Inglourious Basterd, ou la dépossession .


(La grande illusion : l'ennemi veille sur ma mort)

Je ne veux pas parler d'un film ni en critique ni en moraliste ; ni critiquer un réalisateur en général . J'ai grandi dans l'ambiance des Tarantino, et encore aujourd'hui un film comme Pulp Fiction est pour moi un délice . Fort logiquement, j'ai voulu voir Inglorious Basterd . Et ce film m'a paru une illustration de ce que peut être le cinéma comme miroir idéologique en acte . Les derniers vertiges, consternants, de la chute d'un cinéaste .

Il importe peu d'affirmer une telle position, en se plaçant sur le terrain stérile de la dénonciation morale . Il importe au contraire de l'argumenter . Dire qu'un film d'action (une espèce du genre récit) est un miroir idéologique en acte signifie que la structure narrative, personnages comme série des actes, est structurée par des oppositions binaires qui sont analogues à celles du discours idéologique . Cela n'est pas un jugement de valeur sur la puissance esthétique, ou sur le caractère distrayant du film . Et surtout cela peut être démontré, de manière exactement objective . Par contre, je pose que la structuration du récit sur les axes binaires de l'idéologie lui ôte toute valeur de profondeur . La profondeur, c'est la capacité du récit à montrer que les oppositions ne divisent pas des étants distincts séparés par une frontière, mais divisent d'abord l'âme même de l'homme . La profondeur, c'est la capacité d'une œuvre à nous révéler notre méchanceté, notre cruauté amorale, à me faire comprendre ce que je rejette, et aussi à faire cesser cette dépossession et ce clivage qui affligent l'homme moral : Seul l'homme mauvais a besoin de la grâce . L'homme moral se suffit à lui même, comme Pélage . Il est le prototype de l'individu moderne . L'homme bon n'est pas l'homme noble . Inglorious Basterd le réalise, mais au second degré, et je le prend comme signifiant cela involontairement .

Contrairement à d'autres Tarantino, ce film offre un récit très linéaire, à peine emboîté ; deux séries se croisent, présentées chronologiquement . Ce simplisme de la narration rejoint le simplisme idéologique de la structuration .

A ma droite sont les méchants nazis . Rusés, perfides, manipulateurs, obsessionnels, avides de tuer . Le premier compare les juifs à des rats, déclare que sa supériorité de chasseur vient de ce qu'il peut penser comme un juif . Sadique, il provoque un massacre aveugle, à travers un parquet, par mitraillage . Une jeune fille s'enfuit à travers champ, l'image n'est pas un lieu commun . Après vient Hitler, mégalomane hystérique, hypocrite et pleutre, puisqu'il interdit la diffusion de certaines histoires ou mots qui dépeigne des réalités ; un peintre travaille en arrière plan à une majestueuse peinture, selon le cliché des portraits de tyran . Des nazis assistent à ses colères avec la soumission bête attendue des valets de tyrans . Le héros nazi, sniper, est creux, vaniteux, incapable de voir ce qui est évident pour le spectateur, c'est à dire que Shoshanna ne peut l'apprécier, n'est-il pas bête . Puis vient Goebbels, là encore ridicule de vacuité enflée, être fat et lubrique, qui pleure comiquement quand Hitler lui dit que son film minable est remarquable . Hitler ricane en parfait crétin à chaque fois que le sniper abat un ennemi dans le film . En bref, les nazis, les méchants, sont des pantins qui me sont-à moi spectateur moyen moral-totalement étrangers . Il importe que je ne puisse en aucun cas me reconnaitre en eux . Grâce à cette coupure complète, leur mort ne peut être que ridicule, ou festive .

Or cette construction de l'ennemi comme infra-humain, poupée de théâtre de guignol, est très exactement le mécanisme de distance émotionnelle qui a permis les pires atrocités de l'âge moderne . Dans le pianiste, de Polanski, des gardes allemands du ghetto font danser ridiculement de vieux juifs - et c'est ce ridicule terrifiant et bestial qu'évoque l'épisode .

Cette construction de l'ennemi selon les mécanismes simplistes de l'idéologie - les bons sont les basterds, la jeune fille juive et l'homme noir - est poussée à l'extrême . Et à l'extrême cette construction de l'ennemi me rabaisse exactement à son niveau . Les bons sont les miroirs des méchants, avec cette tache aveugle qui les empêche de se reconnaître en eux . Le chasseur de nazis répond au chasseur de juifs . Le film est à l'image du film de propagande nazi, le spectacle de la victoire des bons sur les méchants . Le mitraillage aveugle des juifs sous les nazis dans la première scène trouve son pendant dans le mitraillage aveugle des spectateurs du film nazi, ce que le scénario justifie en faisant préciser par un nazi qu'aucun spectateur ne sera là par hasard . Le visage de la jeune fille juive prend la place du visage du héros nazi sur l'écran . La mégalomanie de ce visage dansant sur les flammes de l'incendie en proférant des malédictions est évidente . Il profère le jugement dernier, les flammes de l'enfer . La vengeance juive répond à la "vengeance" allemande . L'attentat suicide à l'explosif parmi des civils, le grand ennemi des armées U.S, devient une arme de justice . Après le 11 septembre, Carlos n'a-t-il pas déclaré que les employés du World Trade Center combattent en costume cravate, mais sont des combattants de l'impérialisme américain qui s'exposent à la mort ? Eh bien ceux qui viennent en smoking voir le film de Goebbels aussi . Pareil . Le Système qui maximise le déploiement de la puissance se moque bien de savoir pour quelle cause on la déploie, pourquoi on brise, on détruit, on tue . L'essentiel réside dans l'acte de déploiement, qui est la fin objective du processus, et non dans l'affichage moral de buts évidemment élevés, la liberté des peuples ou la prospérité des pauvres, qu'importe la fiction .

Cette structuration n'a rien de bénin, ni de méprisable dans ses effets . L'ennemi infra-humain ne peut rien avoir de respectable, et ne mérite ni respect de règles humaines de justice, ni considération même pour ses vertus . La scène où un soldat allemand fait preuve de courage en refusant de parler, de montrer sur une carte des positions allemandes, face à la batte de l'ours juif- un surnom de catcheur-est à cet égard caractéristique . De sa batte l'homme soulève sa croix de fer et lui demande : "tué des juifs ?" . L'allemand répond "actes de bravoure" . Il n'en est pas moins moqué et massacré . Un autre est abattu, le dernier parle . La scène est le triomphe d'Al Capone, méthodique tueur à la batte, du catcheur sur le chevalier . L'annihilation de l'honneur est en route . Nous sommes loin, si loin des hésitations à tirer, à tuer, de la Grande Illusion de Renoir, ce film sublime . Von Rauffenstein tire par devoir sur l'officier français en cours d'évasion, et pleure, et coupe symboliquement sa fleur . Il se tue lui même en tuant dans des conditions indignes un homme noble . Le temps des hommes nobles est terminé . Le héros de Tarantino regarde en riant éclater le crâne de son adversaire . L'héroïne de Tarantino abat le jeune père de famille froidement . Il est vrai qu'il est allemand, donc nazi . Tout cela est barbarie et abaissement, rien de moins .

Après la bataille des Cornes de Hattin qui vit la fin effective du Royaume de Jérusalem, (1187), le grand Saladin donna de sa main à boire aux chevaliers francs vaincus, signe qu'il ne les tuerait pas . Le Décaméron de Boccace contient un conte à la gloire de ce Sultan, de son esprit de chevalerie . Un chevalier franc donna à boire à Renaud de Châtillon, tueur sanguinaire . Saladin dit "toi, je ne t'ai pas donné à boire", et lui demanda : "qu'aurais-tu fait si tu m'avais fait prisonnier ?"Renaud fit du doigt le geste de l'égorgement en souriant . Alors Saladin prit son sabre et lui trancha la tête . Ainsi s'illustre le respect de l'ennemi et de règles de guerre, et aussi l'évolution vers le massacre sans limite que porte l'abaissement de l'ennemi . Le corrélat de la déshumanisation de l'ennemi est la guerre totale, la maximisation indéfinie du déploiement de la violence .

Là, dans cette déshumanisation par la morale comme par le comique ou le ridicule parfaitement analogues, n'est rien d'autre que la justification idéologique de base de la torture des guerres coloniales ou de Guantanamo . L'ennemi est une racaille et mes hommes risquent la mort . La torture est moralement justifiable si l'ennemi est suffisamment rabaissé et si la victoire l'exige . Le problème moral de la pratique de la torture est évacué par la déshumanisation de l'ennemi, et par le rire . La vraie torture est la torture d'un homme, d'un fils, d'un père parmi les hurlements, dans le sang, la merde et la pisse . L'abaissement de l'ennemi est mon abaissement propre . La symétrie vers l'abîme est une tentation de la guerre . Son résultat fut la défaite . Ce point sera illustré en conclusion .

L'idéologie est simpliste dans on principe, et veut purifier l'histoire de ses ambiguïtés et de ses complexités . La fin de l'histoire est la fin des méchants . La fin des méchants est la fin du mal . Une telle perspective de simplification se retrouve dans le désir d'unifier l'apparence et la réalité, l'essence et la manifestation, dans un dialogue révélateur où le chef des basterd explique à un allemand soldat nazi qu'il ne doit pas quitter son uniforme qui le dénonce, et dans sa pratique de marquer au front, au couteau, d'une croix gammée les prisonniers qui survivent, afin que le nazisme soit inscrit sur leur corps . Le marquage au front, au fer rouge, était réservé dans l'ancien régime aux prostituées . Son but était le même, stigmatiser le corps, pour que le péché de l'âme soit manifeste, pour que les méchants soient visibles . Or c'est une problématique analogue au marquage des vêtements, puis au tatouage justement des juifs par les nazis . Le nazisme dans l'idéologie, comme le judaïsme est ontologique, essentiel . On est nazi comme on est juif pour les nazis, définitivement . Ou on ne l'est pas . On ne l'est pas définitivement, par naissance, originellement : c'est la prédestination retrouvée . Ainsi est déniée la fascination moderne pour le nazisme qui s'exprime dans tant de films ( ainsi le fameux Lili Marleen de Fassbinder), le fait que le nazisme ne soit pas seulement un extérieur, mais un intérieur du monde moderne . De son côté, le projectionniste noir est simple, bon, dévoué - un cliché, là encore .

Ce simplisme binaire, cette réduction de l'apparence à l'essence qui crée sans cesse de nouvelles symétries aveuglantes, comme le braquage symétrique d'une arme vers les testicules . Les bons, réduits à se costumer en nazis, ne peuvent réellement correspondre au rôle, ce qui relèverait d'une identification insupportable ; ainsi les bons ne parlent-ils pas allemand mais italien, dans une scène finale ; auparavant se trahissent, et se laissent soupçonner par un simple soldat en état d'ivresse : les bons ne peuvent être que déguisés en méchants de manière grossière . Cette perspective binaire résulte d'une immaturité là encore flagrante, et typique de la structuration idéologique du monde, qui refuse le péché .

Le personnage paternel de Churchill, isolé et quasi silencieux dans une pièce immense, qui convie au chef des basterds-un adolescent-la vague mission de sauver le monde . Voilà la figure lointaine et muette de la loi . Les supérieurs réfutent le simplisme viril des basterds, négocient la fin de la guerre avec un nazi ignoble et rusé- mais leur chef basterd tue un subordonné boche sans valeur, et marque au front le nazi vendu . Cette dernière scène montre les mécanismes de protection de l'oligarchie : le secrétaire est éliminé, non l'officier ...Le chef des basterds dit "on m'engueulera, mais je suis habitué"-remarque typiquement adolescente, de parents bienveillants qui protègent de la complexité du monde et de ses négociations obscures . Par contre tous les cadres, y compris l'orthographe, sont trop pour l'immature moderne . Au fond l'idéologie simpliste justifie le déploiement libre de la violence pulsionnelle et l'abandon de toute culpabilité .

Paradoxalement, une autre position immature mais opposée, l'infantilisme moral, est illustré par la jeune fille idéaliste et vaguement artiste, donc française . Pour l'être infantile, le choix se pose entre être moral et mourir dans les flammes, soit être un salaud et survivre indignement . C'est le fondement psychologique de l'attentat suicide . Les nazis sont alors des figures clivées, haïes, des parents .

Le nihilisme est corrélé aux deux positions de l'immaturité morale . Soit aucune autre règle que la certitude d'être Bon, soit la négation totale du monde .

Dernier procédé de simplification typique du Système, la tautisme, notion justement posée par Lucien Sfez sur la communication moderne : pour ne pas rencontrer de contradiction, rien de tel que ne faire référence qu'a soi . La fermeture du descriptible devient là encore évidente . Ainsi, en faisant référence au cinéma et à son histoire, le cinéma en reste avec lui même, comme le buzz est en passe de devenir l'évènement le plus important pour les médias modernes . La structure de symétries finies de l'idéologie prend ainsi une apparence de profondeur, une apparence d'illimitation, comme le regard se perdant dans l'écho indéfini de sa propre image entre deux miroirs face à face . Apparence illusoire de profondeur fondée sur la répétition mécanique d'une duplication .

Et que l'on me dise pas que le simplisme et l'immaturité sont indispensable au cinéma, à l'art . Dans le pianiste, un officier allemand nourrit le pianiste sur la fin, avec l'ambiguïté de l'intérêt ou de la pitié, ou de l'admiration . Vêtu d'un manteau allemand, le pianiste risque de mourir sous les balles russes . Un déporté juif polonais en pantalon rayé insulte des prisonnier allemands, puis déclare plus tard : "je l'ai fait, je n'en suis pas fier" . Dans Black Book, de Paul Verhoven, la jeune juive chargée d'approcher des officiers SS tombe amoureuse de l'un d'eux, qui l'identifie et partage cette attirance déchirante (le cas s'est présenté en 1940 à Varsovie selon Hillberg) . Enfin, dans l'admirable the thin Red Line, de Malick, la question de l'étrange déchirement du monde par la guerre, les motivations basses et mêlées des hommes, celles sublimes, d'autres, est lentement déroulée avec un rare bonheur- "tout ce que j'aurais pu faire par amour...mais c'est trop tard" . Le refus du simplisme moral ne rend pas l'efficacité artistique moindre- sauf si l'on se place sur le terrain de la propagande .

Simplisme et clinquant : Inglorious Basterd reproduit analogiquement le procès même de développement de l'idéologie racine . Après le "féminisme" grotesque de boulevard de la mort (Death Proof), le film retrouve cette alliance branchée du juge Lynch et du politiquement correct, une forme politique archaïque et futuriste . Tarantino fait aimer le lynchage aux biens pensants - c'est bien le moins que l'on puisse faire . C'est le fond des biens pensants, la tendance à annihiler les autres .

Notre guerre rejette cette mécanique . Tel est le sens de la prière pour les ennemis : le rigoureux refus, dans la guerre-non la paix, mais le glaive-de la symétrie quand elle rabaisse, quand elle me conduit à ne pas être meilleur que mon ennemi . La noblesse, l'humanité, l'intelligence qu'un penseur reconnait à ses ennemis sont les signes puissants d'un grand penseur . A quoi bon écrire des pages de condamnations d'imbéciles et d'ineptes ? Telle fut l'étrange relation de Taubes et de Schmitt . On ne peut pas comprendre la puissance royale de personnages comme Mandela ou comme Gandhi, je parle ici d'exemples de vies politiques sans se référer à ce principe qu'est l'amour des ennemis . La haine n'est que le masque du désir d'être à la place de l'ennemi, de devenir comme lui . Tel fut le venimeux destin de l'URSS face au IIIème Reich puis face aux États Unis . Se tenir dans la vérité est un défi bien plus grave à l'idéologie racine qu'aucune haine, qu'aucune insulte . La voie de l'ennemi s'achète à prix d'âme . Samuel Maoz, réalisateur de Lebanon déclare :

"Le 6 juin 1982, à 6h15 précisément, j'ai tué un homme pour la première fois de ma vie . (...)Quand je suis rentré, ma mère m'a serré dans ses bras en pleurant et en remerciant Dieu . Elle n'avait pas réalisé que je n'étais pas rentré sain et sauf . Elle ne se doutait pas qu'elle embrassait une coquille vide" .

La grandeur d'Israël n'est que d'avoir permis l'existence de films comme Valse avec Bachir, ou Lebanon, non dans ses colonies ineptes .

N'insultons personne . L'insulte est impie . Et combattons le désir de prendre la place de l'ennemi . Écrasons l'infâme, ne le remplaçons pas . Cela n'a rien à voir avec la faiblesse ou la pitié . La guerre est d'abord intérieure . Je suis mon premier ennemi .

Cette gnose de la terreur et de la haine intérieure n'est pas différente que celle du Hagakure :

« Chaque matin, votre esprit doit recommencer à affronter l'idée que vous êtes déjà mort . Chaque jour, au cours de la matinée, alors que votre esprit est en paix, n'oubliez jamais de penser que vous êtes déjà mort . Réfléchissez à toute sortes de morts, imaginez les moments où la mort peut soudain vous surprendre, comme lorsque vous êtes mis en pièce par des flèches, des balles ou des sabres, emporté par une grande vague, contraint de vous jeter dans les flammes d'un feu ardent, frappé par la foudre, emporté par un tremblement de terre gigantesque, jeté dans un précipice vertigineux, décimé par une maladie fatale . J'ai entendu un ancien dire : « passé le pas de la porte, l'homme se trouve parmi les morts ; passé la barrière de son domaine, l'homme doit affronter ses ennemis . Il ne s'agit nullement ici d'une mise en garde, mais bien de la nécessité de se forger une attitude mentale qui permet d'affronter l'idée que nous sommes déjà morts . » Hagakure,onzième volume .

Et c'est cet ennemi intime que je dois aimer, quand l'homme moral connait la peur de soi-même . L'homme bon n'est pas l'homme noble, qui aime son ombre, et ne la craint pas . L'homme moral a peur de son ombre et place cette peur dans des caricatures . L'homme noble est un avec son ombre .

"C'est pourquoi je vous le dis : aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent . Car si tu aimes tes amis et haïs tes ennemis, en quoi sera tu différent d'eux ?"
Viva la muerte !

Ménade comme danse macabre.



(http://femmefemmefemme.wordpress.com/2010/02/03/paul-laurenzi-4/)


Écoutant la musique entêtante et rythmée, et voyant la danse extatique de la ménade aux bras lancés comme une hélice,
Son chant s'élève comme une colonne de fumée sur une ville prise, sur l'accumulation des désirs et des peines,
Son chant est comme la rose, et toujours un nouveau souffle sort de sa bouche chargée de vapeurs, toujours une nouvelle modulation recouvre le cœur, à la manière de la corolle des pétales qui s'entassent, comme des tapis, les tapis sur lesquels je tourne et m'enfonce à l'infini des horizons rouges, des horizons du crépuscule .

Je tourne et je m'enfonce, comme le corps d'un noyé tournoie dans les abîmes, jetant un grand reflet blanc pareil au ventre du requin, dans des océans qu'aucun navire jadis n'ouvrit de sa proue de Sirène . C'est sur cet océan que je veux vivre et aimer . C'est en cet océan comme une sphère que je veux vivre et mourir . La mort est la rose de l'extase, et le crêpe noir sur lequel elle repose .

La rose est le miroir de son chant, du souffle qui s'exhale entre ses dents de vivante, dents de nacre pareilles au collier de perle sur la gorge blanche de la jeune femme vêtue de noir,
L'Ange à la fenêtre d'Orient .

Ses mouvements saccadés, squelette et muscles, se jouent de sa peau comme une fumée dansant sur un brasier, comme le serpent face à la fascination de la Science du bonheur et du malheur .
Ses seins lourds tournent et tournent sur son buste comme des chars, comme s'ils creusaient en spirale à travers la peau du monde, tandis que son souffle s'élève et s'élève et tire les larmes comme du lait de mon âme .

Les tambours tonnent sur mon âme folle de désirs comme un orage sur le champ de bataille, délices des corbeaux . Je désire, et je suis mon désir ; je désire, et je me perd dans le désir comme dans une forêt obscure . Je désire, et ça désire, et je m'appelle entre les arbres pour me retrouver . Ça désire, et je me perd et me détourne de moi pour désirer au plus haut ; je détourne ma face de moi-même, je me prend en haine pour m'envoler dans le courant âpre du Serpent . Je plonge dans tes cheveux de corbeaux pour devenir corbeau, toi, flèche, filet de sang sur la neige . Je déchire parce que j'aime . Je me déchire pour te dévorer . Tu courbe la tête comme une maîtresse vers les sépulcres et les fleurs . Tu es ma neige, ma montagne, mon océan, ma lune .

Ô folie ! La sueur mouille son visage parfait lové au cœur de ses bras, coule et éclate sur ses lèvres ouvertes comme une grenade . L'eau de son corps dessine sur ses aisselles une vaste et âpre auréole, le rythme des tambours s'alourdit et chaque partie de son regard exprime les étoiles .

L'axe de sa rotation folle est l'axe d'élévation de son chant, l'axe du monde repose sur son sein blanc, une vague de délices emporte des larmes mêlées d'encens . Ainsi dans la mer le typhon apparaît-il comme une noire falaise d'humeurs, involuées de flammes, qui dévorent les rayons du Soleil, et plongent les hommes terrifiés dans l'obscurité hurlante . Elle réfracte mes regards dans une spirale délirante, elle porte et danse ma grande ténèbre, elle me défie du regard de cesser son mouvement comme le Serpent défie sa proie .

Alors du fond des ténèbres me vient le désir de la saisir, de répondre à son défi dans un duel ensoleillé, caniculaire, propice à l'hallucination éblouie et à la mort . Je la hais et je l'aime, je suis de cristal érigé et je m'agenouille comme s'écoule une larme . Je suis vaincu comme la proie de la Sirène, la reine blanche comme lys, blanche comme la Baleine figurant le corbillard ; et je suis vaincu par le désir d'être vainqueur, par le désir de laisser là le vain désir de la mort du désir, par le désir de la clouer sur une planche comme un papillon et de jouir de sa défaite pantelante . Mais il est vain de saisir le chant et la danse, il n'est aucune voix pour chanter le chant, aucun art pour emprisonner la danse . Aucun art pour invoquer ce que j'invoque avec puissance .

Sans cesse la main lance le filet sur le lac noir et sans cesse elle ne saisit que son impuissance à faire sienne l'âme enfouie dans les ténèbres . Ce qui me traverse de désir est que tu t'éloigne à l'horizon de tes yeux ; ce qui t'attire est que je sois si loin . Que tu sois mienne et tu m'étouffes ; que je veuille être tien te fais fuir sous la pierre comme la murène .

Le temps brisera sa puissance de femme, comparable au poids des plus grandes vagues sur le vaisseau fantôme qu'est l'âme éperdue du mage, et c'est ainsi qu'au plus fort de son exaltation sa tristesse occulte lui fait désirer la mort . Elle désire la mort pour la vaincre comme elle a vaincu mon désir . Elle désire la mort pour la défier, car le défi est plus que la défaite . Heureux celui qui meurt la face dans la poussière sous le feu du Dragon ! Heureux les pas du Dragon qui m'apporteront la mort ! Que nous mélangions nos sang avec celui du Dragon sur le champ du combat d'amour !

Je ne peux la faire mienne pour ce qu'elle manifeste dans sa perfection extatique, sinon dans l'étincelle de la hiérogamie où s'unissent et s'entrelacent l'instant et de l'éternité, entrelacement né d'un combat ténébreux, car ce qu'il en reste après le feu n'est qu'une femme comme les autres, de la cendre . Et je ne suis rien, moi que je porte avec suffisance comme un manteau . Rien qui puisse faire vivre . Vivre est si mortel pour l'âme . Aussi dans les flammes de notre entrelacement, comme le lierre et la rose mêlés sur la tombe retirée, la mort danse-t-elle secrètement avec nous .

Les danses les plus belles sont les danses macabres en ce souvenir de fleur . Chante, chante, ô Sirène, qui aspire à la mort et aspire mon âme . La peur mordante des mortels s'éteint comme un feu follet sous l'effet de ton souffle puissant, et l'eau noire du fleuve des morts est vivante et douce à ma bouche, comme l'eau de la source qui éclate au soleil invaincu, à l'écart du chemin de montagne où s'égare le loup . Tu peux tout donner d'un geste infime et d'un mot, comme le plus puissant souverain ; et tu ne peux user de cette puissance sans la jeter dans la poussière .

Ta peau salée est comme une nouvelle mer ouverte à des mutins égarés au grand midi, et par l'odeur de tes cheveux dénoués le Grand Pan sort du Royaume des ombres .

Je te pénètre lentement d'un couteau sacrificiel qui se couvre de sang tiède, au son des hymnes mithraïques,
Car ô douleur, c'est mon sang qui s'écoule en filets sur ton corps vaincu par la puissance déchaînée, mon sang qui coule dans tes veines comme le fleuve sur le continent vierge des pas profanes .

Notre sang, notre sueur, notre rage ont fait le feu
Sur lequel brûle la douleur de la mélancolie,
Au nom de la sainte et indivisible Trinité
Secrètement la mort dansait avec nous .




Une loi scélérate de plus, ou la légalisation de l'abjection .



(Simone Weil)

Ce texte manifeste le fondement de la notion de discrimination positive .
Les modernes se plaisent au spectacle de leur bonté ; ils veulent que leur narcissisme puéril soit MORAL . Ils se plaisent à l'image des enfants victimes, qui est en miroir l'image de leur bonté parentale pour des enfants de loin, sans odeurs, sans cris, sans caprices . Leurs propres enfants, ils ne les éduquent pas et les laissent à l'abandon dans des tas de bouffe et d'écrans, en font des êtres parfois à peine humains, obèses et stupides à un point que la terreur naît dans l'esprit qui les observe-mais cette réalité là, ils en détournent les yeux volontiers, quand les écrans s'allument d'enfants d'ailleurs .

Le narcissisme puéril des modernes s'appuie toujours sur l'invocation de la MORALE . Et de même que le lâchage de toute transmission aux enfants, si ce n'est la charge des retraites et des dettes accumulées - la solution juste de la baisse générale des retraites (surtout les plus élevées) pour résoudre le problème de la baisse des cotisations ayant été écartée-se couvre de la moraline la plus dégoulinante et d'images pitoyables de pauvres vieillards abandonnés par leurs enfants au bord des routes, la définition légale du sexe comme définissant une différence essentielle, acquise depuis la parité politique, se couvre d'un vacarme l'annonçant comme une grande avancée de la MORALE la plus élevée de l'histoire . Quant à la justice, elle permet l'illégal, et cela ne dérange personne, plus personne ne sait ce que c'est .

Je suis légalement, maintenant, un HOMME . Tu es légalement, là, une FEMME . Précisons un vocabulaire ontologique de base .

Un étant se définit par une essence et par des accidents, déterminés, locaux, temporaires . Si je pose qu'un HOMME est un étant pourvu d'un corps et d'une âme, alors le sexe est un accident : il donne une teinture à l'étant, sans altérer son essence . Un MÂLE et une FEMELLE humains partagent l'HUMANITE commune . Un HOMME à la peau noire, un juif, un homme assis, tout cela sont des accidents de son HUMANITE . Il est mon frère dans la perspective de l'humanité .

Bien sûr, certains accidents sont éphémères, comme être assis, et d'autres liés à un individu donné, comme le sexe, ou le fait d'être né chrétien ou juif, mais cela n'en reste pas moins des accidents . Certains sont plus déterminants que d'autres, par exemple il est clair qu'un membre féminin de l'oligarchie est plus déterminé par l'appartenance à l'oligarchie que par son sexe, de la même manière que lors de la Révolution russes, des femmes miliciennes fusillèrent des femmes de l'aristocratie, ou encore que des femmes gardèrent des femmes dans les camps nazis et participèrent à l'extermination . Que des accidents surdéterminent, et fassent obstacle à l'expression de l'essence, c'est la notion même de péché dans la pensée traditionnelle, notion très éloignée de la MORALE .

L'essence commune est ce qui permet la communication des personnes les plus éloignées dans l'espace et dans le temps . La culture verticale est l'unité transcendante de l'humanité, non unidimensionnelle, comme à l'inverse l'est la division des hommes dans les domaines de la guerre commerciale et politique de tous contre tous . La terre divise comme le mort se divise en os dans la tombe . Tous sont un fils d'Adam, né des racines de l'arbre dans le ciel .

La perspective selon laquelle l'humanité est l'essence commune à tous les êtres humains est le fondement juridique de toute déclaration des droits ou des devoirs de l'être humain . Elle signifie que le plus vil esclave ne peut être considéré comme une chose, car il porte en lui une empreinte de ma propre essence .

Toute autre ontologie porte la division dans ce qui ne doit pas être divisé, et est mauvaise dans toute les voies . Si l'accident devient une détermination de l'essence, l'humanité s'abolit . Si la race devient essentielle, tu est JUIF . Je suis ARYEN . Nous sommes ennemis, non frères, ennemis comme l'antilope et le lion . Si le sexe devient essentiel, alors l'homme et la femme sont des ennemis, comme Ève et le Serpent . Or toute discrimination "positive" qui pose une différence infranchissable dans la loi pose une différence essentielle . La différence essentielle est un crime contre l'humanité . Je pèse mes mots .

La discrimination n'est jamais "positive" OU "négative" . Elle est . Si je refuse un être humain parce qu'il est noir, ou pauvre, j'accepte les blancs et riches . Si je prend pour un poste une "femme" parce que c'est une femme, je refuse un "homme" parce que c'est un homme . Ce n'est pas parce qu'aucun homme n'est candidat qu'il n'y a pas de discrimination . Aucun pauvre inconnu un peu sensé ne cherche à monter les marches du festival de Cannes . Cela ne peut servir à conclure qu'aucune discrimination n'y est exercée contre les pauvres inconnus .

La discrimination positive est un oxymore, une impossibilité logique ; la MORALE voudrait rendre possible le nécessaire MORAL . Mais une morale qui rend nécessaire l'impossible n'est pas supérieure, elle n'est que tout à fait stupide, pour la plupart, et venimeuse pour ceux qui le manipulent sciemment . La contradiction que le réel apporte à la morale permet de renforcer indéfiniment la COERCITION violente censée FORCER le REEL à devenir MORAL . L'échec inévitable permet de culpabiliser les hommes, afin de renforcer encore la coercition . Ainsi TYRANNIE et MORALE avancent-elle ensemble, l'une dans la poche de l'autre dans le spectacle, et inversement dans le réel .

Les conséquences de la pensée moderne du "féminisme" sur le concept de la personne sont aussi particulièrement répugnantes .

Définir l'homme et la femme par leur sexe physique comme des espèces opposées est une opération anthropologique d'une sottise que le parcours des siècles devait permettre à l'humanité présente, qui se glorifie de ses lumières .

L'homme et la femme sont des polarités opposées qui se définissent par relation ; c'est l'homme qui fait la femme, et la femme qui fait l'homme . L'homme est puissance de lien à une femme, et la femme puissance de lien à un homme . La puissance n'a nul besoin de l'attestation de l'acte .

Dans la principe masculin se trouve l'image et la ressemblance de la femme, pour pouvoir la reconnaître et avoir la puissance de la rencontre ; et dans le principe féminin se trouve l'image et la ressemblance de l'homme . Par ailleurs, surgeons nés d'une souche commune, toute femme est un homme en puissance et tout homme un femme en puissance .

Une personne a en elle une part polarisée par le féminin et une part polarisée par le masculin ; et cette polarité peut être très variable . Une personne physiquement féminine peut être essentiellement masculine ; une personne physiquement masculine peut être essentiellement féminine . Quand ce phénomène participe à la construction de l'image de soi, la contradiction entre le sexe physique et le sexe vécu est possible . C'est une chose connue de tous .

Si, de manière loufoque et impossible même en principe, car les pôles forment une unité, je voulais quantifier, je dirais que dans un groupe, l'équilibre des principes doit se réaliser selon la part réciproque des principes en chacun . Si dans une direction tricéphale l'un est 40%féminin et 60%masculin, et l'autre 70% féminin et 30% masculin, combien doit être le dernier pour que le principe stupide des 40/60 soit assuré ? Et pourquoi pas d'ailleurs 39 et 61 ? Ou 41 et 59 ? Weininger a déjà posé ce genre d'équation que je laisse à Coluche .

En tant que pôles, féminité et masculinité sont des fonctions complémentaires . Ces fonctions sont habituellement exercées par des personnes dont le sexe physique est correspondant à la fonction ; mais dans les sociétés traditionnelles, il n'y a là aucune obligation légale généralisée . A la loi salique des rois de France qui réserve le trône aux enfants mâles, répond le règne des reines d'Angleterre . Si la plupart des généraux sont des hommes nobles, la geste de Jeanne d'Arc montre que la destination divine peut dépasser la réalité sociale et physique . Enfin, chez les Indiens des plaines, un jeune homme pouvait s'habiller en femme et vivre avec les femmes sans déshonneur . Des femmes furent capitaine de vaisseaux pirates . Toute loi n'est humaine que par ses exceptions . La grandeur de la justice est de savoir ne pas appliquer le droit mécaniquement . La grandeur de l'ermite est d'accueillir Tristan et Iseult, proscrits par le Roi, au nom de la Justice qui dépasse toute Loi .

La Justice est l'équilibre des fonctions . Dans une personne, les fonctions créent un équilibre particulier sur l'horizon de l'humanité commune . Un homme d'orientation homosexuelle n'a pas une essence différente des autres qui justifierait une communauté différente, par exemple . Refuser toute haine de l'homme ou de la femme d'orientation homosexuelle n'est pas leur reconnaître leur orientation comme une essence . Il ne peut pas exister sans blessure, sans dissolution de la Cité, de communautés basées sur des accidents . Des fraternités, des liens, des associations, mais pas des communautés séparées par la force de la loi .

Le seul ouvrage féministe valable que je connaisse, chaotique mais puissant, le King Kong théorie de Virginie Despentes, déclare justement que le seul féminisme défendable est celui qui permet aux hommes d'assumer leur part féminine, et aux femmes d'assumer leur part masculine . Qui ne promeut pas la libération de la femme, mais la libération de la femme et de l'homme de la tyrannie moderne du genre physique unidimensionnel . Car là est l'opération de la tyrannie, l'essentialisation des accidents . L'enfermement dans l'infime présenté comme un libération .

Platon ne se résume pas à son orientation homosexuelle . Tel autre ne se résume pas à son hétérosexualité . Simone Weil interroge et implique le siècle, homme et femme confondus . Elle ne se résume pas à son anorexie, à son judaïsme, à sa féminité . Les accidents enjoignent par l'infime, l'humanité conjoint par la grandeur . Quels que soient leurs masque de MORALE, la séparation par la Loi univoque des personnes selon le sexe est une infamie .

L'homme noble, féminin ou masculin, n'est pas accidentel . Amadou Hampâté Ba, noir musulman polygame, Simone Weil, femme juive sans vie sexuelle connue, et Yakamoto Tsunetomo, samouraï nippon probablement d'orientation homosexuelle me sont plus proches que la plupart des hommes blancs hétérosexuels monogames agnostiques et bien pensants de ce siècle . Aucun de ces critères n'a la moindre essentialité, bien au contraire, ils sont néants et puissance de néant . Car ces hommes nobles furent des personnes tournées vers l'Ange à la fenêtre d'Orient, non vers la terre et ses puissances de division indéfinie . De l'air, de l'air ! Pendant les croisades, les guerriers nobles, les sages, surent se reconnaître . Dans le Temple, les templiers laissèrent vivre une mosquée dans une chapelle latérale . Le Graal iranien parvint d'Iran jusqu'à Wolfram von Eschenbach, et de là à Wagner .

La guerre n'oppose pas des accidents . La guerre concerne la survie de l'essence de l'homme . Écrasons l'infâme, frères humains !

Viva la muerte !




(Amadou Hampâté Ba)

Fragments d'un traité de guerre idéologique lus dans un chewing gum . Principe de priorité de la lutte contre l'idéologie-racine.

Le Système qui ne pense de différence qu'a l'intérieur de lui-même se pense dans les termes d'une idéologie générale, l'idéologie racine, dont l'analyse complète reste à faire . Elle est essentielle, car l'analyse idéologique n'est autre que la destruction phénoménologique, la reconquête de la liberté de penser et d'agir dans un monde non déterminé par les positions du passé . Dans un horizon ontologique donné, il est possible de choisir ; des choix ont été faits, et ils sont oubliés comme choix, et vécus comme nature . Dans le monde, la nature même, de Jean Scot Erigène, les Anges existent plus intensément que moi ou qu'une pierre ; cela n'est plus le cas . Notre ontologie n'admet pas les même étants . Peut importe la raison ou le tort, ce qui importe est de revenir au lieu de la décision . Alors je reconquiers la puissance de légiférer sur l'être .

Notre ontologie qui est la matrice combinatoire générale des matrices idéologiques spécifiques, comme les libéralismes, le marxisme officiel, le nazisme, etc...doit être démontée pièce à pièce . Ses conséquences sont profondes et complexes, indéfinies, indiscutables . L'ontologie est une fondation de monde, science et art .

L'idéologie racine, le monde "réel" du Système, l'homme hypersocialisé produit par le Système sont uns en un sens originaire . Cette idéologie possède des caractéristiques très reconnaissables avec un peu d'entraînement :

Ontologiquement elle pose comme première et principale le mode d'existence de la chose matérielle, et mesure toute être en fonction de la chose ; la chose est le plus intensément, et plus on s'éloigne de ses caractéristiques d'objet sensible localisé dans le temps et dans l'espace, moins on est, d'une exténuation allant jusqu'à la négation pure et simple . Ainsi le signe, le spectacle, le mythe, sont secondairement, d'un être fantomatique ; le nombre est encore moins, à peine une représentation (mais quel est l'être représenté parle nombre?) ; n'est pas du tout, l'Ange . "Objectif" est mélioratif ; "subjectif" péjoratif .

Par exemple, pour citer des analogons thématiques de cette structure, la substance matérielle de l'homme , ou race, peut devenir l'expression la plus sûre, la plus "objective" d'une personne, en tant que la plus matérielle ; la substance matérielle de la société, ou structures de production, l'expression la plus déterminante, la plus "objective" d'une société ; ou l'expérience matérielle le critérium certain, la "preuve objective" de la "théorie scientifique". Ou encore, le substratum matériel, le cerveau, le point de fascination pour la compréhension de la pensée, à travers la psychophysiologie . Dans ces dispositions sémantiques apparaissent comme épiphénomènes respectivement la civilisation d'appartenance, l'idéologie racine, la théorie, ou l'âme .

Elle pose également les étants comme des atomes dotés d'identité fermée sur elle même et auto-suffisante, isolables par soi dont les liens sont des accidents, des contingences, et de ce fait ne peut développer une pensée sophistiquée des liens ; elle pense toute pluralité comme un tas . Elle ne peut penser l'ordre et harmonie comme étant de manière consistante, et les renvoie à l'illusion . Elle est naturellement nominaliste, les noms renvoyant seuls à une substance, verbes, compléments et adjectifs renvoyant à des accidents de la substance n'emportant pas décision dans la définition, dans l'essence . Car l'idéologie racine assimile l'essence à la définition .

Politiquement cette ontologie analoguée thématiquement abouti à une défense de l'individualisme et de toute les théories du contrat, les individus étant réellement, les communautés politiques étant des tas . Au fond à ses yeux la société n'existe pas .

Pour que les communautés soient réellement des tas, il est nécessaire que les individus qui les composent soient interchangeables, et ne soient engagés que dans des liens accidentels, donc révocables arbitrairement à tout moment ; en conséquence des communautés sans mémoire ni passé . "La lutte contre les discrimination" est le processus d'annihilation des différences conséquentes au profit d'un "droit à la différence" qui se réduit à un "droit aux différences" sans AUCUNE CONSÉQUENCE . Par là se parachève la dissolution de la communauté .

L'individu sans liens est pour le Système l'individu "libéré" ; ainsi le Système pense la liberté comme individuelle, et comme arbitraire, selon le principe du libre goût, du "j'aime" et "j'aime pas" souverain . Mais cette absence de liens est ce qui le rend totalement dépendant du Système pour maintenir le spectacle de sa souveraineté vide et sans conséquences.

Le droit est pensé comme devant être absolument homogène pour tout individu, pour tout lieu, et en tout temps . Cette conception est liée à l'incapacité à penser des différences fonctionnelles sur un horizon d'égalité de dignité, et donc à penser une communauté organique . Pour garantir cette uniformisation forcée, le Système doit s'engager dans une énorme bureaucratisation, et une inflation légale, car la réalité résiste à cette hybris de l'égalisation . Toute résistance locale au processus provoque la mise en place de nouveaux dispositifs d'égalisation, qui peuvent être absolument paradoxaux, comme "la discrimination positive" .

La dévalorisation par principe du passé en tant que passé, liée à la nécessaire négation des liens, est le progressisme, ou déroulement historique caractéristique de l'idéologie racine . Le culte de la jeunesse en est un analogon humain individuel .

Axiologiquement elle pose dans la puissance matérielle la plus haute valeur, avec la même règle d'exténuation de la valeur . Elle se représente le bonheur comme une accumulation indéfinie de biens, ou encore comme espace vital . La supériorité spirituelle est proprement impensable dans le Système, elle y apparaît comme forfanterie .

L'idéologie racine est ainsi nommée car son ontologie est la matrice combinatoire de toutes les description idéologiques locales, ainsi la théorie politique du contrat est l'analogon local de l'ontologie de la chose, les individus étant des choses, unes fermées sur elles même ; ainsi le matérialisme atomique et le mécanisme sont-ils des analogons locaux de cette ontologie pour construire une image de "l'infiniment petit". Si le mot "local" en contexte est ambigu, je parle dans le même sens de "thématique" .

Elle est aussi nommée ainsi parce que de fortes oppositions locales résultent en général d'inflexions divergentes dans la logique générale de idéologie racine mais dont la structure est sensiblement maintenue . Par exemple, le nazisme est une inflexion matérialiste-biologique, le communisme une inflexion centrée sur l'uniformisation bureaucratique, le libéralisme une inflexion privilégiant la rupture maximale des liens . Mais ces idéologies partielles se fondent sur la même idéologie racine, et conservent une finalité immanente, entéléchie, commune . Ainsi les hippies roulèrent-ils dans le véhicule qu'Hitler avait pensé et préparé .

C'est dans le cadre de l'idéologie racine que la structure matérielle précède, cause et détermine la structure idéologique de la société ; que la pensée est systématiquement disqualifiée comme perspective et opinion arbitraire, que le sexe faussement pensé comme brut, non intermédié-la pornographie - a plus de réalité que, est la vérité de l'érotique, que l'exploitation brute est la vérité du lien féodal et du salariat, selon le Manifeste de Marx, que la vacuité nihiliste est la vérité du sens, de la métaphysique et de la religion, que la propagande la plus abrutissante est la vérité de la rhétorique . Le sens général de cette direction de l'idéologie racine est la dé-symbolisation, la négation des médiations symboliques qui construisent l'être humain comme une œuvre d'art raffinée dans ce creuset qu'est une grande civilisation . Or la pornographie, l'exploitation, le nihilisme ne sont pas des transparences mais des constructions sémantiques-symboliques de la transparence, une illusion culturelle de transparence .

La pensée est intermédié par essence, même la pensée qui nie la médiation . Cette pensée paradoxale est mensonge, et l'idéologie racine est aussi la diffusion du mensonge et de l'hypocrisie à l'échelle d'une civilisation . Ce qui est appelé politiquement correct, ce langage mensonger qui doit être connu comme tel par celui qui l'utilise, en est une illustration dont la gravité doit être pensée : on demande aux hommes de mentir pour le bien, de sacrifier la sincérité et la spontanéité au nom de la morale .

L'idéologie racine a une structure paradoxale, ce qui avant d'être une faiblesse est une grande force qui lui permet de répondre à tout et d'avoir toujours raison .

La lutte contre la propagande doit croire en la vérité . La propagande liée à l'idéologie racine est une automatisation des comportements humains, une submersion de leur défense par la masse simultanée de l'information qui assaille les sens . Son modèle est le spectacle, le grand spectacle totalitaire, la répétition rythmique de la musique amplifiée, le cinéma . Cette submersion, cette domination fait du cinéma un art du féminin, qui réduit à une impuissance jouissive le spectateur . Une star du rock en scène possède les spectateurs, multiplie les figures de la domination . La musique la plus violente, la plus masculine, joue en réalité sur une ambivalence féminine, comme le rend sensible Marylin Manson . Ceci connu n'entraîne pas condamnation . La télévision est une nuance indiscrète de cette domination .

Le principe de l'idéologie racine peut être formulé ainsi : le cœur de l'œuvre de combat rapproché est le démontage systématique de l'idéologie-racine . Le démontage est la manifestation de l'arbitraire idéologique de la nature construite par l'idéologie racine . Cette idéologie est aveuglement, et négation du spirituel . Ainsi aucune force matérielle n'est nécessitée . L'humour le réalise aussi bien que la métaphysique technique, l'érotique comme le mystique . La foi en la supériorité du spirituel doit être conséquente . La force paradoxale de la rareté est une vérité ; l'infime en ce siècle est inversement grand en puissance . Enfin, il faut être conséquent avec la logique inflationniste du Système, et ne pas y participer .

L'idéologie racine est partie fonctionnelle du Système, et partie nécessaire à son fonctionnement . Si cette idéologie s'effondre, dévorée par les termites du souterrain, le Système ne pourra pas continuer dans son essence . Les modèles antérieurs sont l'Europe des Lumières, ou la christianisation de l'Empire romain .

La seule identification indispensable de l'ennemi n'est pas une personne, mais l'idéologie racine dans son caractère systémique, total, qui exige une guerre totale . Ecrasons l'infâme !

Et viva la muerte !

Yi King 60 . La limite . Le monde comme prison .






Hexagramme 60. Tsie , le lien, la limite . Le précepte de droit . Le monde moderne apparaît comme un prison . Le Yi-King apporte des élements de réponse sur cette apparence qui révèle une forme de réalité . Extraits de la version téléchargeable sur le site de l'AFPC . Merci à Pierre Palpant .


1045. Tsie ; liberté, les préceptes cruels ne peuvent pas conduire à la perfection.


1051. Premier trait nonaire : ne pas sortir de la cour de la porte intérieure ; pas de culpabilité.

1053. Deuxième trait nonaire : ne pas sortir de la cour de la porte extérieure ; présage malheureux.

1055. Troisième trait hexaire : comme sans principes ; comme devant se lamenter ; pas de culpabilité.

1057. Quatrième trait hexaire : jouir en paix des préceptes, liberté.

1059. Cinquième trait nonaire : préceptes agréables ; présage heureux ; en entreprenant il y aura des félicitations.

1061. Trait supérieur hexaire : préceptes cruels ; présage malheureux de la perfection ; dissipation des regrets.

TSHENG TSE. — Tsie. « L’Ordre des koua » dit : « Hoan, séparation ; les êtres ne peuvent pas résulter d’une séparation indéfinie, aussi le koua hoan est suivi du koua tsie. » Quand les êtres sont séparés et dispersés, il convient de les contenir et de les arrêter et c’est là ce qui fait que le koua tsie suit immédiatement le koua hoan. Comme koua, il est constitué par le marais sur lequel s’étend l’eau. La capacité du marais est limitée ; si l’on y verse de l’eau, lorsqu’il sera plein, il débordera, ce qui constitue l’image symbolique de limitation et ce qui fait que le koua est appelé tsie 1.

1045. Tsie ; liberté, les préceptes cruels ne peuvent pas conduire à la perfection.

TSHENG TSE. — Du moment où les choses sont réglées par des préceptes, elles peuvent parvenir à se développer librement et c’est pour cela que le koua tsie comporte le sens de liberté. La noblesse des principes réside dans leur conformité à la justice, et si cette justice est dépassée, ils deviennent cruels et abusifs. Lorsque les préceptes arrivent à être cruels, comment pourraient‑ils constituer des règles permanentes ? Ils ne peuvent pas être obser­vés et maintenus avec fermeté pour devenir permanents, de sorte qu’ils ne peuvent atteindre à la perfection.
TSHOU HI. — Tsie ; avoir des limites et être arrêté. Ce koua est composé du koua simple touei au‑dessous et du koua simple khan en dessus. Il y a de l’eau au‑dessus du marais ; sa contenance est limitée, de sorte qu’il constitue une limitation ou réglementa­tion. Les principes comportent certainement une voie de liberté. De plus, dans la sub­stance de ce koua, les traits positifs et négatifs sont en nombre égal et, d’ailleurs, le cin­quième et le second traits sont tous les deux positifs, de sorte que le sens divinatoire com­porte la liberté de développement. Toutefois poussés à l’excès, les préceptes de toute réglementation deviennent gênants et cruels, de sorte que la formule avertit encore qu’il ne faut pas les observer comme s’ils constituaient la perfection.


1046. Le commentaire de la formule déterminative dit : Tsie, liberté ; participation de la dureté énergique et de la douceur malléable, la dureté énergique possédant la justice.

TSHENG TSE. — La voie rationnelle du koua tsie comporte essentiellement le sens de liberté d’expansion et de pénétration ; lorsque les choses sont réglées par des principes fixes (tsie) elles peuvent se développer librement. De plus, dans les aptitudes du koua, la dureté énergique et la douceur malléable se partagent les positions ; la dureté énergique possède la justice et n’est pas excessive et c’est encore la raison pour laquelle le koua est considéré comme exprimant la réglementation et pour laquelle il est susceptible de liberté.
TSHOU HI. — Explication de la formule du koua au moyen de la substance même de ce koua.


1047. Les préceptes cruels ne peuvent pas conduire à la perfection ; la voie rationnelle est limitée.

TSHENG TSE. — Les préceptes poussés à l’extrême limite et devenant cruels et pénibles à supporter, il devient impossible de les maintenir avec une fermeté persistante et de les observer d’une façon permanente ; la voie rationnelle est alors parvenue à son extrême limite.
TSHOU HI. — Il en est encore parlé au point de vue de la raison d’être du fait.


1048. Se plaire à s’exposer au danger ; mériter sa situation d’après les préceptes ; justice et droiture par la liberté.

TSHENG TSE. — En en parlant d’après les aptitudes indiquées par les koua simples, au-dedans satisfaction, au‑dehors danger : se plaire à marcher dans le danger. Dans ce qui lui plaît, l’homme ne sait pas se borner ; s’il rencontre inopinément le danger, il pense seulement à s’arrêter. Or, s’arrêter au moment où il est satisfait constitue le sens du précepte et l’idée de principe qui limite et retient ; il mérite sa situation à cause des préceptes. Le cinquième trait occupe le rang prééminent et mérite sa situation ; il est au-dessus du marais, il a des principes ; il mérite sa situation et c’est par ses principes, c’est lui de qui dépendent les préceptes et les principes. En se plaçant, il se conforme à la justice et à la droiture, c’est avoir des principes et pouvoir les communiquer librement. La justice et la droiture constituent la liberté, l’excès les rendrait odieux et cruels.
TSHOU HI. — Il en est encore question au point de vue de la substance et des vertus des koua simples ; K mériter la situation, justice et droiture », se rapporte au cinquième trait. De plus le koua simple khan est considéré comme indiquant la libre transmission.


1049. Le ciel et la terre marquent les règles (tsie) et les quatre saisons s’achèvent ; les préceptes (tsie) servent à déterminer et à régler ; ils ne détruisent pas la richesse, ils ne nuisent pas au peuple.

TSHENG TSE. — Il est question de déduire la voie rationnelle des préceptes et de toute réglementation. Le ciel et la terre sont soumis à des règles (tsie), aussi, ils peuvent engen­drer les quatre saisons ; sans ces règles, ou préceptes (tsie), l’ordre de ces saisons serait troublé et interverti. L’homme saint institue des règles et des principes qui constituent des préceptes et il peut le faire sans nuire à la richesse publique et sans nuire au peuple. Sans les préceptes qui les réglementent, les passions de l’homme n’auraient pas dé limi­te ; elles le conduiraient aux déportements de la licence effrénée et jusqu’à la destruction de sa richesse, au détriment du peuple.
TSHOU HI. — Dernière analyse de la voie rationnelle de la réglementation par les préceptes.


1050. Le commentaire traditionnel de la formule symbolique dit : Au‑dessus du marais il y a de l’eau ; retour par des préceptes (tsie). L’homme doué emploie les règlements et les prescriptions sur les mesures et sur les nombres ; il délibère sur la vertu et l’action.

TSHENG TSE. — L’aptitude du marais à contenir de l’eau, ou sa capacité, a des limites ; s’il y en a trop il sera rempli et débordera. C’est là un exemple de limitation (tsie), aussi le koua est considéré comme exprimant la réglementation restrictive. L’homme doué considère l’image symbolique présentée par le koua tsie : et il l’applique à l’institution et à l’établissement de règles sur les nombres. Toute chose, importante ou futile, légère ou grave, élevée ou minime, virtuelle ou réelle, correspond toujours à un nombre et à une mesure déterminée, et qui est considéré comme un principe (tsie). Le nombre exprime la multiplicité plus ou moins grande ; la mesure exprime la règle instituée qui limite et défi­nit. Délibérer sur la vertu et les actions c’est‑à‑dire maintenir intactes les vertus intérieures et innées, tandis que leur manifestation extérieure constitue leur action. Les vertus et les actions de l’homme doivent être pondérées, après délibération, et alors elles sont conformes aux préceptes. Délibérer veut dire discuter et apprécier, afin de chercher à atteindre au degré (tsie) juste et convenable.


Commentaire :

La première erreur concernant le droit ou la morale pointée par le Yi-King est de confondre le droit positif, ou son application avec la perfection du Droit .
Le droit positif, le droit écrit concret des hommes, est en soi à distance de la perfection, dévoré de vide et d'abîme comme un corps mort. L'essence du droit est la puissance de légiférer, le règne.


L'homme moderne se reconnaît dans le spectacle comme il se reconnaît dans le miroir, comme vide . Il est par le regard . L'artiste veut être regardé, mais ne peut le désirer car il se méprise lui même comme objet d'attention . Aussi veut-il diriger le regard vers son œuvre pour dire « c'est moi » . Et il veut poser ses jugements de valeur comme des « valeurs », légiférer à travers son oeuvre, qui pose une beauté, une esthétique .


De même qu'il dit « je suis aussi cela »l'artiste traditionnel s'identifie au plus haut, à la puissance, et aime au delà de l'acte ; là où le moderne regarde son œuvre et dit « je suis ». L'homme moderne vérifie son existence en créant, et n'est que par l'acte . L'homme ancien exalte son au-delà, sa puissance . Ainsi le droit traditionnel est-il inhumain à bon droit .


Faute d'être, l'homme moderne se divertit du vide en aimant le vide . Savoir qu'un spectacle est vide ne l'arrache pas à son divertissement . Croire de même, de manière strictement analogue, que le spectacle est le plein, l'Être, est croire que le Droit est le droit positif . Plus exactement , selon la réduction typique, que le Droit n'est QUE le droit positif .

La deuxième erreur est celle du marais de la moraline . L'eau stagnante est celle qu'enserre des limites de préceptes gênants et cruels . Ces limites ne peuvent conduire à la perfection . L'eau stagnante est toujours putride ; la pensée fermée est celle d'une charogne .
Le caractère apparemment exigeant des principes, leur cruauté, leur caractère d'expression du sadisme et de la soif de domination ne sont pas une garantie de perfection .


La troisième erreur est celle du lien de la limite au danger . Par le principe de précaution, l'homme moderne veut poser la limite avant le danger . Or la limite qui conduit à la perfection est celle qui est librement posée par l'arrêt face au danger concret .


Sans affronter le Dragon intérieur et extérieur, l'homme est réduit à un pantin, un Don Quichotte qui ne combat que des moulins, et reste immature, ou sombre dans la folie de la dissociation entre un réel vide, et des romans de chevalerie, c'est à dire des mondes virtuels complètement vides d'être, comme Avatar, où il va chercher ce qu'il ne peut trouver en réalité. Le vide impitoyable tisse le monde moderne .


Le danger est la voie de l'apprentissage des limites qui conduit à la perfection . C'est pourquoi le Dragon est emblème de perfection .
Le danger et l'affrontement de la mort sont un droit plus grand que des libertés octroyées présentées comme des droits, ainsi la « liberté » moderne .

Viva la muerte!

Nu

Nu
Zinaida Serebriakova