonnement des choses en vue de la maximisation de la production, ne vont pas diminuer ces contraintes, mais les aggraver . Le processus en cours est celui de la réduction fonctionnelle de la complexité auto-produite des sous-systèmes psychiques, c'est à dire de la réduction de l'âme humaine à n'être plus que fonction dans le Système de production, à en épouser les fins, à aimer ce destin de rouage et de mécanisme, destin de producteur rationnel et sérieux, et d'essence de l'homme comme être désirant dans l'horizon d'une ontologie unidimensionnelle, désirant des choses matérielles, d'être pour jouir de biens ; et à rejeter comme illusion mauvaise toute idée d'une autre vie, d'une vie indépendante de la maximisation de la production, ou du recyclage . Le lacanisme est un aspect d'une idéologie fonctionnelle quand il pose que tout désir sans objet réel est au fond sans objet, que la nostalgie humaine des autres mondes doit, selon le mot de Hegel (préface de la &lt;em&gt;phénoménologie de l'esprit&lt;/em&gt;), se faire violence pour rester dans le désir des choses . Ainsi la mutilation est présenté comme grandeur, et l'aveuglement comme supériorité .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;« Aujourd'hui, il semble que l'on ait affaire à une situation dramatiquement renversée, que le sens soit à ce point engoncé dans le terrestre qu'il faille déployer une violence identique pour l'élever au dessus du terrestre . L'esprit montre tant de pauvreté, qu'il semble, tel le voyageur dans le désert qui n'aspire qu'à une simple gorgée d'eau, n'aspirer tout simplement pour son réconfort qu'à l'indigent sentiment du divin . Et c'est à cela même dont l'esprit se contente que l'on peut apprécier l'importance de sa perte ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Ce n'est plus le sentiment du divin dont se contentent les contents lacaniens, c'est le Nom-du-Père comme illusion acceptée, car les non-dupes errent...une pareille misérable portion issue d'un galimatias vertigineux . Cela même dont l'esprit se contente . Mais la lutte contre les discriminations, et la plupart des positions qui se présentent sous les aspects de la morale sont aussi des positions de l'homme fonctionnelles au Système, c'est à dire réductrices, et mutilantes pour l'intensité de la vie .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tant que système de voies radicalement réduit dans la réalité offerte par le Système, la pensée libre
